Sentence halieutique : Choc culturel ariégeois

pêche toc

Et au milieu coule une rivière : Un pêcheur au toc se surprend à rêver pêche à la mouche. Il rougit.

Pour Roger, 55 ans, originaire de St-Girons, il ne fait pas de doute que la différence entre un bon pêcheur et un mauvais pêcheur réside en sa technique. Sans chauvinisme aucun, le TOC pyrénéen est pour lui la technique ultime, héritée de ses ancêtres rudes, fiers et surtout virils.

Mais tout bascule lorsque, au détour du forum « les amoureux du Toc pyrénéen, du Couserans et de la maille à 18 cm », un ami virtuel lui parle d’un film de pêche se déroulant dans le Montana aux États-Unis. Désireux de voyager (étant lui-même un jour parti explorer le Comminges) il ne perd pas de temps et s’en va télécharger dans l’instant ledit film dans l’espoir de le visionner dès le lendemain soir (couverture internet 2G).

C’est alors que le drame se produisit. C’est au bout d’une heure trente de musique empreinte de nostalgie et de gestes à la fois élégants et de voltiges, qu’il lui vient subitement une pensée : « C’est beau ».

C’est lors de la scène finale qu’il ne pourra s’empêcher de se rêver, fièrement dressé sur un rocher, fouet virevoltant au rythme de la nature dans un tempo repenti et apaisé.
S’en fut trop pour Roger qui, rouge de honte, s’empressa d’éteindre le téléviseur. Après quelques regards coupables vers les cadres photos de ses illustres ancêtres le toisant de regards austères, il part de ce pas absoudre ce péché en tordant la colonne vertébrale d’une brave dizaine de truites...

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A propos de l'auteur

Pur produit tarnais, Iprere eut très tôt l’occasion de pêcher à peu près tous les poissons avec son père. Très rapidement, aucune pêche ne lui semble plus intéressante…