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Il y a des jours ...

Pêche Durance

Nous sommes mi-avril, la pêche en rivière se pratique depuis près d'un mois. J'ai fait de très jolies pêches sur petites rivières avec régulièrement des sorties à plus de 15 poissons. La façon de procéder est bien établie, tout fonctionne comme une horloge bien huilée. Les poissons sont très actifs et réagissent à merveille à mes petites imitations. En revanche le fait que le manteau neigeux soit extrêmement présent à faible altitude contrarie quelque peu mes habitudes en grande rivière, rendant la pêche très aléatoire.

Aucune éclosion en début d'après-midi et très très peu de poissons rencontrés en pêchant à l'aveugle les courants. J'aurais bien aimé dans de telles circonstances pouvoir changer de créneau horaire, malheureusement mes obligations professionnelles ne me l'ont pas permis. Mais voilà, il arrive un jour pas forcement bien différent des précédents où j'ai un pressentiment...

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En effet en rejoignant mon partenaire de pêche du jour, je lui lance un « aujourd'hui je ne sais pas pourquoi mais je le sens super bien, je suis sûr qu'on va faire une grosse ».

Après réflexion je suppose que mon subconscient, malgré moi, s'est souvenu d'une journée similaire où la pêche n'avait pas dû être si mauvaise que ça. Bref nous voilà donc partis en parallèle chacun d'un côté d'une rivière grossie par la fonte et devenue impossible à traverser.

Après un quart d'heure de prospection j'aperçois une première mouche dériver à la surface de l'eau. Le lancé suivant ma dérive est stoppée net, premier poisson de la journée environ 35 cm. Je téléphone aussitôt à mon acolyte pour lui dire d'ouvrir l'oeil car l'éclosion commence et apparemment quelques poissons se mettent à table.

Aussitôt raccroché, aussitôt relancé que ma dérive se fait une nouvelle fois stopper. Ferrage bien appuyé suivi d'un démarrage en trombe plein jus qui ne trompe pas, ça y est j'en tiens une belle. La rivière est très puissante à cet endroit et mon poisson le sait bien. Le combat est magnifique, j'ai le droit à des rushs très violents et même plusieurs chandelles au milieu de la rivière.

Après plusieurs minutes de combat intense, une très jolie fario de 54 cm rejoint mon épuisette. Je suis très heureux car mon intuition du jour était la bonne.

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La suite a été assez improbable car à part deux poissons atour de 30-35 pris par mon associé sur environ un kilomètre de bordure, rien de rien. Le genre de situation inexplicable. La rivière est remplie de mouches,les endroits visités sont tous plus beaux les uns que les autres.

J'ai pris coup sur coup deux truites sur 2 mètres carré en attaquant puis le désert et d'un coup, alors que rien ne pouvait laisser espérer un meilleur dénouement sur cette journée déjà bien entamée, je prends une touche, puis deux, puis trois sur à nouveau 5 mètres linéaires de rivière. La première me fait parvenir dans l'épuisette une fario de 40 cm. Après 2h sans la moindre trace de vie c'est toujours un peu d'espoir qui resurgit. La deuxième touche me rend terriblement heureux. En effet dès le début de la bagarre, je sais que je tiens mon doublé de 50+.

Certains diront que cela n'a rien d'incroyable (il est vrai que certaines rivières comme autrefois la Bienne ou aujourd'hui l'Ariège, l'Ain ou encore l'Isère, facilitent bien plus souvent ce genre de rencontre) mais chez moi c'est assez rare pour que cela soit souligné. Cela fait maintenant de nombreuses années que j'arpente les rives de mon département. Des doublés de 50+ j'en ai fais quelques uns et je connais leur rareté. Je sais donc l'apprécier à sa juste valeur lorsque je photographie ce très beau poisson de 51 cm.

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A peine le temps de la remettre dans son élément que cette troisième touche de rang intervient.

A nouveau pas le temps de souffler, aussitôt ferré que le poisson m'amène directement au backing lors d'un démarrage digne d'un bonefish. Le combat est à nouveau surpuissant et il est très difficile pour moi de contenir le poisson. L'eau haute me contraint à descendre presque 300 mètres pour trouver un endroit moins profond afin de la filocher.

Une fois ce poisson au sec je sais que je viens de vivre un moment exceptionnel. Mon après-midi, bien qu'extrêmement décousu, m'a déjà offert 2 poissons de 50+ et là, cerise sur le gâteau c'est une merveille de truite de 62 cm qui vient s'ajouter au tableau.

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Mille fois merci à ma Zephrus 10'#5 qui a fait le job à la perfection !
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Je viens de vivre quelque chose d'assez unique, à la mouche et en eaux rapides. Le genre de situation que je souhaite à tous les passionnés de pêche. Comme quoi, se fier à ses intuitions, y croire et ne rien lâcher finit tôt où tard par payer.

La suite de l'après-midi se passa autour d'une bonne bière afin de fêter ça !

A propos de l'auteur

Pêcheur passionné depuis son plus jeune âge, Jean Michel vit dans les Hautes-Alpes à quelques kilomètres de Briançon. Il pêche à la mouche depuis l'âge de 16 ans.…