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Où pêcher la truite pendant les vacances d'été ?

Pêche truite

Il fait beau, il fait chaud, les eaux sont basses et l'activité des truites diminue fortement... En plein été, le contexte n'est pas toujours idéal pour traquer nos salmonidés sauvages. De la méthode s'impose afin de décupler ses chances de capture, voici quelques pistes pour y parvenir :

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Débit et température : les 2 paramètres discriminant le bon endroit

Les critères de choix des meilleures eaux à truites pour s'adonner à sa passion en été sont assez classiques : c'est le couple débit/température qui conditionne leur valeur.

Ces réflexions stratégiques revêtent une importance capitale à cette période de l'année car la météo souvent extrême des dernières saisons chaudes tend à réduire considérablement les débits et à augmenter la température jusqu'à des valeurs parfois incompatibles avec les exigences biologiques de la truite (pour rappel : réduction des phases alimentaires au-delà de 18°C et survie compromise passé 20°C). 

De fait, c'est surtout le paramètre température qui conditionnera l'intensité et la durée de l'alimentation des truites. Plus la valeur s'éloignera de l'optimal thermique de l'espèce (environ 12°C), plus la plage alimentaire des poissons sauvages sera courte.

Attention, comme d'habitude avec la température, il convient de contextualiser sa valeur du moment selon la température moyenne du cours d'eau à l'année (17°C sur un cours d'eau méditerranéen n'a rien à voir avec ces mêmes 17°C dans une rivière de montagne) et également considérer son évolution durant les jours précédents la pêche (17°C après une longue période à plus de 20°C peut être synonyme de condition favorable !).

De son côté, le débit influence surtout la technicité de la pêche et donc la capturabilité des poissons : trop faible, il peut compliquer l'approche et diminuer les qualités "pêchantes" du parcours. En cas d'étiage marqué par exemple, la vitesse du courant ralentit de façon drastique, ce qui diminue d'autant la capacité de l'eau à "porter" votre montage... les pêches en dérive (toc et nymphe au fil) s'en trouvent pénalisées. Il faudra dans ce cas miser sur d'autres approches comme la mouche sèche, la nymphe à vue ou la pêche aux leurres.

Enfin, il convient également de considérer le paramètre "fréquentation" tant nos cours d'eau sont assaillis en période de vacances. Le piétinement intensif des berges qui en découle et la pratique d'activités nautiques parfois incompatibles avec la tranquillité des poissons (baignade, ruisseling...etc) peuvent sacrément rebuter le pêcheur de truite à cette période. A vous de choisir des portions et/ou des créneaux horaires bénéficiant d'une ambiance calme !

Une fois ces considérations intégrées, voici statistiquement les endroits où l'on trouve les truites les plus régulièrement actives et capturables en plein été :

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Lorsqu'il fait chaud et que l'eau manque, une stratégie de pêche adéquate est encore plus nécessaire !
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Les rivières de montagne et haute montagne

Ce sont les rivières de régime naturel qui conservent la plus grande quantité d'eau et les températures les plus fraîches.

De par l'altitude de leurs sources, ces rivières ont un régime nival : elles sont alimentées par la fonte des neiges durant la majeure partie de la saison. Les eaux sont fortes de la fin du printemps au début de l'été, puis leur niveau diminue progressivement jusqu'à atteindre l'étiage en fin de saison (août/septembre). Des orages estivaux peuvent perturber cette tendance générale et gonfler temporairement les débits passé le mois de juillet.

La date à laquelle elles atteignent leur débit d'étiage ainsi que la valeur de celui-ci dépendent directement de l'altitude des sources : plus elle est élevée, plus la fonte des neiges se termine tard (parfois courant juillet) et plus les débits sont confortables en plein été.

Toutefois, lors d'étés extrêmement secs comme ce fut le cas ces dernières années, même les rivières prenant leurs sources en altitude voient leur débit se réduire comme peau de chagrin. Ainsi, il arrive de plus en plus fréquemment que les étiages soient très sévères pour celles dont l'altitude des sources est en dessous 2000 m environ. 

Parmi les rivières de montagne les plus connues en France, citons le gave de Cauterets et du Marcadeau (65), la Neste d'Oueil (31), la Clarée (05), ou l'Ubayette (04).

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Les rivières de montagne conservent souvent de bonnes conditions de pêche en juillet/août !
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Les grandes rivières de montagne

Les grandes rivières des principaux massifs montagneux français (Alpes, Pyrénées et dans une moindre mesure Massif Central) drainent d'immense bassins-versants, eux-mêmes constitués de sous bassins-versants. La densité de ces réseaux hydrographiques permet à ces grandes rivières de conserver une masse d'eau suffisante (voire importante certaines années) en été. De plus, il arrive souvent que leur débit soit en partie artificialisé par des affluents aménagés (ou même des ouvrages sur leur propre cours), ce qui participe au maintien de débits corrects.

Toutefois, celles qui coulent à faibles altitudes (en zone de piémont) voient de plus en plus fréquemment leur température d'eau augmenter, jusqu'à compromettre la pratique de la pêche. Si l'eau est trop chaude (au dessus d'une vingtaine de degrés), mieux vaut laisser les poissons tranquilles ou se focaliser sur le coup du matin. Contrairement aux idées reçues, le coup du soir est souvent mauvais lors des périodes caniculaires : si la température de l'air devient plus supportable, l'inertie de la thermie de l'eau fait que le pic de température est souvent atteint en fin de journée...

Attention, ce phénomène est à relativiser selon les particularismes locaux : en effet, si le brassage reste suffisant, les truites peuvent s'accommoder de températures d'eau assez importantes en grande rivière.

Parmi les grandes rivières de montagne françaises, citons dans les Pyrénées le Gave de Pau (65) et l'Ariège (09), dans les Alpes, l'Ubaye (04) et l'Isère (73).

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Les grandes rivières de première catégorie présentent souvent des niveaux excellents en été
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Les lacs de montagne

Les plans d'eau situés en altitude (au dessus de 2000 m) constituent une destination phare durant la saison estivale. C'est à cette période de l'année qu'ils sont libérés de leur étreinte glaciaire ; les salmonidés qui les peuplent font alors le plein d'énergie et assurent l'essentiel de leur croissance à cette période. Ces poissons souvent héliportés présentent des comportements particuliers qu'il convient de connaître afin d'espérer les capturer.

En lac de montagne, la stratégie de pêche et le choix du parcours sont d'une importance capitale pour réussir (peut-être plus encore qu'en rivière). Pour mieux comprendre comment procéder, nous vous renvoyons à un article spécifique dédié au choix du parcours en lac de montagne, voir ici.

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La fraîcheur de la haute montagne est bien agréable en période caniculaire !
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Les rivières sous barrage ou tailwaters

Ce sont des portions de rivière à truite en aval de grandes retenues hydroélectriques. Lorsqu'elles présentent une sortie d'eau froide par une vanne de fond, elles offrent des bonnes conditions de débits et températures en été. On pourrait inclure dans cette catégorie toutes les portions de rivières à truite dont le débit est artificiellement gonflé en été dans le cadre de soutien d'étiage de cours d'eau situés plus en aval. Si l'eau est très froide, la pêche peut même être productive en milieu de journée alors que les cours d'eau avoisinants sont en surchauffe au même moment...

Si le côté peu naturel de la pêche sur ces secteurs ne vous rebute pas, ils constituent une solution de secours très intéressante à ce moment de l'année. Parmi les tailwaters françaises praticables en plein été, citons entre autres le Bas Verdon (83), l'Orb (34) et le Chassezac en aval de Prévenchères (48).

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L'Orb dans l'Hérault est une tailwater praticable même par fortes chaleurs
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Les résurgences

Dans les résurgences, l'apport d'eau sous terrain est favorable à la fois en matière de température et de débit. Ainsi, il est fréquemment possible de trouver un cours d'eau porteur dans des régions au contexte général peu favorable à la pratique de la pêche en été. C'est le cas pour deux résurgences qui coulent près de la méditerranée, région frappée par des sécheresses récurrentes : la Sorgue du Vaucluse (84) et la Vis héraultaise (34). 

Les amplitudes de débits/températures de ces rivières sont moins importantes que celles des cours d'eau à l'écoulement superficiel.

Attention, dans la mesure où elles sont situées dans des région à forte attractivité touristique, le dérangement peut être conséquent à cette période de l'année. Privilégiez donc les secteurs les plus difficiles d'accès et les extrémités de la journée, lorsque le calme est revenu sur les berges !

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La Vis, une résurgence fameuse du sud de la France
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Les meilleurs parcours

Maintenant que l'on sait vers quel type de rivière se diriger à cette période, interrogeons-nous sur le parcours à choisir. En effet, tous ne se valent pas à cette période où les conditions hydrologiques peuvent être extrêmes (étiage très marqué par exemple). La règle générale consiste à privilégier les zones où le brassage important apporte de l'oxygène en quantité suffisante aux truites. Il s'agit des portions les plus pentues et/ou resserrées, où le fluide s'accélère.

D'un point de vue mécanique, ce sont également les zones les plus propices aux pêches en dérive (toc, nymphe au toc et nymphe au fil) qui nécessitent une vitesse de courant suffisante pour obtenir une bonne présentation.

A l'inverse, si vous êtes un adepte de la nymphe à vue par exemple, privilégier les secteurs plus plats et ralentis (sans tomber dans l'extrême si vous n'êtes pas un pratiquant aguerri de la technique) vous permettra d'attaquer un maximum de truites.

Pour illustrer le propos, voici un exemple concret de deux portions voisines d'une rivière à l'étiage présentant des configurations opposées :

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Exemple de portion élargie et lente propice à la pêche à vue...
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... alors que les secteurs resserrés et méandreux sont plus favorables aux pêches en dérive !

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