mjmjùm
De l'études des CS au montage de mouches
La finalité de tout ça?
Après d’innombrables observations et prise de notes, on prend plus davantage conscience de ce que l’on doit obtenir une fois devant l’étau.
Voici ici quelques exemples de mouches inspirées par de nombreuses études de contenus stomacaux (CS) :
Travail sur les March Brown :
Essai d’imagos de Medium Olive
Nymphes de Baetis :
Nymphes de March Brown :
Nymphe de Rhithrogena Semicolorata par Cyril Bailly :
Februrary Red :
Un plécoptère sombre (genre Nemoura??) de la Montagne Noire :
Yellow sally ( plécoptères jaunes des genres Isoperla, Chloroperla etc…) :
Mouche noyée inspirée par ce subimago de Paraleptophlebia Submarginata
Fourmis
Empididés. On voit sur cette photo que le montage est sans doute juste mais que la mouche devrait être dressée une taille en dessous.
Prenons donc chaque cas de figure à la fois comme une information et comme source d’inspiration. Il serait piégeux de tirer des conclusions définitives pour chaque photo, ce sont surtout des repères qui, consciencieusement archivés, vous rappelleront le contexte duquel ils ont été tirés.
Une fois imprégné de ce travail, deux enseignements principaux se font jour :
Le premier est pour le pêcheur. Connaissant mieux sa rivière et les habitudes de ses truites il aura une idée un peu plus précise de ce qui vit dans ses eaux. La composition de sa boîte à mouche devrait gagner en pertinence et son choix de l’artificielle deviendra un peu plus sur.
Le second de ces enseignements concerne bien entendu, le monteur de mouches.
En s’inspirant de ce qu’il aura recueilli dans les contenus stomacaux, cette masse d’informations doit l’amener à dresser des mouches davantage en phase avec ce que la nature lui offre.
Il ne s’agira pas de monter “la mouche exacte”, ce qui reste pour moi de l’ordre de la chimère, mais de monter des mouches plus justes... Nuance capitale.
Mieux vaut tenter de copier la Nature plutôt que de copier la copie de la copie de la mouche d’Untel, dont la plupart du temps nous ne connaissons ni le contexte ni la genèse du modèle… aussi perspicace soit-il .
Cette démarche risque de révolutionner la façon dont vous abordez le montage. De cette expérience acquise, vos matériaux seront mieux choisis, les couleurs et les volumes que vous donnerez à vos imitations ne seront jamais plus les mêmes. Vous constaterez par exemple (un parmi tant d’autres) que les thorax sont en général opaques alors que les abdomens sont le plus souvent translucides, etc, etc… des quantités d’observations nouvelles vous offriront autant de perspectives de nouveaux modèles.
Voilà qui devrait interpeller tout passionné de montage.
Avec le temps vous établirez une corrélation entre l’activité des truites (qui est cyclique) et la récurrence de certains types de mouches (cyclique aussi…).
Ces mises en évidence, sur une rivière donnée, devrait aussi vous permettre un meilleur ciblage dans le choix de vos sorties de pêche. Vous anticiperez mieux et au fil du temps plus aucune éclosion ne devrait venir vous surprendre.
Avec un minimum de rigueur et d’assiduité dans cette procédure, vous donnerez cohérence à votre action de pêche. Mais il faut s’inscrire sur du long terme, ce qui n’est pas dans l’air du temps je vous le concède.
Alors je sais, beaucoup d’excellents pêcheurs prennent plus de truites que moi sans avoir la moindre idée de la vie qui grouille sous les semelles de leurs chaussures et que toutes ces préoccupations naturalistes peuvent sembler futiles, voire dérisoires à certains.
A titre personnel, n’étant en compétition qu’avec moi-même, avoir conscience de tout cela et jouir de l’émerveillement que cela me procure ne me fait pas prendre une truite de moins.
