Conditions d’ouverture Alpes du Sud
Cette année, on pourrait presque résumer nos conditions d’ouverture en deux mots : « Quel temps ! »
Cette année, on pourrait presque résumer nos conditions d’ouverture en deux mots : « Quel temps ! »
Avec l’aimable participation de : Glenn Delporte, Laurent Sentenac, Julien Daguillanes et Sébastien Vidal.
Au départ, la ligne directrice de cet article était de parler de ma saison 2018. J’ai alors voulu mettre en avant quelques temps forts de ma saison passée, lesquels correspondent à des moments de rencontre et de partage qui favorisent ma propre progression en matière de pêche à la mouche… Je trouve et pense que plus on en apprend dans une technique et plus le plaisir de pêcher est vif ! J’aime la contemplation, mais j’aime aussi prendre des poissons, j’aime l’efficacité et le beau geste.
L’an passé, j’ai participé au Masterclass organisé par Glenn Delporte au Pays Basque, j’ai suivi Simon Scodavolpe sur une compétition de promotion nationale en pays ariégeois, puis Julien Daguillanes et Sébastien Vidal sur une compétition de D1 rivière dans les Pyrénées Orientales. Ce sont là les trois temps forts que j’ai choisi de mettre en avant dans cet article.
Au fil de l’écriture j’ai trouvé intéressant de proposer à quelques personnes d’apporter leurs propres commentaires, ainsi Glenn nous parle de son Masterclass, Julien et Sébastien de leurs prestations respectives en compétition, et Laurent Sentenac vient nous commenter celle de Simon. Un article participatif au final, avec en bonus un chouette cadeau me semble-t-il de la part de Julien Daguillanes, el maestro, avec deux petites vidéos de pêche en compétition (sur la Rotja en 2018 et sur l’Aude en 2014) !
Le Masterclass de Glenn Delporte avec Julien Daguillanes
Pour commencer, l’un des temps forts pour moi en 2018, ce fût donc le Masterclass organisé par Glenn Delporte (guide de pêche au Pays Basque notamment). Je ne sais pas si le concept même de « Masterclass », largement répandu dans le monde de la musique, avait déjà été utilisé auparavant dans le milieu de la pêche. Mais, personnellement, j’ai trouvé l’idée génialissime dès le départ. Avec un intervenant tel que Julien, m’y inscrire fut pour moi une évidence ! Ça se déroulait dans la magnifique contrée basque, dans les environs de Saint-Jean-Pied-de-Port, durant le week-end des 25, 26 et 27 mai 2018.
On ne présente plus Julien, son nom est tout simplement gravé dans l’histoire de la pêche à la mouche en France et à l’international ! Tous les pêcheurs de talent ont un style qui leur est propre et Julien ne déroge pas à la règle. J’ai eu la chance de l’avoir vu pêcher à plusieurs reprises en compétition et je suis admiratif de son efficacité !
Le Masterclass s’articulait autour de plusieurs axes : explications/démonstrations des différentes techniques par Julien en conditions réelles, mises en pratique par les stagiaires avec les conseils de Julien et Glenn, démonstrations de montages de mouches, questions diverses sur le matériel, les nœuds, les bas de ligne, etc… ainsi que des temps de partage conviviaux lors des repas notamment !
Au premier chef des apports essentiels pour moi de ce Masterclass, je mettrai la pêche en tandem sèche/nymphe que j’ai pu largement mettre en œuvre par la suite pendant toute la saison 2018, un vrai régal ! Mais, bien-sûr, les apprentissages ont été multiples et chacun a pu puiser dans ce vivier d’informations et de conseils en fonction de ses besoins propres.
Un grand merci à Glenn pour cette chouette initiative ! Et bien-sûr à Julien pour tous ses partages et sa légendaire gentillesse qui n’est pas qu’une légende !
Question à Glenn Delporte :
"Dis-moi Glenn, je crois que ce Masterclass était une première en France non ? Personnellement j’ai trouvé le concept génial, est-ce que tu peux nous faire un petit retour sur ce week-end-là, à froid comme ça, avec le recul de quasi une année ? Et, seconde question, je suis sûr que tu as des idées plein la tête, est-ce que par hasard tu aurais une exclusivité pour Truites &Cie en la matière, un nouveau Masterclass ou un autre projet du genre ?"
Réponse de Glenn :
"Oui Stéphane, ce Masterclass était une première en France. Comme toute nouveauté, j'appréhendais un peu mais je savais qu'avec Julien, nous allions parfaitement répondre aux attentes des participants. Julien venait d'annoncer qu'il arrêtait la compétition internationale et c'était aussi une façon de le mettre à l'honneur pour son parcours exceptionnel. Lors de nos longs voyages pour nous rendre sur les compétions de D1, nous avions le temps de discuter et c'est à ce moment-là que l'idée m'est venue. La compétition est souvent "dénigrée" par pas mal de pêcheurs car ils prennent, à tort, le mot au premier degré. Pour moi ça reste et ça restera la plus grosse expérience de mon parcours de pêcheur à la mouche. Lors de ces week-ends de compétition, tu apprends tellement vite, il y a tellement d'échanges et d'interactions avec des pêcheurs des 4 coins de notre beau pays. C'est exactement ce que j'ai voulu retranscrire et faire vivre aux participants lors de ce week-end de Masterclass. L'idée générale était de proposer une boîte à outils pleine d'éléments techniques que chaque pêcheur pourrait s'approprier pour les mettre en application par la suite. Apparemment ça n'a pas trop mal fonctionné et je suis encore surpris du bruit que cet événement a généré et génère encore dans notre petit monde.
Des idées, j'en ai une nouvelle tous les jours mais bon... Il y aura bien un nouveau Masterclass cette année ! J'ai donc sollicité Julien pour une nouvelle édition et je le remercie vraiment de bien vouloir se prêter de nouveau à l'exercice. Evidemment, j'ai compilé toutes les remarques des participants de l'an dernier et je suis en plein travail pour proposer encore mieux en mai prochain (week-end du 17 au 19). Par exemple, nous avons réduit le nombre de participants pour que chacun puisse passer individuellement plus de temps en action de pêche avec Julien et moi. Le plus incroyable, c'est que la communication sur cet événement reste minime puisque je l'ai uniquement publié sur ma page Facebook professionnelle et mon compte personnel. En 24h, j'ai quasiment rempli le stage puisque qu'il ne me reste qu'une place ! (NDLR : il restait une place en date du 20 février).
Si tu me permets, j'en profite pour remercier tous les participants de l'an dernier mais également l’hôtel Xoko Goxoa de Saint Michel pour son excellent accueil. Evidemment, un grand merci à Julien que j'aurai le plaisir de retrouver rapidement au bord de l'eau pour la mise en place. A très bientôt au bord des Nives !"
Promotions Nationales Mouche en rivière sur le Salat, le Garbet et le Vicdessos
Le week-end des 1er et 2 juillet 2018, je suis allé voir les promotions nationales de pêche à la mouche en rivière qui se déroulaient en Ariège. La compétition du samedi était organisée par le Club Mouche Passion sur le Salat et le Garbet, celle du dimanche par le Club mouche de l’Ariège sur le Vicdessos. Voilà bien trois rivières ariégeoises magnifiques qui offrent des conditions optimales pour pratiquer la pêche à la mouche !
La pêche en compétition est une formidable école pour progresser. Elle est exigeante et ne laisse pas de place au hasard, elle oblige à se remettre en question en permanence.
Mon plus chouette souvenir de ce week-end-là pourrait passer pour du léchage de bottes !!! Ce fut la première manche du dimanche matin sur le Vicdessos où j’ai pu suivre l’énergumène bizarroïde qu’est le créateur de Truites & Cie lui-même, j’ai nommé sieur Simon Scodavolpe !
Je n’avais jamais vu Simon pêcher, j’avais choisi de le suivre avant tout parce que j’aime bien la bête :) Et si j’en parle là, c’est bien parce que je n’ai pas regretté mon choix ! Sur cette manche du dimanche matin, j’ai alors tout simplement pu assister à une démonstration de pêche en tandem sèche-nymphe, où il ne prendra pas moins de 33 poissons en 3 heures, dont 11 maillés. 12 en réalité, mais 11 comptabilisés ! Car Monsieur pêchait avec une épuisette trouée et la douzième truite s’en est allée avant la mesure !
Je me suis tout simplement régalé en observant Simon ! Le geste était précis et efficace, avec beaucoup de lancers courts ou à l’arbalète. Les poissons prenaient allègrement la sèche, autant et voire même plus que la nymphe. Son contrôleur du jour était Laurent Sentenac du club mouche de l’Ariège. Laurent est un pêcheur qui évolue en D1 rivière et lac depuis plusieurs années, et cette constance est nécessairement le fruit d’une grande expérience. Aussi, j’ai souhaité avoir son regard affûté sur la prestation de Simon. Je lui ai donc posé la question suivante :
Question à Laurent Sentenac :
"Laurent, est-ce qu'en quelques lignes tu peux nous décrire la pêche de Simon sur cette manche précisément et ce que tu en as pensé en tant que compétiteur expérimenté évoluant depuis plusieurs années en D1 !?"
Réponse de Laurent :
"Effectivement, j'ai eu la chance, ce jour-là, de rencontrer et de contrôler Simon. Il était tombé sur le haut du Vicdessos. Un parcours que nous n'avions jamais proposé sur une compétition dont le profil comportait surtout des petits courants peu profonds et quelques longues coulées. Avant le début de la compétition, il avait remarqué une certaine activité avec une éclosion discrète mais continue d'éphémères. Peaufinant sa stratégie, il décidait d'utiliser la technique du tandem avec une imitation d'Ecdyo en sèche (plutôt qu'un sacro-saint « tabanas ») et une nymphe en pointe, préférant pêcher plus court et plus propre, mais se montrant très discret dans ses approches des postes. Simon s'est appliqué à prospecter les bordures de courant et cela lui a permis de prendre de nombreux poissons autant sur la sèche que sur la nymphe. Il est vrai que les truites avaient la tête en l'air ce matin-là. En se montrant constant et appliqué dans sa pêche, il a brillamment remporté son secteur avec 11 poissons au compteur. Pour ma part, j'ai pris beaucoup de plaisir à contrôler Simon lors de cette compétition car, comme tout le monde le sait, on apprend toujours de la pêche des autres !"
D1 rivière dans les Pyrénées-Orientales sur la Têt et la Rotja les 14 et 15 juillet 2018
15 jours plus tard, les 14 et 15 juillet précisément, je me rendais dans les Pyrénées-Orientales où se déroulaient les dernières manches de la 1ère division nationale de pêche à la mouche en rivière, une compétition parfaitement organisée par le GPS CERDAGNE CAPCIR. Elle avait lieu sur la Têt et sur la Rotja, deux rivières aux profils bien différents. Ci-dessous la Rotja qui me faisait parfois penser aux petites rivières que j’aime pêcher dans la Montagne Noire entre Carcassonne et Mazamet, avec des parties parfois très encombrées. Ici, c’est pêche de Sioux obligatoire ! J’ai trouvé ça très intéressant qu’une compétition de D1 puisse être organisée en partie sur ce type de parcours.
Julien Daguillanes (manche du samedi matin sur la Rotja) :
Lors de la première manche, j’ai suivi (avec son accord bien entendu) Monsieur Daguillanes fils. Ce fut un véritable régal de voir Julien à l’œuvre ainsi en petite rivière. J’avais déjà eu l’occasion de le voir pêcher sur l’Aude en 2014 lors d’une D1, également durant toute une manche, voilà qui venait donc compléter parfaitement mes observations.
Les approches sont quelque peu différentes d’une pêche en grande rivière et la discrétion y est de mise, nécessairement ! Sur cette manche, Julien prendra environ une trentaine de poissons dont 11 comptabilisés à la maille. Lorsqu’on observe Julien, on voit qu’il y a un vrai moment de réflexion avant d’agir, un temps court mais assez souvent bien marqué. Les changements de mouches sont très réguliers, en une exécution rapide et même parfois bluffante ! Pourtant, il pêche sans précipitation, aucune. C’est de l’efficacité à l’état pur !
A la fin du week-end il prendra une place de 3ème au général derrière Lionel Fournier à la deuxième place et Sébastien Delcor à la 1ère place.
Question à Julien Daguillanes :
"Julien, j’ai encore une fois pris un grand plaisir à t’observer pêcher sur cette petite rivière magnifique qu’est la Rotja ! Est-ce que pour Truites & Cie tu peux nous raconter cette manche-là précisément, en quelques mots ? Peut-être d'un point de vue technique et stratégique notamment ?"
Réponse de Julien :
"Comme souvent, je ne vais pas m'entraîner sur les rivières de compétitions, soit par manque de temps ou à cause de la distance. Donc c'était la première fois que je voyais cette rivière, je savais juste que c'était une très petite rivière assez encombrée avec des farios et des arcs en ciel de souche. J'avais prévu les genouillères, une canne en 10 pieds (polyvalente) et une canne de rechange dans le dos au cas où (un arbre qui traverse la rivière pour se jeter sur un scion de canne peut vite surprendre !!!). Stratégiquement, je me donne généralement une demi-heure pour tester le plus de choses possibles, la position des poissons, et en tirer une stratégie pour la suite de la manche. Malheureusement sans connaitre la rivière et les habitudes des poissons, on perd forcément du temps par rapport à un local ou à un compétiteur qui a pu s'entraîner sur la rivière, c'est le jeu !
Donc, un bon 10/100 pour commencer, ça passe généralement sur ces petites rivières où la taille des poissons n'est pas très élevée (je ne suis pas de ceux qui pêchent fin pour le plaisir), puis une alternance entre la sèche/nymphe et la nymphe pure (à une seule nymphe vu la taille de la rivière) pour voir la réaction des poissons. Si je me souviens bien, j'ai fait un poisson dans le premier coup de mon parcours ce qui m'a permis de me mettre en confiance rapidement pour la suite de la manche. Je n'avais pas pu repérer le parcours car l'accès était trop encombré, donc je ne savais pas exactement où il finissait. Peu importe aussi, je ne pêche pas en courant, je préfère souvent m'appliquer sur tous les coups, surtout sur une rivière comme la Rotja. Après plusieurs essais de nymphes, je pensais avoir trouvé la bonne donc je n'ai presque plus changé (sauf le poids bien sûr!!) sauf lorsqu'il me semblait que le nombre de touches diminuaient. Même si la rivière était petite avec peu d'eau, c'était une manche physique vu le temps que j'ai passé à genoux ou dans des positions inconfortables pour attaquer certains coups. Les poissons avaient l'air plus réactifs aux nymphes qu' aux sèches même si la sèche/nymphe m'a rapporté quelques poissons.
J'ai rentré des poissons régulièrement tout au long des 4h et j'ai fini 2ème de cette manche sur la Rotja ce qui me convenait pour débuter la compétition. Les 2 autres compétiteurs à être passés sur ce parcours n'ayant pas fait mieux, même si les conditions d'un jour ne sont pas celles du lendemain et qu'il vaut mieux en général commencer sur les petites rivières.
Sébastien Vidal (manche du dimanche matin sur la Têt)
Le lendemain matin, pour la 3ème et dernière manche de cette compétition, j’ai demandé à Sébastien Vidal si je pouvais le suivre sur la Têt. J’ai vraiment beaucoup aimé cette rivière également. Elle est d’un gabarit bien plus large que la Rotja et il me semble que, comme la Rotja, elle était assez peu connue des compétiteurs. Nombreux étaient ceux qui la pêchaient pour la première fois.
Sébastien s’est d’emblée mis dans une action de pêche très rapide. Sur son début de parcours, le courant était assez puissant et ses déplacements dans la rivière m’ont vraiment impressionné. Là, à un moment donné, la pêche à la mouche ça devient vraiment du sport sur le plan purement physique ! Sébastien fait partie de la fabuleuse équipe de France de ces dernières années, il entre clairement dans la catégorie des pêcheurs d’exception !
Sur cette manche, il avait donc clairement choisi de pêcher vite, sans insister bien longtemps sur les postes. Pendant une bonne heure et demie, les poissons se firent très rares. Une truitelle ici ou là, mais rien à la maille. En mode compétition, dans ce genre de situation, il faut avoir les nerfs solides pour ne pas s’effondrer. Surtout que sur la base des manches précédentes, il pouvait assez justement estimer un score nécessaire entre 10 et 15 poissons pour ne pas être largué dans les méandres du classement.
Sur un joli coup, une partie plus profonde formée par un gros rocher qui entravait le cours de la rivière, alors que le soleil montait dans le ciel, les choses ont commencé à se décanter tranquillement. Un premier poisson plutôt correct, puis un second quelques minutes plus tard, et un troisième… A partir de là, il s’est enclenché une sorte de basculement ! Les touches ont été de plus en plus fréquentes et se sont enchaînées crescendo jusqu’à la fin ! Pour le spectateur que j’étais, ça devenait palpitant ! Je garde le souvenir d’une pêche vive et précise, avec une concentration de chaque instant.
Il me semble que Sébastien termine la manche avec environ 18 poissons. Sur la toute dernière truite, il a dévalé la rivière pour l’épuiser dans l’ultime seconde possible… sinon il épuisait Patrice qui le contrôlait :)
Question à Sébastien Vidal :
"Sébastien, je te pose la même question qu’à Julien, est-ce que tu peux nous raconter juste en quelques mots cette manche du dimanche matin ? Sur le plan technique et stratégique, quels ont été tes choix de pêche et pourquoi ?"
Réponse de Sébastien :
"Après avoir fait un repérage de mon secteur avant le début de la manche, je me suis rendu compte qu'il était très long et divisé en deux parties totalement différentes, la première d'eau rapide à l'ombre avec un dénivelé relativement important, plein de petits coups très rapides et la seconde un peu plus large, beaucoup moins pentue, plus ouverte avec le soleil qui commençait déjà à percer.
Ma stratégie a donc été de pêcher très rapidement la première partie à une seule nymphe, pointe très courte et relativement lourd afin de dériver naturellement. M'apercevant que les poissons n'étaient pas trop actifs, probablement en raison de la température froide du matin, je décide d'aller très vite sur les parties plus lentes et ensoleillées. J'ai d'abord commencé en sèche-nymphe, mais les poissons n'avaient pas les yeux en l'air, je me suis mis rapidement à deux nymphes, c’était la solution puisque je pique très rapidement quelques poissons pour terminer la manche à une vingtaine de belles truites, le tout en à peine deux heures de temps."
La pêche de compétition représente pour moi une formidable école pour progresser techniquement, pour acquérir plus de connaissances et les transmettre à mon tour, pour prendre encore plus de plaisir les deux pieds dans l’eau à essayer d’attraper des poissons ! Je ne la considère pas comme une fin en soi. Et d’ailleurs, prise isolément, sans recul aucun, la compétition pourrait même m’apparaître comme une sorte de non-sens dans un monde qui veut avancer toujours plus vite quelles qu’en soient les conséquences. Je pense qu’elle peut être pratiquée dans un esprit pleinement sportif avec des valeurs fondamentales d’échanges, de partages au sein d’une équipe, de dépassement de soi et aussi d’humilité…
Pour achever cet article, je voudrais simplement remercier les personnes qui y ont contribué et qui me semblent être parfaitement dans cette dynamique positive : Glenn Delporte, Simon Scodavolpe, Laurent Sentenac, Julien Daguillanes et Sébastien Vidal.
Petit bonus final avec une vidéo de Julien Daguillanes en finale du championnat de France 2014 sur l’Aude :
Que n’a t-on pas déjà écrit sur la pêche de la truite aux leurres à l’occasion de l‘ouverture. Le constat est souvent le même : des eaux froides, voire glaciales ; hautes ou au contraire basses en raison des étiages hivernaux de plus en plus fréquents, en fonction du niveau d’enneigement des massifs montagneux, teintées ou d’une clarté absolue ; l’absence presque totale de végétation rivulaire ; un soleil bas dans le ciel et les rayons du soleil presque horizontaux qui se réfléchissent sur la surface du cours d’eau et peuvent difficilement pénétrer et atteindre les couches inférieures ; des truites apathiques et souvent amaigries qui sortent lentement et difficilement de leur léthargie et de la torpeur hivernale. Nous connaissons tous les difficultés que représente une ouverture de la pêche de la truite pratiquée aux leurres et son cortège de problèmes qu’il faut sans cesse résoudre pour espérer déclencher quelques attaques parfois timides sur des créneaux d‘activité souvent très courts. Aussi, je vous propose de décrire trois types de leurres se révélant efficaces sur les truites en début de saison, que se soient sur des poissons sauvages ou surdensitaires : ceux à palette, les poissons nageurs « coulant rapide » et les souples
La cuiller tournante est sans nul doute possible l’un des leurres les plus efficaces en début de saison, notamment quand il s’agit de prospecter des eaux dont la température ne dépasse pas les 7 degrés et qu’il est nécessaire de proposer de puissants stimuli vibratoires (rotation de la palette) et visuels permettant de faire réagir des truites souvent profondément enfouies sous les berges creusées ou les obstacles. En effet, à cette période de l’année, les poissons sortent difficilement de leur léthargie après avoir puisé dans leurs réserves à l’occasion de la fraie et supporté un jeûne lié aux basses températures des eaux et à la rareté de la nourriture. Si le besoin de reconstituer rapidement des réserves est prédominant et vital, il n’en demeure pas moins vrai que la température des eaux constitue un frein à une reprise normale et optimisée de l’alimentation des truites, sachant qu’en dessous d’un certain seuil, elles cesseront totalement de s’alimenter. Un ensoleillement suffisant et un réchauffement progressif, même timide, du cours d’eau sera toutefois de nature à favoriser leurs déplacements sporadiques et de faible amplitude pour atteindre certaines dérives naturelles, pourvu que ces dernières se situent dans des veines d’eau profondes, au courant régulier et relativement lent. Les truites peuvent toutefois rejoindre certains courants moins profonds à l’occasion d’une belle éclosion d’éphémères. La pêche à la cuiller tournante ou au moyen d’un leurre hybride (tandem poisson nageur/palette, micro spinnerbait…) devra tenir compte de l’ensemble de ces paramètres pour espérer déclencher quelques attaques aux heures les plus chaudes de la journée, c’est-à-dire entre 11 et 15 heures. L’aube offre également de véritables opportunités de captures, mais ce créneau est généralement extrêmement court.
La principale difficulté de la pêche en début de saison est de maintenir un leurre suffisamment longtemps au ras du fond dans des veines d’eau souvent importantes. Les cuillers doivent par conséquent être assez lourdes pour rejoindre la bonne couche et s’y maintenir lors de leur lente progression. Je privilégie les récupérations lentes et régulières quand il s’agit d’employer une cuiller tournante. Même pour les adeptes de l’ultra-léger, il ne faut pas hésiter à sélectionner des modèles importants (taille n°2 et plus) qui sont seuls capables de proposer des signaux suffisants et de faire réagir des poissons s’extirpant progressivement de leur « antre ».
Il ne faut pas hésiter à peigner méthodiquement et avec insistance les zones présentant les caractéristiques mentionnées supra et à avoir recours aux dérives trois-quarts aval et trois-quarts amont qui permettront au leurre de pêcher plus « creux » à condition de maintenir la bannière semi-tendue lors des dérives et de provoquer le fameux arc-de-cercle au moment opportun. Les cuillers ondulantes pourront utilement être employées dans ces conditions de pêche car elles proposent des signaux différents, mais tout aussi efficace, avec toutefois des « vibrations » (ondulations, en fait) plus adoucies. Sur les rivières moyennes, je sélectionne généralement les modèles dont le poids est supérieur à 3 grammes dans le dessein de prospecter les couches inférieures avec plus d’insistance et d’efficacité.
Si les truites s’installent dans les courants vers lesquels convergent des insectes, voire les prélèvent en surface à l’occasion d’une belle éclosion à la faveur d’une éclaircie, je n’hésite pas à pêcher à l’ultra-léger, soit en sélectionnant une micro-ondulante (1,5 à 2 grammes) soit en nouant une petite cuiller tournante (n°00 à 0) afin de déclencher des attaques plus près de la surface. Pour toutes ces pêches, vous pouvez utiliser une action de canne « regular » dotée d’une puissance adaptée au poids du leurre employé. Une canne « light » présente sans aucun doute la plus grande polyvalence en nous offrant la possibilité d’un plus large éventail de poids.
Les leurres hybrides, quant à eux, élargissent le spectre des animations pouvant être proposées pour déclencher quelques attaques grâce à leurs spécificités (effet de « rolling » de certains leurres hybrides lors de leur descente et plus grande résistance à la pression lors de « jerks » appuyés, particularisme du travail des spinnerbaits dont la palette papillonne au moment de rejoindre le fond,…).
La répartition des différentes pièces mécaniques de ces leurres correspond à autant de « signatures » uniques en terme de vibration, de sonorité et de visualisation pour lesquelles la truite est plus au moins réceptive en fonction des conditions du moment et de son niveau d’éducation sur les parcours régulièrement fréquentés.
Les pêcheurs hexagonaux sont désormais habitués à l’emploi des poissons nageurs de dernière génération qui offrent davantage de possibilités et de technicités en matière d’animation et de récupération. Les modèles « coulant rapide » qui, peuvent prendre différentes appellations (heavy weight (HW), super heavy sinking ou heavy sinking,…), ont été développés pour descendre plus rapidement et rejoindre les couches inférieures de la colonne d’eau, mais également se stabiliser, à la bonne profondeur, dans les courants les plus chaotiques et profonds. Leur emploi est par conséquent tout à fait indiqué quand il s’agit de présenter un leurre près du fond ou à proximité immédiate d’un refuge (berge creusée, obstacle immergé,…). Les flats minnows (possédant un corps compressé favorisant l’effet de « rolling » lors de la descente grâce notamment à la bonne répartition de leurs masses d’équilibrage) permettent d’obtenir des leurres très denses qui favorisent une descente rapide dans les eaux très froides qui sont plus difficiles à pénétrer pour des raisons moléculaires. Aussi, c’est bel et bien le leurre le plus dense, au sens physique du terme, qui se révélera le plus efficace à cette époque de l’année. Si une animation en « jerking » peut déclencher une attaque réflexe, je préfère les récupérations minimalistes et insistantes à l’occasion de dérives trois-quarts aval quand la configuration des lieux le permet (moyennes et grandes rivières).
La dernière génération de pêcheurs, souvent formée à l’école du street fishing, apprécie l’utilisation des micro leurres souples, que se soit pour la recherches des petits poissons carnassiers que celle de la truite sauvage ou de « bassine ». Outre, l’attrait que ce type de leurre présente en terme pécuniaire, il faut bien admettre que son efficacité n’est plus à démontrer, tant des progrès considérables ont été réalisés dans la conception de leur matière et des différents attractants qui sont proposés. Qu’ils soient montés sur de petites têtes plombées (shads, worms,…) ou bien utilisés à l’instar des compétiteurs actuels de pêche de la truite aux leurres (teignes artificielles et créatures montées sur de petits hameçons faiblement lestés), ils se révèlent terriblement efficaces en début de saison – et même après ! – pour peigner lentement la moindre veine d’eau. J’utilise le même type de canne que pour la pêche aux leurres métalliques : action regular, pour une puissance de 1,5 à 5 grammes. S’agissant de la technique à proprement parler, je suis devenu un véritable adepte de la seconde déclinaison qui est devenue bien plus qu’un pis-aller tant elle permet une meilleure exploitation des couches les plus basses en proposant, par surcroît, un très fort signal olfactif.
Il est toujours surprenant de pouvoir faire réagir des poissons sur ce type de leurres alors que les autres ne sont pas parvenus à déclencher la moindre attaque en fonction des conditions de pêche auxquelles nous pouvons être confrontés. Si les cannes longues offrent davantage de confort pour réaliser des dérives dans des conditions optimales, elles ne sont toutefois pas indispensables quand il s’agit de prospecter les petites et moyennes rivières. En effet, pour ceux qui pratiquent la pêche à la roulette ou qui connaissent les grands principes de cette technique qui se pratique sous la canne, de grandes similitudes existent entre elles. Canne haute et la main gauche positionnée sur la manivelle, le pêcheur accompagne son leurre qui, idéalement, doit suivre une dérive naturelle en étant légèrement décollé du fond. Pour y parvenir, il suffit de jouer sur le lestage. Une canne light ou ultra-light est par conséquent parfaitement indiquée pour obtenir la sensibilité nécessaire quand le poisson aspire délicatement le leurre. Il s’agit d’une technique très fine et extrêmement captivante que je développerai dans un prochain article.
La manière d’escher le leurre sur l’hameçon offre de multiples possibilités, comme par exemple celle de le faire tournoyer pour déclencher l’agressivité d’une truite abritée sous un enrochement ou au contraire de le présenter le plus naturellement possible afin qu’il suive une dérive naturelle dans laquelle les poissons sont postés pour s’alimenter. S’agissant de l’ouverture, cette technique complétera idéalement l’arsenal, déjà conséquent, mis à disposition des pêcheurs souhaitant débuter la saison aux leurres, notamment quand il est nécessaire d’insister très près du fond et des obstacles.
Au plaisir de vous rencontrer au bord de l’eau.
La saison 2019 est sur le point de commencer au Pays Baque comme
L'entreprise Peux propose des moulinets haut de gamme depuis près de 20 ans, en utilisant les machines de précision de leur usine basée en Suisse. L'un des modèles phares de la gamme, le Speedline démultiplié, fait peau neuve en ce début d'année en s'enrichissant de nouveaux coloris. L'occasion nous était donnée de mesurer les caractéristiques de ce grand classique :
Test statique :
Constitué d'aluminium de haute qualité, avec sa forme massive et compacte, ce moulinet se démarque clairement de la tendance actuelle en terme de look, où l'on cherche toujours plus d'épuration.
Mais c'est au niveau des caractéristiques mécaniques qu'il est particulièrement remarquable : en effet, ce produit est un concentré de technologie.
La première originalité se situe au niveau de sa démultiplication, en effet, ce moulinet présente un ratio important de 1 : 4.5 (contrairement à l'immense majorité des moulinets manuels mouche du marché qui ne sont pas démultipliés), cela présage une vitesse de récupération conséquente, nous y reviendrons.
Lorsqu'on inspecte en détail le bâti, on remarque la présence de deux réglages :
Le frein de combat est basé sur un système multi-disques à réglage micrométrique et son réglage fait intervenir une discrète étoile à 3 branches.
En termes de finition, un bloque-fil situé au niveau du pied du moulinet permet d'y loger sa pointe et ainsi de la retrouver facilement.
Le système d’extraction de bobine est identique à celui des autres moulinets Peux (extraction ultra-simple en poussant la bobine vers l'extérieur).
Ce moulinet vous sera livré avec une bobine supplémentaire dans un coffret comprenant un clé Allen servant à l'entretien de l'axe principal et des engrenages, un tournevis et un manuel d'utilisation clair et concis.
Mesures :
Notre protocole de test a permis de caractériser la bobine et le frein de ce modèle :
Le frein présente une excellente fluidité (l'aiguille ne vibre pas autour de la valeur 1 lb) et progressivité, avec ses 75°/5 crans de réglage sur la plage (0.5 - 1 lb).
Avec un diamètre de 40mm, le diamètre du moyeux n'est pas très important relativement à la taille. La largeur de 27mm est assez standard par rapport aux autres références du marché. Toutefois, pas d'inquiétude à avoir sur la vitesse de récupération car la démultiplication de ce modèle en #5/6 permet de ramener environ 95cm de soie par tour de manivelle, une valeur impressionnante !
L'avis de Valentin Daubré, gérant de Peux Fly Fishing :
« Les modèles Speedline & Speedline Classic sont des moulinets très techniques, conçus pour apporter un maximum d’efficacité et de confort au pêcheur.
Comme tous nos moulinets, ils sont fabriqués en aluminium haute qualité et usinés dans la masse, afin de présenter un rapport masse/résistance optimal. Tous les petits composants (visserie, ressorts, axes…) sont en acier inoxydable ou en laiton, ayant ainsi une grande résistance à la corrosion.
Outre l’aspect technique, l’aspect esthétique a récemment été travaillé (nouvelle couleur « gris titane » de série en plus du noir) et complété par un service de personnalisation : gravures, kits manivelles en bois précieux ou carbone, bobines de couleur… chaque pêcheur peut désormais customiser son moulinet PEUX. »
L'avis de Grégoire Ribert, guide de Pêche en Corrèze :
"En tant que guide de pêche à la mouche sur la Dordogne, j'ai l'occasion de tester beaucoup de matériel. La saison dernière, après avoir rencontré Valentin au salon de Muret, il m’a donné l'occasion d’essayer le Speedline en 5/6. La question qui se posait pour moi portait sur l'intérêt de l'investissement dans un moulinet de cette gamme. Certes, Peux a une réputation qui n'est plus à faire et on connaît la qualité du matériel suisse en pêche à la mouche comme ailleurs. Nombreux sont les pêcheurs qui considèrent qu'à la pêche à la mouche, le moulinet permet surtout de stocker la soie, cela reste évident dans bien des circonstances. Pourtant le moulinet est un élément essentiel pour l'équilibre de la canne lorsque l'on s'intéresse au lancer, de même le frein est incontournable lorsque l'on recherche des poissons un peu combatifs.
C'est là que le Speedline m'a bluffé, je ne vais pas en faire le descriptif complet mais en plus d'être démultiplié, il est équipé d'un anti-réverse et de deux freins et c'est justement le frein de combat qui a fini de me convaincre si j'en avais encore besoin…
En début de saison, sur les march-brown, j'ai eu l'occasion d'attaquer pour la première fois de l'année un joli poisson. L'eau était un peu tendue et le premier beau poisson est toujours un moment particulier même après de nombreuses saisons de pêche. Bref, je le ferre, il part, je le bride, il vient… puis demi-tour brutal dans le courant… j’avais la main sur la manivelle toujours en train de mouliner quand le poisson est reparti en rush !!! Et là, j'ai compris tout l'intérêt de ce moulinet, car avec un modèle classique, j'aurais cassé ce poisson mais le frein de combat et le débrayage m'a permis de le sortir.
Bien-sûr je comprends que ce n'est pas un moulinet pour toutes les bourses mais technologiquement parlant, c'est une merveille, chaque détail est réfléchi, pensé pour les pêcheurs par un pêcheur et il est dur de s'en passer et de repêcher avec un moulinet classique par la suite."
L'avis de la rédaction :
Avec son look compact, sa démultiplication, son système de freinage unique et ultra-précis (5 crans de réglage sur la plage testée), ce moulinet fait dans l'originalité la plus complète. Evidemment, cette qualité et cette technologie made in Europe ont un prix, mais la marque a acquis ses lettres de noblesse grâce à la précision et à la fiabilité de ses produits... ainsi, il convient de voir à long terme au moment du choix ! Tous les moulinets PEUX sont garantis 5 ans.
L’observation minutieuse des rapports scientifiques effectués sur les populations de truites de nos rivières et en particulier les parties décrivant les pyramides d’âges nous confortent quant à l’évidence que les salmonidés les plus vieux et donc les plus gros sont aussi les plus rares. Cet état de fait évident doit être pris en compte par chaque moucheur afin de bien cibler où prospecter afin d’en débusquer un. Pour nous traqueurs de gros poissons quoi de plus alléchant et motivant qu’analyser toutes les données du moment pour bien comprendre où rechercher le graal ! Température de l’air, de l’eau et autres variations saisonnières influent directement ou indirectement sur le comportement des gros salmonidés et en particulier sur ceux qui occupent les zones aval de nos cours d’eau, les plus impactées par ces phénomènes.
Face à cette rareté, une prospection tenant compte des constantes saisonnières permet d’optimiser votre recherche, de bien cibler les secteurs où rechercher ces poissons trophées sans perte de temps inutile. La bonne compréhension de ces cycles durant lesquels les salmonidés s’adaptent aux contraintes de ces milieux pour se développer et y survivre permet d’identifier les secteurs à prospecter.
Pêcher une rivière réputée pour ses poissons records peut être stérile si vous ne vous situez pas au bon moment et au bon endroit ou si vous n’utilisez pas la technique mouche en adéquation avec la réalité écologique du moment. De nombreux moucheurs formatés par la presse halieutique prospectent toujours les mêmes types de postes sans jamais oser s’aventurer sur des pools aux caractéristiques différentes ou moins évidentes. Gardez toujours à l’esprit que pour atteindre une belle taille, les gros salmonidés doivent être tranquilles et peu dérangés par des cohortes de pêcheurs. Au travers des lignes qui vont suivre nous allons tenter de définir où prospecter en fonction de la saison.
La grande majorité des grands spécimens occupent les parties aval des grandes rivières, c'est-à-dire les derniers kilomètres de première catégorie et les premiers de seconde. Il existe bien sûr des gros poissons sur des parcours plus en amont mais leur présence est anecdotique et liée à des postes marqués comme de grandes fosses par exemple.
Ici, les pieds plantés en pleine « zone à ombre », les rivières voient leur pente s’assagir, leur lit s’élargir et s’approfondir ; de la même façon ces secteurs plus chauds sont plus riches en nourriture d’où la présence de gros poissons. Pléthore de personnes ignorent parfois la présence d’énorme truites sur des secteurs très aval en seconde catégorie, aux abords des grandes villes, où ces poissons sont généralement pris par des pêcheurs de carnassiers par erreur.
La partie très basse à cheval entre l’aval de la zone à ombre et celle à cyprinidés est très marquée par d'énormes variations de température. Cette sensibilité aux aléas climatiques influence l’activité des grosses truites durant toute la saison. Pour adapter leur métabolisme aux contraintes climatiques, elles effectuent sans cesse des déplacements vers les zones les plus propices du moment et modifient carrément leur comportement alimentaire. Les zones basses de seconde catégorie, là où la présence de salmonidés devient limite, est d’ailleurs celle où ces petites migrations sont vitales pour ces gros poissons en période estivale.
Les zones limites pour la survie des salmonidés possèdent très souvent des populations de gros poissons et très peu de juvéniles car ceux-ci semblent moins bien supporter les températures d’eau élevées. Ces populations sont constituées par des salmonidés sauvages de dévalaison et des poissons d’alevinages qui survivent mieux dans ces eaux lentes, sans forte concurrence des salmonidés de souche.
Plus la température de l’eau va s’élever plus les grosses truites vont rechercher des zones oxygénées leur permettant de vivre ou de survivre ; les secteurs de forts courants, les fosses profondes ou les résurgences seront à prospecter particulièrement lors de ces pics de température. Dans ces eaux réchauffées par les fortes chaleurs, les salmonidés en « mode survie » recherchent les secteurs de courants puissants et très brassés où ils se maintiennent le temps que la température de l’eau s’abaisse.
Dans les cas les plus extrêmes ces poissons vont cesser toute activité pendant les périodes les plus chaudes et tenter de survivre. C’est souvent le cas des truites très maigres que nous prenons certaines années lors des pêches automnales en seconde catégorie.
En posant ces mots sur le papier, je ne peux pas passer sous silence les conséquences dévastatrices du réchauffement climatique qui vont influencer les comportements des salmonidés et avoir des conséquences sur votre pêche. Avec les températures extrêmes liées à nos comportements égoïstes, nous constatons déjà la disparition totale des salmonidés sur certains secteurs aval de première où ceux-ci sont totalement remplacés par des cyprinidés. Les petites rivières au débit faible et aux étiages sévères en sont les exemples les plus visibles.
La prise de conscience des constantes notifiées plus haut va guider nos prospections d’un bout à l’autre de la saison, pour pêcher juste au bon endroit et au bon moment. Les grosses fario occupent toujours des postes présentant les mêmes caractéristiques où la présence d’une cache, d’une veine porteuse et d’un secteur profond pour fuir sont indispensables. Sur certaines parties basses, de nombreux postes réunissent ces caractéristiques... la recherche des plus discrets, échappant au premier regard, est importante pour réussir.
Je vous propose donc une sorte d’éphéméride qui va nous permettre, tout au long de la saison, de rechercher avec application et avec la bonne technique les truites qui feront vibrer nos cœurs. Nous ferons tout au long de ce descriptif une nuance entre la fin de première catégorie et les secteurs de seconde très aval où les truites subissent des contraintes encore plus significatives car les écarts de température de l’eau y seront encore plus importants.
A la sortie de l’hiver, lorsque l’ouverture pointe son nez et jusqu’à la mi-mai, les secteurs du bas de la première catégorie voient leur lit arrosé par une eau froide où les salmonidés peinent à trouver de la nourriture. Les grosses truites doivent pourtant soigner leur métabolisme fatigué par la période de fraie et la rigueur de l’hiver. Les plus gros salmonidés occupent alors les entrées et les sorties des gros pools lents et profonds ; positionnés de telle manière, ils peuvent ainsi profiter des éclosions printanières de beatidés qui à cette période sont une de leurs rares sources de protéine.
Sur nos parcours publics surexploités, peu de chance de découvrir une de ces grosses fario en train de s’alimenter en plein milieu du pool, celles-ci privilégieront avec malice les bordures discrètes alimentées par une veine porteuse secondaire. C’est certainement le moment de la saison où elles s’économisent le plus et se complaisent à attendre que la nourriture vienne à elles.
Sur ces grandes rivières où la surface potentielle de dérive des insectes est importante, il est judicieux d’interpréter par une lecture de l’eau pertinente les veines d’eau les plus porteuses, celles par où transite le plus de nourriture. Ces veines d’eau sont visibles car elles concentrent tous les éléments en dérives sur la pellicule de surface : déchets végétaux, mousse, mais aussi insectes. Tout étranglement, effet d’entonnoir et contre-courant sont une aubaine pour ces poissons peu enclins aux dépenses d’énergie. Les grosses truites postées dans ce type de veine ont l'art de se faire très discrètes.
Il faut que la veine soit porteuse mais peu repérable à l’œil nu ou protégée par une végétation, on ne devient pas un gros salmonidé si l’on s’expose couramment aux diverses prédations. Beatis et March Brown sont une aubaine pour ces poissons en recherche de protéines, nous sommes dans une période bénite pour prendre un gros poisson en sèche.
Dans les secteurs de seconde catégorie les grosses truites se comportent de la même façon, mais nous accorderons une attention particulière aux secteurs les plus lents et plats car les truites descendantes d’alevinages sont ici plus nombreuses à y survivre car elles subissent moins la concurrence alimentaire avec des salmonidés sauvages. Ces poissons souvent lâchés au stade de truitelles d’automne produisent parfois des truites de grande taille qui trouvent ici des conditions de développement qui leurs conviennent, l'eau morte ne leur fait pas peur !
L’arrivée du printemps météorologique voit les débits s’affaiblir et les eaux se réchauffer. Les très nombreux cyprinidés qui y cohabitent avec nos quelques truites, sortent de leur léthargie hivernale.
A cette période de la saison, il convient de bien distinguer la fin de première catégorie où les conditions deviennent optimales avec ce réchauffement (lorsque l'eau parvient aux alentours de 12°C) pour les pêches en surface et en nymphe en absence d’eau de neige, et ceux de seconde catégorie où les eaux qui atteignent vite la surchauffe (plus de 17/18°C). Il suffit parfois de quelques kilomètres de linaire en aval des parties en 1ere catégorie pour voir exploser les températures de l’eau et observer des salmonidés aux comportements totalement différents !
La réduction de la pente augmente la proportion de parties lentes où la température de l’eau explose au profit des cyprinidés qui eux trouvent ici d’excellentes conditions. La rivière commence à bouillonner de gobages de cyprinidés et autres sauts de barbeaux ; trouver une truite en activité de surface au milieu de cette agitation devient aléatoire. Oubliez les zones lentes et favorisez la prospection des secteurs relativement rapides en nymphe au fil car les beaux poissons trouvent là des conditions favorables. Les fosses très profondes peuvent aussi être favorables si vous les prospectez au streamer, c'est une approche très ludique car vous n’intéresserez pas que les truites de cette façon !
De la mi-juillet à la fermeture, les eaux se sont réchauffées sur les secteurs avals de première et sur le début de seconde. En première nous retrouvons des conditions de pêche estivale avec des truites s’alimentant tôt le matin et tard le soir et plus longtemps les jours de temps médiocre (tachez d'être présent lors des dépressions estivales !).
Lorsque les quinze derniers jours avant la fermeture voient la météo se dégrader (certaines années), nous pouvons retrouver d'excellentes conditions semblables à celles du début de saison. De belles pêches en sèche sont alors possibles sur les éclosions d’ignita et de sedge.
En seconde catégorie l’ambiance est plus morose (d'autant plus si l'été a décidé de jouer les prolongations), les gros poissons sont parfois toujours en mode survie dans des eaux surchauffées et maigres. Si vous tenez vraiment à prospecter ces linaires, optez pour la nymphe sur les secteurs bouillonnants. Pêchez lourd et profond dans les zones à proximité de l’écume, là où ces gros salmonidés attendent des meilleurs moments.
La recherche des grosses truites demande d'être en complète harmonie avec la réalité écologique du moment et de s’adapter aux comportements des poissons tout au long de la saison. Je vous laisse confirmer mes écrits par votre propre perception….
Bonne saison !
Suite au test de la Baetis Precision 11' #3 (voir l'article ici), nous continuons à passer en revue cette série de cannes de conception espagnole, plutôt destinées aux approches modernes de la nymphe. Voici les caractéristiques de la 10' #2 :
Test statique :
La série Précision possède un blank verni gris ardoise agrémenté de ligatures jaunes au niveau du premier brin et des deux premiers anneaux. L'anneau de départ type Hard SIC est suivi de 11 anneaux monopattes. Le porte moulinet est en aluminium avec insert en graphite et la poignée liège est de forme cigare. Cette canne 4 brins est livrée dans une tube en aluminium et une housse en tissu.
Mesures :
Le protocole Common Cents System a permis de caractériser l'action, la puissance et la réactivité de cette canne :
En ce qui concerne la puissance, 27 cents ont été nécessaires pour plier la canne sur un tiers de sa longueur, ce qui donne après conversion un ERN à 2.97. Il classe donc la puissance de la canne comme une soie 2/3, à peine plus que ce qui est annoncé par le fabricant. Avec un AA de 73°, l'action de la canne est fast (AA supérieur à 66°) et peut même être qualifiée d'ultra-fast car elle se situe parmi les cannes les plus rapides que nous ayons testées en 10'. La fréquence à 78 (importante et corrélée à l'action rapide) montre la polyvalence du produit et la réelle possibilité de pêche en sèche, avec une soie de 2 ou 3. Avec un PTE à 263 gr, l'équilibre de cette canne est très bon, ce qui la rendra très agréable en action de pêche, quelle que soit la technique choisie. La distance de 57 cm entre la poignée et le premier anneau nécessitera l'utilisation d'un anneau amovible pour pêcher au fil de façon optimale.
L'avis du concepteur Jose Raul Soria sur la série Précision :
"Cette série de cannes est née du besoin créé par le développement de la technique de pêche utilisant des perdigones et appelée "pêche à l'espagnole". Dans la conception des blanks, nous avons recherché la justesse dans la puissance annoncée. Nous ne proposons pas de puissance mixte. Les cannes prévues pour soie de 2 sont donc réellement des puissances "soie 2". La recherche des meilleures fibres de carbone haut module nous permet de réaliser un blank très léger mais à la fois précis et puissant. Nos cannes ont une grande réserve de puissance dans le talon pour pouvoir se battre avec de gros poissons, et une action très douce pour éviter que la pêche avec des hameçons sans ardillon ne pose problème."
Et sur la 10' #2 en particulier :
"Cette canne a été conçue pour répondre aux besoins des pêcheurs de compétition les plus exigeants. Elle est spécialement dédiée aux pêche légères, avec de petites nymphes à billes de 1,5 à 2,3 mm. Avec notre 10' #2, vous pourrez lancer avec précision, sentir chaque pierre du fond et séduire les truites les plus difficiles. Durant le combat, vous serez surpris par la puissance de ce modèle. Vous pourrez capturer des grosses truites comme il est difficilement envisageable avec une canne de puissance #2."
L'avis de Juan Fernandez Losada, Pro Staff Baetis :
"C'est une canne idéale pour l'approche moderne de la nymphe, tout en étant capable, si vous piquez une grosse truite, de lui tenir tête et de remporter le combat, car elle dispose d'une excellente réserve de puissance. Une canne qui exprimera son potentiel quand il sera nécessaire de pêcher délicatement avec de petites nymphes et des fils extrêmement fins. Si l'on doit retenir une chose, c’est le faible nombre de décroches et la préservation des fils fins, des caractéristiques qu'elle partage avec ses soeurs de la série Precision. Pêche en nymphe légère, à vue, au tandem ou même présentations délicates en sèche, sont les techniques optimales pour saisir tout le potentiel de cette canne."
L'avis de la rédaction :
Avec sa puissance #2/3, son action fast et sa haute réactivité, c'est la canne polyvalente de la pêche en eaux rapides. Sa puissance modérée autorise les pêches très fines tout en limitant les casses, et permet de lancer sans effort des nymphes de tailles inférieures à 2.8 mm. Sa rapidité très importante lui confère une excellente réactivité (ceux qui redoutent les "queues de vache" seront comblés), donc une vraie possibilité de pêche en sèche ainsi qu'une réserve de puissance supérieure aux 10' #2/3 d'action plus modérée. Les données fournisseurs annoncées (puissance et poids) sont très justes, ce qui mérite d'être souligné ! Au final, ce modèle bénéficie d'un excellent rapport qualité/prix.
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