L'entreprise Hanak a été fondée en 1997 en République Tchèque, par la fratrie František, Joseph et Michael Hanak. Le catalogue de la marque est très influencé par le monde de la compétition mouche et en particulier par plusieurs compétiteurs de rang international qui pratiquent la nymphe "à la tchèque" et ont développé une gamme de produits spécifiques. Voici deux modèles de la dernière série haut de gamme Superb XP : la 10' et 10'6 #3.
Test statique :
Cette série Superb XP possède un look original : le blank mat est vert olive foncé, tout comme les ligatures des anneaux Recoil Titanflex à mémoire de forme. L'anneau SIC de départ est suivi de 10 monopattes pour la 10' et 11 pour la 10'6. La poignée en liège présente une élégante terminaison en bois, assortie à l'insert du porte moulinet alu noir. L'alignement des brins est facilité par de petits points blancs. Ces cannes 4 brins sont vendues dans un étui cordura compartimenté.
Mesures :
Le protocole Common Cents System a permis de caractériser l'action, la puissance et la réactivité de ces deux cannes :
En ce qui concerne la puissance, 31 et 30 cents ont été nécessaires pour plier ces deux cannes sur un tiers de leurs longueurs respectives, ce qui donne après conversion un ERN à 3.57 pour la 10' et 3.42 pour la 10'6. Ils classent donc leur puissance comme des #3, exactement ce qui est annoncé par le fabricant.
En terme d'action, on se situe dans la catégorie des cannes fast (AA à 68° pour la 10' et 67° pour la 10'6), mais proches de la catégorie moderate fast (63° < AA < 66°).
Avec des fréquences respectives à 77 et 74 cpm, ces deux cannes possèdent une très bonne réactivité au regard de leur longueur/puissance.
Le confort de pêche est bon pour ces deux modèles, sans être exceptionnel compte tenu de leur prix (PTE à 267 gr pour la 10' et 301 gr pour la 10'6).
Le diamètre des poignées est standard (24 mm) et les premiers anneaux sont relativement éloignés (59 cm pour la 10' et 57 cm pour la 10'6). Ainsi, les pêcheurs les plus pointilleux devront ajouter un anneau amovible pour pêcher en nymphe au fil de façon optimale (il limitera la formation du ventre dans la soie en pêchant canne haute).
L'avis de Jean Guillaume Mathieu, champion d'Europe 2019 et membre de l'équipe de France A de pêche à la mouche :
"Personnellement, j’utilise en compétition la Hanak Superb XP 10’6 soie de 3. C'est une très bonne canne pour des pêches de moyens et gros poissons. Elle possède une action de pointe assez progressive dans le sens où la canne travaille très bien, lorsqu'on pêche en nymphe à l’espagnole par exemple. Pour ce qui est de la finition, elle est vraiment bien finie avec une poignée fine et un porte moulinet plein de style. Pour les techniques de pêche, je la conseillerais surtout pour la nymphe au fil, car un peu trop souple à mon goût pour la sèche".
L'avis de la rédaction :
Cette série de cannes Hanak spécialement conçue pour la nymphe au fil mérite qu'on s'y attarde : avec son look original, ses touches de bois, elle sort clairement de l'ordinaire. On retrouve une parfaite conformité entre les données du fabricant et nos mesures. Ce sont des vraies #3, une puissance assez polyvalente pour les techniques modernes en nymphe, permettant de lancer un grand panel de poids de nymphe (de la bille de 2.4 mm au corps javi). De même, l'action de cette série est tout en compromis : elle se situe dans les valeurs les plus faibles de la catégorie Fast (AA à 67 et 68°) et se rapproche de celle des Cortland MKII, Guideline LPS, Maxia SX (pour citer quelques références du marché actuel). Une action "rapide sans être ultra-fast" qui permet d'obtenir une courbe assez harmonieuse lors des combats (elle préserve les pointes fines et limite les décrochages). Avec leur réactivité importante, ces produits sont très polyvalents (notamment la 10' qui peut recevoir sans problème une soie de 2 ou 3 pour pêcher en sèche). On regrettera simplement une position d'anneau de départ assez éloignée de la poignée, non optimale pour la nymphe au fil. Prévoir 75€ en cas de bris d'un brin.
En ce début d’après-midi de juillet, nous quittons notre département des Hautes-Alpes, Simon et moi, pour un nouveau séjour de pêche en lac de montagne. Le programme est différent de celui des années précédentes car la rando tiendra une place aussi importante que la pêche. En effet, le but est d’explorer une grosse série de lacs dans un secteur méditerranéen. Nous savons que nous allons beaucoup marcher et prendre relativement peu de truites. Après un trajet sous une chaleur étouffante rendu plus agréable par la playlist inchangée depuis quatre ans diffusant en boucle une sélection de morceaux de Mark Knopfler, nous passons notre première nuit au départ de la rando du lendemain à la belle étoile.
Départ aux aurores le lendemain avec l’objectif de visiter quatre lacs différents sans trop insister. Après une poignée d'heures de marche, nous atteignons le premier. Notre stratégie est simple, prospecter d'abord aux leurres pour vérifier la présence de poissons et dans le cas favorable, pêcher à la mouche. Je prends plusieurs truites après seulement quelques lancés. Simon tente d’attaquer les premiers poissons qui gobent, sans succès, mais se rattrape rapidement avec une belle truite en sèche à vue, le must.
Vers 10h, nous reprenons notre rando vers les lacs suivants. La couleur trouble du second nous empêchant de pêcher à vue, nous partons rapidement en direction du troisième plan d'eau. Je suis impressionné et émerveillé de voir à quel point ces grandes étendues sont sauvages comparées à celles du 05. Après quelques mètres de dénivelée et deux ou trois détours en raison de l’absence de chemin, nous arrivons au troisième plan d'eau. Plus petit et moins profond que les autres, nous cherchons en vain des signes d’activité. La journée étant déjà bien entamée, nous décidons de ne pas nous éterniser et continuons notre chemin vers le quatrième et dernier lac du jour qui semble plus prometteur sur la carte... Une fois arrivé au bord, il est en effet très grand et se prête à la pêche à vue grâce aux berges escarpées et pentues qui permettent de prendre un peu de hauteur. Une fois de plus, j’attaque la prospection aux leurres et prends d'emblée quelques truites. Ces poissons du versant méridional de nos massifs montagneux sont splendides.
Simon tente un beau poisson à vue mais le rate à cause d’un mauvais timing de ferrage. Il prendra ensuite deux splendides farios d’une quarantaine de centimètres en sèche, un régal pour les yeux. Il est déjà tard et nous avons quelques heures de marche pour rentrer donc nous décidons de ne pas attendre le coup du soir. Sage décision car le retour n’a pas été de tout repos : entre les chiens de bergers qui ne voulaient pas nous laisser tranquilles et la nuit qui nous a fait prendre le mauvais chemin et descendre dans un pierrier scabreux... Il est 23h lorsque nous arrivons à la voiture, la fatigue se fait sentir, une bonne nuit de sommeil ne fera pas de mal !
Lendemain matin même programme : réveil à l'aube, direction un nouveau lac. Cette fois-ci le chemin est large, aucune chance de se tromper ! Nous apercevons les premiers gobages rapidement alors que le lac est encore plongé dans l'ombre matinale. Pas de pêche aux leurres cette fois, nous débutons tous les deux à la mouche et Simon prend ses premières truites qui croisent sur les bordures. Ce sont des truites de belles tailles mais de souche atlantique cette fois, probablement issues d’alevinage. Simon enchaîne les poissons, oubliant de les immortaliser en photo, alors que j’enchaîne les refus et les mauvais ferrages. En début d’après-midi, nous redescendons à la voiture pour pêcher notre dernier secteur du séjour...
On décide d'y bivouaquer mais n’ayant pas la place d’emporter le matériel dans nos sacs de 20 litres, on se contentera d’un duvet, de bananes et de quelques graines pour tenir le choc...
Départ de la rando à 15h sous 30° à l’ombre, ça va être long ! Une fois parvenus au lac, on monte rapidement nos cannes et partons explorer les bordures. Après une heure plutôt calme, je repère un très beau poisson qui avance lentement près de la berge. Un peu de précipitation mais j’arrive à poser ma mouche dans l'axe de la truite au premier lancé. Elle s’avance doucement vers elle, monte et l'aspire. Je ferre, cette fois c’est bon ! Après quelques photos nous lui rendons sa liberté et continuons notre tour. La prise d’un deuxième poisson plus petit marquera la fin de la journée. Les poissons ne sont visiblement pas décidés pour un coup du soir !
Le dernier jour débute par le même rituel que les autres, une banane et une poignée de graines en guise de petit déjeuner. Les premières heures de pêche sont calmes et il faut attendre l’arrivée du soleil pour apercevoir les premiers poissons. Une éclosion massive de fourmis finira de les décider à sortir en fin de matinée. Il y a des gobages partout, les truites avancent en perçant la surface sans fermer la bouche pour ingurgiter le plus d’insectes possible. C'est la frénésie alimentaire ! Malgré plusieurs tentatives, on n’arrive pas à décider ces poissons : il faut se rendre à l’évidence, nous n’avons pas le bon modèle de fourmi. Simon arrive quand même à prendre un très beau poisson à vue. Par la suite, l’arrivée du vent rendra les poissons moins sélectifs et augmentera le nombre de prises...
L’activité baisse à mesure que la chaleur s'intensifie, il est temps de redescendre dans la vallée. La journée se termine par un festin de produits locaux, histoire de refaire le plein de nitrite de sodium après ces trois jours de régime forcé.
Les discussions autour du dramatique chaos climatique imminent agrémentent le retour long et fastidieux... la tête encore au bord des lacs à repenser à ces quelques jours où le temps était comme suspendu. Un voyage de pêche comme catharsis, un retour à l’essentiel. On reviendra, c’est sûr !
La nouvelle gamme Tactical HX de chez Marryat couvre l'ensemble des besoins du moucheur moderne. Après la présentation de la 8'6 #4 destinée à la pêche en sèche ou à vue (voir le test ici), passons sur une canne plus spécifiquement destinée à la nymphe au fil avec cette 10' #2/3 :
Test statique :
Pour cette nouvelle série HX, c'est la couleur brun qui est mise à l'honneur, dans une nuance assez discrète au niveau du blank mat. La couleur des ligatures est d'un brun cuivré assez original. Cette 10' présente un premier anneau SIC suivi de 10 monopattes. La poignée cigare (plus longue que celle des Tactical Pro) surmonte un porte moulinet down-locking possédant un insert en bois vert. Chaque Tactical HX est numérotée et vous sera livrée avec un scion supplémentaire, dans un boitier noir en alu (que l'on peut ouvrir à chaque extrémité) dont la contenance importante permet d'y loger deux autres cannes.
Mesures :
Le protocole Common Cents System a permis de caractériser l'action, la puissance et la réactivité de cette canne :
En ce qui concerne la puissance, 31 cents ont été nécessaires pour plier la canne sur un tiers de sa longueur, ce qui donne après conversion un ERN à 3.57. Il classe donc la puissance de la canne comme une soie 3, à peine plus que celle annoncée par le fabricant. Avec un AA de 71°, l'action de la canne est fast (AA supérieur à 66°). La fréquence à 75 est classique pour un produit de ce type et autorise sans problème une pêche précise en sèche. Avec un PTE de 242gr, l'équilibre de la canne est excellent compte tenu de la longueur et la puissance.
La distance de 60cm entre la poignée et le premier anneau est importante et nécessite l'utilisation d'un anneau supplémentaire amovible pour pêcher en nymphe au fil de façon optimale.
L'avis d'Eric Lelouvier, trois fois champion du monde par équipe (2003, 2005, 2007) et vice champion du monde individuel en 2007 :
"J'utilise fréquemment cette Tactical HX 10' soie 2/3 lors de mes stages pour les pêches légères en nymphe au fil, avec des billes de 2 à 3mm, ainsi que pour la pêche en sèche. Elle est très agréable avec une soie de 2 ou 3, pour des distances de pêche comprises entre 5 et 15m. On regrettera juste un anneau de départ un peu éloigné de la poignée."
L'avis de la rédaction :
Avec cette nouvelle gamme, Marryat joue clairement la carte de l'originalité. Au niveau du look, la couleur audacieuse démarque ces Tactical HX des Tactical Pro et comblera les pratiquants un peu lassés du noir habituel. Comme d'habitude avec les cannes Tactical, le confort de pêche est excellent et la puissance annoncée assez juste (tout comme le poids). Il est intéressant de noter que l'action et la réactivité sont équivalentes à celles de la Tactical classique 10' soie 4 (testée ici), seule la puissance différencie ces 2 modèles. La puissance réelle #3 confère à cette Tactical HX une grande polyvalence pour les pêches d'alternance en rivière, sur des poissons de tailles moyennes. Un léger bémol au niveau du prix sur lequel le scion supplémentaire et la boîte de transport ont une incidence réelle. Rappelons toutefois que l'on pourra bénéficier de l'exemplaire SAV Marryat, et lors d'un tel investissement, ça compte !
La vallée de l’Ubaye dans les Alpes de Haute Provence, située entre le Mercantour et les Ecrins, présente une formidable diversité en matière de coins de pêche des Salmonidés. Tous les types de milieux y sont représentés, du torrent de montagne à la grande rivière de piémont en passant par les lacs d'altitude. Le caractère préservé de son environnement, la douceur du climat, et sa population de truites méditerranéennes, en font une destination de tout premier choix en France ! Voici une liste non exhaustive des coins de pêche incontournables de la vallée :
Des sources au Pont du Châtelet :
Le terminus de la D25 qui longe l’Ubaye dans sa partie amont se situe au niveau de Maljasset. On laisse son véhicule au niveau d’un petit parking, à l’entrée du village (à 1890 m) ; la suite de la remontée se fait à pied, par le GR qui mène au lac du Longet à 2641m. Vers 2000 mètres, vous atteignez un plateau herbeux et humide encerclé de hauts sommets : la Plan de Parouat. L’Ubaye présente à ce niveau une configuration tout à fait originale : elle serpente sur un plateau marécageux, vestige d’un ancien lac comblé, et se divise en plusieurs bras secondaires qui serpentent aux travers de buissons et arbustes. A cet endroit, l’AAPPMA de Barcelonnette a eu la bonne idée d’introduire de l'omble de fontaine (Salvelinus fontinalis), espèce parfaitement adaptée à ces hautes altitudes. Il est très ludique de tenter ces poissons à la mouche à vue, tout en usant de précision et de parcimonie dans le geste à cause de la végétation rivulaire. Ces poissons sont assez agressifs et peu discriminants, la difficulté se situe vraiment dans l’approche. Préférez des mouches d'ensemble qui flottent bien comme des sedges tout chevreuil et des pointes pas trop fine (14/100) de façon à éviter une usure prématurée dans ce milieu encombré.
L’Ubaye, du Pont du Châtelet à la confluence avec l’Ubayette :
A la sortie du plateau vers 1900 mètres d’altitude, la rivière s’engouffre dans une portion plus tumultueuse jusqu’à la confluence avec l’Ubayette où elle adopte un profil type des rivières de montagne caillouteuses alpines. D’une largeur de 4 à 5 mètres en début de vallée, elle atteint une dizaine de mètres en aval de Saint Paul sur Ubaye, pittoresque village montagnard. Elle présente des coups multiples et variées. L’abondance de caches et la pente de ce tronçon le rendent intéressant même à l’étiage en plein coeur de l'été.
Plusieurs portions de gorges sont aussi présentes : bien pourvues en grosses caches, elles renferment de beaux spécimens. C’est notamment le cas à l’amont de Grande Serenne et au niveau du Pas de la Ressolle, juste en aval de Saint Paul. C’est à ce niveau que débute les descentes en Kayak, activité nautique très pratiquée en été avec laquelle il faudra composer. Les horaires réglementaires sont 10-18h. Sur ces secteurs pentus et cascadeurs, la profondeur et le bouillon importants nécessitent une pêche au toc ou en nymphe lourde. Le déficit relatif en juvéniles observé lors des pêches électriques a conduit l’AAPPMA à soutenir la population en place en introduisant des truitelles farios. Ainsi, vous pourrez y capturer des truites atlantiques dont la morphologie atteste d’une croissance assez rapide, comparativement aux poissons plus rustiques quand même présents. A noter la présence d’un débit réservé quelques kilomètres en aval de Maljasset, bien utile en période d'eaux fortes.
De la confluence avec l’Ubayette à Barcelonnette :
La rivière prend ses aises sur ce secteur, où sa largeur augmente, à mesure que le profil devient moins torrentueux. Les quelques kilomètres entre la Condamine et Jausiers sont particulièrement intéressants : en effet, l’Ubaye atteint à ce niveau une quinzaine de mètres de large (bien que cette largeur soit très variable selon le niveau), et présente un profil type de rivière moyenne, avec une granulométrie inférieure à l'amont, des coups plus vastes et moins marqués qui nécessitent une lecture d’eau subtile. Il faudra prendre le soin d’éviter les quelques portions linéaires dépourvues de caches, où la configuration est trop uniforme et le substrat constitué uniquement de galets ; la localisation des poissons y est hasardeuse et leur nombre moins important. Cherchez donc les ruptures de pente et les secteurs tortueux. De jolis coups sont très agréables à prospecter au toc façon pyrénéenne (en dérive naturelle), en nymphe ou aux leurres, qui sont les techniques reines sur cette portion. Les options stratégiques sont ici nombreuses, et l’activité des truites dictera la pêche du moment. En été, il arrive fréquemment que les bordures maigres soient occupées durant les phases d’activité. Le principal inconvénient de ce secteur est la facilité d’accès, bien que la largeur autorise la cohabitation. Baigneurs et promeneurs sont fréquents en été sur les nombreuses plages de galets.
A ce niveau, l’AAPPMA a fait le choix d’arrêter les déversements en truites farios portion en les remplaçant par des arcs-en-ciel, plus bagarreuses, et qui ne gênent en rien la pêche des méditerranéennes sauvages bien présentes. Ces arcs se concentrent dans les coups marqués et profonds.
L'Ubaye en aval de Barcelonnette :
En aval de barcelonnette, la rivière alterne grands pools et secteurs à blocs bouillonnants. L’Ubaye ayant reçu les eaux de nombreux affluents, elle présente un fort débit et une eau teintée durant la majeure partie de la saison ; elle n’atteint un niveau propice qu’à partir du mois de juillet, voire plus tard suivant l’abondance du manteau neigeux. Bien que le calibre de la rivière soit important et les caches nombreuses, la taille moyenne des poissons est curieusement assez modeste. Les gestionnaires locaux corrèlent ce constat à la raréfaction des insectes aquatiques ces dernières années. Toutefois, la densité de truite compense leur relatif déficit de taille et vous y assurera des bons moments, d’autant que le profil varié autorise tous les modes de pêches.
A noter que le secteur situé à l’amont immédiat du lac de Serre Ponçon est très intéressant : en effet, on y accède par le pont de D954 puis l’on progresse dans des longues gorges très sauvages et totalement inaccessibles en amont. Pour pouvoir s’y aventurer sans danger, il faut attendre la fin de saison. Sur ces secteurs aval, la qualité des poissons restent bonne, et ils répondent très bien aux leurres. Les techniques évoquées pour la section Jausiers/Condamine restent tout à fait d'actualité.
En plus de la rivière principale de la vallée, de nombreux affluents de qualité permettent de varier les plaisirs :
L’Ubayette est le premier affluent conséquent sur le cours supérieur de l’Ubaye qu’elle rejoint 6 kilomètres à l’aval de Saint Paul. Sa particularité est de présenter un gradient de configuration peu conventionnel avec une section amont plutôt plate et une partie aval pentue et encaissée :
Ainsi, la partie amont à l’amont du village de Larche présente un profil assez assagi, où l’eau s’écoule paisiblement dans les près. Ce secteur devient rapidement maigre à la belle saison et convient mieux au printemps. La partie la plus intéressante se situe probablement entre Larche et l’amont de la réserve de Meyronnes. A ce niveau, la rivière fait entre 5 et 8m de large et présente des coups variés et nombreux (radiers, plages, embâcles, sections à blocs). Toutes les techniques sont ici praticables, avec une prédilection pour le toc (prévoir de petits appâts) et la sèche/nymphe pour la mouche (des porteurs type tabanas sur H14 ou 16 conviennent très bien). La zone la plus aval présente un accès plus délicat. Près de son embouchure, juste avant de passer sur le pont qui traverse son cours (lorsqu'on monte vers Meyronnes par la D900), prendre la piste sur la droite qui nécessite un véhicule assez sur-élevé. Elle passe sur un passage à gué et remonte l'Ubayette sur environ 1km avant de devenir impraticable. La rivière est très torrentueuse et les caches nombreuses à ce niveau. Toc et mouche sont les techniques reines.
Notre conseil : Malgré des points d’accès peu nombreux, cette rivière est assez fréquentée, profitez donc des créneaux horaires aux extrémités de la journée.
Parcours No-Kill toutes techniques hameçon sans ardillon : Commune de Larche, Plateau du Lauzanier dans le Parc National du Mercantour du pont rouge, entrée du parc à l'aval aux cascades du Prayer à l'amont.
Descendant tout droit des premiers contreforts du Mercantour, le Bachelard est longé par la route menant au col de la Cayolle, très fréquentée par les cyclistes durant l’été. Toutefois, l’accès demeure difficile sur la majeure partie de son cours : si la D902 flirte avec la rivière sur quelques kilomètres en amont d’Uvernet, le Bachelard s’encaisse rapidement dans des gorges et les accès deviennent ensuite rares jusqu’au refuge de Bayasse.
Sur la partie aval longée par la route, la rivière mesure 8m environ et le débit est assez important. Certains coups sont profonds. Préférez le début de saison ou mieux, les mois de juillet/août, même si ces lieux sont pris d'assaut par l'affluence touristique en plein été. Pour fuir la présence humaine, les gorges à l'amont sont parfaites !
Le Bachelard est l’archétype du torrent de montagne préservé des agressions humaines et bénéficiant d’un excellent recrutement en juvéniles. La pyramide des âges est parfaitement respectée et le nombre poissons impressionnant. Malgré une altitude moyenne importante, la taille des truites est correcte, et les sujets de plus de 30 cm ne sont pas si rares, même au dessus de Fours-Saint-Laurent, à plus de 1600 mètres d’altitude.
Notre conseil : ce torrent qui conserve des températures basses même en période de fortes chaleurs, permet de pêcher toute la journée en été, avec une prédilection pour la mouche sèche façon eaux rapides lorsque les truites se postent devant les pierres au soleil. Pour le pêcheur/vacancier qui doit composer avec les obligations familiales, il possède là un excellent parcours s’il a quartier libre en milieu de journée !
Parcours No-Kill toutes techniques hameçon sans ardillon : communes de Barcelonnette et Uvernet-Fours, de la confluence avec l'Ubaye à l'aval au pont du CD 908 route de Praloup.
En raison de l'altitude importante des sources, l'ensemble des cours d'eau de la vallée possède un régime nival. La fonte des neiges débute généralement courant avril et se termine fin juin/début juillet (vous devrez composer avec les aléas météo de plus en plus fréquents ces dernières années). Le climat est sec, de type méditerranéen. Les précipitations estivales se font essentiellement lors des orages. Comme dans toutes les régions de montagne, préférez les sections amont en période de fin de fonte avant de descendre progressivement vers l'aval à mesure que l'été avance. Lors des orages estivaux, selon la localisation du foyer, toutes les rivières ne se teintent pas simultanément avec la même intensité et il faudra faire la tournée des cours d'eau à la recherche de l'eau claire !
En plus de ceux cités précédemment, le torrent d’Abriès, la Baragne, le Parpaillon offrent également de bonnes possibilités, n’hésitez pas à leur rendre visite !
La vallée de l’Ubaye possède également une vingtaine de lacs de montagne régulièrement alevinés. Ils présentent l’intérêt majeur d’être situés à des altitudes très différentes, ce qui permet au pêcheur/randonneur de trouver un parcours favorable quel que soit le moment de la saison (voir notre article sur le choix du parcours ici). Ainsi, les lacs situés autour du Lauzet aux alentours de 2000 mètres sont à privilégier à l’ouverture. La présence de cyprinidés ainsi que la densité de la végétation aquatique dans ces plans d’eau attestent de leur tendance à chauffer lorsque la saison avance. De façon générale, l’écosystème montagnard des Alpes de Haute Provence bénéficie de l’influence climatique méditerranéenne : ainsi, à altitude égale, les lacs sont plus riches que sous d’autres latitudes. Le pêcheur pyrénéen par exemple, s’étonnera d’y rencontrer des vairons à 2600m et des truites bien développées à la même altitude. A partir de juillet, les plans d’eau du haut de la vallée sont à privilégier. Tous les poissons y sont représentés : entre les ombles chevaliers des Rouyres, les truites méditerranéennes du Lauzanier (intéressant parcours patrimonial situé aux sources de l’Ubayette) et les cristivomers du Lac Vert des Houerts, vous n’aurez que l’embarras du choix ! La perle de la vallée reste le splendide lac des 9 Couleurs qui contient de très beaux cristivomers, à une altitude record de 2841 mètres !
A une heure où fleurissent des règlementations de plus en plus astreignantes qui éloignent inéluctablement le pêcheur populaire du bord de l’eau, l’AAPPMA de Barcelonnette a opté pour une taille légale de capture raisonnable harmonisée à 20cm et écologiquement adaptée au milieu. Les priorités des gestionnaires locaux restent la restauration et l'entretien des lieux de reproduction (adoux comme on les appelle ici), et une vraie collaboration a été engagée avec la Fédération de Pêche du 04 pour suivre l’efficacité de ces travaux.
Permis de pêche :
Le département des Alpes de Haute Provence fait partie du club halieutique.
Pour ceux qui souhaitent prendre une carte pour l'occasion, voici les points de vente du permis sur place : ici
Contact AAPPMA :
Christian Calvignac
LA TRUITE DE L’UBAYE
Christian Calvignac
47 avenue des 3 frères Arnaud
04400 Barcelonnette
Tél : 0492812582 / 0681982110
Email : contact@truitedelubaye.fr
Les pêcheurs au « Toc-Nymphe » toujours rejetés des minorités majoritaires :
Après le test de la Nymphmaniac 10' #3 (ici), poursuivons la présentation de cette gamme Vision mise au point pour les techniques modernes en nymphe au fil avec le modèle le plus long de la gamme : la 11' #3.
Cette canne Vision possède un blank brut, non verni. Le porte moulinet mêle aluminium anodisé noir et insert en liège. Des touches de vert, signatures de la gamme Nymphmaniac, viennent singulariser le produit, notamment au niveau des inscriptions sur le talon, des ligatures des emmanchements et du talon de combat en EVA. Sur la poignée liège forme cigare figure un cerclage vert qui est un repère marquant les 20 premiers centimètres depuis la base du talon (la graduation se poursuit de 10 en 10 avec des ligatures vertes jusqu'à 50 cm). Ce modèle possède un nombre d'anneaux relativement important pour une 11' (15 anneaux avec des ligatures olives) dont l'avant-dernier est serpentiforme, de façon à limiter les enroulements du nylon autour du scion lorsqu'on pêche en nymphe "à l'espagnole" (avec du monofilament uniquement). Le talon de combat en mousse et le porte moulinet à vissage vers le bas différencient cette 11' des autres longueurs de la gamme.
Le protocole Common Cents System a permis de caractériser l'action, la puissance et la réactivité de cette canne :
En ce qui concerne la puissance, 29 cents ont été nécessaires pour plier la canne sur un tiers de sa longueur, ce qui donne après conversion un ERN à 3.27. Il classe donc la puissance de la canne comme une soie 3, exactement ce qui est annoncé par le fabricant. Avec un AA de 72°, l'action de la canne est fast (AA supérieur à 66°) et peut même être qualifiée d'ultra-fast. La fréquence à 69 est logique compte tenu de la longueur importante du produit. Le premier anneau est situé à une distance de 45cm de la poignée, une distance idéale pour limiter la formation du ventre au niveau de la soie et pêcher en nymphe efficacement. Avec un PTE à 285 gr, le confort de pêche est excellent relativement à la longueur/puissance de la canne, notamment grâce son poids plume (les 87 gr de cette 11' la rendent très maniable) et au porte moulinet down-locking qui améliore l'équilibre.
L'avis de Lionel Fournier, champion de France 2018 et membre de l'équipe de France Europe de pêche à la mouche :
"J'ai pêché en nymphe avec cette Nymphmaniac 11' durant 3 semaines en Finlande, des ombres et des truites de toutes tailles. Je la trouve franchement exceptionnelle, c'est pour moi le meilleur rapport qualité/prix du marché. Idéale pour des poissons de 20 à 45cm, elle est assez rapide pour une 11' ce qui apporte beaucoup de précision en action de pêche et une certaine réserve de puissance. Elle est un peu plus sévère que la Thomas & Thomas Contact 10'8 soie 3 que j'utilise également. Elle se fait totalement oublier en action de pêche, car presque aussi maniable qu'une 10' ! Avec cette canne, la longueur 10'6 devient presque inutile tellement le confort de pêche est impressionnant pour une 11' ".
S'il est relativement aisé de produire une canne à mouche de 9' à prix correct, il n'en est pas de même pour les longueurs importantes comme 11'. En effet, plus la longueur augmente, plus l'équilibre et la réactivité diminuent. La technicité à mettre en oeuvre lors de la fabrication d'un tel produit a un coût ! Pourtant, à moins de 400 euros, cette 11' soie 3 possède des caractéristiques dignes des cannes les plus haut de gamme du marché : la puissance annoncée est parfaitement conforme, le confort de pêche est excellent (PTE à 285 gr) et le montage est cohérent par rapport à l'utilisation prévue (porte moulinet down-locking et premier anneau à 45 cm). Pour la situer par rapport à d'autres modèles longs concurrents, cette Nymphmaniac 11' possède une puissance réelle équivalente à celle de la Thomas & Thomas Contact 10'8 #3 mais l'action est bien plus rapide (AA à 72 pour la Vision contre 66° pour la Thomas), ce qui confère à cette Vision une réserve de puissance supérieure mais aussi un point dur plus rapidement atteint lors des combats ! A noter que le diamètre relativement fin (22 mm) de la poignée ne conviendra pas à tous les pratiquants et doit être pris en compte au moment du choix. Comme toutes les cannes Vision, elle bénéficie d'une garantie 5 ans premier acheteur. Avec un prix contenu de 359 euros, cette canne bénéficie d'un rapport qualité/prix inégalé.
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