Notre consultant Eric Lelouvier a collaboré avec l'entreprise française Marryat pour nous proposer deux nouveautés en ce début d'année 2020 : une Tactical HX 10'3 #3/4 et une Tactical Pro 10'3 #2/3 dont nous vous reparlerons en février. Voici les caractéristiques techniques de la première citée avec le commentaire d'Eric en fin d'article :
Test statique :
La gamme Tactical HX lancée en 2019 et déjà présentée dans nos colonnes s'enrichit d'un nouveau modèle plus long en 2020. Pour cette série HX, c'est la couleur brun qui est mise à l'honneur, dans une nuance assez discrète au niveau du blank mat. La couleur des ligatures est d'un brun cuivré assez original. Cette 10'3 présente un premier anneau SIC suivi de 11 monopattes. La poignée cigare (plus longue que celle des Tactical Pro) surmonte un porte moulinet down-locking possédant un insert en bois vert. Chaque Tactical HX est numérotée et vous sera livrée avec un scion supplémentaire, dans un boitier noir en alu (que l'on peut ouvrir à chaque extrémité) dont la contenance importante permet d'y loger deux autres cannes.
Mesures :
Le protocole Common Cents System a permis de caractériser l'action, la puissance et la réactivité de cette canne :
En ce qui concerne la puissance, 35 cents ont été nécessaires pour plier la canne sur un tiers de sa longueur, ce qui donne après conversion un ERN à 4.16. Il classe donc la puissance de la canne comme une soie 3/4, exactement celle annoncée par le fabricant. Avec un AA de 66°, l'action de la canne est moderate fast (63 < AA < 66°). La fréquence à 77 est importante compte tenu de la longueur/action de ce modèle et montre sa grande capacité de pêche en sèche. Avec un PTE de 250gr, l'équilibre de la canne est excellent compte tenu de la longueur/puissance.
La distance de 41cm entre la poignée et le premier anneau est optimale et compatible avec une pêche d'alternance tantôt en sèche, tantôt en nymphe au fil. La poignée est comme d'habitude chez Marryat, relativement épaisse.
L'avis d'Eric Lelouvier, trois fois champion du monde par équipe et vice champion du monde individuel :
"L'impression immédiate qui se dégage à la première prise en main de la canne : l'action mélange judicieusement puissance et douceur. Que ce soit en sèche ,en nymphe au fil ou en sèche/nymphe, la canne est très polyvalente. En nymphe, elle lancera avec aisance aussi bien des nymphes de 2,8 mm que des enclumes d'1gr. Pour la sèche, la canne sera idéale pour pêcher des moyennes et grandes rivières avec une soie de 3 ou 4, parfaitement adaptée pour lancer entre 5 et 15m. La tenue du poisson est excellente que ce soit sur des poissons de tailles modestes ou des plus gros. La canne plie régulièrement durant les combats. Je recommanderai la Tactical HX 10'3 #3/4 aux pêcheurs qui recherchent une référence polyvalente pour passer d'une technique à l'autre sans changer de canne."
L'avis de la rédaction :
Il est très intéressant de remarquer que l'action, la puissance réelle et la réactivité de cette Tactical HX 10'3 #3/4 sont très proches de celles de la Tactical Pro 10' #3/4, modèle qui a connu un vif succès chez Marryat depuis quelques années. Les différences entre ces deux références se situent essentiellement au niveau de la longueur (avis à ceux qui rechercheraient une canne équivalente à la Tactical Pro 10' #3/4, avec quelques centimètres en plus), du look et des accessoires propres à la gamme HX (scion supplémentaire, boîte de transport...etc). Les caractéristiques des produits Marryat que nous testons depuis le début de Truites & Cie sont retrouvées dans ce test : conformité des données fournisseur et excellent confort de pêche du produit. L'action de cette Tactical HX 10'3 est un peu moins rapide que celle de la 10' testée ici mais sa réactivité est supérieure (fréquence à 77 pour cette 10'3). Elle ravira les adeptes des actions moderate fast et des cannes longues pour la pêche en sèche. Nous la conseillerons évidemment en premier lieu pour la nymphe au fil, avec des billes à partir de 2.8mm. En sèche, une soie de 3 ou 4 est utilisable selon votre style de lancer. Ce produit bénéficie de l'excellent SAV Marryat.
Nous voici déjà à la fin de notre périple lozérien. La semaine initiée en vallée du Lot se termine à l'extrême nord du département, en Margeride. Christian Guimonnet qui a rejoint l'aventure la veille sur les bords de l'Allier, m'accompagne lors de cette ultime journée, ravi de retrouver une rivière chère à son coeur de baroudeur : le Bès.
Pour ce dernier réveil à bord du van, le lac de Charpal et son ambiance très canadienne annoncent une journée sous les meilleurs auspices. Le programme de Sébastien Cabane est dans la lignée de celui des jours précédents : intense et bien senti. Aurélien Perez, notre guide du jour, nous a donné rendez-vous à Nasbinals, rustique bourgade de l'Aubrac lozérien ayant conservé un certain caractère. Il souhaite nous faire découvrir la technique du Tenkara, sa spécialité. Aurélien ne s'est pas improvisé instructeur Tenkara en un claquement de doigts, il s'est personnellement rendu au Japon pour se former auprès des maîtres de la discipline. Ainsi, celui qui souhaite bénéficier de cette expérience se verra muni de la panoplie complète originale comprenant l'épuisette traditionnelle, les lignes et les mouches noyées spécifiques. Au delà de l'aspect technique, Aurélien vous apprendra la philosophie et l'esprit ludique qui caractérisent cette approche.
Au sortir de ce printemps humide, la Nature exubérante sublime les plateaux de l'Aubrac. Pour moi qui découvre littéralement cette région salmonicole, je suis d'emblée conquis.
Le Bès, notre principal objectif du jour, est une rivière de plateau assez caillouteuse dans sa partie amont, typique de l'Aubrac. Les eaux couleur thé coulent sur un substrat très glissant (feutre obligatoire pour l'adepte du wading). Dans ce milieu acide, la croissance des truites est plutôt faible et la majorité des prises se situent entre 20 et 25 cm. Ces poissons sont très typés, plutôt fusiformes, très sombres, et fortement ponctués de noir. Nul doute que ce genre de milieu hostile ne laisse pas trop de chances aux poissons exogènes génétiquement inadaptés. En effet, en été, la rivière chauffe énormément et le développement d'une flore aquatique dense lui donne des allures bien éloignées de la rivière à truites conventionnelle. C'est en tout cas la description que m'en ont faite les différents guides de la Compagnie. Pourtant, les truites du Bès sont toujours de qualité et en nombre selon Christian, qui a déjà traîné ses waders dans le coin. Nous le vérifierons à nouveau bientôt.
Comme prévu je débute au Tenkara. Cette technique "sans moulinet" est parfaitement adaptée aux eaux du Bès printanier qui autorise une faible distance d'attaque des truites. En effet, cette déclinaison de la mouche est une pêche courte et rapide. L'acquisition de la précision nécessite un temps d'adaptation, mais une fois cette étape franchie, les coups de ligne s'enchaînent de façon fluide. Malheureusement, les truites du Bès ne me permettront pas de faire plier la canne spécifique prêtée par Aurélien pour l'occasion.
Lorsque je retrouve Christian peu avant le déjeuner, je constate que mon ami n'a pas brillé non plus, malgré des tentatives diverses et variées. A midi, c'est le capot généralisé pour l'ensemble de l'équipe ! Logiquement, on s'oriente vers la case repas traditionnel en buron d'Aubrac, comme prévu sur le road-book. Le lieu choisi se situe dans un cadre splendide, au bord du lac de Born. Au menu : aligot et faux filet de vache locale race Aubrac. Je vous le confesse sans tarder, j'ai dégusté dans ce buron le meilleur faux filet que j'ai eu la chance de croiser dans ma vie. Une espèce de viande cosmique qui fond dans la bouche comme un sucre et vous laisse un puissant goût de reviens-y. Le genre de plat qui ferait flancher n'importe quel militant végan des plus obtus.
En début d'après-midi, l'ambiance est carrément chaude à 1000m d'altitude. Comme à l'accoutumée, les truites lozériennes passent à table à ce moment de la journée. Moi qui rêvais secrètement d'une dernière joute à l'ecdyo, je décide de forcer le destin en sèche mais cette tentative restera vaine, alors que Christian enchaîne les poissons enfin réveillés en nymphe. Je le sens très heureux de vérifier qu'ils sont toujours là, et à son goût : plein de caractère et de vigueur.
Nous abandonnons presque à regret les truites du Bès en fin d'après midi. Un ultime coup du soir est prévu sur la Truyère, en compagnie de Damien Rochefort, avec qui nous aurons l'honneur de clore cette semaine de pêche. Nous le retrouvons devant sa boutique Aubrac Randonnée à Aumont d'Aubrac. Nous faisons alors connaissance avec ce charmant personnage, qui propose des guidages en nord Lozère sur les rivières du coin (Truyère, Rimeize et Bès) mais également en Finlande, lors de séjours pêche atypiques en canoë.
Vers Saint Alban, la Truyère présente un profil assez singulier : les eaux sont proches de celles du Bès mais le calibre de la rivière est bien plus important. Large d'une vingtaine de mètres, la Truyère possède une profondeur très variable, qu'il n'est pas évident d'appréhender dans ses eaux naturellement teintées. De longues sections de radiers à la granulométrie plutôt faible sont entrecoupées de plats parsemés de gobages pour l'occasion. Le court linéaire parcouru durant ces 2h de pêche nous aura quand même permis d'apprécier la diversité des postes qui se succèdent.
Pour ce coup du soir, et pour parfaire ma résolution du jour de pêcher absolument à l'envers, je me mets en nymphe au fil pendant que Christian fera goûter ses fameuses mouches sèches aux truites locales, bien attablées en surface. Un très beau poisson d'une trentaine de centimètres viendra quand même se pendre au bout de ma ligne et ravir nos regards d'esthète. Plutôt qu'un long discours, je vous propose de revivre ce coup du soir en image et en vidéo :
A l'heure du bilan, je remercierai sincèrement mes amis et partenaires de la société Wevan qui nous ont prêté ce campervan aménagé. Cet outil s’est révélé parfait pour explorer le territoire lozérien en toute liberté : le Van permet de profiter pleinement des journées de pêche sans contrainte, d’autant que les aires de camping sont très bien réparties sur le territoire.
Un immense merci à toute l'équipe des guides de Lozère et au Comité de Tourisme pour leur fantastique accueil et leur professionnalisme impressionnant. On s'est délectés des produits locaux, on a rencontré une équipe de passionnés d'une gentillesse incroyable et on a même pris des truites, souvent en sèche tels des gentlemen !
A titre personnel, ce séjour a été une expérience exceptionnelle pour l’amoureux des territoires salmonicoles qui m’anime, autant pour pêcher que pour y faire bonne chère ! En tant que pêcheur de truite, c’est la diversité qui est sans doute le caractère le plus marquant de ce département. Diversité des paysages entre les hauts plateaux du Mont Lozère et la verdoyante Vallée du Lot. Diversité des truites entre les grosses zébrées des Gorges du Tarn (que nous n'avons pas eu la chance de croiser !) et les noiraudes de l’Aubrac. Enfin, diversité du réseau hydrographique qui s’offre à nous : des grands pools du Tarn aux cascades de l’Altier en passant par le Lac de Villefort, il y en a vraiment pour tous les goûts ! Ainsi, que l’on soit pêcheur au toc, aux leurres ou à la mouche, il est possible de trouver son bonheur en Lozère. Evidemment, l’importance et la régularité des éclosions d’insectes aquatiques (surtout à la fin du printemps), qui deviennent tellement rares en France, en font un terrain de choix pour le pêcheur à la mouche sèche. On peut y voir là un signe irréfutable de la bonne santé de ces biotopes aquatiques, encore relativement épargnés des atteintes modernes que sont l’agrochimie et l’hydroélectricité. Puisse la Lozère faire longtemps figure d’exemple en terme de développement agricole et touristique, condition sine qua none pour l’épanouissement de cette espèce patrimoniale qu’est la truite fario sauvage… En tout cas, à l’heure où je me remémore ce périple, le bonheur est assurément en Lozère !
Les protagonistes :
Aurélien Perez
(+33) 06.41.03.34.18
https://www.lozere-tenkara.com/
Damien Rochefort
(+33) 06.20.06.05.66
http://www.aubrac-randonnee.com/
Les autres volets du Lozère Fishing Tour :
En bonus les vidéos de l'aventure :
Après le Ross San Miguel, il semblerait bien que la tendance outre-atlantique 2020 soit à la réédition ! Au niveau des cannes, il en résulte un retour de modèles à l'action douce destinés aux pêches en sèche. Chez Thomas & Thomas, c'est l'historique série Paradigm qui se voit revisitée cette année. Voici les caractéristiques de la 9' #5 :
Si la date de sortie des premières Paradigm date d'une vingtaine d'années, la réédition 2020 s'est dotée des composants les plus modernes et haut de gamme : à l'image de la série Zone déjà présentée (ici), les Paradigm restent dans la tonalité bleue, que ce soit au niveau des ligatures que du blank verni composé des fameuses strato-résines dernière génération de la firme américaine. Ce blank comporte un premier anneau Recoil à finition titane suivi de 10 monopattes Recoil à mémoire de forme. Le numéro de série est écrit à la main sur le blank. La poignée liège de premier choix aux dimensions habituelles chez Thomas (relativement courte) surmonte un porte moulinet gravé main en aluminium avec un insert en érable. Cette canne 4 brins est livrée dans une housse made in usa et une tube aluminium.
Le protocole Common Cents System a permis de caractériser l'action, la puissance et la réactivité de cette canne :
En ce qui concerne la puissance, 36 cents ont été nécessaires pour plier la canne sur un tiers de sa longueur, ce qui donne après conversion un ERN à 4.31. Il classe donc la puissance de la canne comme une soie 4, largement moins que celle annoncée par le fabriquant. Avec un AA de 62°, l'action de la canne est moderate (AA compris entre 59 et 63°). La fréquence à 82 et le confort de pêche (PTE à 240 gr) sont standard compte tenu de la longueur/puissance/action du produit.
L'avis d'Ivan Iannaccone (Le Moulin de Gémages), importateur français exclusif Thomas & Thomas :
"C’est la série emblématique des amateurs de pêches fines, revisitée plus de 20 ans après pour les « addicts » de la pêche en sèche du 21ème siècle ! La Paradigm est une « plume » d’action « medium » qui favorise intuitivement des présentations exceptionnellement délicates et précises. Le plaisir au lancer est amplifié par la réalisation d’un blank équilibré, réactif et sans vibration. Une tenue de poisson exceptionnelle permet la maîtrise des combats sur les pointes les plus fines. Aussi efficace à courte qu’à longue distance, c’est la canne spéciale « pêche fine » ( en sèche et nymphe légère) qui dépasse les limites de tout ce que l’on peut espérer d’une canne aussi sensible et légère. 100% fabriquée artisanalement au US dans les ateliers Thomas&Thomas et garantie à vie ! Une série spécialement mise au point pour les « aficionados » de la pêche en sèche ! Nota : la Paradigm a été primée meilleur canne de l’année 2020 pour « la pêche en mouche sèche» au salon US – IFTD".
Après s'être lancés dans une course effrénée à celui qui proposerait la canne la plus puissante et rapide, certains fabricants américains ont amorcé un net virage à la fin des années 2010. La tendance se confirme avec le retour sur le marché de modèles de cannes à l'action très douce. C'était le cas chez Winston l'an dernier avec le modèle Air et chez Sage en 2020 avec la réédition de la série LL (test à venir dans ces colonnes). L'enseigne Thomas & Thomas y participe également avec la mise à jour de son ancienne série Paradigm, qui a conservé son caractère original mais a décuplé sa technicité avec l'utilisation de matériaux modernes. Il en ressort une canne moderate (une des rares actions de cette catégorie que nous ayons mesurées) et légèrement sur-évaluée en puissance. Malgré sa puissance annoncée #5, nous l'avons testée avec bonheur avec une soie Lee Wulff Long Belly de 4 à des distances de pêche comprises entre 8 et 12m : une fois le temps d'adaptation écoulé (pour régler le tempo de lancer notamment), les posés sont moelleux... la canne est précise et lance sans aucune vibration parasite. Dès les premiers ferrages, elle s'illustre dans la tenue du poisson : pas de doute, elle est faite pour les pêches fines ! Des truites de plus de 50cm ont été capturées en 11/100 avec une réelle impression de sécurité. A n'en pas douter, une grande dame qu'on prendra soin de ne pas brusquer. Cette canne bénéficie de la garantie Thomas & Thomas à vie après enregistrement dans les 30 jours suivant l'achat.
Liens utiles :
Le protocole de test des cannes à mouche : ici
Le site du Moulin de Gémages, importateur exclusif Thomas & Thomas :
Les autres tests Thomas & Thomas ici :

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