Mars en nymphe au toc

pêche toc

Ce début de saison dans les Pyrénées semblait devoir se résumer à des pêches incertaines dans des conditions d’eaux peu adaptées à notre pratique. Contrairement aux deux dernières années, de grandes quantités de neige en altitude nous promettaient des débits trop élevés et de l’eau un peu trop sale pour que les nymphes puissent donner le meilleur. En réalité, un coup de froid inespéré aura eu raison de la fonte massive redoutée, et nous aura permis de trouver, en cherchant un peu et en changeant de cible d’une sortie à l’autre, des conditions d’eaux claires acceptables pour mouiller quelques nymphes et faire des touches.

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Pour présenter les imitations, la largeur des rivières et la hauteur d’eau aidant, ce sont des cannes anglaises adaptées qui auront eu notre préférence, et concernant les approches, les grandes lignes sont décrites dans ce billet récent http://www.truites-et-cie.fr/article/technique/toc/appats-vs-nymphes-les-bons-choix.

L’idée n’étant pas de se faire mal dans une eau glacée, mais plutôt de se faire plaisir en essayant de rendre la moins aléatoire possible l’histoire du bon endroit au bon moment, nous avons choisi de ne pas pêcher des journées entières, mais au contraire quelques heures ciblées, au moment des éclosions de baetidés de et march brown, en prenant avant tout le soin de choisir des veines théâtres d’émergences. La besogne n’est plus de notre âge !

La journée type, y compris celle de l’ouverture, s’est donc résumée à avaler des cafés bien chauds devant l’étau et à vaquer à nos occupations jusqu’en fin de matinée, pour ensuite nous rendre sur les lieux de pêche de manière à être opérationnels entre midi et le début d’après-midi, en fonction de l’éloignement, frais et dispos, sans atteintes ni au moral ni aux orteils.

Une fois en pêche, en partant du principe qu’en dépit de l’eau froide les mouches font entrer les poissons dans les veines porteuses, il ne nous restait plus qu’à pêcher, proprement, en tâtonnant un peu sur les lestages de nymphes pour trouver les couples vitesse/profondeur occupés par des poissons actifs à l’instant T.

Le jour de l’ouverture, les truites sont bien installées dans les veines, les mouches abondantes, et les touches présentes. C’est Lenka qui prendra le plus beau poisson de la journée, sur une nymphe ébouriffée.

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De mon côté, en plus de la poignée de poissons de tailles moyennes mis à l’épuisette, je ferai l’effort de sortir la 9’ de son tube fixé au sac à dos pour faire visiter le filet à une truite de taille correcte qui aspirait goulûment les imagos de march brown à sa portée.

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Le lendemain, malgré une forte hausse des niveaux dans la nuit, nous tentons de remettre le couvert dans le même secteur. Un excès de gourmandise qui nous vaudra la déception de nous trouver face à de l’eau de couleur vraiment peu engageante.

Lenka insiste pour pêcher tout de même, juste pour voir. Elle parvient, dans ces conditions pourries, à provoquer une touche timide, qui se solde par la prise d’un poisson d’un peu plus de 40cm. C’est mieux que rien, mais ça ne nous engage pas à poursuivre.

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S’ensuivront deux nouvelles rivières, pour prendre un poisson modeste et un poisson qui frôle de peu la barre des 50cm à chaque fois, sans pour autant avoir le sentiment d’avoir brillé. Ce sont des poissons pris au mental plus qu’autre chose.

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Ce dimanche aura été le premier et le dernier jour de pêche au ver pour ce mois de mars. La couleur de l’eau dictait l’appât à utiliser, et il aurait été inutile de s’enfermer dans la réussite relative de la veille.

Les sorties suivantes se ressemblent : échaudés par ce dimanche d’ouverture, nous avons fait l’effort de trouver de l’eau à peu près claire à chaque fois, et de nous donner les moyens de pêcher en nymphe en suivant notre ligne de conduite : bon endroit et bon moment autour des éclosions.

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Globalement, la cadence des touches n’a rien d’exceptionnel. En revanche, les tailles moyennes sont bonnes, les poissons dont la taille est supérieure à 40 centimètres sont fréquents, et une capture suffit généralement à nous insuffler la motivation nécessaire à l’attente de la suivante…

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Et puis parfois, à la cadence moyenne d’une fois par sortie, le ferrage porte dans quelque chose de plus lourd :

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Des dents à vous dissuader de vous réincarner en larve aquatique :

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Pour la dernière journée de pêche du mois, alors que les prochaines sorties libres seront consacrées à des occupations éloignées de toute considération halieutique - et surtout, même si nous ne le savons pas encore, avant que les niveaux n’explosent - je me réveille avec le dos complètement bloqué. Il est rare que l’envie de pêcher soit atteinte par ce genre de choses, mais sur ce coup, c’est réellement après une longue hésitation que nous nous décidons finalement à prendre la route.

L’histoire se répète, et une paire de poissons corrects rejoignent la filoche de Lenka.

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Globalement, sur ces premières sorties, elle aura été légèrement plus régulière que moi, ne passant pas à travers la pêche comme je suis en train de le faire ce jour-là, et comme je l’ai déjà fait sur une sortie précédente. Sur ce dernier coup, j’ai une excuse et je me résigne à l’idée qu’il faudra se contenter des deux petits poissons pris tant bien que mal, quand ma nymphe se fait stopper net sur une grande dérive…

Peu mobile et ayant mal évalué la taille du poisson pris loin dans pas mal d’eau, le combat est expédié en force, et sans faire un pas vers l’aval.

Une paire de reproches fusent quant à ma gestion assez peu prudente de la confrontation, mais la réussite est de mon côté, le poisson est assez rapidement filoché, et nous réalisons alors que nous tenons déjà une des truites de cette année 2018…

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Une grande truite splendide, de celles qui marquent une saison, et qui avait déjà fait notre bonheur en 2017 avec quelques tout petits centimètres de moins. Elle clôture superbement ce mois de mars.

Pour ceux qui souhaitent un détail plus poussé sur les nymphes utilisées, un billet plus détaillé est en ligne sur notre blog : https://www.mattetlenka.com/2018/04/09/eaux-froides-s%C3%A9lection-et-premiers-r%C3%A9sultats/

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A propos de l'auteur

Actuellement guide de pêche sur le territoire audois et ariégeois après un exil de son Gers natal, Matthieu est un pêcheur de truites avant tout, qu’il traque tout au…