Les peacocks géants du Pasimoni

peacocks géants du Pasimoni

Quand la gestion de la pêche sportive peut protéger le modèle économique des communautés locales et leur environnement...

Le Rio Pasimoni est un affluent du canal Casiquiare, un canal naturel vénézuélien qui relie le Rio Negro et l’Orénoque. Ce sont 2 fleuves majeurs de l’Amazonie qui coulent pourtant dans des directions opposées : vers le nord pour l’Orénoque qui fait en partie frontière entre la Colombie et le Venezuela, et vers le sud pour le Rio Negro qui devient l’Amazone à Manaus quand il rejoint les eaux du Rio Solimões.

J’ai pour la première fois entendu parler de cette région et de cette particularité géographique par mon ami Julien qui lisait « Voyages dans l’Amérique Équinoxiale » de l’explorateur allemand Alexander Von Humbold. Nous partagions alors une cabine sur un bateau qui remontait le rio Negro lors d’un séjour de pêche du peacock au Brésil. En cherchant puis en trouvant cette zone sur les cartes que je consultais sur mon téléphone, je réalisais que quelques semaines auparavant, un autre Julien (de ONI Fishing Expédition) m’avait parlé d’une rivière coulant au cœur de cette zone, accessible pour la pêche depuis peu et réputée pour ses énormes Peacocks... le Rio Pasimoni. Quand le hasard s’en mêle…

De retour à Manaus, alors que notre séjour vraiment réussi s’achevait, nous avons ressenti malgré tout une sensation étrange : était-ce un léger sentiment d’inachevé de ne pas avoir pris de très gros poissons?

Avec Jef, mon désormais fidèle compagnon de route, nous avons décidé, avant notre retour en France, que nous serions sur les berges du Pasimoni en Janvier 2025 pour essayer d’attraper un géant !

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Le rio Pasimoni coule au Venezuela mais c’est via la Colombie et Bogota que s’organise le voyage. Si comme nous, vous arrivez un jour à l’avance pour récupérer du décalage horaire et prendre un peu de sécurité avec les aléas des transports aériens, vous pourrez découvrir la capitale colombienne.

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Située à 2640m d’altitude, cette mégapole, appuyée contre une chaine montagneuse couverte de forêt, ne manque pas de charmes. Il faut profiter de la fraîcheur due à l’altitude pour se balader. La Plaza de Bolivar, le site de Monserrate (accessible en téléphérique) ou le quartier de la Candelaria avec ses nombreuses peintures murales font partie des lieux incontournables. Il y règne une certaine tranquillité due à la présence de policiers dans chaque rue pour assurer la sécurité des zones touristiques. Mais certains quartiers au sud de cette zone sont à éviter. Des membres de notre groupe de pêcheurs s’y sont fait dérober un portable et ont assisté à des vols à l’arraché. Il est à noter que les taxis verrouillent systématiquement les portes quand ils traversent ce secteur.

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Peu avant l’atterrissage au bord du Rio Negro
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Le lendemain, c’est en vol privé que nous quittons Bogota pour aller nous poser sur une piste en terre dans la pointe sud-est de la Colombie. Nous atterrissons sur les berges du Rio Negro qui marque ici la frontière entre la Colombie et le Venezuela.

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Transfert vers notre nouveau moyen de transport
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Peu après notre descente d’avion, nous sommes récupérés par des tricycles à moteur pour nous conduire sur les berges du rio Negro. 2 bateaux rapides en aluminium nous y attendent. Un pour le groupe de 10 pêcheurs que nous formons et l’autre pour nos sacs, les victuailles et les boissons de notre séjour.

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Les traces de civilisation disparaissent au fur et à mesure de la navigation
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Nous allons nous enfoncer profondément dans la forêt vénézuélienne et il ne nous faut pas moins de 3 heures de navigation rapide, sur 3 rivières différentes pour rejoindre le camp.

Une heure avant notre arrivée à destination, à la confluence du Rio Pasimoni et du Rio Casiquiare, nous faisons un court arrêt à El Peligfo. Ce minuscule village est un des centres principaux de vie de la communauté Niñal.

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El Peligfo, dernier signe de présence humaine avant le camp
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Un camp loin de tout signe de civilisation

Lors de la dernière heure de navigation, avant notre arrivée au camp, nous ne voyons aucun signe de présence humaine. Il en sera de même tout au long de la semaine, même lorsque nous remonterons pendant 3 heures la rivière pour changer de secteur de prospection. Nous avons un peu la sensation d’être « au bout du monde » et nous nous sentons extrêmement privilégiés de pouvoir bénéficier d’une structure confortable si loin de tout.

 

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L’arrivée au camp où nous attendent les embarcations pour la pêche
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Le camp se compose de 2 bâtiments en bois sur pilotis, face à la rivière. Le premier, tout en longueur, abrite 6 chambres doubles. Les lits sont équipés de moustiquaires. Chaque chambre dispose d’une salle d’eau, d’un ventilateur et de l’éclairage grâce à un générateur.

Le deuxième bâtiment, abrite la cuisine et la salle où nous prenons nos repas du matin et du soir.

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Notre hébergement avec vue sur la rivière
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Des chambres au confort appréciable avec salles d’eau
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Après avoir rapidement pris nos quartiers, les 10 pêcheurs du groupe s’affairent tous à préparer leur matériel. Il nous tarde de faire les premiers lancers et certains trop impatients, tentent leur chance de la plage devant le camp. Nous sommes avec Jef les deux seuls pêcheurs à la mouche et attendons le lendemain pour commencer à lancer depuis les bateaux.

Le premier diner arrive vite et c’est l’occasion d’un briefing avec le chef de camp. La communication n’est pas évidente car il ne parle pas anglais et personne n’est très à l’aise en espagnol parmi les pêcheurs. Par contre nous comprenons clairement que les conditions ne sont pas bonnes. Suite à des pluies exceptionnelles pour la saison sur les hauteurs du Venezuela, l’eau est fortement montée et s’est refroidie. Rien de bon pour la pêche du Peacock Bass, il faut espérer que les niveaux baissent vite.

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Les couleurs incroyables de la rivière devant notre hébergement
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Une pêche difficile en raison des niveaux d’eau

Après une première nuit et un solide petit déjeuner, nous embarquons au petit matin sur les barques aménagées. Ce sont des embarcations bien motorisées, assez longues, stables, avec 2 plateformes (une à l’avant, l’autre au centre).

La configuration est parfaite pour des moucheurs. Par contre, il n’y a pas de moteur électrique, les approches et dérives se font à la pagaie.

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Des lumières fabuleuses à l’aube
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Pour cette première journée, les 4 équipes de pêcheurs aux leurres remontent la rivière vers l’amont alors que nous descendons vers l’aval.

Les paysages sont sublimes et peu après notre départ du camp, nous rentrons dans une grande lagune qui semble bien prometteuse. Lors de mes précédents séjours amazoniens, ce sont ces secteurs qui m’ont apporté la majorité des poissons. C’est donc avec beaucoup d’excitation que nous faisons nos premiers lancers vers les berges. Après une heure de prospection systématique des bordures et alors que nous avons fait une grande partie du tour de la lagune, nous n’avons enregistré aucune touche ni détecté aucune présence de poissons. Nous enchainons ensuite d’autres secteurs similaires sans plus de succès.

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Prêts à en découdre !
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Quand le minéral, se joint au végétal
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C’est finalement Jef qui prend, après quelques heures, le premier poisson du séjour. Ce n’est pas le monstre que nous sommes venus chercher mais que cette première prise fait du bien quand la pêche est si difficile !

 

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Impossible de se lasser des couleurs de ces poissons !
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Quelques prises vont suivre, jamais bien grosses mais nous avons nos premiers indices. Il faut lancer le plus près possible de la berge, quand elle existe. Avec les niveaux élevés, l’eau s’enfonce parfois loin dans la forêt. Dans ces conditions, il faut utiliser des streamers équipés de systèmes anti-accro. Nous constatons également que les touches se produisent systématiquement à l’entrée des lagunes. Passés quelques dizaines de mètres à l’intérieur de ces plans d’eau calmes, il n’y a plus aucune activité.

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Nous prenons ainsi toujours sur le même type de postes, moins d’une dizaine de poissons et réalisons notre premier doublé. C’est une première journée difficile, loin de nos espérances, mais comme d’habitude avec Jef on ne lâche rien. Même avec peu d’activité, le plaisir est immense d’évoluer dans un tel environnement.

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Le premier d’une longue série de doublés
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C’est à la nuit tombante que nous rejoignons le camp et que nous sommes impatients de connaitre les résultats de nos compagnons leurristes.

Nous apprenons avec surprise que seul Julien a pris un très gros poisson (+ de 80cm) sur un de ses tous premiers lancers et c’est sa seule prise du jour. Nombreux sont ceux à n’avoir rien pris et il s’avère que nos petits streamers, lancés dans les branches avec des montages anti-herbes, auront été de loin les plus efficaces. Il faut dire que les pêcheurs au lancer utilisent majoritairement de gros leurres de surface à hélices. Ils imitent une chasse et doivent faire bouger les gros Peacocks qui viennent croquer leurs congénères plus modestes.

Il semble qu’avec l’eau très haute, les chasses se passent dans les forêts immergées et les poissons n’en sortent pas.

Il tarde donc à tout le monde que l’eau baisse.

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Retour au camp à la nuit tombante
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Si la pêche est difficile, le moral est au beau fixe d’autant plus que l’on constate que le niveau d’eau a baissé d’un petit mètre depuis le matin.

Un autre point positif est que la nourriture est excellente. Nos deux cuisiniers d’origine bolivienne font des miracles dans leur petite cuisine au milieu de nulle part. Mises en bouches amenés sur la terrasse devant les chambres au retour de la pêche, service à l’assiette avec entrée, plat et dessert, c’est un vrai régal!

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Les pêcheurs sont plein d’espoir, si l’eau continue de baisser pendant la nuit, les niveaux devraient commencer à être plus favorables…mais l’orage gronde!

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Le lendemain, lors du petit déjeuner, nous constatons que la rivière est maintenant plus haute que le jour de notre arrivée. Il a plu toute la nuit, ce qui n’est pas normal pour cette saison, mais quelle est la normalité d’aujourd’hui avec les changements climatiques?

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Pour cette nouvelle journée, nous remontons vers l’amont et concentrons notre prospection sur les entrées de lagunes. Les conditions ne sont pas plus favorables que la veille, au contraire avec l’eau encore plus haute, mais notre expérience de la journée précédente nous permet d’enregistrer plus de touches.

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Attaque en surface, le graal !!!
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Nous réalisons que notre guide n’a pas beaucoup de connaissances sur la pêche et n’a jamais vu un pêcheur à la mouche. Nous devenons donc assez directifs, lui suggérant des zones de prospections et lui demandant régulièrement des ajustements de positionnements du bateau. Nous constatons que sur les secteurs favorables, une mouche posée à 50cm de la berge ne déclenche aucune attaque alors qu’un posé sur la terre ferme ou dans les branches, suivi d’une légère tirée pour amener le streamer sur l’eau peut provoquer une touche sur les tous premiers centimètres de récupération.

Il faut donc prospecter avec beaucoup d’application et de précision. La pêche devient ainsi très ludique d’autant plus que nous commençons à pendre des poissons avec des mouches flottantes.

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Avec cette stratégie, nous allons prendre une petite vingtaine de poissons le deuxième jour et environ 35 le lendemain. Les doublés sont réguliers, car lorsque l’un de nous a un Peacock au bout de la ligne, il arrive souvent de voir plusieurs congénères qui le suivent, offrant ainsi l’opportunité au deuxième pêcheur de tenter sa chance loin des obstacles.

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La taille des prises est relativement modeste mais nous avons notre première opportunité avec un très gros poisson. Je viens de lancer contre la berge entre 2 arbres immergés avec un Game-changer couleur Marlboro, et dès le premier strip, je sens une forte tirée. Je réalise immédiatement après le ferrage que c’est un gros poisson et tente de le brider, mais juste avec la courbure de la canne, il arrive à rentrer dans l’arbre voisin et ma ligne casse immédiatement. Le combat n’a pas duré 5 secondes et mon fluoro 50lb n’a pas résisté à la violence de ce rush. Les quelques centimètres de nylon restant sont incrustés dans la boucle de la soie jusqu’à l’âme en dacron.

Le jour suivant, alors que nous pêchons une des rares plages de sable visibles avec les niveaux élèves, c’est au tour de Jef de prendre son shoot d’adrénaline.

Dès son premier lancer sur le secteur, il prend une touche bien nette. Son ferrage est suivi de trois à-coups hyper violents dans la canne et c’est sa soie qui se casse. Cette fois-ci, il n’y avait pas d’obstacle et le combat n’a pas duré 2 secondes. Il me regarde l’air hagard et sors alors de sa bouche la réplique qui va nous marquer : « Eric, je suis choqué ! ».

Nous sommes pour le moins perplexes car on commence à se demander s’il est possible avec nos cannes à mouches de capturer ces supers combattants.

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UN BILAN DE MI-SEJOUR BIEN TERNE

Après notre troisième journée sur l’eau, nous faisons le point lors du dîner avec nos collègues pêcheurs aux leurres. Si nous n’avons pas encore réussi à prendre un gros poisson avec nos streamers, le nombre de captures est satisfaisant pour les moucheurs. De leur côté, les leurristes déclenchent très peu d’activité et les capots sont nombreux... très très loin des attentes suscitées par cette destination qui nous faisait tous rêver et espérer des prises records...

Dans ces cas-là, tout le monde y va de son hypothèse pour expliquer notre insuccès. De toute évidence, le niveau exceptionnel d’eau en est la raison principale. Les horaires sur l’eau sont évoqués car si nous pêchons jusqu’à la nuit, il fait jour très tôt et certains parmi nous pensent que peut-être les premières heures de la journée seraient plus productives. Enfin, certains s’interrogent sur la compétence des guides. Or, ce ne sont pas des guides de pêche. Ils sont d’ailleurs désignés comme motoristes et les membres de la communauté Niñal viennent à tour de rôle piloter les embarcations pour qu’un maximum d’entre eux profite de la manne économique du camp de pêche. Ils connaissent tous les méandres et lagunes de la rivière mais ne connaissent pas nos techniques de pêche et ne peuvent acquérir d’expérience du fait du système de rotation. Avec Jef, nous acceptons cette contrainte car le principe du partage pour la communauté nous plait, même si lors d’autres séjours de pêche au Peacock nous avons pu constater à quel point de vrais guides peuvent faire la différence.

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TOUT CHANGE AVEC LA BAISSE DU NIVEAU D’EAU

Pour la quatrième journée sur l’eau, il est proposé à la moitié des équipes de partir bien avant le lever du jour pour naviguer 3 heures vers l’amont de la rivière et découvrir d’autres secteurs. Les autres pourront le faire le lendemain si elles le désirent. Nous faisons partie avec Jef des premiers à tenter l’expérience et sommes impressionnés par la dextérité de notre guide dans sa navigation à la lueur de la lune, alors que les obstacles sont nombreux. Le petit-déjeuner est pris en route et le lever du jour nous permet de constater que le niveau d’eau a significativement baissé pendant la nuit. Le fait d’être remontés très en amont nous permet probablement de bénéficier plus précocement de ce changement de niveau. C’est ainsi une nouvelle rivière que nous découvrons. L’eau ne rentre plus qu’en de rares lieux dans les forêts, de nombreuses plages de sable sont découvertes et des postes comme des rochers sont maintenant hors de l’eau, parfois au milieu de la rivière.

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De nouveaux postes maintenant découverts
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Notre stratégie s’en trouve modifiée. Il ne s’agit plus de prospecter uniquement au raz de la berge ou d’essayer de rentrer dans la végétation. Toutes les plages de sable, les rochers, les arbres immergés que l’on distingue et les berges plus verticales indiquant un niveau d’eau important sont des opportunités nouvelles de toucher des poissons de belles tailles. Le ralentissement du courant nous permet d’attaquer des secteurs impossibles auparavant avec une soie.

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La taille moyenne des prises augmente avec la baisse du niveau d’eau
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La pêche se fait maintenant essentiellement en surface, ce qui n’est pas pour nous déplaire. C’est à chaque fois une petite montée d’adrénaline de voir nos streamers bruyants disparaitre dans une explosion d’eau. La taille des prises augmente significativement.

De retour au camp, nous apprenons que c’est l’embellie pour tous les pêcheurs. Les poissons n’étant plus dans les forêts immergées, nos compagnons de séjour arrivent à faire bouger des gros poissons avec les leurres à hélices traditionnellement utilisés pour la pêche du Peacock en Amazonie.

Les captures de poissons de plus de 80cm ne sont plus rares.

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Passé 70cm, les Peacocks sont de sacrés combattants
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Nous allons avoir des conditions de pêche assez stables pour les 3 derniers jours. L’eau reste à un niveau élevé mais continue de baisser doucement. A la mouche, nous attrapons régulièrement des poissons de plus de 60cm et exceptionnellement des sujets de plus de 70cm. Mais le 80+ que nous sommes venu essayer de capturer n’est toujours pas dans notre épuisette. Nous avons cependant encore 2 opportunités qui se terminent par un décrochage et une autre casse nette quasi immédiate.

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Difficile avec une mouche de lutter en matière d’intensité de signal
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Les pêcheurs aux leurres perdent aussi pas mal de très gros poissons. La violence des combats met le matériel à rude épreuve et les casses et hameçons ouverts sont nombreux.

Par contre, avec les nouvelles conditions, leurs gros leurres qui envoient des signaux forts leur permettent de solliciter plus de gros sujets.

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Avec la baisse du niveau d’eau, les pêcheurs aux leurres retrouvent le sourire
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Quasiment tous nos compagnons avec des leurres finiront par prendre des poissons de plus de 80cm. Avec Jef, nous nous posons de nombreuses questions et nous demandons si cela est possible avec une canne à mouche.

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La barre des 90 est proche
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Pour le nombre de prises, il est évident que la pêche à la mouche est à son avantage. Je l’ai souvent constaté lors de mes précédents séjours. Pour capturer un géant, il nous faut peut-être adapter le matériel et changer de stratégie ?

Faut-il utiliser des streamers avec un signal plus fort ? Ne pêcher qu’avec des cannes de puissance #10 ou plus ? Utiliser une pointe d’une résistance d’au moins 70lb ?

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3 cannes montées sur le bateau. Soie 10 flottante, soie 8 inter et soie 8 S4
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L’excellente sélection de streamers d’Olivier
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Nous quittons le camp avec de nombreuses questions sans réponse qui vont probablement nous donner envie de revenir faire quelques tests. Nos collègues pêcheurs aux leurres, un temps frustrés par les conditions et les résultats, sont maintenant assez euphoriques et tous prêts à renouveler l’expérience d’un séjour dans ce camp si loin de tout.

Nous avons tous pu nous rendre compte du potentiel exceptionnel de cette région pour les poissons trophées.

Arrivés après la longue navigation retour à la piste en terre où nous devons prendre notre vol retour vers Bogota, nous croisons le groupe de pêcheurs qui va nous succéder. Nous pensons tous qu’ils ont bien de la chance d’arriver au moment où les niveaux d’eau approchent la normale et qu’ils vont probablement vivre une semaine exceptionnelle….

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Un Séjour au cœur de la communauté Nińal

C’est grâce aux accords passés avec la communauté Nińal que la pêche est aujourd’hui possible. Elle a été interdite pendant une dizaine d’année. Aucune autorisation de tourisme n’était accordée dans la région car la zone était considérée très dangereuse.

La pêche est maintenant possible de septembre à mars dans un camp unique dans la région pouvant accueillir au maximum 10 personnes. L’organisation sociale des communautés amazoniennes varie selon les groupes ethniques mais plusieurs principes communs peuvent être observés :

  • Structure communautaire : les communautés sont souvent organisées en clans ou en familles élargies, avec une forte cohésion sociale et un système de gouvernance basé sur le consensus.
  • Leadership traditionnel : les chefs ou leaders, souvent appelés caciques, jouent un rôle central dans la prise de décisions, la médiation des conflits et la préservation des traditions culturelles.
  • Économie de subsistance : beaucoup de ces communautés dépendent de l’agriculture, de la pêche, de la chasse et de la cueillette pour leur subsistance, pratiquant des méthodes respectueuse de l’environnement.
  • Savoir ancestraux : la transmission orale des connaissances, des mythes, des légendes et des pratiques médicinales est essentielle pour la préservation de l’identité culturelle.

La pêche en Amazonie, lorsqu’elle est pratiquée de manière responsable et en collaboration avec les communautés indigènes locales, peut avoir plusieurs impacts positifs, notamment en matière de :

Développement économique local

la pêche de loisir offre aux communautés une source de revenue stable et durable qui peut éviter la tentation de l’exploitation minière illégale ou de la déforestation. Les camp de pêche fournissent aux membres de la communauté des emplois de guides de pêche, conducteurs de bateau, cuisiniers ou artisans. Cela créé des opportunités locales inexistantes par ailleurs. En mettant en place des initiatives communautaires, les bénéfices du tourisme restent dans la région et profitent directement aux familles locales.

Préservation de la culture indigène

 Les peuples indigènes possèdent des connaissances approfondies des rivières, des espèces de poissons et de certaines techniques de pêche. Cela renforce leur rôle dans les projets d’écotourisme. En travaillant comme guide, les anciens transmettent leur savoir aux plus jeunes, assurant ainsi la pérennité des traditions locales. Lorsque la pêche de loisir est encadrée par les communautés elles-mêmes, elle respecte mieux leur culture et leurs besoins.

Conservation de la biodiversité

 Si la pêche commerciale peut être destructrice, la pêche de loisir est souvent pratiquée en mode « catch and release », ce qui limite l’impact sur les populations de poissons. D'ailleurs, les communautés indigènes peuvent fixer leurs propres règles (zones protégées, quotas de prélèvements, interdiction saisonnières…) contribuant ainsi à la préservation des écosystèmes.

En obtenant des revenus par le tourisme, les communautés ont moins d’incitations à vendre leurs terres à des industries destructrices comme l’exploitation minière ou forestière, ce qui tend à protéger les habitats naturels.

Chaque pêcheur pour venir sur le Rio Pasimoni doit acquitter, en plus du prix du séjour, une taxe communautaire. Cette taxe, en complément des emplois fournis par le camp, vient soutenir l’économie de la communauté. Elle finance actuellement le remplacement des groupes électrogènes par des panneaux solaires. Elle aide les jeunes à accéder aux études. Une partie est reversée aux femmes et aux anciens qui ne peuvent bénéficier des emplois du camp. Enfin, la partie appelée « taxe de pêche » aide les 35 maisons situées au bord de l’eau à arrêter la pêche commerciale pour protéger la biodiversité aquatique.

On peut considérer que lorsqu’elle est bien encadrée, la pêche récréative en Amazonie représente une opportunité précieuse pour les communautés locales. Elle participe à la conservation de la biodiversité, à la valorisation culturelle et au développement économique des peuples indigènes. On s'aperçoit ainsi qu'il est possible d’obtenir un modèle qui préserve l’Amazonie tout en offrant des expériences authentiques aux passionnés de pêche.

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Contacts

Pour l’organisation du séjour :

ONI Fishing Expedition :  https://expedition.onifishing.ch

Pour les streamers :

Oliver Flies : 07 78 25 24 99

Insta: oliver_flies_

Test : chest pack Guideline Experience

Guideline Experience

En 2025, Guideline complète sa gamme de textile Expérience avec un chest pack minimaliste idéal pour vadrouiller léger à la belle saison. Voici ses caractéristiques détaillées :

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COMPOSANTS

  • tissu nylon recyclé avec enduction PU résistante à l'eau (certifiés bluesign® et OEKO-TEX®)
  • toutes fermetures de qualité YKK

RANGEMENT

(poches zippées sauf mention contraire)

  • 1 grande poche principale pour grande boîte C&F avec poche filet interne non zippée (vous aurez même encore de la place en largeur grâce à ses 19cm),
  • 1 poche d'environ 10x15cm avec sur-poche filet pour accessoires,
  • 2 porte-flacons latéraux filet non zippés.

ACCESSOIRES

  • porte-mouche magnétique sur la partie supérieure,
  • bandes porte-outils sur les côtés,
  • porte-pince horizontal,
  • mousqueton dans la poche principale pour sécuriser le port,
  • retractor latéral inséré dans un tube velcro,
  • 1 anneau en D pour épuisette sur la sangle de cou,

CONFORT

  • sangle de poitrine élastique pour éviter le ballottement.

POIDS

215gr sangles comprises

Prix 

84.99 euros

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L'avis de la rédaction

Avec ce nouveau chest pack, Guideline vient compléter l'offre de modèles épurés de manière audacieuse ; en effet, la marque a choisi d'offrir au pêcheur une adaptabilité maximale en matière de port : il est possible de fixer ce chest-pack Experience à la ceinture, au cou grâce à la sangle spécifique ainsi qu'à la poitrine (grâce aux attaches compatibles avec celles des vestes ou sacs à dos de la gamme Experience ou au niveau des bretelles de vos waders habituels).

La capacité de transport est bien pensée pour les sorties rapides typiques de la saison estivale ; les plus minimalistes d'entre nous pourront même adopter ce chest-pack pour leur pratique habituelle en toute saison : boîtes à mouches, bas de lignes et pointes, pince, coupe-fil et produits de graissage... tout contiendra dans ce chest pack Experience.

Guideline nous propose un produit bien conçu et sans fioriture : ses côtés mesurant une vingtaine de centimètres lui assureront une place dans votre attirail, quel que soit le contexte!

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LIENS UTILES

Les chest pack Guideline en ligne ou sur commande chez nos partenaires :

as de pêche

 

 

fusion fly fishing

 

1000mouches

 

Les autres tests Guideline :

Guideline

3 idées de rando-pêche facile d'accès dans les Pyrénées

pêche pyrénées

Fouler les berges des lacs de montagne n’est pas uniquement réservé à une élite capable d’avaler des dénivelés monstrueux. Le massif pyrénéen scintille de milliers de lacs et étangs dont certains offrent un accès facile et ouvert à tous. Ainsi, si vous n’avez pas l’endurance d’un grand montagnard, ni les capacités de grimpe d’un alpiniste mais qu’en revanche la pêche à la mouche vous passionne, alors laissez-moi vous guider vers ces écrins lacustres.

Les trois lacs que je vous propose de visiter peuvent sembler dénués d'intérêt en raison de leur accessibilité et de leur fréquentation élevée. Cependant, lorsqu'ils sont visités aux créneaux opportuns, ils peuvent se révéler être d'excellents spots pour la pêche à la mouche. Lovés à flan de montagne à moyenne altitude d’un bout à l’autre de la chaine pyrénéenne, ils sont accessibles sans équipement particulier de l’ouverture à la fermeture début octobre.

Tous trois présentent des profils différents et chacun y trouvera des conditions de pêche à son goût. Dans les lignes suivantes je vais tenter de vous orienter sur chacun d’eux afin que vous puissiez les exploiter de la façon la plus pertinente possible :

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LE LAC D’OO (31)

Ce lac près de Bagnères de Luchon et cher aux cruciverbistes se situe à 1507 m ;il occupe un cratère de 42 hectares pour une profondeur maximale de 67m. Il est peuplé de truites fario, arc-en-ciel et ses abysses renferment aussi une belle population d’omble chevalier. C’est le premier lac d’une longue série qui nous conduit dans cette magnifique vallée éponyme. Le lac d'Oô est à l'origine un plan d'eau naturel qui a été surélevé par un barrage pour la production électrique. En conséquence, il subit de grandes variations de niveau en fonction de la saison et des besoins énergétiques, ce qui modifie son profil. Généralement très bas à l’ouverture, le niveau remonte progressivement au fil de la saison. D’accès facile en 1h par un sentier aisé, il demeure avec celui de Gaube l'un des lacs de montagne pyrénéen les plus fréquentés de la chaîne.

Toutefois, contrairement au lac de Gaube dont je vous ai parlé dans l’article sur les lacs de montagne de Cauterets la fréquentation est moins gênante car l’affluence se concentre ici sur une courte section de berge en contrebas du refuge. Le reste du périmètre est cerné d’éboulis instables et de sable pas vraiment agréables pour déambuler. En conséquence, peu de touristes s’y aventurent. Que le lac soit très bas comme en début de saison ou plutôt haut fin septembre, la prospection tout autour de son périmètre n'est jamais facile.

Le lac d’Oô est un cratère profond où les poissons actifs en surface aiment se concentrer en particulier sur deux secteurs favorables :

Le fond du lac à l’arrivé d’eau au pied de la célèbre cascade présente une grande plage peu profonde où les salmonidés rodent fréquemment en particulier lorsque le vent vient percuter les berges. C’est un beau haut fond s’étendant sur environ 200m de berge qui lorsque le niveau baisse, permet de développer de beaux lancers. Le pieds des falaises rive droite, en particulier à l’arrivée des petit rus qui descendent sont aussi excellents, soyez toutefois attentifs aux chutes de pierres. Le sentier du lac d’Espingo passe au dessus!

Tout le reste de périmètre de berges peut être productifs en sèche lorsque le vents vient y taper, la prospection des bordures d’éboulis, la mouche collée à la berge réserve de bonnes surprises. Fario et arcs opportunistes aiment chercher pitance au plus près de la bordure où des insectes maladroits peuvent s’échouer.

Nous pourrons le prospecter à la mouche d’un bout de la saison à l’autre en évitant les 3 premières semaines après l’ouverture où de nombreux pêcheurs de toutes sortes arpentent ses berges. Les salmonidés y sont alors trop sollicités et dérangés pour s’aventurer près des berges.

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Le lac d'Oô et sa célèbre cascade
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Lac de Bordères Bareilles (65)

Ce lac naturel posé à 1760m d’altitude de 6,5 hectares est situé en vallée d'Aure. D'une une profondeur de 18m, il est bordé sur tout son périmètre de pelouses alpines, à l'exception de la barre rocheuse qui empêche d'en faire le tour. Dans ses eaux cohabitent plusieurs espèces de salmonidés (fario, ombles chevaliers) ainsi que des vairons et goujons.

Ses berges assez dégagées en particulier au niveau du déversoir permettent de profiter d’un bon dégagement arrière lors des lancers. Les truites connaissent ici une belle croissance et il n’y pas rare d’y apercevoir de gros poissons en vadrouille. C’est sur les secteurs de haut fonds que les truites gobent, mais je vous conseille de ne pas négliger les bordures comme dans tout lac de montagne. Le fond du lac est constitué d’un fouillis de végétation poussant contre de petites barres rocheuses. Si le tour du lac est impossible ici, rien ne vous empêche d’essayer de poser vos mouches au plus près des falaises. De beaux poissons aiment y circuler discrètement et se sentent en sécurité avec la grande profondeur dont ils disposent sous leurs nageoires. Lors de la fraie des vairons en juin, les grosses truites aiment venir les chasser dans très peu d’eau. Une soie légèrement plongeante avec un streamer peut favoriser le contact avec un de ces gros poissons.

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Bordères
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© Quentin Lemaréchal
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Lac de Suyen (65)

Situé à 1536m en val d'Azun, ce petit lac naturel surélevé par un petit barrage et occupe une superficie de 2 hectares pour une profondeur d’environ 3m. Alimenté par un beau torrent où les salmonidés trouve des conditions idéales de reproduction, il est peuplé de truites de taille moyenne. La pêche à vue, en sèche et en nymphe, est la technique de prédilection pour aborder ce lac. Ici le fond est sédimentaire et parsemé de quelques herbiers où les fario trouvent un abris de qualité. Comme dans tout autres lacs de montagne, la brise et le vent favoriseront le placement des salmonidés.

L'arrivée d'eau où le torrent pénètre dans le lac est excellente à la mouche. Cette zone peu profonde et courante fixe les truites qui y trouvent une nourriture abondante. En fonction du débit qui peut varier considérablement, nous pourrons pêcher en sèche, sèche/nymphe et même en noyée. Tout autour du lac les rochers qui parsèment les pelouses alpines favorisent la présence de sialis qui aiment se réchauffer sur ceux-ci. N’oubliez pas d’emporter dans vos boîtes des imitations de cet insecte maladroit, elles peuvent être fort utiles.

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pêche pyrénées
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La grande accessibilité qui caractérise ces 3 plans d'eau favorise des périodes de grandes fréquentations touristiques peu en adéquation avec notre pratique. Tenir compte de cette constante sera impératif en évitant ces périodes (de la mi-juillet à la mi-août) où en s’adaptant à ces contraintes en fréquentant ces berges tôt le matin ou tard le soir. N'oubliez pas que les jours de temps exécrable qui découragent le touriste en vadrouille s’avèrent souvent excellents pour la pêche.

Bien que l'on puisse s'y rendre chaussé d'une simple paire de baskets, privilégiez tout de même de bonne chaussures de randonnée afin de progresser en toute sécurité vers les secteurs de berges moins faciles. N’oubliez pas que nous évoluons sur des terrains de montagne avec des zones d’éboulis et des pentes parfois prononcées et glissantes.

Oubliez les préjugés et explorez ses magnifiques lacs qui réservent de belles surprises!

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Lionel Ainard

Test : Vision Nymphmaniac Twintip 9'9 #3, 10'3 #3 et 10'3 #4

Vision Nymphmaniac

Après un premier test consacré aux 10'9, partons à la découverte des autres Vision Nymphmaniac Twintip arrivées sur le marché en début d'année. Au programme du jour, la gamme de longueur inférieure avec une 9'9 et deux 10'3 : 

Matériel

Vision Nymphmaniac TwinTip 9'9 #3

Marque
Vision
Série
Nymphmaniac TwinTip
Pays de fabrication
Corée
Longueur
9'9
Longueur réelle
298cm
Soie
#3
Brins
4
Poids réel
86.00g
Blank
Gris
Aspect
Spiralé
Anneaux
12
Type
Monopatte
Premier anneau
49cm
Ligatures
Grises
Poignée
22x180mm
Forme
Half Wells
Porte moulinet
Aluminium noir
Serrage
Downlocking
Insert
Carbone
Talon de combat
Mousse EVA
Accroche mouche
Non
Points d'alignement
Non
Packaging
Tube cordura compartimenté
PME
115.00g
PTE
201.00g
IP
29
ERN
3.27
AA
66°
Prix à la date de sortie
499.00€
Matériel

Vision Nymphmaniac TwinTip 10'3 #3

Marque
Vision
Série
Nymphmaniac TwinTip
Pays de fabrication
Corée
Longueur
10'3
Longueur réelle
313cm
Soie
#3
Brins
4
Poids réel
85.00g
Blank
Gris
Aspect
Spiralé
Anneaux
15
Type
Monopatte
Premier anneau
26cm
Ligatures
Grises
Poignée
22x180mm
Forme
Half Wells
Porte moulinet
Aluminium noir
Serrage
Downlocking
Insert
Carbone
Talon de combat
Mousse EVA
Accroche mouche
Oui
Points d'alignement
Non
Packaging
Tube cordura compartimenté
PME
115.00g
PTE
200.00g
IP
26
ERN
2.82
AA
66°
Prix à la date de sortie
499.00€
Matériel

Vision Nymphmaniac Twintip 10'3 #4

Marque
Vision
Série
Nymphmaniac TwinTip
Pays de fabrication
Corée
Longueur
10'3
Longueur réelle
313cm
Soie
#4
Brins
4
Poids réel
86.00g
Blank
Gris
Aspect
Spiralé
Anneaux
15
Type
Monopatte
Premier anneau
26cm
Ligatures
Grises
Poignée
22x180mm
Forme
Half Wells
Porte moulinet
Aluminium noir
Serrage
Downlocking
Insert
Carbone
Talon de combat
Mousse EVA
Accroche mouche
Oui
Points d'alignement
Non
Packaging
Tube cordura compartimenté
PME
125.00g
PTE
211.00g
IP
30
ERN
3.42
AA
66°
Prix à la date de sortie
499.00€
Texte

DISCUSSION DES MESURES

Le protocole Common Cents System a permis de caractériser la puissance et l'action de ces 3 cannes :

PUISSANCE

En ce qui concerne la puissance, 29, 26 et 30 cents ont été nécessaires pour plier ces 3 cannes sur un tiers de leurs longueurs respectives. Après conversion, cela donne un ERN à 3.27 pour la 9'9 #3, 2.82 pour la 10'3 #3 et 3.42 pour la 10'3 #4. Seule la 9'9 est donc conforme à la puissance annoncée (#3). Les deux 10'3 sont sur-estimées : la 10'3 #3 est en réalité une #2/3 et la 10'3 #4 une #3.

ACTION

Avec un AA identique de 66°, ces 3 cannes ont une action moderate fast (AA compris entre 63 et 66°). 

MONTAGE

A l'instar des 10'9 présentées dans un précédent article, les 3 cannes du jour sont livrées avec 2 scions de puissances différentes (le plus faible est dénommé "sensi" et se distingue par une ligature verte, l'autre "power"). Les mesures successives effectuées avec les 2 éléments n'ont pas montré de modification de la puissance de la canne (cette dernière dépend aussi et surtout des 3 brins inférieurs...). Le changement de scion ne métamorphose donc pas les caractéristiques dynamiques de la canne, il s'agit juste d'un ajustement subtil de son comportement au lancer.

Au niveau du montage, nous retrouvons toutes les caractéristiques des cannes nymphe au fil modernes : porte-moulinet down-locking, talon de combat...ect. Ce qui distingue la 9'9 des 10'3 est la distance du premier anneau à la poignée : sur les plus longues (10'3), on retrouve un montage typé nymphe au fil avec une longueur de 26cm, parfaitement adaptée à cette approche pour éviter la formation d'un ventre dans la soie lorsqu'on pêche canne haute. A l'opposé, le premier anneau de la 9'9 est situé à 49cm de la poignée. On préfèrera utiliser du nylon plutôt qu'une soie pour pêcher en nymphe au fil (cette dernière aura tendance à descendre dans les anneaux durant la dérive) avec ce modèle.

Plusieurs particularités sont à signaler au sujet du montage de ces Nymphmaniac :

  • au niveau des anneaux tout d'abord, on note comme d'habitude dans cette série un nombre relativement important (15 anneaux pour ces 10'3) et un avant-dernier de type serpentiforme pour limiter les emmêlages au niveau du scion,
  • la poignée de son côté, présente des dimensions originales : elle est fine (22mm) et plutôt longue (180mm), ce qui empêchera les utilisateurs de moulinet semi-auto de maintenir l'annulaire sur la gâchette en action de pêche. Pour y parvenir, il faudra prendre l'habitude de positionner sa main sur la partie basse de la poignée ou de la replacer pour atteindre la gâchette. A noter qu'il est possible de choisir le matériau qui la constitue à l'achat (mousse EVA ou liège).

Côté finitions, on note la présence d'un accroche-mouche mais pas de point d'alignement des brins. Ces Nymphmaniac sont dotées de marques de mesure des poissons à 20, 30, 40 et 50cm.

CONFORT

Grace à leur poignée longue couplée au porte-moulinet down-locking, l'équilibre de ces cannes est excellent. A titre d'exemple, le PTE de la Nymphmaniac 10'3 #3 est 25 grammes inférieur à celui de la Guideline Elevation Nymph 10'2Celui de la 10'3 #4 est proche de celui de la Thomas & Thomas Zone 10'2 #3.

Ces Nymphmaniac seront équilibrées de manière optimale avec un moulinet vide d'une centaine de grammes tout au plus!

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Vision Nymphmaniac
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L'avis de la rédaction

Si la tendance du moment consiste à plébisciter les cannes de plus de 10'6 pour la pratique de la nymphe au fil, de nombreux pratiquants recherchent encore des cannes "à tout faire" de façon à alterner sèche et nymphe de manière efficace. C'est précisément la vocation des références dont la longueur est comprise entre 9'6 et 10'6, à l'instar de celles faisant l'objet du présent test :

  • la nouvelle Nymphmaniac Twintip 9'9, avec sa puissance réelle #3, a pour vocation première la pêche fine en sèche (comme en témoigne un anneau de départ assez éloigné de la poignée), avec une soie de 3. Ainsi, si votre pratique est de type 80% sèche/20% nymphe au fil en petits et moyens cours d'eau, elle constitue un choix judicieux. Celui qui souhaite utiliser un bas de ligne spécifique "nymphe au fil" aura intérêt à garnir son moulinet de nylon uniquement (une soie même ultra-fine aurait tendance à redescendre dans les anneaux compte tenu de leur répartition), en transportant par exemple une seconde bobine. Sa puissance 3 lui confère une capacité à lancer un grand panel de poids de nymphes et l'action moderate fast limite casses et décroches.
  • de leur côté, les deux 10'3 partagent un montage plus typé "nymphe au fil", avec un anneau de départ proche de la poignée : si l'on s'en réfère à la puissance réelle de chacune d'elles, la #3 (qui est en réalité une #2/3) est l'archétype de la canne "approches fines nymphe au fil en petites rivières". Grâce à son action moderate fast qui assure une courbe très progressive, il sera possible de descendre en diamètre de pointe (moins de 10/100). Enfin, la #4 (qui est en réalité une #3) est la plus polyvalente. On peut la conseiller pour une pratique de type 60% nymphe au fil/40% sèche (avec une soie de 3) en petits et moyens cours d'eau.

On se quitte avec quelques images de la 9'9 en action :

Vidéo
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LIENS UTILES :

Le protocole de test des cannes à mouche

Comment choisir sa canne à nymphe au fil

Les cannes Vision accessibles en ligne ou sur commande chez nos partenaires :

as de pêche

 

fusion fly fishing1000mouches

 

Les autres tests Vision :

Vision flyfishing

Grosses truites : maîtrisez le combat !

combat grosse truite

Quand on pêche la truite à la mouche, la capture d'un gros spécimen n’est que rarement le fruit du hasard mais plutôt le résultat d’une recherche spécifique. Du choix du parcours jusqu'à la mise à l'épuisette, la méthodologie doit être présente. Etablir ce fameux contact lors du ferrage s’apparente déjà à un sentiment de réussite, mais ce n'est qu’une étape transitoire. Faire glisser un beau poisson lentement dans le creux de son épuisette pour enfin le photographier et lui rendre sa liberté est le palier ultime, le graal absolu!

Entre les 2 se déroule le combat : enrayer avec brio les rush et garder la maîtrise de votre adversaire font partie des dextérités que doit assimiler le moucheur. Il est peu commun de se retrouver face à des poissons trophée, mais lorsqu'une telle situation se présente, le manque d'expérience inhérent aux situations rares génère une forte émotion, propice aux erreurs. Voici quelques pistes pour les éviter :

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Le bon matériel : un prérequis indispensable 

Chaque élément de l'équipement, de la canne au bas de ligne, influence l’issue du combat. Détaillons les plus importants:

Les cannes à l’action trop rapide peuvent causer des casses et des décrochages, en particulier lorsque le moucheur est trop brusque. Les cannes d’action moderate fast décrochent moins de poissons et absorbent mieux les coups de tête. 

Lorsque l’on pêche à la mouche des poissons de taille modeste, le moulinet sert essentiellement de réserve de fil. En revanche pour les gros individus, il est très important. Un frein de qualité ajustable avec précision et doté d’une mollette accessible permet des adaptations rapides tout au long de la bagarre. C'est le cas de l'immense majorité des références modernes. Le réglage doit être équilibré, ni trop dur, ni trop mou et adapté à la résistance de la pointe et aux contraintes qu’imposent la truite et l’environnement.

Le choix du matériau de pointe est sans doute l'élément matériel le plus important à considérer : bien sûr, le rapport diamètre/résistance du nylon ou fluorocarbone choisi doit être optimal. Nous devrons choisir son diamètre en fonction de l'environnement du poste (présence de caches, proximité d'un courant rapide...etc), de la taille des poissons présents et de leur degré de méfiance.

Si une pointe fine (par exemple un 14/100 ou moins pour une truite d'une cinquantaine de centimètres) facilite la prise l’artificielle par le poisson, elle doit également résister aux coups de têtes du salmonidé une fois ferré...

Dans certains cas de figure (exemple d'une grosse truite qui gobe le long de branches immergées), il ne faut pas hésiter à pêcher gros voire très gros, surtout si la mouche nouée est volumineuse (présenter une March Brown sur une pointe en 18/100 est fréquent en début de saison). J'insiste également sur un aspect éthique: un combat qui s’éternise trop fait courir des risques qui peuvent être fatals au poisson d’où l’intérêt de ne pas le prolonger. 

Une connaissance approfondie des caractéristiques du nylon ou fluoro utilisé pour la pointe du bas de ligne est essentielle pour en optimiser l’utilisation. Inspecter régulièrement sa pointe pour déceler d'éventuelles faiblesses est aussi un réflexe à adopter.

Le choix de l’épuisette a également son importance : elle doit être suffisamment grande et profonde pour y glisser facilement le poisson. Une large épuisette portée dans le dos peut être énervante lorsqu’elle s’accroche à la végétation, mais s’avère très utile lorsqu’une grosse truite s’agite au bout de votre ligne.

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combat grosse truite
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Canne, moulinet, pointe et épuisette : les éléments clés du matériel pour limiter le risque de casse
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Anticiper en observant l'environnement du poste

Pour mener à bien un combat, le maître mot est l'anticipation. Nous l'avons abordé dans le cadre du matériel et de son réglage, maintenant place à notre attitude sur la berge.

Maîtriser un gros salmonidé demande au pêcheur de s’adapter pour rester en contrôle malgré les contraintes environnementales. La configuration de la zone de combat influence fortement sa gestion, demandant une adaptation permanente (elle conditionne d'ailleurs le choix du diamètre de pointe comme évoqué précédemment). Mais avant de s'adapter, il faut observer. Distinguons 2 cas différents :

  • si l'on pêche à à vue (cas d'un poisson ou d'un gobage visible), il est recommandé d'effectuer cette phase d'observation avant même d'attaquer votre cible. Ainsi, on a déjà "un plan" au moment du ferrage.
  • au contraire, dans les pêches "en aveugle" (pêche en nymphe au fil, noyée ou au streamer...), l'enchaînement mécanique des coups de ligne et la lecture d'eau accaparent votre attention, ce qui vous oblige à évaluer la situation après le ferrage (au moment même où vous sentez les premiers coups de tête de la grosse bête au bout de votre ligne).

L'observation doit être rapide (particulièrement dans le second cas), en un clin d'oeil vous devez évaluer :

  • la force des veines de courant proches,
  • les caches potentielles où le poisson peut se rendre,
  • la possibilité de descendre en aval ou pas (en regardant les paramètres profondeur/force de courant/présence de cache situés au dessous de vous).

A l'issu de cette observation, vous devez établir une feuille de route vers la mise à l'épuisette.

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combat grosse truite
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A proximité des caches, pêcher trop fin se paie cash !
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Le moment clé post-ferrage

J'insiste lourdement : c’est dans les premières secondes après le ferrage que se joue en grande partie l’issue du combat. En effet, c’est le moment où le moucheur doit prendre le contrôle de la truite.

Immédiatement après avoir piqué le poisson, il est impératif de récupérer l’excédent de soie qui sort du moulinet afin que celui-ci ne s’accroche pas dans la végétation rivulaire ou dans vos pieds. Personnellement, je trouve que la gestion du combat "au moulinet" est plus facile, votre main gauche (pour les droitiers) peut ainsi freiner la bobine afin de limiter les risques d’emballement. Même avec un frein bien réglé, il est nécessaire de gérer la tension de la ligne et de connaître le point de rupture du bas de ligne. Cela exige une bonne expérience et ne de pas changer son matériel trop souvent.

La liberté que l’on accorde au poisson dès les premiers instants doit être maitrisée, un excès pouvant être fatal! Si la truite n'est pas trop énervée dans les premières secondes, vous devez impérativement prendre les commandes et la guider très vite vers une zone où le courant est moins fort afin de faciliter sa mise à l’épuisette. Attention, ne la brutalisez pas : il est préférable d'agir en douceur (mais fermement!) afin d’éviter tout sursaut.

Au contraire, si sa furie se fait sentir d'emblée, il faut rester lucide et positionner la canne à 45° pour qu'elle travaille correctement.

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combat grosse truite
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Douceur et fermeté, voici les maîtres mots d'un combat réussi!
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De la patience !

Une fois les premières secondes passées, le bras de fer s'établit : à partir de là, vous devez garder à l'esprit que la patience fait partie de vos meilleures armes, à vous de vous en servir avec pertinence. Si le poisson est très gros et/ou puissant par rapport à la résistance de votre pointe, il faut attendre des signes de fatigue de sa part. Le but est alors de maintenir une tension élevée constante sur la ligne afin de déséquilibrer la truite et de l'empêcher de fuir où elle veut (surtout si des caches ne sont pas loin).

Durant ce mano à mano, il faut chercher à se positionner en aval du poisson, dans l'optique d'utiliser la force du courant pour le glisser dans l'épuisette, canne à 45° (au contraire, tracter la truite de l'aval vers l'amont peut conduire à la casse ou la décroche). Essayez dans la mesure du possible de vous déplacer calmement, trop d'agitation et vous ferez peur au poisson, ce qui expose à des démarrages fatals.

Parfois, l'encombrement des berges et/ou la profondeur de la rivière nous empêchent de descendre. Dans le cas où il est impossible de suivre un poisson vers l’aval, il est essentiel de le déséquilibrer afin d’éviter de le perdre. La position de la canne du pêcheur change :

Si le salmonidé se situe en aval de votre position, baissez la canne et rapprochez le scion de la surface. En inclinant la canne vers l’eau et en la maintenant parallèle à la surface, on peut faire remonter la veine de courant au poisson. Cette technique s'avère très efficace lors des combats avec des gros barbeaux. Ces cyprinidés robustes ont tendance à résister lorsque l’on cherche à les décoller du fond. Une inclinaison de la canne en parallèle à la surface optimise le contrôle du poisson et permet de le conduire où l’on veut.  Dans une moindre mesure, cela marche avec les gros salmonidés : j’ai ainsi fait remonter 15m de berge à une truite de 68cm de cette façon!

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combat grosse truite
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Dans la mesure du possible, la mise à l'épuisette se fait face au courant
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L’issue : une affaire de timing !

Le combat prend fin lorsque vous percevrez un relâchement chez votre adversaire (il peut intervenir très tôt y compris chez les gros spécimens qui ne se battent pas tous comme des titans!). Pour ce faire, pas de recette miracle : l'expérience est votre seule arme (rassurez-vous même après plusieurs décennies de pratique, l'erreur reste toujours possible!). Vous devez être capable de saisir le bon timing pour conduire le poisson dans l'épuisette : trop tôt (erreur fréquente du débutant qui veut souvent abréger l'affaire!), le poisson a encore trop de gaz et vous cassera dans un ultime démarrage... trop tard, le risque de fragilisation des noeuds ou de tomber sur une cache que vous n'aviez pas vu (ce qui arrive fréquemment lorsqu'on se déplace tout en étant focalisé sur la prise) conduit au même résultat...

Dans la mesure du possible, c'est le poisson qui rentre dans l'épuisette et non l'épuisette qui court après la truite. Cette règle générale est un bon moyen de saisir le bon timing : les mises à l'épuisette "à la volée" sont rarement couronnées de succès et signe un empressement du pêcheur (bien sûr cette règle souffre d'exception le plus souvent à cause des contraintes environnementales). Le bon moment, c'est lorsque la truite faiblit et que la pression que vous exerciez devient suffisante pour la mettre dans les mailles du filet.

Si nous avons particulièrement insisté tout au long de cet article sur le risque de casse, je vous invite à relire l'article consacré au risque de décroche publié il y a quelques années dans ces colonnes. Vous pourrez notamment y trouver un paragraphe détaillé sur la gestuelle à adopter pour bien mettre une truite à l'épuisette.

Dans tout type de pêche, les erreurs d’inattention peuvent abréger un combat avec un gros poisson. Chaque détail compte et rien ne doit pas être négligé. Malheureusement dans l’excitation nous commettons tous des erreurs. Les doigts tremblent, le cœur bat la chamade, les lunettes sont embuées, la tension est palpable. Il est important dans ces moments de rester calme et d'aborder la situation avec patience.

Un combat avec un gros poisson se passe rarement comme prévu. Ainsi, savoir réagir correctement à une situation changeante est primordial. Au travers de ces quelques lignes, j’espère que vous vous sentirez mieux armé afin de venir à bout de la prochaine grosse truite qui saisira votre mouche!

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combat grosse truite
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