Test : Redington Hydrogen 7'6 #3

Redington Hydrogen

Les cannes à mouche 7'6 #3 représentent un standard pour la pêche en sèche en petits milieux (torrents et ruisseaux encombrés). Chez Redington, la série haut de gamme Hydrogen inclut un modèle de ce type que nous avons testé l'été dernier, voici les résultats : 

Image
Redington Hydrogen
Texte

Test statique :

Les différents modèles de cette série Hydrogen possèdent tous un look commun très sobre et épuré. Ils sont constitués d'un fin blank noir verni mat, d'emmanchements spigot, d'un porte moulinet skeleton couplé à une poignée liège et d'anneaux monopattes à ligatures noires suivant un premier anneau SIC. Ces différents éléments limitent sacrément le poids de chaque modèle. Ils sont livrés dans un tube de transport en cordura compartimenté.  

Image
Redington Hydrogen
Image
Redington Hydrogen
Image
Redington Hydrogen
Image
Redington Hydrogen
Image
Redington Hydrogen
Image
Redington Hydrogen
Image
AA Redington Hydrogen
Texte

Mesures : 

Le protocole Common Cents System a permis de caractériser l'action, la puissance et la réactivité de cette canne : 

En ce qui concerne la puissance, 27 cents ont été nécessaires pour plier la canne sur un tiers de sa longueur, ce qui donne après conversion un ERN à 2.97. Il classe donc la puissance de la canne comme une soie 2/3, légèrement moins que ce qui est annoncé par le fabricant. Avec un AA de 60°, l'action de la canne est moderate (AA inférieur 63°). La fréquence à 96 atteste d'une réactivité très importante. Le poids réel est conforme au chiffre constructeur, et l'équilibre du produit est très bon (PTE à 160 gr).

Image
Redington Hydrogen
Matériel

Redington Hydrogen 7'6 #3

Marque
Redington
Série
Hydrogen
Longueur
7'6
Longueur réelle
231
Soie
#3
Brins
4
Poids annoncé
59.00g
Poids réel
60.00g
Anneaux
9
Premier anneau
48cm
Poignée
24x165mm
Serrage
Uplocking
Talon de combat
Non
PME
100.00g
PTE
160.00g
IP
27
ERN
2.97
AA
60°
CCF
96cpm
Prix à la date de sortie
349.00€
Image
Redington Hydrogen
Image
Jean Baptiste Vidal
Texte

L'avis de Jean Baptiste Vidal, moniteur-guide de pêche à la mouche en Bretagne et dans le Finistère :

"L’année passée, j’ai eu la chance de pouvoir tester la canne Redington Hydrogen 7'6 soie de 3 pour pratiquer sur les cours d’eau bretons. Etant sponsorisé par Ardent Pêche, j’ai la primeur de tester les nouveautés Rio, SAGE et Redington.

En Bretagne, de nombreuses rivières sont de petites tailles (entre 4 et 10 m) et très poissonneuses, les cannes courtes y sont de rigueur. Pour la pêche en sèche et en nymphe au fil posé, c’est une taille intéressante, ni trop courte ni trop longue. J’ai choisi cette canne car elle offre de nombreux avantages : c’est une canne très légère (59 grammes, la plus légère de sa catégorie) et bien finie.

Nerveuse et puissante, elle permet à la fois de pêcher à courte voir très courte distance, notamment montée avec la soie Rio Trout LT – WF3, mais aussi d’allonger pour aller chercher des poissons et prospecter des postes plus éloignés. Cette canne remplit vraiment bien son rôle. D’action rapide et douce à la fois, elle se charge très vite notamment avec une soie WF et permet en très peu de faux lancers de déposer sa mouche avec précision sur des petits postes, gobages ou « pockets ».

Dans les coins très encombrés de Bretagne mais aussi d’autres régions ayant le même type de cours d’eau, elle fait merveille et permet également de lancer en roulé ou Spey cast à une main avec une grande facilité, très utilise lorsque l’on a aucun ou peu de dégagement. Tout à fait la canne qu’il me fallait ! C’est également une canne avec un très bon rapport qualité/prix et une garantie à vie ! "

Image
Redington Hydrogen
Légende
Exemple de cours d'eau où Jean-Baptiste utilise cette canne
Texte

L'avis de la rédaction :

Pour ce premier test Redington, nous soulignons que les chiffres annoncés par le fabriquant sont conformes à nos mesures (quoique la puissance est un peu sous évaluée). On pourra utiliser cette canne avec une soie de 2 ou 3 selon le vent , le degré de discrétion et la cadence de lancer préférée. Avec son action moderate, la canne est douce (bien plus que la JMC Competition Fast 7'6 #3 déjà testée ici), elle se chargera rapidement (surtout avec une soie wf 3 préconisée par Jean Baptiste) et pardonnera d'éventuels ferrages un peu trop brusques. Le confort de pêche est excellent. 

Texte

Liens utiles : 

Le protocole de test des cannes à mouche : ici

Les cannes Redington Hydrogen en ligne :

Ardent Pêche

 

Grosse surprise d'altitude

grosse truite

4h du matin le réveil sonne. La veille je n'étais pas au mieux mais n'ayant pas l'habitude de m'apitoyer sur mon sort, je m’éjecte du lit rapido et me prépare. Après un bon petit déjeuner et une petite heure de route, je commence mon ascension...

Texte

Il est 6h15 lorsque j'arrive au bord du lac. Un pêcheur qui a bivouaqué est déjà à pied d'oeuvre. Je m'occupe de récupérer quelques vairons (et oui en lac de montagne, il m'arrive de poser la canne à mouche) et commence à pêcher. La pêche met un peu de temps à se mettre en place mais après deux trois modifications, les touches finissent par être franches et régulières.

Aucun doute c'est le bon choix ce jour là. Sur les coups des 11h30, un ami de longue date (Mr Eric Lelouvier que beaucoup de moucheurs connaissent) me rejoint accompagné de ses enfants. Nous cassons la croûte ensemble puis il s'occupe d'apprendre quelques rudiments de la pêche à ses bambins.

Arrive 14h, la pêche s'est véritablement calmée depuis 3 bonnes heures quand soudain une très grosse truite attire mon attention tel un mirage dans l'eau. Je me frotte bien les yeux et les ouvre en grand. Je scrute l'eau dans tous les sens, 2-3 minutes passent et la revoilà à nouveau.

Une chose est sûre, elle cherche à manger alors comme j'ai pour habitude de dire : « sur un malentendu, on ne sait jamais » je décide de la pêcher. Je lui présente mon vairon sans trop de conviction et, Oh Miracle ! assez rapidement elle s'en saisit. Je ferre très délicatement et dis à Éric « je l'ai, je l'ai et elle est énorme ». Le combat est très puissant, mon moulinet est monté en 16 centièmes, ma pointe est en 14 et ma canne est une canne spéciale tirette de puissance 1-5 grammes. Bref j'ai dans les mains l'ensemble parfait pour faire des truites de 30cm. Le poisson est très lourd et vend chèrement sa peau. Les minutes passent et je me dis que c'est en ma faveur car elle va bien finir par se fatiguer mais d'un autre côté j'ai également très peur car à force je crains que mon 14 centièmes finisse par céder. En d'autres termes, vous l'aurez compris pendant une grosse demi-heure j'ai « serré les fesses ».

À deux, trois reprises, la truite est venue en surface à une dizaine de mètres de la berge. Tous les pronostics concernant sa taille allaient bon train mais ce n'est qu'une fois dans l'épuisette que j'ai réalisé. « Jean-Mi tu es chez toi, dans les Hautes-Alpes à presque 2500m d'altitude, tu viens de faire un tank et c'est juste le kiff ».

Alors cette truite me direz-vous ??? Et bien elle mesure 71 cm et nous l'avons estimé à 4kg500. Une chose est sûre, j'ai commencé la pêche en lac de montagne il y a presque 30 ans dans ce lac avec mon papa. Je n'aurais jamais un jour imaginé y prendre un poisson de ce gabarit. Cette truite est bien évidement repartie dans son élément, il s'agit au jour d'aujourd'hui, de par la valeur et la beauté qu'elle a à mes yeux, de « la truite de ma vie ».

Je vous joins ces 2 clichés pour vous en faire aussi profiter. Et comme diraient nos amis d'outre Manche « the dream come true »

à bientôt ! 

Image
grosse truite lac de montagne

Effets densité-dépendants et implications pour la gestion des populations de truites

Fario Clarée

Comprendre la dynamique des populations naturelles de la truite sauvage est un élément fondamental d’une gestion rationnelle et efficace de nos populations. Depuis plusieurs décennies, un important corpus de données scientifiques est disponible, ce qui permet de beaucoup mieux comprendre les paramètres qui régissent la démographie des populations de salmonidé. Une première famille de facteurs comprend les facteurs dit “abiotiques” comme par exemple l’impact des crues printanières, l’habitat disponible (abris, caches) ou les températures estivales de l’eau (voir à ce sujet mon précédent article sur son effet dans les grandes rivières ici). L’autre grande famille de paramètres regroupe les effets “biotiques” comme les intéractions proie-prédateurs ou, ce qui fera l’objet de cet article, les intéractions intra-spécifiques, c’est-à-dire entre les truites elle-mêmes.

Nous allons détailler dans cet article ces différents niveaux d’interactions entre individus et montrer que l’intensité de ces intéractions dépend fortement de la densité des individus (ils sont donc dits “densité-dépendants”). Enfin, nous discuterons pour terminer des implications iconoclastes en terme de gestion piscicole qui découlent de ces découvertes

Texte

Le recrutement naturel en truite décroît avec le nombre de géniteurs

Il est souvent évoqué dans les milieux halieutiques qu’il serait avantageux de conserver dans une population de truite un nombre maximal de géniteurs pour maximiser le nombre d’œufs déposés et donc augmenter le nombre de truitelles au printemps suivant. Aussi surprenant que cela puisse paraître, cet argument a tous les attributs de la “croyance de grand-mère” pour la bonne et simple raison que de très convaincantes études scientifiques montrent exactement l’inverse !

Intéressons-nous par exemple à la situation de la population de truite fario de la rivière Spruce Creek dans le Michigan [1]. Cette rivière bénéficie d’un régime hydrologique et thermique très stable qui permet d’étudier finement les paramètres biotiques qui influent sur la population de truite sans que les effets abiotiques comme les crues ou les sécheresses estivales viennent les “masquer” ou en perturber l’interprétation. Des campagnes d'échantillonnage depuis plus de 30 ans permettent d’estimer le niveau du recrutement naturel à l’année t en fonction de la quantité de géniteurs à l’année t-2 soit deux ans avant (rappelons que les truites sont matures à l’age de 2 et 3 ans pour les mâles et les femelles respectivement dans ce type de milieu à croissance moyenne/rapide). Qu’observe-t-on (figure 1) ?

Image
John Filée
Légende
Relation de stock/recrutement chez la truite dans la rivière Spruce Creek, en ordonnée la densité de juvénile de 1 ans (0+) a l’année t en fonction de la densité de géniteurs deux ans auparavant (t-2 ans) en abscisse.
Texte

Il est tout à fait limpide que plus la densité de géniteurs augmente (en abscisse), moins le nombre d’alevins produits par ces géniteurs est important (en ordonnée). Autrement dit, plus il y a de géniteurs a l’année t-2 moins il y a d’alevins a l’année t… Ce résultat, très largement consensuel dans la plupart des études menées sur la truite, montre qu’il n’y a absolument aucun intérêt en terme de dynamique de la population à maintenir un nombre élevé de géniteurs dans une rivière donnée. Il n’en va bien sur pas de même d’un point de vue halieutique où la quantité de géniteurs a un impact fort sur la qualité de la pêche. Empiriquement, les pêcheurs ont d’ailleurs fait des constats similaires. En effet, lors de pollutions aiguës ou d’événements climatiques extrêmes réduisant presque à néant la population de truite, il est fréquent d’observer un redressement spectaculaire de la population en quelques années alors même que le nombre de géniteurs survivants était très réduit.

Le fait qu’il y ait une telle relation négative de stock/recrutement chez la truite commune tient probablement aux interactions entre les géniteurs avec leurs alevins : soit par compétition pour les postes et les caches et/ou par prédation directe (cannibalisme des adultes sur les juvéniles).

La croissance de la truite est densité-dépendante

Il est connu depuis longtemps que l’altitude, le profil thermique et chimique des eaux ont des effets très importants sur la vitesse de croissance de la truite. Mais de nombreux travaux scientifiques indiquent que la croissance de la truite est aussi influencée par des mécanismes densité-dépendants. Les travaux du biologiste Espagnol Javier Lobon Cervia ont remarquablement bien documenté ce phénomène. Pour illustration, en analysant une vingtaine de jeux de données de populations de truite de rivière en Europe (Espagne, Ecosse…) et aux USA sur des séries temporelles supérieures à 10 cohortes différentes, ce scientifique a mis en relation la croissance des truites avec leurs densités estimées par pêche électrique (figure 2)[2] .

Image
Jonathan Filée
Légende
Poids des truites a l’automne (ordonnée) en fonction de leurs densités estimées au printemps d’avant (abscisse) sur une vingtaine de stations réparties dans l’hémisphère nord (a) et (b).
Texte

Les résultats sont éloquents : plus la densité est élevée, plus la croissance est ralentie.  A la fin du premier été, la différence de croissance entre les années à densité d’alevin élevée et à densité faible, sur une même rivière, est très importante jusqu’à un ratio de 1 à 7 en masse corporelle ! Il existe plusieurs explications à ce phénomène. Intuitivement, on pourrait penser qu’une limitation des ressources alimentaires provoquerait un ralentissement de la croissance en cas de densité élevée. De la même manière, l’habitat étant toujours un facteurs limitant en rivière (cache, veines d’eau nourricières etc…)  un nombre trop élevé d’alevins augmenterait la compétition et les dépenses d’énergie pour accéder et défendre ces territoires, ralentissant d’autant la croissance.

Image
Jonathan Filée
Légende
Dans les torrents Pyrénéens riches en truite, la croissance des poissons est d’autant plus ralentie que la densité est forte.
Texte

Mais les auteurs de l’étude précédente suggèrent que des mécanismes adaptatifs pourraient aussi être à l’œuvre : en cas de densité élevée, les individus à croissance lente seraient avantagés dans la population, l’habitat disponible décroissant avec la taille des individus. Les individus à croissance lente pouvant se satisfaire par exemple d’abris de petite taille, ils seraient ainsi avantagés. Sur les rivières à fort recrutement naturel, on aurait donc avec le temps une sélection à l’échelle de la population vers des individus à faible croissance qui transmettraient ce trait adaptatif à leur descendance. Et inversement là où le recrutement est faible…

La survie des truites dépend elle aussi de facteurs démographiques

Un paramètre fondamental de la dynamique des populations naturelles repose sur le taux de survie d’une année à l’autre.

Contrairement à une idée reçue, ce taux, même si il est en général très élevé (>50% par an) n’est pas constant, il est variable, et nous allons voir que la survie des stades juvéniles de truite dépend aussi beaucoup des densités de truites présentes. Pour illustrer ce fait, intéressons-nous à la situation d’un tributaire du lac de Genève, inventorié sur 11 stations pendant 12 ans consécutifs [3]. Les auteurs de l’étude observent que le taux de survie des stades 0+ décroît nettement avec la densité lors des périodes estivales sèche (étiage marqué) mais plus surprenant, le taux de survie pendant l’hiver est aussi inversement proportionnel aux densités automnales (figure 3).

Image
Jonathan Filée
Légende
Relation entre la survie hivernale (ordonnée) des truites de l’année (0+) et leurs densités estimées a l’automne (abscisse) sur le Boiron de Morges sur 11 stations échantillonnée pendant 12 ans.
Texte

Dit autrement, plus il y a de juvéniles moins ils survivent ! Ce phénomène s’explique par des effets de compensation : lors des mauvaises années de recrutement , par exemple provoquée par de forte crues printanières, la compétition pour les postes et les ressources alimentaires entre les alevins survivants, en faible nombre, est très réduite. Cet effet de compensation sur le taux de survie explique pourquoi les mauvaises années de recrutement n’ont en général qu’un effet passager dans le temps sur la dynamique des populations. Le lecteur observera que dans le cas des années « creuses » en terme de recrutement, il y a ici un double effet densité-dépendant : augmentation du taux de survie et augmentation du taux de croissance (voire le paragraphe précédent). Mais inversement, les années à fort recrutement naturel sont associées à une réduction importante du taux de survie, ce qui relativise encore une fois l’intérêt de chercher à maximiser le recrutement naturel pour la truite fario.

Implications en terme de gestion piscicole

Résumons tout d’abord les effets densité-dépendants évoqués dans ce papier :

1) Plus il y a de géniteurs, moins il y a d’alevins produits par ces géniteurs.

2) Plus il y a de truites, plus la croissance de ces poissons est ralentie.

3) Plus il y a de juvéniles, plus la mortalité naturelle augmente.

Mettons cela en perspective avec le mode de gestion actuel, basé sur des tailles légales de capture (TLC) protégeant les truites au moins jusqu’à l’age de 3 ans : 

1) En maximisant le nombre de géniteurs s’étant reproduis au moins une fois, on bride le recrutement naturel.

2) En sanctuarisant vis-à-vis du prélèvement les truites juvéniles, on ralentit leur croissance.

3) En n’exploitant pas à la ligne les truites juvéniles, on augmente d’autant leur mortalité naturelle.

Ainsi, il est permis de se demander si on ne fait pas fausse route depuis bien longtemps en considérant la TLC comme la clé de voûte de la régulation des prélèvements à la ligne. 

Puisque les effets de compensation densité-dépendants viennent systématiquement contre-balancer les conséquences de la protection par TLC, quel peut donc être l’intérêt du maintien d’un tel système ?

Il est donc sans doute grand temps de laisser les gens qui le désirent prélever des truites juvéniles partout où le milieu est suffisamment producteur et en échange arriver d’une manière ou d’une autre à sanctuariser complètement les grosses truites qui concentrent les enjeux halieutiques (no-kill, taille maximum de capture, fenêtre de capture etc...).

L’auteur de ces lignes a conscience du coté politiquement incorrect de ce type de proposition mais c’est pourtant là le rôle historique confié à la science : mettre en doute ce qui est connu et faire connaître ce dont beaucoup doutent encore...

Image
Jonathan Filée
Légende
Relâcher les grosses truites et prélever les petites, une gestion d’avenir ?
Texte

Références :

[1] GD Grossman, RF Carline, T Wagner (2017) Population dynamics of brown trout (Salmo trutta) in Spruce Creek Pennsylvania: A quarter century perspective. Freshwater biology. 1-12

[2] J Lobón Cerviá (2007). Density dependent growth in stream living Brown Trout Salmo trutta L. Functional Ecology. 21:117-124

[3] A Richard, F Cattanéo, JF Rubin (2015). Biotic and abiotic regulation of a low‐density stream‐dwelling brown trout (Salmo trutta L.) population: effects on juvenile survival and growth. Ecology of Freshwater Fish. 24:1-14.

Test : Thomas & Thomas Contact 10'2 #2

Thomas and Thomas

La gamme Contact du célèbre fabriquant américain Thomas & Thomas a été mise au point par Joe Goodspeed pour les techniques modernes de pêche en nymphe au fil. Après avoir présenté le modèle phare en 10'8 #3 (voir le test ici), voici un focus sur le modèle plus court, encore plus spécifique, la 10'2 #2 : 

Image
Thomas and Thomas Contact 10'2
Texte

Test statique :

Cette série Contact possède un blank gris armure, les ligatures et liserés olives sont sobres et changent de l'habituelle couleur noire. Le numéro de la canne est présent au niveau des différents emmanchements de façon à faciliter l'alignement des brins. Au-delà de l'esthétisme, on remarque que tous les composants sont très qualitatifs et tendent à minimiser le poids. Il comprennent : une poignée en liège de qualité maximale (extra flor), un porte-moulinet en aluminium anodisé noir avec insert en loupe de frêne et un anneau de départ en titane/silicium suivi de 11 autres anneaux recoil monopattes. Enfin, le talon se termine par un fin pommeau de combat en liège, apportant confort et équilibre. 

Image
Thomas and Thomas Contact
Image
Thomas and thomas
Image
Thomas and Thomas
Image
Thomas and Thomas Contact 10'2
Image
Thomas and Thomas Contact 10'2
Image
Thomas and Thomas Contact 10'2
Image
Thomas and Thomas Contact 10'2
Texte

Mesures : 

Le protocole Common Cents System a permis de caractériser l'action, la puissance et la réactivité de cette canne : 

En ce qui concerne la puissance, 25 cents ont été nécessaires pour plier la canne sur un tiers de sa longueur, ce qui donne après conversion un ERN à 2.67. Il classe donc la puissance de la canne comme une soie 2, exactement ce qui est annoncé par le fabricant. Avec un AA de 63°, l'action de la canne est moderate fast (AA entre 63 et 66°). La fréquence à 77 montre la polyvalence du produit et la réelle possibilité de pêche en sèche. Le confort de pêche est bon, sans être exceptionnel (PTE à 273 gr pour cette 10'2 #2). A noter que nous avons testé ce produit en configuration "porte moulinet up-locking", nul doute que ces chiffres sont améliorés avec le porte moulinet down-locking disponible en option. En option également un anneau amovible proposé par le Moulin de Gémages, qui pourra être utile compte tenu de la distance importante (50cm) entre la poignée et le premier anneau, pour qui souhaite pêcher au fil.

Image
Thomas and Thomas Contact 10'2
Matériel

Thomas & Thomas Contact 10'2 #2

Marque
Thomas & Thomas
Série
Contact
Longueur
10'2
Longueur réelle
310cm
Soie
#2
Brins
4
Poids réel
83.00g
Anneaux
12
Premier anneau
50cm
Poignée
25x165mm
Serrage
Uplocking
Talon de combat
Oui
PME
190.00g
PTE
273.00g
IP
25
ERN
2.67
AA
63°
CCF
77cpm
Prix à la date de sortie
825.00€
Image
Ivan Gémages
Texte

L'avis d'Ivan Iannaccone (Le Moulin de Gémages), importateur français exclusif Thomas & Thomas :

"Une très belle canne d’artisan au look sobre et classe comme sait réaliser avec brio ce fabricant légendaire du Massachusetts ! La Contact est issue d’une fabrication 100% américaine et des toutes dernières technologies US mises au point dans les ateliers T&T. Dès la première prise en main, le « feeling » et l’équilibre sont excellents pour cette vraie soie de 2 !

C’est l’outil pensé spécifiquement pour les pêches extrêmement fines de salmonidés, aussi bien en nymphe dite « à l’Européenne » (avec des micros-perdigones par exemples) qu’en sèche où elle excelle aussi. L’action semi-rapide couplée à son poids plume évitent toute fatigue durant la pêche et vous fait oublier que vous avez une canne de plus de 10 pieds entre les mains ! Lancer après lancer, dérive après dérive, l’intuitivité et l’extrême précision de cette canne permettent de passer au peigne fin la moindre veine d’eau dans différents angles de lancer et ce, sans repositionnement intempestif du lanceur. Le plus bluffant en action de pêche est son incomparable résonance et l’extrême sensibilité du blank mis au point pour sentir tout ce qui se passe sous l’eau ! Cette sensibilité accrue et inégalée facilite vraiment les détections de touches les plus infimes ou de sentir de simples accros.. Une tenue de poisson exceptionnelle permet des excès de finesse en pointe sur des poissons de taille moyenne, sans problème de casse et décrochage au combat. Une des meilleures cannes du marché dans sa catégorie pour les pêches les plus fines et en période d’étiage … avec de magnifiques finitions, une garantie à vie… et un réel plaisir à l’utilisation !"

 

Image
Thomas and Thomas Contact 10'2
Image
Thomas and Thomas Contact 10'2
Texte

L'avis de la rédaction :

Comme d'habitude chez Thomas & Thomas, les données constructeurs, et notamment la puissance, sont scrupuleusement respectées : nous avons à faire à une vraie #2 (avec un ERN à 2.62, difficile de faire plus juste). On retrouve chez ce modèle l'action très douce qui caractérise cette série Contact, mise au point pour les techniques modernes à la nymphe. L'action de cette 10'2 est même encore plus modérée que celle de sa grande soeur 10'8 (AA à 63° pour le modèle testé contre 66° pour la 10'8).

Avec sa puissance #2 et cette action modérée, cette canne est donc très typée "pêche d'étiage" et ne conviendra sans doute pas à tout types de pratiquants, mais ceux qui recherchent un modèle très spécifique pour les pêches ultra-fines et/ou ultra-légères seront comblés (elle lance avec une efficacité remarquable des nymphes à billes de 2 ou 2.4 mm). Nous l'avons testé à l'étiage et notamment en pêchant en sèche/nymphe à l'espagnole où elle lance sans effort une bille de 2.4 mm à une dizaine de mètres. La conjonction d'une puissance faible + action douce est idéale pour propulser des poids faibles sans effort. Malgré tout, la réactivité est bien là : la fréquence d'oscillation est étonnamment élevée (à 77 cpm) compte tenu de l'action douce et de la longueur, et il sera tout à fait possible de pêcher en sèche avec une soie naturelle ultra-fine par exemple. Inutile de préciser que la courbe du blank est harmonieuse, sans point dur, ce qui limite grandement les décrochages. Evidemment, le prix est à la hauteur des matériaux haut de gamme et de la fabrication quasi artisanale de ce bijou aux USA. Cette canne numérotée bénéficie d'une garantie à vie. 

Texte

Liens utiles : 

Le protocole de test des cannes à mouche : ici

Comment choisir sa canne à nymphe : ici

Le site du Moulin de Gémages, importateur exclusif Thomas & Thomas :

Le Moulin de Gémages

Bénéficiez de 5% de réduction sur le modèle testé en contactant Ivan Iannaccone au 02 33 25 15 72 ou par mail à l'adresse suivante : contact@lm2g-flyfishing.fr

Les autres tests Thomas & Thomas ici :

Thomas & Thomas

 

Immersion en eau douce avec Anne-Cécile Monnier

Anne-Cécile Monnier

Immersion en eau douce avec Anne-Cécile Monnier.

Texte

"L’eau est aussi glaciale qu’hier. Le courant accentue ce ressenti, très vite oublié par la beauté de ce qui m’entoure. La Moselle sort de l’hiver, ses eaux sont limpides et ses galets impeccables. Je tente une nouvelle fois d’approcher celui pour qui je suis venue, au pied des Vosges, là où cette rivière est encore un peu sauvage. Comme tout salmonidé, l’Ombre commun ne se laisse pas approcher facilement en plongée. Il faut l’aborder en douceur, en variant les techniques, jusqu’à finalement le laisser décider de l’instant où sa prudence laissera place à sa curiosité.

En plongée, pas de camouflage, tout votre corps doit se fondre dans l’environnement aquatique, guidé par des gestes discrets et maîtrisés pour approcher le sauvage au plus près.

Après plusieurs heures d’immersion, je trouve enfin le bon poste. Je me place dans le bon courant, la bonne veine d’eau, proche de la berge et dos à la montagne. Enfin, je les distingue. Ils sont 6. Un petit banc d’Ombres communs s’approche lentement en ondulant et en captant les quelques particules en suspension qui dévalent dans le courant. Leurs dorsales aux tons violacés sont magnifiées par les rayons du soleil qui percent la surface et s’agitent sur les galets."

Image
Anne Cécile Monnier
Image
Anne Cécile Monnier
Texte

"Je vérifie les réglages de mon appareil photo à travers la vitre du caisson étanche, et je patiente jusqu’à ce que la proximité soit suffisante pour déclencher.

 La composition scénique est telle que je l’ai imaginée tant de fois en anticipant cette rencontre. Je suis accrochée à mon matériel en alternant les prises vidéos et photos. Ils divaguent autour de moi et je suis là, sans bouger une palme, à la fois ébahie et stupéfaite par la proximité qu’ils semblent m’accorder."

Image
Anne Cécile Monnier
Texte

C'est lors d'une rencontre professionnelle avec un fameux migrateur du sud de la France (l'alose feinte du Rhône) qu'Anne Cécile a eu le déclic : sa fascination pour les écosystème aquatiques, leur fonctionnement et leur beauté naturelle est née au début de ses études de biologie. Depuis, affirmer qu'elle a construit sa vie autour de ces biotopes n'est certainement pas un euphémisme tant ils sont désormais au cœur de son métier de biologiste et de ses passions (notamment la photographie sub-aquatique). Elle nous en dit un peu plus :

Image
Anne Cécile Monnier
Texte

Ton métier est multifacette, parle-nous tout d’abord de ta formation d'hydrobiologiste ? en quoi consistent tes prestations et vers qui se dirigent-elles plus particulièrement ?

"L’hydrobiologie, c’est tout simplement l’étude de la vie des eaux douces. Ce qui est passionnant dans ce métier, c’est qu’il est constamment changeant. Mon bureau évolue au gré des missions sur différents territoires et une diversité d’écosystèmes aquatiques.

Dans le métier d’hydrobiologiste, chacun se spécialise durant ses études ou son parcours professionnel en fonction de ses expériences et de ses affinités. Pour ma part, j’ai confirmé cette attirance pour ce métier lors d’un stage universitaire en 2009, qui consistait à étudier les poissons migrateurs dont l’Alose feinte du Rhône, qui remonte le fleuve et ses affluents pour se reproduire. Je me suis retrouvée totalement plongée dans la fascinante problématique du libre déplacement des espèces aquatiques, souvent impactées par les barrages et la maitrise démesurée des grands fleuves. Ceci a clairement guidé ma spécialisation vers les poissons d’eau douce et leurs habitats, intimement liés à la pression des activités humaines, sans doute avec l’espoir secret de pouvoir un jour changer les choses de mes petites mains.

Chargée de projets en bureau d’études dès la fin de ma formation, j’ai mené des projets consacrés au rétablissement de la libre circulation piscicole, notamment sur la Durance, mais aussi dans les Hautes-Alpes, ainsi que des suivis de populations d’anguilles sur le bassin de la Loire, avant de revenir aux sources dans un bureau d’études lorrain où j’ai poursuivi ce type d’actions lors d’études d’impact liés au transport fluvial, ou au trafic routier."

Image
Anne Cécile Monnier
Texte

Aujourd’hui tu ne te contentes plus simplement d’étudier les poissons, tu leur tires le portrait en plongeant dans les rivières, quel a été le déclic ?

" « Mais que peux-tu bien étudier dans une rivière ? », cette question revient souvent lorsque je pars en déplacement. Ces interrogations couplées aux observations surprenantes que je peux réaliser lors de mes plongées en rivière ont suscité chez moi l’envie de témoigner qu’il y a de la vie là-dessous."

Image
Anne Cécile
Image
Anne Cécile
Texte

"Suite à cela, il y a bientôt 5 ans, j’ai littéralement fait basculer mon parcours professionnel, animée par l’envie de faire partager ce que j’observais dans l’eau, comme pour tenter de donner du sens à la préservation de ces milieux si peu connu du grand public.

Afin d’avoir le temps de réaliser mes projets, j’ai quitté le monde du salariat, et me suis lancée en freelance en hydrobiologie. Aujourd’hui j’interviens ponctuellement en renfort d’équipe pour des bureaux d’études qui me font appel, où en partenariat avec des associations environnementales, sur le territoire français, pour réaliser des inventaires piscicoles notamment lors de pêches électriques mais aussi d’autres suivis faunistiques axés sur les amphibiens, les crustacés ou même les mollusques. Ceci afin de répondre à des problématiques de veille liées à la qualité des milieux aquatiques ou à la recherche d’espèces protégées.

Et c’est avec mon appareil photo que je passe la majeure partie de mon temps au bord de l’eau ou sous la surface."

Image
Anne Cécile
Légende
Photo © Delphine Goffaux
Texte

"L’image permet de véhiculer un véritable message auprès du grand public, accessible à tous, et la vulgarisation scientifique qui en découle est un atout certain pour sensibiliser, et pousse à en connaitre davantage sur nos eaux douces."

Image
Anne Cécile
Image
Corse
Texte

A propos de tes expériences avec les salmo, quelles espèces et quels cours d'eau t'ont particulièrement marqué ?

"Ma rencontre avec les Ombres communs de la Moselle est une expérience que je languis de réitérer. Mais il en est d’autres que j’ai eu le plaisir de vivre récemment, sur l’île de beauté, notamment sur la Solenzara, fleuve de l’Est de la Corse. Je dois avouer que ça fait partie de mes plus belles plongées en eau douce.

Les eaux y sont fraîches, cristallines, teintées de vert et de bleu. Il suffit de se caler entre les blocs dans le courant, et observer. Les truites discrètes deviennent alors de plus en plus curieuses et vous accompagnent au fil du courant."

Image
Anne Cécile
Image
Anne Cécile
Image
fario
Image
fario
Texte

" La contrainte de l’image subaquatique au reflex est d’anticiper les sujets potentiels que je vais rencontrer sous la surface avant de choisir l’objectif qui va m’accompagner sous l’eau. Habituellement équipée d’un objectif photo grand angle, j’opte parfois pour un objectif macro qui me permet d’immortaliser quelques petites rencontres comme ici avec cette truitelle ou d’autres petites espèces ou alevins. "

Image
fario
Légende
Truite fario
Image
Brocheton
Légende
Brocheton
Image
Epinoche mâle en parure de noces
Légende
Epinoche mâle en parure de noces
Image
Blennie fluviatile
Légende
Blennie fluviatile
Texte

Je crois savoir que tu as déjà plongé en lac d'altitude, raconte-nous ton expérience à ce sujet !

" Bien que plutôt habituée aux rivières de plaine, il y a bientôt 6 ans j’ai eu l’opportunité de partir avec d’autres plongeurs fous passionnés dans le mythique Gruner Sea. Ce lac naturel autrichien a la particularité de voir son niveau s’élever de plus de 10 mètres au printemps à la fonte des neiges. C’est un véritable phénomène de submersion sur les bords du lac. Ainsi les sentiers, bancs publics et pontons se retrouvent sous l’eau, et ce paysage offre une randonnée aquatique singulière dans un environnement uniformément turquoise. La neige récemment fondue appuyait comme une piqure de rappel sur mes joues à découvert. Lorsque je croisais quelques rares salmonidés égarés, je pensais à tout ce temps qu’ils passent isolés sous la glace et la neige, une bonne partie de l’année."

Image
Anne Cécile
Légende
Photo : ©Rémy Dubas
Image
Lac de montagne
Image
Lac de montagne
Texte

Il y a une réelle part artistique dans ton activité, où puises-tu ton inspiration ?

" Porter un masque et un tuba n’a rien de poétique ni de très inspirant, mais disons que le silence éveille les autres sens, et ouvre à la contemplation. Sous l’eau pas un bruit, juste une pression uniforme qui vous enveloppe. Les ambiances, la lumière, la clarté de l’eau, donnent l’inspiration à la composition de l’image. Et puis les gestes discrets et doux sont nécessaires pour tenter de s’effacer du paysage, pour que les poissons vous acceptent ou s’approchent avec curiosité.

Souvent, on me dit « Tu as de la chance, tu ne plonges que dans des rivières claires ». Nuance, je ne déclenche que dans des eaux claires, et croyez-moi qu’en Lorraine où je m’immerge le plus souvent, c’est un petit défi ! "

Image
La Meuse, Lorraine
Légende
La Meuse, Lorraine
Image
Anne Cécile
Texte

Parallèlement à la réalisation de tes photos subaquatiques, est née l’association Reflet d'eau douce, peux-tu nous en dire quelques mots ?

" Reflets d’eau douce est une association que j’ai fondée en 2015, avec un objectif : familiariser le grand public et le milieu scolaire aux écosystèmes aquatiques, à l’aide de la photographie subaquatique.

Depuis, j’ ai mené de nombreux projets pédagogiques en France métropolitaine jusqu’en Outre-mer en collaboration avec d’autres passionnés au travers d’expéditions photos, de projections-conférences et d’animations en milieu scolaire.

A ce sujet, les actions de Reflets d’eau douce s’axent de plus en plus vers la réalisation de supports d’informations comme des films documentaires ou des livres, visant à faire partager la biodiversité et le fonctionnement des écosystèmes d’eau douce. "

Image
Anne Cécile
Texte

Tu es très attachée à la sensibilisation environnementale, notamment chez les plus jeunes, quelle(s) méthode(s) pédagogique(s) utilises-tu ?

" L’échange avec les enfants est indispensable dans mon activité, c’est à la base de la création de l’association, et je tiens à continuer à développer ce volet qui m’est cher, pour sensibiliser cette jeune génération à ce qui compose une partie des grands défis qui nous attendent en matière de sauvegarde de notre patrimoine naturel.

Les interventions dans le milieu scolaire répondent souvent à des projets pédagogiques établis avec les enseignants. Lors d’une animation en classe, qui peut être suivie d’une sortie au bord de l’eau, je présente tout d’abord aux élèves mon métier d’hydrobiologiste et de photographe subaquatique. S’en suit une projection commentée d’un diaporama photos durant lequel je leur présente la biodiversité qui peuple nos eaux douces et que j’ai réussi à photographier dans la région, ainsi que des grands enjeux actuels liés à l’introduction d’espèces exotiques, les grands aménagements liés aux usages, mais aussi une thématique dont ils sont de plus en plus informés et acteurs, la pollution dont celle liée aux macro déchets, qui finit un jour par rejoindre l’océan. Toutes ces thématiques sur le fil bleu de l’eau douce laissent place à l’inspiration et à de nombreux échanges. "

Image
Anne Cécile
Texte

" Je parlais un peu plus au-dessus que de nombreuses actions sont menées en Outre-mer, et j’aimerais vous présenter un projet phare de Reflets d’eau douce : la création du Réseau Mél’Eau. Ce dispositif pédagogique vise à faire découvrir les milieux aquatiques aux élèves (classe élémentaire ou collège) grâce à un programme d’échanges entre des classes de France métropolitaine et d’Outre-mer sur des projets liés à l’eau. Ainsi, les élèves deviennent de véritables ambassadeurs des milieux aquatiques, et prennent conscience de la fragilité et de la diversité du patrimoine aquatique qui les entourent. La concrétisation de ce projet résulte d’une fructueuse collaboration avec une structure d’éducation à l’environnement sur l’Ile de la Réunion. Aujourd’hui, le Réseau Mél’eau est également présent en Guyane, bientôt en Polynésie Française, et nous espérons qu’il pourra toucher davantage de territoires d’outre-mer à l’avenir.

N’hésitez pas à le faire partager à votre entourage enseignant, car nous recherchons des classes toute l’année (Territoires concernés : Région Grand Est, Région Ile de France, Ile de la Réunion, Guyane). "

Image
Anne Cécile
Image
gobie
Légende
Gobies à tâche noire
Texte

Observes-tu des dégradations dans nos rivières et lacs sous la surface ?

" Artificialisation des milieux, maîtrise des écoulements, rupture de continuités, infrastructures, introduction d’espèces, pollution de l’eau, disparition des zones humides, braconnage, prélèvements d’eau, altération des frayères,….. La liste est longue pour qualifier les dégradations sur les milieux aquatiques. Et la vue subaquatique permet d’avoir accès à ce qu’on ne peut pas observer depuis la berge. De ce point de vue là, c’est tout de suite moins vendeur. "

Image
gobie
Légende
Gobies à tâche noire
Texte

" Pas besoin d’avoir la tête sous l’eau ni d’aller à l’autre bout du monde pour voir la quantité de déchets qui reste accrochés aux arbres après le passage d’une crue notamment dans les grandes rivières, je vous laisse donc imaginer ce qu’on peut retrouver dans leur lit.

Avoir la tête sous l’eau permet aussi d’observer la présence d’espèces exotiques, que je croise régulièrement comme la Tortue de Floride, les écrevisses américaines, mais aussi la présence de nouvelles espèces comme le gobie d’eau douce, particulièrement présent par chez moi, en Lorraine. "

Image
Anne Cécile gobie
Texte

A propos de ce fameux gobie, invasif sur notre territoire national, tu as mené un projet récemment… 

" Depuis la fin des années 2000, quatre espèces de gobie d’eau douce sont arrivées en France via la navigation (par les eaux de ballast des péniches) depuis le bassin du Danube,  et peuplent abondamment les eaux douces du bassin Rhénan. Elles font de plus en plus parler d’elles car leur expansion tend à s’étendre sur d’autres grands bassins hydrographiques comme celui de la Seine et du Rhône où certaines d’entre elles ont été observées récemment.

Ce sujet passionnant, a donné naissance à un film, produit par COSMOPOLITIS, que j’ai réalisé aux côtés de mon ami et co-auteur Pierre Pommeret pour la chaine SEASONS en 2018. Il a été l’occasion d’aborder des thèmes comme l’artificialisation des milieux et l’impact des espèces exotiques envahissantes sur notre territoire. Durant 52 minutes, scientifiques et pêcheurs nous confient leurs expériences et leurs premiers résultats d’études afin de mieux comprendre l’évolution de ce poisson avec lequel il faut désormais cohabiter.

Le film a été diffusé en avril 2019 sur SEASONS et sera rediffusé à l’automne.

Des projections grand public en présence de l’équipe sont proposées en France en 2019, il ne faut pas hésiter à me contacter si vous souhaitez organiser un événement près de chez vous. "

Image
Anne Cécile brochet
Texte

Tu as également fait des films documentaires pour les Fédérations de pêche ces dernières années, peux-tu nous les présenter ?

" Les films institutionnels ou documentaires sont de plus en plus utilisés pour communiquer. Les reportages photos où vidéos que je réalise permettent de communiquer sur des actions menées par les acteurs de l’eau et gestionnaires en faveur de la restauration de ces milieux.

Il y a quelques années, j’ai eu l’opportunité de réaliser mon tout premier documentaire sur la restauration des frayères à brochet, menée par les acteurs de la pêche de loisir sur toute la Moselle française. Sous l’œil affûté et bienveillant d’un certain Pierre Pommeret à l’époque Responsable technique de la Fédération de Meurthe-et-Moselle, j’ai été amenée à conduire ce projet passionnant.

C’était le début de notre collaboration. L’objectif était de valoriser leurs actions, pour montrer au grand public les missions menées par le monde de la pêche pour la protection et la restauration des habitats aquatiques. Souvent quand on pense à la pêche, on ignore la multitude de projets menés par les membres de ce vaste réseau, qui sont souvent des sentinelles du suivi, de la préservation et de la veille des milieux.

L’année suivante, j’ai été sollicitée par la Fédération de la Meuse pour un second film. Cette fois-ci il ne s’agissait plus de se valoriser la restauration des frayères à brochet mais bel et bien de réaliser un suivi comportemental de l’espèce par radiopistage, notamment au sein de ces zones de fraie pour en vérifier la fréquentation. J’ai donc suivi les équipes durant leurs manips de terrain réparties sur une année pour réaliser ce second film, qui comme le précédent est visualisable en ligne sur la chaîne Youtube de Reflets d’eau douce et www.refletsdeaudouce.fr "

Image
livre ACM
Texte

Des nouveaux projets pour 2019 ?

" Parmi les beaux projets de 2019, je vous invite à découvrir celui qui me tient le plus à cœur, l’édition de mon tout premier livre photographique intitulé « Sous la surface, rencontres au cœur de nos eaux douces »

Ce projet est un recueil de mes plus belles rencontres en eau douce et a pour objectif de faire partager mon regard sur nos milieux aquatiques à travers ces clichés sortis de l’eau.

Des espèces emblématiques comme l'anguille européenne, l'ombre commun, la truite fario, le brochet ainsi que d'autres espèces témoins de la qualité des milieux aquatiques parmi les insectes, amphibiens, mollusques et crustacés, illustrent cet ouvrage de 148 pages.

Ce livre permet de valoriser ces écosystèmes avec une entrée axée sur la contemplation de nos fantastiques biotopes aquatiques. C'est l'occasion de véhiculer auprès du plus grand nombre les émotions apportées par celui ou celle qui arpente nos cours d'eau ou souhaite tout simplement les découvrir. Il ne peut exister que grâce à votre soutien à travers une campagne de précommande qui est en cours jusqu'à mi-juillet. Je vous invite donc à parcourir la plateforme de souscriptions (ici) pour découvrir en détails le projet et vous remercie pour tout l’intérêt que vous porterez à mon travail ! "

Merci encore Anne-Cécile et bravo pour ta passion et ton engagement ! A bientôt :) 

Photos de l’article © AC.Monnier (sauf mention contraire)

Texte

Liens utiles :

« Les annexes hydrauliques de la Moselle, actions en faveur de la reproduction du brochet » réalisé pour les Fédération de Meurthe-et-Moselle, Moselle, et Vosges, 24 min, 2017

« Sur la trace du brochet en vallée de Meuse » réalisé pour la Fédération de la Meuse pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique, 30 min, 2018

Les films documentaires sont en ligne sur : 

reflet d'eaux douces

 

Le Réseau Mél'eau :

Mél'eau

 

Test : JMC Pure 9' #6

jmc pure

Après avoir présenté la Pure Equipe 10' #7 destinée au réservoir (ici), poursuivons l'exploration de cette série haut de gamme JMC avec cette Pure 9' #6 : 

Image
jmc pure
Texte

Test statique

A l'instar des autres références de la série Pure, cette canne 4 brins fait dans la sobriété avec son blank mat, ses ligatures noires et son porte moulinet carbone (surmonté d'une poignée liège pleine fleur). Elle comporte 11 anneaux (premier Sic suivi de 10 monopattes) et elle est livrée dans un étui JMC octogonal compartimenté.

Image
jmc pure
Image
jmc pure
Image
jmc pure
Image
jmc pure
Image
jmc pure
Image
jmc pure
Texte

Mesures

Le protocole Common Cents System a permis de caractériser l'action, la puissance et la réactivité de cette canne : 

En ce qui concerne la puissance, 52 cents ont été nécessaires pour plier la canne sur un tiers de sa longueur, ce qui donne après conversion un ERN à 6.62. Il classe donc la puissance de la canne comme une soie 6, conformément à ce qui est annoncé par le fabriquant.  Avec un AA de 70°, l'action de la canne est fast (AA supérieur à 66°). La fréquence à 86 montre la réactivité importante du produit (corrélée à l'action rapide) qui présage une cadence de lancer assez soutenue. Avec un PTE de 251gr, le confort de pêche est très bon et conforme à ce que nous sommes en mesure d'attendre d'un produit haut de gamme comme celui-ci.

Image
jmc pure
Matériel

JMC PURE 9' #6

Marque
JMC
Série
Pure
Longueur
9'
Longueur réelle
274
Soie
#6
Brins
4
Poids réel
91.00g
Anneaux
11
Premier anneau
50cm
Poignée
26x175mm
Serrage
Uplocking
Talon de combat
Non
PME
160.00g
PTE
251.00g
IP
52
ERN
6.62
AA
70°
CCF
86cpm
Prix à la date de sortie
629.00€
Image
Jérôme Servonnat
Texte

L'avis de Jérôme, ProStaff Maison de la Mouche :

" "Lady Baroudeuse" C’est à l’occasion d’un gros voyage en Patagonie que j’ai pu découvrir, je dirais « intimement », la Pure 9’#6. Et si je dois aller à l’essentiel, je dirais que cette « Lady Baroudeuse », aussi à l’aise en tailleur une coupe de champagne à la main qu’en Gore-Tex sans douche depuis cinq jours, m’a impressionné par son excellence dans la polyvalence, qu’on peut aisément associer à son blank très conique, alliant une pointe fine avec une vraie grosse réserve de puissance. Elle est capable de pêcher en nymphe à vue des ombres en 10/100, avec une super tenue de poisson, de générer beaucoup de vitesse de soie sous-chargée avec une TT5, ou encore, d’encaisser une shooting #7 S7 (tête d’une Airflo Forty Plus) et d’atteindre des distances impressionnantes avec un streamer. Ce dernier point n’était pas au programme initialement, mais ayant cassé ma 10’ #7 au bout du deuxième jour de pêche du voyage, j’ai été un peu obligé de trouver une alternative… qui fut particulièrement payante, parce que j’ai largement pu gagner en confort (très douce et légère), sans perdre significativement en performance (elle n’a jamais été à genou !). Avec cette canne, j’ai pu successivement attaquer des poissons dans des petites retournes en sèche, puis traverser des gros courants avec un streamer plombé en tandem, sans avoir à m’encombrer d’une deuxième canne. Et surtout, sans avoir le sentiment qu’elle me pénalisait dans l’une ou l’autre pêche. A l’issu du voyage, j’ai eu le sentiment d’avoir trouvé une partenaire extraordinaire, capable de s’adapter et de changer de visage en fonction des conditions, avec brio, et en laquelle j’ai toute confiance. Et pour l’anecdote : c’est avec elle que j’ai dépassé pour la première fois les 40m avec une soie de 6 (Scientific Anglers Expert Distance). Donc oui, je peux le dire : c’est une grande canne, qui ne me quittera plus."

Image
jmc pure
Image
jmc pure
Image
jmc pure
Texte

L'avis de la rédaction

Nous sommes en présence d'une vraie "soie 6" à action rapide. Sa fréquence d'oscillation élevée (86 cpm) nécessitera un rythme de lancer important. C'est l'archétype de la canne idéale pour les pêches en sèche et à vue de gros poissons, en présence de vent ou les pêches de truites qui croisent sur des bordures (et plus généralement des situations où il est nécessaire de poser la mouche rapidement à bonne distance). Sa polyvalence sera un atout indéniable pour les voyages de pêche où il est souvent nécessaire d'alterner sèche/nymphe et streamer. Pour ce qui est des pêches à grandes distances, si un technicien du lancer de la trempe de Jérôme nous vante ses qualités, nous pouvons raisonnablement avoir une totale confiance en elle ! 

Texte

Liens utiles : 

Le protocole de test des cannes à mouche : ici

Le catalogue JMC : ici

Les autres tests JMC : 

Jmc Fly Fishing
S'abonner à S'abonner à S'abonner à S'abonner à S'abonner à S'abonner à