L’automne 2019 et le début de l’hiver ont été particulièrement pluvieux en Lozère.
En ce début d'année 2020, la tendance est à la réédition chez nos amis d'outre-atlantique. Après Ross et Thomas & Thomas, c'est au tour de la non moins célèbre enseigne Sage de faire revivre une ancienne série : les Trout LL (Light Line). Action douce et puissance modérée pour pêche délicate en sèche au programme ! Voici les chiffres de la 8'6" #4 et de la 9' #5 :
Cette série Trout LL possède un blank au revêtement acajou et aux ligatures bronzes, bénéficiant de la Technologie Konnetic HD des modèles les plus haut de gamme de la marque. Un double liseré doré est présent au niveau des emmanchements et du talon. Le premier anneau Fuji ceramic est suivi de serpentiformes chromés. Le porte moulinet gun métal avec insert bois en noyer surmonte une poignée originale type Half-wells. Cette canne 4 brins made in USA est livrée dans une housse et une tube aluminium SAGE.
Le protocole Common Cents System a permis de caractériser l'action, la puissance et la réactivité de ces deux cannes :
En ce qui concerne la puissance, 30 cents ont été nécessaires pour plier la 8'6 sur un tiers de sa longueur, ce qui donne après conversion un ERN à 3.42. Il classe donc la puissance de la canne comme une soie 3, moins que celle annoncée par le fabriquant.
De même, l'ERN à 4.46 de la 9' #5 la classe comme une soie 4.
Avec des AA respectifs de 60° et 62°, l'action de ces deux cannes rentre dans la catégorie Moderate.
Malgré des actions modérées, les fréquences ne sont pas très faibles (87 pour la 8'6 et 85 pour la 9'). Cette douceur d'action nécessite donc évidemment une adaptation de la cadence de lancer mais sans plus. Ces Sage sont d'ailleurs plus réactives que les deux cannes 9' #5 d'action moderate déjà testées dans nos colonnes (la Thomas & Thomas Paradigm et la Loop Cast Medium).
Au niveau du confort de pêche, nous ne sommes pas loin des valeurs records dans cette gamme de longueur/puissance : un moulinet d'à peine 100gr équilibrera parfaitement la 8'6 alors qu'un modèle d'environ 120gr (soit environ 155gr une fois rempli) se mariera parfaitement avec la 9' #5. Ces cannes sont des fleurets, ne les handicapez pas d'un surplus de poids au talon !
L'avis du fabriquant :
"Avec une prise en main délicate et une action modérée, la famille TROUT LL a été conçue en pensant au pêcheur à la truite en sèche. Grâce à l'optimisation des blanks et à l'offre de longueurs spécialisées, les TROUT LL sont parfaites pour le wading, les lancers courts, les petites mouches et les pointes fines. Un scion relativement souple maximise la protection des pointes fines et surmonte une partie médiane douce qui se charge facilement et augmente la sensation de la soie en l'air lors des faux lancers. Lorsque l'éclosion est là, la TROUT LL est la meilleure amie du pêcheur.
S'inspirant la série Sage historique, la TROUT LL est un clin d'œil à la tradition avec un aspect classique et une action modérée, tout en ajoutant des caractéristiques de performance modernes en termes de précision et de contrôle de la boucle à travers l'épine du blank Konnetic HD.
La série TROUT LL est disponible dans une combinaison de poids et de longueurs classiques pour la pêche en sèche de 7’9" à 9 tandis que de magnifiques inserts en bois et des composants de qualité supérieure ajoutent une touche élégante à ces cannes haute performance."
Avec cette série, la marque Sage rompt avec les modèles fast et puissant auxquels elle nous avait habitués. Les Trout LL n'en perdent pas pour autant en technicité et devraient ravir les adeptes des pêches fines voire ultra-fines en sèche ou en nymphe à vue, avec leur action douce et un look sobre, presque vintage avec cette tonalité brune, très classe (même si ce critère est subjectif !).
La volonté du moment chez les fabricants américains consiste à inciter les pêcheurs à "sur-charger" leur canne d'un numéro de soie, de façon à bien la sentir travailler et donc en principe faciliter le lancer (on est très attentifs aux soucis techniques des débutants de l'autre côté de l'Atlantique). En conséquence, les pêcheurs aguerris qui ne souhaitent pas "surcharger" leur canne afin de pouvoir sortir de la soie si le besoin s'en fait sentir, auront intérêt à utiliser un numéro de soie inférieur à celui préconisé par le fabricant, soit une soie de 3 pour la 8'6 #4 et une 4 pour la 9' #5. Dans ces conditions, et après la classique prise en main inhérente à l'action douce très particulière, les pêches fines à courtes et moyennes distances sont un réel plaisir. Le rythme de lancer diminue quelque peu mais la précision n'en pâtit pas pour autant une fois le bon tempo adopté. Le confort de pêche couplé à une tenue de poisson des plus rassurante, décuplent le plaisir. Ces cannes made in USA sont garanties à vie.
Texte JB Vidal
Photos Alexandre Gauriat et JB Vidal
La pêche en mer exotique devient vite une addiction lorsque l’on y a goûté une première fois. Ces poissons surpuissants que l’on recherche uniquement à vue vous font rapidement tourner la tête. Comme toutes les pêches à vue, le plaisir de la capture est décuplé par le simple fait de pouvoir observer son adversaire dans son environnement puis de le voir venir gober votre mouche. Cette montée d’adrénaline rend fou et vous incite à casser votre tirelire pour y retourner autant que faire se peut !
Le permit est considéré comme l’une des espèces les plus difficiles à capturer lorsque l’on pêche sur les flats et demande aux pêcheurs d’avoir un bon bagage technique, une bonne dose de motivation et d'être un brin masochiste !
Cela faisait déjà quelques années qu’avec Alex nous n’avions pas fait sortir le backing de nos moulinets sur des espèces exotiques ! Après avoir été chacun de notre côté sur différentes destinations mer reconnues, il a suffi d’un post sur Facebook pour que ce séjour se mette en place et nous retrouver, ensemble cette fois, dans la mer des Caraïbes, au sud-est du Mexique, à la frontière avec le Belize.
Après plus de 30h de voyage, nous voici enfin arrivé à Xcalak, qui se trouve à 5h de route au Sud de Cancun, et retrouvons notre premier hébergement à Acocote Eco Inn. Les pieds dans le sable avec une vue extraordinaire et un beau couché de soleil, une margarita en main, les longues heures de trajets seront vite oubliées et les discussions pêche débuteront dans une ambiance joyeuse quelques peu alcoolisée ! Les anecdotes de nos précédents voyages fusent. Nous nous remémorerons ces bons souvenirs et avons déjà hâte d’en découdre avec nos prochaines prises, qui lorsque l’on s’attaque au permit peuvent être aussi illusoires qu’imprévues.
Une fois les sacs déchargés, et quelques cocktails consommés, nous montons notre matériel en vue de notre première sortie avec un guide local pour profiter de leurs conseils avisés et démarrer notre semaine. Même si cette destination se prête particulièrement bien au DIY (Do it Yourself), il est toujours judicieux d’avoir recours aux guides locaux pour récupérer de précieuses informations : meilleurs coins, mouches, présentations et animations et « s’assurer » de voir quelques poissons.
Plus au Sud que la fameuse Baie D’Ascension, véritable Mecque du permit, que nous avions tous deux visité lors d’un précédent voyage, le secteur entre Xcalak et Mahahual offre de nombreux avantages. Il est possible de pêcher dans la grande Baie de Chetumal qui délimite la frontière entre le Belize de Ambergris Caye et la province de Quintana Roo au Mexique, ainsi que sur la côte en mer des Caraïbes et d’y capturer de nombreuses espèces, avec notamment de très grandes chances pour le permit, notre espèce favorite, que nous allons principalement rechercher lors de ce séjour.
Pour rechercher le permit, localement appelé palometa, il est important d’avoir plusieurs cannes montées. Une canne d’action rapide ou mer de puissance 9 est un passe-partout, alors qu’une soie de 10 pourra être d’une grande aide si le vent souffle (souvent le cas en exo) et pour lancer des mouches plus volumineuses et/ou lestées. C’est un confort fort appréciable à ne pas laisser de côté. Cette canne pourra également servir pour le tarpon, ou encore gros jack (carangue), barracudas… Une canne de puissance 8 pourra quant à elle servir pour le bonefish, et le permit dans des conditions plus clémentes ou sur des poissons de taille modeste. Une canne de secours ne sera pas de trop, en cas de casse, car une fois sur place, il serait dommage de se retrouver sans quoi pêcher ! Le moulinet devra obligatoirement être de bonne facture car il sera certainement mis à rude épreuve et c’est un des point clef pour mettre au sec ces palometas sur-vitaminées qui déroulent le backing. Une soie mer tropicale de type Rio Permit, Redfish ou « General purpose » est un must (une de rechange également). Ces soies permettent de lancer à grande distance et tourner sans problème nos imitations de crevettes et crabes souvent lestées. Un bas de ligne de 12 à 15 pieds (3,60 à 4,50m voir plus) de type Rio saltwater, qui se termine en 16 à 20 livres est la norme, pour rester discret sur ce poisson si capricieux, viendra compléter l’ensemble.
C’est dans la Baie de Chetumal que le guide local, Andres et son assistant, nous emmèneront pour commencer les festivités. Nous nous retrouverons rapidement confrontés aux légendaires permits, dès la première dérive, qui, comme nous nous y attendions, nous prendrons de beaux refus dans les règles qui nous feront comprendre que nous étions bien arrivés dans l'un des meilleurs spots de la planète pour rechercher la palometa certes, mais qu’elles allaient se mériter !
L’important pour la pêche de ce poisson très convoité par les aficionados de la pêche en mer, c’est de réussir à lancer loin (+ de 15m), vite (3/4 s) et précis. Selon la situation, il faudra aussi analyser rapidement le comportement et déplacement de votre adversaire, qui contrairement au bonefish, change constamment de direction.
Après une excellente journée où nous verrons entre 50 et 100 permits (rien que ça !!), sous toutes leurs formes, c’est à dire en « cruising », déplacement sous la surface, et en « tailing », terme qui vient de tail (queue), lorsque les permits inclinent leur corps pour venir se saisir d’une proie sur le fond et laissent apparaître leurs nageoires caudales et dorsales.
Nous rentrerons bredouille, à la fois contents et un peu frustrés, comme c’est bien souvent le cas lorsque l’on recherche ce poisson aussi mythique que fantasque ! L’important c’est d’avoir des « shots », car plus vous avez d’opportunités, plus vos lancers deviennent performants, vos animations adaptées et donc vos chances de capture accrues.
Le deuxième jour, nous irons pêcher par nous même en DIY, et nous choisirons de retourner, en wading cette fois, dans la Baie de Chetumal proche de notre hébergement, sur un des rares accès par la route que nous a gentiment confié Rob de Acocote Eco Inn. Nous commençons par rechercher les bonefish qui se nourrissent ici dans une petite baie, dans très peu d’eau où ils viennent sur des concrétions calcaires pour trouver crabes et crevettes. Nous avions aperçu leur tailing de loin sur ces eaux lisses dû à l’absence de vent. La luminosité est très faible, donc compliquées pour la pêche à vue et nous distinguons simplement les vaguelettes provoquées par le déplacement des poissons et par moment leurs queues qui percent la surface lorsqu’ils viennent prendre une proie sur le fond. C’est une pêche très technique, surtout dans ces conditions lorsqu’il est impossible de voir les poissons, mais très divertissante. Nous aurons un peu de mal à trouver comment les prendre malgré que les bonefish soient très souvent beaucoup plus faciles à prendre que le permit, mais parfois dans certaines conditions cela peut devenir une pêche plus fine et plus technique. C’est Alex qui aura la primeur de prendre le premier bone et de ce fait le premier poisson du séjour. C’est avec l’un de ces petits crabes très peu lestés qu’il déjouera la méfiance de ces torpilles mexicaines. En effet, lorsque l’on pêche dans peu d’eau et que la surface est lisse, il faut pêcher léger et être très discret en terme de présentation. Nous avions une pointe de deux fois la longueur de la canne qui se terminait en 14 à 16 lbs. Avec un peu de soleil, il est possible d’anticiper leur déplacement afin de présenter la mouche sur le fond en amont de leur trajectoire et attendre qu’ils soient à proximité de la mouche avant de l’animer. Dans le cas contraire, il faut bien observer pour ne pas lancer sur un poisson qui partira à toutes nageoires s’il reçoit la mouche trop près ou sur la tête et fera fuir tout le banc. Ils seront chipoteurs et nous n’en prendrons que deux chacun, mais sur de beaux coups de ligne. Puis nous longerons la bordure pour aller voir dans plus d’eau si des permits seraient actifs. Nous n’en verrons que quelques-uns malheureusement trop loin du bord pour pouvoir les attaquer. Le coup du soir se fera devant notre hébergement sur la plage où nous ne verrons aucun signe de vie.
Pour notre troisième jour, nous retournons avec le guide local, Andres, qui nous emmènera à nouveau dans la Baie de Chetumal en bateau, sur la même bordure que le premier jour. Après une belle averse, le soleil pointe le bout de son nez et le vent tombe. Nous avons alors des conditions idéales pour repérer les permits mais peut-être pas pour les pêcher. D’ailleurs, nous tenterons de nombreux poissons en déplacement et en tailing parfois en descendant du bateau afin d’être plus discret et d’avoir plus d’opportunités de lancer, de changer plusieurs fois de mouche, voire de présentation/animation. Les poissons ne semblaient pas stressés et continuaient à se nourrir devant nos yeux ! Aucun intérêt, ni même suivi ?! Nada ! C’est rageant, mais c’est monnaie courante lorsque l’on recherche le permit.
Nous retentons depuis le bateau qui permet de mieux suivre les groupes de poissons en déplacement, et de bien voir leur comportement vis-à-vis de nos imitations étant en surplomb depuis la poupe du « panga », bateau typique de cette partie des Caraïbes, très stable et discret.
Lorsque vous pêchez des permits en maraude, il faut soit voir les poissons, soit être très attentif et repérer les eaux nerveuses (appelées ici nervous waters ou aguas nerviosas) qui trahissent leur présence. En effet, lorsqu’ils nagent sous la surface, ils provoquent une vague ou une perturbation de l’eau, qu’un œil aguerri peut rapidement percevoir. En wadding, c’est très souvent de cette façon que vous parviendrez à proposer votre mouche sur ces palometas. Il faut dans ce cas anticiper le déplacement tout en lançant assez près, car ces poissons changent souvent de direction. Un lancer à 2 à 3 m devant le poisson ou le groupe de permits est généralement employé, puis animez votre crevette (plus efficace dans ce genre de situation) rapidement pour intercepter leur trajectoire. La touche peut intervenir quelques secondes après l’impact de la mouche, mais le plus souvent, vous aurez un suivi conclu d’un beau refus ou dans le meilleur cas... une belle touche !
En tailing, l’approche est tout autre. Le ou les poissons se nourrissent et ont leur attention fixée sur le fond. Il faut dans ce cas déposer délicatement votre imitation de crabe ou crevette 1 à 1,50 m de votre cible puis la ramener doucement afin que celle-ci soit juste devant son nez au moment où elle relève la tête. Toute la difficulté réside dans la présentation et bien évidemment la « conformité » de votre mouche selon l’humeur du poisson. Les touches peuvent parfois être subtiles. Ferrez dès la moindre anomalie.
Au vu des conditions de pétole peu propices, et aux comportements des permits qui s’effrayent du moindre posé même discret, le guide décide d’aller sur un spot avec plus de courant, à la sortie du bras qui relie l’océan à la Baie.
Nous venons d’essuyer je ne sais combien de refus (qu’il ne vaut mieux pas compter pour ne pas entrer en dépression), mais il est très important de rester confiant et serein. C’est une pêche qui nécessite un moral d’acier car même si vous faites un long lancer parfait, une belle animation avec la plus belle de vos mouches, les permits ont l’habitude de refuser ! Comme si quelque chose manquait à notre imitation ? J’ai souvent entendu dire et pensé moi même que ces poissons avaient un odorat très développé et que l’odeur et le goût devaient jouer un rôle important dans leur réflexe alimentaire.
Alex est à l’avant du panga, car pour ce type de pêche il faut mettre en place une rotation (un seul pêcheur en action à la fois), et comme par magie sur un énième bon lancer, un permit suit avec envie puis coffre sa mouche.
FISH ON !
Wow, quelle montée d’adrénaline ! Ça y est, le premier permit est piqué et part en trombe. La soie fuse dans les anneaux puis le backing. Une sensation de joie traverse le bateau, cependant contenue par l’appréhension de perdre ce premier poisson avant la fin du combat. Rien n’est jamais gagné avec ces vaillants combattants, très puissants et endurants. Ils sont vraiment taillés pour la vitesse et il faut rester concentré jusqu’au bout, surtout en fin de combat... pensez à desserrer un peu le frein en phase finale dans le cas d’un dernier gros rush lorsque votre bas de ligne est en partie dans les anneaux, cela vous évitera quelques déconvenues.
Après plusieurs longues minutes de lutte acharnée, la canne d’Alex continue d’amortir les rushs et coups de tête. Le poisson fatigue et se présente bien au bateau. Bingo, le guide le saisit par la queue ! Alex se libère en lâchant un cri de joie qui fait plaisir à tout le monde. Un vrai travail d’équipe. Mon compagnon est super heureux car il valide son séjour avec cette première prise !
Tout l’équipage est soulagé, cela met du baume au cœur et remotive tout le monde pour la suite de la journée. Avec grande courtoisie, mon compagnon de pêche me cède la place et m’annonce que toutes les prochaines opportunités seront pour moi, sa mission étant accomplie !
Nous mangeons rapidement notre repas du midi et réattaquons. Les permits sont en maraude entre le canal et le début de la baie. Je tenterai un certain nombre de mouches sur de nombreux poissons mais sans succès. A part quelques suivis et la prise d’un jack plus rapide qu’un des permits visés (il arrive qu’ils soient ensemble), toujours pas de palometa pour moi. Je suis serein mais un peu dépité quand même. Ça va venir… Le premier poisson est toujours très important pour la confiance et pêcher serein.
Nous passons du côté océan en longeant la côte entre la plage et le reef (barrière de corail) pour changer de terrain de jeu et trouver des conditions plus ventées où les permits seraient peut-être plus conciliants. Je change encore plusieurs fois de mouches car pour le moment ma confiance est quelque peu ébranlée. Comme pour toutes les pêches, il est très important de pêcher en toute confiance pour être efficace. Je remets donc une imitation de crevette couleur olive, montée par mes soins, car nous pêchions alors sur de l’herbe à tortue et Alex venait de prendre le sien avec une EP (Enrico Puglisi) mantis shrimp olive ! Il est primordial d’utiliser une mouche de la même couleur que le fond où vous recherchez vos poissons.
Un petit groupe de permits se présente à nouveau et semble tourner à proximité d’un enrochement où ils doivent trouver leur nourriture. Après plusieurs essaies en terme d’animation, l’un d’eux s’empare de ma mouche et me libère de cette tension très palpable de début de séjour. C’est un petit permit, mais comme tous les guides et pêcheurs internationaux le disent : « A permit is a permit ! ». Le soir nous tentons le tarpon en kayak dans une lagune pour valider le Grand slam mais sans succès. Pas d’activité !
Nous fêterons cette journée dignement avec de bons cocktails et un très bon restaurant, et allons maintenant aborder le reste de notre séjour plus détendus. Cependant, des questions persistent. Pourquoi avons-nous autant de refus ? Nos mouches sont-elles pêchantes ? Nos animations, posés sont-ils adéquats ? Malgré que nos guides nous aient bien affirmé que tout était conforme et que nous avons bien pêché, il y a certainement des choses que nous pouvons améliorer. Souvent les guides disent qu’il ne sert à rien de changer de mouche trop souvent, mais par contre bien l’adapter à la profondeur des postes, à la couleur du fond. La plupart pêchent avec des imitations de crevettes (mantis) bien plus souvent que les crabes pourtant si réputés pour le permit. L’animation est aussi un facteur important qu’il faut toujours adapter, modifier en fonction du comportement des poissons. Les guides affirment également qu’il est plutôt question de trouver un permit mordeur et avoir le maximum de « shot ».
La journée suivante, nous allons changer d’hébergement pour nous rendre sur Mahahual, autre secteur intéressant pour le permit. Avant cela nous retournons sur un joli coin où nous étions allés le deuxième jour au coup du soir et avions tenté plusieurs trigger fish ou balistes, et quelques permits, mais sans succès malgré de belles occasions.
Après un peu plus d’une heure de route nous voici sur Mahahual et retrouvons notre deuxième hébergement situé dans le centre-ville. Un appartement très confortable, avec climatisation, et piscine ! Nous mangeons sur le pouce puis partons à l’aventure pour trouver de nouveaux secteurs de pêche. Il est d’ailleurs plus que judicieux de faire des recherches avant votre voyage si vous partez en DIY. De nos jours avec internet, il est possible de récupérer de précieuses informations qui vous feront gagner du temps une fois sur place. Sur certains groupe Facebook, notamment Flatsbag, d’autres pêcheurs partagent leur expérience et peuvent vous renseigner et vous faire gagner du temps. Nous avions donc quelques informations et avions consulté google earth et différentes applications pour trouver plusieurs coins de pêche qui nous semblaient intéressants. Une fois sur le terrain, il arrive cependant de se retrouver face à des complications que ce soit au niveau des accès, ou en découvrant des zones peu alléchantes. Cela fait perdre un temps précieux mais cela fait partie des aléas de la pêche sans guide.
Nous tardons donc à trouver un spot que personne nous avait indiqué, qui s’avérera être « the office » ou ce qu’appelle l’excellent Nick Denbow, guide britannique installé depuis près de 20 ans sur ce secteur et avec qui nous avions programmé une sortie le jour suivant, son « bureau ».
J’aurai rapidement de belles opportunités, et prendrai tout d’abord un petit permit dans le surf. Je lui ai présenté ma crevette préférée qu’il a pour une fois engamé sans hésitation ! Même si celui-ci est de petite taille, c’est toujours très agréable d’en prendre en DIY. Peu importe leur gabarit, le permit est très puissant et vous sortira la soie et très souvent du backing. Et chaque permit compte !
Sur ce genre de pointe rocheuse, vous verrez également de nombreux (grey) trigger fish, baliste grise ou encore « cochito » en espagnol, qui s’activent de la même façon que les permits. Ils viennent très près du bord là où les vagues cassent pour se saisir de leurs proies qui se retrouvent chahutées. Il faut être attentif et bien regarder dans le creux des vagues. Vous pourrez ainsi déceler une ou plusieurs nageoires foncées ou un flash brillant passer à toute vitesse lorsqu’il s’agit de permits. Les triggers eux sont très foncés et faciles à repérer et restent plus longtemps sur ce genre de poste et vous offriront plusieurs opportunités. Cependant, leur pêche est déconcertante, car ils peuvent être parfois très voraces et d’autre fois complètement désintéressés, voire craintifs !
Peu de temps après mon permit, je prendrai donc mon premier trigger en tailing sur cette pointe rocheuse, à la recherche de crabes et crevettes. Dans ce cas, il faut leur proposer une imitation de crabes pas trop lestée, mais nous verrons plus tard que les crevettes fonctionnent très bien : lancer à proximité (1 à 1,5 m), puis animer par des petits strips rapides et secs pour attirer leur attention. Une fois qu’ils ont vu la mouche, très souvent ils foncent dessus puis la suivent. Il faut alors laisser redescendre la mouche tout en gardant la tension en exerçant un long strip lent afin de sentir la tirée en cas de touche et ferrer avec la soie. Il arrive fréquemment de ne pas arriver à les piquer car ils ont une petite bouche et de grosses dents qui leur permettent de casser les carapaces et coquillages. Il faut alors relancer et retenter. Avec un peu de chance votre trigger reviendra sur la mouche et vous le piquerez dans la lèvre. Une fois piquée, la baliste est très puissante par rapport à sa taille et vous fera un ou plusieurs bons rush. Bien faire attention lorsque vous la décrocherez car leur dentition ne pardonne pas. C’est pour moi une nouvelle espèce, même si aux Seychelles j’avais déjà capturé un « yellow margin trigger fish » beaucoup plus coloré.
La journée suivante nous aurons rendez-vous avec Nick à 6 :30, bien avant le levé du jour. Ce sera une de nos meilleures journées de notre séjour autant pour l’ambiance qui règne en sa présence que pour la pêche. Après un début timide où Alex tentera de faire son premier trigger, et des spots à permits vides, juste au moment de la collation du midi, la pêche deviendra incroyable avec de nombreuses occasions sur permits, bones et jacks. Nous enchainerons les captures, feront un doublé de bone, puis un doublé bone-permit, et nous prendrons également nos plus gros permit du séjour ! Nous vivrons 2/3 heures d’une intensité hors norme, fort appréciable. Nous sommes sur un petit nuage et apprécions chaque minute.
En milieu d’après-midi, une fois l’activité redescendu sur notre plage, nous partons sur un spot à tarpon car nous avions envie de tenter le Grand Slam (surtout moi) ayant tous deux pris permits et bones. Nous arrivons alors dans un petit canal peu profond, qui ne paye vraiment pas de mine, où des tarpons auraient été bloqués il y a plusieurs décennies lors de grosses pluies et crues. Nick est aussi excité que nous, et nous dit que ce coin regorge de baby tarpon entre 1 et 4 kg et que nous devrions avoir de grandes chances de concrétiser. Malheureusement rien ne roule à la surface. Aucune activité ! Nick nous explique que la température extérieure et de l’eau sont trop basses. Après une demi-heure, rien n’y fait et décidons de retourner voir les permits.
Alex en fin de journée, prendra, en compagnie de Nick ses deux premiers triggers, et j’en ferai de même de mon côté, tous deux avec des imitations de crevettes et cette fameuse technique presque imparable, que je vous ai expliqué plus haut.
Nick nous apportera pas mal de réponses à nos questions sur la pêche dans ce secteur et nous dirigera gentiment sur certains de ces coins préférés pour les derniers jours de notre voyage.
Nous finirons la journée au bar de plage le Nohoch Kay Beach Club (très bonne adresse) pour fêter cette journée inoubliable. Nick en profite pour raconter à ses amis une anecdote invraisemblable qui aurait pu nous coûter cher ! En effet lors de cette journée nous sommes tombés sur un paquet suspicieux qui s’avèrera être une cargaison de cocaïne, que les militaires viendront récupérer 3 minutes après que nous ayons arrêté de jouer avec !! Nous aurions pu finir au trou pour de longues années ou avoir à verser une sacrée somme d’argent pour nous dépêtrer de cette situation. Nous en rions maintenant mais cela aurait pu sacrément mal tourner !
Le reste du séjour nous pêcherons en DIY et aurons une autre super journée sur une plage où les permits seront plus conciliants. Nous ferons de beaux permits, bones et une nouvelle espèce de jack, le lookdown ou sélène, suivi de deux journées plus compliquées où néanmoins nous tirerons à chaque fois notre épingle du jeu par la capture de quelques poissons sur ces magnifiques flats mexicains qui nous auront bien gâtés. Un super séjour et destination validée. Hâte d’y retourner !
Zone
Entre Xcalak et Mahahual, Province de Quintana Roo, Mexique, il est possible de pêcher avec ou sans guide sur de nombreux secteurs. Les guides sont un plus pour pêcher en bateau des zones éloignées, la Baie de Chetumal ou encore les nombreuses lagunes peuplées de tarpons et snooks. Leur expérience est également précieuse, notamment si vous n’avez jamais pêché en mer exotique ou dans cette zone/pays.
Toutefois, cette destination est certainement l'un des meilleurs coins de pêche pour le DIY, notamment pour le permit.
Saison
Il est possible de pêcher sur cette destination presque toute l'année, cependant il faut éviter les mois trop chaud de fin juin à fin septembre.
Espèces
Bien sûr, cette région du monde est surtout connue pour la pêche du permit ou palometa, mais c’est aussi un haut lieu pour réaliser un Grand Slam (tarpon, bonefish et permit) ou Super Grand Slam (avec un snook en plus).
De nombreuses espèces de jack, mais aussi, barracuda, snapper ou vivaneau, pompano, et d'autres peuplent ce secteur.
Matériel
Cannes rapides typés mer type SAGE SALT.
La gamme Motiv utilisée pour ce trip est mer moins chère et un peu moins rapide.
Canne SAGE MOTIV 9' #9, 9' #10,
Moulinet Redington Behemot 7/8
Soie Rio Redfish, Permit ou General Purpose, Rio Tarpon
Canne SAGE SALT HD 9' #8
Moulinet SAGE 2280
Soie Rio Bonefish
Bas de ligne Rio Saltwater 9 pieds en 20 lbs + pointe Fluoro Flex ou DFC en 14, 16, 20 lbs pour le permit
Tarpon Rio shock tippet en 40 à 60 lbs
Rio Saltwater 9 Pieds en 20 lbs + pointe en fluoro en 12 à 16 lbs pour le bonefish
Mouches
Permit : Mantis shrimp, Avalon, Verveka’s mantis, Squimp, et crevette olive et tan (avec tag ou patte orange) en tout genre (taille 2 et 4) avec différents lestages (chaînette et yeux diabolo 4 mm).
Crabe tan, olive, blanc en taille 2 et 4.
Monnaie / change (1 Euro = 20 pesos au 15/02/20)
Il est nécessaire d’avoir des Pesos Mexicains pour divers achat sur place : nourriture, carburant, restaurants locaux,…etc
Guide, restaurant et hébergement payables également en dollars US et certains en CB (attention aux frais).
Location de voiture
Pour ce genre de séjour, je recommande la location d’un SUV qui permet de rouler sereinement sur le chemin de terre en mauvais état qui longe la côte et vous permet d’accéder aux coins de pêche.
Il faut compter 5h de route depuis Cancun. Prendre du carburant à Mahahual. Pas de station-service à Xcalak.
Nous avions loué avec America Rent A Car à Cancun via internet sans aucun souci. Transfert aéroport A/R inclus.
Bien prendre toutes les assurances pour vous couvrir en cas d’accident, bris de glace/crevaison, …etc.
Ne jamais rien laisser dans la voiture durant vos parties de pêche. Vol et casse de votre voiture possibles.
Hébergement
Il existe de nombreuses possibilités pour s’héberger dans ces deux villes. Hôtel, Chambres, AirBnB.
A Xcalak :
http://www.acocoteecoinn.com/ où nous sommes restés. Rob Mukai le propriétaire est un pêcheur et vous donnera de nombreuses informations pour la pêche et se pliera en quatre pour faire de votre séjour une réussite. En plus, il fait d’excellente margaritas !
A Mahahual, Nick propose des hébergements. Vous pouvez également le contacter pour avoir d’autres adresses selon votre budget ou chercher sur le net.
Guides
Pensez à réserver votre guide à l’avance.
- Osprey Tour Fly Fishing à Xcalak. Rob Mukai de Acocote Eco Inn peut vous réserver un guide local. Compter 300 $US + pourboire (50$ en moyenne)
- Nick Denbow : le seul et incontournable guide de pêche à Mahahual. Une valeur sûre.
Journée de 6 heures : 275$US et 350 $US pour 10 heures + pourboire
Livre:
Fly Fishing the Yucatan – Rod Hamilton with Rhett Schober and Nick Denbow
Depuis le début des années 2000, l'entreprise britannique Greys s'est imposée comme l'un des fabricants incontournables dans le monde de la pêche à la mouche. A l'image du précédent fer de lance GR70, sa toute nouvelle série GR80 offre une gamme très éclectique à moins de 400 euros, si bien que tous types de pratiquants pourront trouver leur bonheur, quel que soit leur milieu de prédilection. Nous avons choisi de vous présenter plusieurs modèles de la série GR80 en commençant par la classique 9' #5 destinée à la pêche en sèche et en nymphe à vue :
La série GR80 conserve la couleur vert olive des GR70 au niveau du blank et des ligatures sombres. Deux liserés chartreuses sur le premier brin apportent une légère touche flashy. L'évolution notable est l'utilisation d'une nouvelle résine nommée Powerflux 1000 qui confère à ces blanks de nouvelles propriétés mécaniques en action de pêche. Le blank de cette GR80 comporte un premier anneau SIC suivi de 10 monopattes. De petits points présents au niveau des emmanchements inversés facilitent l'alignement des brins. La poignée liège grade AAA de forme cigare et dimensions standard surmonte un porte moulinet en aluminium anodisé gun métal avec insert carbone couleur olive. Cette canne 4 brins est livrée dans un tube rigide compartimenté.
Le protocole Common Cents System a permis de caractériser l'action, la puissance et la réactivité de cette canne :
En ce qui concerne la puissance, 46 cents ont été nécessaires pour plier la canne sur un tiers de sa longueur, ce qui donne après conversion un ERN à 5.79. Il classe donc la puissance de la canne comme une soie 5/6, à peine plus que celle mentionnée par le fabricant.
Bien qu'annoncée comme Medium Fast dans le catalogue Greys, l'AA à 63° classe l'action de cette canne dans la catégorie moderate du protocole Common Cents System (AA entre 59 et 63°), mais très proche de la catégorie moderate fast.
Avec ses 88cpm de CCF, la réactivité de cette canne est impressionnante compte tenu de sa longueur/action, c'est la 9' la plus réactive que nous ayons mesurée à ce jour.
La canne s'équilibre avec un moulinet d'à peine 110 gr (soit environ 145gr une fois rempli). Le PTE à 245gr atteste d'un excellent confort compte tenu de la longueur/puissance de ce modèle, digne des références les plus haut de gamme du marché.
Alors que les nouveautés américaines du moment s'inscrivent dans la tendance "action douce + puissance à la baisse", cette GR80 9' #5 conçue en Angleterre, est certes très modérée au niveau de l'action, mais plutôt sous-évaluée en matière de puissance : c'est en réalité une #5/6. Ainsi, nous avons à faire à une canne relativement puissante dotée d'une action moelleuse, qui lui confère la capacité de plier régulièrement sans point dur durant les combats intenses auxquels elle se destine. Ce genre de modèle n'est pas si fréquent (les cannes puissantes étant souvent ultra-rapides !) et pour tout dire assez unique dans notre banque de données. Pour les pêches courtes et précises de bordure par exemple (moins de 10m), nous vous conseillons l'emploi d'une soie de 6 qui chargera la canne correctement et rapidement. En effet, la fréquence d'oscillation est importante malgré l'action douce, ce qui signifie que la cadence de lancer sera étonnement proche (voire supérieure) de celle d'une 9' d'action fast (précision pour ceux qui redoutent la lenteur de mise en marche des cannes d'action moderate). Ainsi, cette GR80 9' #5 trouvera son apogée dans la recherche des truites de plus de 45cm, en sèche ou en nymphe à vue, voire au streamer, et pourra même devenir une compagne de voyage idéale grâce à son léger surplus de puissance. Certains aficionados de la Nouvelle-Zélande l'ayant testée nous ont même soufflé qu'elle convient très bien pour cette destination... Comme d'habitude chez Greys, cette canne bénéficie d'un excellent rapport qualité/prix !
Liens utiles :
Le protocole de test des cannes à mouche : ici
Les cannes Greys chez notre partenaire Easyfly :
Nous avons abordé dans le précédent article (ici) les types de rivière les plus favorables à l'ouverture en fonction des conditions météorologiques. Une fois le cours d'eau choisi, il convient de réfléchir au tronçon qui serait potentiellement le plus porteur. En effet, la configuration de la plupart des cours d'eau à truites est assez hétérogène. La pente, la nature des terrains traversés, l'environnement fluctuent de façon importante (notamment dans les cours d'eau de montagne) même sur un linéaire assez court. Tout peut changer en quelques dizaines de mètres ! Ainsi, toutes les portions d'une même rivière ne se valent pas dans l'eau froide au mois de mars. Voici quelques pistes pour faire le bon choix de parcours :
Nous y voilà, vous savez désormais quelle rivière sera le théâtre de votre journée de pêche. A ce moment là, les réflexions doivent se poursuivent sur le choix du parcours. Le jargon halieutique mélange parfois « bonnes rivières » et « bons coins ». Cette différence d’échelle anodine sur le papier ne doit pas occulter le fait que toutes les portions d’un même cours d’eau ne se valent pas à un instant t, surtout en pré-fonte des neiges, lorsque les truites sont relativement confinées sur des postes assez stéréotypés. Le long d’une rivière, se succèdent des tronçons différents au niveau de la pente et de la largeur ; chacun d’eux possède un « moment chaud », c’est-à-dire une période de l’année qui coïncide avec un niveau idéal et une configuration adaptée au comportement des poissons durant ladite époque. Tout peut changer à quelques centaines de mètres près.
Le propos prend tout son sens dans les rivières caillouteuses de montagne dont la configuration est très variée. Ces milieux présentent généralement une pente relativement importante (induisant un courant et des turbulences marqués) et une largeur fluctuante, croissante en descendant vers l’aval, mais également variable à plus petite échelle, tout au long de leurs cours.
Dans l’eau froide du début de saison, tout excès de turbulence et de vitesse de courant d’un secteur réduit considérablement le nombre de coups favorables. Il conviendra donc de rechercher les zones les moins pentues et/ou les plus élargies du cours d’eau considéré, qui seront plus à même de contenir les courants laminaires et assez lents appréciés par les truites à cette époque.
Attention, cela ne signifie pas systématiquement de s'orienter vers l’aval, au contraire : un replat de quelques dizaines de mètres sur le cours amont d’un torrent cascadeur concentre les poissons engourdis du mois de mars et se révèle bien plus porteur que la même topographie uniformément reproduite dans le bas de la vallée !
La valeur d’une zone est directement conditionnée par la nature de ce qui l’entoure. De la même façon en été, les micro-ruptures de pente dans parties aval qui chauffent sont des aimants à truites.
Dans le cas où vous découvrez les lieux (situation déconseillée pour l'ouverture, sauf si vous avez le goût du risque !), votre salut passe par une étude attentive des courbes de niveau de la carte IGN au 1/25 000. Attention, la préférence que vous accordez aux secteurs lents ne doit pas vous conduire dans des portions trop uniformes qui manquent parfois de caches et donc de densité de truites. Insistons particulièrement sur ce point : à l’ouverture, il faut parvenir à trouver le bon compromis entre abondance de caches et pente modérée, ce qui n’est pas toujours évident (ces deux paramètres variant naturellement de façon inverse). Voici les clichés de deux secteurs différents de la même rivière pris à quelques centaines de mètres de distance, afin d’illustrer le propos :
Au-delà de l’adéquation avec la tenue des poissons, le parcours choisi doit permettre de vous isoler au maximum des autres pratiquants, très nombreux à cette période de l'année :
Pour éviter de tomber sur un confrère évoluant au dessus de vous, un peu de méthode s’impose : privilégiez les secteurs boisés, inaccessibles sur plusieurs kilomètres en amont de votre point de départ (l’action de pêche se faisant en remontant). Passez la carte au crible pour dénicher les micro-portions où la rivière s’éloigne de la route, nécessitant quelques minutes d’approche pédestre décourageante pour les moins motivés. Prenez le contre-pied des autres pêcheurs dans leur façon d’aborder les parcours : la majorité débutant machinalement vers l’amont à partir du pont où ils se garent, descendez plutôt la rivière à pied sur quelques centaines de mètres pour ensuite pêcher en remontant l’aval immédiat du pont, souvent délaissé par la masse !
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