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Le matériel pour le Peacock à la mouche

pêche mouche peacock

Après 3 virées amazoniennes, je suis loin d’être un spécialiste du Peacock Bass, mais concernant le matériel pour le pêcher à la mouche, je commence à avoir quelques convictions. Je vous propose donc de détailler point par point, les différents éléments qui viendront garnir votre sac de voyage, si vous avez un jour la chance de partir traquer ce magnifique combattant en ces lieux envoutants.

Pour rejoindre les camps de pêche en forêt, c’est un long périple qui se termine souvent en petit avion et en bateau. Il vous faudra limiter le poids de vos bagages (en général à 15kg). L’avantage pour nous, pêcheurs à la mouche, est que nos leurres n’ont que peu de poids.

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CANNE

#8 est pour moi la puissance idéale pour le Peacock. Une canne #7 apporterait plus de plaisir pour tous les poissons de tailles modestes mais au-delà de 60cm ce sont de sacrés combattants et les prises se faisant majoritairement à proximité des obstacles, notamment les arbres immergés, il faut disposer d’assez de réserve de puissance pour essayer de brider les poissons. Une canne #10 peut s’avérer utile pour les leurres de surface, surtout pour les poppers qui imposent des contraintes fortes au lancer.

Personnellement, après différents essais, j’utilise les cannes Douglas Sky G. Exceptionnellement légères et excellentes lanceuses, elles apportent un confort très appréciable lors des longues journées de prospection.

MOULINET

Comme pour le brochet, le moulinet ne me semble pas être un élément important pour la pêche du Peacock. Si les poissons sont particulièrement puissants pour une espèce d’eau douce, ils ne vous sortiront pas le backing. On récupère la soie à la main, il n’est donc pas nécessaire d’avoir un frein puissant comme pour les poissons marins.

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SOIES

Le choix de la soie est essentiel.

Je monte en général 3 cannes : une soie #8 intermédiaire, une soie #8 S4 et une soie #10 flottante.

C’est la soie intermédiaire que j’utilise essentiellement, elle est parfaitement adaptée pour prospecter les bordures et pêcher au-dessus des arbres immergés.

Cependant, j’aime bien avoir une soie plongeante prête à lancer. Parfois, les gros sujets peuvent se tenir dans des zones plus profondes et à l’écart des bordures. Il peut aussi être intéressant de prospecter des cassures, comme pour nos carnassiers domestiques.

Pour finir avec la soie plongeante, j’ai d’excellents souvenirs de pêche en lagune avec de l’eau claire. Les arbres immergés étant visibles, j’utilisais la soie S4 pour faire plonger mon streamer dans des petites zones libres de branches au milieu des arbres immergés. J’ai ainsi vu de très gros Peacocks sortir de sous les troncs pour venir attaquer mon streamer. Ces poissons n’auraient pas bougé en passant avec une soie intermédiaire. Le plus difficile est d’arriver à les sortir de ces milieux très encombrés.

La canne montée avec une soie #10 flottante me sert exclusivement pour pêcher avec des leurres de surface. Les gros poppers, notamment ceux avec des têtes en époxy nécessitent un matériel plus lourd. J’ai moins de plaisir à les utiliser et n’ai pour l’instant pas eu de très bons résultats mais les guides insistent toujours sur leur capacité à faire bouger les très gros poissons.

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Attention aux Piranhas !!!

Il m’est déjà arrivé 2 fois de me faire couper la soie au niveau de la boucle, prise par les poissons aux dents tranchantes comme une lame, qui la prenaient pour une petite proie en mouvement.

Je vous propose 2 solutions pour réparer et continuer d’utiliser votre soie.

  • Avec une petite section de backing, vous réalisez une micro-boucle d’un côté et de l’autre côté, à l’aide d’une grosse aiguille, vous faites une ligature sur la soie que vous serrez fortement. Ce n’est pas très esthétique mais c’est solide, je l’ai testé.
  • Vous pouvez également couper en biseau la pointe de votre soie et après avoir formé une boucle, coller sur environ 3cm les 2 brins en laissant libre une boucle d’un petit cm. Je renforce ce montage avec une gaine thermo rétractable d’électricien.

Ce sont des bricolages très simples mais il faut prévoir le petit matériel nécessaire avec soi (grosse aiguille et morceau de backing dans un cas/ciseaux, briquet et gaine dans l’autre).

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BAS DE LIGNE

Sa construction est extrêmement simple : 1,5 à 2 m de fluoro 50lb et c’est fini.

Faire une micro boucle pour un raccord boucle dans boucle avec la soie.

Pour accrocher les streamers, j’ai utilisé au début des agrafes qui doivent être de très bonne qualité. L’avantage de cette option est de pouvoir changer très vite de streamer sans consommer de fil. Je n’en utilise plus, préférant nouer mon leurre avec une perfect loop. Après chaque prise, il faut bien vérifier l’état du nylon et couper les quelques centimètres abimés si nécessaire.

A la fin de chaque journée, il faut renouveler la pointe qui aura raccourci au fur et à mesure des usures et changements de leurres.

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Dans certains secteurs, les Piranhas, Aïmaras et autres Bicoudas aux dents tranchantes vous obligeront à monter une pointe en acier si vous ne voulez pas perdre trop de montages.

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STREAMERS

Comme pour tous les carnassiers, les combinaisons de montage de streamers sont quasi infinies.

Il vous faut prévoir une boite assez garnie en nombre. Vous allez obligatoirement perdre quelques montages sur casse avec des gros spécimens dans les milieux encombrés et vous faire couper par les espèces aux dents tranchantes. Les streamers résisteront à pas mal de captures de Peacocks avant d’être abimés mais seront très vite mis à mal par les autres poissons.

Je vous conseille d’avoir chaque modèle en plusieurs exemplaires dans une gamme réduite plutôt que d’avoir une grande diversité avec un ou deux exemplaires à chaque fois. Il est extrêmement frustrant de penser avoir trouvé le bon streamer mais de ne plus en disposer.

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Les couleurs vives ont fait leurs preuves : rouge, jaune, orange, vert et les mélanges de ces couleurs sont très efficaces. Le blanc reste une valeur sure et comme souvent j’ai un faible pour les montages Marlboro.

Pour la taille, c’est simple, à chaque nouveau voyage, je réduis. Il est étonnant de voir à quel point les plus petits streamers sont efficaces, même sur les gros poissons.

Seule exception : les poppers. Là, il faut du gros, qui bouge beaucoup d’eau et fait beaucoup de bruit pour faire venir les poissons trophée.

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ACCESSOIRES

Un panier de lancer peut s’avérer utile en fonction de l’aménagement des embarcations utilisées. Je le prends systématiquement même si je l’utile peu. Dans mon sac de voyage, il abrite mes moulinets, bobines et différents accessoires et ne prend donc pas de place, il ne pèse quasiment rien.

Il y a 2 outils dont je ne me sépare jamais :

  • Une pince coupante qui remplace avantageusement les ciseaux pour couper les fils de gros diamètre et permet de couper les hameçons en cas d’accident.
  • Une pince simple et fine, utile pour écraser les ardillons, décrocher les poissons et confectionner les nœuds.
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panier
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VÊTEMENTS

Il ne s’agit pas là de matériel de pêche mais c’est un sujet que je voulais aborder car il est essentiel à la réussite d’un séjour.

Les sessions sur l’eau durent environ 12h (6.00/18.00). Il fait souvent très beau et vous serez alors en permanence en plein soleil. Il est donc vital de bien se protéger.

Prévoir, de la tête aux pieds : chapeau, lunettes polarisantes (paire de rechange obligatoire), Buff, T-shirt ou chemise à manches longues (UPF 50), gants, pantalon long, chaussures aquatiques (avec chaussettes si elles sont ajourées).

Il faut aussi prévoir un pantalon et une veste de pluie. Les averses en ces régions tropicales peuvent être d’une violence incroyable. Il ne faut pas lésiner sur la qualité pour allier légèreté et imperméabilité. A certaine saison, il arrive qu’il pleuve toute la journée (c’est souvent par temps pluvieux que j’ai réalisé mes sessions les plus mémorables).

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Pour le Payara...

Au Brésil comme en Colombie ou au Venezuela, il existe des séjours où en plus du Peacock Bass, la traque du Payara peut être au programme.

Contrairement au Peacock que l’on pêche dans les eaux calmes, le Payara se trouve essentiellement dans les rapides des rivières. Il faut donc un matériel différent :

  • Canne puissance #10 et surtout la soie la plus plongeante possible
  • Bas de ligne en acier indispensable.
  • Pour les streamers, lors de mon séjour sur l’Orénoque, les modèles « tube fly » armés de 2 hameçons furent les plus efficaces. Une tête plombée rendra les lancers plus difficiles mais permettra de descendre un peu mieux dans les courants.
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CONCLUSION

Je viens de vous lister le matériel qui me semble le plus approprié pour partir pêcher le Peacock à la mouche. Je vous souhaite d’avoir comme moi, la chance d’aller un jour traquer ce fantastique poisson mais, vu l’éloignement des lieux propices, cela ne deviendra pas votre pêche de prédilection. Vous n’allez donc probablement pas investir dans un matériel couteux pour un ou deux voyages. Si vous êtes pêcheur de brochet à la mouche, vous avez déjà pratiquement tout ce qu’il vous faut. Cannes, moulinets, soies et même une partie de vos streamers, notamment les plus petits, feront l’affaire (mais attention aux hameçons qui doivent être fort de fer). Si vous ne pêchez aucun carnassier à la mouche et que voulez débuter, procurez-vous :

  • une canne #9 qui pourra tout faire,
  • un moulinet avec une bobine de rechange,
  • une soie intermédiaire qui permet également d’utiliser les leurres de surface et une S4.

Pour les streamers, les monteurs cités dans mon article précédent Les streamers à brochets sont tous très compétents dans les montages exotiques et tous les montages à Peacock peuvent être utilisés pour le brochet.

Il ne vous reste plus qu’à aller vous faire vacciner contre la fièvre jaune avant de préparer votre sac !

A propos de l'auteur

Eric découvre la pêche à l’âge de 4 ans sur les épaules de son père le long des rives de l’Ariège et de la Garonne non loin de Toulouse, sa ville natale. Naît alors une…