Le label "Site Rivières Sauvages" et sa première élue, la Valserine

pêche Valserine

C’est parti, la saison de pêche a commencé depuis quelques jours et déjà le bon sens nous fait ranger les cannes au placard pour quelques temps… C’est frustrant mais qu’à cela ne tienne, c’est l’occasion pour moi de me lancer dans la rédaction de ce premier article !

Il fait beau, les fenêtres de l’appartement sont grandes ouvertes, le printemps est là avec ses hôtes, Bouvreuil pivoine, grives, mésanges et pinsons chantent à tue-tête dans l’épicéa devant la cuisine, le contexte est favorable à la réflexion, ce n’est finalement pas si mal.

A une période où la majorité des rivières françaises, salmonicoles ou non, subissent les assauts de notre consumérisme outrancier et voient leurs populations piscicoles fondre comme neige au soleil (ahah !) je vais tenter d’apporter une touche d’optimisme. Dans cet article nous ne parlerons donc pas de gros poissons capturés dans des conditions dantesques, mais plutôt d’outils et de dynamiques locales visant à préserver et restaurer nos rivières.

L’outil en question est le Label « Site Rivières Sauvages », plus précisément sur la Valserine, première rivière labellisée en France en 2014.

Tout au long de l’article seront abordés les rôles des différents acteurs autour de ce Label et des actions qui seront mises en place au cours du nouveau « Contrat de Rivière Sauvage ».

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Un brin d’historique

Je ne m’étendrai pas trop en détail sur l’historique, mais afin que chacun comprenne, voici les dates clés de l’émergence du label.

  • 1er janvier 2011 : Naissance du fond pour la Conservation des Rivières Sauvages.
  • 20 mai 2011 : Colloque Fondateur à Annecy
  • Octobre 2011 : Séminaire à Bellegarde sur Valserine dans le but de définir les critères de définition d’une rivière « sauvage »
  • 2012-2013 : Test sur des rivières pilotes (Valserine, Chéran, Vis et Léguer)

Volontairement je passe assez rapidement sur ces dates pour lesquelles vous trouverez des explications plus détaillées sur le site du Label : https://www.rivieres-sauvages.fr/

Bref on arrive vite en 2014 avec le lancement officiel du Label et la labellisation au mois d’octobre de la première rivière de France : la Valserine !

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site Rivières Sauvages
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L’implication des pêcheurs de loisir dans ce processus a été énorme et est à souligner. C’est suite à des évènements de pollution qu’un petit nombre de pêcheurs amoureux de leur vallée se sont mobilisés pour créer petit à petit des collectifs avec l’aide du Fond pour la Conservation des Rivières Sauvages et du PNR du Haut-Jura, bref la machine Rivière Sauvage sur la Valserine était lancée. Élément moteur et central de la bonne dynamique autour de cette rivière, le Groupement Valsemine est aujourd’hui un acteur à part entière du nouveau contrat de rivière (lien vers le site du groupement ici : http://www.valsemine.fr/). Nous reviendrons sur leur rôle et celui des autres acteurs un peu plus tard.

A noter également l’investissement remarquable du département de l’Ain pour la valorisation des rivières sur son territoire. A ce jour 5 rivières sont labellisées dans l’Ain ce qui en fait probablement le département le plus impliqué !

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pêche valserine
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La Valserine dans les gorges, paradis du pêcheur au toc (Source : N Meynard)
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La Valserine et son bassin-versant

Avant de commencer il est intéressant de préciser que tout le fond de vallée est classé Espace Naturel Sensible par le département de l’Ain.

La Valserine prend sa source dans le département de l’Ain sur la commune de Divonne-les-Bains à la limite de l’Ain, du Jura et de la Suisse. Elle se trouve au cœur du Parc Naturel Régional du Haut-Jura, surplombée par la Réserve Naturelle Nationale de la Haute-Chaîne du Jura en rive gauche et sur la quasi-totalité de son linéaire. Un bassin-versant encaissé, dominé par des forêts…et si c’était un peu la recette du bonheur… ? Ajoutez à cela une eau fraiche toute l’année, bref je ne vous fais pas un dessin…

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Des affluents riches et préservés, pourvoyeurs de juvéniles
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Après un parcours de 47,6 km la Valserine se jette dans le Rhône en rive droite au niveau de Valserhône (Bellegarde sur Valserine). Sur ses 15 premiers kilomètres la rivière marque la limite entre le département du Jura en rive droite et celui de l’Ain en rive gauche, après cela la rivière passe entièrement dans l’Ain.

Au niveau de la source la Valserine n’est qu’un ruisselet à pente modérée qui s’écoule dans des prairies humides riches en nombreuses espèces notamment d’odonates et de papillons. Petit à petit ses flots grossissent grâce aux nombreux apports qui descendent des massifs en rive droite et gauche. L’agriculture est dominée par l’élevage bovin extensif et en dehors de problématiques ponctuelles de piétinement, la rivière n’a pas subi de troubles majeures.

Après environ 4 kilomètres, la rivière aborde un secteur à pente plus faible et commence à serpenter dans la prairie. Elle arrive ici dans une prairie transformée il y a quelques années en golf. Sur ce secteur la Valserine a connu quelques perturbations liées à l’activité humaines, notamment des confortements de berges, drainage de zone humide et recoupement de méandres.

A la sortie du golf la pente augmente à nouveau et la rivière aborde le village de Mijoux, célèbre pour la taille des pierres précieuses, c’est le premier des trois seuls villages que la rivière traversera. Quelques protections de berges contraignent ponctuellement sa mobilité au niveau des ouvrages de voirie et une plantation d’épicéas a engendré une rectification de son cours sur un petit linéaire (nous reviendrons plus tard sur la problématique des zone humides enrésinées). Dès la sortie du village la rivière serpente à nouveau librement dans les prairies, les touradons et les bouquets de saules buissonnants.

Arrivée sur Lélex, la Valserine s’est élargie, les veines d’eau sont plus profondes, l’habitat en berge est très riche et varié, elle dessine ici de beaux méandres dans les prairies humides. Après Lélex la Valserine parcourt encore 3 kilomètres avant de buter contre le verrou glaciaire qui formait autrefois un vaste lac dans le fond de vallée.

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La Valserine à son arrivée dans Lélex, des veines porteuses et des berges riches en caches (Source : N Meynard)
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A partir de ce point, le visage de la rivière change totalement et elle révèle son vrai caractère. La rivière se transforme en torrent, les blocs offrent de nombreuses caches, les courants sont puissants, la vallée se rétrécit et le cours d’eau s’enfonce dans des gorges sublimes.

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L'entrée dans les gorges est parsemée de gros blocs offrant des caches multiples, les versants boisés sont riches de nombreuses espèces, pour ceux qui ne se contentent pas que de regarder les poissons ! (source : N Meynard)
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Mais la vraie richesse de ce tronçon qui se poursuit jusqu’à la commune de Chézery-Forens est liée à son transit sédimentaire, la Valserine et ses nombreux affluents sapent les pans de montagnes et mobilisent de grandes quantités de matériaux, chaque crue amène son lot de galets et de blocs, la rivière bouge et évolue, cherchant sans cesse son équilibre. Deux secteurs sont à ce titre particulièrement remarquables. Tout d’abord « les égrevines » (terme qui ne manquera pas de faire réagir un pêcheur du grand Est dont la propension à se payer ma fiole n’a d’égale que son inclinaison pour les grosses nymphes moches, certains le reconnaitront sans peine). Ici la rivière vient éroder sa rive droite. Le second contributeur est un affluent, le Troublery. Celui-ci descend directement de la Roche Franche et connait des phénomènes de laves torrentielles impressionnants. Son activité conditionne grandement le visage de la Valserine en aval.

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Des zones de recharge sédimentaire importantes et essentielles au bon fonctionnement du cours d’eau
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Après Chézery-Forens la rivière gonfle encore grâce à l’apport du ruisseau de Forens, la bande active est plus large et la rivière crée des bras secondaires puissants, son profil évoque les portions aval de certaines rivières alpines.

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Transit sédimentaire très important, lames d’eau puissantes, un petit goût de Hautes-Alpes
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Elle aborde alors son principal obstacle anthropique, le barrage de Sous-roche dont la vocation est la production d’hydroélectricité. Ce barrage fait l’objet de fiches actions du nouveau contrat de rivière et nous y reviendront plus bas.

Après barrage la Valserine s’enfonce à nouveau dans des gorges, elle est rejointe par la Volferine puis, 6 kilomètres plus bas par la Semine, son principal affluent, la Semine est une autre très belle rivière qui mériterait aussi qu’on lui consacre plus de temps ici. Le pont des Pierres et sa vue imprenables sur les gorges fait partie des incontournables du secteur.

Depuis la confluence avec la Semine, la rivière continue sa course dans les gorges jusqu’au Rhône en passant par les célèbres pertes de la Valserine, l’un des lieux les plus touristiques de la vallée. Environ 1,5 kilomètre avant la confluence avec le Rhône, elle arrive au barrage de Métral, second obstacle infranchissable de la vallée (les deux ouvrages sont tout de même équipés de passes-à-poissons). L’amont du remous liquide du barrage marque la fin du tronçon labellisé « Site Rivières Sauvages ».

Tout au long de son cours la Truite fario règne en maître, elle est même le seul poisson représenté sur l’amont du barrage de Sous-Roche. En aval, le Chabot puis le Vairon l’accompagnent. Au niveau de la confluence avec le Rhône, d’autres espèces viennent diversifier le peuplement.

Le Label, un outil d’acceptation et de développement local

Maintenant que nous avons décrit sommairement la vallée, il est temps d’en venir au sujet principal de cet article, le label Site Rivières Sauvages.

Avant toute chose, j’anticipe les réactions (justifiées) de certains qui ne manqueront pas de faire remarquer qu’une rivière sauvage ne devrait pas avoir le moindre barrage sur son cours, aucun rejet, etc (en existe-t-il une en France ?). Je suis assez d’accord et tenais encore il y a peu ce discours que j’ai, avec le temps appris à nuancer. Il s’agit bien ici de percevoir le label pour ce qu’il est, un outil formidable de dialogue et de reconnaissance par les élus et la population du caractère préservé et exceptionnel du cours d’eau qui passe dans leur jardin.

De mon expérience personnelle (bien qu’elle soit encore assez jeune), je n’ai encore jamais connu de contexte aussi favorable au dialogue et aux synergies positives que sur cette vallée. Certes, tout ne s’est pas fait de façon linéaire et les bonnes volontés se sont parfois heurtées au scepticisme et aux réticences de certains. Mais l’engagement et les efforts mis en œuvre pour aboutir à la création du label ont fini par payer.

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La communication et la concertation, clés du bon fonctionnement du label (source :PNRHJ)
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La labellisation de la Valserine (et des autres rivières dans ce même cas) a permis avant tout de mettre en lumière les efforts des différents acteurs de la vie de la vallée. C’est pour eux une réelle reconnaissance et désormais un argument de poids dans la communication des Offices de Tourisme, des communautés de communes, des acteurs économiques ou même des guides de la vallée. C’est un vecteur de développement touristique qui incite chacun à être vertueux sur son usage de l’eau et de l’espace pour tendre vers encore un peu plus d’excellence. Certes les problèmes existent et certains ne partagent pas ce point de vue, mais d’une manière générale le dialogue passe bien, les actions émergent et les idées fusent. Les principaux acteurs des milieux aquatiques sont ainsi présents autour de la table pour discuter et prendre les décisions.

Le label était valable pour une période de 5 ans, celui-ci est donc en cours de réactualisation (le premier est arrivé à échéance en 2018).

Son obtention est liée à deux conditions :

La première, le site doit remplir la grille de critères (disponible ici : https://www.rivieres-sauvages.fr/elements-constitutifs/). Cette grille permet d’identifier les cours d’eau ou portions de cours d’eau susceptibles d’être labellisés, de définir le niveau de caractère sauvage du cours d’eau (il existe 3 niveaux) et enfin de caractériser les altérations liées aux activités humaines et de proposer des solutions pour y remédier. Je ne vais détailler ici l’ensemble des critères mais pour ceux d’entre vous qui ne voudraient pas lire le document entier voici un résumé des critères appréciés :

  • Les linéaires rectifiés, endigués et stabilisés
  • Le nombre d’ouvrages transversaux (seuils et barrages) et leurs impacts sur les espèces repères (Truite fario ou autres)
  • Temps de retour des crues morphogènes
  • Pourcentage du linéaire soumis à des régimes d’éclusées et en tronçon court-circuité
  • Altérations de la diversité des habitats aquatiques
  • Prélèvements d’eau dans le milieu naturel
  • Qualité de l’eau (état des peuplements macrobenthiques et de divers indicateurs physico-chimiques)
  • Etat des populations piscicoles et de la flore aquatique
  • Caractérisation de la faune et de la flore rivulaire
  • Occupation des sols (artificialisation, agriculture intensive, etc.)
  • Ambiances visuelles et sonores (sentiment d’évoluer dans un milieu sauvage ou non)
  • Présence d’espèces emblématiques et à contrario d’espèces invasives
  • Gestion piscicole appliquée
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A quoi mesure-t-on le degré de naturalité et la part de sauvage d’un cours d’eau ?
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Voilà pour ce bref résumé des critères, qui sont beaucoup plus nombreux et complexes que cela (bravo à ceux qui iront les voir).

La deuxième, le label est obligatoirement lié à un programme d’actions. Ce programme doit permettre de faire émerger des actions visant à améliorer encore l’existant sur la durée du label.

Le premier programme d’action étant arrivé à échéance en 2018, l’année 2019 a ainsi été consacrée à son bilan et à l’élaboration du nouveau programme 2020-2024.

Ce nouveau programme regroupe une soixantaine d’actions portées par différents maitres d’ouvrages :

  • Le Parc Naturel Régional du Haut-Jura
  • Le département de l’Ain,
  • La communauté d’Agglomération « Pays de Gex Agglo »,
  • La communauté de communes du Pays Bellegardien
  • La Fédération de l’Ain pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique.
  • Le Conservatoire des Espaces Naturels Rhône-Alpes
  • L’Association du Réseau des sites Rivières Sauvages
  • Le Groupement Valsemine (groupement de deux des AAPPMA du bassin-versant)

Afin de préciser les rôles et engagements de chacun il a ainsi été décidé de signer entre les parties un « contrat de rivière sauvage ».

Le contrat de rivière sauvage 2020-2024, perspectives et actions

Comme expliqué précédemment, le contrat de rivière regroupe plusieurs maitres d’ouvrage, ainsi, chacun d’entre eux porte un certain nombre d’actions.

Chaque action est programmée dans le temps et budgétisée. Je vais tâcher de vous présenter succinctement ici les différents types d’action qui composent le contrat. Le but n’étant pas d’entrer trop dans le détail mais de donner un aperçu des champs qu’ouvre cet outil.

Ces actions sont de plusieurs ordres :

  • Les actions à but pédagogique et de sensibilisation

Au cours des 5 ans, seront menées diverses actions à but pédagogiques. Par exemple, le Groupement Valsemine et la FDAAPPMA01 mettront en place au cours du contrat des ateliers découvertes dans le but de sensibiliser les jeunes à la protection et à la fragilité des milieux aquatiques ainsi que des sessions de découverte des différentes techniques de pêche.

Le PNRHJ mettra en place des sessions de formation des professionnels aux bonnes pratiques à mettre en place pour éviter la propagation des plantes invasives et notamment des renouées asiatiques.

S’ajoutent à cela, diverses actions de communication auprès du grand public comme la Fête de la Valserine Sauvage qui devrait avoir lieu (si le contexte sanitaire le permet) le dimanche 7 juin à Valserhône (Bellegarde sur Valserine). Organisé par la communauté de communes du Pays Bellegardien et l’Office de Tourisme Terre Valserine, cet évènement permet à tous les acteurs du contrat présents de communiquer sur leurs actions et sensibiliser le grand public à la protection de la rivière.

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  • Les actions d’étude et de connaissances

Le volet étude comprend des champs d’intervention très vastes. Par exemple un diagnostic sur le potentiel de restauration d’un sous-affluent de la Valserine est en cours de rédaction, un suivi du transit sédimentaire au niveau du barrage de sous-roche a été amorcé l’an passé et sera prolongé afin de mieux comprendre l’impact sur le transit sédimentaire et rechercher des solutions pour le rendre aussi transparent que possible.

Des suivis sur la qualité de l’eau et des différents rejets sur la vallée vont également être mis en place ainsi qu’un recensement et des actions de traitements sur les décharges sauvages.

L’une des actions phares concerne le lancement d’une étude ADN des diatomées qui sera menée sur trois ans. Des prélèvements d’eau seront réalisés sur différents points du bassin-versant, l’analyse des séquences ADN permettra d’identifier les cortèges présents. En effet ces algues microscopiques unicellulaires sont pour certaines très sensibles à la pollution. Leur présence ou leur absence permet de renseigner sur l’état chimique des cours d’eau du bassin-versant et d’identifier les points de pression potentiels. La méthode actuelle nécessite de réaliser un inventaire exhaustif au microscope pour déterminer et compter visuellement les espèces présentes. Plus récemment, des méthodes d’identification moléculaire basées sur de courts fragments d’ADN appelés barcodes ont été développées. Cette approche innovante est aujourd’hui suffisamment avancée pour pouvoir être appliquée aux suivis de la qualité des rivières sauvages. L’utilisation d’indicateurs « sentinelles » précis capables de renseigner rapidement sur la moindre évolution de la qualité du milieu s’avère extrêmement précieux.

Des actions concrètes de réduction des déversements d’eaux usées, au travers d’un Plan Pluriannuel d’Investissement, vont également être entreprises par la communauté de communes du Pays Bellegardien. Ce plan ambitieux prévoit l’investissement de 2.7 M€ sur les 3 ans à venir.

  • Les actions de restauration de la morphologie et de la continuité

Enfin, des actions seront menées et sont pour certaines déjà en cours pour agir sur la morphologie et la continuité écologique du bassin-versant.

En effet, bien que le bassin-versant soit préservé par rapport à la moyenne des cours d’eau français (qui a dit « et Européens » ??), le bassin versant n’est cependant pas exempt de pressions.

Des pressions sur la morphologie, puisque sur quelques secteurs, la Valserine a connu des opérations de rectification. Par exemple sur le site du Grand Essert, un important méandre a été rectifié par un merlon d’enrochements. Cette rectification entraîne non seulement une accélération des flux, mais également une déconnexion et une perte d’habitats extrêmement riches qui ne sont plus alimentés par les débordements de la rivière. Une étude est actuellement en cours afin de proposer le scénario optimal de restauration, qui permettra à la rivière de retrouver son espace de bon fonctionnement tout en veillant à préserver les terrains agricoles attenants.

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L’un des projets phares du programme d’action : supprimer le merlon en rive gauche qui contraint la rivière et accélère les flux (source : PNRHJ)
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Des actions sur la continuité écologique sont également prévues, avec l’arasement prochain d’un seuil sur le cours de la Semine ou l’équipement d’un autre seuil encore en service par un système de rampe de fond qui permettra aux poissons de transiter librement sur le tronçon.

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Site d’arasement d’un ancien seuil qui empêchait la montaison des espèces piscicoles, un projet soutenu par les pêcheurs (Source : PNRHJ)
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Naturellement la question des seuils et de la continuité est ici comme ailleurs sujette à quelques controverses, cependant l’appui et le soutient moteur des AAPPMA locales sur ces questions permettent d’avancer efficacement et sereinement.

Je n’irai pas plus loin dans le développement pour aujourd’hui, ce bref échantillon donnant déjà une idée de l’outil que peut représenter le label tout en étant suffisamment dense à lire…

L’avenir me permettra sans doute de vous présenter de manière plus détaillée certaines des actions menées sur le bassin-versant au fil du déroulement des chantiers.

Promis on parlera aussi poissons une prochaine fois et pêche…du moins un peu 😉

D’ici là, profitez de votre temps libre pour vous renseigner sur les initiatives locales, sur les possibilités de faire émerger des solutions pour les milieux aquatiques. Ces actions, ces engagements vont bien au-delà de la pratique de notre loisir, ce sont de réelles questions de fond sur des problématiques plus globales et graves. Car comme le dit régulièrement un ami « L’eau n’est pas nécessaire à la vie, l’eau EST la vie » et sans vie, pas de pêche, pas de grosses nymphes qui font plouf (bisous rédac chef).

A bientôt !

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Source : Yann Dissac

Test : Hardy Ultralite MTX-S 5000

Hardy MTX-S

Après avoir remporté le prix du meilleur moulinet mouche à l’EFTTEX 2017 avec le moulinet Ultralite MTX, l'entreprise Hardy a récidivé en 2019 avec le nouveau Ultralite MTX-S. Nous avons testé pour vous ce moulinet en taille 5000, il devrait ravir les pêcheurs de grosses truites !

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Hardy MTX-S
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Test statique

Ce moulinet Hardy large arbor présente un look flashy détonant qui mêle orange, gris métal et carbone. En matière d'équipement, l'Ultralite MTX-S est doté d'une structure hybride originale en fibre de carbone/aluminium du plus bel effet. Son système de frein à disques en fibre de carbone sur 340 degrés est étanche, ce qui autorise un usage intensif en eaux salées. La molette de réglage du frein proéminente possède un code couleur qui offre un repère visuel et permet de situer très rapidement la plage de puissance utilisée. Petit plus au niveau du système de fixation de la bobine : le système utilisé solidarise l'écrou à visser et évite qu'il ne tombe à l'eau par exemple. Ce moulinet est disponible en 3 tailles : 3000 (soie 3/4/5), 5000 (soie 5/6/7) et 7000 (soie 7/8/9). 

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Mesures

Notre protocole de test a permis de caractériser la bobine et le frein de cet Hardy Ultralite MTX-S 5000 : 

Le frein présente une excellente fluidité (l'aiguille ne vibre pas autour de la valeur 1 lb) et la progressivité est de 45°/4 crans de réglage sur la plage (0.5 - 1 lb), majoritairement utilisée lorsqu'on pêche la truite.

Avec un diamètre de 60mm, le diamètre du moyeux est important relativement à la taille 5000. Sa largeur de 22mm est assez standard par rapport aux autres références du marché, par contre la profondeur à 20mm est importante et explique que l'on puisse y loger 3 numéros de soie différents.

Le poids et la contenance annoncés sont conformes à nos mesures.

Matériel

Hardy MTX-S 5000

Marque
Hardy
Modèle
MTX-S
Taille
5000
Matière
Aluminium
Couleurs disponibles
Gris
Pays de fabrication
Corée
Diamètre du moyeux
60mm
Profondeur de la bobine
20mm
Largeur de la bobine
22mm
Diamètre de la bobine
100mm
Contenance annoncée
WF6 + 80m
Poids annoncé
137g
Poids réel
134g
Poids rempli
168g
Fluidité
Progressivité
45° / 4 crans
Prix
499.00€
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Grégory Dolet
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Crédit photo Geoffrey Mace
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L'avis de Grégory Dollet, pro-staff Hardy 

"Au-delà des awards reçus par ce moulinet, il symbolise le virage impressionnant pris par Hardy au début des années 2000 qui devient précurseur dans la fabrication de moulinets hybrides carbone/aluminium. La construction est évidemment le premier atout de ce MTX-S 500, et que dire du somptueux mélange de matériaux fibres de carbone/alliage d'aluminium. Je suis personnellement très fan de la couleur orange-ocre métallisée du bâtit à la fois classe et moderne. Un moulinet avec tout ce qui se fait de mieux en ce moment : bâtit hybride carbone/aluminium, frein étanche à lamelle de carbone. Que peut-on espérer de plus dans l’état actuel des technologies disponibles sur le marché de la pêche ? Ce frein étanche est évidemment un must. Il permet des ajustements minutieux. Le régulateur du frein avec code couleur sur 340° rend l’utilisation extrêmement simple et lisible, même si je dois avouer que je préférais les freins plus progressifs avec un réglage sur plusieurs tours. Il arrive parfois de trop serrer son frein dans l’excitation du combat…

Ce frein étanche est évidemment la plus-value de ce moulinet. Il lui confère une tolérance environnementale lui permettant d'être utilisé autant en mer qu’en eau douce. Les deux petits modèles en taille 3000 et 5000 seront essentiellement axés sur la truite et les eaux douces. Dans ces deux tailles, la qualité de fabrication et le frein étanche en feront un moulinet sacrément fiable à utiliser tous les jours, sur toutes les destinations et en toutes conditions.

En taille 7000, il devient un véritable couteau suisse très fiable mais avec un modernisme et un raffinement inimitables. Vous pourrez pêcher les migrateurs comme les carnassiers en eau douce, que ce soit avec une 9’ soie de 9 ou une canne switch en 11’ soie 7/8. Vous pourrez également l’utiliser lors de vos voyages en exo sur le bonefish et les permits, ou encore en France pour traquer les bars et même les petits thonidés pélagiques comme la bonite, son frein étant largement assez puissant pour cela.

Bref Hardy nous a gratifié d’un vrai petit chef d’œuvre fiable et dans l’air du temps, avec sa conception hybride qui rendra tous vos collègues de pêche jaloux si vous en faites l’acquisition. Un vrai moulinet d’exception à monter sur sa canne favorite !"

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Hardy MTX-S
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L'avis de la rédaction

Pour sa nouveauté, Hardy frappe fort tant au niveau du look que des caractéristiques techniques. En effet, le bâtit orange de cet Ultralite MTX-S le singularise vraiment des autres modèles du marché. On ne commentera pas ce choix tant le jugement est subjectif, concentrons nous sur les aspects techniques et les mesures : premier point, ce moulinet présente un ratio diamètre d'arbor/poids/capacité quasiment inégalé à ce jour. Avec ses 134 gr et son diamètre d'arbor de 60mm, ce moulinet possède des dimensions très généreuses pour sa catégorie de taille tout en restant très léger et en offrant une contenance importante, comme en témoigne la profondeur de bobine de 20mm. Il accueillera sans problème une soie 6 voire une n°7 avec une grande quantité de backing, indispensable aux traqueurs de gros poissons ! Ainsi en taille 5000, ce moulinet équilibrera parfaitement les cannes de 9' à 10',  en #5 ou #6 les plus haut de gamme du marché ! Si la progressivité du frein est standard pour un moulinet de cette catégorie, et équivalente à celle de certains de ses concurrents directs dont le Ross Evolution R 5/6, on reste loin des records en la matière. Toutefois, ce frein est étanche, ce qui autorise un usage en mer. Un moulinet orignal à plus d'un titre et dont la fiabilité devrait justifier l'investissement conséquent !

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Lien utile

Le protocole de test des moulinets

Les moulinets Hardy chez notre partenaire Easyfly :

easyfly

 

La gestion patrimoniale est-elle en train de tuer la pêche associative ?

gestion patrimoniale

Derrière ce titre un brin provocateur, il est légitime de s’interroger sur les politiques de gestion piscicole opérées dans notre pays, à la fois parce que nos milieux aquatiques sont soumis à des pressions d’origine anthropique sans cesse croissantes, mais aussi parce que les effectifs des pêcheurs connaissent depuis plusieurs décennies une érosion plus ou moins forte, aujourd’hui de nature à remettre en cause le fonctionnement de la pêche associative. Il est notamment permis de questionner les tenants et les aboutissants de la tendance actuelle à la « gestion patrimoniale », c’est-à-dire l’arrêt des déversements de poissons domestiques avec pour objectif d’orienter les politiques de gestion vers davantage d’opération de protection et de restauration de la fonctionnalité des milieux aquatiques.

Dans cet article il sera d’abord documenté l’idée que la situation des populations de truite sauvage est aujourd’hui bien trop dégradée en France pour maintenir à elle seule une pêche de qualité. Ensuite, nous montrerons que certaines préconisations de gestion favorisant la gestion patrimoniale sont en réalité biaisées par une absence de réflexion historique sur l’état originel des populations de truite. Enfin, nous envisagerons des propositions constructives et réalistes ayant pour objectif de réinventer un « bassinage » intelligent et rationnel capable de contenter une large base de pêcheurs sans aucunement porter atteinte aux populations piscicoles sauvages en place.

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Un effondrement global qui rend la gestion patrimoniale caduque

Le premier élément examiné ici est un département « historique » de la pêche des salmonidés en France : la Haute-Vienne. Ce département du Limousin possède de nombreuses rivières à truite emblématiques comme la Vienne, la Gartempe, la Maulde, la Briance etc. Pourtant l’évolution des populations de salmonidés à l’échelle du département sur 30 ans est catastrophique (Figure 1). Les densités de truite diminuent partout et sur la grande majorité des bassins versant la truite est au bord de la disparition pure et simple, avec des chutes de densité spectaculaires sur la plupart des bassins versant de plus basses altitudes à l’ouest et au nord du département. Logiquement le PDPG du département de la Haute Vienne ne définit que 5 contextes comme étant conformes ou peu perturbés (12 % du total) [1]. On notera là encore que même sur ces contextes les mieux conservés, les densités de truites sont orientées à la baisse. Sur la Vienne amont classée « peu perturbée » les densités de truites ont été divisées par 3 (!), quant à la Couze, classée elle aussi « peu perturbée », les densités ont été divisées par 2 pour atteindre un niveau plancher avec 3 truites au 100 m² (300 ind./ha) (Figure 1). A la lecture de ces chiffres, on peut se demander si le plan de gestion du département ne surestime pas l’état réel des contextes en minimisant le niveau réel des perturbations. Avec 300 truites à l’hectare, il est illusoire d’espérer maintenir une activité de pêche de loisir un tant soit peu soutenue !

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pêche truite Haute Vienne
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Fig 1. Evolution des densités de truite dans le département de la Haute-Vienne depuis les années 70
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A ce stade de la réflexion, une première objection pourrait se faire jour : le cas de la Haute-Vienne n’est pas représentatif de la situation nationale. Examinons alors la situation de la truite à l’échelle nationale. L’OFB (ex AFB, ex ONEMA, ex CSP... il faut suivre !) a publié il y a quelques années une très intéressante synthèse sur l’évolution des peuplements piscicoles en France basée sur les données du réseau RHP (Figure 2) [2].

L’évolution des peuplements de truite sur seulement 20 ans sont cohérents avec les résultats précédents : presque partout l’espèce est en déclin avec des secteurs particulièrement touchés dont le Massif-Central globalement, de nombreuses stations de l’Est, du Centre, plus localement dans les Pyrénées. Seul un nombre limité de secteurs en Bretagne principalement et plus localement en Normandie et dans les Alpes voient une amélioration de la situation. On notera qu’il y a un biais dans les secteurs inventoriés par le réseau RHP : il s’agit surtout de cours d’eau de petites et moyennes dimensions. Il est fort probable que la situation des rivières de plus grand gabarit, qui sont plus difficiles à bien inventorier du fait de leur taille mais qui cumulent les facteurs de dégradation, subissent une situation encore plus défavorable. On le voit donc, la baisse est globale, massive et la situation se dégrade encore.

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pêche truite en France
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Fig 2. Evolution des densités de truites a l’échelle nationale (réseau RHP) depuis les années 90
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A la lecture de ces données une conclusion s’impose : la gestion patrimoniale revient de nos jours surtout à gérer le déclin, la pénurie, voire souvent à gérer la rareté quand ce n’est pas l’absence pure et simple. Avec pour conséquence objective le report de la pression de pêche (et de prélèvement) sur les dernières rivières abritant encore de solides populations de salmonidés. On peine à voir les avantages d’une telle gestion !

Comment peut-on alors expliquer l’engouement pour la gestion patrimoniale ? Une réponse possible est la sur-estimation du « bon état » des contextes piscicoles du fait de l’absence de prise en compte de référentiels historiques documentant l’état originel des populations de truites.     

De l’importance d’avoir des référentiels réalistes

Un des éléments essentiels à l’établissement de la gestion patrimoniale repose sur la notion de conformité à un référentiel tel qu’il est défini dans les plans de gestion. Cette notion de référentiel est difficile à définir et la note technique pour la conception des PDPG est d’ailleurs à ce sujet assez floue, comprenant une batterie de critères à la fois abiotiques (qualité d’eau, régime thermique...etc) et biotiques (indice écologique, peuplement de poisson... etc) [3]. La définition est la suivante :

"Contexte conforme : L’espèce (ou le cortège d’espèces) repère accomplit son cycle biologique (recrutement, croissance). Sa répartition est large à l’échelle du réseau hydrographique du contexte et sa (ses) population(s) est (sont) globalement à des niveaux d’abondance comparables aux valeurs attendues pour les milieux concernés (valeurs historiques connues, référentiels typologiques, indices piscicoles...). Des perturbations existent mais affectent globalement pas ou peu la (les) population(s) de l’espèce (ou le cortège d’espèces). Les milieux aquatiques sont de bonne qualité et fonctionnels pour l’espèce à l’échelle du contexte."

Afin de discuter du concept de référentiel, prenons un exemple qui se veut illustratif, sur une rivière proche du domicile parisien de l’auteur, une rivière salmonicole normande typique, qui paie un lourd tribu aux activités humaines. Taisons volontairement son nom pour éviter toutes stigmatisations inutiles. La Figure 3 reprend pour la même station d’inventaire piscicole du réseau RHP avec le même protocole de pêche, les données sur 20 ans d’abondance de la truite (Figure 3). La tendance des densités numériques rapportées à 100m de rivière est ici clairement à la baisse, même si la régression n’est pas significative. En effet, les densités numériques de truites sont fluctuantes car très dépendantes du recrutement naturel annuel qui dépend lui même fortement de l’intensité des crues notamment. Il est donc difficile d’extraire des tendances significatives sur ce type de données. Néanmoins le signal n’est pas orienté dans le bon sens : on passe en 20 ans, d’un peu moins de 20 truites pour 100m de rivière à un peu plus de 5.

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Densité truite
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Fig 3. Densité de truite sur une rivière Normande en fonction des années (Réseau RHP, station et protocole identiques)
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Pour réellement avoir une preuve irréfutable, il faut avoir des données de pêche complètes sur des séries temporelles beaucoup plus longues pour plusieurs stations. Autant dire que l’établissement d’un référentiel historique est très difficile voire impossible à constituer ! Il est toutefois possible de trouver des documents anciens, certes ponctuels et disparates, mais qui peuvent donner des indices sur les peuplements « historiques » de nos rivières. Dans le cas de la rivière Normande dont il est question ici, l’auteur a pu avoir accès à 6 inventaires piscicoles datant des années 60 (Figure 4). Ces documents tapés à la machine à écrire (!) et issus du Conseil Supérieur de la Pêche (CSP) donnent en moyenne des densités et des biomasses de truite fario qui oscillent entre 1000 et 1500 individus/hectare suivant les années et les stations pour des biomasses toujours supérieures à 100kg/ha (Figure 4, en haut). Si on analyse le même type de donnée plus récentes, à partir des années 2010 (Figure 4, en bas), les inventaires sont moitié moins importants en densité (autour de 500 individus/ha) les biomasses étant toujours nettement plus faibles (entre 20 et 40kg/ha, rarement plus). Dis autrement, les populations de truites accusent une forte baisse en densité et en biomasse, ce qui est cohérent avec les résultats précédents obtenus sur une série chronologique mieux suivie mais plus récente.

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pêche truite Normandie
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Fig 4. Comptes rendus d’inventaires piscicoles sur la rivière normande « historiques » (année 60, en haut) et récents (année 2010, en bas) avec tableau de synthèse et un histogramme de taille des salmonidés capturés
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De toutes évidences, la population de truite sur cette rivière est en mauvaise posture et le peuplement actuel est très loin de refléter le peuplement « historique » qu’on peut considérer comme référentiel. Quel est donc le verdict du plan de gestion du département concerné ? La réponse à de quoi surprendre : « peu perturbé ». Gestion préconisée : « patrimoniale »…

Avec 500 individus/ha de truite sauvage, les paniers ou les cartes SIM vont avoir beaucoup beaucoup de mal se remplir. Mais surtout, en regard des données historiques d’inventaire piscicole, le peuplement de truite de cette rivière est très altéré et en fort déclin, on est très loin d’un fonctionnement « peu perturbé » de la population de l’espèce repère du contexte. Quant à la gestion patrimoniale qui est préconisée ici, elle apparaît comme étant fortement biaisée par un référentiel inadapté qui sur-estime la fonctionnalité réelle du contexte. La gestion patrimoniale est ici de nature à clairement porter atteinte aux activités halieutiques qui sont d‘ailleurs logiquement basées sur les lâchers réguliers de truite portions. Si l’on veut maintenir une activité pêche non-anecdotique sur ce type de rivière, il faut donc innover en essayant de réinventer des pratiques d’empoissonnement intelligentes et adaptées aux demandes locales sans nuire aux populations de truites sauvages (si il en reste !).

Réinventer un « bassinage » intelligent, rationnel et fédérateur

La pêche associative a besoin d’un « newdeal » en matière de gestion. Cette nouvelle donne passe bien sûr par une gestion patrimoniale là où les densités de truite sont élevées, sur les dernières rivières en bonne santé. Ces rivières existent encore, c’est évident, mais les éléments de preuve donnés dans cet article montrent qu’elles deviennent rares. On peut en outre légitimement se demander si les empoissonnements massifs qui ont été pendant longtemps opérés par la plupart des associations de pêche dans tout le pays n’ont pas aussi contribué à artificiellement « gonfler » le potentiel halieutique de nombreuses rivières. En abandonnant ses piscicultures, ses lavoirs transformés en bassin de grossissement ou ses ruisseaux pépinières généreusement abondés en boîtes Vibert chaque hiver, on peut se demander si la pêche associative ne s’est pas tiré une bien belle balle dans le pieds. En ajoutant à cela les progrès en matière d’épuration domestique qui ont contribué à diminuer le niveau trophique de nombreuses rivières peu productives, on obtient un tableau certainement davantage plaisant a l’œil mais hélas qui n’est plus de nature à contenter la plupart des pêcheurs de truite.

Pour autant, ici et là, fédérations, AAPPMA, associations de pêcheurs spécialisées... agissent et innovent en matière d’empoissonnement avec pour objectif de faire plaisir aux pêcheurs, ce qui n’a rien de honteux, faut-il le rappeler ! On pourra tout d’abord mentionner la création de « parcours loisirs » bien balisés, régulièrement abondés en truites capturables sur de faible linéaire de manière à maximiser le taux de capture de ces poissons déversées (exemples dans le 65, le 09). L’existence de parcours « hivernaux » en NK sur des rivières de seconde catégorie où l’on déverse régulièrement des truites pour satisfaire les pêcheurs en période de fermeture (exemple dans le 31 et le 34). Des réservoirs  « mouche » associatifs pour ceux que la pêche en plan d’eau intéresse (exemple dans le 42). Des parcours automnaux pour la pêche de l’ombre commun d’origine domestique (exemple dans le 43). L’introduction d’espèce disparue mais historiquement présente (exemple de l'ombre commun sur la Sioule dans le 63). On notera aussi en seconde catégorie des initiatives potentiellement inspirantes comme des cagnottes sur internet pour financer des rempoissonnements (exemple dans le 12) ou encore l’organisation de compétitions dont les bénéfices sont investis en black-bass ou en carpe (exemple dans le 46)... etc etc.

On le voit, les idées et les initiatives ne manquent pas, loin du dogme de la gestion patrimoniale qui condamne, à terme, toutes activité pêches récréatives faute de ressources piscicoles sauvages suffisantes. Ces bassinages ne nuisent pas non plus aux populations de poissons sauvages, les truites lâchées étant rapidement capturées car concentrées au même endroit, canalisant la pression de pêche sur des points précis. Elles ont en outre l’avantage de ne pas reporter la pression de prélèvement sur les truites sauvages. De plus, le risque génétique est nul. Et quand bien même on voudrait s’en assurer complètement, le recours à des poissons stériles est toujours possible…

Bien sûr, ces bassinages coûtent cher et l’argent manque, c’est probablement le vrai point d’achoppement. En effet, la gestion patrimoniale ne coûte rien, ce qui est un avantage certain pour des gestionnaires confrontés à une baisse constante des rentrées d’argent. Cet élément financier pose bien sur la question des choix opérés dans les fédérations et les associations. Depuis plusieurs décennies le choix a été de recruter du personnel technique, c’est un choix positif qui a amené au sein des fédérations des compétences utiles, des salariés souvent passionnés et fortement investis. Mais cette orientation a son revers, celle de rogner progressivement les marges de manœuvres opérationnelles et de rendre nécessaires des ajustements à la hausse des tarifs de carte de pêche particulièrement impopulaires dans les rangs des pécheurs. On rentre ainsi dans un cercle vicieux où l’insatisfaction des pêcheurs grandit faute de ressources piscicoles suffisantes, entraînant une baisse des effectifs et des rentrées d’argent, cette baisse conditionnant l’augmentation du prix des cartes et amplifiant d’autant le phénomène de désaffection (et ainsi de suite).

L’ensemble de ces éléments plaident donc pour la redéfinition d’un nouveau compromis de gestion basé notamment sur des pratiques de bassinage intelligentes, rationnelles et sans risque pour les faunes autochtones. Il est urgent d’en finir avec le dogme de la gestion patrimoniale qui est en train de ruiner les fondements et les valeurs d’un loisir populaire et ouvert à tous. La sauvegarde de la pêche associative est en jeu, et par ricochet l’avenir de ceux-là même qui sont à peu près les seuls à se soucier réellement de la protection de nos rivières : les pêcheurs à la ligne.

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pêche arc en ciel
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Références

[1] http://www.federation-peche87.com/pdf/plaquette-truite.pdf

[2] https://www.eaufrance.fr/sites/default/files/2018-06/poissons_1990-2009_201305.pdf

Remerciements

Merci à Olivier Plasseraud pour ses commentaires constructifs sur la version initiale de cet article.

Test : série Echo Shadow X 10' #2 et 10', 10'6 et 11' #3

Echo Shadow X

En 2020, la marque américaine Echo fait évoluer sa gamme nymphe au fil Shadow II avec une nouvelle série : les Shadow X. Truites & Cie vous présente en détail l'ensemble des modèles, de la 10' #2 à la 11' #3 :

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Echo Shadow X
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Test statique

A l'instar de la série Shadow II, les nouvelles Shadow X font dans la sobriété avec leur parure sombre : le blank gris ardoise est mat, les ligatures sont noires, tout comme le porte moulinet anodisé down-locking et l'insert carbone (décoré de représentations de mouches blanches). L'anneau de départ SIC est suivi de monopattes hard chrome. Chaque modèle possède un talon de combat en liège qui peut se dévisser et accueillir un kit de 4 masselottes (2 de 5 gr et 2 de 10 gr) permettant d'équilibrer parfaitement la canne quel que soit le moulinet choisi. Ces cannes 4 brins sont livrées dans une housse et un tube de transport.

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Echo Shadow X
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Echo Shadow X
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Echo Shadow X
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Echo Shadow X
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Echo Shadow X
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Echo Shadow X
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Echo Shadow X
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Echo Shadow X
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Echo Shadow X
Légende
AA de la série Echo Shadow X
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MESURES : 

Le protocole Common Cents System a permis de caractériser l'action, la puissance et la réactivité de ces quatre cannes : 

En ce qui concerne la puissance, 27 cents ont été nécessaires pour plier la 10' #2 sur un tiers de sa longueur, ce qui donne après conversion un ERN à 2.97. Il classe donc la puissance de la canne comme une #2/3, un peu plus que celle annoncée par le fabriquant.

Pour les 3 modèles de puissance annoncée #3, 29 et 30 cents ont été utilisés (voir tableau), ce qui donne après conversion une puissance #3 pour les 3 longueurs.

Au niveau des AA, l'homogénéité règne puisqu'ils sont tous de 70°, l'action de ces cannes rentre dans la catégorie fast.

Les fréquences d'oscillation sont standard compte tenu de la longueur/puissance. Les 10' sont parfaitement capables de fouetter efficacement une soie.

L'équilibre de ces différents modèles est excellent et les masselottes deviennent presque superflues au vu des PME mesurés sans ajout de poids au talon : un moulinet d'environ 80 gr (soit 110 gr une fois rempli) suffit à équilibrer la 10' #2, 100 gr environ pour la 10' et la 10'6 #3, 120 gr pour la 11'.

NB : ces poids de moulinet à l'équilibre ont été mesurés sans masselotte. Pour calculer le poids du moulinet idéal en fonction du nombre de masselotte utilisée, il suffit par exemple de soustraire 10 gr au PME mesuré sans masselotte pour chaque masselotte de 10 gr ajoutée. Ex : sans masselotte le PME de la 10' #2 est de 110 gr ; si vous ajoutez une masselotte de 10 gr, il passe à 100 gr mais le poids de la canne augmente de 10 gr. Ainsi le PTE ne change pas quelle que soit la configuration. 

Les distances des premiers anneaux à la poignée (entre 29 et 32cm selon le modèle) sont idéales pour la pêche en nymphe. Toujours au niveau du montage, il convient de noter que la poignée de ces Shadow X est relativement longue (189mm) et que les dimensions du porte moulinet down-locking empêchent d'y fixer un Vivarelli. Un modèle manuel sera à privilégier (d'autant que la longueur de la poignée ne permet pas une utilisation optimale du semi-auto, votre main se trouvant très éloignée de la gâchette si on tient la canne au niveau de la partie épaisse du liège).

Matériel

Echo Shadow X 10' #2

Marque
Echo
Série
Shadow X
Longueur
10'
Longueur réelle
305cm
Soie
#2
Brins
4
Poids annoncé
74.00g
Poids réel
86.00g
Anneaux
12
Premier anneau
29cm
Poignée
24x189mm
Serrage
Downlocking
Talon de combat
Oui
Accroche mouche
Oui
Points d'alignement
Oui
PME
110.00g
PTE
196.00g
IP
27
ERN
2.97
AA
70°
CCF
79cpm
Prix à la date de sortie
459.00€
Matériel

Echo Shadow X 10' #3

Marque
Echo
Série
Shadow X
Longueur
10'
Longueur réelle
305cm
Soie
#3
Brins
4
Poids annoncé
85.00g
Poids réel
93.00g
Anneaux
12
Premier anneau
29cm
Poignée
24x189mm
Serrage
Downlocking
Talon de combat
Oui
PME
123.00g
PTE
216.00g
IP
30
ERN
3.42
AA
70°
CCF
77cpm
Confort
7.8/10
Prix à la date de sortie
459.00€
Matériel

Echo Shadow X 10'6 #3

Marque
Echo
Série
Shadow X
Longueur
10'6
Longueur réelle
321 cm
Soie
#3
Brins
4
Poids réel
93.00g
Anneaux
12
Premier anneau
31cm
Poignée
24x189mm
Serrage
Downlocking
Talon de combat
Oui
Accroche mouche
Oui
Points d'alignement
Oui
PME
126.00g
PTE
219.00g
IP
29
ERN
3.27
AA
70°
CCF
73cpm
Prix à la date de sortie
459.00€
Matériel

Echo Shadow X 11' #3

Marque
Echo
Série
Shadow X
Longueur
11'
Longueur réelle
334cm
Soie
#3
Brins
4
Poids annoncé
99.00g
Poids réel
93.00g
Anneaux
12
Premier anneau
32cm
Poignée
24x189mm
Serrage
Downlocking
Talon de combat
Oui
Accroche mouche
Oui
Points d'alignement
Oui
PME
147.00g
PTE
240.00g
IP
29
ERN
3.27
AA
70°
CCF
71cpm
Prix à la date de sortie
459.00€
Image
Gémages
Texte

L'avis d'Ivan Iannaccone (Le Moulin de Gémages), importateur français exclusif Echo :

"Des experts et compétiteurs de très haut niveau, tels Pete Erickson, Norm Maktima et Mariusz Wrobewski se sont joint au légendaire Tim Rajeff pour mener à bien un projet de canne pensé spécifiquement pour la pêche en nymphe de haut niveau et de compétition ! De fait, la gamme Shadow X synthétise l’expérience de chacun et propose une gamme de canne réalisée avec des graphites plus hauts modules que jamais et présente un poids 20% plus léger que la Shadow II tout en étant plus rapide au lancer et beaucoup plus sensitive à la détection des touches. La juste rapidité des Shadow X permet la rapidité au lancer tout en conservant une bonne tenue de poisson. Le blank de finition mate évite tous reflets suspects pour les poissons tandis que la distribution des anneaux est bien pensée pour ne pas avoir de ventre entre le moulinet et le premier anneau de départ. De plus, la poignée et le porte moulinet a vissage vers le bas facilite l’ergonomie tandis que le talon de combat se dévisse pour adapter des poids (fournis) et trouver l’équilibre parfait avec son moulinet. La gamme Shadow X présente de loin, le plus grand challenge jamais atteint par la société Echo.Une gamme de canne pensée par des compétiteurs pour des pêcheurs spécialisés en Nymphe au fil. Une vraie réussite à un prix contenu, garantie à vie."

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Echo Shadow X
Texte

L'avis de la rédaction

Par rapport à la canne Echo Shadow 2 10' #2 déjà testée, la Shadow X 10' #2 est très proche niveau action, un peu plus puissante (puissance réelle #2/3), et pourtant beaucoup plus confortable : le PTE de la shadow X 10' #2 est de seulement 196 gr (un record à ce jour dans Truites & Cie pour une 10' #2/3 !), pulvérisant celui de la shadow II mesuré à 282 gr !!! Une amélioration notable à souligner ! En dehors de cette légère sous-évaluation de puissance pour la 10' #2, les puissances annoncées pour le reste de la gamme sont parfaitement conformes, ce sont toutes des vraies #3 ! Les actions sont également toutes identiques et rentrent dans la catégorie fast. Ces cannes sont donc très polyvalentes (la 10' #3 possède même d'excellentes aptitudes de pêche en sèche à courtes distances avec une soie de 3). Elles lanceront sans problème des nymphes à partir de 2.4mm. Le choix de la longueur dépendra comme d'habitude de la nécessité de polyvalence (plus la canne est courte, mieux elle pêche en sèche) et de la largeur des cours d'eau pratiqués (plus la canne est longue, plus les dérives à distance sont maîtrisées).

Le confort de pêche de chacun des modèles de la série est impressionnant et à corréler avec le porte moulinet down-locking et la poignée relativement longue qui éloigne le moulinet de la main qui tient le liège (effet contrepoids décuplé).

La répartition des anneaux est très cohérente, et notamment les distances des anneaux de départ, idéales pour la pêche à la nymphe. 

Si nous devions établir quelques parallèles avec des cannes déjà testées dans Truites & Cie : la Echo Shadow X 10'6 #3 vient concurrencer la Baetis Precision 2.0 10'6 #3 et la JMC Performer 10'6 #2/3 (actions, puissances et réactivités très proches). La 11' #3 se place dans la même catégorie que la Vision Nymphmaniac 11' #3

Au final, ces cannes Echo garanties à vie bénéficient d'un très bon rapport qualité/prix.

Texte

Liens utiles

Le protocole de test des cannes à mouche

Comment choisir sa canne à nymphe

Le site du Moulin de Gémages, importateur exclusif Echo :

Le Moulin de Gémages

 

Les autres tests Echo : 

Echo Fly Fishing

 

Pêche en nymphe au fil : principe général

pêche en nymphe au fil

La nymphe au fil, également appelée nymphe à l'indicateur ou pêche à la roulette, est une déclinaison de la pêche à la mouche qui a considérablement évolué ces dernières années. Elle attire aujourd'hui de plus en plus de pratiquants en recherche d'efficacité et de confort de pêche. Voici les bases de cette technique pour bien comprendre de quoi il s'agit : 

Texte

Principe de la nymphe au fil

Par opposition à la pêche en nymphe à vue, la nymphe au fil consiste à présenter une ou deux nymphes lestées (généralement d'une bille en tungstène), en "pêchant l'eau", c'est-à-dire en prospectant les veines de courant jugées favorables, sans repérage préalable des poissons. Cette technique nécessite donc une bonne lecture d'eau et une connaissance approfondie des principaux postes à truite. Le poids des nymphes est choisi selon la force du courant, la profondeur et le niveau de la colonne d'eau que l'on souhaite pêcher (mi-hauteur ou ras du fond), de façon à ce que la ligne dérive en suivant les veines de courant sans les couper.

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nymphe
Légende
Quelques nymphes lestées type pheasant tail, perdigone, et nymphes poilues en dubbing
Texte

Action de pêche en nymphe au fil

Les nymphes sont lancées par un coup de poignet unique, sans utiliser l'inertie de la soie. Après le point d'impact à la surface, la canne est positionnée à 45° environ. Le suivi de la trajectoire des nymphes durant la dérive et la détection des touches sont réalisés grâce à un indicateur coloré et bien visible présent sur le montage (brin de nylon fluo, indicateur spiralé...etc etc). Cette pêche se pratique généralement 3/4 amont.

Deux déclinaisons de la pêche en nymphe au fil existent : 

  • la pêche au fil plaqué : comme le nom l'évoque, dans ce cas l'indicateur coloré dérive de façon inerte, posé sur la surface de l'eau. Le montage comporte le plus souvent une seule nymphe plutôt légère (bille tungstène de moins de 3 mm). Après le point d'impact de la nymphe à la surface, le bas de ligne est aligné le plus possible dans l'axe de la veine d'eau choisie (de façon à éviter le dragage) et l'indicateur fluo est posé à la surface. 
  • la pêche en nymphe au fil "à l'européenne" : dans cette version moderne de la nymphe, après le point d'impact à la surface, l'indicateur fluo est maintenu à 45° environ par rapport à la surface (la canne étant positionnée à 45°, l'angle scion/bannière est donc de 90° environ, ce qui est optimal pour un ferrage efficace). Le scion suit la descente des nymphes et est maintenu en aval du montage. Il est possible d'utiliser 1 ou 2 nymphes, légères ou lourdes. Dans ce cas également, le trio nymphe/pointe/indicateur fluo dérive parallèle au courant dans la mesure du possible.

Dans les deux approches, la main gauche récupère l'excédent de bannière produit par le montage qui descend et se rapproche de la position du pêcheur. Cette récupération est essentielle pour conserver un angle indicateur/surface de 45° (cas de la nymphe à l'européenne) et permettre un ferrage optimal.

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pêche en nymphe au fil
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L'angle optimal bannière/surface se situe entre 45 et 60°, le scion est maintenu en aval des nymphes
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Les meilleurs cours d'eau pour la nymphe au fil

Si la pêche en nymphe à vue trouve son apogée dans les rivières lentes à l'eau claire, la pêche en nymphe au fil peut se pratiquer dans tout type de cours d'eau assez rapide pour assurer une portance suffisante aux nymphes durant la dérive. Elle nécessite donc une vitesse de courant minimale pour être réellement efficace. La canne mesurant généralement 11' au maximum, l'amplitude de pêche de la nymphe à l'européenne est forcément limitée (si l'on respecte les angles évoqués précédemment). Les dérives efficaces se situent généralement à moins de 10m. Ainsi, les rivières rapides, petites à moyennes, constituent son terrain favori, et elle atteint ses limites dans les cours d'eau larges et profonds (où la pêche en nymphe au toc avec une canne anglaise de 3m90 environ est plus adaptée). 

Au fil plaqué, sous réserve d'utiliser un matériel assez puissant (canne de 9'6 à 10' pour soie de 4 ou 5), la pêche peut se pratiquer à plus de 10m, comme c'est le cas dans la nymphe à la Roncari.

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pêche en nymphe au fil
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Les rivières rapides, pas très profondes, de moins de 20m de large sont les mieux adaptées
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pêche en nymphe au fil

Test : Vision Nymphmaniac 9'6 #3

Vision Nymphmaniac 9'6 #3

Après avoir présenté en détail les Vision Nymphmaniac 10' #3 et 11' #3, passons la petite dernière ajoutée au catalogue 2020 : la 9'6 #3. Cette canne est destinée aux pêches fines en sèche et à la nymphe au fil en petit cours d'eau.

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Vision Nymphmaniac 9'6 #3
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TEST STATIQUE

Cette canne Vision possède un blank brut, non verni. Le porte moulinet mêle aluminium anodisé noir et insert en liège. Des touches de vert, signatures de la gamme Nymphmaniac, viennent singulariser le produit, notamment au niveau des inscriptions sur le talon, des ligatures et des emmanchements. Sur la poignée liège forme cigare figure un cerclage vert qui est un repère marquant les 20 premiers centimètres depuis la base du talon (la graduation se poursuit de 10 en 10 avec des ligatures vertes jusqu'à 50 cm). Ce modèle possède 12 anneaux avec des ligatures olives sombres, dont l'avant-dernier est serpentiforme, de façon à limiter les enroulements du nylon autour du scion lorsqu'on pêche en nymphe "à l'espagnole" (avec du monofilament uniquement). Cette canne 4 brins est livrée dans un tube compartimenté.

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Vision Nymphmaniac 9'6 #3
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Vision Nymphmaniac 9'6 #3
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Vision Nymphmaniac 9'6 #3
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Vision Nymphmaniac 9'6 #3
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Vision Nymphmaniac 9'6 #3
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Vision Nymphmaniac 9'6 #3
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Vision Nymphmaniac 9'6 #3
Texte

Mesures

Le protocole Common Cents System a permis de caractériser l'action, la puissance et la réactivité de cette canne : 

En ce qui concerne la puissance, 28 cents ont été nécessaires pour plier la canne sur un tiers de sa longueur, ce qui donne après conversion un ERN à 3.12. Il classe donc la puissance de la canne comme une soie 2/3, un peu moins que celle annoncée par le fabricant (mesure cohérente avec celle de la 10' #3 elle même sur-évaluée niveau puissance). Avec un AA de 65°, l'action de la canne est moderate fast (AA entre 63 et 66°). La fréquence à 78 est standard au regard de la longueur/action de ce produit. 

Avec un PTE à 222 gr, le confort de pêche est excellent ! La canne pèse à peine 72 gr et s'équilibre avec un moulinet d'environ 120 gr (soit 150 gr une fois garni).

Comme pour les autres modèles de la série Nymphmaniac, la poignée est relativement fine (22 mm). Celui qui souhaite utiliser cette canne en nymphe au fil aura intérêt à ajouter un premier anneau amovible car la distance entre la poignée et le premier anneau est de 50 cm.

Matériel

Vision Nymphmaniac 9'6 #3

Marque
Vision
Série
Nymphmaniac
Longueur
9'6
Longueur réelle
289cm
Soie
#3
Brins
4
Poids annoncé
69.00g
Poids réel
72.00g
Anneaux
12
Premier anneau
50cm
Poignée
22x170mm
Talon de combat
Non
Accroche mouche
Oui
Points d'alignement
Non
PME
150.00g
PTE
222.00g
IP
28
ERN
3.12
AA
65°
CCF
78cpm
Confort
7.3/10
Prix à la date de sortie
359.00€
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Vision Nymphmaniac 9'6 #3
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Vision Nymphmaniac 9'6 #3
Texte

L'avis de Lionel Fournier, champion de France 2018 et membre de l'équipe de France Europe de pêche à la mouche : 

"Ce que j'adore chez cette canne, c'est d'abord son action très progressive qui lui donne une tenue de poisson très intéressante et limite vraiment le risque de décroche, ce qui est primordial en compétition. Je l'ai testée avec différents modèles de soie et j'ai finalement sélectionné une soie naturelle parallèle de 3 pour la pêche en sèche pure et un modèle décentré plus dynamique pour la pêche en sèche/nymphe : la Scientific Angler MPX Amplitude n°3. Cette dernière a toutefois tendance à surcharger la canne dès qu'on allonge un peu trop. Cette Nymphmaniac 9'6 est très précise en action de pêche et s'en sort sans problème sur des poissons de taille importante, j'ai mis à l'épuisette des truites de plus de 45cm sans aucun problème. Selon moi, c'est tout simplement la meilleure 9'6 soie 3 du marché !"

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Vision Nymphmaniac 9'6 #3
Texte

L'avis de la rédaction

Décidément, cette série Nymphmaniac n'en finit pas de nous étonner ! Après un très élogieux test pour la 11', cette 9'6 fait également des émules ! En effet, ce fleuret d'à peine 72 gr, est très agréable à utiliser en sèche façon eaux rapides. Avec une puissance réelle #2/3, il sera possible d'utiliser une soie de 2 ou 3, selon la distance de pêche et votre style de lancer. A ce propos, son action moderate fast lui permet d'être efficace avec très peu de soie dehors. Comme Lionel, nous l'avons particulièrement appréciée avec une soie naturelle parallèle de 3, ainsi qu'une DT3 Pozzolini à courte et moyenne distance. Elle excelle dans les pêches de précision entre 3 et 10m qui restent sa spécialité. Pour celui qui compte choisir une soie de 3, attention à sélectionner une référence dont le numéro n'est pas trop sous-évalué, ce qui risquerait de surcharger la canne. On retrouve chez elle tous les avantages des cannes moderate fast déjà évoqués dans nos colonnes (possibilité de pêcher très fin, moins de décroche et tenue de poisson hors pair). Comme toutes les cannes Vision, elle bénéficie d'une garantie 5 ans premier acheteur. Avec un prix contenu de 359 euros, cette canne bénéficie d'un excellent rapport qualité/prix.

Texte

Liens utiles :

Le protocole de test Truites & Cie : ici 

Comment choisir sa canne à nymphe : ici

Les autres tests Vision :

Vision flyfishing

 

Les cannes Vision accessibles en ligne :

Mouche Shop

 

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