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Fish diversity of North America

saumon amérique

Le nord-ouest des USA est un deuxième chez moi et le triangle d’or que constituent le Montana, l’Idaho et le Wyoming (auxquels je rajoute l’Utah depuis quelques années) mon centre du monde halieutique. Depuis bientôt 30 ans, j’y retourne tous les ans poser mes mouches sur les innombrables plans d’eau qui s’offrent à un passionné comme moi.

Mais pourquoi un lien si fort avec cette partie de notre planète ?

Bien sûr, il y a les grands espaces, la facilité d’y organiser un séjour, des lieux absolument magiques comme le parc du Yellowstone où se mélangent faune, flore et phénomènes géologiques. Avec le temps, j’ai lié des amitiés fortes et précieuses qui - si elles ont débuté autour de notre passion commune - vont maintenant bien au-delà. Mais c’est bien la pêche des salmonidés à la mouche qui me fait revenir irrémédiablement en ces lieux, en général en fin d’été quand les feuilles et les poissons commencent à changer de couleur. En y réfléchissant, je me rends compte de l’importance de la qualité mais surtout de la diversité des poissons que l’on peut capturer lors d’un séjour. Certains de ces poissons sont endémiques et nombreux bien exotiques pour un pêcheur français. Chaque année, lorsqu’il faut prévoir l’itinéraire, je m’applique à trouver un équilibre entre les rivières à Brown, Rainbow, Cutthroat et à d’autres ! Il est possible, au cours d’une seule journée, de cibler plusieurs espèces et même de prendre dans le même pool jusqu’à 4 ou 5 salmonidés différents. Je ne sais pas si cela est possible en d’autres lieux. Je vous propose donc de faire un petit inventaire fortement imagé des différents salmonidés que j’ai pu attraper lors de mes séjours outre-Atlantique.

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Rainbow trout – Truite arc-en-ciel – Oncorhynchus mykiss

La truite des Rocky Mountains.

Native des bassins du pacifique, au nord-ouest des USA et au Canada, elle peuple maintenant une grande partie des cours d’eau froide des USA. Elle a aussi été introduite en Europe, en Amérique du sud et dans les îles australes. C’est un poisson de sport fantastique, incroyablement puissant, le plus combatif des salmonidés d’eau douce. Rien à voir avec les arcs que l’on peut croiser dans nos cours d’eau après s’être échappées de piscicultures ou déversées sur certains secteurs de pêche intensive. Il existe différentes souches de ce poisson et leur robe peut varier d’un cours d’eau à l’autre.

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Rainbow trout
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© Erik moncada
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La pêche à la mouche des « bows » peut s’avérer particulièrement technique, notamment sur les tailwaters (rivières sous barrages) où elles se nourrissent en général de larves et d’insectes de très petites tailles. Quel plaisir alors, d’avoir au bout de sa ligne 2 kg de muscles accrochés à un hameçon de 18 à 22, bondissant en chandelles spectaculaires et nous obligeant souvent à suivre le poisson pour éviter la casse !

Il est à noter que la version migratrice de ce poisson est également présente dans cette région, en particulier dans le réseau de la Snake River dans l’Idaho. Je n’ai pas encore eu la chance d’en capturer une mais on peut imaginer ce que donne la déclinaison sur-vitaminée par l’océan de ce poisson. Il est prévu que j’y consacre un jour une virée spécifique avec du matériel adapté.

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Trout
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Artic grayling - Ombre Arctique – Thymallus arcticus

Cet ombre est un poisson natif des bassins de l’océan arctique et du nord de l’océan pacifique, en Asie et en Amérique du nord. Une autre souche, originelle de la baie de l’Hudson dans le Michigan, a aujourd’hui disparue.

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Artic grayling
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@ Erik Moncada
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Espèce en grand danger et peu présente dans le nord-ouest des USA, il arrive cependant d’en attraper en pêchant la truite, que ce soit en sèche ou en nymphe, notamment dans quelques secteurs du parc du Yellowstone où l’on essaie de restaurer cette espèce indigène. Il est à noter que l’Ombre a été éradiqué de certaines portions de rivières du parc par l’introduction de la truite fario et du saumon de fontaine. Lors de sa capture, vous serez impressionné par son extraordinaire nageoire dorsale, encore plus spectaculaire que celle de notre ombre commun.

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Artic grayling
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Bull trout – Omble à tête plate - Salvelinus confluentus

C’est une espèce native du Canada et des USA côté pacifique. Les plus gros sujets peuvent dépasser le mètre et approcher les 15 kg.

C’est en raison de sa tête très développée que les américains nomment cet omble « truite-bœuf ».

Quand il atteint une taille importante, il se nourrit d’autres poissons - truites et saumons en particulier - et a été perçu un temps comme une menace pour l’équilibre des rivières à salmonidés. Il est maintenant très strictement protégé, classé comme espèce en danger depuis 1998. Dans certains cours d’eau du nord-ouest des USA il est même interdit de le pêcher si vous en repérez un. La pêche se fait essentiellement au streamer mais il m’est arrivé d’en capturer avec des nymphes. C’est un poisson lunatique, on peut parfois attraper en quelques minutes plusieurs poissons dans le même pool et certains jours ne provoquer aucune réaction sur des poissons pêchés à vue.

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Bull trout
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Si les plus petits sujets ont des couleurs un peu ternes, les plus gros spécimens s’habillent d’une robe colorée, notamment en période de reproduction. On les repère parfois de loin dans les pools les plus profonds des rivières grâce aux bandes blanches qui bordent leurs nageoires pectorales et ventrales.

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Bull trout
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Brown Trout – Truite Fario – Salmo trutta

La truite commune européenne.

Importée pour la première fois aux USA en 1884 en provenance d’Allemagne, elle est maintenant présente dans de nombreux cours d’eau. C’est notre truite, celle qui peuple la grande majorité de nos lacs et rivières de première catégorie. On remarquera souvent sur la souche présente aux USA un gros point bleu sur la joue, en arrière de l’œil.

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Brown Trout
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@ Erik moncada
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Particulièrement bien implantée de l’autre côté de l’océan, elle cohabite souvent avec les arcs, notamment dans les plus célèbres cours d’eau ; Madison river, Missouri River, Bighorn river, Green river etc… Elle ne constitue pas un danger pour les Cutthroats, ne pouvant s’hybrider (contrairement aux arcs-en-ciel) et ne colonisant pas les mêmes secteurs d’une rivière. En certains lieux, leur taille, leur densité, et leur propension à gober font que l’on n’hésite pas à faire de nombreuses heures de route pour se frotter à ces poissons qui n’ont pourtant rien d’exotique pour un frenchy.

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Brown Trout
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Kokanee Salmon – Saumon Kokanee – Oncorhyncus nerka

Ce poisson est un très proche cousin du Saumon Sockeye, si proche qu’il est difficile de les différencier. Mais il y a une différence majeure entre le Kokanee et ses cousins, il ne fait pas le fantastique voyage vers l’océan pour ensuite revenir frayer dans les eaux qui l’ont vu naître. L’eau douce sera son seul habitat.

Poisson endémique du nord-ouest de l’Amérique, dans les états de l’Oregon, de Washington, de l’Idaho, de l’Alaska et de la Colombie britannique il fut ensuite introduit pour la pêche dans de nombreux états des USA dont New-York, le Montana et l’Utah.

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Kokanee Salmon
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Le Kokanee ne devient pas bien gros, 40 cm et 2 kg pour les plus gros sujets alors âgés de 3 à 5 ans, ils sont prêts à se reproduire. C’est alors qu’ils quittent leur livrée argent pour un rouge vif qui en fait des proies bien visibles pour leurs prédateurs.

Ils se nourrissent majoritairement de zooplancton et de minuscules insectes aquatiques.

Mais en général, pour la pêche, on utilise plutôt de petits streamers ou de grosses nymphes de couleurs vives pour jouer sur leur agressivité. Le meilleur moment étant en période de reproduction quand ils colonisent les têtes de bassins peu profondes. Même si vous repérez de très nombreux poissons, ce sera toujours un vrai challenge d’arriver à en capturer quelques-uns pour de spectaculaires images avant qu’ils ne meurent comme leurs cousins du pacifique après la fraie.

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Kokanee Salmon
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Brook Trout – Saumon (ou omble) de fontaine – Salvenius Fontinalis

Poisson natif de l’est du Canada et du nord-est des USA, sa présence est plus anecdotique dans le nord-ouest des US mais on le trouve parfois dans la partie supérieure de certaines rivières et dans quelques lacs, notamment dans le parc du Yellowstone. S’il peut parfois atteindre une taille respectable, les sujets que l’on peut capturer ici, en haute altitude, sont en général de taille modeste, autour de 20 cm.

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Brook Trout
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@ Erik Moncada
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Ils sont faciles à leurrer avec une mouche mais leur robe magnifique rend leur traque toujours agréable même s’ils n’ont pas la même saveur d’exotisme que d’autres espèces ayant été largement introduits dans nos eaux, notamment dans les lacs de montagne.

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Trout
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Cutthroat trout - Truite fardée – Oncorhynchus clarki

Le poisson endémique et emblématique de cette région. Présent dans de nombreux cours d’eau et lacs de tout l’ouest des USA et du Canada. Il existe différentes souches de ce magnifique poisson, assez facilement identifiables avec un peu d’expérience. Si plusieurs de ces souches ont disparu, la Cutthroat bénéficie maintenant d’un efficace programme de protection et de restauration mis en place dès les années 70.

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Cutthroat trout
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@ Erik Moncada
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Pour plus de détails sur la truite fardée, je vous renvoie à l’article qui lui a été consacré ici.

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Cutthroat Trout
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Tiger trout – Truite tigrée – Salmo trutta x Salvelinus fontinalis

La truite tigrée est un hybride inter-générique stérile du saumon de fontaine et de la truite fario. Il s’agit donc d’une anomalie dans la nature, la truite ayant 80 chromosomes et le saumon de fontaine 84. Son nom vient de sa robe dont les vermiculations rappellent le pelage d’un tigre.

Si ce croisement peut se produire de manière naturelle, c’est essentiellement les scientifiques qui produisent cette truite. Il est utilisé pour fournir un poisson de sport dans certains plans d’eau mais aussi pour réguler d’autres espèces sans devenir à son tour un problème, la truite tigrée étant piscivore et stérile.

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Tiger trout
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Elle peut grandir très vite et des poissons records approchant le mètre et les 10 kg ont été capturés. Pour ma part, je n’ai attrapé, à la nymphe, que de petits specimens dans l’Utah en péchant des cours d’eau sous des barrages dont les Tigers avaient probablement dévalé lors de crues.

On n’organise pas un voyage pour cibler ce poisson mais faire un crochet pour tenter d’ajouter une nouvelle espèce à la liste de ses prises peut s’avérer bien ludique.

Il existe d’autres hybrides comme la Splake, croisement d’une Brook trout et d’une Lake trout (Salvelinus Namaycush). Je n’en ai jamais vu, mais mon ami Josh Hulbert de Salt Lake City en a récemment capturé dans l’Utah.

La liste des salmonidés que l’on peut capturer à la mouche dans l’ouest américain peut donc encore s’agrandir et il ne tient qu’à vous de relever ce défi.

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Tiger trout
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Olympe
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Je tiens à remercier vivement Olympe, ma fille de cœur, pour ses innombrables heures passées crayon de couleur à la main avec application et précision.

Ses illustrations sont magnifiques.

C’est en voyant son premier dessin d’une truite que m’est venue l’idée de cet article, dans une période si particulière de sa vie.

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Erik
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Un grand merci à Erik Moncada, mon petit frère américain.

Je l’ai souvent vu s’affairer lors de nos parties de pêche avec son gros appareil photo dans un caisson étanche.

Je me suis parfois moqué de lui mais ses photos sous-marines sont exceptionnelles, voici son site : www.underwatertrout.com

 

Photos de l'auteur sauf mention contraire et dessins d'Olympe.

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A propos de l'auteur

Eric découvre la pêche à l’âge de 4 ans sur les épaules de son père le long des rives de l’Ariège et de la Garonne non loin de Toulouse, sa ville natale. Naît alors une…