Test : Maxia SX4 10'8 #2

Maxia SX

Que de nouveautés en 2019 ! De l'autre côté des Pyrénées, c'est l'entreprise Maxia qui s'illustre avec sa nouvelle série de cannes SX. Toujours conçues et fabriquées en Espagne notamment grâce à Alejandro Vinuales, les SX s'annoncent dans la lignée des MX en termes de champs d'utilisation : sur le papier, elles se destinent aux approches modernes de la nymphe, à la pêche au tandem, ainsi qu'à ceux qui pratiquent la sèche avec des soies fines et des cannes plutôt longues. Voyons si elles se démarquent de leurs prédécesseuses MX au niveau des caractéristiques techniques, en commençant par examiner un modèle très typé nymphe au fil, la 10'8 #2 : 

Image
Maxia SX
Texte

Test statique :

Pour cette nouvelle série SX, Maxia rompt avec les ligatures jaunes des MX et passe au vert ! ces liserés sont présents au niveau des emmanchements et du premier brin. Le blank est toujours brut, non verni et doté de classieux anneaux sombres et de ligatures noires (13 anneaux dont 12 monopattes pour cette 10'8). Le moulinet en alu gris présente un insert vert bouteille, la forme de la poignée ne change pas par rapport aux MX. Cette canne 4 brins est livrée dans une housse et un tube aluminium carré verts, surmonté du classique filet plastique bleu anti-rayure de la marque.

Image
Maxia SX
Image
Maxia SX
Image
Maxia SX
Image
Maxia SX
Image
Maxia SX
Image
Maxia SX
Image
Maxia SX
Texte

Mesures : 

Le protocole Common Cents System a permis de caractériser l'action, la puissance et la réactivité de cette canne :

En ce qui concerne la puissance, 28 cents ont été nécessaires pour plier la canne sur un tiers de sa longueur, ce qui donne après conversion un ERN à 3.12. Il classe donc la puissance de la canne comme une soie 2/3, à peine plus que ce qui est annoncé par le fabricant. Avec un AA de 66°, l'action de la canne est moderate fast (AA entre 63 et 66°). La fréquence à 74 montre la réactivité importante de ce produit (relativement à la longueur). Le confort de pêche est excellent : avec un PTE de 270 gr pour cette 10'8, il la classe parmi les références les mieux équilibrées du marché. Le premier anneau est situé à 23 cm de la poignée, ce qui permet de pêcher au fil canne haute très efficacement (en évitant que la soie ne redescende dans les anneaux).

Image
Maxia SX
Matériel

Maxia SX4 10'8 #2

Marque
Maxia
Série
SX4
Longueur
10'8
Longueur réelle
327
Soie
#2
Brins
4
Poids réel
95.00g
Anneaux
13
Premier anneau
23cm
Poignée
26x185mm
Serrage
Uplocking
Talon de combat
Non
PME
175.00g
PTE
270.00g
IP
28
ERN
3.12
AA
66°
CCF
74cpm
Prix à la date de sortie
640.00€
Texte

L'avis du fabriquant sur la gamme SX :

"Le concept "multimodulaire" qui était à l'origine de la gamme MX est aujourd'hui repris dans ce que nous appelons la conception « multisegment », qui nous permet essentiellement de fabriquer chaque section en ajustant chaque centimètre à la fonction qu'il doit remplir, tout en assurant une transition parfaite entre les sections, améliorant l'action et l'équilibre de l'ensemble.

Chaque canne à pêche SX utilise, dans des proportions variables et après avoir testé des dizaines de combinaisons, cinq types de fibres de modules ultra-hauts et deux types de résines. De cette façon, nous avons réussi à alléger les blanks et en même temps à augmenter leur résistance, en faisant en sorte que chaque centimètre de la canne agisse pour remplir au mieux sa fonction, ce qui limite les pertes d'énergie dans les cycles de flexion et d'extension et étend la grande courbe de réponse qui est la marque de fabrique des cannes Maxia."

... et sur la 10'8 #2 en particulier :

"La 10'8 #2 est une canne ultralégère pour la pêche à la nymphe européenne. Idéale pour la pêche avec une soie ultra-fine ou avec du nylon uniquement (al hilo)."

Image
Maxia SX
Image
Pierre Kuntz
Texte

L'avis de Pierre Kuntz, vice champion de France D1 rivière 2017, troisième D1 rivière 2018, Capitaine de l’équipe championne du monde des jeunes en 2016 (Espagne) et 2017 (Slovénie), Champion d’Europe senior 2017 par équipe et vice champion d’Europe en individuel (Portugal) : 

"Depuis presque une année, j’ai eu la chance de pouvoir tester les dernières nouveautés de chez Maxia, à savoir les cannes SX en 10’8". Il s’agit d’une gamme de canne adaptée et développée spécialement pour la pêche en nymphe moderne. Le model 10’8" soie de 2 m’a accompagné au bord de l’eau, que ce soit en loisir ou en compétition, en particulier pour les pêches d’étiages en grande et moyenne rivière. En effet, il s’agit d’une canne qui est particulièrement appropriée aux pêches légères et ultra légères car la puissance de son blank permet de lancer des nymphes montées avec des petites billes (à partir de 2,0 mm) sans effort. Cette canne est particulièrement adaptée à la pêche des poissons de petite et moyenne taille. Pendant le combat, la canne va travailler sur l’ensemble de sa longueur, ce qui permet d’avoir un contact parfait avec le poisson et donc de ne pas décrocher. En action de pêche, cette canne est très agréable à utiliser car elle a une très bonne rapidité d’exécution, et cela malgré sa grande longueur."

Image
Maxia SX
Texte

L'avis de la rédaction :

Avec cette série SX, Maxia propose une avancée majeure : tous les défauts des MX (puissance sous-évaluée, équilibre moyen) sont gommés. La puissance mesurée est très proche de celle annoncée et l'équilibre du produit est tout simplement impressionnant. La réactivité, déjà importante avec les MX, est toujours au rendez-vous. Ainsi, malgré la longueur importante, les coups de ligne s'enchaînent de façon fluide et rapide. Il est très intéressant de remarquer que les chiffres de cette SX 10'8 #2 sont très proches de ceux de la Thomas & Thomas Contact 10'8 #3 testée l'automne dernier (IP à 28 pour la Maxia vs 29 pour la Thomas, AA à 66° et fréquence à 74 pour les deux). Ces deux cannes sont donc très proches en termes d'action, de puissance et de réactivité. Avantage pour cette Maxia (au delà du prix plus modéré) : un montage beaucoup plus typé "nymphe au fil à l'européenne" avec un anneau de plus et un premier anneau relativement proche de la poignée (23 cm). Cette Maxia se destine donc aux pêches légères (de par sa puissance modérée) avec des billes à partir de 2.4 mm voire un peu moins pour les lanceurs les plus aguerris. Avec son action très douce (AA à 66°), elle plie très progressivement comme l'a souligné Pierre dans son commentaire. Cette absence de point dur en fait une arme parfaite pour limiter les décroches et combattre les poissons de façon optimale. Le prix augmente quelque peu par rapport aux MX, mais pour des cannes made in Europe avec un tel niveau de technicité, il reste cohérent selon nous !

Voici les mesures des deux longueurs inférieures 10' et 10'5, toujours en #2. On notera la cohérence des résultats obtenus : toutes les longueurs en puissance annoncées #2 sont en réalité des #2/3 d'action moderate fast. 

Matériel

Maxia SX4 10' #2

Marque
Maxia
Série
SX4
Longueur
10'
Longueur réelle
303cm
Soie
#2
Brins
4
Poids réel
96.00g
Anneaux
11
Premier anneau
52cm
Poignée
25x184mm
Serrage
Uplocking
Talon de combat
Non
PME
137.00g
PTE
233.00g
IP
26
ERN
2.82
AA
66°
CCF
74cpm
Prix à la date de sortie
650.00€
Matériel

Maxia SX4 10'5 #2

Marque
Maxia
Série
SX4
Longueur
10'5
Longueur réelle
319cm
Soie
#2
Brins
4
Poids réel
94.00g
Anneaux
13
Premier anneau
23cm
Poignée
25x184mm
Serrage
Uplocking
Talon de combat
Non
PME
166.00g
PTE
260.00g
IP
28
ERN
3.12
AA
66°
CCF
75cpm
Prix à la date de sortie
650.00€
Texte

Liens utiles :

Le protocole de test Truites & Cie : ici 

Les cannes Maxia en ligne :

Caleri flyfishing

 

Les autres tests Maxia : 

Maxia

La jolie brune

grosse truite

J’ai toujours une affection particulière pour les leurres durs. Certes, cette pêche peut paraître quelque peu old school face à la déferlante de leurres souples qui survient actuellement. Mais j’avoue éprouver un grand plaisir à utiliser des poissons nageurs, outils d’une grande technicité et issus d’un développement souvent complexe. Et aujourd’hui je sais que je vais pouvoir nouer au bout de ma ligne une petite nouveauté prometteuse qui se prête particulièrement bien aux conditions actuelles...

Texte

L’eau est basse, claire, le soleil généreux et le vent presque inexistant. Il fait bon être au bord de l’eau et apprécier ces instants de quiétude. Instants d’autant plus estimables qu’aucun signe d’activité ne s’est manifesté durant les deux premières heures de prospection. Alors, j’ai troqué le petit dernier, coulant lentement, contre un poisson nageur « coulant rapide ». Un des modèles qui m’a rapporté de nombreux poissons depuis l’ouverture. Souvent, dans les moments de doute, le pêcheur se raccroche à ses valeurs-sûres aux dépends des nouveautés.

A la fin d’un rapide et alors que le leurre décrit un arc de cercle en s’appuyant sur le courant, une ombre décolle du fond. Mais, poussé par l’écoulement, le leurre s’éloigne trop vite d’elle. L’obscure silhouette retourne d’où elle est venue, entre deux blocs rocheux. L’entrevue ayant été très furtive, il est difficile d’estimer la taille de l’indécise. Mais je sais désormais ou elle se trouve précisément. A moi de soigner la dérive pour essayer de l’approcher au plus près et lui déposer le leurre dans la gueule, tel un présent quelle ne pourrait refuser. Lors de ce deuxième passage, le poisson nageur évolue au plus près du poste de la truite convoitée. Mais celle-ci n’attaque toujours pas. Elle prend en chasse le leurre et nage la gueule collée à ce dernier sans jamais l’engamer. Maintenant je la vois distinctement : le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle est de fort belle taille.

Comment essayer de décider un poisson suiveur ? Plusieurs options s’offrent au pêcheur :

  • Continuer la récupération. Parfois, un poisson peut se décider à attaquer près de la rive, dans les derniers décimètres de récupération, juste avant que ce qu’il considère être une proie ne trouve refuge à l’intérieur de la berge et qu’elle soit donc hors d’atteinte. On peut considérer que le prédateur se dit « c’est maintenant ou jamais. »
  • Modifier son animation. Par exemple passer d’une récupération linéaire à du twitching pour tenter de provoquer l’intéressé.
  • Faire une pause dans la récupération. Alors le poursuivant, entraîné par son n’élan, n’a plus qu’à ouvrir la gueule pour aspirer le leurre. La tentation de la facilité en somme.
  • Se dire que ce n’est pas le bon leurre et en changer avant que le poisson ne découvre le subterfuge.

Plusieurs animations sont tentées lors de la dizaine de mètres qui nous sépare mais rien n’y fait, la truite reste la gueule clouée. Je ne peux pas bien me soustraire à son regard. Si je persiste de la sorte, le poisson va me voir et il se sauvera irrémédiablement. Alors je fais une pause en gardant la ligne légèrement tendue. Le heavy sinking coule en ondulant… mais sans déclencher l’attaque tant souhaitée. J’ai donc échoué dans ma tentative. Mais tout n’est pas perdu. La belle regagne sa zone de tenue sans m’avoir vu. Je vais donc pouvoir la tenter à nouveau. Et ce poisson, c’est mon petit dernier qu’il veut, j’en suis désormais convaincu.

J’atteins la zone de tenue de l’indécise avec le fameux petit dernier, un poisson nageur qu’un crafter voisin m’a généreusement confié. Il s’agit du R-Craft 55 de Mr Craft. Le scénario se répète à l’identique : la truite suit le leurre sans le prendre. Pourtant, celui-ci est bien différent du précédent. Il décrit un rolling très prononcé et ses hauts flancs envoient de beaux éclats lumineux lors des twitch. Mais rien n’y fait. Je tente alors ma dernière chance en stoppant la récupération. Par rapport au HW employé précédemment, le R-Craft se met à couler lentement. La poursuivante l’engloutit en une fraction de seconde après le début de la pause. Est-ce dû à la différence de densité ? Est-ce la conséquence d’un détail de couleur ou de design ? Difficile à dire. En tout cas, c’est le R-Craft 55 qu’elle a choisi.

Le combat est assez rapide. En règle générale, j’ai remarqué que plus le pêcheur voulait brider une truite en étant directif avec elle, plus celle-ci avait une défense violente. A l’inverse, si l’instigateur dirigeait les ébats délicatement, cette dernière avait tendance à se laisser faire (je ne ferai pas, dans cet article, d’allusions grivoises). Malgré deux jolis rush le poisson rejoint l’épuisette, dans laquelle il ne contient que difficilement.

La fario me laisse admirer sa robe et ses proportions généreuses le temps de quelques photos. Une petite pensée envers mon crafter préféré et elle regagne sa liberté. Bisous Max ;)

Image
grosse truite
Image
pêche grosse truite

Soutenons les AAPPMA !

AAPPPMA

A l’heure actuelle, il semble être de bon ton d’avoir un avis sur tout et surtout sans qu’aucun préalable ne soit nécessaire. Ainsi, les avis sont souvent inversement proportionnels aux compétences des personnes qui les exposent.

Texte

Les réseaux sociaux sont le terreau le plus fertile qu’il m’ait été donné d’observer pour accéder à ces nombreuses personnes qui révolutionnent la construction d’une pensée et font d’eux-mêmes les nouveaux maîtres incontestés du savoir.

Comme les innombrables sujets d’actualités traités par les fabuleuses chaînes d’informations en continu qui soit dit en passant me régalent tout autant qu’elles m’exaspèrent, il en est un qui ne déroge pas à la règle de l’analyse superficielle et démagogique : l’organisation de la pêche en France et les fameuses structures associatives agréées de la pêche de loisirs.

Parlons un peu des AAPPMA…

Sources et causes de tous les maux de la pêche en France pour certains, associations de vieux pour d’autres, on ne peut pas vraiment dire que les structures associatives de la pêche soient abordées avec le respect et la bienveillance dont elles ont pourtant tant besoin : Il semble de meilleur ton d’en faire les boucs émissaires de tout ce qui semble ne pas aller dans la pêche actuelle !

Avant toute tentative d’éloges à leur encontre, il serait de bon ton dans ce papier de rappeler ce qu’en disent leurs statuts. Pour ne pas alourdir le propos, j’invite les lecteurs qui souhaitent approfondir à lire ces statuts, accessibles par l’intermédiaire de n’importe quel moteur de recherche internet.

Cependant, retenons ensemble ce que dit l’article 5 du titre Ier :

« L’association est ouverte à tous dans le respect de la loi et des convictions individuelles et dans l’indépendance à l’égard des partis politiques et des groupements confessionnels. Elle s’interdit discrimination, notamment à raison de l’âge, du sexe, des convictions religieuses, dans son organisation et son fonctionnement ».

Je vois dans les AAPPMA une grande partie de l’histoire de la pêche en France, tantôt heureuse…tantôt moins heureuse. Plus égoïstement, je leur dois de nombreuses sorties encadrées lorsque j’étais minot et que j’ai voulu en apprendre davantage sur la pêche. Je ne compte plus les samedis matin passés au bord de l’eau avec les bénévoles qui donnaient de leur temps pour nous initier aux différentes techniques.

J’y ai rencontré des personnes formidables, et je m’y suis vite investi, dès l’âge de 17 ans. Les AAPPMA ne sont pas toutes composées de « vieux » comme il plait à certains leaders d’opinion autoproclamés de le répéter et de l’écrire à tout va et quand bien même ce serait le cas, ce n’est en rien une condamnation…loin de là !

C’est avec plaisir et nostalgie qu’à chacune des annonces d’évènements Pêche organisés par les AAPPMA, je me replonge dans ces souvenirs.

« Vivement la jeunesse de demain » peut-on lire ici ou là. La jeunesse n’est pas une question d’âge mais d’état d’esprit tout comme la critique stérile.

J’ai la faiblesse de penser être encore utile à la pêche quand j’aurais atteint l’âge moyen (60 ans) des bénévoles de mon département et j’espère surtout ne pas me faire insulter dans des sous-entendus de gens qui participent en rien à la construction de la pêche dans leur département, sinon à sa destruction.

La jeunesse ne semble donc pas incarner actuellement un motif d’espoir. Il suffit malheureusement de regarder le nombre de jeunes qui s’investit dans les AAPPMA pour s’en convaincre. Pourtant et inéluctablement, l’investissement de la jeunesse est un préalable nécessaire à toute idée de renouvellement idéologique…notamment.

En 10 ans, j’ai vu des jeunes qui s’investissent et qui pour une large majorité quittent le navire dès la première contrariété. La politique qui consiste à vouloir renverser la table apporte rarement son lot de satisfactions.

Il serait pourtant tellement logique et pragmatique de prendre le temps de comprendre le fonctionnement d’une structure, son histoire, ses outils et ses moyens, de prendre le temps de connaître les personnes qui la composent avant de vouloir imposer des nouvelles idées.

Les AAPPMA représentent un lieu d’échange intergénérationnel extrêmement riche. D’ailleurs, le renouvellement générationnel n’impose aucunement que la nouvelle génération doive se substituer aux générations qui la précèdent. Ce renouvellement est un enjeu central et implique sans aucun doute des changements organisationnels dans les AAPPMA.

L’essor du numérique en est le parfait exemple et saute aux yeux comme outil de dynamisation d’une association, quelle qu’elle soit d’ailleurs. Confier un smartphone ou un ordinateur aux plus jeunes d’une AAPPMA pour valoriser les missions et les actions de l’AAPPMA au travers les réseaux sociaux ou un site internet permettrait de valoriser des compétences au profit des objectifs poursuivis.

Le bénévolat est une porte d’entrée magistrale vers bon nombre d’opportunités parmi lesquelles celle de valoriser ses compétences et savoir- faire. Etre utile au développement de notre loisir pêche et agir pour les autres. Je suis convaincu que c’est de cette utilité dont il s’agit : se sentir utile est un moteur.

Hubert Penicaud, Vice-Président de France Bénévolat écrivait récemment dans un excellent article : « Permettre aux jeunes d’accéder aux responsabilités, c’est être plus représentatif de celles et ceux dont nous portons la voix. C’est également faire reculer la défiance qu’ils expriment vis-à-vis des institutions ».

Chaque personne doit trouver du plaisir et il est de la responsabilité des équipes dirigeantes actuelles de s’adapter aux nouvelles règles organisationnelles : moins de verticalité dans les processus décisionnels.

Il appartient aux AAPPMA d’honorer l’engagement des jeunes dans le réseau associatif en étant à la hauteur de leurs aspirations et dynamiser l’ensemble des projets qui peuvent être mis en œuvre en bonne intelligence. Il appartient aux jeunes et au plus grand nombre de s’intéresser de près aux AAPPMA.

Dans bien des cas, tout le monde détient une part de responsabilité et une part de vérité. La difficulté est d’en discuter de façon factuelle pour placer le projet associatif au centre des préoccupations individuelles. Le pilotage de la performance associative passe par la discussion et le consensus. C’est toujours de la discussion que naissent et vivent les aventures humaines. L’équilibre des relations humaines est dépendant, là encore, des échanges et donc des discussions.

Notre passion commune pour la pêche et la protection de nos milieux aquatiques est un dénominateur commun fort qui nous unit tous et qui doit être de nature à nous fédérer notamment autour des AAPPMA et non pas à nous diviser constamment. Je nourris l’espoir que nous puissions tous un jour nous identifier à elles avec la plus grande des fiertés tout comme nous le faisons déjà autour de certaines marques.

Nous sommes tous concernés par les AAPPMA puisque nous sommes adhérents.

Investissez-vous !

« L’ennemi est bête : il croit que c’est nous l’ennemi alors que c’est lui. »

P. Desproges

Des débuts encourageants dans les Alpes du Sud

Pêche Alpes

Cette année, toutes les conditions étaient réunies pour que les pêcheurs se fassent plaisir dès l'ouverture. Les eaux étaient basses et claires, il y avait peu de neige en bordure des rivières (comparé à l'année dernière). La météo s'est avérée être relativement agréable. Les éclosions de baetis et autres March Brown ont été nombreuses. Bref, il y avait de quoi être enthousiaste. Tous ces critères réunis nous autorisaient à envisager une frénésie alimentaire de la part de nos amies les truites...

Texte

En fait ces hypothèses se sont vérifiées uniquement sur les petits et moyens cours d'eau. Après une ou deux sorties en grandes rivières, je compris très vite que les truites n'étaient pas « à la bouffe » et qu'il faudrait clairement faire des choix stratégiques :

Soit choisir la facilité (mais également le plaisir d'avoir régulièrement des poissons pendus au bout de la canne) en privilégiant les petits milieux et donc en acceptant de prendre des poissons plus modestes, soit le choix draconien de rester sur les grandes rivières en peignant méticuleusement toutes les veines pour espérer une ou deux touches par sortie avec l'espoir de déclencher la touche.

A ce jeu là, je suis plutôt têtu et obstiné et ce n'est pas le rédac' chef qui dira le contraire. Je me suis donc fixé un programme en fonction de mon planning et de celui de mon fils : les jours où celui-ci n'a pas école je l’amènerai là où la pêche est productive afin de parfaire son apprentissage. Les jours où je ne travaillerai pas l'après-midi (ce qui n'arrive pas forcement très souvent), je m’évertuerai à traquer les gros poissons (pour ceux qui ne me connaissent pas, en plus d'être guide de pêche en période estivale, je suis également moniteur de ski l'hiver).

Maintenant que le début de saison est terminé et que la fonte des neiges commence, je peux tirer un premier bilan, d'ordre plutôt général : les truites dans le 05 se portent à merveille.

Image
grosse truite
Image
grosse fario
Texte

L'hiver s'est bien passé et le frai également. J'ai rarement pris des poissons aussi gras pour la saison. Gros bémol concernant la Durance avec d'importantes colonies de cormorans observées, qui forcement ne laissent rien envisager de bon. Ici même sur un sujet de 52cm, on peut voir les traces d'une attaque récente : 

Image
grosse truite
Texte

Mon « petit » commence à être autonome et nous avons fait quelques sorties qui pourraient presque être qualifiées d'indescentes par le nombre de prises.

Image
pêche truite mouche
Légende
Un des premiers combats de l'année mené de main de maître
Image
Une très belle truite pris à 1600 mètres d'altitude
Légende
Une très belle truite prise à 1600 mètres d'altitude
Image
grosse truite
Légende
La première d'une très belle après-midi
Image
pêche Clarée
Légende
Des automatismes qui commencent à arriver...
Image
pêche fario
Légende
Même la tenue du poisson est de mieux en mieux
Texte

Quant à moi, encore une fois ma persévérance a été récompensée et comme chaque année quelques bijoux sont venus visiter le fond de mon épuisette. En voici une petite sélection :

La première 55+ de l'année, toujours autant de plaisir de voir ce que la nature arrive à nous offrir :

Image
Des poissons à absolument protéger
Texte

Encore une merveille qui, au vu des marques sur son cuir, a dû passer au travers de quelques grosses crues :

Image
grosse truite
Texte

Un poisson en super forme que j'ai eu la chance de faire 2 fois en même pas 10 jours d'intervalle. Comme quoi le no-kill s'il est bien pratiqué ne traumatise pas trop les poissons :

Image
grosse truite
Texte

Cette fois-ci, une grosse fario prise en sèche par mon partenaire du jour alias Pompon. Un poisson que nous connaissions également car j'avais déjà eu la chance de l'attraper l'année dernière. Pour info, elle n'a pris qu'un centimètre en un an mais s'est reproduite et vit toujours :

Image
grosse truite
Texte

Encore un incroyable poisson pris par mon ami Pompon, il est tellement rare de rencontrer une lacustre en nymphe au fil et quand elle mesure 68 cm, ça compte :

Image
grosse truite
Texte

Mon petit chef d'oeuvre de ce début de saison. Un poisson que j'ai eu la chance de voir venir cueillir ma nymphe. 61 cm de muscle ça compte aussi :

Image
grosse truite
Image
grosse fario
Texte

@ très bientôt !

Image
pêche Clarée

Pêche en dérive et tenue de canne

Pêche en dérive et tenue de canne

En matière de pêche en dérive naturelle, la trajectoire suivie par la canne, et plus précisément par l’anneau de tête, conditionne grandement la qualité du passage de la ligne. Cette trajectoire est induite par la tenue de canne du pêcheur pendant l’acte de pêche.

Texte

Bien entendu, il ne s’agit pas du seul point essentiel à la réalisation de dérives propres. La bonne construction d’une plombée ou le choix d’un couple de nymphes parfaitement adapté à la veine d’eau pêchée est un prérequis essentiel, tout comme le point d’impact de la ligne et le bon placement du pêcheur. En revanche, à toutes choses égales par ailleurs, nous avons tous connus cette situation où, à plombée ou couples de nymphes identiques, un pêcheur capture des poissons là où son confrère se contente d’admirer le paysage (activité fort plaisante au demeurant !), et ce de manière assez répétée pour mettre en évidence un point crucial : c’est la manière précise dont le pêcheur assiste très légèrement sa ligne qui la rend vivante, pêchante et/ou attractive.

Les angles : nerfs de la guerre

Parmi les éléments qui sont essentiels à une bonne conduite de ligne, l’angle que forme le nylon avec la surface de l’eau est visuellement le plus facile à appréhender. Plus cet angle est ouvert et se rapproche de 90°, plus la longueur de bannière immergée est faible, moins l’effet voile de cette dernière est important. Cet angle ouvert permet également au pêcheur de minimiser facilement le dragage : le soutien qu’il apporte à sa ligne se fait vers le haut, et non pas en tirant (même très légèrement) la ligne vers lui.

Jusqu’à une dizaine de mètres de distance, tout va plutôt bien dans le meilleur des mondes.

En revanche, dès lors que le point d’entrée de la ligne dans l’eau s’éloigne du pêcheur, cet angle de la ligne avec la surface se ferme, et induit mécaniquement un plus grand effet voile de la bannière dans l’eau. Cet effet fragilise la qualité de la dérive, tout comme le pêcheur qui se met à « tirer » légèrement la ligne vers lui plus qu’il ne la soutient.

Les équilibres deviennent alors instables et les subtilités grandissent. C’est dans ces contextes de pêches un peu plus éloignées que le timing adopté par le pêcheur, ses trajectoires de bras et de canne et ses points d’impacts deviennent des clés pour capturer des truites. Tout cet ensemble, qui peut s’apparenter à un feeling global à première vue, répond avant tout à des règles très rationnelles, dont une semble parfois peu instinctive pour les pratiquants : l’angle optimal de la canne.

Image
Une jolie truite prise en dérive naturelle
Texte

Défaut majeur et angle parfait

Une grande partie des pratiquants semblent partir du principe que plus ils tiennent leur canne proche de la verticale, plus leur anneau de tête se situe haut, et meilleur est le contrôle de la ligne, puisque l’angle d’entrée du fil dans l’eau est ouvert au maximum. C’est tout simplement une erreur.
 
L’angle parfait entre la canne et la bannière est tout simplement de 90°. Plus on s’éloigne de cet angle, plus on ferme celui entre le nylon et l’eau.
 

Image
Pêche en dérive : Tenue de canne
Texte

Le schéma ci-dessus illustre parfaitement l’idée que contrairement à des idées reçues, une tenue de canne trop haute est de loin la pire de toute. Non seulement, elle n’offre pas d’ouverture d’angle et force le pêcheur à tirer sa ligne vers lui par le soutien qu’il lui apporte, mais elle demande également une plus grande longueur de bannière. Cet allongement ne comporte quasiment que des inconvénients, en diluant les informations tactiles que nous offre le faible contact avec notre ligne immergée, et en offrant une plus grande prise au vent, lorsqu'il y en a.

Enfin, en plus des désagréments qui empêchent une bonne gestion de la dérive, une tenue de canne trop haute implique - et c’est peut-être là la chose la plus pénalisante - un ferrage qui porte peu et mal, avec une canne qui se retrouve à l’arrière du pêcheur, suivi d’un temps de flottement pendant lequel la canne est ramenée en avant avec une tension mal maîtrisée. Ce cocktail est tout simplement idéal pour multiplier les décrochages intempestifs.

Les exceptions...

Le vent, précédemment évoqué, peut être un frein au respect de cet angle optimal de 90°. Les contextes où il souffle à plus de 10 ou 15km/h peuvent demander une adaptation de la tenue de canne, qui sera plus basse, de manière à réduire au maximum la longueur de bannière entre l’anneau de tête et le point d’entrée dans l’eau. Cette réduction de longueur réduit mécaniquement la prise au vent totale.
On peut également, en cas de volonté de procéder à des dérives très longues vers l’aval, sacrifier les premiers mètres qui seront effectués avec une canne à la verticale. La démarche permet de retarder le moment où la position de la canne sera parfaite, pour par exemple pêcher une section de veine identifiée comme étant la plus porteuse, mais inaccessible autrement.

Image
pêche toc
Texte

En pratique

Inutile d’encombrer les gilets déjà bien - trop - remplis d’un rapporteur. Plus que l’idée de faire de la théorie pure, cet article vise à faire prendre conscience aux pêcheurs du fait que nous tenons par moments notre canne en position trop verticale lorsque nous voulons pêcher loin, et que cette tenue est concrètement contre-productive, autant en matière de dérive pure que du côté de l’efficacité au ferrage.

Essayer de créer, entre la canne et le nylon fluo, un angle légèrement obtus en début de dérive pour le fermer jusqu'à se rapprocher des 90°, puis le rouvrir au fur et à mesure que la ligne s’éloigne de nous vers l’aval constitue la manière de procéder la plus productive qui soit sur tous les plans dans l’écrasante majorité des contextes.

Les angles aigus sont à proscrire, et si nous prenons la peine de lever le nez, nous nous rendons compte que nous sommes tous concernés à un moment où un autre par ce petit défaut plutôt facile à corriger avec un peu d’attention.

Test : Marryat Tactical HX 8'6 #4

Marryat Tactical HX

En 2019, Marryat revient avec sa nouvelle gamme de cannes Tactical HX. Nouveau look, nouveau packaging, nouvelles longueurs et puissances, bref, de vraies nouveautés à tester pour nous ! Nous avons choisi de vous présenter successivement deux modèles de la gamme, la 8'6 #4 et la 10' #2/3, commençons par la plus courte des deux : 

Image
Marryat Tactical HX
Texte

Test statique :

Pour cette nouvelle série HX, c'est la couleur brun qui est mise à l'honneur, dans une nuance assez discrète au niveau du blank mat. La couleur des ligatures est d'un brun cuivré assez original. Cette canne présente un premier anneau SIC suivi de 9 monopattes. La poignée cigare surmonte un porte moulinet avec un insert en bois vert. Chaque Tactical HX est numérotée et vous sera livrée avec un scion supplémentaire, dans un boitier noir en alu (que l'on peut ouvrir à chaque extrémité) dont la contenance importante permet d'y loger deux autres cannes.

Image
Marryat Tactical HX
Image
Marryat Tactical HX
Image
Marryat Tactical HX
Image
Marryat Tactical HX
Image
Marryat Tactical HX
Image
Marryat Tactical HX
Image
Marryat Tactical HX
Texte

Mesures : 

Le protocole Common Cents System a permis de caractériser l'action, la puissance et la réactivité de cette canne :

En ce qui concerne la puissance, 41 cents ont été nécessaires pour plier la canne sur un tiers de sa longueur, ce qui donne après conversion un ERN à 5.05. Il classe donc la puissance de la canne comme une soie 4/5, un peu plus que celle annoncée par le fabricant. Deux numéros de soie (4 ou 5) sont donc tout à fait indiqués. Avec un AA de 68°, l'action de la canne est fast (AA supérieur à 66°) mais très proche de la catégorie moderate fast. La fréquence à 92 est importante et corrélée à la longueur modérée de 8'6 (la fréquence d'oscillation est inversement proportionnelle à la longueur de la canne). Elle autorisera donc une cadence de lancer relativement rapide en sèche, qui sera décuplée par l'utilisation d'une soie de 4 (plutôt que d'une 5). Avec un PTE de 190gr, l'équilibre de la canne est excellent.

Image
Marryat Tactical HX
Matériel

Marryat Tactical HX 8'6 #4

Marque
Marryat
Série
HX
Longueur
8'6
Longueur réelle
258cm
Soie
#4
Brins
4
Poids annoncé
82.00g
Poids réel
75.00g
Blank
brun
Aspect
Vernis mat
Anneaux
10
Type
Monopatte
Premier anneau
49cm
Ligatures
brunes olives
Poignée
27x180mm
Forme
Half Wells
Porte moulinet
aluminium gris brun
Serrage
Uplocking
Insert
bois
Talon de combat
Non
Accroche mouche
Oui
Points d'alignement
Oui
Packaging
tube alu + housse
PME
115.00g
PTE
190.00g
IP
41
ERN
5.05
AA
68°
CCF
92cpm
Confort
9.0/10
Prix à la date de sortie
599.00€
Texte

L'avis de la rédaction :

Avec cette nouvelle gamme, Marryat joue clairement la carte de l'originalité. Au niveau du look, la couleur audacieuse se démarque et comblera les pratiquants réfractaires au noir habituel. Cette longueur 8'6, inédite chez Marryat, la destine plus particulièrement aux amateurs de pêche en sèche. Cette Tactical HX est une 8'6 très polyvalente, de par sa puissance (soie 4/5) et son action tout en compromis (rapide sans être ultra-fast). Durant nos tests, nous avons pêché en sèche et en nymphe à vue de façon très efficace (avec une soie Royal Wulff Long Belly de 4), sur un parcours où nous pratiquons habituellement avec une 9' #5. La maniabilité conférée par cet outil a été très agréable en action de pêche, tout comme sa tenue de poisson (même avec des individus de plus de 50cm qu'elle maîtrise parfaitement). Un léger bémol au niveau du prix... le scion supplémentaire et la boîte de transport se payent un peu cher !

Image
Marryat Tactical HX
Texte

Liens utiles : 

Le protocole de test des cannes à mouche : ici

Les cannes Marryat accessibles en ligne :

fusion fly fishing

 

Bénéficiez de 10% de réduction sur le modèle testé en contactant Eric Lelouvier au 06.13.22.73.73

Les autres tests Marryat :

Marryat

Pêche des ombres en Laponie suédoise (Part 1)

ombres laponie

Il est 1h30 du matin en ce mardi 26 juin. Cela fait presque 7h que nous roulons, mon compagnon Olivier et moi, tout schuss vers le nord, depuis l'aéroport de Stockholm. Le repas frugal pris à la va-vite en début de trajet semble lointain. Quoique la luminosité importante de cette latitude soit un allié de choix pour un tel trajet nocturne, un arrêt s'impose car nous sommes au bout du rouleau. Depuis quelques kilomètres, le bitume enrobé de l'autoroute a laissé sa place à des routes plus sinueuses qui serpentent dans les denses forêts de pins et d’épicéas. Elles finiront par se transformer en gravel road, à l'approche de notre destination. L'exotisme inhérent à cette migration nordique nous envahit peu à peu…

Texte

Nous parvenons enfin au gîte à 2h du matin, après plus de 700km de route. Nous pénétrons silencieusement dans l'entrée en espérant trouver quelques indications pour regagner notre chambre sans réveiller nos hôtes. Immédiatement, l'ambiance rustique conférée par l'étendoir à waders en bois de cerf dans le couloir d'entrée, rend l'endroit familier. Quelques secondes plus tard, Alban Regnoult, patron de Lappland Pro Natur, nous accueille, gueule enfarinée et caleçon bariolé apparent, pour un premier échange des plus original. Son camp de pêche au brochet se situe à proximité et il est chargé de nous présenter à nos hôtes lapons, Micke, Majelis et sa fille Sara (qui n'a visiblement pas été effrayée par ce barbu ténébreux provençal). 

Le lendemain matin, Alban doit nous quitter car c'est le plein boum dans son camp de pêche au brochet ; mais nous donne rendez-vous dans 3 jours pour un moment au bord de l'eau en notre compagnie. Micke, chef de famille conforme à ma vision (certes un peu éculée) du parfait nordique -flegmatique, regard droit et muscles saillants - nous briffe sur les secteurs et les accès à la Vojman River toute proche. Il nous distribue pour l'occasion une carte détaillée où figurent tous les chemins forestiers praticables en SUV. Il prendra même le temps de nous accompagner jusqu'au premier spot, en nous prévenant que les conditions sont tardives cette année car les précipitations neigeuses ont été très abondantes durant l’hiver (vue la canicule inédite qui a sévi durant l'été, heureusement qu’il en fut ainsi). Nous trouverons donc des eaux plutôt fortes et froides, mais cela ne devrait pas annihiler les classiques éclosions printanières qui font l'attrait de ce secteur. La pêche sera essentiellement axée sur les ombres, espèce endémique et majoritaire. La densité de truites fario semble plutôt faible (c'est avant tout une affaire de "gros poissons aux leurres" sur cette rivière).

Image
Vojman river
Texte

A 11h, nous sommes prêts à en découdre. La rivière est majestueuse, puissante et large d'au moins 40m. Avec ses eaux sombres et ses gros blocs granitiques, elle a des petits airs d'Allier aval, en plus impressionnant toutefois. Les niveaux semblent importants, au vu des herbes rivulaires immergées. Nous descendons tranquillement le long de la berge pendant quelques minutes et nous nous plaçons, Olivier et moi, à une cinquantaine de mètres d'intervalle. Je choisis de débuter par une portion variée avec une petite île dont les 2 bras présentent des faciès bien différents, ce qui devrait permettre de glaner rapidement quelques infos sur la tenue des poissons. Je remarque immédiatement plusieurs espèces d'insectes dérivant en surface en cette fin de matinée, dont plusieurs mouches de mai massives qui s'élèvent élégamment au-dessus des courants.

Juste à l'amont de la cassure engendrée par l'île, une fin de rapide me fait de l’œil et c'est là que j'envoie mon premier tandem de nymphes. Dès les premières dérives, les ombres de tailles modestes s'enchaînent, ne laissant aucun doute sur la densité du secteur. Parmi eux se trouvent deux truites à la robe sombre assez typée.

Image
truite Laponie
Image
may fly
Texte

La prospection se poursuit donc avec les deux bras de l'île. Je fais choux blanc dans celui de droite, plus maigre et marqué. De l'autre côté, se dessine une longue veine de courant caractéristique : une tête puissante et moutonnée dont le couple vitesse/profondeur change progressivement jusqu'à mourir dans un immense plat profond et plus mou. Quelques poissons sont déjà en train de gober dans la fin du pool.

Je démarre la veine en aval, en réalité le plus en aval possible compte tenu de la profondeur importante dès la berge avec le niveau actuel. Je comprends aussitôt pourquoi des gilets de sauvetage nous ont été prêtés : ça pousse fort et le substrat hétérogène couplé à la couleur thé de l'eau compliquent sacrément la pratique du wading. Un bâton est à prévoir, même pour les pratiquants les plus aguerris et sportifs. La partie intermédiaire de la veine ne m'apporte rien et c'est en remontant dans un courant plus puissant que les premières touches sont enregistrées. Cette logique nous accompagnera jusqu'à la fin de notre séjour : si vous rechercher les ombres à la nymphe (ou plus généralement sous l'eau), il faudra rechercher des couples importants. Peigner les gros tubes centraux, même ceux qui semblent à priori trop violents, est très porteur et vous serez surpris de voir où se tiennent ces diables d'ombres !

Image
pêche Laponie
Texte

Je retrouve mon compagnon Olivier qui a pris des poissons en nymphe lui aussi, après avoir prospecté en vain une bordure en sèche. Nos observations se recoupent : les ombres lapons, encore plus que leurs homologues français, se tiennent préférentiellement dans la partie centrale du cours d'eau.

A 13h, pause déjeuner : nous apprécions le panier repas concocté par nos hôtes, et c'est aussi l'occasion de croiser le fer avec les premiers moustiques locaux qui nous avaient encore relativement épargnés jusqu’alors...

Après le repas, nous partons en quête de gobages sur le lisse juste en amont de notre point de restauration, où plusieurs poissons crèvent déjà la surface. Au vu de la variété incroyable d'insectes dérivant au moment de les attaquer, le choix de la mouche est difficile. Les gobages sont assez sporadiques et le niveau d'eau très tendu complique probablement la donne. Il faut user de patience pour parvenir à ferrer un ombre en surface. Olivier émet l'hypothèse selon laquelle une bonne présentation prévaut sur le modèle de sèche utilisé dans ces conditions d'eaux fortes. Les poissons semblent lui donner raison et il réalise plusieurs captures en pêchant trois quart aval, avec de petits sedges roux en bécasse taille 14 et 16. Nul doute qu'avec des débits moins conséquents, les perspectives de pêche en surface auraient été énormes, tant nous avons été bluffés par l'ampleur des éclosions lors de ces quelques jours de pêche. Pour les adeptes de la technique, la pêche en noyée aval mérite aussi que l'on s'y attarde car de nombreux pools s'y prêtent à merveille.

Image
sedge
Image
pêche Laponie
Image
pêche Laponie
Texte

Le deuxième jour, Olivier est déjà las de balancer des enclumes en tungstène (j'avoue m'en accommoder bien mieux que lui), et nous planifions donc de pêcher un volume d'eau plus modéré, si possible en sèche dès le début de journée. Nous faisons part de nos attentes à notre hôte et, en bon pêcheur local maîtrisant parfaitement son territoire, il nous propose immédiatement de tenter un affluent situé à une cinquantaine de kilomètres. Comme la veille, il nous guidera sur le spot. La rivière large d'une dizaine de mètres coule entre deux plans d'eau et ne fait que quelques kilomètres de long. Nous retrouvons pour l'occasion une pêche plus légère et plaisante. Comme ailleurs en Laponie, la configuration alterne entre lisse tourbeux et portions caillouteuse plus pentue, de sorte qu'il est possible d'établir de réelles stratégies de pêche selon l'humeur des poissons, ou de ne pêcher qu'un type de coup, selon l'envie du jour. Nous prendrons ici quelques ombres et truites en sèche, en pêchant les parties amorties et les têtes de lisse. Ces farios sombres fortement ponctuées de noir sont splendides.

Image
pêche Laponie
Image
pêche Laponie
Texte

Sur la route du retour, nous passons sur la Vojman et décidons de revenir sur le secteur de la veille, mais berge opposée.  A ce moment, nous croisons deux pêcheurs danois. Nous les saluons et en profitons pour leur poser quelques questions : ils confirment que les niveaux sont vraiment importants en début d'été, et que cela perturbe sans doute les montées d'ombres en surface. Ils viennent pourtant à ce moment de l'année car les éclosions y sont nombreuses et la pêche en sèche d'ordinaire excellente. Nous remarquons d'ailleurs que ce sont des sedges roux qui ornent leur accroche mouche... 

Arrivés au bord de l'eau, nous observons que la rivière forme un léger coude à cet endroit.  Nous évoluons sur la berge convexe, celle où passe la veine porteuse.  L'occasion est rêvée de mettre quelques coups de nymphe dans cette veine principale, d'ordinaire trop éloignée pour être prospectée correctement avec nos cannes à mouche 10 pieds soie de 3 (la nymphe au toc pratiquée avec une canne de plus de 3.80m serait d'ailleurs bien plus adaptée à cette pêche en dérives, lourde et éloignée). Après avoir monté une pointe longue et fine - je n'hésite jamais à descendre en 10/100 pour les pêches d'ombres afin de favoriser l'immersion des nymphes et la qualité de la présentation, ces derniers n'étant pas des foudres de guerre une fois ferrés- je démarre le lignage et rentre plusieurs poissons du calibre supérieur à ceux de la veille, tous assez voisins en taille (des individus autour de 45/46 cm). En fait, tout au long de notre séjour, nous remarquerons cette propension marquée des ombres à se regrouper par classe d'âge sur les postes. Même si cette règle n'est pas infaillible, elle s'est vérifiée à de nombreuses reprises. Selon les dires des locaux, ces poissons autour de 45cm peuvent être raisonnablement considérés comme de « beaux poissons courants » pour la rivière. Les poissons de 50cm, quoique plus rares, ne sont pas pour autant anecdotiques.

Image
ombre Laponie
Image
pêche Laponie
Image
Pêche Laponie
Texte

Le soir, Alban nous retrouve au gîte et nous dégustons un excellent chili con carne maison en sa compagnie. Moi qui avais été médisant au sujet de la gastronomie nordique sur le trajet aller, nos hôtes nous ont régalés chaque soir. Bien que je n'accorde pas une importance démesurée à l'alimentation lors d'un séjour de pêche intensif, je peux vous assurer que la longueur des journées peut être harassante sous ses latitudes à cette époque de l'année. Se restaurer dignement avec des produits sains et locaux est un luxe auquel nous avons été particulièrement sensibles, Olivier et moi. Le dîner vous sera servi vers 20h, ce qui constitue un horaire idéal en vue d'un coup du soir tardif. En effet, pour les plus motivés, il est tout à fait possible de pêcher après ce créneau horaire tant la luminosité extérieure est importante (un semblant de pénombre n'apparaît qu'entre 1 et 3h du matin environ).

Image
repas Laponie
Légende
une entrée en circuit court : élan, renne, fromage Västerbotten et pain maison.
Image
pêche Laponie
Texte

Pour cette fin de séjour, Alban est de retour et nous propose un programme des plus alléchants : afin de varier les lieux de pêche, il nous convie à une matinée sur un affluent totalement méconnu de la Vojman, dont il dispose du droit de pêche intégral. Son argument choc pour nous motiver évoque une multitude d'ombres gros comme ça... Je suis toujours de nature septique face à de telles révélations, sans doute la lassitude de fréquenter trop assidûment les réseaux sociaux, lieux d'échange peuplés d'un grand nombre d'obnubilés du centimètre et d'esbroufeurs patentés. Ayant toutefois un assez bon feeling avec le personnage (malgré ses goûts musicaux à gerber), je pars sans spéculer.

Nous arrivons sur le spot après une bonne heure de route et une fin de trajet sur un chemin scabreux où nous avons le loisir d'observer de lointains sommets enneigés, surplombant une steppe encore aride. A peine descendus de la voiture, les moustiques nous agressent et la rivière se découvre : elle est constituée d'une série de portions de radiers maigres resserrés (4 à 5 mètres de large) entrecoupés de grandes zones calmes et plus profondes (la hauteur d'eau excède rarement les 2m mais la largeur peut alors dépasser 20m). J'opte pour une 9’ soie 5 dans l'optique de pêcher en sèche. Plusieurs gros ombres sont déjà en train de gober dans la tête d'un profond et le premier ferré sur un sedge générique mesure 48cm... de bon augure pour le reste de la journée !

Image
ombre Laponie
Texte

Dans le profond juste en aval, Alban prend quelques ombrets aux leurres (oui les ombres locaux ne font pas dans la dentelle), sa technique de prédilection. Il utilise ici un matériel polyvalent, lui permettant de rechercher efficacement ombres, grosses truites et brochets : à savoir une canne spinning assez longue de 7'5, puissance M, couplée à un moulinet taille 2500 garni d'une tresse fine. Alban n'utilise pas de fluorocarbone de gros diamètre pour ne pas handicaper la nage des leurres à ombre qu'il utilise majoritairement (poisson nageur coulant de 5 à 7 cm). Toutefois, je vous encourage à trouver une astuce permettant d'éviter les coupes de brochet (un fin bas de ligne en titane semble par exemple bien adapté). La matinée se poursuit au gré des postes, brochets et gros ombres s'enchaînent, en sèche et aux leurres. Notre guide s'offrira même le luxe de ferrer un brochet d'un bon 90cm, piqué au coin de la bouche, avant que je ne le rate lamentablement à l'épuisette…

Image
pêche Laponie
Image
Pêche brochet Laponie
Texte

En fin de matinée, un poisson de 52cm vient cueillir mon sedge en surface puis Alban enchaîne avec un 51cm au poisson nageur. La densité de gros ombres est impressionnante !

Image
pêche Laponie
Texte

Cette journée avec Alban nous permit de terminer le séjour en apothéose. Nous retiendrons de notre courte escapade le dépaysement lié aux paysages verdoyants nordiques, le peuplement piscicole faramineux de ce bassin versant, et enfin l’accueil de nos hôtes lapons, dont la bienveillance fut pour beaucoup dans notre plaisir et notre envie de revenir ! Si vous voulez tenter l’expérience, Nomade Pêche organise des séjours sur mesure durant la courte (mais intense !) saison de pêche, de mi-juin à fin aout.

Image
Pêche Laponie
Texte

Infos pratiques :

Le secteur se situe à plus de 700 km au nord de Stockholm. Le climat continental offre des températures plutôt tempérées mais des amplitudes importantes en été : il peut faire jusqu’à 30°C l’après midi et plutôt friquet le matin. Prévoyez donc des vêtements variés. A noter que les moustiques peuvent vous gâcher certains moments de pêche tant leur présence est oppressante. La quasi-totalité des répulsifs (y compris les mixtures locales) sont peu efficaces sur certaines peaux…Pour en avoir fait les frais, je peux vous assurer que cette agression permanente peut vous conduire à la crise de nerfs à certains moment. Un chapeau avec moustiquaire intégrée, même si peu esthétique, est la solution ultime.

La rivière principale du secteur naît dans un lac naturel immense de 70km de long. Il représente l'archétype des plans d’eau suédois en termes de configuration et de peuplement piscicole. La population est composée de brochets et de truites lacustres. La rivière qui s'en échappe, théâtre de nos pérégrinations halieutiques, est indemne de toute installation hydroélectrique et de toutes autres atteintes modernes. Ses affluents sont également excellents pour la pêche.

Comme dans de nombreuses rivières suédoises, les ombres cohabitent ici avec une belle population de brochets. Le moindre bras secondaire, la moindre retourne est parsemée de roseaux propices à la tenue de ces poissons. Ils sont très agréables à prospecter en wading que ce soit avec des leurres de surface ou au streamer. Enfin, les adeptes des pêches plus spécifiques de gros spécimens en bateau pourront jeter leur dévolu sur le plan d’eau amont, quasiment vierge de pression de pêche.

Pour plus d'infos, contactez Sylvain Duvinage de Nomade Pêche :

 

Nomade Pêche

 

Image
Pêche Laponie
S'abonner à S'abonner à S'abonner à S'abonner à S'abonner à S'abonner à