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Le label "Site Rivières Sauvages" et sa première élue, la Valserine

pêche Valserine

C’est parti, la saison de pêche a commencé depuis quelques jours et déjà le bon sens nous fait ranger les cannes au placard pour quelques temps… C’est frustrant mais qu’à cela ne tienne, c’est l’occasion pour moi de me lancer dans la rédaction de ce premier article !

Il fait beau, les fenêtres de l’appartement sont grandes ouvertes, le printemps est là avec ses hôtes, Bouvreuil pivoine, grives, mésanges et pinsons chantent à tue-tête dans l’épicéa devant la cuisine, le contexte est favorable à la réflexion, ce n’est finalement pas si mal.

A une période où la majorité des rivières françaises, salmonicoles ou non, subissent les assauts de notre consumérisme outrancier et voient leurs populations piscicoles fondre comme neige au soleil (ahah !) je vais tenter d’apporter une touche d’optimisme. Dans cet article nous ne parlerons donc pas de gros poissons capturés dans des conditions dantesques, mais plutôt d’outils et de dynamiques locales visant à préserver et restaurer nos rivières.

L’outil en question est le Label « Site Rivières Sauvages », plus précisément sur la Valserine, première rivière labellisée en France en 2014.

Tout au long de l’article seront abordés les rôles des différents acteurs autour de ce Label et des actions qui seront mises en place au cours du nouveau « Contrat de Rivière Sauvage ».

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Un brin d’historique

Je ne m’étendrai pas trop en détail sur l’historique, mais afin que chacun comprenne, voici les dates clés de l’émergence du label.

  • 1er janvier 2011 : Naissance du fond pour la Conservation des Rivières Sauvages.
  • 20 mai 2011 : Colloque Fondateur à Annecy
  • Octobre 2011 : Séminaire à Bellegarde sur Valserine dans le but de définir les critères de définition d’une rivière « sauvage »
  • 2012-2013 : Test sur des rivières pilotes (Valserine, Chéran, Vis et Léguer)

Volontairement je passe assez rapidement sur ces dates pour lesquelles vous trouverez des explications plus détaillées sur le site du Label : https://www.rivieres-sauvages.fr/

Bref on arrive vite en 2014 avec le lancement officiel du Label et la labellisation au mois d’octobre de la première rivière de France : la Valserine !

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site Rivières Sauvages
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L’implication des pêcheurs de loisir dans ce processus a été énorme et est à souligner. C’est suite à des évènements de pollution qu’un petit nombre de pêcheurs amoureux de leur vallée se sont mobilisés pour créer petit à petit des collectifs avec l’aide du Fond pour la Conservation des Rivières Sauvages et du PNR du Haut-Jura, bref la machine Rivière Sauvage sur la Valserine était lancée. Élément moteur et central de la bonne dynamique autour de cette rivière, le Groupement Valsemine est aujourd’hui un acteur à part entière du nouveau contrat de rivière (lien vers le site du groupement ici : http://www.valsemine.fr/). Nous reviendrons sur leur rôle et celui des autres acteurs un peu plus tard.

A noter également l’investissement remarquable du département de l’Ain pour la valorisation des rivières sur son territoire. A ce jour 5 rivières sont labellisées dans l’Ain ce qui en fait probablement le département le plus impliqué !

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pêche valserine
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La Valserine dans les gorges, paradis du pêcheur au toc (Source : N Meynard)
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La Valserine et son bassin-versant

Avant de commencer il est intéressant de préciser que tout le fond de vallée est classé Espace Naturel Sensible par le département de l’Ain.

La Valserine prend sa source dans le département de l’Ain sur la commune de Divonne-les-Bains à la limite de l’Ain, du Jura et de la Suisse. Elle se trouve au cœur du Parc Naturel Régional du Haut-Jura, surplombée par la Réserve Naturelle Nationale de la Haute-Chaîne du Jura en rive gauche et sur la quasi-totalité de son linéaire. Un bassin-versant encaissé, dominé par des forêts…et si c’était un peu la recette du bonheur… ? Ajoutez à cela une eau fraiche toute l’année, bref je ne vous fais pas un dessin…

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Des affluents riches et préservés, pourvoyeurs de juvéniles
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Après un parcours de 47,6 km la Valserine se jette dans le Rhône en rive droite au niveau de Valserhône (Bellegarde sur Valserine). Sur ses 15 premiers kilomètres la rivière marque la limite entre le département du Jura en rive droite et celui de l’Ain en rive gauche, après cela la rivière passe entièrement dans l’Ain.

Au niveau de la source la Valserine n’est qu’un ruisselet à pente modérée qui s’écoule dans des prairies humides riches en nombreuses espèces notamment d’odonates et de papillons. Petit à petit ses flots grossissent grâce aux nombreux apports qui descendent des massifs en rive droite et gauche. L’agriculture est dominée par l’élevage bovin extensif et en dehors de problématiques ponctuelles de piétinement, la rivière n’a pas subi de troubles majeures.

Après environ 4 kilomètres, la rivière aborde un secteur à pente plus faible et commence à serpenter dans la prairie. Elle arrive ici dans une prairie transformée il y a quelques années en golf. Sur ce secteur la Valserine a connu quelques perturbations liées à l’activité humaines, notamment des confortements de berges, drainage de zone humide et recoupement de méandres.

A la sortie du golf la pente augmente à nouveau et la rivière aborde le village de Mijoux, célèbre pour la taille des pierres précieuses, c’est le premier des trois seuls villages que la rivière traversera. Quelques protections de berges contraignent ponctuellement sa mobilité au niveau des ouvrages de voirie et une plantation d’épicéas a engendré une rectification de son cours sur un petit linéaire (nous reviendrons plus tard sur la problématique des zone humides enrésinées). Dès la sortie du village la rivière serpente à nouveau librement dans les prairies, les touradons et les bouquets de saules buissonnants.

Arrivée sur Lélex, la Valserine s’est élargie, les veines d’eau sont plus profondes, l’habitat en berge est très riche et varié, elle dessine ici de beaux méandres dans les prairies humides. Après Lélex la Valserine parcourt encore 3 kilomètres avant de buter contre le verrou glaciaire qui formait autrefois un vaste lac dans le fond de vallée.

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La Valserine à son arrivée dans Lélex, des veines porteuses et des berges riches en caches (Source : N Meynard)
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A partir de ce point, le visage de la rivière change totalement et elle révèle son vrai caractère. La rivière se transforme en torrent, les blocs offrent de nombreuses caches, les courants sont puissants, la vallée se rétrécit et le cours d’eau s’enfonce dans des gorges sublimes.

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L'entrée dans les gorges est parsemée de gros blocs offrant des caches multiples, les versants boisés sont riches de nombreuses espèces, pour ceux qui ne se contentent pas que de regarder les poissons ! (source : N Meynard)
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Mais la vraie richesse de ce tronçon qui se poursuit jusqu’à la commune de Chézery-Forens est liée à son transit sédimentaire, la Valserine et ses nombreux affluents sapent les pans de montagnes et mobilisent de grandes quantités de matériaux, chaque crue amène son lot de galets et de blocs, la rivière bouge et évolue, cherchant sans cesse son équilibre. Deux secteurs sont à ce titre particulièrement remarquables. Tout d’abord « les égrevines » (terme qui ne manquera pas de faire réagir un pêcheur du grand Est dont la propension à se payer ma fiole n’a d’égale que son inclinaison pour les grosses nymphes moches, certains le reconnaitront sans peine). Ici la rivière vient éroder sa rive droite. Le second contributeur est un affluent, le Troublery. Celui-ci descend directement de la Roche Franche et connait des phénomènes de laves torrentielles impressionnants. Son activité conditionne grandement le visage de la Valserine en aval.

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Des zones de recharge sédimentaire importantes et essentielles au bon fonctionnement du cours d’eau
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Après Chézery-Forens la rivière gonfle encore grâce à l’apport du ruisseau de Forens, la bande active est plus large et la rivière crée des bras secondaires puissants, son profil évoque les portions aval de certaines rivières alpines.

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Transit sédimentaire très important, lames d’eau puissantes, un petit goût de Hautes-Alpes
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Elle aborde alors son principal obstacle anthropique, le barrage de Sous-roche dont la vocation est la production d’hydroélectricité. Ce barrage fait l’objet de fiches actions du nouveau contrat de rivière et nous y reviendront plus bas.

Après barrage la Valserine s’enfonce à nouveau dans des gorges, elle est rejointe par la Volferine puis, 6 kilomètres plus bas par la Semine, son principal affluent, la Semine est une autre très belle rivière qui mériterait aussi qu’on lui consacre plus de temps ici. Le pont des Pierres et sa vue imprenables sur les gorges fait partie des incontournables du secteur.

Depuis la confluence avec la Semine, la rivière continue sa course dans les gorges jusqu’au Rhône en passant par les célèbres pertes de la Valserine, l’un des lieux les plus touristiques de la vallée. Environ 1,5 kilomètre avant la confluence avec le Rhône, elle arrive au barrage de Métral, second obstacle infranchissable de la vallée (les deux ouvrages sont tout de même équipés de passes-à-poissons). L’amont du remous liquide du barrage marque la fin du tronçon labellisé « Site Rivières Sauvages ».

Tout au long de son cours la Truite fario règne en maître, elle est même le seul poisson représenté sur l’amont du barrage de Sous-Roche. En aval, le Chabot puis le Vairon l’accompagnent. Au niveau de la confluence avec le Rhône, d’autres espèces viennent diversifier le peuplement.

Le Label, un outil d’acceptation et de développement local

Maintenant que nous avons décrit sommairement la vallée, il est temps d’en venir au sujet principal de cet article, le label Site Rivières Sauvages.

Avant toute chose, j’anticipe les réactions (justifiées) de certains qui ne manqueront pas de faire remarquer qu’une rivière sauvage ne devrait pas avoir le moindre barrage sur son cours, aucun rejet, etc (en existe-t-il une en France ?). Je suis assez d’accord et tenais encore il y a peu ce discours que j’ai, avec le temps appris à nuancer. Il s’agit bien ici de percevoir le label pour ce qu’il est, un outil formidable de dialogue et de reconnaissance par les élus et la population du caractère préservé et exceptionnel du cours d’eau qui passe dans leur jardin.

De mon expérience personnelle (bien qu’elle soit encore assez jeune), je n’ai encore jamais connu de contexte aussi favorable au dialogue et aux synergies positives que sur cette vallée. Certes, tout ne s’est pas fait de façon linéaire et les bonnes volontés se sont parfois heurtées au scepticisme et aux réticences de certains. Mais l’engagement et les efforts mis en œuvre pour aboutir à la création du label ont fini par payer.

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La communication et la concertation, clés du bon fonctionnement du label (source :PNRHJ)
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La labellisation de la Valserine (et des autres rivières dans ce même cas) a permis avant tout de mettre en lumière les efforts des différents acteurs de la vie de la vallée. C’est pour eux une réelle reconnaissance et désormais un argument de poids dans la communication des Offices de Tourisme, des communautés de communes, des acteurs économiques ou même des guides de la vallée. C’est un vecteur de développement touristique qui incite chacun à être vertueux sur son usage de l’eau et de l’espace pour tendre vers encore un peu plus d’excellence. Certes les problèmes existent et certains ne partagent pas ce point de vue, mais d’une manière générale le dialogue passe bien, les actions émergent et les idées fusent. Les principaux acteurs des milieux aquatiques sont ainsi présents autour de la table pour discuter et prendre les décisions.

Le label était valable pour une période de 5 ans, celui-ci est donc en cours de réactualisation (le premier est arrivé à échéance en 2018).

Son obtention est liée à deux conditions :

La première, le site doit remplir la grille de critères (disponible ici : https://www.rivieres-sauvages.fr/elements-constitutifs/). Cette grille permet d’identifier les cours d’eau ou portions de cours d’eau susceptibles d’être labellisés, de définir le niveau de caractère sauvage du cours d’eau (il existe 3 niveaux) et enfin de caractériser les altérations liées aux activités humaines et de proposer des solutions pour y remédier. Je ne vais détailler ici l’ensemble des critères mais pour ceux d’entre vous qui ne voudraient pas lire le document entier voici un résumé des critères appréciés :

  • Les linéaires rectifiés, endigués et stabilisés
  • Le nombre d’ouvrages transversaux (seuils et barrages) et leurs impacts sur les espèces repères (Truite fario ou autres)
  • Temps de retour des crues morphogènes
  • Pourcentage du linéaire soumis à des régimes d’éclusées et en tronçon court-circuité
  • Altérations de la diversité des habitats aquatiques
  • Prélèvements d’eau dans le milieu naturel
  • Qualité de l’eau (état des peuplements macrobenthiques et de divers indicateurs physico-chimiques)
  • Etat des populations piscicoles et de la flore aquatique
  • Caractérisation de la faune et de la flore rivulaire
  • Occupation des sols (artificialisation, agriculture intensive, etc.)
  • Ambiances visuelles et sonores (sentiment d’évoluer dans un milieu sauvage ou non)
  • Présence d’espèces emblématiques et à contrario d’espèces invasives
  • Gestion piscicole appliquée
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A quoi mesure-t-on le degré de naturalité et la part de sauvage d’un cours d’eau ?
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Voilà pour ce bref résumé des critères, qui sont beaucoup plus nombreux et complexes que cela (bravo à ceux qui iront les voir).

La deuxième, le label est obligatoirement lié à un programme d’actions. Ce programme doit permettre de faire émerger des actions visant à améliorer encore l’existant sur la durée du label.

Le premier programme d’action étant arrivé à échéance en 2018, l’année 2019 a ainsi été consacrée à son bilan et à l’élaboration du nouveau programme 2020-2024.

Ce nouveau programme regroupe une soixantaine d’actions portées par différents maitres d’ouvrages :

  • Le Parc Naturel Régional du Haut-Jura
  • Le département de l’Ain,
  • La communauté d’Agglomération « Pays de Gex Agglo »,
  • La communauté de communes du Pays Bellegardien
  • La Fédération de l’Ain pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique.
  • Le Conservatoire des Espaces Naturels Rhône-Alpes
  • L’Association du Réseau des sites Rivières Sauvages
  • Le Groupement Valsemine (groupement de deux des AAPPMA du bassin-versant)

Afin de préciser les rôles et engagements de chacun il a ainsi été décidé de signer entre les parties un « contrat de rivière sauvage ».

Le contrat de rivière sauvage 2020-2024, perspectives et actions

Comme expliqué précédemment, le contrat de rivière regroupe plusieurs maitres d’ouvrage, ainsi, chacun d’entre eux porte un certain nombre d’actions.

Chaque action est programmée dans le temps et budgétisée. Je vais tâcher de vous présenter succinctement ici les différents types d’action qui composent le contrat. Le but n’étant pas d’entrer trop dans le détail mais de donner un aperçu des champs qu’ouvre cet outil.

Ces actions sont de plusieurs ordres :

  • Les actions à but pédagogique et de sensibilisation

Au cours des 5 ans, seront menées diverses actions à but pédagogiques. Par exemple, le Groupement Valsemine et la FDAAPPMA01 mettront en place au cours du contrat des ateliers découvertes dans le but de sensibiliser les jeunes à la protection et à la fragilité des milieux aquatiques ainsi que des sessions de découverte des différentes techniques de pêche.

Le PNRHJ mettra en place des sessions de formation des professionnels aux bonnes pratiques à mettre en place pour éviter la propagation des plantes invasives et notamment des renouées asiatiques.

S’ajoutent à cela, diverses actions de communication auprès du grand public comme la Fête de la Valserine Sauvage qui devrait avoir lieu (si le contexte sanitaire le permet) le dimanche 7 juin à Valserhône (Bellegarde sur Valserine). Organisé par la communauté de communes du Pays Bellegardien et l’Office de Tourisme Terre Valserine, cet évènement permet à tous les acteurs du contrat présents de communiquer sur leurs actions et sensibiliser le grand public à la protection de la rivière.

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  • Les actions d’étude et de connaissances

Le volet étude comprend des champs d’intervention très vastes. Par exemple un diagnostic sur le potentiel de restauration d’un sous-affluent de la Valserine est en cours de rédaction, un suivi du transit sédimentaire au niveau du barrage de sous-roche a été amorcé l’an passé et sera prolongé afin de mieux comprendre l’impact sur le transit sédimentaire et rechercher des solutions pour le rendre aussi transparent que possible.

Des suivis sur la qualité de l’eau et des différents rejets sur la vallée vont également être mis en place ainsi qu’un recensement et des actions de traitements sur les décharges sauvages.

L’une des actions phares concerne le lancement d’une étude ADN des diatomées qui sera menée sur trois ans. Des prélèvements d’eau seront réalisés sur différents points du bassin-versant, l’analyse des séquences ADN permettra d’identifier les cortèges présents. En effet ces algues microscopiques unicellulaires sont pour certaines très sensibles à la pollution. Leur présence ou leur absence permet de renseigner sur l’état chimique des cours d’eau du bassin-versant et d’identifier les points de pression potentiels. La méthode actuelle nécessite de réaliser un inventaire exhaustif au microscope pour déterminer et compter visuellement les espèces présentes. Plus récemment, des méthodes d’identification moléculaire basées sur de courts fragments d’ADN appelés barcodes ont été développées. Cette approche innovante est aujourd’hui suffisamment avancée pour pouvoir être appliquée aux suivis de la qualité des rivières sauvages. L’utilisation d’indicateurs « sentinelles » précis capables de renseigner rapidement sur la moindre évolution de la qualité du milieu s’avère extrêmement précieux.

Des actions concrètes de réduction des déversements d’eaux usées, au travers d’un Plan Pluriannuel d’Investissement, vont également être entreprises par la communauté de communes du Pays Bellegardien. Ce plan ambitieux prévoit l’investissement de 2.7 M€ sur les 3 ans à venir.

  • Les actions de restauration de la morphologie et de la continuité

Enfin, des actions seront menées et sont pour certaines déjà en cours pour agir sur la morphologie et la continuité écologique du bassin-versant.

En effet, bien que le bassin-versant soit préservé par rapport à la moyenne des cours d’eau français (qui a dit « et Européens » ??), le bassin versant n’est cependant pas exempt de pressions.

Des pressions sur la morphologie, puisque sur quelques secteurs, la Valserine a connu des opérations de rectification. Par exemple sur le site du Grand Essert, un important méandre a été rectifié par un merlon d’enrochements. Cette rectification entraîne non seulement une accélération des flux, mais également une déconnexion et une perte d’habitats extrêmement riches qui ne sont plus alimentés par les débordements de la rivière. Une étude est actuellement en cours afin de proposer le scénario optimal de restauration, qui permettra à la rivière de retrouver son espace de bon fonctionnement tout en veillant à préserver les terrains agricoles attenants.

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L’un des projets phares du programme d’action : supprimer le merlon en rive gauche qui contraint la rivière et accélère les flux (source : PNRHJ)
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Des actions sur la continuité écologique sont également prévues, avec l’arasement prochain d’un seuil sur le cours de la Semine ou l’équipement d’un autre seuil encore en service par un système de rampe de fond qui permettra aux poissons de transiter librement sur le tronçon.

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Site d’arasement d’un ancien seuil qui empêchait la montaison des espèces piscicoles, un projet soutenu par les pêcheurs (Source : PNRHJ)
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Naturellement la question des seuils et de la continuité est ici comme ailleurs sujette à quelques controverses, cependant l’appui et le soutient moteur des AAPPMA locales sur ces questions permettent d’avancer efficacement et sereinement.

Je n’irai pas plus loin dans le développement pour aujourd’hui, ce bref échantillon donnant déjà une idée de l’outil que peut représenter le label tout en étant suffisamment dense à lire…

L’avenir me permettra sans doute de vous présenter de manière plus détaillée certaines des actions menées sur le bassin-versant au fil du déroulement des chantiers.

Promis on parlera aussi poissons une prochaine fois et pêche…du moins un peu 😉

D’ici là, profitez de votre temps libre pour vous renseigner sur les initiatives locales, sur les possibilités de faire émerger des solutions pour les milieux aquatiques. Ces actions, ces engagements vont bien au-delà de la pratique de notre loisir, ce sont de réelles questions de fond sur des problématiques plus globales et graves. Car comme le dit régulièrement un ami « L’eau n’est pas nécessaire à la vie, l’eau EST la vie » et sans vie, pas de pêche, pas de grosses nymphes qui font plouf (bisous rédac chef).

A bientôt !

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Source : Yann Dissac

A propos de l'auteur

Né dans le département de l’Ain, Quentin a commencé comme beaucoup à pêcher les vairons en compagnie de son grand-père et de son père. Les vacances en caravane au Vigan…