Durant l'été caniculaire 2019, nous avons testé le nouvel ensemble Field and Fish chemise + pantalon/short stretch dans différentes conditions, et notamment lors de plusieurs rando-pêche en altitude, où le matériel est mis à rude épreuve. Voici notre compte rendu :
Le choix des vêtements de pêche revêt une importance capitale, d'autant plus ces dernières années où les épisodes caniculaires tendent à se multiplier. Dans ce contexte, trouver un ensemble adéquat, qui vous apporte du confort et de la fonctionnalité à un prix correct n'est pas très évident. Le cahier des charges idéal pourrait être le suivant :
Cela étant dit, voici les caractéristiques techniques des deux produits présentés :
265 gr
60 euros
Ces 2 produits sont équipés de fermetures éclair YKK® et leur tissu bénéficie d'un traitement anti-UV indice UPF 40 (excellente protection contre le soleil).
NB : les boîtes à mouche prises comme références pour décrire la contenance des principales poches sont :
Elles correspondent à des boîtes de dimensions "standard" que l'on retrouve chez de nombreux autres fournisseurs.
335 gr
60 euros
Le cahier des charges évoqué en introduction de cet article est parfaitement rempli par ce duo de choc qui vous accompagnera partout, que ce soit en voyage de pêche ou lors de vos pérégrinations hexagonales. Nous avons particulièrement apprécié la fraîcheur apportée par la chemise qui est la caractéristique remarquable de ce produit. Les courants d'air générés par les larges aérations donnent un confort impressionnant lors des journées chaudes. De son côté, les vrais plus du pantalon résident dans le confort de son tissu et sa capacité à sécher très rapidement, ce qui décuple son champs d'utilisations : randonnée (il se fait totalement oublier lors de la marche avec son poids plume et son élasticité), voyage, et même lors de vos sorties de pêche en rivière sous vos waders !
Ces produits s'inscrivent parfaitement dans la lignée de ceux des plus grands équipementiers spécialisés dans les activités Outdoor.. le tout avec un prix mesuré et des détails qui facilitent la vie du pêcheur (notamment les accessoires de la chemise). Ils sont garantis 2 ans (prix du pack chemise + pantalon : 109 euros).
NB : la taille L pour la chemise et le pantalon conviendra pour des personnes mesurant plus d'1m80.
La météo précocement chaude et ensoleillée de ces derniers temps a provoqué une explosion d’insectes diversifiés et la végétation est à son plein épanouissement.
Le nord de l’Idaho s’étale jusqu’à la frontière canadienne en une bande étroite située entre l’état du Montana à l’Est et l’état de Washington à l’ouest. Nous sommes au cœur du territoire des Westslope Cutthroats, poisson endémique du nord-ouest des USA. Nombreuses sont les rivières de cette région permettant de traquer cette magnifique truite ; Cœur d’Alène River, North Fork of the Clearwater, Lochsa River, Kelly Creek (rivière de référence dans les ouvrages américains consacrés à ce poisson), Selway River et bien d’autres… Loin des célèbres tailwaters (rivières sous barrages), ce sont toutes des cours d’eau au débit naturel. Ces rivières, traversant des forêts nationales, sont totalement libres d’accès, loin des traces de la civilisation et parfois uniquement accessibles en 4X4 au bout d’une longue piste.
Au fil de mes nombreux séjours dans cette région, j’ai eu l’occasion de pêcher à plusieurs reprises tous les cours d’eau précédemment cités mais c’est finalement vers la St Joe River que je reviens inexorablement. J’y vois deux raisons principales ; la qualité des poissons et le profil de la rivière. Si tous les bassins de cette zone abritent essentiellement des Westslope Cut, elles n’ont pas tout à fait la même robe selon les cours d’eau et les truites de la St Joe sont pour moi de loin les plus belles.
Le paysage, quant à lui, et le profil de la rivière sont vraiment sublimes. Le cours d’eau sur sa portion la plus intéressante est longé par une route ou une piste rive droite. Et rive gauche, ce sont des falaises qui se terminent les pieds dans l’eau et sur lesquelles une végétation spécifique s’accroche composant des tableaux parfois japonisants.
La Saint Joe River prend sa source à 1977m d’altitude dans la Northern Bitterroot Range et coule vers l’ouest à travers la St Joe national Forest. Après 225km, elle finit sa course dans le lac Cœur d’Alène à près de 650m d’altitude ce qui fait de sa partie aval, la rivière navigable la plus élevée au monde. Depuis sa source à la frontière entre Montana et Idaho, ce n’est qu’après une centaine de km de linéaire que la Joe traverse le minuscule village D’Avery puis vers l’aval se succèdent les petites villes de Calder, St Joe et St Maries.
On n’arrive pas par hasard dans la vallée de la Joe. Si vous venez du sud de l’Idaho, depuis Boise, ce n’est pas moins de 8h00 de route qu’il vous faudra. Vous longerez un temps la Salmon River, peu intéressante pour la pêche si ce n’est lors des remontées saisonnières de Steelhead puis traverserez des villes sans charme et parfois industrielles comme Lewiston. Une traversée d’une Amérique profonde, pas toujours romantique et souvent pauvre mais finalement assez instructive sur ce pays et ses nombreux contrastes. Ce n’est qu’à partir de St Maries, quand on arrive dans la vallée de la St Joe que le paysage devient bucolique. Il vous faudra encore une bonne heure pour atteindre Avery où le côté sauvage de la rivière apparaît enfin.
Arriver par le nord depuis le Montana est beaucoup plus agréable. Si c’est le tout début de votre séjour et que vous avez atterri à Missoula, vous pouvez faire étape à Superior. Le Big Sky Motel offre des chambres spacieuses et confortables (Prévoir cependant des boules Quies, l’interstate n’est pas loin) et un petit supermarché vous permettra de faire des provisions et même d’acheter votre permis de pêche. C’est de Superior que part la piste (Forest road 250) pour rejoindre Kelly Creek et, pour rejoindre La St Joe, il vous faudra rouler encore une dizaine de minutes jusqu’à St Regis pour prendre alors par la piste (Forest road 282) cap au sud. S’offre alors à vous un paysage de forêts à perte de vue, avec souvent des rencontres animalières au détour d’un virage (chevreuils, ours et même des loups…) et un point de vue magnifique lors du passage du col marquant la limite entre le Montana et l’Idaho.
A partir de la mi-septembre, les sous-bois se parent d’un rouge flamboyant et le trajet jusqu’à la rivière est un vrai régal. La Joe vous apparaitra finalement au détour d’un virage, après une longue descente, en limite amont du meilleur secteur de pêche. Difficile alors de ne pas s’arrêter immédiatement pour prospecter le premier pool qui s’offre à vous.
La st Joe River mérite qu’on s’y attarde au moins pour deux jours pleins de pêche. Il faut alors loger au cœur de la vallée à Avery, minuscule hameau de 25 habitants (en haute saison !!!).
Cabins By The Joe propose des chalets en bois tout confort, au bord de l’eau, à réserver le plus tôt possible car c’est souvent complet, surtout les WE.
Ma préférence va au Avery Store & Motel où il est possible de louer des appartements rustiques et un peu vieillots mais spacieux et bien équipés. Vous y serez chaleureusement accueillis par Lisa et Pete. Ils disposent de 4 logements (75 à 125$ la nuit pour une à quatre personnes).
Vous pourrez vous restaurer de quelques burritos et burgers dans la petite boutique qui fait à la fois station essence, magasin d’articles de pêches et de chasses, de T-shirt, de livres, de nourriture etc…et surtout passer des heures à discuter avec Lisa et Pete de la région et de son histoire. Car loger à Avery, c’est un peu remonter le temps... Nous sommes là sur la route de la ruée vers l’or et surtout à un lieu de passage de la voie ferrée qui a relié au début du siècle dernier, Chicago à l’océan Pacifique. Le chemin de fer n’est plus là depuis longtemps, mais nombreuses sont les peintures qui rappellent son passage et un petit musée a même été aménagé dans un wagon resté sur place. Pete vous parlera peut-être aussi du père Pierre-John de Smet et de son rôle d’indigénophile lors de la conquête de l’ouest, notamment auprès des indiens Nez Percés. Des moments inoubliables autour d’une bière fraîche après une journée au bord de l’eau.
De l’autre côté de la rue se trouve le Fly Shop de Dan Mottern ; Idaho Fly Fishing Company.
Dan saura vous guider vers les meilleurs secteurs de la rivière et vous conseiller sur les mouches à utiliser.
Le meilleur secteur de pêche se situe entre Avery et l’arrivée dans la vallée de la route qui vient du Montana, 45km plus en amont. Un magnifique terrain de jeu, facilement accessible car la route longe au plus près la rivière. Je vous rassure, vous ne serez pas dérangés par la circulation car cette route qui ne mène nulle part n’est empruntée que par les pêcheurs et quelques chasseurs en saison. L’habitat sur cette zone est parfait pour les Cut.
Les pools profonds et les radiers se succèdent, les gros blocs immergés sont autant de caches et la rivière a, en de nombreux endroits, creusé son lit sous les falaises.
En amont, le débit est plus faible et rares sont les postes profonds qu’affectionnent ces truites quand l’activité des insectes est faible. Les poissons sont moins nombreux et surtout plus petits.
En aval d’Avery, la rivière est plus large, ne longe plus la falaise et les coups sont moins bien marqués. La population et la taille des truites restent bonnes mais la pêche est beaucoup moins intéressante.
La réglementation est simple, catch and release pour les cutthroats et pas d’appâts naturels en amont de la North Fork of the St Joe qui rejoint la rivière principale à la sortie Est d’Avery.
En plus des Cut, la Joe abrite quelques Bulltrouts, bien sûr protégées ici comme dans toute la région, des white fish et quelques arcs-en-ciel sur la partie aval.
Pour le comportement des truites, leur pêche et les mouches à utiliser je vous renvoie à l’article publié l'an dernier sur les Cutthroats. J’insiste cependant sur l’importance des terrestres, notamment des fourmis.
Et puis se déroule sur la Joe un phénomène un peu particulier (connu aussi sur la Galatin River dans le Montana). A partir de la fin de l’été, on peut assister à de spectaculaires chutes de petits papillons beiges sur la rivière ; les Spruce Moths.
Pour être honnête, je n’ai jamais attrapé une truite avec une imitation de ces insectes mais je suis sûr d’avoir vu les truites en gober. Mike Berube de Spokanee (Washington), qui me rejoint parfois dans la vallée de la St Joe, me confirme que c’est une mouche qu’il faut avoir dans sa boite. Vous trouverez bien sûr des modèles dans le Fly Shop d’Avery et si vous
désirez dresser vous-même quelques imitations, je vous recommande le montage de Bob Jacklin, façon Elk Hair Caddis. Ce sera de toute façon une très bonne mouche pour pêcher en sèche/nymphe.
La grande majorité des étrangers qui viennent pêcher la truite à la mouche aux USA se concentrent sur les célèbres tailwaters et leurs poissons-trophées. Ce sont ces mêmes rivières qui attirent les touristes américains et ils sont de plus en plus nombreux. La pression de pêche est énorme sur des rivières comme la Madison River, la Missouri River, la Henry’s Fork etc… Je vous conseille donc vivement lors d’un séjour nord-américain de faire un petit détour par le nord de l’Idaho et par la St Joe River en particulier. Vous y croiserez juste quelques pêcheurs locaux, dans un cadre exceptionnel et avec des poissons magnifiques.
Si vous avez un jour la chance d’y être vers la fin septembre, quand les truites s’habillent de leur robe rouge vif comme pour être en accord avec la végétation des sous-bois des environs et que les papillons chutent par milliers sur la rivière comme les gros flocons d’une neige de printemps, vous rentrerez chez vous avec des souvenirs gravés indéfiniment dans votre mémoire…
95 Milwaukee Rd, Avery, ID 83802
00 1 (208) 245 4410
46946 St Joe River Rd, Avery, ID 83802
730 Siberts Old River Rd, Avery, ID 83802
00 1 (425) 773 3724
103 4th Ave E, Superior, MT 59872
00 1 (406) 822 4831
Les pêcheurs et tous ceux qui se soucient de la nature savent que tout ce qui se passe sous l’e
Ce récit date de mai 2015, mais il hante encore mon esprit et fait désormais partie de mes plus beaux souvenirs de pêche. Je vous le livre à nouveau ici dans son jus de l’époque, tel qu’il avait été publié sur le blog Hardy. Bonne Lecture !
« Suite à deux sorties aux leurres en bonne compagnie, j'ai hâte de sortir la soie et d'aller imbiber mes steamers. J'ai attendu d'être seul puisque c'est de la sorte que j'arrive le mieux à pêcher. En ce premier mai, personne ne se serait de toute façon battu pour m'accompagner puisque la météo est exécrable. Les prévisions annonçaient 60 km/h de vent de sud en rafale et 60 mm de pluie. Elles étaient en dessous de la réalité puisque c'est plus de 100 mm d'eau que j'ai reçus en 8h de pêche. Certains cours d'eau distant de quelques kilomètres de moi seulement subissaient pendant ce temps une crue cinquantenale.
Un temps idéal pour aller à la pêche en somme.
Dans ma petite vie bien chargée, partagée entre famille, travail et pêche, repousser une sortie c'est l'annuler donc rien ne me fera renoncer, ni même changer de plan. Cela fait deux saisons maintenant - la troisième commence - que je me suis lancé dans la recherche des grands brochets en lacs alpins au streamer. J'ai fait mes armes sur Annecy, ai essayé le lac du Bourget mais aujourd'hui je me lance sur le Léman. C'est l'évolution inéluctable de ma démarche, je le sais depuis le début, mais je n'ai rien fait pour brûler les étapes. J'ai attendu d'être prêt, d'avoir validé différentes approches et un matériel adéquat, pour arriver confiant sur la grande flaque. Le premier résultat obtenu sur un nouveau plan d'eau est déterminant, je le sais bien. Une mauvaise expérience pour commencer émousse rapidement et parfois définitivement toute motivation mais la météo ne me fait pas peur bien au contraire. Le vent et la pluie brouillent les signaux, camouflent les approches et parfois rendent les poissons agressifs. Des avantages qui compensent tout juste les difficultés engendrées par un fort vent mais je suis confiant.
Je mets à l'eau en milieu de matinée, la pluie tombe drue, comme prévu, et je suis déjà humide d'avoir enfilé ma combinaison de pluie hors de la voiture.
J'ai beau connaitre le coin comme ma poche, tout parait plus vaste avec une canne à mouche à la main. Je suis conscient que je ne parcourrai pas autant de terrain qu'aux leurres alors je minute soigneusement ma prospection : 4 postes/2 heures. Un compromis entre persévérance et mobilité.
Le premier poste est une large pente douce herbeuse. Je cible une gamme de profondeur située entre 5 et 7m mais cela fait encore des centaines d’hectare potentiel. Plutôt que me battre contre le vent je l'utilise pour faire de grandes dérives sur le plateau, en gérant seulement l'angle du bateau au moteur électrique. Je retiens la soie la plus plongeante que j'ai à ma disposition : une S8, lestée sur toute sa longueur. Cette soie est très difficile à propulser mais elle tient bien le vent, sa running line lovée sur le ponton du bateau ne s'envole pas, et enfin elle "tient le fond". Je shoote 3/4 amont, laisse descendre quelques secondes jusqu’à ce que la soie soit perpendiculaire au bateau puis je strippe sur la dérive aval en arc-de-cercle. Une pêche rapide pour écumer les plateaux mais qui nécessite un certain niveau d'activité des poissons. Les deux heures passent je ne prends pas une touche ainsi. Mal habillé sous ma combinaison, l'humidité me pénètre et j'ai les mains gonflées. Patience...
Je change de poste pour le suivant qui présente une pente plus raide, m'ancre au moteur électrique sur des parties hautes et shoote vers le large, dos au vent, ou au mieux perpendiculairement à celui-ci. Je peigne plus précisément mais aussi plus lentement. Je multiplie les ancrages en longeant la cassure, à chaque fois un ou deux shoots maximum. Toujours rien.
"J'ai faim, il pleut, j'ai froid".
D'habitude pêcher m'empêche de penser à la faim mais là ça ne marche pas. Je cherche vaguement un abris pour garder mon sandwich au sec le temps de l'ingurgiter mais impossible d'accoster proprement à cause des vagues donc je mange debout, sous la pluie, un sandwich mouillé. Je cogite mais il n'y a rien à faire d'autre que de suivre le plan. Les meilleures heures sont devant moi.
Je termine le secteur 2 sans succès et migre vers 15h sur le secteur 3. C'est une pente moyenne avec quelques reliefs qui peuvent retenir les poissons. Ici il n'est pas question de pêcher en dérive mais de pêcher précisément dans des profondeurs de 5 à 8 m.
"Nous verrons si c'est mieux"
Le vent complique nettement la tâche. Sur chaque ancrage je n'ai que deux à trois angles de lancer possible si je ne veux pas me planter un steamer dans le crâne lors d'une bourrasque. Avec un triple 1/0 ça ne pardonnerait pas. Un ancrage, deux ancrages ...
"Touuuuuuche !!!"
Le poisson tient le fond, prend un peu de fil mais son sort est vite réglé. Le combat sur une canne à mouche est incomparable.
Je suis presque surpris de le mesurer à 75 cm, je le voyais plus petit, comme souvent sur le Léman. Je me détends... enlève la capuche pour la première fois de la journée et tente de me décrisper.
L'ancrage suivant m'apporte un second poisson. Enfin ! J'ai l'impression que ça pourrait démarrer. Deux poissons de suite c'est le début d'une série ? non ?
Mais ce sera un feu de paille, rapidement éteint par les seaux d'eau qui me tombent sur la tête.
Je laisse avec regret ce troisième poste que je n'ai évidement pas peigné en totalité mais il me faut rester mobile pour optimiser mes chances.
La pêche en dérive n'ayant rien donné jusque là, je pars sur une pêche de plateau en me déplacement très lentement, en remontant le vent, à la limite de l’immobilité. Je n'effectue qu'un seul angle de lancé, toujours le même, mais je calibre mes déplacements pour que chaque trajectoire soit unique. Je change de soie aussi, pour une S7 pointe plongeante dont le running line est de densité intermédiaire. Ça plonge moins - mais ce n'est pas grave car je vais doucement - mais surtout ça shoot beaucoup plus loin. J'espère ainsi gagner un peu de distance de pêche.
Au troisième lancé, je sens une petite déflagration dans la canne mais le poisson "ripe" au ferrage. Je l'ai vu se retourner sous l'eau, c'est un poisson plus joli que les précédents qui mesure probablement entre 80 à 90 cm. J’enrage ! Une touche ratée qui me rend vigilant lors des lancés suivant et désormais je suis attentivement des yeux mon streamer dès qu'il réapparaît depuis les profondeurs.
Deux lancés, trois lancés, la prospection continue sur quelques dizaines de mètres. Sous l'effet du vent, le bateau prend de l'angle sur ma dérive couvant ainsi parfois mon streamer en fin de tirée. Lors de l'une d'elle, alors que le streamer réapparaît le long de la coque j’aperçois derrière lui une énorme masse qui résorbe son retard sur mon leurre.
"Mon cœur s’arrête..."
Par réflexe j'arrête ma tirée qui est déjà presque finie.
"ça ne marchera pas, je vais prendre un refus"
Le retard du poisson est réduit à néant puis mon steamer disparaît dans un énorme four. Il me parait impossible de ferrer efficacement un poisson avec une canne à mouche à cette distance. Faute de pouvoir ferrer à la soie, j’envoie un ferrage à la canne, avec trois mètres de ligne..
Le temps s'est arrêté, je suis dans cet instant précis, bien connu des pêcheurs à vue, où la décision de ferrer est partie mais le résultat n'est pas encore là. Tout est encore possible, et je suis déjà conscient que l’échec - probable - sera insupportable. Je souffre par anticipation.
L'élan de ma canne est brutalement arrêté par l'inertie du poisson qui n'a pas bougé. Apparemment mon hameçon a trouvé une irrégularité dans la gueule du géant pour s’agripper mais je ne crois pas qu'il ait pu se planter convenablement alors je maintiens une pression très forte, pour que cela ne ripe pas. Doucement le poisson réagit, il secoue la tête puis s'énerve. Il est en surface et se tortille sur lui même sans trouver d'appuis sur l'eau pour amorcer un rush, il "pattasse". Après quelques secondes je me dis que contre toute attente c'est peut-être le bon moment pour l'épuiser par surprise mais l'approche de l'épuisette lui redonne un sursaut d'habileté, et il plonge, sonde et vide la soie que j'avais en boule dans les pieds.
Je me détends ... un peu. Il est la bien là, au bout de la ligne, à une distance raisonnable du bateau. Le succès me semble désormais moins improbable. Un rush, deux rush, au troisième il résorbe la totalité de la soie sortie et je suis enfin en direct sur le moulinet, je vais pouvoir être assisté du frein de mon moulinet sur la fin du combat.
Rapidement je constate que je n'arrive pas à reprendre la soie perdue alors je résorbe l'écart qui nous sépare au moteur électrique jusqu’à me trouver à son aplomb. Je suis désormais juste au dessus de lui mais je ne le vois pas. Je le suis en lui mettant la plus forte pression possible qu'autorise mon 40/100 de pointe. Au vu de la puissance que révèle ma Sintrix au combat, je me dis que j'aurais pu monter encore en diamètre car la réserve du blank est loin d'être saturée.
Sur une ultime pression le grand brochet m'apparaît enfin en surface, sur toute sa longueur. C'est un tout gros, mon pouls s'accélère encore. Après un dernier rush, mais pas le moindre, je glisse enfin le poisson dans l'épuisette.
"Rhhhhhhhaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa"
Un grand cri de soulagement raisonne sur le Léman. Je laisse le poisson dans l'eau sans m'occuper de lui et m'allonge sur le dos dans le bateau, pour plusieurs minutes. L'adrénaline m'a épuisée...
Me redressant enfin je prends une photo de la gueule du géant, fermée sur mon streamer. Je n'ai pas rêvé. Je l'évalue à plus de 120 cm et appelle Kévin qui est sur l'eau aujourd'hui, avec Jérôme.
Examen fait, l'hameçon triple du tube fly est venu accrocher sans le piquer un arc branchial au fond de la gueule. La prise était excellente, la chance était avec moi...
J'enlève ma capuche pour la seconde fois de la journée. Après 7h sous la pluie en solitaire, partager cette capture avec de Kévin Hernandez et Jérôme Kaïd est un moment fort... Merci les gars, et merci pour la photo.
La taille ? Ha oui, 122 cm. Un poisson rare en France à la mouche.
Par mes choix techniques et stratégiques j'ai fait en sorte de pousser un peu les probabilités pour que cette capture passe du stade "impossible" à celui d'"improbable", mais je n'ai pas mérité un résultat si rapide. Prendre un 120+ à la mouche était un fantasme plutôt qu'un rêve... Il va falloir maintenant redescendre sur terre et évacuer toutes ces images qui tournent en boucle dans ma tête. Personne ne comprendra dans quel univers parallèle je me trouve pour quelques temps. »
Quentin
Malgré la déferlante chest-pack qui touche le monde de la truite depuis quelques années, le classique gilet de pêche conserve une place de choix dans l'arsenal du pêcheur à la mouche français. Voici un test comparatif de 3 modèles haut de gamme largement éprouvés à l'international, dont les caractéristiques techniques sont très différentes :
Fer de lance de la marque JMC, le SPECIALIST est devenu une référence parmi les gilets haut de gamme du marché. Dans sa version V4, il ne comporte pas moins de 28 poches (dont plusieurs possèdent un usage spécifique), ainsi que de nombreux accessoires très pratiques. Différence notable par rapport à la concurrence : sa grande modularité. En effet, la partie dorsale est entièrement détachable ce qui permet de l'alléger et d'apporter d'avantage de confort en été par exemple. Voici ces caractéristiques techniques de cette référence:
Microfibre respirante VS Hydro
(nombre total de poches, zippées sauf mention contraire)
A l'avant :
NB : 2 oeillets d'évacuation d'eau sont présents sur toutes les poches
A l'arrière :
Poche dorsale filet mesh fine avec 3 mousquetons + sangle attache-ceinture + partie amovible comprenant :
A l'intérieur :
Zip
Environ 800 gr en taille XL
Ce gilet haut de gamme Patagonia en mesh est bien adapté à la pêche par temps chaud et sèche vite en cas d'humidité. Il se démarque par ses poches verticales, son poids très léger et son aspect particulièrement épuré. Voici ces caractéristiques techniques :
(nombre total de poches, zippées sauf mention contraire)
A l'avant :
A l'arrière :
A l'intérieur :
clip
340 g en taille XL
Ces 3 gilets sont équipés de fermeture éclair YKK® et tous possèdent un anneau accroche-épuisette au niveau du col à l'arrière.
NB : les boîtes à mouche prises comme références pour décrire la contenance des principales poches sont :
Elles correspondent à des boîtes de dimensions "standard" que l'on retrouve chez de nombreux autres fournisseurs.
Le modèle haut de gamme de la célèbre enseigne SIMMS est l'un des gilets les plus utilisés au monde par tous les pêcheurs à la mouche passionnés et de nombreux guides de pêche. Son nombre de poches impressionnant lui confère une capacité de stockage hors du commun :
(nombre total de poches, zippées sauf mention contraire)
A l'avant :
A l'intérieur :
A l'arrière :
zip + clip aimanté
Environ 700 gr en taille M
Au delà des différences esthétiques que les galeries photos permettent de comparer, ces 3 gilets haut de gamme sont très différents entre eux et de fait, ils devraient combler des pêcheurs aux attentes diverses :
Celui qui veut partir léger : incontestablement, avec ses 340 gr, le Patagonia est un gilet qui se fait oublier, d'autant qu'avec son tissu mesh, sa respirabilité est maximale ! Il sera le compagnon idéal pour les longues journées chaudes, les pêches rapides, ou tout simplement pour tous ceux qui aiment se sentir à l'aise sans être surchargés !
Celui qui privilégie la fonctionnalité : avec ses nombreux accessoires et poches spécifiques, le JMC s'illustre dans la catégorie de la fonctionnalité. Que ce soit les lunettes, le téléphone, les clés de la voiture ou les bobines de fil, chaque accessoire trouvera une place spécifique ! Et pour les sorties estivales chaudes, un simple dos en mesh apportera un peu d'aération très appréciable. Bref, il est l'outil idéal pour ceux qui souhaitent avoir un rangement logique et structuré !
Celui qui veut transporter de nombreuses boîtes à mouches : au niveau du nombre de boîtes, c'est le SIMMS qui l'emporte. La partie avant peut accueillir 4 grandes boîtes C&F, 2 moyennes et 6 petites, ce qui est un record parmi les gilets du commerce ! De quoi ravir celui qui souhaite stocker un maximum de boîtes dans les poches frontales du gilet, à portée de mains. Il comblera donc les nombreux pêcheurs qui craignent toujours "de manquer de mouches"...
Bon choix !
NB : les tailles testées dans ce comparatif conviennent parfaitement à un utilisateur dont la taille est comprise ente 1m80 et 1m85.
Le déroulement d’une journée de pêche à la mouche en lac de montagne ne consiste aucunement à lancer son artificielle le plus loin possible de façon répétitive, mais au contraire à adapter sa pêche au rythme du fonctionnement de ces biotopes afin d’en exploiter chaque aspect. Derrière l’impression de calme et d’inertie que peuvent percevoir des yeux néophytes, les pièces d’eau d’altitude dissimulent en fait une effervescence de vie bien cachée sous la pellicule de surface que seule une observation pointilleuse peut comprendre. De l'insignifiante larve de chironome aux plus gros poissons, chaque maillon de la chaîne réagit aux évolutions du milieu où il a élu domicile. Votre façon de pêcher devra s’adapter aux changements du milieu afin d’exploiter chaque moment de la manière la plus pertinente possible. Du choix du sens de rotation autour du lac jusqu’à la technique à utiliser, chaque détail aura son importance. Construire la feuille de route du pêcheur à la mouche afin d’être en symbiose avec le milieu, voici l’objectif de cet article.
En lac de montagne comme en rivière, se trouver au bon endroit au bon moment permet d’être en corrélation avec les fulgurances comportementales des poissons que l’on recherche et ainsi de pêcher juste. Les truites et les divers ombles qui peuplent les biotopes d’altitude effectuent des circuits bien déterminés. Ces circuits certainement innés semblent se transmettre de génération en génération. Ils sont régis par les influences saisonnières et à plus courte échelle, météorologiques. Elles contraignent les salmonidés à adapter leurs circuits alimentaires aux conditions qui caractérisent leur milieu à un moment donné.
On peut observer qu’ils recherchent leur nourriture dans les secteurs les plus productifs et sécurisants, dont la localisation varie en fonction du moment de la journée. Le positionnement des salmonidés qui cherchent à maximiser leur volume alimentaire n’a rien d’hasardeux mais symbolise la conséquence de l’évolution des conditions tout au long de la journée. Ainsi, l’abondance de nourriture à un moment donné sur un secteur bien ciblé du lac, génère une concentration de poissons qu'il faut exploiter au plus vite car elle n'est souvent qu’éphémère du fait de la versatilité du milieu.
Aucun salmonidé lacustre n’échappe à la règle : afin de s’alimenter de la débâcle au regel automnal, ils adoptent des comportements répétitifs qui rythment chacune de leur journée, comprendre ces mouvements instinctifs et organiser sa pêche en fonction est primordial. Appréhender la pêche en altitude sans comprendre le fonctionnement de ces mécanismes revient à confier la réussite de sa pêche au hasard et à réduire son intérêt... C'est un peu comme dire que l’on va à la pêche "pour prendre l’air" ! Quand vous posez votre mouche sur une rivière, vous faites préalablement une lecture des postes et adaptez votre prospection en fonction. En lac de montagne, vous devrez vous comporter exactement de la même manière !
La courbe régulière de l’évolution de l’astre solaire et la variation de luminosité qui en découle influencent notablement la position des salmonidés dans le lac tout au long d’une journée et la manière dont ceux-ci s’alimentent. Globalement la plupart d'entre eux n’aiment guère les trop fortes luminosités et plus celle-ci augmente avec l’élévation du soleil, plus les poissons ont tendance à descendre en profondeur ou à s’éloigner des berges. Le phénomène est encore plus marqué juste après le dégel quand les poissons ont passé de longs mois dans l’obscurité sous la glace et qu'ils se retrouvent exposés soudainement à une lumière vive. De plus, les fortes luminosités les rendent plus visibles et donc plus vulnérables aux prédateurs d’où l’importance de se faire plus discrets.
L’omble de fontaine est une exception à la règle : dans les lacs les plus hauts qu'il affectionne, sa grande voracité le pousse à s’alimenter tout au long de la journée en particulier lorsque les eaux se sont réchauffées. Certaines truites méditerranéennes constituent également une exception, tant le soleil décuple leur activité.
En fonction de la saison, la température de l’eau influence elle aussi les circuits alimentaires des salmonidés. L’eau froide après la débâcle ralentit le rythme alimentaire des salmonidés. Si les truites et les ombles de fontaine freinent leur alimentation lorsque la température ne dépasse pas 5°C, les ombles chevaliers et les cristivomers, eux, l’accélèrent dans les couches plus profondes !
Une fois ces paramètres intégrés, décrivons maintenant une journée type en lac de montagne. Tout au long de celle-ci, je tiendrai compte des caractéristiques propres à chaque salmonidé et aux divers moments de la saison, afin que vous puissiez ajuster votre prospection en conséquence. La journée que je vais détailler ici est une journée de beau temps anticyclonique, sans manifestation météorologique notable. Eole se manifestera seulement au travers des brises thermiques ascendantes et descendantes que l’on rencontre fréquemment lors des belles journées estivales en montagne, et qui concentrent la nourriture à certains endroits du lac.
Afin de ne pas compliquer mes propos, je situerai le lac décrit à une altitude comprise entre 1900 et 2300m, en soulignant que plus celui-ci sera haut, plus les cycles alimentaires des salmonidés seront longs du fait de la pauvreté du milieu, des eaux plus froides et du temps de dégel plus bref. Les poissons y seront plus petits et la sélectivité moindre du fait de l’amoindrissement du panel d’insectes présents. Au contraire les poissons des lacs de plus faible altitude connaîtront des cycles alimentaires courts et irréguliers dans des eaux plus chaudes et plus diversifiées en insectes. Ils y seront donc plus gros et plus sélectifs
Je ne me baserai pas sur des créneaux horaires précis mais plutôt sur la succession de conditions de luminosité/température/vent rencontrées.
A la pointe du jour, quand aucun souffle de vent ne vient perturber le miroir de l'eau et lorsqu’il est facile d'apercevoir une artificielle à la surface, la pêche en sèche trouve là une grande pertinence. Après une longue et obscure nuit où les salmonidés n’ont pas été dérangés, ceux-ci profitent brièvement de ce moment pour se rapprocher au plus près de la berge afin de récolter les insectes amassés de la veille ou ceux ayant chuté pendant la nuit. Oubliant parfois toute raison, ils visitent les moindres interstices des berges divulguant parfois leurs dos ou leurs dorsales et créant ainsi des ondes bien significatives pour nous, pêcheurs à la mouche. L’ensemble des berges du lac se trouve alors concerné par ce phénomène mais celui-ci est plus marqué contre les pelouses alpines, battues par le vent la veille, car la concentration d’insectes y est plus conséquente. Dans une moindre mesure, les zones d’éboulis de faible profondeur qui ont reçu le souffle d’Eole, fonctionnent aussi.
La productivité de cette pêche que l’on peut qualifier de chasse tellement les sens du pêcheur sont mis à contribution, dépend de la discrétion de l’approche que vous effectuez et de l’attention que vous porterez aux moindres ondes contre la berge. Ces ondes plus ou moins importantes sont produites par les évolutions des salmonidés dans très peu d’eau mais aussi parfois... par des crapauds !
La prospection se déroulera en aveugle, la faible visibilité empêchant toute vision du poisson, vous déposerez votre mouche au plus prés de l’onde aperçue. Si rien ne se produit après plusieurs posés discrets dans la zone convoitée, un léger dragage est parfois persuasif tout comme un impact un peu plus marqué de l’artificielle sur l’eau. Mais attention, ces poissons qui divaguent contre les bordures peuvent réagir au moindre bruit suspect et décamper ; ils sont toutefois généralement assez faciles à prendre si vous faites part d’une discrétion absolue. Une petite imitation sombre fera généralement l’affaire, la faible lame d’eau et le peu de luminosité ne permettant pas aux salmonidés de faire part d’une sélectivité importante.
Cette activité de bordure est tributaire de l’évolution des conditions de luminosité qui peuvent la rendre très brève ; toutefois en restant dans l’ombre et en fuyant les premiers rayons de soleil, nous pouvons prolonger ce moment fugace, il suffit de diriger sa prospection vers la berge qui reste le plus longtemps dans l'obscurité.
Ceux qui recherchent les gros poissons pourront zapper la pêche en sèche pour se consacrer au streamer qui dans les lacs à truites et à cristivomers, est parfois très productif. Les modèles de couleur naturelle seront plutôt destinés aux truites et les modèles plus flashy aux cristis. Privilégiez les secteurs avec des cassures ou des hauts fonds bien appréciés des gros salmonidés en chasse.
NB : l’activité de ces poissons matinaux a plutôt lieu quand les eaux du lac se sont réchauffées, alors que le début de saison est plus irrégulier. Toutefois dans l’eau glaciale du dégel, j’ai parfois vu de très belles truites se comporter ainsi dans les anses réchauffées et alimentées en nourriture par le vent ou contre les névés.
Quand le soleil illumine l’ensemble du lac, la majorité des salmonidés quitte progressivement les bordures alors peu sécurisantes et les poissons deviennent peu enclins à gober. Toute activité semble s'évanouir en quelques minutes comme si tous les protagonistes à écailles s’étaient donné le mot !
Le lac est encore lisse et vierge de vents thermiques ; la pêche traverse une période généralement bien creuse où je profite de l’instant pour aller déjeuner au bivouac. Pour ceux qui veulent absolument lancer leur mouche, il est possible de prendre quelques rares poissons en nymphe à vue en scrutant attentivement les premiers tombants ou abords des falaises. Privilégiez la berge vous permettant de prospecter avec le soleil dans le dos afin de mieux identifier les poissons évoluant devant vous et d’échapper à la réverbération. Attention quand même à votre ombre.
Dans cette approche, une longue pointe fine sera de rigueur, celle-ci se terminera par une nymphe peu plombée de type pheasant tail ou cuivre de teinte sombre. En lac de montagne, oubliez les casques en tungstène ou seulement pour la recherche des ombles chevaliers dans les rares endroits qui le permettent, car ces nymphes descendent trop vite. Une bonne nymphe de lac plane lentement à la descente, au travers des couches d’eau. Anticipez au maximum le poser de la nymphe vers la direction que prend le poisson afin que celle-ci croise son chemin à la profondeur où il évolue. Dans ces eaux cristallines, je préfère les pointes en fluorocarbone qui permettent à la nymphe de mieux descendre et qui sont plus discrètes. Lorsque vous voyez partir un poisson vers le large parce qu’il vous a aperçu ou par choix de sa part, vous pouvez tenter un posé bien tendu devant lui. Parfois il sera effrayé mais d'autres fois, vous verrez une tirée sur votre bas de ligne, d’où l’intérêt du posé tendu afin de distinguer la moindre touche. Malgré ces quelques opportunités, ne vous attendez pas à des miracles à ce moment là de la journée : la période est plutôt mauvaise !
Avec l’ascension de l’astre solaire et la montée en température, les brises thermiques se lèvent et quelques insectes commencent à virevolter, mettant les poissons en activité, en particulier sur les secteurs battus par la brise.
Suivant l’abondance d’insectes, l’activité peut générer une pêche en sèche "dans les vagues" très plaisante, en particulier en présence de sialis. Ce terrestre au cycle partiellement aquatique, aime se dorer sur les éboulis prés des arrivées d’eau et sur les pelouses alpines, c’est un véritable aimant à truite. Les autres insectes que l’on rencontre habituellement en montagne deviennent aussi des proies potentielles. Les jours très chauds et lourds sont idéaux pour les apparitions de fourmis sur le coup de midi.
Le milieu d’après-midi est généralement médiocre, il fait trop chaud et la luminosité forte ne produit pas à une activité débordante. Pourtant les berges un peu pentues et les rochers (lorsqu’ils peuvent produire un peu d’ombre) permettent de toucher quelques poissons. Comme nous humains, les truites aiment se blottir à l’ombre : elles recherchent donc les blocs ou les rhododendrons proéminents, et ne dédaignent pas à l’occasion déguster un insecte. De la même manière qu'à l’aube, il faudra faire preuve d’une grande discrétion lors de l’approche vers ces poissons se tenant parfois dans très peu d’eau. Le choix de la mouche en absence de fourmis ou de sialis se portera souvent sur un petit diptère noir ou très sombre en taille 16. Contrairement au matin où, en absence de vent les salmonidés peuvent être partout, durant l’après-midi, c’est essentiellement sur les parties ombragées battues par la brise que ceux-ci se concentrent.
Dans les lacs de hautes altitudes aux eaux très froides possédant des populations de saumons de fontaine, le comportement de ceux-ci est différent : en effet ils aiment bien le franc soleil. Les anses peu profondes où le fond est sédimentaire, lorsqu’elles reçoivent le vent, sont excellentes. L’eau se réchauffe très vite sur ces fonds où ces poissons aiment se tenir. Des individus de toutes tailles s’y regroupent, augmentant ainsi la concurrence alimentaire. Ces poissons sont alors faciles et agréables à attraper en attendant le soir.
Avec la baisse de luminosité et si les insectes sont bien présents, l’activité de surface reprend crescendo dès la descente du soleil, et ce jusqu’à la nuit. Elle est alors beaucoup moins localisée qu'auparavant, mais les secteurs où la brise est venue taper restent une valeur sûre, là où s’accumulent de nombreux déchets concentrés par le vent. La brise faiblit régulièrement jusqu’à cesser dans les dernières heures du jour et ces débris à la surface permettent aux truites de trouver de nombreuses proies comestibles. Il est donc important de bien observer le sens du vent en journée.
Ainsi, en fin d’après-midi et jusqu’au soir, la pêche en sèche reste productive, il sera donc conseillé d’appréhender les secteurs un peu reculés où les poissons se sentent en sécurité. Alors que de grosses mouches en chevreuil étaient efficaces dans les vagues, les truites ont tendance à réduire la taille des proies qu’elles sélectionnent lorsque le vent faiblit. Les retombées de fourmis et des émergences de chironomes en sont souvent la cause. Pour nous moucheurs c’est le moment de sortir les minuscules imitations noires afin de sanctionner les micro-gobages qui se multiplient. Toutefois, dans certains lacs riches, quand la lumière a presque totalement disparu, l'obscurité peut inciter les truites à gober de gros sedges... à vous de vous adapter.
Plus la nuit s’approche, plus les gros poissons s’activent, alors pourquoi ne pas essayer de prendre un beau cristivomer en mouche sèche ? A ce niveau là, tous les lacs ne sont pas égaux, à vous de choisir le bon !
Bonne saison sur les balcons d’altitude !
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