Bon... les "Olives" !!! ... Il fallait depuis longtemps que je m'attaque à ce gros morceau.
Le sujet ayant été brillamment traité depuis plus d'un siècle par toute la littérature halieutique sérieuse (Halford, Skues, Janssen,...) je suppose que tout le monde ici en a entendu parler. Veuillez donc par avance excuser toute redondance dont cet article pourrait faire l'objet, il serait bien présomptueux de ma part d'espérer amener une quelconque pierre à l'édifice. Cet article se veut donc une forme de "reminder" (veuillez me pardonner cet anglicisme, mais il paraît qu'on s'internationalise chez Truites & Cie... dont acte !), avec peut-être, pour animer et si vous êtes sages, quelques digressions à propos de montage de mouches.
En dehors de la période estivale, ce sont les éphémères les plus constants et les plus largement repartis sur notre réseau hydrographique national. Le cas de B. Rodhani est édifiant à cet égard : selon l'Opie-Benthos cette espèce est observée dans tous les départements français à l'ultime exception de Paris intra-muros !!
Il est usuel dans la culture halieutique de répartir la famille des Baetidae en 3 groupes distincts :
Parfois aussi appelé "Blue duns", nous entendrons sous l'appellation d'"Olives" un regroupement d'espèces de baetidae, toutes très ressemblantes entre elles surtout au stade subimaginal et qui pourront donc être représentées par une imitation du même type.
Pour le monteur de mouches, seules les tonalités et les tailles pourront varier afin de couvrir les légères différences entre ces mêmes espèces. Par convention, la terminologie "Olive" s'applique à 6 espèces de la famille des "Baetidae" et toutes du genre "Baetis", les voici :
Pour la sémantique, on adjoindra un adjectif pour les distinguer entre eux et pouvoir enfin parler entre pêcheurs d'une seule et même chose. Ainsi on parlera de "Large Dark Olive" pour B. Rodhani , de "Dark Olive" pour B. Atrebatinus, de "Medium Olive" pour B. Vernus/Buceratus/Tenax et de "Small Dark Olive" pour B. Scambus. Ces noms génériques nous serviront dans la majorité des cas à évoquer des duns (subimagos), exemple : "Large dark Olive Dun".
S'il est moins fréquent de parler des imagos pour ces insectes, je vous invite toutefois à ne surtout pas les négliger, on parle alors de "Red Spinner", d'"Olive Spinner", etc...
Baetis Atrebatinus est parfois appelé "False Large Olive" (Fausse Grande Olive) car d'un aspect visuel très proche de sa cousine Rodhani. Elle ne s'en distingue que par l'absence d'épine sur le bord costal de l'aile postérieure, ce qui est, comme chacun sait (!), une des caractéristique du genre baetis... je vous rassure quand même, cette curiosité échappe complètement à la vigilance du poisson !!
La systématique moderne a d'ailleurs reclassé l'espèce "Atrebatinus" en sous-genre et dans les publications entomologiques récentes nous la retrouverons désormais sous le vocable de "Lagiobaetis Atrebatinus".
De mon point de vue, les espèces estivales B. Alpinus et B. Gemellus pourraient aussi rentrer dans la catégorie des Olives. D'autre mouches de pêche imitant des éphémères comportent dans leur nom aussi le mot "olive", je pense notamment à la très célèbre "Blue Winged Olive" (Ephemerellidae), mais aussi bien sur à ma très chère "Olive Upright" (Heptageneiidae). Ces mouches là ne font PAS partie de la famille des Olives.
De la même manière, les Baetidae "Gris-Foncés/ Bleu-de-Fer", traditionnellement dénommées "Iron Blue" ainsi que les petits Baetidae clairs estivaux regroupés sous la poétique terminologie de "Pale Watery" n'en sont pas plus des olives. J'écrirais un jour sans doute un article dédié à ces deux groupes.
Ambiguïté toutefois : certains auteurs classent B. Scambus dans la catégorie des "Pale Watery". Quoique cet insecte éclot en été, sa ressemblance en miniature avec B. Rodhani me laisse à penser que sa classification première est la bonne.
Ce sont des éphémères de la famille des Baetidae de taille moyenne à petite : Large Dark Olive (hameçon 14), Medium Olive (16), Small Dark Olive (20).
Ce sont pour la plupart (Rodhani, Vernus,...) des insectes bivoltins : les émergences se produisent en deux générations, une printanière et une automnale. Notez toutefois que les individus automnaux sont légèrement plus petits et plus sombres que ceux du printemps.
Leurs nymphes, de forme fuselée, sont de type nageuses.
L'insecte ailé possède 2 cerques, les nymphes 3.
Les subimagos ont le corps brun-olivâtre plus ou moins marqué, les ailes gris cendrées, opaques et peu nervurées transversalement. Vu de dessous ils apparaissent nettement plus clairs, les tergites sont vert-olive très pâle, jaune sale très clair en dégradé de gris... toujours dans des coloris pastels.
L'observation des ailes antérieures nous met en évidence deux nervures intercalaires situées par paires entre les nervures longitudinales au bord postérieur de l'aile antérieure. Les ailes postérieures sont minuscules, munies sur le bord supérieur d'une légère excroissance en forme d'éperon ou d'épine, quasiment invisible à l'oeil nu une fois dépassé les 45 ans...
Ces deux particularité sont le propre du genre Baetis et nous évitent de les confondre avec les autres principaux genres de la famille des Baetidae (Cloeon, Procloeon, Centroptilum...). L'étude des nervations des ailes postérieures permet à l'entomologiste confirmé - équipé d'une bonne loupe binoculaire ou d'un microscope - de tenter une hypothétique détermination de l'espèce à laquelle est rattachée le spécimen qui constitue son sujet d'étude. Pour affiner sa recherche il faut vraiment être plus entomologiste que pêcheur, car l'étape supérieure pour identification de l'espèce passe par l'étude des pinces génitales des...imagos mâles ! On est loin de la pêche là !
Le corps des imagos mâles est le plus souvent brun-olive sale assez foncé ou bronze, avec toutefois pour certaines espèces, la partie médiane de l'abdomen translucide et les derniers téguments plus colorés. Le thorax des imagos mâles est toujours trés sombre. Les imagos femelles (les plus intéressants pour la pêche) ont le corps brun-jaune ambré à brun-rouge cramoisi selon les espèces, l'altitude et l'âge de l'insecte.
Les ailes des imagos sont très hyalines, peu nervurées. Ce sont de vraies splendeurs, fragiles et délicates.
Au moment de la ponte, les femelles s'immergent pour aller déposer leurs oeufs directement sous l'onde, à même le substrat. Ce sont elles que l'on retrouve, minables et épuisées, les ailes repliées sur le corps, affleurant les cailloux. Je crois bien que l'étude de cet étape échappe à beaucoup de pêcheurs et de monteurs de mouches, il serait donc avisé de s'y pencher, car les truites, elles, ne font pas l'impasse (voir contenu stomacal ci-joint).
Pour ce qui est de l'action de pêche relative à ces mouches, je vous renvoie à un précédent article dont votre serviteur s'est rendu coupable en février dernier ici.
Pour imiter les nymphes, si la Pheasant Tail (version originale de Franck Sawyer, j'insiste !) en 16 ou 14 reste une valeur sûre, pour son coté universel et pratique, j'ai un gros faible pour la version "Baetis Rodhani" de Pierre Miramont. C'était souvent la première mouche qu'il montait lors de ses démonstrations et la première mouche qu'il m'a offerte une jour de février 1984... comme le temps passe !... ma madeleine de Proust sans doute.
Rustiquement montée dans le plus pur style de Skues, cette nymphe fait encore des miracles, à vue, sur des poissons éduqués. Je vous livre ici la formule originale, mais il va de soi que l'on peut substituer la plupart des matériaux :
Bien plus que pour toutes les autres familles d'éphémères, le stade "émergent" est capital à considérer pour nos Olives. Les classiques "voiliers en CDC" et les "Oreilles de Lièvre" sont des basiques pour les représenter que tout le monde connaît. Cependant l'un des meilleurs modèles d'émergente (si ce n'est le meilleur!) que j'ai eu l'occasion de tester est une mouche de Cyril Bailly : la "Bubble Emerger".
Je ne saurais vous donner les détails exacts de la formule de montage si ce n'est qu'on y trouve pèle-mêle : Hameçon Daichii n°16 réf.1310, du CDC, divers poils, un soupçon de matériau synthétique et surtout le principal... l'immense talent de l'artiste pour donner vie, tonalités et proportions à cette mouche d'aspect simple.
Je dois à cette mouche les rares truites que j'ai réussi à leurrer en sèche sur les Nives (64) le printemps dernier... je vous le dis mes amis, elle a un truc cette mouche!
Pour son excellente visibilité et flottabilité, la mouche que j'utilise le plus en la présence d'olives, est un paradun tout simple. J'aime beaucoup cette mouche pour le tout début de saison en présence de la grande olive ou pour pêcher l'eau. La seule spécificité de ce modèle est l'utilisation de poils de renne gris issue d'une peau de la bête que j'ai ramenée il y a quelques années d'un voyage en Norvège. Cette acquisition de quelques Couronnes norvégiennes à peine me parût à vraie dire incongrue sur l'instant, mais je m'en félicite aujourd'hui ! Plus fin et aussi solide que du chevreuil, mais surtout bien plus translucide, sa tonalité colle parfaitement avec l'impression que donne les ailes de nos olives. C'est aussi la mouche préférée de mon ami Jean-Paul Rover, du coup je l'ai baptisée de ses initiales : la JPR !!... Si je l'écoutais je devrais en monter chaque année des pleines brouettes pour sa seule et unique consommation ! Mais soucieux de la biodiversité scandinave, je reste parcimonieux dans ma production. Trêve de plaisanteries, voici la recette (!) :
L'Olive Quill ne me fait jamais défaut, je me sentirais amputé de quelque chose si je n'avais pas ce type d'imitation dans ma boîte. J'aime la monter dans le style classique de Jean-Louis Poirot tant je lui trouve une classe infernale et une parfaite flottabilité. Les détracteurs de la plume de coq lui reprocheront un coté désuet à leurs yeux mais elle reste ma mouche préférée pour les subimagos d'Olives et si je ne devais en garder qu'une ce serait celle là...mais c'est ici le coeur qui parle me direz-vous... et vous aurez sans doute raison.
L'Olive Quill est le montage générique. Selon qu'on la monte avec des matériaux plus ou moins sombres et que l'on modifie la taille elle devient "dark", "medium", "small", "golden", etc, etc...
Outre le côté esthétique du quill, celui-ci augmente de façon substantielle la flottabilité de la mouche. L'aspect négatif est que contrairement à un léger dubbing, le quill ne renvoie la lumière que sous certains angles et ne rentre donc pas dans dans le cadre d'une imitation dite "exacte". Les modèles d'Olive Quill demeurent des imitations génériques. L'autre faiblesse du quill est aussi sa fragilité après plusieurs captures, sachant qu'il faut éviter de le vernir si on souhaite lui garder son coté naturel et sauvage.
Voici les ingrédients qui composent la Medium Olive Quill:
Avec ces quatre mouches et leur dérivés, nous voici très correctement armés afin de faire face aux situations les plus récurrentes en présence d'émergence d'olives. Cependant certains parmi les monteurs de mouches les plus monomaniaques (ou les plus passionnés !) auront peut être envie d'aller un peu plus loin et de posséder des imitations plus précises, dites "exactes".
Si sur l'ensemble de la saison ces artificielles n'alourdissent jamais vraiment le compteur du nombre de prises, elles peuvent apporter une satisfaction intellectuelle aux plus obstinés d'entre nous. Mais je vous préviens : ce ne sont pas des mouches pratiques ! Plutôt peu visibles, surtout les Spinners ! Ici, on travaille sur la discrétion, les volumes justes, l'harmonie et surtout... la légèreté. Il en découle très naturellement des montages basiques de type araignée... cela semble ultra-simple, mais en apparence seulement. Pour aller au bout du concept, je dirais qu'il faut pour chaque mouche le moins de matériau possible afin d'épurer au maximum... l'hameçon lui même est déjà de trop !
Si le principe de montage est à la portée de tous, le grand art sera de doser avec justesse l'apport de chaque matériau.
Pour ces montages précis, j'aime beaucoup les soies Gossamer Pearsall's silk... pour les subimagos de la plume de poule... et pour les imagos un petit hackle gris cristallin de coq Corrézien et le tour est joué (NDLR : pour en savoir plus sur le choix des plumes, voir l'article de l'auteur à ce sujet ici).
Le choix de l'hameçon, des soies et surtout de la plume sera soumis à la rigueur la plus stricte afin d'obtenir l'équilibre et l'harmonie souhaitée. Il faut "penser" la mouche.
Ensuite tout est question d'équilibre et malheureusement, cela ne s'explique pas avec des mots, j'espère que ces quelques photos suffiront. Tout cela vous semble un brin mystique n'est ce pas ?...Possible... Mais si vous êtes sensible à cette petite musique, et si dans des instants choisis quelques truites succombent, vous aurez peut être au fond de l'âme ce sentiment spécial, celui qui vous rappelle en un frisson pourquoi un jour vous avez décidé de devenir pêcheur à la mouche. Vous bouclerez la boucle...
Photos, dessins et montages de l'auteur sauf la Bubble Emerger, photo et montage : Cyril Bailly.
Plus de 20 ans après sa sortie, le modèle San Miguel de la célèbre firme américaine Ross revoit le jour en 2020. Le look old-school est conservé, mais les composants eux, sont bien modernes ! Voici les caractéristiques de ce modèle :
Test statique :
Ce moulinet assez compact présente une finition noire brillante, typique de la première version du San Miguel. Le bâti plein lui donne un look vintage. Les principales évolutions se situent au niveau de la manivelle (constituée de micarta, une matière à l'accroche infaillible) et du frein. Ce dernier est proche de ceux des modèles Ross récents, il est fait de carbone et d'acier inoxydable. La bobine s'enlève par pression sur un bouton. L'embobinage est parfaitement silencieux et fluide. Ce moulinet est disponible en taille 3/4, 4/5 et 5/6.
Mesures :
Notre protocole de test a permis de caractériser la bobine et le frein de ce modèle :
Le frein présente une excellente fluidité (l'aiguille ne vibre pas autour de la valeur 1 lb) et la progressivité est de 125°/7 crans de réglage sur la plage (0.5 - 1 lb).
Avec un diamètre de 51mm, le diamètre du moyeux de la bobine n'est pas très important relativement à la taille 5/6. Sa largeur de 22 mm est assez étroite par rapport aux autres références du marché.
Le poids et la contenance annoncés sont conformes à nos mesures.
L'avis d'Ivan Iannaccone (Le Moulin de Gémages), importateur français Ross :
" La série San Miguel est revisitée cette année pour conjuguer tradition et nouvelles technologies ! De fait, il présente un bâti plein et une bobine ajourée en pétale de fleur avec une apparence très classieuse. Le système de frein multidisque en carbone et acier inoxydable se règle facilement avec une grande précision. Ce frein délivre une friction progressive, sans inertie au démarrage il est idéalement pensé pour les pêches les plus fines de salmonidés. L’embobinage de type « infini » est très fluide, rapide et très agréable d’utilisation. La bobine au moyeu large arbor présente une gorge étroite et ergonomique qui se veut bien étudiée pour rembobiner intuitivement la soie (sans risque de foisonnement). Le changement de bobine est simple, il ne requiert aucun outil : il suffit d’une simple pression sur l’axe en acier inoxydable. Système fiable et efficace. La manivelle Micarta optimise la tenue en main tant par son ergonomie que par le matériau utilisé, et ce même avec les mains mouillées. Le bloc frein est scellé et ne demande pas d’entretien particulier. Le bâti et la bobine sont soumis à un long polissage et une anodisation de haute volée, les finitions y sont remarquables. Une bel objet au style classique, chic et singulier usant d’une technologie Hightech. Les tailles disponibles : 3/4, 4/5 et 5/6. Ce produit possède une garantie à vie."
L'avis de la rédaction :
A l'instar de l'Abel Vaya récemment présenté dans nos colonnes, ce Ross San Miguel possède une architecture très compacte et massive qui lui donne un petit côté vintage. Et pour cause, cette réédition concerne l'un des premiers modèles de l'entreprise Ross commercialisé dans les 70's ! Les amoureux des look old-school (ou les nostalgiques de la marque !) qui ne sont pas obnubilés par la masse et le diamètre de l'arbor seront séduits par ce moulinet très original ! Au niveau des performances techniques, on peut compter sur un frein Ross très fluide et progressif avec 7 crans de réglage sur la plage étudiée (il est d'ailleurs plus progressif que celui du classique Evolution R de la marque !). Comme d'habitude chez Ross, vous bénéficiez d'une garantie à vie.
Liens utiles :
Le protocole de test des moulinets : ici
Le site du Moulin de Gémages, importateur Ross :

Du 30 novembre au 8 décembre dernier s'est déroulé le 39ème championnat du monde de pêche à la mouche en Tasmanie. 22 équipes nationales de 5 compétiteurs chacune se sont affrontées durant 5 jours de compétition. Ce fut sans doute l'un des championnats les plus serrés de l'histoire, puisque la France médaillée d'or n'a compté qu'un point d'avance sur les Tchèques. Le capitaine de l'équipe de France, Sébastien Delcor, nous raconte ce périple haletant :
Bonjour Sébastien et merci d'avoir accepté notre invitation ! Entrons dans le vif du sujet, toi qui possèdes une sacré expérience en compétition internationale, qu'est-ce qui a rendu ce championnat du monde différent des autres que tu as déjà vécus ?
Outre les 27 heures d'avion pour se rendre sur place, c'est le premier championnat où nous allions réaliser plus de manches en lac qu'en rivière. En effet, sur les 5 manches, 3 étaient consacrées à la pêche en barque dérivante sur des lacs dont la superficie varie de 250 hectares à 800 hectares. De plus, ces lacs sont peuplés uniquement de truites sauvages de belle taille (30 à 60 cm avec une moyenne entre 40 et 50 cm). Nous savions avant d'arriver que la réussite sur ce championnat dépendrait de notre capacité à performer sur les lacs. Aussi nous avons consacré la majorité de notre temps d'entraînement à la pêche en barque dérivante. L'objectif étant pour nous, non seulement de nous familiariser avec les bateaux locaux, mais surtout de comprendre le fonctionnement de ces lacs. Durant la semaine de compétition, la météo est venue ajouter un nouveau challenge à cette compétition puisque nous avons eu 50km/h de vent avec des rafales à 90km/h pendant 5 jours.
Pour les lecteurs qui l'ignoreraient, peux-tu rappeler brièvement la façon dont se déroulent en pratique les manches rivière et lac ?
Justement c'est une bonne question puisqu'en France les compétitions et la pêche en barque dérivante ne sont pas coutume contrairement à ce qu'il se pratique dans les pays anglo-saxons. Chaque compétiteur est placé sur un bateau avec un boatman (pilote) qui lui est attribué et un compétiteur d'un autre pays. Les deux compétiteurs se partagent le capitanat durant la manche (2h chacun). Ce capitanat permet de choisir l'emplacement sur le bateau mais aussi de choisir les dérives, c'est à dire les zones à prospecter. Il n'y a donc pas de secteur pré-établi, chaque bateau est libre d'aller où il le souhaite sur le lac en sachant qu'il ne doit pas s'approcher à moins de 50m d'une autre embarcation. Le boatmant, en plus de diriger le bateau, se charge de comptabiliser les prises des deux compétiteurs qui l'accompagnent.
En rivière, le tirage au sort attribut un secteur qui fait environ 400m à chaque compétiteur et un arbitre, ce dernier suit le compétiteur pour vérifier le respect du règlement et comptabiliser toutes les truites qui dépassent 20cm.
A la fin de chaque manche un classement est établi entre chaque compétiteur. L'addition du classement des 5 manches donne classement individuel et l'addition des classements de chaque membre de l'équipe donne le classement par équipe.
Est-ce que la stratégie de pêche peaufinée lors des sessions d'entraînement a été appliquée lors des manches officielles ? comment a-t-elle évolué au fil du temps ?
Pour la rivière, tout a été très simple, une journée sur une rivière similaire à celles du championnat a permis de trouver les grandes lignes de la pêche que nous avons appliquée sur les 5 jours : les truites avaient la "tête en l'air". Même sans activité, "la pêche de l'eau" en sèche sur les coup propices (bordures ou fin de plat) permettait de prendre pas mal de poissons. Il fallait utiliser un CDC/oreille de lièvre ou un parachute oreille de lièvre en taille 16. En nymphe, deux mouches bille cuivre sortaient du lot : la noire cul rouge et une faisan avec CDC et spot orange. Mais il fallait surtout penser à animer sur toutes les zones un peu lentes.
En lac, la totalité des sessions d'entraînements n'a pas été de trop pour comprendre comment les poissons réagissaient, avec quoi, où, et quand ! Par exemple, les poissons se mettaient en activité sur de petites zones à l'abri du vente à partir de 14h, il fallait alors utiliser une soie flottante avec des noyées et des nymphes non plombées et très neutres. Le reste du temps il fallait s'adapter à la direction du vent pour trouver les zones où les poissons pouvaient s'être regroupés pour s'alimenter. Dans ce cas, la pêche se faisait avec une soie n°6 type S3 ou S5 Sweep et 2 ou 3 streamers dans des profondeurs de dépassant jamais les 2.5m. L'objectifs était de déclencher l'agressivité des poissons en utilisant des soies qui se positionnent immédiatement à la hauteur des poissons. Les streamers de couleur neutre olive et noir, avec toujours un élément attractif (par exemple une bille orange et ou des fibres brillantes dans la queue) faisaient vraiment la différence.
En pratique ces conclusions se sont avérés payantes lors de la compétition mais nous avons failli sur la première manche par notre manque de connaissance des lacs. Les débriefs et briefs d'après-manche ont permis de rectifier le tir et de s'adapter.
En quoi les conditions climatiques ont-elles influencé la pêche durant ces 15 jours ?
En lac, nous nous étions préparés à pratiquer des pêches fines avec des soies flottantes mais les rafales à 90km/h de vent ont rendu la mise en oeuvre de ces techniques très aléatoire. La pêche au streamer a donc représenté 90% de notre temps de pêche, mais encore fallait-il réussir à maîtriser sa ligne et ses lancés pour ne pas emmêler et détecter toutes les touches... En rivière, le vent a aussi rendu la pêche plus difficile mais toutes les techniques ont quand même pu être pratiquées avec simplement un peu d'adaptation.
J'imagine que la polyvalence est de mise sur ces épreuves, avez-vous pratiqué d'autres techniques que la nymphe au fil en rivière ? Si oui, parle-nous précisément du matériel que tu as personnellement utilisé !
Effectivement, c'est même le premier critère de sélection en équipe de France. Si chez nous, la pêche en nymphe au fil prend une grande place dans nos compétitions, il en est autrement dans bon nombre de pays que j'ai pu visiter lors des championnats. Pour ma part, j'ai pratiqué la pêche en sèche sur l'ensemble de ma dernière manche et cela m'a permis de tirer mon épingle du jeu. En effet, d'importantes rafales de vent empêchaient de pratiquer correctement la nymphe et même la sèche/nymphe... De plus, après 4 manches, les truites sont beaucoup plus coopératives sur des sèches que sur des nymphes. Pour cette technique, j'ai utilisé une JMC Pure 9'6 #3 avec soie Cortland TROUT n°3 et un bas de ligne de 2 fois la canne qui se termine en 9 ou 10/100 Trout Hunter. Certains d'entre nous ont eu des parcours où la sèche/nymphe permettait d'avoir un rendement supérieur notamment sur des zones avec de faibles profondeurs et de petits postes ou bordures. Le streamer a même permis à Pierre de terminer à la deuxième place d'une cession.
Et les truites de Tasmanie dans tout ça ? qu'ont-elles de spécial ?
Les truites de Tasmanie !!! Pour tout te dire, elles me manquent déjà ! Elles sont très souvent de belle taille avec des nageoires disproportionnées. Il s'agit de truites totalement sauvages possédant une vraie logique dans le comportement alimentaire. Elles se nourrissent d'insectes précis et nos imitations devaient être parfaitement choisies. Enfin, certains lacs offrent des éclosions massives et une abondance de nourriture qui rendent ces truites particulièrement puissantes.
Au vu de la concurrence rude et des résultats intermédiaires changeant tout au long de la semaine, décris-nous un peu les variations émotionnelles que vous avez vécues !
Il est certain que nous nous souviendrons longtemps de l'émotion que nous a procuré ce championnat. La déception après la première manche et notre 9ème place, l'espoir après la deuxième manche où nous avons vu tous les écarts se resserrer avec les premiers au général qui ont marqué autant de points à la deuxième manche que nous lors de la première... De la confiance ensuite, quand nous comprenions de mieux en mieux les stratégies à avoir sur les lacs. Enfin, le stress en attendant les résultats finaux puisque nous savions que cela allait se jouer dans un mouchoir de poche.
En tant que capitaine, comment gères-tu cela avec l'équipe ?
Le plus important est d'apporter de la confiance pour rester le plus serin possible. Pour cela, il faut trouver des solutions à nos difficultés et rendre la stratégie la plus simple et claire possible.
Que retiendras-tu de la Tasmanie, au delà de la pêche ?
Je me souviendrai d'un plateau immense où l'homme n'a encore rien touché. Tout est préservé, du coup, la nature y est florissante. Pour exemple, je n'imaginais pas possible de voir autant d'animaux sauvages. Quand la nuit tombe, il faut rouler au pas sous peine d'écraser wallabies, cerfs et autres wombats ! C'est aussi le royaume de l’eucalyptus et des grandes étendues...
Gagner un championnat du monde est sans nul doute le fruit d'un vrai travail d'équipe. Pour conclure, peux-tu rendre un petit hommage à chacun de tes compagnons en nous racontant comment chacun d'eux a apporté sa pierre à l'édifice ?
Thierry notre manager : c'est en bonne parti grâce à lui et à son dynamisme que nous avons pu trouver les fonds pour partir. D'ailleurs, j'en profite pour remercier tous ceux qui nous sont venus en aide. C'est un homme qui ne laisse rien au hasard et qui a su faire en sorte que nous soyons toujours dans les meilleures conditions pour que nous ne pensions qu'à la pêche.
Pierre : malgré son jeune âge, il ne panique jamais, il sait tout faire et c'est un régal de l'avoir parmi nous. C'est aussi Mr Technologie : avec son téléphone, il trouve toujours une solution à tout !
Greg : c'est Mr Original, il a une approche différente et trouve toujours quelque chose qui peut faire la différence.
Seb V : il a un mental de fer, il se pose les questions qu'il faut, sans trop !
JB : il n'est pas comme nous, mais heureusement qu'il est là... toujours le mot pour rire où la connerie à laquelle personne n'aurait pensé ! c'est un redoutable pêcheur en rivière et ce championnat a été l'occasion pour lui de faire d'énormes progrès en lac.
Olivier : si vous voulez de l'expérience en lac, il en a et c'est un vrai plus pour nous.
Merci Sébastien et encore félicitations à toute l'équipe, peut-être à l'année prochaine en Finlande !
L'achat de nouveaux waders donne très souvent lieu à un choix difficile tant le nombre de références fiables est ridicule par rapport à l'offre pléthorique. Dans nos "tests longue durée", nous avons fait le choix de ne vous présenter que des modèles éprouvés par nos soins. En 2018, un modèle sans couture Hotfly de la boutique en ligne 1000mouches a attiré notre attention. Deux membres de l'équipe rédactionnelle au volume de pêche important ont alors débuté une mise à l'épreuve et vous racontent leur expérience aujourd'hui :
L'originalité de ces waders Hotfly Alpine Diver réside principalement dans :
Niveau fonctionnalité, on retrouve :
Contrairement à de nombreuses références de waders, la coupe est plutôt près du corps (coupe dite "européenne" peu large et relativement haute pour favoriser les enjambées).
En 2019, 1000mouches a actualisé la version des Alpine Diver en passant à la V2. Voici les principales évolutions par rapport au modèle que nous avons testé :
Le tissu quant à lui est strictement identique.
Le prix de cette nouvelle version est de 399 euros.
NB : merci de consulter le site 1000mouches pour bien choisir la taille et n'hésitez pas à envoyer un mail pour vérification avant achat.
L'avis de Christian Guimonnet, auteur à Truites & Cie :
"2018 m'a conduit comme presque chaque saison à changer de waders. C'est le modèle italien Hotfly Alpine Diver que j'ai été chargé de tester pour Truites & Cie. Pour tout dire, je n'attends qu'un minimum de confort en ce qui concerne ce genre de produit, et surtout une excellente étanchéité. Sur ce point l'essai est parfaitement concluant : à plus de 50 sorties (ce qui constitue ma moyenne saisonnière), mes chaussettes à la fin de journée de la fermeture étaient aussi sèches qu'au matin de l'ouverture de cette première saison.
Au cours de la saison suivante en 2019, des micro-infiltrations au niveau des chevilles et de l'entre-jambe sont apparues aux alentours de la 30ème sortie (soit après environ 80 jours de pêche cumulés sur les deux saisons). Problème très rapidement résolu avec un peu d'Aquasure. Je rajoute que je marche beaucoup à la pêche et que je suis plus un arpenteur de ruisseaux et de rivières moyennes qu'un pêcheur statique attendant les gobages, il est important de le dire.
Je mesure 1m76 pour 72 kgs, et la taille M me convient tout à fait : bonne coupe et une parfaite aisance de mouvement. Je ne réfléchis pas pour l'instant à l'achat de prochain waders pour 2020, celui-ci devrait allègrement rempiler."
L'avis de Matthieu Vieilhescazes (fondateur de la marque Native et auteur à Truites & Cie) :
"Allant de déception en déception en matière de waders respirants depuis plus d'une dizaine d'années, j'étais sur le points de craquer pour un Simms G4 lorsque notre rédac' chef préféré m'a fortement suggéré de tester un Hotfly Alpine Diver.
Pour être concis, l'absence de coutures et l'épaisseur de la matière dénotent avec la plupart des waders du marché, inspirant un fort sentiment de fiabilité à la première approche. Ce sentiment s'est confirmé au fil des utilisations, avec un tissu qui vieillit bien et ne devient pas poreux. Les passages dans des ronciers et par-dessus des barbelés ont impliqué quelques réparations à l'Aquasure (c'est un wader, pas une côte de mailles), mais le tissu lui-même (et encore moins les coutures, inexistantes) ne présente pas de défaillance.
Alors qu'aucun modèle ne m'avait permis jusqu'à ce jour de pécher ne serait-ce qu'une saison complète au sec, y compris dans des modèles plus chers et de marques reconnues, les Alpine Diver ont tenu jusqu'à présent, et me permettent de rester au sec après deux années d'utilisation, soit environ 120 journées de pêche. Il ne s'agit probablement pas d'une révolution, mais le produit est fiable dans la durée, et c'est suffisamment rare pour être fortement souligné."
Après notre soirée au gîte de Michel Sandon, Raphaël et moi bivouaquons en bordure du haut-Lot. Ce réveil au Bleymard est rendu frisquet par les 1100m d'altitude. En sortant du van, notre regard est attiré par les panneaux de la Fédération de Pêche de Lozère signalant un parcours no-kill sur cette portion du Lot. Mais pas le le temps de partir à l'abordage de ces eaux, nous sommes attendus au bord du lac de Villefort par nos deux guides du jour, Thibaut Dupuis (que je vous ai présenté dans le volet 1 du Lozère Fishing Tour) et Michel Gimenez habitant du Gard tout proche, pour une journée sur le bassin versant rhodanien du département partagée entre Chassezac et Altier.
Une petite halte café dans la charmante bourgade de Villefort, le temps d'ajouter une spécialité locale exquise à notre actif avec cette délicieuse tarte à la châtaigne artisanale et nous retrouvons nos hôtes.
C'est sur le Chassezac que débute cette nouvelle journée de pêche en Lozère, à Prévenchères pour être précis. Cette section présente une configuration assez originale car sa localisation "entre deux barrages" entraîne un débit artificialisé et dépendant du turbinage de la retenue de Puylaurens située quelques kilomètres en amont. Le rôle de ces deux plans d'eau est le soutien d'étiage du bassin versant de l'Ardèche en période estivale. Ainsi, contrairement à ce qu'un régime naturel entraînerait, les mois les plus chauds sont marqués par des eaux fortes et fraîches sur ce parcours du Chassezac (loin de moi l'idée de faire l'apologie de ce cas de figure car tout pêcheur un tant soit peu naturaliste et observateur s'aperçoit vite des impacts des ouvrages sus-cités, tant au niveau de la qualité du biotope que de celle des truites présentes, fin de la parenthèse).
Le vent de nord est encore présent quand nous débutons la pêche et le robinet est coupé, logique en ce printemps bien arrosé. Dans ces eaux maigres, peu de postes sont réellement pêchables et nous nous contenterons de quelques truitelles dans les endroits les plus marqués.
Vers 10h, nous convenons d'un changement de cap et retournons sur Villefort afin de remonter l'Altier. Rivière torrentueuse au régime naturel, typique des eaux cévenoles, elle se fraye un chemin entre de gros blocs granitiques et s'apaise parfois, au niveau de rares plats. Les eaux très claires de l'Altier possèdent un peuplement piscicole mixte, avec des truites farios et quelques cyprinidés d'eau vive. Malheureusement, la souche méditerranéenne qui devait habiter ces eaux il y a quelques dizaines d'années a aujourd'hui laissé sa place à des truites plutôt quelconques de morphotype atlantique, visiblement bien acclimatées et naturalisées. L'intérêt halieutique du coin n'en pâtit pas pour autant et le cadre est absolument splendide :
A midi, malgré des conditions de pêche optimales, pas grand chose à se mettre sous la dent. Il semblerait que la tendance des premiers jours en Lozère se confirme, très peu d'activité le matin, jusqu'à l'apparition des éclosions en début d'après midi. Dans ce contexte, nous décidons de remonter au van pour nous restaurer (l'attraction du repas sera une bière évocatrice de l'Aubrac, prémisse des délices gastronomiques qui nous attendront le lendemain sur ce plateau).
Sur le chemin du van, nous croisons Michel Sandon des Soies de Lozère, tout étonné de nous voir faire une pause déjeuner au début du créneau horaire qu'il suppose être le plus favorable. L'heure qui suivra lui donnera raison : ces diablesses de truites sont passées à table en même temps que nous et Michel en a bien profité.
Vers 13h, nous retrouvons l'artiste, guilleret et fringan, une truite à l'épuisette, quelques centaines de mètres plus en amont. J'en profite aussitôt pour jeter un coup d'oeil discret à l'artificielle qui orne sa pointe : la "grosse mouche rouge" sur un bon 14 ne laisse pas trop de doute sur ce qu'il est entrain de se passer... Après la Jonte deux jours avant, l'Altier nous offre lui aussi son "Ecdyo party". Nous connaîtrons ainsi une après-midi assez similaire à celle que je vous décrivais dans l'article précédent. Des truites bien alignées dans les courants, gobant à qui mieux mieux nos imagos d'ecdyo. Un fantastique moment de pêche où mes hôtes me laisseront la primeur de tous les jolis postes.
La journée se termine dans la convivialité au bord du lac de Villefort, où nous dégusterons nos grillades alors que les perches communes du lac se régaleront également d'un festin de poissons blancs regroupés sur les bordures à cette saison.
Le lendemain, cap vers le nord : Sébastien Cabane nous a donné rendez-vous à Langogne pour découvrir l'Allier dans ses gorges. Nous retrouvons ainsi pour l'occasion celui qui m'avait guidé sur le Lot en tout début de semaine ainsi que notre fameux auteur Christian Guimonnet, authentique amoureux des territoires de pêche rustiques, où le cadre est sauvage et les truites gobeuses. Christian n'ayant pu se libérer plus tôt (les fameux aléas de planning inhérents à tout père de famille modèle...), il a quand même tenu à partager la fin du Lozère Fishing Tour avec moi.
Une fois les présentations faites, nous suivons Sébastien qui nous conduit à travers un dédale de petits chemins escarpés, dont l'un d'eux nous amènera au point de départ de l'accès pédestre à la rivière.
L'Allier se laisse progressivement découvrir au grè de la descente. Ses eaux couleur thé coulent paisiblement dans de larges courbes assagies, alternant avec des portions plus rapides. Le profil est globalement assez uniforme et les poissons assez localisés. Les conseils de Sébastien ne sont pas de trop pour nous faire gagner du temps et cibler les zones chaudes.
Tout au long de la matinée, la pêche restera lente et les truites relativement discrètes, de même que les ombres pourtant bien représentés à ce niveau. Même les bibio marci croisés juste avant le pause déjeuner ne semblent pas vraiment intéresser ces poissons récalcitrants.
A l'heure du déjeuner, les discussions s'orientent rapidement vers le montage de mouche et elles font apparaître quelques atomes crochus entre Christian et Sébastien.
On ne s'éternise pas et l'on se retrouve à nouveau à l'eau, quelques centaines de mètre en aval pour vérifier si la logique des jours précédents opère à nouveau !
Effectivement, les choses s'animent un peu. Les premiers gobages apparaissent. Un poisson par-ci, un poisson par-là. Christian et moi optons pour une berge chacun et Sébastien m'accompagne sur celle de gauche. La pêche des bordures en sèche est rentable et Sébastien en profite :
De l'autre côté de la rivière, vue la cadence de ferrage, il semblerait que Maître Guim's ne soit pas perturbé outre mesure par notre camarade photographe qui le suit de près et le bombarde de flash. Après s'être résolu à pêcher sous l'eau en sèche nymphe, Christian a trouvé les poissons dans les courants moyennement rapides de l'Allier et enchaîne les truites.
De mon côté, un bon bain finira de m'inciter à abdiquer, et j'en profite alors pour admirer la beauté de l'endroit, bien calé sur un bloc légèrement chauffé par le discret soleil du jour. Je mesure alors la chance de pouvoir partager ce moment avec de chouettes mecs. Mon nouveau métier a du bon.
Pour ne pas faillir à mes nouvelles habitudes, la journée s'achève autour d'une bonne table accompagné de Christian et Sébastien. L'élu du jour est le très classe Hôtel de la Poste de Châteauneuf de Randon. De son côté, Raphaël doit se résoudre à repartir vers Montpellier, non sans pincement au coeur. Je pense que ce bref interlude initiatique l'a plutôt séduit et qu'il a réellement palpé à travers ce périple lozérien tout ce qui fait l'essence même de la pêche de la truite en France. A en voir son enthousiasme encore présent au moment où j'écris ces lignes, c'est peut être une nouvelle vocation qui est née et de nouveaux projets avec Truites & Cie sont déjà en cours. Je vous invite à jeter un oeil à son travail sur son site.
Christian et moi quittons Sébastien en fin de soirée et je le remercie chaleureusement pour son invitation et son dévouement impressionnant. Le fin du séjour approche mais il reste encore une journée sur l'Aubrac. En attendant, il nous indique la direction du lac de Charpal pour mon dernier bivouac accompagné, un baptême pour Christian.
La suite sur les hauts plateaux de l'Aubrac pour le dernier volet du Lozère Fishing tour !
Les protagonistes :
Sébastien Cabane
Thibaut Dupuis
https://www.pecheaupaysdessources.com/
Michel Gimenez
http://pechemouche-guide-lozere.com/
Michel Sandon, les Soies de Lozère
http://www.soie-peche-mouche.com
et les lieux d'accueil :
Le gîte Le Poulitou au Bleymard :
https://www.gite-chez-le-poulitou.fr/
Hôtel de la Poste Châteauneuf de Randon
https://www.hoteldelaposte48.com/home/fr/
Les autres volets du Lozère Fishing Tour :
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