Sentence halieutique : pétition pour augmenter la taille légale de capture
Un guide de pêche témoigne :
« Mes clients adorent les gros poissons, mais c’est surtout pour sauver la planète ».
Un guide de pêche témoigne :
« Mes clients adorent les gros poissons, mais c’est surtout pour sauver la planète ».
Après le test de la 10'8 #2 (ici), poursuivons l'exploration de la nouvelle gamme SX du fabriquant espagnol Maxia, avec un modèle destiné aux adaptes des cannes sèche plutôt longues et/ou de la pêche au tandem : la SX4 9'8 #3.
Pour cette nouvelle série SX, Maxia rompt avec les ligatures jaunes des MX et passe au vert ! ces liserés sont présents au niveau des emmanchements et du premier brin. Le blank est toujours brut, non verni et doté de classieux anneaux sombres et de ligatures noires (11 anneaux dont 10 monopattes pour cette 9'8). Le moulinet en alu gris présente un insert vert bouteille, la forme de la poignée ne change pas par rapport aux MX. Cette canne 4 brins est livrée dans une housse et un tube aluminium carré verts, surmonté du classique filet plastique bleu anti-rayure de la marque.
Le protocole Common Cents System a permis de caractériser l'action, la puissance et la réactivité de cette canne :
En ce qui concerne la puissance, 32 cents ont été nécessaires pour plier la canne sur un tiers de sa longueur, ce qui donne après conversion un ERN à 3.72. Il classe donc la puissance de la canne comme une soie 3, exactement ce qui est annoncé par le fabricant. Avec un AA de 67°, l'action de la canne est fast (AA supérieur à 66°) mais proche de la catégorie moderate fast. La fréquence à 83 montre la réactivité très importante de ce produit (relativement à sa longueur). Cette 9'8 est aussi réactive que les 9' que nous avons testées ! Le confort de pêche est excellent : avec un PTE de 218 gr pour cette 9'8, il la classe parmi les références les mieux équilibrées du marché dans cette gamme de longueur/puissance.
L'avis du fabriquant sur la gamme SX :
"Le concept "multimodulaire" qui était à l'origine de la gamme MX est aujourd'hui repris dans ce que nous appelons la conception « multisegment », qui nous permet essentiellement de fabriquer chaque section en ajustant chaque centimètre à la fonction qu'il doit remplir, tout en assurant une transition parfaite entre les sections, améliorant l'action et l'équilibre de l'ensemble.
Chaque canne à pêche SX utilise, dans des proportions variables et après avoir testé des dizaines de combinaisons, cinq types de fibres de modules ultra-hauts et deux types de résines. De cette façon, nous avons réussi à alléger les blanks et en même temps à augmenter leur résistance, en faisant en sorte que chaque centimètre de la canne agisse pour remplir au mieux sa fonction, ce qui limite les pertes d'énergie dans les cycles de flexion et d'extension et étend la grande courbe de réponse qui est la marque de fabrique des cannes Maxia."
... et sur la 9’8 #3 :
"Canne à pêche ultralégère, pour la pêche en sèche et au tandem, éventuellement pour la nymphe. Action plutôt de pointe. Elle est destinée aux pêcheurs qui pêchent habituellement des truites de belles tailles, pour lesquelles une canne #2 est insuffisante, pour ceux qui préfèrent les cannes rapides, ou pour ceux qui ont l'habitude de lancer loin."
L'avis de Pierre Kuntz, vice champion de France D1 rivière 2017, troisième D1 rivière 2018, Capitaine de l’équipe championne du monde des jeunes en 2016 (Espagne) et 2017 (Slovénie), Champion d’Europe senior 2017 par équipe et vice champion d’Europe en individuel (Portugal) :
"Pour cette saison 2019, j’ai eu la chance de pouvoir tester l’une des nouveautés de chez Maxia, à savoir la canne SX4 en 9’8" soie de 3. Il s’agit d’une canne développée spécialement pour la pêche en sèche/nymphe et en sèche. Ce modèle est vraiment adapté pour la pêche dans tous types de rivières, que ce soit en ruisseaux ou en grandes rivières. Sa longueur est particulièrement intéressante, car la canne est suffisamment longue pour avoir un bon contrôle des dérives et des replacements de soie tout en restant super maniable. C’est une canne très agréable à utiliser, très précise et très réactive ce qui donne un réel confort de pêche. Au combat, je la trouve particulièrement douce, ce qui permet de pêche sur des fils fins sans risque de casser, même sur un ferrage un peu appuyé ! Elle conviendra parfaitement pour des poissons de 20 à 50 cm. Pour nous les compétiteurs, c’est une canne qui nous accompagnera sur toutes les rivières ou il est nécessaire de pêcher avec de la soie en sèche, en sèche/nymphe, ou à vue, en complément d’une canne plus longue destinée à la pêche en nymphe au fil."
On retrouve avec cette SX4 9'8 les éléments très qualitatifs déjà soulignés lors de nos tests de la 10'8 soie 2 : puissance conforme, excellent équilibre, maniabilité et réactivité importantes. Avec une fréquence à 83 cpm, cette 9'8 sera très à l'aise en sèche (avec une soie 3 qui lui convient bien) où la longueur ne la pénalisera pas du tout ! On retrouve également cette action particulière de la série SX (AA à 67° proche de la catégorie moderate fast), soit des actions "entre deux", ni trop rapide, ni trop lente. Elles induisent une courbe harmonieuse, sans point dur lors des combats, qui limite les casses. Le prix est à la hauteur de la qualité du produit et de la fabrication européenne.
Chaque pêcheur veut satisfaire son désir de nature et de liberté. Beaucoup apprécient découvrir de nouveaux milieux et de nouveaux poissons. Mais ces aventuriers halieutiques font aussi souvent partie d'une famille qu'ils aiment et qui les aime. Malheureusement, il est rare que tous les membres d'un même foyer apprécient la pêche où soient en âge de le faire. Alors bien souvent le pêcheur va pratiquer son loisir préféré loin des siens... Mais n'est-il pas possible de concilier la pêche avec la joie d'être en famille, par exemple lors de quelques jours ensemble à la découverte de nouveaux paysages? Un moyen semble permettre de réaliser cela tout en restant totalement libre des ses déplacements : le van. Nous l'avons testé en partant 4 jours dans le but de découvrir tous ensemble de nouveaux sites... et par la même occasion de nouvelles truites !
Notre petite escapade se prépare très simplement, sans grand souci de logistique. Le véhicule est bien équipé, il suffit de faire ses valises comme si nous allions passer le week-end chez mamie Marcelle. La seule préoccupation concernant l'organisation du voyage est le choix de l'itinéraire. Le van permet de se déplacer de façon autonome sans avoir le souci de trouver un toit pour la nuit. Nous avons malgré tout choisi de dormir en stationnant dans des campings pour le confort de nos filles encore jeunes et notamment pour leur éviter de se laver en plein air alors que les températures étaient encore fraîches en montagne. C'est dommage car en été je suis certain que nos deux petites grenouilles auraient grandement apprécié la douche solaire mise à notre disposition par WeVan. Les campings étant nombreux et, détail non négligeable pour un pêcheur, généralement placés à proximité des cours d'eau, il n'y a que peu de contraintes géographiques à prévoir. En toute logique, grâce au campervan le périmètre des zones de pêche potentielles se trouve grandement élargi. Finies les sorties à la journée à moins de 2 heures de route du domicile. Il est désormais possible d'aller plus loin en préparant un circuit sur plusieurs jours.
Nous mettons à profit un des nombreux ponts de cette fin du mois de mai pour découvrir l'intérieur de la Catalogne. Le patrimoine naturel et culturel semble y être riche. Concernant le potentiel pêche, la zone est parcourue par deux rivières principales qui ont l'air prometteuses. Tout le monde devrait y trouver son compte.
Nous récupérons le superbe Van Wolkswagen California que l'agence WeVan de Perpignan a préparé et mettons le cap vers le sud. Les têtes se tournent sur notre passage : nous faisons beaucoup d'envieux ! Il faut dire que ce mode de locomotion permet d'avoir toutes les commodités du camping-car avec un tout autre style. Puis nous prenons notre premier repas avec notre véhicule de prêt. Grâce au réfrigérateur, la bière est bien fraîche et grâce aux plaques de cuisson le repas est bien chaud. Comme à la maison. A ce détail prêt que la rivière est à deux pas, juste en contrebas. Et l'heure de la sieste étant arrivée, j'ai deux heures devant moi pour en profiter au maximum.
La joie sera de courte durée. Mon moulinet me joue des tours et ma tresse est clairement en fin de vie... Bien sûr j'ai pensé à tout sauf à prendre une bobine de corps de ligne supplémentaire. Etant loin d'un détaillant, je vais me débrouiller avec mon moulin de secours remplit d'une tresse qui doit bien frôler les 25 centièmes... Il y a mieux pour soigner ses lancés et ses dérives ! Si un pêcheur doit s'adapter aux conditions rencontrées au bord de l'eau, il doit parfois aussi faire avec ce qu'il a entre les mains. Ne pouvant que difficilement lancer en dessous de 7 grammes, je suis donc contraint de pêcher assez gros. Et je vais devoir faire tout le séjour ainsi. De toute façon, je ne vois ni ne pique le moindre poisson malgré une rivière magnifique et des conditions qui sembles optimales (débit faible à modéré, temps ensoleillé, vent faible, air à 22°C et eau à 12°C). Est-ce un secteur peu productif, une mauvaise journée ou un pêcheur qui s'y prend mal?
Nous rejoignons le camping pour y passer la nuit et prendre notre repas du soir. L’avantage d’avoir une cuisine, c'est la possibilité de préparer ses repas avec des produits locaux. Quelques rondelles de chorizo avec un "riz de montagne", une tome du coin, une bonne bouteille et tout le monde se régale en consommant local... en économisant le restaurant ! La rivière coule à une dizaine de mètres mais je n'irai pas y faire le coup du soir après le souper préférant passer du temps en famille. Il faut dire que le lendemain sera très chargé car j'ai prévu de pêcher toute la journée en prospectant plusieurs secteurs.
Nous dormons bien dans le van. Deux personnes couchent dans l'espace séjour et deux autres sous le toit relevable. Les lits sont suffisamment spacieux et les ensembles matelas+sommiers sont très confortables. La matinée étant fraîche j'allume le chauffage annexe. Je choisis une puissance assez conséquente. Le moins que l'on puisse dire c'est qu'il est efficace : le véhicule se transforme rapidement en sauna !
Pour cette journée presqu'entièrement dédiée à la pêche, nous nous organisons afin de nous retrouver pour le repas de midi. Aujourd'hui je pêche le Ter en dessous Ripoll (la veille, j'étais sur cette même rivière mais en amont de cette localité). Malgré des heures à pratiquer sur des secteurs bien différents et des conditions qui paraissent toujours aussi favorables, le bilan de la sortie est très décevant. Je n'ai eu qu'un timide suivi. C'est la pêche. Les capots en font partie et c'est d'autant plus vrai lorsque l'on prospecte des endroits inconnus. Parfois ça paye, parfois il n'y a même pas de truites au fond de la vallée...
Par contre, pas question de se résigner, nous allons profiter de notre grande liberté de mouvement pour quitter le Ter et essayer de trouver un cours d'eau plus productif. Une heure après nous voilà sur les berges d'un autre fleuve situé plus à l'ouest, le Llobregat. Si nous avions réservé quatre jours d'hôtel sur les bords du Ter, j'aurais été condamné à pêcher une rivière vide, ou, tout du moins, avec des truites semblant très peu coopératives. De quoi devenir fou. Avec un van, il est possible de changer ses plans pour essayer de trouver des endroits plus favorables, sans problème de réservation ou de toit pour passer la nuit. Il représente une formidable capacité de réaction et d'adaptation pour tous les "globe-fishers".
Nous voilà donc près du Llobregat sur la commune de Berga. Le téléphone portable est mis à contribution pour connaître la législation en vigueur sur ce cours d'eau puis je planifie la sortie en prévoyant d'insister sur les parcours paraissant les plus prometteurs sur Google Earth. Car demain doit être une journée productive. Une troisième sortie sans poisson ferait désordre pour le rédac'chef, un obsédé du clic, qui espère un article plein de truites... et comme plus les poissons sont gros, plus les clics sont nombreux, il faut faire dans la démesure...
Le Llobregat est un très joli cours d'eau serpentant au fond d'une vallée bucolique. C'est vert et plein de fraîcheur, comme une rondelle de citron plongée dans un mojito. Le cocktail cubain n'est réussit que s'il y a beaucoup de menthe et les truites se substituent à la plante aromatique. La densité y est impressionnante. La taille est aussi plutôt élevée. En témoigne ce poisson attrapé dès le début de la sortie :
Un combattant émérite qui engama le shad au second passage après avoir tapé dans le leurre sans se piquer sur la première dérive. Lors de cette matinée, je touchai une multitude de truites de toutes tailles. Avec mon matériel surdimensionné, je décrochai ou manquai presque toutes les touches. Ce n'est pas vraiment une surprise ni même une déception. L'essentiel étant, lors de ce genre de sortie "prospection" de ratisser un maximum de linéaire pour évaluer la richesse salmonicole du cours d'eau. Et sur le Llobregat je pense pouvoir dire sans me tromper qu'elle est très élevée.
Au fur et à mesure que le soleil montait dans le ciel les températures grimpaient en flèche pour atteindre 28°C dès 13 heures. L'atmosphère dans les wadders me rappela celle du Van après avoir allumé trop fort le chauffage annexe. Cela se compliquait aussi au niveau des truites et seuls les individus les plus petits restaient actifs. L'important ayant été réalisé selon moi, je décidai de ranger définitivement ma canne. Il y a tellement d'autres choses à faire en famille. D'ailleurs, c'est peu dire que l'on profite pleinement de ses journées grâce au van. Chaque minute est mise à profit. Il y a très peu de temps d'attente (attendre quoi? Le bus? Le room service?). Le reste de la journée et le lendemain seront consacrés au tourisme et à la transmission de valeurs et savoirs de pêcheur.
Ne souhaitant pas retourner au bord de l'eau le lendemain matin, ce sera finalement tout pour ce séjour concernant la pêche. Mais l'essentiel est la : j'ai pu découvrir une jolie vallée bien peuplée en mouchetées tout en conciliant loisir personnel et activités familiales. L'objectif est atteint grâce à un fabuleux moyen : le van. Ce dernier permet de vivre pleinement de "petites aventures familiales". Il suffit de prendre quelques jours de congés pour explorer, partager, se retrouver tous ensemble... et faire de son weekend ou de ses vacances une découverte, une véritable expérience originale proche de la nature et en toute liberté.
Liens utiles :
Article associé : Voyage de pêche en van avec Wevan
L'agence WeVan Perpignan : ici
Le site WeVan :

Et au milieu coule une rivière : Un pêcheur au toc se surprend à rêver pêche à la mouche. Il rougit.
A l’heure où le bassin versant de la Couze Pavin connait une période de sécheresse historique, où ce « râle » mécanique de la motopompe transperçant la nuit trahit celui d’une rivière à l’agonie qu
La marque ibérique Baetis fait évoluer sa série haut de gamme Precision en 2019, avec l'arrivée des Precision 2.0. L'occasion nous était donnée de passer en revue quelques modèles, en commençant par deux longueurs en soie 3 : la 9'6 et 10'6.
Test statique :
Pour cette nouvelle série, la marque rompt avec le look criard de la première génération (blank verni, ligatures jaunes) pour plus de sobriété et un aspect plus épuré : les nouveaux blanks sont non vernis, laissant apparaître les fibres de carbone, et les ligatures deviennent noires. Les emmanchements sont désormais de type inversé, leur alignement est facilité par deux fins traits blancs. Les anneaux sont monopattes et l'avant dernier est de type serpentiforme afin de limiter le bouclage du nylon lorsqu'on pêche à l'espagnole. Le porte moulinet en alu s'assombrit et conserve un insert en graphite, tout en devenant down-locking à partir de la longueur 10'. La poignée liège est toujours de forme cigare. Cette canne 4 brins est livrée dans un tube cordura compartimenté.
Mesures :
Le protocole Common Cents System a permis de caractériser l'action, la puissance et la réactivité de ces deux cannes :
En ce qui concerne la puissance, 35 et 30 cents ont été nécessaires pour plier ces deux cannes sur un tiers de leur longueur respective, ce qui donne après conversion un ERN à 4.16 pour la 9'6 et 3.42 pour la 10'6. Ils classent donc la puissance de la 9'6 comme une soie 3/4, à peine plus que ce qui est annoncé par le fabricant et la 10'6 comme une vraie soie 3.
En terme d'action, on reste dans la lignée de la première génération : les AA sont très proches pour ces deux modèles (72° pour la 9'6 et 71° pour la 10'6), ce sont des cannes très fast.
Les conforts de pêche sont excellents pour ces deux modèles, relativement à la longueur et la puissance : ils font partie des modèles les mieux équilibrés du marché (PTE à 223gr pour la 9'6 et un impressionnant 265 gr pour la 10'6, entre autres grâce au porte-moulinet down-locking présent sur cette longueur).
Le diamètre de la poignée est standard (25 mm) et les premiers anneaux sont relativement éloignés (51 cm pour la 9'6 et 59 cm pour la 10'6) de cette dernière. Ainsi, les modèles en 10‘ et 10'6 incluent un anneau de départ supplémentaire à monter soi-même pour pêcher plus efficacement en nymphe au fil (ils limiteront la formation du ventre dans la soie en pêchant canne haute).
L'avis du concepteur Jose Raul Soria sur la Precision 2.0 9'6 #3 :
"C'est l'évolution du modèle précédent qu'on a rendu encore plus léger en lui donnant en même temps un peu plus de puissance au lancer, pour un meilleur contrôle de la ligne, sans perdre la douceur et la sensibilité de la canne. C'est une canne semi-rapide, parfaite pour la pêche à la mouche sèche et au tandem. La réserve de puissance sur le bas du blank est présente lorsque nous devons faire face aux plus gros poissons. Ce qui frappe avec cette canne, c’est sa légèreté qui nous permet de pêcher aisément pendant des heures, sans se fatiguer, tout restant précis avec une soie 2 par exemple, pour les présentations des plus délicates. Pêcher fin sera possible car elle préserve parfaitement les pointes de vos bas de ligne."
et sur la 10'6 #3 :
"C’est une canne issue de la compétition et conçue par notre pro-team ! elle permet de contrôler à la perfection les dérives sans perte de temps de réaction au ferrage, comme cela arrive parfois avec des cannes longues. Avec le système de fixation du moulinet vers le bas, l'équilibre est parfait. Le traitement contre la pluie présent sur le bas du blank minimise l'adhérence du fil et nous permet de lancer plus facilement. Cette canne permet d'affronter de gros poissons, grâce à sa réserve de puissance dans le talon, mais en même temps, elle conserve une certaine sensibilité en pointe, pour la détection des touches les plus fines et nous permet de pêcher avec des fils extrêmement fins sans aucun problème. Avec ce modèle, nous pouvons utiliser un grand panel de poids de nymphes ce qui le rend très polyvalent et valable pour presque toutes les situations rencontrées. Ce qui fait le plus grand attrait de cette série de cannes, c’est sa précision lors du lancer, qui permet de placer les nymphes dans des endroits compliqués à la première tentative et le recovery important du scion l’empêche de rebondir et d'emmêler le bas de ligne. Sans aucun doute l'une des meilleures cannes nymphe sur le marché."
L'avis de Christian Guimonnet, auteur à Truites & Cie :
"J'avoue d'emblée que j'ai un peu de mal à changer très souvent de matériel, mais il était temps, après 7 saisons pleines avec la même canne (une Marryat Tactical 10' #3) de me moderniser quelque peu. Je teste donc depuis 3 mois la Baetis Précision 2.0 9'6 pour soie de 3. Je confirme que la technologie à fait de gros progrès depuis 7 ans, je n'avais encore jamais pêché à plein temps avec une canne aussi légère et réactive. Idéale pour mon style de pêche (je pêche essentiellement des rivières moyennes de 6 à 15m de large) pour laquelle la précision est le premier des critères. Elle reste très polyvalente pour que je puisse alterner mes pêches de prédilection : sèche, nymphe à vue et même noyée amont ! Evidemment, ses mensurations la limite un peu pour la nymphe au fil ou à l'espagnole, mais cela reste jouable, surtout sur des cours d'eau de taille modeste."
L'avis de la rédaction :
Une série de cannes typique des marques espagnoles, avec un modèle en 9'6 destiné à la sèche et des longueurs plus importantes pour les pêches en nymphe modernes. On saluera la conformité aux données fabricants et le très bon rapport qualité/prix de ces produits. Les adeptes des actions (très) rapides seront séduits. Pour les applications des deux produits testés ici, la 9'6 #3 sera très polyvalente pour les cours d'eau petits à moyens (avec sa réactivité importante, elle sait tout faire et notamment pêcher en sèche) et la 10'6 #3 permettra de pêcher en nymphe avec des billes à partir de 2.4 mm. On regrettera simplement la distance importante du premier anneau pour les modèles longs typés nymphe !
La pêche de la truite en eaux rapides se pratique généralement vers l’amont dans des cours d’eau abritant des postes variés et rapprochés. Elle exige l’adoption d’un placement adéquat afin d’optimiser l’action de pêche qui en découle, à savoir le poser puis la dérive. Bien qu’oublié par de nombreux pêcheurs, le placement fait partie des fondamentaux de notre pratique. Gardez en mémoire qu’un choix de mouche judicieux ou un montage adapté, lorsqu’ils ne peuvent offrir une dérive parfaite, sont parfaitement inopérants. Or, l’approche et le placement sont des préalables indispensables à la réalisation d’une bonne dérive. Les eaux rapides s’avèrent être le terrain idéal pour cet apprentissage car les situations rencontrées sont extrêmement diversifiées. L’acquisition de ces automatismes permettra non seulement de gagner du temps en action de pêche, mais également d’améliorer sa pratique dans des milieux plus vastes où la réflexion est parfaitement reproductible :
L’endroit choisi pour se poster avant de lancer sa ligne devra réunir les qualités suivantes (par ordre de priorité) :
Trouver un placement réunissant parfaitement toutes ces qualités est quasiment impossible en pratique, mais la réunion partielle d’un ou deux de ces critères permet déjà de prendre des poissons. Le moucheur devra toujours compenser techniquement les handicaps que les conditions de pêche lui imposent. C’est dans ces moments que la maîtrise des divers lancers et la capacité d’adaptation l'amène vers les sommets de son art. Voici la suite logique des événements auquel il sera confronté :
Aborder un poste débute systématiquement par un temps d’observation, en position statique (on ne réfléchit pas bien en marchant). Les veines d’eau porteuses de nourriture, produites par les particularités du terrain sont toutes uniques. Par exemple, une marne se resserrant à proximité de la berge va accélérer le courant, alors qu’un gros rocher planté au milieu du coup le ralentira et le divisera en deux à l’aval. Toutes ces contraintes hydrauliques et environnementales déterminent les postes des truites et donc l’objectif à atteindre lors du lancer. Sans prise en compte de ce décryptage préalable (la fameuse lecture d’eau) et sans une adaptation de la réflexion qui suit, impossible de pêcher correctement. Une fois le but fixé, débute l’approche du poste ou du poisson (cas de la pêche à vue). Elle doit évidemment être discrète, sans surplomber (quitte parfois à se baisser si vous êtes grand et que l’eau est basse), de l’aval vers l’amont, en remontant dans l’axe du poisson le plus possible et en s’arrêtant à l’emplacement choisi pour lancer sa ligne. Ce dernier tient compte de :
Objectif :
La distance de pêche est la distance qui sépare le pêcheur prêt à lancer du poisson convoité si celui-ci est visible, ou de la veine d’eau où celui-ci est susceptible de se tenir dans le cas contraire. Une trop faible distance entre le pêcheur et le poisson aura pour conséquence d’effrayer ce dernier alors qu’une distance trop importante rendra le poser et la dérive hasardeux (plus on pêche loin, plus on pêche mal).
L’angle de pêche est l’angle virtuel formé par la droite truite-pêcheur et la droite tangente à la truite postée face au courant. Plus le pêcheur se situe dans l’axe de la truite (pêche plein amont), plus cet angle se rapproche de 0°. Inversement plus il aborde la truite « en travers », plus l’angle se rapproche de 90°. On appelle "3/4 amont" la position intermédiaire entre le "plein amont" et la pêche "en travers".
Bien se placer, c’est choisir un point sans influence sur le comportement des truites et le moins néfaste possible pour l’action de pêche. Ceci est un enjeu décisif. Le choix de cet emplacement « parfait » tient souvent à quelques centimètres… une petite distance manquante ou superflue influence considérablement la suite des événements.
Méthode :
La distance et l’angle idéals pour attaquer un coup ou un poisson repéré sont totalement dépendants de l’environnement du poste et des conditions de pêche :
Cas 1 des obstacles sont intercalés : Lorsque des obstacles physiques (rochers, végétation) vous dissimulent aux yeux des poissons, la distance de pêche se réduit (cas d’une truite gobant juste en amont d’un énorme bloc proéminent), mais cela n’est malheureusement pas toujours le cas. Il faudra alors se positionner dans l'alignement truite-obstacle pour vous soustraire à la vue du poisson.
Cas 2 aucun obstacle n’est présent : Dans la majorité des situations, aucun obstacle ne vous sépare des truites. Dans ce cas, il faut définir la distance et l’angle de pêche en fonction de la luminosité ambiante, de la profondeur et de la vitesse de courant, voire de la teinte des eaux.
Globalement, plus le couple vitesse/profondeur est important et la luminosité faible, plus vous pourrez diminuer la distance de pêche et choisir l'angle d'attaque qui vous convient le mieux (3/4 amont à la nymphe par exemple ou celui qui limite au maximum le dragage en sèche). Inversement, plus les débits sont faibles, la luminosité importante et l'eau claire, plus cette distance doit être augmentée et le placement du pêcheur situé dans l’axe de la truite (pêche plein amont ou légèrement 3/4).
Toutes les situations de pêche sont différentes, faites confiance à votre intuition et à votre expérience. En fonction du coup ou du poisson, la distance minimale à ne pas dépasser s’imposera d’elle-même au fil des sorties et deviendra instinctive, surtout si vous fréquentez souvent les mêmes cours d’eau (car les truites de différentes rivières n’ont pas le même degré de tolérance en terme de distance d'attaque).
Pour les situations où un poisson est repéré, l’observation de son comportement vous indiquera très vite si vous vous êtes trop approché. La fin des gobages, les nageoires qui s’agitent soudainement attestent d’un poisson sur ses gardes…
Objectif :
Bien voir sa mouche dans ces eaux agitées fait partie des éléments ayant une incidence sur la productivité de la pêche, c’est indéniable. Le but est de la distinguer correctement dès son impact sur l’eau jusqu’à la fin de la dérive, de façon évidemment à déceler un éventuel gobage, mais également pour s'assurer de son évolution naturelle (sans dragage).
Méthode :
Si la configuration de la rivière (tant au niveau des postes que de la ripisylve) et le degré de méfiance des truites rendent possible la progression vers l'amont rive gauche ou rive droite, le choix pourra se faire de façon à plébisciter la berge qui offre la meilleure visibilité. Les lunettes polarisantes ne peuvent pas tout, et je vous suggère de porter votre attention sur le coté de berge offrant la meilleure visibilité si et uniquement si les critères précédents sont remplis (discrétion + bonnes conditions de dérive).
En effet, en cas d’étiage et de forte luminosité par exemple, progresser sur la berge à l’ombre (méthode qui apporte la plus grande discrétion) en pêchant plein amont les poissons postés sur la même bordure, impose une pêche à contre-jour inconfortable… toutefois, mieux vaut peiner à distinguer sa mouche que la lancer dans des postes vides !
Parfois même, dans certaines situations extrêmes de mauvaise visibilité, si le nombre de postes favorables est suffisamment important, vous pouvez sauter ceux qui n'offrent pas la visibilité idéale. De façon générale, gardez en tête que les mouches qui fonctionnent en eaux rapides ont une excellente visibilité et une flottaison à toute épreuve.
La possibilité de repérer ou non le poisson qui s’alimente influence le choix de placement du pêcheur et modifie ses stratégies d’attaque. En effet, les pêches à vue (en nymphe ou en sèche) contribuent à faire adopter un placement diffèrent de celui que l’on choisit lorsque l’on pêche l’eau.
Pour la pêche à vue :
L’endroit où se situe le poisson repéré déterminera celui où devra se placer le pêcheur, nous pouvons qualifier ce dernier de « personnalisé ». Notre placement ne tiendra alors plus compte des veines d'eau adjacentes où pourraient se trouver d’autres individus. L'objectif est de nous placer dans les meilleures conditions pour pendre le poisson repéré. Attention toutefois, dans les rivières à forte densité, s’avancer trop vite est la meilleure façon de caler rapidement la truite aperçue (si de nombreux petits individus sont présents dans les radiers maigres juste devant vous par exemple, ils peuvent se sauver vers l’amont et effaroucher l’individu repéré que vous convoitiez). Quelques coups de ligne donnés "en aveugle" permettent parfois d'assurer le coup.
Pour pêcher l'eau :
Lorsque nous prospectons un poste sans présence visible de salmonidé (en « pêchant l’eau »), le placement se fait dans l’optique d’exploiter progressivement et totalement l’ensemble du poste. Cette position doit permettre un parfait ratissage de la totalité des veines d’eau qui s’offrent à nous, avec une discrétion maximale et si possible en garantissant un bon confort de pêche. L’avancée se fait souvent pas à pas, en posant toujours la mouche au plus près de nous afin de prendre les truites les plus proches en premier, et ainsi éviter de coiffer les poissons plus amont avec notre soie. La priorité sera donnée au cheminement qui nous offrira l’opportunité de pêcher les veines d’eau porteuses le plus aisément, comme illustré ci-dessous :
Le matériel pour être polyvalent
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