G7 : la maille de la truite au centre des débats

Sentence halieutique

Les chefs d’état toujours en désaccord sur la maille de la truite.

Du 24 au 26 août 2019 a eu lieu à Biarritz un sommet du G7 de la plus haute importance. En effet, les problèmes mineurs du réchauffement climatique, de la pollution ou du martyr de peuples divers ont été mis de côté afin de pouvoir résoudre le sempiternel problème de la TLC (Taille légale de capture ou « maille ») de la truite.

Dans ce débat complexe, les américains prônent son élévation à 50 cm pour montrer à tout le monde que c’est eux qui ont les plus grosses (truites).

Cette volonté semble déplaire à la délégation Nippone. N’ayant que des petites (truites), une telle augmentation signifierait pour eux un arrêt pur et dur de la consommation de ce salmonidé dont ils sont friands.

Le Royaume-Unis prône quant à lui l’interdiction totale du prélèvement pour développer une pêche essentiellement « sportive » mettant en avant le fair-play et l’envie de montrer qu’ils font différemment et toujours mieux que les autres.

L’Allemagne propose quant à elle une évaluation de la TLC en fonction du taux de croissance des truites sur différentes parties de bassins versants, mettant à forte contribution la communauté scientifique et en complexifiant la réglementation ; beaucoup trop pour être comprise par un Américain ou un Italien.

Les Italiens quant à eux souhaitent revenir vers une simplification de la règlementation en autorisant tout prélèvement sans quota ni TLC pour rendre la pêche plus « accessible », ce qui laisse envisager un possible rapprochement avec les Japonais et les Canadiens.

Ces mêmes Canadiens qui aimeraient rentabiliser le dynamitage de puits pétroliers pour rouvrir la pêche à la dynamite, limitant la souffrance animale et maximisant le profit du temps passé à la pêche.

La France enfin, croyant encore montrer l’exemple, veut porter la parole d’une co-entente démocratico-participative faisant voter les élus locaux et organismes de gestion de la pêche pour encourager l’engagement politico-coercitifs entre décideurs extranationaux et intra-nationaux en réunissant toutes les nations, 3 fois par année bissextile lors de lunes gibbeuses au sein d’un système décisionnel bicaméral, pour un vote semi-participatif en fonction du logarithme népérien du PIB de chaque pays. Toujours personne ne semble toutefois l’écouter.

La Russie, grande oubliée du débat, ne semble pas vouloir interférer dans cette rixe d’arguments fallacieux situés bien en dessous de la ceinture, celle-ci semblant bien attachée pour ne pas avoir à baisser le pantalon devant le monde entier.

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A propos de l'auteur

Pur produit tarnais, Iprere eut très tôt l’occasion de pêcher à peu près tous les poissons avec son père. Très rapidement, aucune pêche ne lui semble plus intéressante…