L'été passe toujours trop vite et nous y voilà.
Quelques petites semaines nous séparent de la fermeture de la pêche en première catégorie, Août et Septembre sont le dernier petit tiers d'une saison, qui comme toutes les autres est passée bien vite.
Alors Août, Septembre, les eaux basses et moi...
Comme en atteste ma tronche d'explorateur, je suis du genre curieux question rivières et si j'aime énormément découvrir de nouveaux parcours et terroirs tout au long de la saison de pêche, je dois bien admettre que l'été reste pour moi un retour au sources, un défi lancé à mes bonnes vieilles truites ariégeoises si difficiles, avec, je l'espère toujours, de nouveaux acquis.... pour de nouveaux succès !
Aussi, avant d'aborder l'épineuse question de la pêche durant cette partie de la saison, je tiens d'emblée à préciser qu'il n'en va que de mon expérience dans un milieu bien défini : rivières pyrénéennes claires, semi-rapides, assez peu profondes, dépassant rarement les 10 mètres de large l'été et dont l'altitude varie entre 600 et 900m. Les truites que l'on y rencontre mesurent entre 18cm et 30cm... Rarement plus.
Le mois de Juillet est coutumier de belles parties de pêche. La mouche sèche reste à l'honneur tant que les dernières "mouches de courant" intéressent encore les truites.
Août arrivant, l'étiage s'installe (de plus en plus sévèrement je le crains...) et la présence des insectes se fait de plus en plus discrète. Les truites, furtives, semblent moins disposées, la pêche devient très difficile et à l'extrême parfois même inintéressante.
On remarquera que, sauf conditions d'eau et/ou de climat particulier, l'état de fait sus-évoqué est une constante forte de la première quinzaine de août. En montagne une transition climatique s'opère régulièrement juste après le 15 du mois, les pluies reviennent, la température baisse, certaines mouches apparaissent...ou réapparaissent.
Inévitablement la tendance s'inverse, et d'ailleurs plus la fermeture approche et plus séduisante est la pêche.
Evidement ceci n'est pas gravé dans le marbre, mais cela constitue une tendance très marquée qui se confirme de saison en saison.
Je n'évoquerais dans cet article que les "difficultés" de la pêche en journée, le coup du soir, de même que celui du matin, étant d'un contexte particulier qui mérite un article à lui seul.
De mon observation, il résulte que le milieu de journée (comme en début de saison tiens!) et la fin d'après-midi sont les moins pires moments pour réussir lors des journées ensoleillées.
Si le temps est pluvieux et si les niveaux sont restés stables, tout est différent, la pêche est alors plus classique, plus facile, en sèche notamment. En revanche si une baisse des pressions atmosphériques s'associe à une chute tout aussi brutale de la température alors cela devient très mauvais, catastrophique, plus une truite dehors... j'ai constaté ça à de très nombreuses reprises, tout est nuance en cette période.
Mais bon... le soleil revient vite.
Le problème principal auquel nous allons être confronté est celui de l'approche. Les truites, quoique facilement observables, ont une activité alimentaire bien amoindrie par rapport au début de l'été et s'enfuient pour des riens, en semant la panique chez les autres individus postées aux alentours.
Une reflet malencontreux, une mauvaise position du pêcheur (cf. L'excellent article de Lionel Ainard), un coup de pied maladroit dans un caillou, des faux lancers intempestifs, le moindre dragage, une mouche un peu trop farfelue... toutes les occasions sont bonnes pour mettre le poisson en alerte.
Le grand soleil, la canicule et une eau très basse sont nos pires ennemis dans ce contexte. Comme ces conditions sont désormais les plus fréquemment rencontrées, il va falloir en tenir compte à tous les instants.
Ne vous abstenez pas de pêcher l'eau de manière classique si les poissons sont mordeurs, la pêche n'en peut être que plus gratifiante en termes de prises, mais avouez que ceci est rarement le cas lors des situations dont on parle et ces jours là se comptent sur les doigts d'une main pendant la période qui nous intéresse.
Les conditions et les truites vont nous imposer un tout autre point de vue et donc une toute autre approche.
Il s'agit d'une prise de parti, mais j'estime qu'une pêche dite "lente" et à vue, que ce soit en nymphe ou en mouche sèche est la meilleure des stratégies afin de profiter au mieux du contexte estival. Car si les truites sont difficiles, elle sont en revanche facilement visibles (tout du moins dans les rivières ou j'opère), et c'est là un des rares points positifs sur lequel prendre appui pour réussir un tant soit peu... c'est une pêche de défi, d'observation, parfaite pour tester la qualité de ses nerfs.
L'idée est de s'abstenir de pêcher l'eau quand bien même la tentation serait grande et d'être économe de ses gestes. De repérer chaque truite et d'analyser son comportement afin de choisir la meilleure option pour enfin essayer de la convaincre... On va faire du sur-mesure pour chaque poisson rencontré !... N'est-ce pas passionnant?!!
Il va nous falloir pour cela un matériel léger et néanmoins polyvalent qui nous permette de passer de la nymphe à vue à la mouche sèche sans la moindre équivoque. En ce sens l'équilibre du bas de ligne sera un facteur déterminant de réussite et de confort. Je ne reviendrais donc pas sur la qualité de la présentation et de la dérive, ceci fait l'unanimité chez chacun d'entre nous, mais s'il y a un point sur lequel j'insiste c'est celui de la précision.
Certains de mes compagnons de pêche pourront même vous dire que j'insiste... LOURDEMENT!!!
Je m'explique un peu par rapport à la précision: dans cette pêche, on ne fera jamais de longues dérives. Hors cas particuliers, il faut poser son artificielle 50 cm en amont du poisson en moyenne et le faire si possible lors du premier lancer. Si l'on doit se planter, il vaut mieux toujours être court.
"Coiffer" le poisson de toute une grande partie du bas de ligne -ou pire, de la soie - aura un effet dévastateur sur le résultat final et se traduira le plus souvent par la fuite désemparée de la truite.
Aussi libre et légère que se présente notre mouche savamment choisie, si l'on a "stressé" notre cible avec toute une série de posers approximatifs, neuf fois sur dix il est trop tard, notre poisson est alerté, on ne le prendra pas. Donc précision toute! J'insiste!!!
A titre personnel, j'utilise pour cette pêche une Marryat Tactical 10' pour soie de 3 et surtout une soie parallèle naturelle fabriquée de main de maître par un ami cher. Cette soie, très fine et très dense représente une forme d'optimum et me permet d'utiliser un bas de ligne relativement court : un peu plus d'une fois la longueur de la canne. Pour avoir pendant des décennies pêché avec des soies synthétiques, il est inutiles d'espérer avec elles de grands résultats avec des bas de lignes qui seraient de moins de deux fois la canne...minimum!!
A chacun son matériel et ses préférences, mais voici toutefois comment se constitue mon bas de ligne :
45/100 45cm
40/100 40cm
35/100 25cm
30/100 20cm
25/100 20cm
20/100 20cm
18/100 20cm
15/100 30cm
12/100 40cm
+ pointe à la demande (8 ou 10/100) plus ou moins 80cm
Je le bricole sans cesse et on doit pouvoir l'améliorer, mais avec une soie fine et naturelle, il passe très bien.
L'équation à résoudre est celle du meilleur compromis afin d'obtenir la plus grande précision possible sans jamais avoir à sacrifier la qualité de la dérive. Plus facile à écrire qu'à faire.
Pour la pointe, 80cm à 1m de 8 à 10/100 constitue le standard de base, que je rallonge parfois lors de la pêche en nymphe à vue.
D'ailleurs, il ne s'agit pas du tout de la pêche à vue telle qu'on l'entend dans le grand Est de la France avec de très longues dérives, animations etc... La formulation "nymphe à vue" est peut-être ici un abus de langage. Il s'agit plus en fait d'une extension de la pêche en mouche sèche adaptée à des nymphes. Sans changer de matériel, on passe de la sèche à la nymphe en intégrant le paramètre "profondeur" toujours aussi déterminant comme dans toute pêche sous l'eau.
Un peu comme si l'on passait de la 2D à la 3D.
A-t-on repéré une truite en activité? Oh oui bien sûr ! Elles sont encore nombreuses dans la plupart de nos cours d'eau !
Maintenant la première des chose à faire et de se placer de la façon la plus judicieuse pour pouvoir l'aborder dans de bonnes conditions, et surtout soyons discrets ! Observons avant de faire le premier lancer, la truite certes, mais aussi son environnement immédiat. N'y en a-t-il pas une autre, plus près de nous, plus à l'ombre ou dans un contre-jour ? Peut-être plus grosse? Ne va-t-elle pas mettre le premier poisson repéré en fuite ? Ne nous précipitons pas. Ce sont vraiment des réflexes qu'il faut acquérir dans cette pêche à vue...à tous les instants.
Passons maintenant à notre poisson, observons un peu son comportement. Si il gobe, régulièrement qui plus est, c'est le cas le plus facile car c'est un poisson en pleine confiance. On tentera de lui présenter correctement une mouche crédible pour la saison (fourmi, micro palmer, spent, petite oreille de lièvre etc...) pour espérer le prendre.
L'erreur fatale à commettre est de représenter la même mouche à un poisson qui l'a déjà refusé dans de bonnes conditions de présentation, 8 fois sur 10 on cale la truite, elle reste visible, mais ne monte plus sur vos mouches. Je sais d'avance que certains vont sourire en lisant ça, niant fermement que la mouche a une réelle importance, munis d'un arsenal d'arguments soit disant irréfutables, arguant que "la présentation ceci...", "la truite cela..." mais j'attends toujours qu'on me démontre le contraire canne en main, sur ces mêmes parcours... et ça fait plus de 30 ans que j'attends. Si j'étais ironique, je rajouterais même que je suis patient et facile à convaincre...à condition de venir avec des arguments concrets sous peine de vite se retrouver "en slip sur la banquise"!
Vient le cas ou votre poisson semble très actif mais ne gobe jamais...ça se complique, mais rien de grave ! On parvient tous à la conclusion que le poisson se nourrit sous l'eau. Or parfois c'est juste l'absence d'insectes à la surface qui fait que le poisson ne gobe pas. Peut-être a-t-on affaire à une opportuniste? Tentons donc un premier essai en sèche. Si cette truite reste indifférente ou refuse, n'insistons pas, ne la calons pas de suite, il faut passer en nymphe !
Plus de trois fois sur quatre le choix d'une petite Pheasant Tail (h18) sera gagnant.
Si le poisson fait de nombreux et courts déplacements latéraux c'est bon signe, il prend certainement tout ce qui passe dans sa fenêtre de préhension du moment que c'est petit et comestible. On doit le prendre si l'on ne fait pas de faute technique. Il suffit pour cela de présenter sa petite nymphe dans sa zone et de ferrer à l'instinct...au déplacement de la truite. Pour ceux qui débuteraient dans cette pêche, je vous rassure : il est normal de beaucoup rater au début ! À force cela devient un réflexe et on ne sait plus vraiment "pourquoi " on ferre, mais le poisson est au bout !
Autre cas : le poisson est plus ou moins indolent mais semble se nourrir néanmoins. Ses déplacements sont moins fréquents mais se font sur des distances plus grandes (de 50cm à 1m) et parfois même la truite revient en arrière comme furieuse d'avoir laissé passer son mets favori...alors là danger! C'est un poisson qui choisit ses proies et sera sélectif, ce sera un poisson plus difficile à prendre. Petite observation : Les nymphes de Bwo et les toutes petites fourmis noires impliquent régulièrement cette attitude.
On distingue parfois un poisson dans des situations ou l'on ne le décèle que par intermittence, dans des contre-jours compliqués ou certains types de courant ou l'observation directe et continue ne peut s'établir. Tant mieux si on peut le pêcher en sèche, le challenge sera moins âpre à relever. Si nous sommes en revanche contraints de pêcher cette truite en nymphe ce sera alors un cas techniquement difficile.
Il faudra le pêcher au jugé, être sur de soi et comme on ne peut pas espérer vraiment voir le poisson se déplacer pour ferrer, on ferre à l'intuition. Il faut pour cela un certain métier.
Il y a aussi les poissons peu actifs, ce sont les plus nombreux. Généralement postés dans très peu d'eau ce sont aussi les plus craintifs. Discrets, ce sont eux qui vous filent entre les jambes alors que vous aviez les yeux rivés sur le poste au dessus.
Ils ne se déplacent que très peu ou pas du tout. Figés dans des poches d'eau ou le courant semble ne pas exister, il faudra pour ces poissons, leur mettre la nymphe juste sous le museau pour que peut-être ils s'en emparent... je note qu'une "nymphe" de chironome parfois les décide un peu mieux que les autres modèles.
Ce ne sont là que quelques cas d'école afin de définir les grands axes de cette pêche à vue, il va de soi que chaque cas est unique et que nos séances de pêche nous en proposeront bien d'autres.
Rappelons-nous juste que pour chaque poisson rencontré il faudra lui appliquer une stratégie qui lui est propre et c'est là tout le charme de cette technique.
Nous avons planté le décor, les circonstances, mais il va bien falloir parler mouches un petit peu non?
Soutenus par un suspens Hitchcockien nous aborderons d'ici quelques petites semaines le menu de ces poissons ainsi que les imitations censées correspondre à cette nourriture. ...Patience, je suis déjà au travail.
Nous vous avions déjà parlé de la jeune entreprise espagnole Draga en 2018, en publiant le test de leur première canne : la Tormes Nymph 11' #3. Les frères Leralta reviennent en force cette année avec deux nouveaux modèles de canne nymphe, toujours au prix de 180 euros : les Aravalle 10'2 #3 et Aliseda 10'6 #3.
Ces cannes font dans la sobriété : les blanks non vernis sont ornés respectivement de 11 et 12 anneaux (un SIC + 10 monopattes pour la 10'2 et deux SIC + 10 monopattes pour la 10'6) aux ligatures noires ; le porte-moulinet down-locking gris ardoise avec insert carbone est surmonté d'une poignée liège forme cigare. A noter la présence d'un accroche mouche et surtout d'une règle permettant de mesurer les truites dont la taille est comprise entre 30 et 60cm. Ces cannes 4 brins sont vendues avec un scion supplémentaire dans une housse et un tube de transport.
Le protocole Common Cents System a permis de caractériser l'action, la puissance et la réactivité de ces deux cannes :
En ce qui concerne la puissance, 30 cents ont été nécessaires pour plier ces deux cannes sur un tiers de leurs longueurs respectives, ce qui donne après conversion un ERN à 3.42 pour les deux longueurs. Il classe donc leur puissance comme des soie 3, exactement ce qui est annoncé par le fabricant.
En terme d'action, les AA sont strictement identiques à 65°, on se situe dans la catégorie des cannes moderate fast (63°< AA < 66°).
Avec des fréquences respectives à 72 et 75 cpm, ces deux cannes possèdent une réactivité standard au regard de leur longueur/puissance.
Le confort de pêche est excellent pour ces deux cannes (PTE à 237 gr pour la 10'2 et 255 gr pour la 10'6).
Le diamètre des poignées est relativement important (27 mm) et les premiers anneaux sont respectivement situés à 53 et 39 cm. Ainsi, on pourra ajouter un anneau amovible sur la 10'2 de façon à éviter la formation d'un ventre dans la soie lorsqu'on pêche en nymphe canne haute.
L'avis de David et Raul Gutierrez Leralta :
"Nous sommes très fiers des deux nouveaux modèles que nous avons mis au point. Nous nous sommes positionnés pour proposer une alternative à l’offre actuelle de cannes haut de gamme et les mesures de Truites & Cie confirment que nous avons réussi. Les chiffres sont les chiffres et il n'y a pas d'interprétation possible... Et derrière ces chiffres, il y a de nombreuses heures de travail et un effort technique important pour concevoir un produit de haut niveau au prix qui nous semble juste (toutes nos cannes sont en graphite module supérieur à 40 tonnes, elles coûtent 180 euros et sont livrées avec deux scions, une housse en tissu et un tube de transport). A propos des ARAVALLE 10'2 #3 et ALISEDA 10'6 #3, comme je le disais, les chiffres ne sont pas interprétables, ils sont ce qu’ils sont, et ils sont tout simplement spectaculaires. La réalité est que nous avons conçu deux modèles avec une puissance réelle #3, avec 66 degrés d’action, vraiment idéal pour o tenir une canne à nymphe sensible, facilitant les lancers, limitant les décrochages des plus petites captures, et permettant de pêcher avec de faibles poids et des pointes de diamètres inférieurs à 0,10 ; une fréquence supérieure à 70 (comme les haut de gamme américains) les rend très précises dans l'ensemble, et tout cela couplé avec le meilleur équilibre sur le marché : SPECTACULAIRE ! L'équilibre est vraiment incroyable et la sensation de légèreté en action de pêche encore plus, et tout cela sans renoncer à la résistance du blank (pas de réduction excessive de l'épaisseur de fibre). Les cannes sont sur le marché depuis moins de deux mois, l’accueil a été excellent, et nous sommes confiants par rapport au bouche à oreille car elles sont désormais testées au bord de l'eau, cela nous aidera beaucoup dans la promotion et la vente de ces nouveaux modèles. Comme toujours, nous remercions tous ceux qui nous aident directement ou indirectement dans nos projets. Merci les amis !"
L'avis de Christophe De Pastors (Pyrénées Nymph Fishing) sur la 10'6 #3 :
"La Canne Aliseda 10'6 soie de 3 est la canne idéale pour pêcher les rivières pyrénéennes en complément de la Tormes Nymph 11'. Cette canne est très précise avec de petites nymphes très légères, elle permet de pêcher avec des billes de 2 ou 2.5 mm à 10 mètres, sans problème. Idem en tandem sèche/nymphe. La sensibilité du carbone et son action semi-rapide permettent de sentir les nymphes au fond de l'eau et de limiter les décroches même sur des gros poissons. Toutefois, elle n'est pas conçue pour travailler spécifiquement des gros poissons de 50 cm et plus. Elle est plus adaptée aux pêches rapides sur les truites de 20 à 35 cm de nos rivières pyrénéennes. Dans ce cas, c'est un régal !"
L'avis de Darius Simkus, membre de l'équipe d'Irlande en 2013, 2014, 2015 et 2018. Champion d'Irlande en 2015, a représenté l'Irlande au Championnat du Monde en 2017.
"Les réseaux sociaux m'ont permis de connaître cette jeune marque créée par deux frères espagnols qui révolutionnent aujourd'hui le marché. Je n’ai pas hésité au vu du prix et surtout des avis que j'avais pu lire. J'ai acheté le modèle ALISEDA 10'6. Une fois en main, j’ai réalisé le grand travail technique qui se cachait derrière cette canne : l'équilibre est incroyable même sans monter de moulinet. L'action progressive est parfaite pour lancer des nymphes légères avec des fils fins, et des finitions sont très soignées. Tout ça à un prix incroyable ! J'utilise aujourd'hui les modèles ARAVALLE 10'2 et ALISEDA 10'6, qui sont idéaux pour la compétition car ils limitent les casses et les décroches."
A moins de 200 euros, ces cannes Draga font preuve d'une technicité et d'une cohérence dans la conception absolument incroyables. Le confort de pêche est impressionnant et digne des modèles les plus haut de gamme du marché. La puissance réelle #3 les rend très polyvalentes pour des pêches en nymphe avec des billes à partir de 2.5mm. On retrouve en action de pêche tous les avantages des actions moderate fast (action type Thomas & Thomas Contact, Maxia SX4) : moins de décroches et de casses avec des fils fins. Elles conservent une bonne réactivité qui leur permet de pêcher efficacement en sèche. Le choix entre les deux longueurs se fera essentiellement selon la largeur des cours d'eau pêchés et l'importance accordée à la pêche en sèche, domaine où la 10'2 sera plus à l'aise. Comme la dernière fois, pour résumer : il y a moins bien, mais c'est plus cher !
En lac d'altitude, l'apparente uniformité peut dérouter l'adapte des eaux vives et de ses postes marqués. Pourtant, les salmonidés occupent ici aussi alternativement des postes de chasse et de repos. Ce qui peut s'apparenter pour le non-initié à un milieu clos où les poissons tournent en rond requiert en réalité une lecture d'eau toute aussi capitale qu'en rivière. Voyons ensemble les principaux postes à rechercher lorsqu'on se trouve sur les berges d'un plan d'eau de montagne, en les classant selon le comportement des salmonidés qui les occupent :
A quelques exceptions près, les salmonidés qui s'y alimentent sont mobiles. Si le nombre d'individus actifs est suffisamment important, une pêche statique s'avère être la meilleure option tactique (quand les poissons se déplacent, mieux vaut les attendre au niveau des zones de passage que leur courir après).
Les arrivées d'eau :
C'est sans aucun doute le poste numéro 1 en lac de montagne (mais aussi le plus fréquenté). Les arrivées d'eau sont toujours des valeurs sures. L'apport de nourriture et le mouvement d'eau qu'elles créent attirent les salmonidés lacustres. Pas besoin d'un gros débit pour éveiller l'intérêt des poissons, un simple filet d'eau suffit. Par contre, le contraste thermique avec l'eau du lac conditionne grandement leur valeur (apport d'eau fraîche dans un lac plutôt chaud de milieu de saison et arrivée d'eau plus tempérée dans un lac en cours de dégel par exemple). Les poissons peuvent se tenir très près du bord. Ainsi, après s'être positionné latéralement, il faudra pêcher en premier lieu les tout premiers centimètres en tête de courant (certains individus ont parfois le nez collé à l'écume), avant de poursuivre la prospection en s'éloignant progressivement de la veine pour explorer la totalité de la zone (même assez loin du courant principal). Lorsqu'on découvre le lac et surtout si sa superficie est importante, commencer la pêche à cet endroit est une excellente option.
Les déversoirs :
A l'extrême opposé géographique du poste précédent, l'endroit d'où s'extrait l'émissaire du plan d'eau est très souvent une zone de chasse intéressante. En effet, de par sa forme d'entonnoir et la remontée du fond occasionnée, il créé une veine d'eau qui canalise et concentre les proies disponibles. Ces endroits sont fréquemment occupés par des salmonidés en maraude. Parfois, la vitesse du courant d'eau produit par la configuration du poste est suffisante pour fixer les poissons et l'on peut alors les voir carrément godiller comme en rivière. Ainsi, il peut être judicieux de débuter la prospection en remontant les premiers mètres du torrent qui s'échappe du lac, de façon à se situer en aval d'éventuels poissons postés dans peu d'eau. Certains déversoirs de faible profondeur nécessite une approche soignée et obligent à rester en retrait.
Les anses et les pointes :
Ce sont des aimants à truites, surtout en présence d'un vent rentrant (soufflant en direction du fond de l'anse). La concentration de nourriture dans de telles zones peu profondes éveille l'appétit des salmonidés. De plus, lorsque l'eau est très froide, ces endroits gagnent rapidement une poignée de degrés sous l'effet de l'ensoleillement, cela peut faire la différence certains jours.
Si le vent souffle vraiment fort, les anses autorisent un positionnement vent 3/4 dos, afin de lancer efficacement. Ainsi, la stratégie de pêche consiste à démarrer la prospection à la limite de la pleine eau (départ de l'anse), en se décalant progressivement vers le fond, les lancers étant orientés vers lui.
Les bordures herbeuses :
Les bordures herbeuses, ou plus généralement celles qui possèdent une végétation dense (rhododendrons...etc), offrent des conditions idéales au développement d'une faune importante, qui peut se retrouver projetée à l'eau par le vent du milieu de journée. Evidemment, ces insectes terrestres attirent les poissons qui croisent souvent à l'affût, le long de la berge, parfois très près du bord, dans peu d'eau. L'approche est primordiale et la pêche en sèche est souveraine sur ces postes. Il conviendra de marcher doucement, effectuant des lancers presque parallèles à la bordure. A la mouche, pour augmenter la discrétion, il est même possible de ne poser que la pointe du bas de ligne et la mouche sur l'eau (la soie et le reste du bas de ligne restant sur la terre ferme).
Les berges en pente douce ou plages et les cassures :
Qu'elles soient sédimentaires ou parsemées de galets, les plages sont des endroits peu profonds riches en nourriture aquatique. Les poissons actifs quittent fréquemment les profondeurs et y croisent à la recherche de nourriture. Ils évoluent plus ou moins loin du bord entre la frange littorale, à quelques centimètres de la berge dans peu d'eau, jusqu'à la cassure matérialisée par la limite jaune des galets/bleu du profond et même un peu au delà vers le large. Les pêches aux leurres, en noyée ou au streamer pour le moucheur sont particulièrement adaptées à la prospection des cassures. Attention car on accroche souvent à cet endroit. Voir l'article de Pierre sur la façon de les pêcher aux leurres.
Les hauts-fonds :
Ce sont des zones où le fond remonte en marge des grands bleus. Leur repérage nécessite parfois de prendre un peu de hauteur. Ainsi, il est judicieux lorsqu'on arrive sur un lac inconnu, de s'élever un peu au-dessus des berges (si elles sont suffisamment pentues) pour observer les variations de profondeur. Les poissons affectionnent particulièrement ces zones car elles sont plus riches en nourriture que les fosses adjacentes. Certains hauts-fonds situés à grandes distances nécessitent des lancers lointains et la pêche aux leurres est alors souveraine.
Ces postes sont occupés par des poissons en dehors de leurs phases d'alimentation. En lacs comme en eaux vives, la prospection des zones d'habitat des truites permet d'en décider quelques-unes, même si elles ne sont pas attablées. Dans la mesure où ces salmonidés sont souvent immobiles, le pêcheur a intérêt à ne pas s'y éterniser en l'absence de touches.
Les zones d'éboulis :
Ce sont à la fois des zones de chasse et de repos. Le degré d'activité des salmonidés lacustres conditionne leur positionnement au niveau de cette zone :
En effet, les poissons au repos tapis sous les blocs vont y rechercher les caches et l'obscurité, notamment en milieu de journée, lorsque le soleil est au zénith. Il faudra alors tenter de déclencher un réflexe d'agressivité en passant au plus près des blocs, malgré le risque important d'accrochage. Auparavant, il conviendra toutefois de peigner correctement les couches superficielles de la zone possiblement occupées par quelques poissons plus actifs et décollés de l'enrochement.
Les herbiers aquatiques :
Les herbiers aquatiques se développent souvent dans certains plans d'eau de basses et moyennes altitudes (jusqu'à environ 2200m sous nos latitudes) et dans les lacs les plus méridionaux de nos massifs. Exactement comme dans le cas des éboulis, ces postes peuvent être occupés à la fois par des poissons actifs comme au repos. Le couvert végétal apporte de l'ombre aux salmonidés qui peuvent y séjourner. De plus, ces zones sédimentaires peu profondes et souvent vite réchauffées offrent des conditions idéales au développement d'une faune aquatique dense, ce qui ne manque pas d'attirer les salmonidés en chasse. Les anses parsemées de jonc nécessitent parfois des lancers lointains. Dans certains lacs, de petits canaux sans végétation se forment entre l'herbier dense et la berge. Une pêche à vue très ludique est possible à cet endroit, en sèche ou en nymphe.
Les zones d'ombre :
Situées près des bordures, elles sont formées par des blocs émergés, des anfractuosités rocheuses (fréquentes au niveau des falaises), des berges abruptes, ou même des rhododendrons proéminents...etc etc. Elles n'ont pas besoin d'être très larges pour abriter une belle truite. Quelques centimètres carrés d'ombre peuvent suffire à fixer un poisson. Ces zones sauvent souvent de la bredouille en cas de forte luminosité et de lac "mort", lorsque rien ne bouge. C'est typiquement le genre d'endroit où les truites au repos aiment se poster. La plupart du temps, leur opportunisme les pousse à garder un oeil attentif en direction de la surface. La mouche sèche est la technique idéale pour les surprendre !
Dans certains plans d'eau particulièrement uniformes au niveau de la pente, de la nature des berges et du fond, les postes précédemment décrits sont tout simplement rares ou absents. C'est le cas de nombreux lacs alpins sédimentaires creusés dans de verdoyantes pelouses d'altitude qui sont assez déroutants. Ici, plutôt que de ratisser mécaniquement l'ensemble de l'étendue d'eau et de la colonne (ce qui peut s'avérer fastidieux surtout si la superficie dépasse 3/4 ha), il est important de cibler la prospection en fonction de 2 paramètres : la direction du vent et la profondeur de pêche.
Le vent qui souffle quasi quotidiennement en altitude est le thermique. Lors d'une journée estivale classique (anticyclonique et chaude), il se lève généralement vers 10/11h et souffle plus ou moins fort, en rafale, jusqu'à la baisse de luminosité vespérale (vers 19/20h).
Le vent de nord, souvent glacial et présent lors des chutes de baromètre, est plus ponctuel et rarement favorable.
Si certains pratiquants pestent contre le vent à cause de son incidence réelle sur nos techniques de pêche (perturbation des lancers, de la sensibilité tactile, de la visibilité pour le pêcheur à vue...etc etc), sa présence reste un sacré atout en lac d'altitude. En créant des mouvements d'eau (et donc des postes de chasse), il regroupe les invertébrés aquatiques et les poissons au niveau de la berge où il tape. Il facilite l'approche des truites et la présentation dans la pêche en sèche. En présence d'une forte luminosité, un léger vent qui ride la surface permet de meilleures pêches qu'un lac d'huile.
2 zones sont à prospecter en priorité en présence de vent :
Pour pêcher efficacement à la mouche en présence de vent, il faut faire preuve de bon sens et profiter des aspérités de la berge et des parties abritées par le relief pour se positionner plus confortablement : on choisira les berges dont le profil permet de se placer vent 3/4 dos, de façon à éviter les lancers face au vent.
En l'absence de postes, chercher une tranche d'eau porteuse est un bon moyen d'optimiser la pêche. Evidemment, l'ensemble de la population salmonicole du lac n'évolue pas simultanément au même niveau. L'approche sera avant tout quantitative dans la mesure où le pêcheur choisira la tranche d'eau où l'effectif est le plus important à l'instant donné. L'aspect qualitatif peut intervenir dans certains cas particuliers. Par exemple, lorsque les truites sont très sélectives en surface et difficilement capturables en sèche, plutôt que de s'évertuer à décider ces poissons rétifs, il peut s'avérer judicieux d'en chercher d'autres plus profondément où il se montrent souvent plus conciliants, en noyée par exemple.
Voici les 3 principaux cas de figure que l'on peut rencontrer :
Si la surface est lisse, les gobages occasionnés facilitent leur repérage. Il est souvent possible de les observer en se perchant sur un point sur-élevé. Dans la plupart des cas, hors moments de frénésie où ils croquent n'importe quoi, c'est à la mouche (en sèche ou en nymphe à vue) qu'il sera possible de les capturer.
Ils chassent par exemple des chironomes et d'autres insectes émergents dans la colonne d'eau, quelques mètres sous la surface. En fonction des conditions, ils pourront être réceptifs à divers appâts. Les techniques possédant une grande capacité de ratissage (pêche aux leurres, à la bombette) sont les mieux adaptées.
C'est fréquemment le cas pour l'omble chevalier et le cristivomer (connaître précisément le peuplement piscicole est d'une grande aide), qui se regroupent dans certains postes profonds : une aubaine pour celui qui arrive à les localiser. On adoptera une pêche insistante à gratter pour tenter ces individus grégaires. Si la configuration des berges ne permet pas de dénicher la fosse du lac en un clin d'oeil (elle est généralement située dans le prolongement de la berge la plus pentue), il faudra être attentif au temps mis par la ligne pour parvenir au fond et insister là où il est le plus long.
Bonne pêche en lac de montagne !
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