Truite au leurre souple : action de pêche et matériel

pêche leurre souple

Après avoir abordé l'intérêt de cette pêche en introduction, puis le choix des leurres et têtes plombées, voici la troisième et dernière partie de la série dédiée à la truite aux leurres souples avec des imitations de poissons :

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L’action de pêche

Le pratiquant aux leurres souples est constamment concentré. La vue et le toucher sont très sollicités, en éveil permanent. Les yeux sont rivés sur la ligne pour en contrôler la tension et accompagner efficacement le leurre. Mais surtout la main doit sentir chaque vibration ou toc, la moindre anomalie… Le pêcheur doit percevoir ce qu’il ne peut pas voir. Tocqueurs, nympheurs, traqueurs de sandres ou de perches connaissent bien ses aspects inhérents à la gestion de la bannière. Par rapport aux pêcheurs de carnassier d’eaux calmes, dans le cas de la recherche des salmonidés, c’est encore plus fin, plus délicat ; les écoulements étant davantage tumultueux. Alors, au moindre mouvement, ralentissement, ou lourdeur sur la ligne ; le ferrage doit être immédiat. Cet acte nécessite d’être plus appuyé qu’au poisson nageur ou aux leurres métalliques armés de triples afin d’assurer l’ancrage de l’unique hameçon dans la gueule.

Mais il arrive malheureusement de ferrer dans le vide. Si cela se produit, ne ramenez pas votre leurre à toute vitesse dans le but de le relancer en direction du poisson. Ralentissez simplement le leurre dans sa descente ligne tendue. Une deuxième attaque, cette fois plus franche et définitive, peut avoir lieu alors.

Vous constaterez peut-être un plus grand nombre de touches manquées qu’aux autres techniques « leurres ». Tout d’abord, il faut relativiser : s’il y a plus de loupés, il y a aussi plus d’attaques ! Ensuite, il faut garder à l’esprit qu’en pêchant avec un seul simple, le risque de prises au raccroc de poissons venus juste pour taper dans un intrus et s’accrochant à une des branches du ou des triples est considérablement limité. Aussi, ces échecs peuvent être dus au fait que vous n’êtes pas passé au mieux et qu’il faut régler certains petits détails dans la gestion de la dérive. Mais souvent, ces touches avortées sont le fait de petits poissons. Laissez ces enfants jouer entre eux et tenter leurs parents situés juste à côté. Ces derniers ont de bien meilleures aptitudes pour gober franchement vos LS. D’ailleurs, sur les poissons supérieurs à 35-40cm les attaques sont très souvent couronnées de succès. Ces sujets ont une vraie gueule de prédateur aux capacités d’aspiration largement supérieures.

Ca y est, une jolie fario a gobé votre soft. Se pose alors la question du combat : dois-je le mener avec délicatesse afin d’éviter la décroche comme au poisson nageur ? Que nenni ! Au leurre souple, une truite piquée est une truite à l’épuisette. Les « releases prématurés », si frustrants, sont quasi-inexistants. Merci l’hameçon simple. D’ailleurs, ne vous privez pas de brider vos poissons. Profitez-en pour vous lâcher et leur rentrer un peu dedans. C’est tellement rare à la truite, où le pêcheur est souvent sur la retenue. Les combats seront abrégés et finalement, ce sont vos prises qui vous remercieront de regagner leur milieu sans fatigue excessive.

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pêche leurre souple
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C’est de la tresse qui remplit mon moulinet pour toutes les pêches au LS et même au PN.
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Ligne : l’indispensable tresse

Pour transmettre au leurre chaque animation, percevoir au mieux ce qui se passe au bout de la ligne, bien fendre les flots agités avec des montages légers et optimiser l’action de ferrage ; la tresse est indispensable. Elle doit être ronde et fine. Un multi-filament de qualité en somme. Utilisez une couleur qui se distingue bien de l’environnement afin de mieux conduire les dérives et détecter plus facilement tous les événements (touches, contact avec le fond, végétation accrochée à l’hameçon…). La PE 0.8 à un diamètre passe-partout. C’est celle que j’utilise généralement. Il est possible de descendre en 0.6 ou 0.4 pour les pêches plus fines (ruisseau, petites truites, étiage…) et de monter en PE 1 ou 1.2 lorsqu’il faut muscler son jeu (gros poissons, rivières et débits importants…).

Par soucis de discrétion et de résistance à l’abrasion, un bas de ligne en fluorocarbone est noué à la tresse. Les monofilaments de 6 à 8lb (entre 20 et 24 centièmes) sont les plus adaptés aux rivières moyennes. Comme pour le corps de ligne, vous pouvez descendre ou monter en diamètre en fonction des conditions rencontrées. La longueur du fluoro doit aussi s’adapter au profil du cours d’eau. Entre 1 et 3m suffisent pour pratiquer du plus modeste ruisseau au plus puissant fleuve.

Au leurre souple et contrairement au poisson nageur, je vous conseille de ne pas utiliser d’agrafe pour les raisons suivantes. Tout d’abord, cette dernière crée des zones d’accroche pour les débris en tous genres. Elle ramasse donc végétation ou détritus d’origine anthropique rendant le montage inopérant. Aussi, ce type d’attache engendre une diminution des sensations en action de pêche par rapport à un nœud effectué directement sur l’œillet de la tête plombée. En effet, l’agrafe crée du jeu entre le leurre et la ligne, ce qui est logiquement néfaste à la remontée des informations jusqu’au pêcheur. De plus, dans certaines animations, la discrétion doit être optimale. L’agrafe est bien plus visible que du fluorocarbone et peut faire du bruit au contact de la tête plombée. C’est donc un accessoire dont le pêcheur peut se passer.

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La canne, élément primordial de votre ensemble pour traquer la truite au leurre souple.
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La canne et le moulinet

Pour débuter, bien que ce ne soit pas l’idéal, il est possible d’utiliser le même ensemble canne + moulinet que celui que vous possédez peut-être déjà et que vous destinez à la pêche au vairon manié. Les cannes spécialisées « pêche à la cuiller » ne sont pas envisageables car elles sont trop paraboliques. Les cannes « poisson nageur » sont un peu plus adaptées mais elles aussi manquent de rapidité, notamment pour assurer les ferrages. D’un côté, ce type de matériel peut engendrer pas mal de frustration, mais de l’autre, il permet de se lancer dans la pêche de la truite au leurre souple, se rendre compte de l’efficacité de cette approche et alors envisager un matériel plus spécifique permettant de mieux maîtriser cette technique et de prendre un maximum de plaisir.

  • La canne : 

La longueur de la canne est fonction d’une multitude de paramètres pas toujours très objectifs. Nous pouvons citer l’importance et encombrement du cours d’eau, la dimension souhaitée du talon, la taille et les habitudes du pêcheur (certains aiment les cannes longues, d’autres les courtes) etc… La liste serait très longue. Pour simplifier, la longueur d’une LS est en règle générale légèrement supérieure à celle d’une PN et équivalente ou un peu plus courte que celle d’une VM. Si vous utilisez une canne poisson nageur et que vous êtes satisfait de sa longueur, une quinzaine à une trentaine de centimètres supplémentaires seraient idéaux pour les softs. La nécessité d’un bras de levier plus important ainsi qu’un bon contrôle de la dérive justifie ce surcroit de longueur. Dans le cas où vous n’avez aucune référence (VM ou PN) et en essayant de chiffrer, cela peut donner : de 1,8 à 2,10m pour les ruisseaux et les petites rivières, de 2,10 à 2,40m pour les cours d’eau petits à moyens et jusqu’à 3m pour les plus imposants fleuves et les lacs.

La puissance de lancer dépend elle aussi logiquement des milieux fréquentés. D’ultra léger (1-6g environ) pour les têtes de bassin à médium heavy (7-28g) voire même heavy (10-40g) pour les parcours de piedmont ainsi que les retenues les plus profondes. Evitez d’utiliser un ensemble trop fort par rapport à votre pêche sans quoi vous briderez votre montage qui ne nagera plus de façon aussi naturelle. En pratique, le scion de la canne doit rester mobile et plier légèrement lorsque le leurre évolue dans l’eau

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pêche leurre souple
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Les actions sèches, « fast » sont recommandées. Le blank ne va donc essentiellement plier que sur la pointe, contrairement aux cannes destinées aux pêches aux poissons nageurs ou aux leurres métalliques qui courbent sur une partie bien plus importante (actions plus paraboliques, appelées regular ou slow). Cette raideur d’ensemble reste toute relative. Les meilleurs blanks savent être directifs en animation, ou lors des ferrages, et finalement conciliants pendant les combats (la canne travaille malgré tout de façon assez étendue sur un poisson). La rigidité du blank accentue la résonnance, un paramètre très important de cette pêche tactile (a contrario de la sensibilité qui peut être en retrait*). Ces actions rapides engendrent une meilleure lecture du fond et des touches. Elles permettent aussi une maîtrise plus grande de son association leurre souple + tête plombée : les animations sont fidèlement restituées et les dérives naturelles sont accompagnées avec suffisamment de fermeté. Mais elles permettent surtout de réagir plus vite. Toucher le substrat, identifier qu’il s’agit de roches et soulever la tête plombée avant que l’hameçon ne s'accroche… ou distinguer la tant attendue touche et ferrer. Une partie non négligeable de la réussite de cette pêche se cache dans le type de carbone employé qui se doit d’être d’un module élevé.

Aux leurres souples, les monobrins sont rois. Une deux brins engendre irrémédiablement une perte d’information par rapport au même blank en un seul brin. C’est indéniable. Si le pêcheur veut mettre le maximum de chances de son côté, il s’équipera d’une monobrin. Mais, pour des raisons de praticité liées à l’encombrement le pratiquant peut opter pour une deux brins. Ce n’est pas un choix optimal, mais chacun est encore libre de s’équiper avec ce qu’il désire en matière de matériel de pêche.

Je ne vais pas citer de références de cannes du commerce parfaitement adaptées pour cette pêche. La raison est simple : je n’en ai pas trouvées. Les cannes disponibles chez nos détaillants et qui sont les plus appropriées à la traque des salmonidés aux leurres souples sont des modèles conçus pour les petits carnassiers d’eaux calmes, notamment la perche. Ils peuvent faire le travail, mais souffrent généralement d’un déficit de résonnance, même chez les plus haut de gamme (qui affichent des tarifs déraisonnables). Aussi, d’un point de vue esthétique, ces modèles ne correspondent pas à mon idée de ce qu’est une canne pour pêcher la truite. Ils manquent pour moi de liège, de bois et de métal (nous sommes en présence de plastique et de mousse, matériaux éloignées de l’univers « truite »). Alors je me suis tourné vers le rodbuilding. J’ai pu alors monter des produits répondant parfaitement à mes besoins de pêcheur de truite aux leurres souples très exigeant (des blanks légers ayant l’action parfaite et une résonnance dingue, une disposition optimale des anneaux pour exacerber le tout...). Des choix techniques justifiés par la pratique et non par la réduction des coûts dans l’objectif de réaliser une marge maximale. Du très haut de gamme pour un prix contenu. Je ne vais pas m’étendre ici, mais si vous souhaitez des renseignements sur une canne spécifique pour pêcher la truite, vous pouvez me contacter via messenger, je vous répondrai avec plaisir.

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Les notions de résonnance et sensibilité sont souvent confondues ou amalgamées. Voici les définitions les plus justes que j’ai pu trouver et légèrement modifier, sur le site de montage de cannes Rodhouse :

Résonnance : Capacité d'une canne à retranscrire les touches au poignet du pêcheur. Les critères d'une canne résonnante ne sont pas définis scientifiquement et objectivement, du moins pas à notre connaissance, tous les constructeurs de cannes et de blanks vont ainsi vanter la résonnance de leur matériel. On connait cependant certains facteurs qui favorisent la résonnance : qualité et pureté du carbone (moins le carbone contient de résine et de fibre de verre plus il serait résonnant), proximité des anneaux avec le blank, conicité de la canne (plus une canne serait conique plus elle favoriserait la résonance), poids de l'ensemble, action du blank (un ensemble rapide, de pointe, serait plus résonnant qu'un ensemble semi-parabolique).

Sensibilité : Capacité du blank à retranscrire les vibrations émises par le leurre. Une bonne canne à shad transmet les vibrations de la caudale du shad. Cette vibration est transmise quand la canne travaille en flexion; le scion mis ainsi en vibration indique ou non si le leurre travaille bien. La sensibilité est plus en rapport avec l'action. Une canne sensible travaillera ainsi plus progressivement qu'une canne résonnante, qui sera souvent plus raide. Une canne sensible ET résonnante ... est un compromis.

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Pêche leurre souple
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Une canne spécifiquement conçue pour la truite au leurre souple, ici en version baitcasting, pour un maximum d’efficacité et de plaisir.
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  • Le moulinet :

Si le choix de la canne est primordial, celui du moulinet l’est beaucoup moins. Pour les pratiquants en casting, une référence baitfinesse sera adaptée. En spinning, une taille 1000 à 3000 est conseillée. Préférez un moulin qui équilibre votre canne et qui soit doté d’un frein de combat d’une grande progressivité, sans à-coups. Pêchant en tresse avec des diamètres fins, la capacité de la bobine n’a pas à être importante. Portez une attention particulière sur la récupération par tour de manivelle qui doit être importante (80cm ou plus), pour permettre lors des prospections vers l’amont de garder le contact avec le leurre. Aussi, un moulinet ayant une rotation fluide est un plus. En effet, lors de la récupération de la ligne, si des bruits ou des sensations parasites se produisent au niveau du mécanisme, ces dernières peuvent être une gêne pour cette pêche très tactile et quelque peu « couvrir » les informations que le blank transmet au pêcheur. L’usage est alors plus agréable et aussi plus efficace avec un moulinet doux. Nous sommes ici dans le détail, la recherche de l’excellence (pour le pêcheur) et de l’exhaustivité (pour le rédacteur de cet article). Ce paramètre n’est pas le plus important, il est tout à fait possible de s’en sortir sans casser son livret A pour du matériel très onéreux.

Après 3 articles consacrés à la pêche de la truite au leurre souple avec des imitations de poissons, soit plus de 6000 mots, il me semble que nous avons suffisamment décrit les motivations et les aspects techniques inhérents à cette pratique passionnante et répondant à certaines problématiques d’actualité. La pêche étant en évolution constante je vous donne rendez-vous pour de nouveaux papiers sur la recherche des salmonidés avec des softs, je pense en particulier à l’utilisation d’imitations d’écrevisses ou de créatures en tous genres. Ce sera certainement pour 2021. En attendant, je vous souhaite de profiter de cette fin de saison si les conditions météorologiques et hydrologiques vous le permettent.

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pêche leurre souple

La pêche au tandem sèche/nymphe : principe général

pêche tandem

Au sein du panel de techniques de pêche à la mouche existant, la pêche au tandem sèche/nymphe figure parmi les plus classiques. Pourtant, elle aussi s'est considérablement modernisée ces dernières années, en parallèle de la nymphe au fil. Explications :

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PRINCIPE

La pêche au tandem sèche/nymphe consiste à présenter une nymphe sous une mouche sèche, généralement fixée en potence. Comme en nymphe au fil, le but est de prospecter les veines de courant jugées favorables, sans repérage préalable des poissons. Cette technique nécessite donc une bonne lecture d'eau et une connaissance approfondie des principaux postes à truite.

Le poids de la nymphe est choisi selon la force du courant, la profondeur et le niveau de la colonne d'eau que l'on souhaite pêcher. Le couple vitesse/profondeur des postes favorables à la pêche au tandem étant plutôt faible, les nymphes à bille les plus communément utilisées sont comprises entre 1.5 et 3 mm.

La taille et le volume de la mouche sèche sont choisis selon le poids de la nymphe utilisée. Si la sèche est trop petite et/ou pas assez fournie, elle coulera trop rapidement sous la traction de la nymphe et ne jouera plus son rôle de porteur... A titre indicatif, voici les relations tailles de bille/tailles de sèche les plus adaptées : 

  • Nymphe à bille de 2 à 2.4 mm : mouche sèche sur hameçon de 16 à 18,
  • Nymphe à bille de 2.4 à 2.8mm : mouche sèche sur hameçon taille 14 à 16,
  • Nymphe à bille supérieure à 2.8mm : mouche sèche sur hameçon de taille supérieure à 14.

La distance entre la sèche et la nymphe dépend de la profondeur du poste : elle est généralement fixée à 1.5 x la profondeur du poste.

La mouche sèche sert d'indicateur de touche (elle coule ou s'arrête lorsqu'une truite se saisit de la nymphe) mais elle peut également être gobée par un poisson opportuniste ! Les modèles les plus utilisés sont de type parachute pour une meilleure visibilité et font appel à des matériaux qui flottent bien comme le chevreuil (à titre indicatif, voir notre fiche de montage du tabanas).

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pêche tandem
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La pêche au tandem est très efficace pour prospecter les zones lentes près des caches...
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ACTION DE PÊCHE

La pêche au tandem sèche/nymphe présente deux déclinaisons principales suivant le type de cours d'eau abordé et la distance de pêche, chacune nécessitant un matériel spécifique :

  • Pêche courte en rivières petites à moyennes : pour pêcher court et précis, le meilleur moyen de procéder est tout simplement d'utiliser le matériel de pêche en nymphe au fil moderne dans sa version light (canne longue de 10' minimum, de puissance #2 à #3 couplée à un long bas de ligne de 2 longueurs de canne). Comme en nymphe au fil, le lancer consiste à effectuer un coup de poignet unique pour propulser le tandem, sans utiliser l'inertie de la soie (cette dernière ne dépassant pas de l'anneau de tête). Compte tenu de la longueur de la canne utilisée et de celle du bas de ligne, on peut ainsi pêcher correctement jusqu'à une distance d'une petite dizaine de mètres. Etant donné que le chargement de la canne repose uniquement sur le poids de la nymphe, les tailles de bille sont comprises entre 2.4 et 3mm. Si la discrétion ou le profil de la rivière impose des dérives plus lointaines, plus longues et/ou des nymphes plus légères, l'approche suivante convient mieux :
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pêche tandem
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Dans les parties à blocs où les truites gobent souvent le porteur, l'approche "sans soie" est la plus efficace...
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  • Pêche à grande distance (plus de 8m) : la pêche au tandem à plus d'une dizaine de mètres survient en présence de grands courants homogènes nécessitant de longues dérives, ou lorsque des poissons très craintifs imposent une distance de pêche importante. Mieux vaut alors utiliser l'inertie de la soie pour propulser le montage et fouetter comme si l'on pêchait en sèche ou en nymphe à vue. Par rapport à l'approche précédente, ceci a deux conséquences principales :
  1. Lorsqu'on pêche en sèche/nymphe "avec de la soie", la taille des nymphes utilisées ne dépasse pas 2.4 mm, de façon à pouvoir être fouettées efficacement, les tailles de bille les plus adaptées étant comprises entre 1.5 et 2.4 mm.
  2. Il convient de bien choisir l'ensemble canne/soie/bas de ligne pour fouetter efficacement un montage lesté présentant un peu d'inertie lors de son trajet aérien : la puissance de la canne (de 9' à 10') sera légèrement supérieure à celle utilisée dans l'autre approche ; une puissance réelle de #3 et plus, couplée à une soie du même numéro et reliée à un bas de ligne dégressif plutôt rapide et court, seront bien adaptés. 
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... contrairement aux zones lentes où une soie permet de propulser une nymphe très légère !
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LES MEILLEURS COURS D'EAU

De nombreux cours d'eau et postes peuvent être abordés efficacement en sèche/nymphe : la présence d'une sèche au dessus de la nymphe apporte de la portance à cette dernière, ce qui lui permet de "planer" plus longtemps à la descente et donc d'être attractive dans les postes lents, voire très lents, où la sèche fait quasiment office de bouchon. Il peut s'agir de caches ou de zones molles situées en bordure dans les rivières rapides de montagne, mais aussi de radiers et autres postes mous en rivière de plaine. De même, cette technique est redoutable pour tenter des poissons suspendus dans la colonne d'eau : la descente ralentie de la nymphe est alors particulièrement efficace.

Seuls les couples vitesse/profondeur importants des rivières de montagne ou les grands cours d'eau à fort débit font toucher les limites de la technique. Partout où il faut pêcher très creux, la nymphe au fil à deux nymphes est plus efficace.

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pêche tandem
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Les mouches avec montage parachute sont les plus utilisées en sèche/nymphe...
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pêche tandem
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... tout comme les nymphes à bille de 1.5 à 3 mm !

Test comparatif : 3 cannes TLT 7'6 #3 Hotfly, Maxia et Pozzolini

cannes tlt

La TLT (ou technique de lancer total) est une technique très particulière de pêche en mouche sèche basée sur le lancer angulaire. Cette approche a déjà fait l'objet d'un article spécifique dans nos colonnes. Peu de cannes du marché sont réellement adaptées à cette pêche (la plupart des 7'6 ont des actions trop modérées). Nous avons sélectionné 3 modèles spécifiques. Le test en action de pêche a été confié à Malik Mazbouri, instructeur de l'école SIM Suisse, il vous donne son ressenti d'expert dans cet article.

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TESTS STATIQUES ET MESURES

Hotfly ICS V2

Cette canne conçue par l'entreprise italienne 1000mouchesElle possède des ligatures et un blank mat noirs. De petits points blancs facilitent l'alignement des brins. Comparativement à la première version, le porte-moulinet change sur la V2 actuellement disponible : un insert bois vient remplacer le liège et le système de serrage est assuré par le vissage de l'embout terminal du talon. Cette canne 3 brins est livrée dans un tube compartimenté.

NB : les mesures ont été effectuées sur la première version de la Hotfly ICS qui possède le même blank que sa successeuse V2.

Matériel

Hotfly ICS 7'6 #3

Marque
Hotfly
Série
ICS
Longueur
7'6
Longueur réelle
229cm
Soie
#3
Brins
3
Poids annoncé
63.00g
Poids réel
69.00g
Anneaux
9
Premier anneau
46cm
Poignée
26x138mm
Serrage
Uplocking
Talon de combat
Non
PME
115.00g
PTE
184.00g
IP
37
ERN
4.46
AA
65°
CCF
91cpm
Prix à la date de sortie
279.00€
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MAXIA MX3

La série MX de Maxia présente un look assez singulier en arborant notamment des liserés jaunes au niveau des emmanchements et des inscriptions du premier brin. Les autres ligatures sont noires et les anneaux Recoil au nombre de 10. Le porte-moulinet est en métal gris foncé avec insert carbone. Cette canne en 3 brins est livrée dans une housse et un tube de protection noir sur lequel figure un filet anti-rayure en plastique bleu.  

Matériel

Maxia MX3 7'6" #3

Marque
Maxia
Série
MX
Longueur
7'6
Longueur réelle
228cm
Soie
#3
Brins
3
Poids réel
80.00g
Anneaux
10
Premier anneau
52cm
Poignée
25x152mm
Serrage
Uplocking
Talon de combat
Non
PME
95.00g
PTE
175.00g
IP
45
ERN
5.65
AA
69°
CCF
95cpm
Prix à la date de sortie
425.00€
Texte

POZZOLINI TRT

Cette canne conçue en Italie par un spécialiste de la TLT, Antonio Pozzolini, présente un blank au revêtement brun finition gloss, portant des ligatures bordeaux ornées d'un liseré argent. De petits points blancs facilitent l'alignement des brins. Le porte moulinet en bois thuya est original puisque la fixation est assurée en vissant le bouchon du talon. Le montage de la canne est à la carte et plusieurs types de poignée sont disponibles, nous avons préféré le design spécial TLT (type B sur le site du fabricant) pour une prise enveloppante optimale. Cette canne 3 brins est livrée dans une housse et un tube cordura.

Matériel

Pozzolini TRT 7'6 #3/4

Marque
Pozzolini
Série
TRT
Longueur
7'6
Longueur réelle
229cm
Soie
#3/4
Brins
3
Poids réel
62.00g
Anneaux
10
Premier anneau
37cm
Poignée
25x154mm
Serrage
Uplocking
Talon de combat
Non
PME
98.00g
PTE
160.00g
IP
41
ERN
5.05
AA
70°
CCF
90cpm
Prix à la date de sortie
370.00€
Texte

DISCUSSION DES MESURES

  • PUISSANCE

En ce qui concerne la puissance, ces 3 cannes sont logiquement sous-estimées (la puissance réelle est supérieure à la puissance annoncée par le fabricant). En effet, la technique de lancer TLT consiste à "sous-charger" la canne de façon à augmenter le rythme de lancer et la vitesse de soie. Avec un ERN à 4.46, la Hotfly est une #4. La Pozzolini est une #4/5 (ERN à 5.05) et la Maxia est une #5 (ERN à 5.65). En utilisant une soie 3 comme préconisé par les fabricants, vous pourrez pêcher dans le plus pur style TLT !

  • ACTION

Au niveau des AA qui caractérisent l'action : celui de la Hotfly ICS est le plus faible (65°) et classe l'action de la canne dans la catégorie Moderate Fast. Ceux de la Maxia et de la Pozzolini sont proches (69 et 70°), ces deux références sont donc Fast. De façon à répercuter au mieux le travail du poignet lors de la réalisation des lancers spécifiques de la technique, les actions Fast sont plébiscités pour la TLT... attention, ce sont également elles qui pardonnent le moins les erreurs !

  • RÉACTIVITÉ

Caractérisée par la fréquence d'oscillation en cpm, la réactivité est indicatrice de la cadence de lancer à adopter. Distinguons :

- les cannes dont l'ERN est situé au milieu de leur plage de puissance respective, cest le cas de la Maxia et de la Hotfly ICS. Bien que censées avoir des fréquences proches, la Maxia se démarque vraiment avec une fréquence à 95 cpm, contre 91 pour la Hotfly. 

- la Pozzolini dont la puissance est située entre les plages de puissance #4 et #5 : testée avec une masse correspondant à une soie 4, sa fréquence est de 90 cpm (contre 95 cpm avec une masse correspondant à une soie de 4). Elle vient donc s'intercaler entre la Maxia et la Hotfly au niveau de la réactivité.

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Exemple de prise enveloppante typique de la technique
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Malik Mazbouri
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L'avis de Malik Mazbouri  Instructeur de l'école SIM Suisse : 

"En tant qu’instructeur de lancer italien depuis 2006, j’ai eu la chance d’avoir eu en main plusieurs dizaines de cannes au cours des dernières années. Montrer les lancers de la technique en utilisant le matériel des élèves plutôt que le sien comporte à mes yeux plusieurs avantages. C’est d’abord une bonne occasion de vérifier (et parfois de rectifier) l’équilibre général de l’ensemble canne/soie/bas de ligne utilisé par les élèves. C’est ensuite, à raison bien sûr que cet ensemble ne soit pas trop inadapté, un bon moyen de rassurer les participants, en leur montrant qu’avec un peu de pratique, tous les lancers de la technique peuvent être effectués avec le matériel qu’ils ont en main . En d’autres termes, que la solution est dans l’approfondissement de la technique de lancer, ce que les élèves sont en principe venus rechercher au cours, et pas dans l’acquisition d’une (énième ?) nouvelle canne "indispensable".

Cela dit, le matériel n’est évidemment pas indifférent : certaines cannes vont nous faciliter la tâche, d’autres la compliquer, plus ou moins sérieusement. Pour des raisons que nous avons pu expliquer ici (http://www.truites-et-cie.fr/article/technique/mouche/technique-seche-le-lancer-italien-ou-technique-de-lancer-total-tlt), la technique italienne privilégie l’emploi de cannes courtes (idéalement en 7'6), rapides et réactives, plutôt d’action de pointe, combinées à des soies légères (idéalement des DT2 ou DT3) . Les trois cannes testées, toutes en 7'6 en 3 brins, présentent ces caractéristiques générales. Deux d’entre elles, la Hotfly Italian Casting Style et la Pozzolini TRT, sont originaires d’Italie, lieu de naissance de la TLT, et sont présentées par leur fabriquant respectif comme spécialement adaptée à cette technique. La troisième, la Maxia MX3, nous vient d’Espagne, de Gijòn dans les Asturies, mais conserve une forte empreinte italienne, la firme Maxia ayant pris la succession, en 2010, du célèbre monteur Aldo Silva, ex Modern Flies, à Castelmarte en Italie.

La première constatation qu’il convient de faire c’est que, pour être toutes trois de bonnes, voire d’excellentes cannes pour pratiquer à l’italienne, ces courtes gaules sont néanmoins très différentes. Les quelques réflexions qui suivent permettront, je l’espère, de s’orienter un peu !

D’abord quelques mots des conditions de tests auxquelles je les ai soumises. Sachant que certaines combinaisons cannes/soies, à même numéro de soie, peuvent « tuer » une canne ou, au contraire, en exalter les qualités, j’ai d’abord commencé par me faire une idée de ces trois cannes en les équipant successivement de soies DT 3 différentes : la Technical Trout DT de chez Rio, encore disponible sur le marché, et les très regrettées Ultra 4 et Supra de Scientific Angler. Le bas de ligne utilisé était un bas de ligne TLT standard (donc fortement dégressif) d’environ deux longueurs de canne, confectionné selon la formule suivante :

bdl tlt

 

La première phase de l’essai a été conduite sur l’herbe et sur l’eau. Je n’ai pas été surpris de constater que la Hotfly ICS, donnée par le fabricant pour une soie de 3, était plus à son aise à sec, avec une soie titrant moyen voire léger pour son numéro AFTM, comme la Ultra 4, qu’avec une soie un poil plus lourd, comme la Supra. La TRT, annoncée par Antonio Pozzolino pour une soie 3/4, était excellente avec les trois soies utilisées, à sec comme sur l’eau. Pour la Maxia, c’est la Supra mouillée, donc chargée d’un tout petit peu plus de poids lié à l’eau et bénéficiant aussi d’un surcroît de glisse, qui m’a paru la meilleure. Ces impressions m’ont été confirmées par deux autres collègues instructeurs de la SIM Suisse auxquels j’ai fait essayer ces cannes, Jean-Pierre Panizzi et Paolo Rezzonico, qui, bien que lançant tous deux en technique italienne, ont un style personnel de lancer différent (l’un sollicite davantage le bras, l’autre davantage le poignet dans l’application de la force). La suite de l’essai, réalisée sur l’herbe, confirme pleinement ces premières impressions (NDLR : les chiffres de puissances réelles mesurées les confirment également !)

Quatre des lancers de base de la technique italienne, dont le lancer angulaire (voir ici : https://vimeo.com/169158797), ont été effectués à une distance moyenne de 12 mètres et les cannes notées sur la performance (phase 1 du test). A cela j’ai ajouté les lancers courbes dits « dynamiques » (phase 2), ainsi nommés parce qu’ils ne sont pas effectués en sous-puissance (formation d’un loop qu’on laisse mourir sur l’eau avant qu’il ne s’ouvre) ou en surpuissance (l’énergie résiduelle de la soie après ouverture du loop permet d’obtenir, par contrecoup, un courbe à gauche pour un droitier et vice-versa pour un gaucher ; sur ces courbes classiques (voir l’excellente vidéo de Carl McNeil https://youtu.be/B5_PhMOUMUA). Puis le lancer roulé, effectué sans ancrage, sur l’herbe (phase 3). Enfin un lancer à 24 mètres, en double traction (phase 4).

canne tlt

 

Les notes légèrement inférieures attribuées à la Hotfly ICS sur les phases 1, 2 et 4 du test sont dues à l’une des caractéristiques principales de cette canne : une pointe un peu faible par rapport à la rigidité relative des deux autres sections. Dans le modèle que j’ai pu essayer, les 4 anneaux monopattes du scion (pas les plus légers du marché) n’étaient en outre pas montés sur l’épine, les ligatures accusant une légère surcharge de vernis, en particulier au niveau de l’anneau de pointe. Tout cela contribue à alourdir sensiblement le scion de cette canne, lequel tend à être un peu instable dès qu’il est mis à contribution de manière sérieuse. C’est gênant, par exemple, sur des lancers comme le rasant ou butt cast (voir : http://www.pipam.it/index.php?option=com_content&view=article&id=824:lancio-radente&catid=46&Itemid=66), où la soie se déploie sur une trajectoire parallèle et basse, très proche de l’eau. Sur ce type de lancer, qui implique une certaine vitesse de soie, il faut parvenir à solliciter le bas de la canne, dit aussi « talon », sans surcharger la pointe. Si celle-ci cède et se tord sous l’effet combiné de la force appliquée et de la masse de soie mise en mouvement, le lancer sera compromis. Cela peut être également fâcheux dans des lancers type « courbes dynamiques », tels que le lancer svirgolato (voir ici : https://vimeo.com/410802402) où la courbe s’obtient, en partie, par torsion du scion au moment de la formation de la boucle : un scion qui cède vite facilitera certes le lancer, mais altérera aussi le contrôle de celui-ci. Quant au lancer roulé, la Hotfly est celle du trio qui se comporte le mieux sur l’herbe, où toute faute technique, notamment une rotation anticipée de la pointe en début de lancer, est sanctionnée par une lamentable chute en paquet de la soie sur elle-même.

La stabilité de la Maxia MX3 est irréprochable. Le scion, monté sur ou à l’opposé de l’épine, garni de 5 anneaux monopattes ultra-légers (plus l’anneau de pointe), présente une très bonne réactivité. Sa relative rigidité ne facilitera pas, toutefois, l’apprentissage de courbes dynamiques et il faudra la solliciter un peu (mais pas au point de perdre le contrôle) pour obtenir les présentations recherchées sur ce genre de lancers. Donnée pour une soie de 3 par le fabricant, la Maxia possède un équilibre remarquable entre ses trois parties (pointe/ventre/talon), mais il me paraît probable que la plupart des moucheurs préféreront la combiner avec une soie de 4, qui lui convient en effet, ou même avec une soie de 5, qu’elle supportera certes, au risque cependant d’introduire des inerties et de contraindre sa réactivité. Le comportement général de cette canne rappelle un peu celui des Arrow MRX d'Aldo Silva ou des Barone Kinetic, sauf erreur montées sur blank CTS.

Sans surprise, c’est celle des trois qui porte le mieux les 20-24 mètres de soie déployée pour le test de phase 4, qui soumet la canne à des sollicitations extrêmes : rien ne cède et elle en portera facilement une dizaine de plus. C’est peut-être la canne avec laquelle il sera le moins aisé d’effectuer un roulé sur l’herbe à 12 mètres : transposée sur l’eau, ce qui nous intéresse bien davantage, la Maxia est à peine moins performante que les deux autres sur le roulé, à raison d’appliquer le bon timing (pour cela, voyez les conseils avisés de Peter Hayes : https://www.youtube.com/watch?v=BCrjfZWGbek). Une curiosité pour une 7'6 en 3 brins : l’anneau de départ est fixé au bas du brin intermédiaire de la canne et non sur la première section, ce qui ne gêne nullement la gestion de la soie, soit en action de pêche, soit lors du coulé (shoot de la ligne pour gagner en distance ou intervenir sur le posé tendu/relâché du bas de ligne).

La Pozzolini TRT combine certaines des qualités de la Maxia, notamment une grande stabilité et un bon équilibre d’ensemble, à une plus grande sensibilité d’action. Le scion, monté comme celui de sa consoeur espagnole sur ou à l’opposé de l’épine, comporte également 5 anneaux monopattes, plus l’anneau de pointe. Il présente une plus grande rigidité que celui de la Hotfly ICS et une bien meilleure résistance aux rotations latérales involontaires. A courte distance (disons jusqu’à 12/14 mètres), la TRT sera plus aisée à travailler « en profondeur », c’est-à-dire sur les lancers qui sollicitent le talon, que la Maxia, mais sera un peu plus revancharde en cas d’application de force excessive ou intempestive. Des trois, c’est celle qui m’a paru la plus réactive, qualité fondamentale dans le style italien, notamment pour tous les lancers spéciaux en action de pêche, d’où la note légèrement supérieure sur la phase 5 du test. A mon sens, il serait préjudiciable de la charger avec une soie de 4 et, comme pour la JMC Compétition Fast (voir ici : http://www.truites-et-cie.fr/article/materiel/mouche/test-jmc-competition-fast-7-6-3), tout à fait à contre-emploi de lui imposer une soie de 5. Pour les connaisseurs de la TLT, une soie de 2 serait envisageable, sans qu’on y gagne grand-chose, à mon avis. La TRT n’a évidemment pas été conçue pour s’exercer au lancer de distance, mais ses performances, en soie de 3, restent correctes au-delà des 20 mètres, ce qui démontre, une fois encore, la remarquable harmonie d’ensemble de cette excellente canne.

Je conclurai cette revue comparative par quelques réflexions complémentaires :

Malgré un scion un brin irascible, avec lequel on peut du reste jouer pour produire des lancers en tailing loop contrôlés, très efficaces en eaux rapides, la Hotfly ICS montre de bonnes qualités au bord de l’eau. Elle reste parfaitement contrôlable à des distances courantes de pêche en torrent et j’ai eu plaisir à l’utiliser sur une de mes petites rivières favorites de l’Oberland bernois. Elle ne vous « pardonnera » rien, en revanche, s’il devient nécessaire d’appuyer un peu le geste en raison du vent ou pour gagner en distance. Il faudra être irréprochablement fluide et progressif sur l’application de la force et, pour un lancer droit, savoir maintenir la trajectoire de votre scion sur le parcours le plus linéaire possible. Tout cela en fait une excellente canne d’apprentissage ; à un prix qui se situe au-dessous des 300 euros, elle permet d’entrer dans la technique avec un outil correct sans dépenser une fortune.

D’aucuns jugeront que la Maxia est une canne extrême et il est vrai que, à moins de posséder un bon niveau de lancer en style italien, elle pourra paraître un peu trop dure. Je pense pour ma part que c’est une excellente canne, qui s’adresse néanmoins à… un public averti ! Elle n’est pas à conseiller au débutant, qui prendrait aussitôt la mauvaise habitude de la brusquer pour tenter d’en sortir quelque chose. Équipée d’une soie de 3, c’est typiquement le genre d’instrument que je choisirais en démonstration, sur des lancers canoniques TLT, tant elle tient la route lorsqu’il s’agit d’effectuer le fameux momento spinta ou thrust de la technique italienne, soit une courte accélération explosive et directionnelle par poussée sur la canne, avant la formation du loop. Je l’ai également testée une journée entière sur un ruisseau rapide du Sud des Alpes et avec beaucoup de plaisir : elle est irréprochable lorsqu’il faut lancer droit et bien assez réactive lorsqu’on recherche des trajectoires plus subtiles, notamment sur les courbes. Les jours de grand vent, elle supportera sans problème une soie de 4 pour des performances au moins égales à celles qu’elle atteint en soie de 3. Son prix, qui approche les 500 euros, la situe en moyenne gamme, mais, pour autant que je puisse en juger, sa belle facture et le soin porté aux finitions ne lui laissent rien à envier à des cannes de marques plus onéreuses. Le porte moulinet pourrait être un peu raccourci.

Ayant passé mon premier examen d’instructeur SIM en 2006, avec la fameuse Mi-Tix deux brins en 7'6 d’Antonio Pozzolini, je dois confesser un petit faible pour les cannes destinées à la technique italienne qui sortent de chez ce fabriquant. La TRT, par ses qualités intrinsèques et à un prix raisonnable (moins de 400 euros), est probablement une des bonnes acquisitions que puisse faire, en ce moment, un pêcheur curieux d’entrer dans la technique ou qui souhaite se procurer une canne très bien adaptée au lancer de style italien. C’est l’une des quatre ou cinq cannes que j’utilise régulièrement pour mon entraînement de lancer TLT et, tout simplement, pour la pêche. Le porte moulinet, à vis interne, est bien adapté à la prise enveloppante (voir photo)."

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Malik tlt
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Malik en action durant la phase de test en juillet dernier !
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LIENS UTILES

Les cannes Hotfly :

1000mouches

Les cannes Pozzolini :

Pozzolini

 

Pour commander les cannes Maxia, une adresse mail : flyastur@gmail.com ou contacter directement Andres Torres Garcia de notre part (son profil facebook ici)

Truite aux leurres : optimisez votre stratégie de pêche !

Pêche truite aux leurres

Comment prendre plus de truites aux leurres ? Contrairement à la plupart des approches visant la truite, la pêche aux leurres mise sur l'agressivité du poisson. Ainsi, une truite n'attaque pas forcément un leurre vibrant pour se nourrir, mais plutôt pour chasser un intrus ayant fait irruption dans son territoire. Cette caractéristique de la pêche aux leurres fait que son efficacité est extrêmement fluctuante (plus encore que celle des techniques misant sur l'effet "appât naturel") car l'agressivité d'un salmonidé varie énormément selon le poisson considéré et pour un poisson donné, selon le moment de la saison. Ainsi, et surtout si l'on débute, il est important de retenir cette règle générale de base : plus les truites visées sont agressives, mieux elles répondent à un stimulus vibratoire. La stratégie de pêche consiste donc à rechercher les poissons les plus agressifs possible. Où sont-ils ? qui sont-ils ? voici quelques éléments de réponse :

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Où rencontrer des truites agressives ?

Le réseau hydrographique salmonicole français est extrêmement varié à la fois en matière de type de milieux et de souches de truite. Certains endroits sont plus adaptés que d'autres à la pêche aux leurres. Schématiquement, il existe 4 grandes catégories de parcours abritant des poissons régulièrement réceptifs aux leurres :  

  • Les parcours à truites de pisciculture : sont inclus dans cette catégorie les secteurs abritant des truites introduites au stade d'alevin ou carrément des truites portions. Une truite née en pisciculture va conserver tout au long de sa vie une certaine forme d'agressivité et donc de réceptivité au signal vibratoire. On peut même dire que plus une truite est introduite tardivement dans le milieu naturel (au stade adulte de truite portion ou de géniteur réformé par exemple) et plus cette caractéristique intrinsèque est marquée. Pour les décider, pas mieux qu'une cuillère tournante ou qu'un poisson nageur suspending énergiquement jerké ! Pourquoi aujourd'hui, tant de pêcheurs français franchissent les Pyrénées pour prendre une grosse truite aux leurres en Espagne ? tout simplement parce que l'Espagne comporte de nombreux parcours (dits "intensivos") dont les truites possèdent une part importante de gènes de pisciculture (dits "gènes domestiques")...
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pêche truite aux leurres
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Les truites de pisciculture répondent toujours très bien aux leurres
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  • Les parcours à gros poissons : en avançant dans l'âge, les truites sauvages deviennent de plus en plus ichtyophages, c'est-à-dire consommatrices de poisson fourrage. Cette situation est d'autant plus marquée qu'elles cohabitent avec des cyprinidés d'eaux vives (vairon, goujon) et également pour un cours d'eau donné, en période estivale où ces poissonnets sont plus actifs. C'est notamment le cas des portions aval des grandes rivières de montagne, des résurgences, et de certains lacs de moyenne montagne. Face à ces individus vieillissant en recherche d'une pitance bien protéinée, la pêche aux leurres conserve de très bonnes chances de réussite tout au long de la saison. Voir notre article sur la pêche des grosses truites en France.
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pêche leurres
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Les grosses truites sauvages réagissent bien aux leurres : notre auteur Pierre l'a bien compris !
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  • Les milieux de haute montagne : passé 1700m, la rudesse des conditions de vie décuple l'agressivité et l'opportunisme des salmonidés, que ce soit en lac ou en torrent. Ils sont ainsi plus régulièrement réceptifs aux leurres que leurs homologues de plaine. A ce propos, vous pouvez consulter notre article spécifique sur la pêche de ces torrents de montagne.
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pêche lac de montagne
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Plus l'altitude est haute, plus la pêche aux leurres est régulièrement efficace !
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  • Des circonstances où la naïveté des poissons est décuplée : ce sont des parcours peu fréquentés (difficiles d'accès, privés...etc), ou des situations plus anecdotiques comme l'ouverture à la pêche d'une réserve ou d'un no-kill par exemple. Dans ces cas là, les poissons sont très agressifs. Pour preuve les résultats exceptionnels qu'ont obtenu les pêcheurs aux leurres sur la Bienne (39) lors de sa ré-ouverture à la pêche en 2012. Globalement, il faut garder à l'esprit qu'en matière de pêche aux leurres, plus que pour toute autre technique, la capturabilité des poissons diminue drastiquement à mesure que la pression de pêche par ce biais-là augmente. Pour s'en convaincre, il suffit d'observer l'évolution du comportement des truites au cours des manches de Trout Area : des poissons de pisciculture initialement très facilement capturables deviennent subitement rétifs et les participants doivent alors se creuser les méninges et changer l'offre pour les décider.
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pêche truite leurre
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Quand rencontrer des truites agressives ?

Nous l'avons vu au paragraphe précédent, l'agressivité d'une truite qui conditionne sa capturabilité aux leurres dépend étroitement du "type" de truite à qui l'on a à faire, mais également, pour un individu donné, du moment de la saison. Pour caricaturer et dégager de grands principes de bases, voici les 3 moments clés de la saison pour le pêcheur aux leurres :

  • Le début de saison : à l'ouverture et dans les quelques semaines qui suivent, une conjonction de facteurs est réunie en faveur de la pêche aux leurres. Tout d'abord à ce moment de l'année, les truites n'ont pas croisé un hameçon ni un pêcheur depuis de longs mois et sont donc relativement naïves. De plus, elles sortent affaiblies de la période de reproduction, ce qui les rend voraces alors que la nourriture n'est souvent pas très abondante dans leur environnement naturel. Elles sont ainsi très réceptives à un signal vibratoire. Dans de nombreuses rivières françaises, il est fréquent d'observer que les pêcheurs aux leurres obtiennent de bons résultats au mois de Mars alors que les choses se compliquent dès que l'eau se réchauffe en post-fonte des neiges par exemple... Dans ces cours d'eau, les techniques misant sur le stimulus alimentaire (pêche en dérive) sont plus régulièrement porteuses. Ce phénomène est également flagrant dans les lacs de montagne situés à moins de 2300m environ : dans le mois qui suit le dégel, la pêche aux leurres est d'une rentabilité déconcertante alors que plus tard, lorsque l'eau s'est bien réchauffée et que la nourriture abonde, les truites se désintéressent parfois totalement des poissons nageurs, obnubilées qu'elles sont par les petits insectes qui dérivent en surface !
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pêche leurre
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A condition que les eaux soient "en place", le début de saison est propice à la pêche aux leurres...
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Les particularismes locaux

Au-delà de toutes les considérations évoquées dans cet article, il est intéressant de noter que certaines souches de truites françaises répondent mieux que d'autres aux leurres, sans qu'il soit vraiment possible de l'expliquer... Il semblerait que cette caractéristique soit en quelque sorte "écrite" dans le code génétique des poissons et il est alors difficile de prévoir la capturabilité des truites de la rivière X ou Y sans connaître la population en question. Pourquoi certaines truites méditerranéennes de l'est de la France, sur la rivière d'Ain, le Guiers ou l'Albarine par exemple, sont particulièrement réceptives aux leurres alors que d'autres souches, dans le Couserans ariégois par exemple, réagissent rarement à ce signal ? c'est toute la magie de la pêche de nous réserver toujours une part inattendue et hors de portée d'articles pragmatiques comme celui-ci ! 

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pêche fario
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  • La période faste du printemps : pour chaque type de rivière, il existe un moment à la fin du printemps durant lequel tous les voyants sont au vert : bon niveau, température optimale autour de 12°C...etc etc. Dans cette période, tout fonctionne et la pêche aux leurres également. Cela ne dure généralement qu'une poignée de jours, mieux vaut être au bord de l'eau à ce moment là !
  • La fin de saison : l'approche de la fermeture automnale et les premiers jours qui suivent en seconde catégorie sont généralement porteurs lorsqu'on opère aux leurres car l'agressivité des truites est alors décuplée par l'approche du fraie. Serait-ce d'origine hormonale ou en raison du refroidissement de l'eau ? toujours est-il que les poissons, souvent désintéressés en période estivale, retrouvent dans ces conditions une certaine appétence pour les leurres.
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pêche leurre lac de montagne
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La période du dégel : moment clé de la saison pour le pêcheur aux leurres en lac d'altitude...
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pêche truite leurre
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... tout comme le début de l'automne en grande rivière !

Miquel Elexpuru, monteur expérimental du Pays Basque

Miquel Elexpuru

Monteur professionnel depuis plus de 20 ans, Miquel Elexpuru a acquis une solide réputation en Espagne, au contact de nombreux compétiteurs. Quand notre ami et membre de l'équipe rédactionnelle Glenn Delporte nous a présenté son approche, nous avons voulu en savoir plus ! Rencontre avec ce pêcheur basque passionné d'entomologie et de montage : 

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Bonjour Miquel, pouvez-vous vous présenter brièvement ?

"J'ai commencé la pêche à l'âge de 16 ans à la cuillère et au buldo. Cette même année, j'ai commencé à monter mes premières nymphes et sèches. Un an plus tard, j'ai acheté ma première canne à mouche et la fièvre qui est encore présente a commencé à m'envahir... Dans ces années, les truites se nourrissaient davantage en surface qu'aujourd'hui, 90% de la pêche à la mouche se passait en sèche. Les années ont passé et nous nous sommes rendu compte que les poissons mangeaient moins en surface et nous avons du apporter une solution pour prendre des poissons durant les heures mortes de la journée. La pêche à la nymphe a commencé avec des mouches à corps plombés et des JIG, toujours accompagnés d'une nymphe de baetis."

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Miquel Elexpuru
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Quelle est votre philosophie du montage de mouches ?

"Lors de la conception des mouches, nous essayons toujours de les rendre attractives pour la truite tout d'abord et deuxièmement attractives pour les pêcheurs. Pour créer une bonne nymphe, il faut toujours se mettre à la place du poisson. Ce n'est pas évident car les truites voient différemment de nous, mais si nous passons de nombreuses heures dans la rivière, nous saurons déchiffrer les inconnues. L'objectif est de comprendre pourquoi elles attrapent une nymphe et pas une autre, en fonction des différents paramètres présents dans la journée de pêche... et comme il n'y pas pas deux journées similaires... ça complique la chose !"

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Miquel Elexpuru
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D'où vous vient votre inspiration ?

"L'inspiration est toujours puisée dans la rivière et dans son écosystème. Pourquoi ? car cela ne sert à rien de créer de nombreux modèles de nymphes et de sèches à la maison si nous ne les essayons pas dans la rivière... Les truites vont toujours nous remettre à notre place et nous montrer leur intelligence, c'est ce qui rend la pêche à la mouche passionnante. On a tous des profs dans le montage de mouche, dans mon cas, mon messie du montage est Shane Stalcup (NDLR : monteur de mouche américain disparu en 2011 à l'âge de 48 ans), un visionnaire pour l'époque, j'en profite pour lui rendre un petit hommage."

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Miquel Elexpuru
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Quelles sont les principales caractéristiques de vos mouches ?

"4 mots clés :

INNOVATION : chaque année, il faut innover, pour cela il faut toujours essayer de nouvelles mouches. Parfois, il n'est pas facile d'aborder une rivière que vous ne connaissez pas avec de nouvelles nymphes. C'est cette difficulté que mon ami Cesar García Andrés et moi aimons tant.

EFFICACITÉ : les nymphes et sèches doivent toujours être très efficaces, cela ne sert à rien de valider un modèle après une demi-douzaine de truites, il faut l'essayer pendant plusieurs mois (automne, hiver, printemps) durant au moins trois années !

RÉSISTANCE : les clients nous parlent toujours de la résistance de nos nymphes et sèches, pour cela nous utilisons des vernis spéciaux qui leur confèrent une résistance maximale lors de la capture du poisson ou si nous tapons la nymphe contre les pierres.

ATTRAIT : je prends beaucoup de peine en cherchant à innover encore et encore pour rendre mes mouches très attractives, mais parfois des nymphes semblent très abstraites aux yeux des pêcheurs mais pas à ceux des truites, alors on se dit "Eureka, on a vu juste !". Les gens commencent à se creuser les méninges en se demandant comment une truite peut attraper une nymphe si abstraite... voici justement en quoi consiste la science de la rivière !"

Quels sont vos modèles préférés ?

"Le choix de mon modèle préféré est très difficile car c'est comme si vous deviez choisir entre l'un de vos enfants, ils ont tous leurs caractères propres qui les rendent spéciaux. Il faudra toujours choisir une nymphe en fonction de la lumière du jour (temps nuageux, soleil, etc.) du fond de la rivière et de la couleur de l'eau. Chez les compétiteurs, certains modèles ont acquis une grande renommée, je pense à la Nasa, Chalen, Tribrown, Candela II, Guide, Adventure, Oliva Champion ou la Marrón Champion."

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Miquel Elexpuru
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À quel type de pêcheur/rivière sont-elles destinées?

"Ces mouches sont utilisées par des compétiteurs de haut niveau. Elles sont testées dans de nombreuses rivières d'Europe et d'Amérique, et je n'arriverai jamais à pêcher dans toutes les eaux qui reçoivent nos mouches. La conception de ces mouches les rend universelles, elles prennent du poisson quel que soit le pays dans lequel elles sont utilisées, les retours de nos clients nous le confirment très souvent."

Merci Miquel et à bientôt pour plus d'informations sur vos mouches !

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Miquel Elexpuru
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Liens utiles :

La présentation de Mikel et de ses mouches sur le site de Glenn :

Made in River

Le site de Mikel :

Mikelfly

 

Test : Thomas & Thomas Contact II 10' #2

Thomas & Thomas Contact II

Après le succès de sa série Contact destinée aux approches modernes en nymphe au fil, la célèbre firme américaine Thomas & Thomas a continué de travailler pour améliorer les modèles existants. Ainsi sont nées les Contact II, dans une volonté d'optimisation de la série Contact... Focus sur le premier modèle de la série : la 10' #2.

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Thomas & Thomas Contact II
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TEST STATIQUE :

Côté look, cette nouvelle série Contact II est proche de la série Contact originale : elle reprend notamment le motif spiralé gris ardoise du blank et les ligatures bruns olives. Le numéro de la canne est toujours présent au niveau des emmanchements de façon à faciliter l'alignement des brins. Les composants haut de gamme de la série Contact sont également retrouvés, notamment la poignée en liège de qualité maximale (extra flor), l'anneau de départ en titane/silicium suivi de 11 autres anneaux recoil monopattes et le talon de combat en liège, apportant confort et équilibre. Le porte-moulinet en aluminium anodisé garde son insert en loupe de frêne mais devient down-locking. Cette canne 4 brins est livrée dans une housse made in USA et un tube aluminium.

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Thomas & Thomas Contact II
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Thomas & Thomas Contact II
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Thomas & Thomas Contact II
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Thomas & Thomas Contact II
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Thomas & Thomas Contact II
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Thomas & Thomas Contact II
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Thomas & Thomas Contact II
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Thomas & Thomas Contact II
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AA CONTACT II
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MESURES : 

Le protocole Common Cents System a permis de caractériser l'action, la puissance et la réactivité de cette canne : 

En ce qui concerne la puissance, 27 cents ont été nécessaires pour plier la canne sur un tiers de sa longueur, ce qui donne après conversion un ERN à 2.97. Il classe donc la puissance de la canne comme une soie 2/3, à peine plus que la puissance figurant sur la canne mais en conformité avec la préconisation du fabricant sur son site web : la canne peut recevoir une soie de 2 comme une soie de 3. 

Avec un AA de 67°, l'action de la canne est fast (AA supérieur à 66°) mais proche de la catégorie moderate fast. 

La fréquence à 74 montre la polyvalence du produit et l'excellent agrément de pêche en sèche. Testé avec une masse correspondant à une soie de 2, le CCF à 80 cpm montre sa grande réactivité.

Le confort de pêche est excellent, la canne pèse 85gr et s'équilibre avec un moulinet rempli de 120gr (soit un modèle de moins de 100gr). Le PTE est près de 30 gr inférieur à celui de la Cortland MKII 10' #2 (même longueur et puissance réelle), malgré une poignée bien plus courte sur la Thomas & Thomas. D'ailleurs cette poignée relativement courte permet une utilisation optimale avec un moulinet semi-automatique (une poignée trop longue couplée à un porte moulinet down-locking empêche un accès direct à la gâchette du semi-auto).

Matériel

Thomas & Thomas Contact II 10' #2

Marque
Thomas & Thomas
Série
Contact II
Longueur
10'
Longueur réelle
305cm
Soie
#2
Brins
4
Poids annoncé
85.00g
Poids réel
84.00g
Anneaux
12
Premier anneau
34cm
Poignée
25x165mm
Serrage
Downlocking
Talon de combat
Oui
PME
120.00g
PTE
204.00g
IP
27
ERN
2.97
AA
67°
CCF
80cpm
Prix à la date de sortie
850.00€
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Thomas & Thomas Contact II
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Joe Goodspeed
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L'avis de Joe Goodspeed, concepteur Thomas & Thomas : 

"Le modèle Contact II 10 ’2wt est une bonne représentation de ce qui diffère entre les Contact II et la première génération Contact. Notre objectif avec les Contact II était d'améliorer la série Contact déjà très réussie et nous avons concrétisé ce projet global en trois ans.

Ce temps a été consacré à en apprendre davantage sur la science des matériaux et des structures de renforcement, à obtenir et à tester de nouveaux matériaux et à écouter les retours des excellents pêcheurs de notre pro-staff (ainsi que les tests comme ceux de Truites & Cie !). Nous avons également passé du temps à examiner les améliorations des composants (premier anneau épuré) et à concevoir un talon de combat plus petit et plus efficace pour le porte-moulinet down-locking de couleur noir mat. L'amélioration de la répartition des anneaux de la série originale Contact était un sujet de discussion fréquent avec les pros, et nous avons expérimenté un certain nombre d'options potentielles. La répartition finale sur ces Contact II est basée sur le concept selon lequel le premier point de contact entre la ligne et la main qui tient le liège est considéré comme le premier point dans la répartition des anneaux, de sorte que la transition de la main au premier anneau, puis aux monopattes Recoil s'apparente à une ligne droite qui minimise la création de ventre dans la soie ou le nylon.

Cette conception crée les meilleurs points de contact de ligne pour maximiser les propriétés du blank lors du lancer, la détection des touches et permet à la partie inférieure plus puissante de travailler pour combattre efficacement le poisson.

Dans l'ensemble, les nouveaux blanks sont conçus pour être des outils polyvalents de pêche à la mouche bien plus que de simples cannes à nymphe. Toutes les cannes Contact II ont une action douce et précise et une puissance fidèle au numéro de soie annoncée. Les nouveaux blanks ont une résistance exceptionnelle, permettant à des cannes peu puissantes de cibler les gros poissons , de les combattre et d'en venir à bout efficacement."

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Thomas & Thomas Contact II
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L'avis de la rédaction :

Après avoir testé la quasi totalité de la gamme originale Contact, nous avions hâte de passer au crible cette première Contact II. Le seul défaut quantifiable des Contact était la distance un peu trop importante entre l'anneau de départ et la poignée pour une utilisation optimale en nymphe au fil. C'est désormais corrigé ! La distance choisie (35 cm) est idéale car elle réduit la formation du ventre dans la soie sans pénaliser la pêche en sèche avec une soie standard. Dans le même temps, on retrouve tous les avantages des Contact qui en ont fait des références sur le marché des cannes nymphe : action douce sans point dur, confort de pêche et réactivité excellentes.

Avec cette "10' soie 2/3", nous avons un canne polyvalente pour les pêches fines en rivières petites à moyennes. Elle permettra de pêcher efficacement avec des nymphes à billes à partir de 2.4 mm (ou 2 billes de 2 mm). En sèche, nous avons apprécié ses qualités de lanceuse à courte et moyenne distance (jusqu'à 10/12m), avec une soie de 2.

Comparativement à la Contact 10'2 #2, outre la meilleure répartition des anneaux, cette Contact II est légèrement plus puissante et rapide, ce qui lui confère un peu plus d'autorité sur les beaux poissons et une meilleure aptitude à pêcher en sèche avec une soie de 2 (CCF à 80 versus 77). Le tout avec un confort de pêche bien supérieur.

Comparativement à la Contact 10' #3, cette Contact II 10' #2 est un peu moins puissante et donc moins réactive avec une soie de 3. Ceux qui pêchent essentiellement en sèche avec une soie de 3 se dirigeront plus vers la Contact 10' #3 alors que ceux qui pêchent en alternance tout en privilégiant la nymphe au fil bénéficieront du montage typé nymphe de cette nouvelle Contact II 10' #2.

Malgré une action un peu modifiée, nous retrouvons l'âme de la série Contact avec une courbe harmonieuse du blank durant les combats et une capacité très intéressante à préserver les fils fins. Une vraie réussite Made in USA et garantie à vie ! 

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Liens utiles :

Le protocole de test des cannes à mouche : ici

Comment choisir sa canne à nymphe : ici

Le site du Moulin de Gémages, importateur exclusif Thomas & Thomas :

Le Moulin de Gémages

Les autres tests Thomas & Thomas ici :

Thomas & Thomas

Comprendre les coups du soir en sèche

pêche mouche

Avec les bouleversements climatiques que nous subissons depuis quelques années, la fréquence des coups du soir et le moment de la saison où ceux-ci se produisent semblent de plus en plus difficiles à prévoir. La saison dernière en est un exemple significatif. Les eaux basses et les températures élevées fin avril/début mai ont favorisé des coups du soir précoces sur les grandes rivières du sud-ouest que je fréquente ; ainsi dès le printemps, nous avons assisté à de multiples et abondantes éclosions de sedge. Ces coups du soir précoces furent d’ailleurs les meilleurs de la saison car ensuite les températures furent trop extrêmes pour être compatibles avec une activité de surface régulière. Actuellement, les coups du soir ont tendance à être de plus-en-plus printaniers et non plus seulement réservés à la période estivale. Voici comment les aborder au mieux :

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L'importance de l'anticipation

Afin de ne pas transformer une agréable soirée en crise de nerf, on se doit d’opter pour une préparation et une logistique scrupuleuses bien avant de poser ses waders dans le lit de la rivière. Au cours de la soirée, vous devrez pallier une visibilité déclinante au fil des minutes et une activité des poissons qui peut être fort brève, d’où l’intérêt d’une préparation minutieuse en amont. Conscient de ces contraintes particulières, pré-coup du soir et coup du soir s’organisent déjà à la maison en tentant d’anticiper la majorité des incidents susceptibles de perturber notre soirée. Cela passe en premier lieu par la préparation d'un matériel bien spécifique :

Le fait de posséder une lampe de poche ou une frontale dans l’antre de votre gilet vous permettra, dans les derniers instants de pêche, de pouvoir encore changer de mouche confortablement et aussi de regagner votre voiture en traversant la végétation envahissante des berges sans encombre. Ne démontez pas votre canne pour regagner la voiture car l’on peut perdre facilement une section dans les branches comme cela m’est arrivé avec ma Loomis NRX l'année dernière !

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pêche sèche
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J’ai aussi pour habitude de sélectionner les mouches que j’utilise et de les enfiler sur un passe fil afin de pouvoir changer de modèle dans l’obscurité sans m'énerver ! Ce sont généralement des sedges, éphémères et aussi quelques spents qui garnissent mes boîtes. Attention, comme nous l'évoquerons ensuite, la période des coups du soir n’est pas forcément synonyme de sedge. Pensez à doter votre boîte d’imitations bien visibles, j’ai pour ma part pas mal de mouches parachutes dressées avec des toupets oranges ou blancs, afin que celles-ci restent le plus longtemps visibles dans l'obscurité.

Pour finir, ne partez jamais sans connaître l’heure jusqu'à laquelle la loi vous autorise à pêcher, l’euphorie de certaines soirées pouvant vous faire franchir la ligne rouge facilement. Pour éviter cela, je règle toujours l’alarme de mon téléphone ou de ma montre à l’heure fatidique où il faut malheureusement quitter le lit confortable de la rivière !

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pêche coup du soir
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De la chaleur, mais sans excès

Généralement, lors des journées chaudes, les coups du soir sont l’occasion d’aller trouver un peu de fraîcheur sur les rives de nos rivières favorites à un moment où les salmonidés sont censés développer une activité soutenue. En soirée, la pénombre et la fraîcheur liées à la baisse de l’astre solaire favorisent les émergences ou retombées d"insectes, et donc, un possible regain d’activité des salmonidés. Les coups du soir se produisent généralement après une journée chaude et bien ensoleillée mais il arrive que ceux-ci se manifestent lors des soirées où le temps est lourd, favorisant les retombées de fourmis. La pêche sera alors très pointue !

A l'extrême, les périodes caniculaires ne sont pas forcément idéales en particulier sur les zones de piémont où la température de l’eau augmente rapidement au-delà du supportable pour les salmonidés présents. Les diverses espèces de mouches subissent aussi ces variations thermiques expliquant ainsi les faibles émergences que l’on constate parfois. Conséquence de l’accroissement et de l'anachronisme de ces phénomènes, les salmonidés adoptent des comportements alimentaires de plus en plus imprévisibles. La probabilité que les truites ne s’alimentent pas aux heures les plus fraîches devient de plus en plus récurrente car l'eau, elle, reste chaude sur les portions aval.

Prévoir ou anticiper la productivité d’un coup du soir est impossible : en effet toutes les conditions peuvent être réunies pour le moucheur mais pas forcément pour les truites. Nos cogitations pré-pêche ne sont pas forcément partagées par les salmonidés... Les coups du soir déçoivent souvent car ils ne produisent pas régulièrement des pics d'activité et restent totalement aléatoires. La stratégie de pêche devient encore plus capitale que d'habitude pour bénéficier au maximum des soirées fastes !

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pêche soir
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En montagne, la fréquence de bons coups du soir est plus importante qu'en plaine
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Le choix du poste

Il convient de choisir un parcours où les conditions seront les plus optimales pour opérer par faible luminosité tout en gardant un relatif confort de pêche. Comme toujours le choix du parcours se fera en prenant compte des conditions du moment et non pas de votre désir de prospecter telle ou telle rivière.

Au coup du soir, vous devez privilégier les secteurs assez dégagés, de façon à ce que notre mouche ait le moins de chance de croiser la route d’un obstacle et où nous pourrons progresser facilement en wading. Ce sont aussi les zones où la baisse de luminosité est la plus progressive. Il est pertinent de choisir un secteur où après la prise des premiers poissons, il est possible d'avancer vers d’autres gobages potentiels situés en amont. Après avoir ramené un ou deux poissons à l’épuisette, quoi de plus désagréable que de se retrouver déjà à la fin du poste et de devoir changer d’endroit alors que la nuit se rapproche très vite...

Le coup idyllique sera baigné par un courant moyen, assez peu profond, et pourvu d’une ripisylve peu abondante, comme c'est souvent le cas des fins de pool où la remontée du fond est progressive. Les salmonidés aiment se poster sur ces secteurs où la profondeur remonte au fur et à mesure que le courant s’accélère. Nous devrons également cibler les zones « entonnoir » où la densité d’insectes dérivants augmente sous l’effet des courants qui les regroupent. Les immenses pools sur lesquels on voit de nombreux moucheurs se poster pour les coups du soir ne sont bons que lors des éclosions massives... quand ce n’est pas le cas, la densité d’insectes dérivant est trop faible pour déclencher une grosse activité... 

La configuration du coup avec la présence d’une veine d’eau plus forte flirtant contre une berge désigne souvent un effet « entonnoir », celui-ci se confirme lorsqu’une majorité des débris végétaux et autres se retrouvent concentrés dans la même coulée. La probabilité d’avoir un coup du soir sur ce type de pool est beaucoup plus forte lorsque les émergences d’insectes sont relativement faibles.

J’aime pratiquer les coups du soir sur des grandes rivières pour chercher les gros poissons qu'elles contiennent, mais rien ne vous empêche d’aller sur une petit ou une moyen cours d'eau de montagne. La fréquence des coups du soir y est plus importante.

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Pêche coup du soir
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Les fins de plats : le poste type en grande rivière
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La stratégie de pêche

Après avoir ciblé un pool bien typé afin de vous positionner dans les meilleures conditions, il faudra opérer méthodiquement :

En arrivant dès que le soleil commence à décliner (vers 19h selon la saison), il se produit parfois un pré-coup du soir qui peut s’avérer être le moment le plus productif. La luminosité est encore importante, les contraintes sont ainsi moindres, ce qui facilite la capture des quelques poissons postés. Personnellement j’ai une grande affection pour les pré-coups du soir car j’aime cette pêche fine où le pêcheur se fait chasseur afin de trouver des truites secrètes. C’est aussi un moment où vous pouvez encore photographier vos prises avant de les remettre à l’eau sans pour autant qu’elles ressemblent à un poisson congelé sous l’effet du flash.

A partir de la fin mai et durant toute la période estivale, les fins de journée voient d’importantes éclosions d’ignita (BWO) qui déclenchent une activité de surface discrète. En fonction de leur abondance, quelques poissons entament une activité collée aux berges. La pêche de ces truites est passionnante dans des conditions encore lumineuses. L’activité des poissons sur ces insectes durera généralement une petite heure, après les truites les délaisseront pour porter leur attention sur les premiers sedges.

Les pré-coups du soir permettent de pêcher un peu plus longtemps à condition bien sur d'éviter les pools où vous comptez faire votre vrai coup du soir et ainsi d’y tremper vos waders inutilement. Cette mise en bouche est souvent délicieuse.

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Pêche mouche
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Le pré-coup du soir : le moment favori de l'auteur
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Vers 20h/20h30, allez vous poster sur le pool choisi, les premiers gobages que vous apercevrez seront la plupart du temps produits par de petits poissons, les grosses attendant une obscurité plus prononcée pour sortir. En début de coup du soir les salmonidés sont souvent fixés sur des éphémères qui laissent la place aux sedges lorsque la nuit approche. Quand les poissons se mettent soudain à refuser vos imitations d’éphémères (subimago et spent), optez immédiatement pour un sedge.

C’est le moment de profiter encore d’une luminosité acceptable pour changer de pointe. Augmentez votre diamètre de fil et fixez quelques sedges sur le patch de votre gilet en plus de celui au bout de votre ligne. Une pointe plus forte sera adaptée à la taille des sedges proposés tout en permettant un meilleur confort de pêche dans l’obscurité. Un bon 16, voir un 18/100 ne décourageront que rarement des poissons en activité à l’approche de la nuit !

Bonne pêche au coup du soir !

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pêche coup du soir
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