Bilan et perspectives en Bretagne

Image principale
Pêche Bretagne

La saison 2019 aura été meilleure en matière de niveau et température d’eau par rapport à 2018. Toutefois nous avons souffert d’un étiage prononcé à partir de début juillet.

Bilan des crues dans l'Aude

Image principale
Yannick Rivère

Comme un peu partout en France le département de l’Aude a subi des abats d’eau exceptionnels cet hiver. Les crues de novembre avaient eu raison de la fraie des truites .

Test : Marryat Tactical Pro 10'3 #2/3

Marryat Tactical Pro 10'3 #2/3

Après avoir présenté la nouvelle Tactical HX 10'3 #3/4, place à l'autre nouveauté Marryat 2020 avec cette Tactical Pro 10'3 #2/3, également mise au point par notre consultant Eric Lelouvier

Image
Marryat Tactical Pro 10'3 #2/3
Texte

TEST STATIQUE

Après une première série Tactical aux tons verts, les Tactical Pro renouent avec le classicisme du noir mat, pour le blank et le porte moulinet alu 5040 anodisé. Les ligatures sont soignées et celles des emmanchements possèdent un fin liseré rouge qui apporte une légère touche de couleur. L'alignement des anneaux est facilité par deux petits points blancs sur le blank. Le porte moulinet est à vissage vers le bas (down-locking) pour les longueurs de la série supérieures à 9'6, dont cette 10'3. Les 11 anneaux monopattes sont en REC Titane/nickel et le premier Fuji SIC est situé sur le premier brin. La canne est livrée dans une housse rouge et une tube carré cordura noir.

Image
Marryat Tactical Pro 10'3 #2/3
Image
Marryat Tactical Pro 10'3 #2/3
Image
Marryat Tactical Pro 10'3 #2/3
Image
Marryat Tactical Pro 10'3 #2/3
Image
Marryat Tactical Pro 10'3 #2/3
Image
AA Tactical Pro
Texte

MESURES

Le protocole Common Cents System a permis de caractériser l'action, la puissance et la réactivité de cette canne : 

En ce qui concerne la puissance, 28 cents ont été nécessaires pour plier la canne sur un tiers de sa longueur, ce qui donne après conversion un ERN à 3.12. Il classe donc la puissance de la canne comme une soie 2/3, exactement ce qui est annoncé par le fabricant. Avec un AA de 70°, l'action de la canne est fast (AA supérieur à 66°). La fréquence à 75 autorise la pêche en sèche sans problème, avec une soie de 2 ou de 3, selon la distance de pêche et votre style de lancer.

Le confort de pêche procuré est très bon, la canne pèse 93gr et s'équilibre avec un moulinet d'environ 120gr (soit 145 gr environ rempli). La distance entre la poignée et le premier anneau est idéale quelle que soit l'utilisation envisagée. Elle permet par exemple d'éviter que la soie ne redescende dans les anneaux lorsqu'on pêche en nymphe, sans perturber la pêche en sèche.

A noter également que, comme d'habitude avec la série Tactical Pro, la poignée liège est relativement épaisse (28mm) par rapport aux autres références du marché.

Image
Tactical Pro 10'3 #2/3
Matériel

Marryat Tactical Pro 10'3 #2/3

Marque
Marryat
Série
Tactical Pro
Longueur
10'3
Longueur réelle
311cm
Soie
#2/3
Brins
4
Poids réel
93.00g
Anneaux
12
Premier anneau
36cm
Poignée
28x180mm
Serrage
Downlocking
Talon de combat
Non
PME
145.00g
PTE
238.00g
IP
28
ERN
3.12
AA
70°
CCF
75cpm
Prix à la date de sortie
470.00€
Image
Eric Lelouvier
Texte

L'avis d'Eric Lelouvier, trois fois champion du monde par équipe et vice champion du monde individuel :

"Quand j'ai testé le prototype Tactical Pro 10'3 soie de 2/3, mon premier ressenti a été une impression de légèreté et j'ai de suite apprécié son action progressive qui présageait d'excellentes sensations en nymphe au fil. J'ai principalement testé cette canne avec une soie numéro 2 et une soie spéciale nymphe 0.55 mm de diamètre. La canne est directionnelle, son action progressive mais pas molle permet de lancer des nymphes légères ainsi que des modèles beaucoup plus lourds. La tenue du poisson quelle que soit sa taille est excellente. J'ai pris un immense plaisir à tester cette canne pendant 5 mois, c'est l'outil idéal pour la nymphe au fil comme pour la sèche/nymphe. Elle conviendra également pour la pêche en sèche entre 5 et 15 mètres équipé d'une soie de 2. Dans le compte rendu que j'ai envoyé à Marryat suite au test du prototype, j'ai décrit cette Tactical pro 10'3 soie 2/3 comme une "canne exceptionnelle" pour la pêche en nymphe au fil."

Image
Tactical Pro 10'3 #2/3
Texte

L'avis de la rédaction

Cette 10'3 #2/3 vient compléter la série Tactical Pro en ajoutant une longueur intermédiaire entre la 10' #3/4 et la Pro Nymph 10'6 #3 mais surtout en proposant une puissance inférieure aux modèles déjà existants. En effet, cette vraie #2/3 (comme en attestent nos chiffres) permettra de propulser des nymphes plus légères que les autres modèles de la série (à partir de la taille de bille 2.4mm ou 2mm en pêchant à deux nymphes) et d'être plus efficace sur les poissons de taille modeste. L'action est rapide (proche de celle de la 10'6) et la réactivité est suffisante pour pêcher en sèche et envisager l'alternance. La longueur 10'3 en fait un outil idéal pour la sèche façon eaux rapides et donne un contrôle des dérives supérieur à une 10' classique en nymphe. Niveau montage, la patte d'Eric Lelouvier apporte une vraie cohérence générale : la répartition des anneaux est idéale (notamment la distance du premier à la poignée) et le porte moulinet down-locking génère un confort de pêche indéniable. A ce propos, cette 10'3 #2/3 est dans les lignées des autres Tactical Pro et se classe parmi les références les mieux équilibrées du marché relativement au couple longueur/puissance. Pour conclure, cette canne est donc plus typée nymphe au fil que sa compatriote Tactical HX 10'3 #3/4 ; cette dernière est à plébisciter pour ceux qui recherchent la polyvalence et la possibilité de pêcher en sèche de manière plus classique (avec une soie de 3 ou 4). Ces produits bénéficient de l'excellent SAV Marryat. 

Texte

Liens utiles : 

Le protocole de test des cannes à mouche : ici

Comment choisir sa canne à nymphe : ici

Les cannes Marryat accessibles en ligne :

fusion fly fishing

 

Bénéficiez de 10% de réduction sur le modèle testé en contactant son concepteur Eric Lelouvier au 06.13.22.73.73

Les autres tests Marryat :

Marryat

Rencontre avec Pierre Miramont, le Skues français

Pierre Miramont

Pierre Miramont est l'un des derniers grands personnages de la pêche à la mouche. Auteur de deux livres parmi les plus intéressants parus lors des dernières décennies, il a influencé un grand nombre de pêcheurs et de monteurs de mouches. Le rencontrer est toujours un événement troublant, passer une heure ou deux chez lui, dans son monde si particulier ou tout semble dédié à ce que fût sa vie, génère une atmosphère unique. Si vous êtes pêcheur, rapidement vos certitudes vacillent et de nouvelles inspirations se font jour. Ces sensations sont nettement amplifiées si vous montez vous même vos mouches... C'est accompagné de mon jeune ami Pierre Souyri, proche du vieux maître depuis quelque temps déjà que nous avons retrouvé Monsieur Miramont (88 ans bientôt... et toujours capable de monter un léger imago en 24 au bout des doigts!!! cela mérite d'être mentionné !). Avec ferveur et gentillesse, celui-ci s'est prêté au jeu de l'interview, en exclusivité pour Truites & Cie et nous l'en remercions. 

Texte

Bonjour Monsieur Miramont, pouvez-vous nous dire dans quelles circonstances vous avez débuté la pêche à la mouche?

"Alors.... j'ai débuté très jeune, je devais avoir 6 ou 7 ans avec mes oncles dans le Gatinais à côté de Milly-la-Fôret sur une rivière qui s'appelait l'Ecole où il y avait beaucoup de brochets. Il y avait des truites aussi car l'eau y était très pure... Mes oncles me faisaient voir les gobages, les ronds sur la surface ... et chaque fois ils me disaient "t'as vu le rond?... et bien dessous il y a une truite! C'est elle qui a fait ce rond...". Après j'ai fait une petite canne...enfin j'ai fait, c'est sûrement mes oncles qui me l'avaient faite plutôt ! Avec du catgut et des mouches qu'eux m' avaient mis là... et on a pris une truite et c'est moi qui tenais la canne,... officiellement c'est moi qui tenais la canne (sourire). La première ça a été comme ça.

Après, les vraies pêches, pour de bon, c'était avant le service militaire. J'étais à Cahors, j'allais pêcher une petite rivière qui était le Vers. J'y allais à vélo, avec le vélo de ma mère, il fallait pédaler dans les descentes et il y avait 15km à faire de Cahors à Vers, et je montais à la Carderie sur le Vers. Il y avait des truites... et là j'ai commencé à me douter qu 'il y avait une vie...une vie autre que la vie terrestre, il y avait une vie DANS l'eau.

Il y avait des ponts, qui étaient faits avec des solives de chemin de fer et entre les barres de bois on voyait l'eau dessous. Et là je regardais et je voyais au dessous de moi toujours 2 ou 3 truites qui nageaient entre 2 eaux, je ne les ai jamais oubliées, c'était magnifique à voir. C'est là que j'ai commencé à prendre mes premières truites à la mouche pour de bon. Un jour je me suis trouvé derrière les Cascadelles, à 5 km en amont de Vers, c'est un endroit où il y a un massif de cascades qui tombent dans le Vers. Je pêchais au lancer, et j'attrapais rien du tout sauf quelques branches... et là, j'ai vu moucher devant moi !...il y avait un courant très étroit qui passait dans une forme de rigole, de canelle, c'était étroit comme tout ! ...et ça mouchait là dedans ! J'étais stupéfait ! Il y avait 5 ou 6 truites qui mouchaient !!

Alors j'ai monté ma première canne à mouche avec une pompe à vélo pour faire la poignée...la canne c'était un scion en bambou emmanché d'une seule pièce et j'avais ligaturé de la soie depuis la pompe tout le long de la canne, j'avais 6 ou 7 mètres de soie... Et puis après j'avais fait venir de Manufrance, des bas de ligne et tout ça... j'avais aussi fait quelques mouches déjà parce que je m'étais rendu compte que les mouches qu'on me vendait elles étaient trop chères pour mon porte monnaie...et en plus de ça elles ne me convenaient pas. Déjà je voyais que ce n'était pas ça qu'il fallait ! Donc avec le peu que j'avais lu dans le Chasseur Français ou des petites revues comme ça qui étaient à la portée de ma bourse j'avais fait quelques mouches et j'y suis revenu. Et là, j'avais fait 5 truites de file dans cette canelle ! Alors là j'étais parti hein ! Là je ne connaissais que la mouche !!! (rires)...".

Je suis ensuite monté plus haut, au pont de Guillot. Il y avait un moulin et le fermier ne voulait pas qu'on y pêche. Alors en plein soleil, les gens n'y allaient pas parce que ça ne valait rien, ils pêchaient au ver ou au lancer.

Alors moi j'ai pas fait de bruit, j'y suis allé et j'ai piqué les truites du moulin... j'en ai fait 7 des truites du moulin!! Je m'en rappelle! Et des belles truites hein! Des truites du Vers...une truite de 35cm y était remarquable! Et bonnes comme tout, parce que là c'était la rivière pure par excellence...et après voilà, ça c'est mon premier souvenir de vraie pêche à la mouche. Et après il y eu la vie...

Image
Pierre Miramont
Texte

Au cours de toutes ces années passées au bord de l'eau, avez-vous constaté des évolutions écologiques et comment les avez-vous apprehendées?

"La rivière est un milieu vivant... et donc sensible, qui reçoit le positif comme le négatif. Je vois qu'il y a des années avec plus d'éphémères que d'autres...maintenant pour être honnête, il y a des années ou j'ai été plus à la pêche que d'autres, alors c'est difficile d'être parfaitement intègre dans ce domaine. Il me semble que pour la qualité des eaux, ce sont les écrevisses qui nous la donnent. Là où les écrevisses sauvages (la vraie écrevisse française) résiste c'est que l'eau n'a pas varié. Pour le reste, la pêche elle est ce que les pêcheurs en font...là où il y a beaucoup de prédation, la truite se refait mais les gènes ne sont pas les mêmes. Il faut des rivières qui ne sont pas trop visitées pour dire qu'on conserve la vraie souche, pure, d'antan."

Que pensez-vous du thème actuel, à propos du réchauffement climatique?

"Quand on étudie l'histoire ancienne... et l'histoire c'est du présent qui se renouvelle...il y eu comme ça des coups de chaleur et des coups de froid dans le passé. Il y a des gens qui parleront de ça beaucoup mieux que moi, je ne suis pas compétent en la matière. Pour le moment il y a des pics de chaleur, oui... J'ai lu pas mal d'ouvrages sérieux sur la cosmogonie, et si je devais croire les oracles il semblerait que d'après des études astronomiques très sérieuses nous soyons à la fin d'un cycle... mais je n'ai pas les compétences pour développer davantage sur ce sujet. Oui le réchauffement on le sent, on le subit, mais pour revenir à la pêche, tant que les poissons ont de l'eau sous le ventre la pêche doit être ouverte mais sitôt que l'eau devient très fine et très basse on devrait fermer la pêche pour sauvegarder le poisson."

Image
Pierre Miramont
Texte

M. Miramont, vous êtes un personnage culte dans le monde du montage de mouches, quelle est votre vision, votre philosophie à ce sujet?

"Alors je pense que beaucoup de gens font leurs mouches et je leur dis bravo car c'est une part de rêve qu'ils recherchent au bout d'un étau, et de ce point de vue là c'est très valable.

Avant on était davantage avec le regard du peintre. C'est à dire qu'on était des paysagistes, on était des impressionnistes, on était des pointillistes...et ce qu'on voyait rouge on n'allait pas le reproduire bleu, et on essayait de faire comme ça... c'est un peu ma façon de voir mais j'ai quand même évolué et je pense que le montage des mouches est beaucoup plus finaud qu'on ne le croit et que les truites réagissent à des "symptômes", à des réflexes conditionnés qui nous échappent. Pour parler crûement je pense qu'elles sont sensibles aux ultra-violets et aux longueurs d'ondes. Et qu'elles "sentent" les mouches par rapport à la couleur qu'elles dégagent et par rapport à la "chaleur" des couleurs qu'elles dégagent... Et j'ai pû en faire la démonstration car je ne cherche pas le rendement, je cherche à comprendre... Je vois qu'il y a certaines couleurs, à un degré près (car je connais très, très bien la couleur, j'ai eu de bons professeurs aux Beaux- Arts, je ne suis pas nul la dedans !) de violet dans un "rouge" on arrive facilement à un magenta qui n'est pas du tout "le truc", mais qui se rapproche de certains imagos d'ecdyonurus ou même de march brown. Les truites sont sensibles à ça... J'aimerais bien que tous les pêcheurs fassent leurs mouches.. même si elles sont moches... ils ont fait leurs mouches !!".

Tiens ça va plaire à beaucoup ça !!! (Rires)

"Moi, pour le montage des mouches, je suis très strict dans le respect de la nature. C'est à dire que les éphémères sont des hémimétaboles qui ont plusieurs "successions" en tant que nymphes et qui ont deux formes aériennes en tant qu'adultes : elles ont le subimago et l'imago, tout le monde connaît ça.

Sauf que ce qu'on ne dit pas assez par exemple, c'est que l'impression rétinienne du subimago en vol ressemble à du papier à cigarette coloré. Et moi je me suis tout le temps attaché à essayer de reproduire cette impression... alors ce sera toujours une reproduction, une caricature... mais une caricature n'est pas une insulte, c'est au contraire un compliment en peinture parce qu’en quatre coups de crayon on reconnaît "l'objet" !!

Plus l'insecte va vers la mort, plus le corps"noircit" et pendant longtemps, je montais mes mouches au bord de l'eau selon "l'état" des insectes rencontrés.

Pour conclure sur cette question je dirais que je suis partisan de la mouche qui ressemble "à quelque chose", mais je ne peux pas nier que des mouches qui ne ressemblent à rien n'aient jamais pris de truites... par conséquent : laissez moi mon rêve...et je vous laisse le vôtre...".

Image
Pierre Miramont
Texte

La question qui suit est un complément de la précédente en fait car de mon point de vue vous êtes un styliste dans l'art de monter des mouches... vous considérez vous comme tel ?... Comme quelqu'un qui a cassé les codes?

"Disons que moi je m'attache aux racines, le plaisir de la pêche nous venant des anciens, j'essaye de respecter leur style et leurs adages... avec un filet on peut prendre des truites... et manger des truites, si c'est ça que l'on veut, mais on ne va pas bien loin !

Au niveau "confection", on fait des choses très belles, mais il faut voir les mouches qui sont le plus à même d'être acceptées par le poisson et ça ça dépasse le cadre de la simple (aussi belle soit-elle) "confection"... Respectez la nature et la nature vous le rend! J'ai fait une mouche qui ressemblait à un Sherry Spinner parce quand je la mettais sur une glace de poche en plein soleil avec la mouche posée dessus et que je mettais l'insecte "vrai" à coté, la réfraction dans la glace était la même... donc dans ma petite tête j'ai pensé qu'il en était de même pour la truite ! Et avec ça il m'est arrivé, une fois, sur le Tarnon (c'est loin ça !!!) de prendre 63 truites de file avec la même mouche sans la sortir du bas de ligne! ... ça veut dire que la mouche était bien prise pour "quelque chose" et non pas pour une fioriture! ...Maintenant, si cela vous fait plaisir de le faire avec des plumes bleues et tout ce qui s'en suit cela vous regarde... j'ai énormément étudié une nymphe, celle d'ignita, qui saigne lorsqu'elle éclot, c'est une nymphe qui fait 8mm avec les cerques, elle est petite, je faisais ça au bout des doigts sur des hameçons de 16... 18.

Pour me faciliter la tâche, un pêcheur très connu dont je tairais le nom m'avait envoyé des plumes d'ibis (NDLR : pour figurer ce saignement, Pierre Miramont utilisait une plumette située sur la tête d'un pic-vert mâle) en me disant : "Tu mettras une barre de plumes d'ibis, comme ça tu t'emmerderas moins et tu auras le même résultat..."...Oui, mais pas dans ma tête."

Image
Pierre Miramont
Texte

A travers votre oeuvre, on devine une faiblesse toute particulière pour la mouche noyée, pouvez-vous nous en dire plus ?

"Oui, j'adore la mouche noyée. Le poisson voit les mouches et les larves qui sont sa nourriture journalière et annuelle... il n'y a pas que les éphémères : il y a tout ce qui vit dans l'eau ! Tout cela fait partie du biotope et de la biocénose du poisson et donc il est habitué à manger sous l'eau. Les larves d'éphémères circulent sous l'eau et sont facilement appréhendées par tous les poissons et même par d'autres larves. Et lorsqu'elles sont écloses et adultes elle deviennent des "mouches" qui font le plaisir des pêcheurs à la mouche (NDLR : mouche sèche)... j'aime énormément la mouche noyée qui est beaucoup plus difficile que la pêche à la mouche sèche car là on ne voit rien et à la moindre faute le poisson fait demi-tour. Pour celui qui aime le rapport, c'est la pêche qui rapporte le plus... Mais à condition d'être dans de bonnes mains ! Parce que vous pouvez être capot au milieu de beaucoup de truites dans la pêche en noyée.

Le pêcheur au fouet c'est un homme qui ne devrait jamais râler parce qu'il devrait être heureux : il a les pieds dans l'eau donc il peut pêcher à la mouche noyée... il a la tête au soleil et il peut pêcher en mouche sèche. Il est toujours en prise directe avec l'eau et donc il faut qu'il comprenne bien que l'un ne va pas sans l'autre. Il pourra pêcher en mouche noyée les deux tiers de la journée alors que parfois une heure en sèche sera l'unique consolation qu'il aura de la journée. Il faut qu'il arrive à réfléchir...: ce qui n'est pas évident !...qu'il apprenne à voir ...ce qui est encore beaucoup plus dur car les gens croient voir mais ne font en fait que percevoir...ils ne voient pas réellement. Rien au bord de la rivière ne doit vous échapper, rien, rien, rien... la moindre vague, qui n'est pas à sa place elle a une origine... trouvez l'origine et je vous dirais qui l'a faite !!! (Rires)

C'est souvent à ce moment là que la pêche à la mouche noyée prend tout son sens : les poissons sont entre deux eaux, ils chassent, ils ne viennent pas en surface...il peut y avoir des mouches en surface, ils les ignorent souvent. La plus belle de toutes les pêches (NDLR : en noyée), qui est pour moi la seule valable, c'est celle qui se pratique en remontant, très difficile à faire, on pêche court, mais là : une touche ...une truite !!!

Les mouches sont aussi fines à faire, bien que plus grosses, qu'en sèche. C'est la qualité de la plume qui fait la qualité de la mouche. On prend des truites en mouche noyée avec des plumes molles, ça arrive... mais on en prend davantage avec des mouches avec des plumes raides montées à l'espagnole. La mouche noyée montée avec des fibres de plumes de coq limousins, "bien prises", "bien traitées" est sans égale et elle permet de pêcher toute la journée intelligemment...Et on pêche pas vite hein, faut pas croire. Un bon pêcheur peut pêcher 100 mètres de rivière et refaire jusqu'à trois fois le parcours dans la même journée et avoir des touches même au troisième passage...on passe tout le temps à côté d'un poisson qu'on a manqué."

Image
Pierre Miramont
Texte

Vous êtes un expert en plumes de coq notamment, comment choisir un bon hackle ?

"Des plumes, j'en ai encore 700 ou 800 000 ici sur place... il y a de tout. Tout à l'heure je vous ai dis que je partais de "l'impression rétinienne": les subimagos nécessitent des plumes molles, c'est un fait. Faire une mouche qui se veut être un imago d'ecdyonurus, d'un cloeon ou d'un épéorus avec une plume molle c'est absolument ridicule! Il faut de la bonne plume, ça c'est sur...et la bonne plume n'est pas courante. Elle tient sur des coqs de pêche lorsqu'ils sont assez vieux et plumés de préférence en automne... on peut avoir des plumes qui tournent au gris-doré. Si on plume, sur une plumée d'automne en gris-franc la plume va tourner en gris-doré si on la laisse au soleil dans une pochette en plastique...ça c'est une astuce !!! Je préfère une bonne plume retaillée... et j'irais même plus loin une bonne plume bien teinte, qu'une mauvaise plume naturelle."

J'observe que vous retaillez presque toutes vos mouches quand même?

"Non...mais j'aime bien pour les imitations d’imagos parce que comme ça elles prennent la lumière jusqu'en haut des ailes...quand c'est trop fin ça ne me va pas. Le fait de couper, ça casse les angles et ça permet de mieux faire passer la lumière. On peut avoir aussi des plumes de pelles, qui sont très bonnes...pas que sur les grandes pelles !! Mais vous pouvez avoir des plumes de pelles qui sont courtes, qui ont des fibres courtes qui sont raides... le principal c'est de savoir bien la monter. Tout est là."

Image
Pierre Miramont
Texte

Quelles furent les rivières que vous avez préféré fréquenter et pourquoi?

"Pour la vraie pêche à la mouche comme l'entendaient Charles Ritz et Tony Burnand (avec qui j'ai pêché), comme Joel Combrets et tout ça, qui étaient de grands pêcheurs à la mouche, j'aimais bien la "grande rivière" parce qu’elle a tous les faciès. Pour apprendre les faciès, rien de tel que Léon Foch. "Avec Dame truite", quand vous avez lu ça, vous connaissez les rivières pour le restant de vos jours...et même certainement la pèche aussi. Foch connaissait bien les rivières et j'ai pêché avec lui aussi. C'était des rivières qui étaient plus étroites avec beaucoup de rochers dedans... et convenaient mieux à mon style de mentalité. J'ai beaucoup aimé le Ger, ... le Job - qui était très difficile à pêcher - , j'ai pêché aussi le Garbet qui était assez difficile aussi... , l'Alet qui n'est pas des plus faciles... mais qui sont déjà au point de vue mouche plus faciles. Les rivières du Massif Central sont beaucoup plus difficiles à pêcher à la mouche que les rivières des Pyrénées, là il n'est pas question de faire de la technique, il est question de poser sa mouche juste du premier coup et au bon endroit !"

Image
Garbet
Légende
Le Garbet en Ariège, cité par P.Miramont
Texte

Parmi tous vos souvenirs, pourriez vous pour Truites & Cie nous faire revivre l'un d'entre eux qui vous aurait particulièrement touché ?

"Et bien l'un d'entre eux, c'est le jour où j'ai fait cette remarque à propos de l'Oligoneuriella Rhenana. J'étais en dessous du pont d’Héchettes, sur la Neste...le gouffre est profond et il est long. Il était 11h du soir, il faisait nuit...J'avais un beau ciel au dessus de moi, mais je ne voyais plus la berge. Et là, je m'attardais avec le reflet à ramasser des femelles qui étaient en train de pondre. Et c'est comme ça que j'ai pu me rendre compte que c'était vraiment tout l'abdomen qui était en réalité un paquet d'oeufs orange...

Ce sont des mouches du mois d'août, du coup du soir de la deuxième quinzaine du mois d'août et même parfois un peu septembre... Ce sont des grosses mouches qui, contrairement à ce qu'on a tout le temps lu..et je dis bien LU,...et par conséquent écrit, n'ont pas que la pointe de l'abdomen orange. Quand on le regarde de prés, c'est tout l'habitacle, tout le ventre qui devient le sanctuaire des oeufs...orange ! Et ces oeufs, elles les pondent exactement comme la Polymitarcis Virgo, la manne que l'on voit au mois de juillet sous les lampadaires là où il y a encore des grandes rivières, on les voit voler le soir....la Manne on l'appelle. Le vieux nom c'était la Polymitarcis Virgo, je crois que son nom actuel est l'Ephoron Virgo...

Je vous ferais voir des études que j'ai fait dessus ; j'ai fait analyser le paquet d'oeufs...Les oeufs sont englués dans une "huile" qui est très fluide. J'ai fait analyser cette huile par un copain chercheur à l'hôpital. Il résulte que cette huile a les mêmes propriétés que les ions en électronique, c'est à dire que les oeufs se repoussent les uns les autres, l'huile "repousse" un oeuf par rapport à un autre. Partant de ce principe: UN oeuf ne colonise qu'UN caillou donc il y a répartition de l'espèce dans l'espace.

Par la suite, moi j'ai arrêté d'y pêcher car j'habitais trop loin, mais j'ai fait quelques mouches pour des amis pêcheurs qui eux fréquentaient assidûment cette rivière et alors là le rendement était du simple au double !!...Facile !"

Image
Pierre Miramont
Texte

Vous avez beaucoup écrit sur la pêche à la nymphe, la pêche à la nymphe telle que la concevait Skues et telle que je la conçois d'ailleurs moi-même, mais vous savez que maintenant dans l'esprit des pêcheurs quand ils parlent de la pêche à la nymphe ils ne parlent pas du tout de la même chose... vous le savez ?

"Oui... c'est pour ça que j'ai abandonné la pêche... Parce que j'ai rencontré des branquignols qui ne savaient même plus ce qu'était un éphémère... ils ne savaient même pas qu'il pouvait y avoir une pêche "à la mouche" !!!"

De votre point de vue, ce n'est pas une évolution...mais un dévoiement alors?

"C'est clairement un dévoiement" (NDLR: no comment)

Si vous aviez un message à délivrer aux nouveaux arrivants dans le monde de la pêche à la mouche, quel serait-il?

"Tout évolue... l'être humain aussi...pas tout le temps en bien. Et la pêche aussi ...pas tout le temps en bien !

La pêche somme toute, c'est le plaisir du poisson (Rires), le pêcheur n'est là que pour le lui procurer. Partant de là, ça dépend de la mentalité de celui qui tient la canne... On peut aller au bord de l'eau pour prendre du poisson; il vaut mieux à ce moment là aller chez le poissonnier car c'est beaucoup plus sur et beaucoup moins cher ! On peut aller au bord de l'eau pour trouver le calme, les rêves et tout ça et là je dis bravo. Comme le corps humain est majoritairement composé d'eau, on n'est pas étranger à ce domaine...si c'est pour ce plaisir et bien tant mieux! Je reconnais que nous nous avons connu une époque qui par rapport à maintenant était bien supérieure. Il y avait du poisson, il y avait moins de pêcheurs...et les pêcheurs qu'il y avait étaient des pêcheurs qui savaient pêcher, tandis que maintenant on tombe sur des groupes qui pataugent, qui n'ont pas compris, qui gueulent... qui n'ont pas compris que la pêche, c'est comme l'amour, c'est comme la politique ... pour bien la faire cela se fait dans le déduit."

Et pour conclure donc : "Primum Non Nocere"

 

Avec l'aimable participation de Pierre Souyri

Image
Pierre Miramont
Texte

Infos utiles : 

Pierre Miramont est auteur de 2 livres :

  • "La pêche aux nymphes, mouches et plumes" paru en 1984 aux éditions Ouest France.
  • "L'éphémère et la truite" paru en 2002 aux éditions Gerfaut.
Pierre Miramont

 

Stratégies aux leurres pour truites éduquées ou l’éloge du contraire

pêche truite leurres

Essayer de répondre à une telle gageure me semble un exercice pour le moins scabreux tant l’empirisme et l’humilité doivent prévaloir dès qu’il s’agit d’échafauder une stratégie visant à déclencher l’attaque de poissons prétendument éduqués. En effet, l’exercice de la pêche aux leurres devient de plus en plus compliqué au fur et à mesure que cette discipline est pratiquée par un nombre croissant de praticiens.  A ce constat, il convient d’ajouter l’état de peuplement souvent médiocre de nos rivières qui ne favorise pas la compétition entre les individus et voit les pêcheurs se concentrer sur des zones restreintes. Enfin, le passage répété d’un leurre sur les parcours les plus fréquentés de notre hexagone permet d’observer des comportements atypiques, que l’on pourrait presque qualifier de « paranoïaques », chez les truites quand la fréquentation de la rivière devient excessive. Voici quelques pistes pour s'adapter :

Texte

Quand on est confronté à ce type de situation, il peut quelquefois être intéressant de modifier son approche de la pêche, voire de changer totalement de stratégie quand plus rien de semble fonctionner sur un parcours que l’on pensait pourtant bien connaître. Plusieurs cas de figure peuvent ainsi s’offrir à nous, sachant que les propositions qui suivent sont tout à la fois interchangeables, étroitement imbriquées entre elles et totalement opposables dès lors qu’il s’agit de mettre en oeuvre un nouveau « pattern » s’adossant à une approche nécessairement empirique.

Les effets des signaux vibratoires puissants

Si nous savons que les truites sont particulièrement sensibles et réactives aux signaux vibratoires, un excès de stimuli peut provoquer l’effet inverse et rendre les poissons méfiants et craintifs dès que le rythme des sollicitations devient effréné comme nous pouvons l’observer sur certains parcours urbains ou proches des agglomérations. Les parcours no-kill et les Area illustrent bien les effets d’une trop grande fréquentation sur l’activité et les réactions des poissons, notamment quand une seule technique est pratiquée. A ce titre, la pêche aux leurres accentue les effets induits par le phénomène d’accoutumance. En rivière, il est également permis d’observer l’adaptabilité des truites qui se « calent » ou prennent la fuite dès qu’un leurre traverse la zone où elles se tiennent pour s’alimenter ou le suivent sur de longues distances sans l’attaquer. On constate d’autant plus facilement ce type de comportement quand des leurres émettant de fortes vibrations (grosses cuillers tournantes et autres gros leurres durs animés sèchement en jerking) sont régulièrement employés.

A la fin des années 70, les pêcheurs de l’époque qui n’étaient pas adeptes de l’ultra-léger, ont commencé à éprouver les pires difficultés pour capturer quelques truites alors que la décennie précédente les avaient confortés dans leur choix de présenter des cuillers tournantes de taille respectable (supérieures à la n°2) avec des chances avérées et des succès réguliers. Par conséquent, le pêcheur s’est trouvé dans l’obligation de s’adapter et d’affiner sa technique à l’extrême en employant notamment de minuscules cuillers tournantes (n°0 à 00). Il semblerait que « l’histoire » semble se répéter et que nous nous trouvions confrontés aux mêmes maux contre lesquels il faudrait utiliser les mêmes remèdes.

Image
pêche truite
Légende
Même les poissons de pisciculture deviennent méfiants en cas de sollicitation extrême
Texte

La remise en question, votre meilleure arme

Malheureusement, des contre-exemples viennent régulièrement s’opposer à la théorie selon laquelle il suffirait d’affiner simplement notre technique pour garantir un succès annoncé...

Sur une rivière auvergnate que je fréquentais assidûment, la trop grande sollicitation des truites qui y vivaient m’avait logiquement conduit à employer des leurres ultra-légers en dehors des périodes de crue. Aussi, j’avais pris l’habitude de limiter mes animations à leur plus simple expression, tandis que mes leurres étaient systématiquement sélectionnés parmi les plus légers et dans les plus petites tailles de mes boîtes. Je prenais ainsi régulièrement du poisson jusqu’au jour où la rivière ne « s’ouvrit pas » malgré mes présentations discrètes et l’emploi de fines pointes en fluorocarbone. J’en étais là de mes ruminations, interrogations et autres supputations quand un pêcheur aux leurres, surgi au détour d’un bois et exalté par un sentiment de satisfaction encore perceptible, me narra dans le menu la session miraculeuse qu’il venait de faire sous un soleil de plomb qui avait envahi la totalité du lit du cours d’eau et sous une chaleur suffocante. Et, chose curieuse, il avait déclenché de nombreuses attaques en animant très sèchement un minnow de taille assez respectable. Dans un premier temps, je pris ce disciple de Saint-Pierre pour un affabulateur, mais comment résister à l’envie de vérifier ses dires ? Je pris par conséquent la décision de peigner une nouvelle fois le secteur que je venais de prospecter sans succès quelques minutes auparavant. Appliquant à la lettre les recommandations de cet illustre inconnu, j’allais très rapidement me rendre compte que les truites réagissaient extrêmement violemment aux animations sèches, voire brutales, qui m’avaient été décrites alors que, quelques minutes auparavant, elles avaient totalement méprisé mes leurres animés de façon minimaliste. Et les poissons se tenaient bel et bien dans les zones qui m’avaient été indiquées par ce bon samaritain…

Cet exemple illustre bien le risque de pêcher avec trop de certitudes dans sa zone de confort, et démontre qu’il ne faut pas hésiter à prendre le contre-pied des théories les plus solidement ancrées au risque de passer à côté de l’essentiel.

Image
pêche truite leurre
Légende
Quand rien ne va, défier la logique peut conduire au succès !
Texte

Des vibrations au stimuli olfactif...

L’engouement suscité autour des poissons nageurs est en partie à l’origine du regain de la pêche de la truite aux leurres au cours de la dernière décennie. L’usage régulier qui en a été fait participe malheureusement à l’éducation des poissons qui croisent fréquemment « le chemin » de ces petites merveilles de technologie aux qualités vibratoires et sonores indéniables et reconnues. Sur certaines rivières françaises, les truites finissent par se méfier de ces leurres aux forts signaux - sachant que l’exemple mentionné supra pourrait démontrer le contraire ! - quand leur emploi est trop systématique et fréquent.

Afin de contrer cet effet d’accoutumance, il peut être intéressant de proposer une alternative : celle des leurres souples (LS). Ils proposent des signaux vibratoires souvent « plus doux » conjugués à un stimulus olfactif qui permet souvent de forcer la décision. Je suis personnellement convaincu de l’intérêt apporté par les attractants quand il s’agit de tromper la vigilance de poissons éduqués.

Plusieurs techniques sont au service du pêcheur de truite aux leurres, que ce dernier emploi des LS en forme de teigne ou d’insecte aquatique sur des montages minimalistes (cas de la pêche alimentaire), un worm (ver) ou des imitations de petits minnows. Il existe nécessairement une formule permettant d’adapter notre pêche aux conditions hydriques rencontrées et à l’humeur des poissons.

Sur les secteurs les plus fréquentés, les poissons finissent quand même par se méfier de ces subterfuges. J’ai encore en mémoire le comportement de truites qui prenaient mes micro-leurres souples du bout des lèvres sans jamais se piquer à l’hameçon simple. Une belle truite avait même dévalé au rythme du courant, la veine d’eau dans laquelle elle se tenait, sans que je me rende compte assez tôt qu’elle se laissait emporter en tenant mon leurre entre ses mâchoires. C’est dans cette rivière que j’ai par ailleurs observé les comportements les plus atypiques en raison de la sur-fréquentation des lieux. Les truites se décrochaient avec une facilité déconcertante puis continuaient à sauter en dehors de l’eau alors qu’elles étaient déjà libérées de l’hameçon simple sans ardillon que j’utilisais. J’ai également pu observer un banc d’une dizaine de belles truites, comparable à un regroupement de chevesnes, postées sous les frondaisons sans la moindre réaction à la présentation d’un leurre (ou d’une mouche artificielle) ni fuir devant la présence d’un pêcheur...

Image
pêche truite leurres
Légende
Le leurre souple : une bonne alternative au poisson nageur !
Image
pêche truite leurre
Texte

Alternance des parcours et de l'approche

Si la variation des techniques et des animations est susceptible de nous « ouvrir » une fenêtre de réaction utilement exploitable, l’attitude et le comportement du pêcheur peuvent également être à l’origine de petites déconvenues. En effet, nous développons tous, plus ou moins, un tropisme nous conduisant irrésistiblement vers les mêmes rivières et à fréquenter les mêmes parcours pour des raisons qui ne s’expliquent pas. Face à des truites très éduquées, il peut être intéressant de délaisser certains secteurs afin de permettre aux poissons de retrouver un peu de sérénité car une sur-fréquentation peut rapidement devenir contre-productive.

Il en va de même de la façon d’aborder un coup. L’habitude faisant, nous aurions tendance à nous approcher des différents secteurs en empruntant les mêmes itinéraires et chemins d’accès le long de la berge, mais aussi à prospecter à partir des mêmes points « d’attaque ». Un changement de berge ou d’angle d’attaque peut influer sur le résultat de notre pêche quand notre « pattern » devient trop répétitif et prévisible. Il peut par conséquent être intéressant de sortir de sa zone de confort. Nous avons tous en mémoire l’histoire d’un pêcheur néophyte qui, par méconnaissance et/ou par instinct, va aborder un coup de façon inhabituelle et déclencher l’attaque d’un beau poisson.

Les méfaits de la prospection en wadding doit également nous interroger sur la pertinence d’un emploi généralisé, indépendamment des dégâts que peut générer son usage. D’une manière générale, quand la progression en marchant dans l’eau n’est pas indispensable, il serait plutôt conseillé de pêcher depuis la berge afin de ne pas provoquer d’ondes ni de chocs contre les obstacles immergés (pierres notamment). Bien entendu, nous trouverons toujours un contre-exemple…

Image
pêche truite leurres
Légende
Face à des truites matraquées, innovez dans l'approche et le placement !
Texte

Les effets du cisaillement ?

Enfin, nous pourrions aborder les effets indésirables du cisaillement provoqué par la ligne lors des différentes animations, mais également induits par la pression irrégulière exercée par le courant. Si vous le souhaitez, nous pourrions parler de cet aspect à l’occasion d’un article spécifique !

Les quelques remarques qui ont été livrées à votre sagacité n’engage que son auteur, et si vous vous trouvez confrontés à une situation telle qu’aucune truite ne réagit à l’animation appliquée de vos leurres, alors n’hésitez pas une seule seconde... faites tout le contraire de ce que je vous ai dit !

Au plaisir de vous rencontrer au bord de l’eau !

Image
pêche truite leurre
S'abonner à S'abonner à S'abonner à S'abonner à S'abonner à S'abonner à