En cette fin de saison 2018, je quitte les vallées du Pays Basque pour une escapade halieutique au nord-ouest de l’Irlande dans le cadre d’un nouveau projet pour MadeinRiver. AAAAhhh l’Irlande ! Une vieille destination pour les passionnés souvent choisie pour un premier voyage de pêche. Facile d’accès grâce au développement des vols lowcost, elle offre surtout une pêche de qualité à prix abordable à plus ou moins 2h de vol de l’hexagone. La renommée de l’île verte n’est plus à faire et perdure grâce à des atouts indéniables qui font d’un séjour pêche un voyage réussi. D’abord, il y a le cadre environnemental préservé de l’île. Des montagnes, des vallées, des falaises, et des lacs par centaines dessinent des paysages époustouflants qui attirent chaque année des millions de visiteurs venus des 4 coins du monde. Pêcher dans un tel cadre est juste incroyable.
Ensuite, il y a l’accueil et la sympathie des Irlandais. Si l’ambiance des pubs, qui n’est pas pour me déplaire, est souvent décrite, ce n’est pas pour rien. Incontournable pour le touriste lambda, le pub tient une place prépondérante dans la vie sociale et culturelle Irlandaise. Lieux d’échange de prédilection, c’est ici que vous entendrez parler pêche (et notamment des bons plans) mais également de tous les aspects de la vie locale, car les Irlandais, très avenants, engagent volontiers la discussion avec les inconnus accoudés au comptoir. Mais revenons à nos poissons !
À peine arrivé au centre de pêche qui m’accueille pour 15 jours, le boss Geoffray, m’amène au Pub où il a rendez-vous avec plusieurs clients pour débriefer sur leur journée de pêche.
Autour d’une bonne Guinness bien méritée après 5h de voyage, je fais la connaissance du premier groupe de pêcheurs qu’accueille le centre cette semaine. Résultats de leur journée en rivière : un festival de farios et 3 casses sur des saumons qui ont eu raison de leur matériel ultra léger. Ça laisse rêveur ! La soirée se poursuit avec la rencontre des 2 autres guides du centre et le débriefing avec les autres groupes de pêcheurs qui mangent chaque soir au pub. Une belle entrée en matière pour moi : au moins, je suis direct dans le bain !
Au saumon, mon préféré !
Dès le lendemain, nous partons sur une rivière à saumon prometteuse que les guides prospectent régulièrement depuis quelques temps, afin de valider ou non son intérêt pour les pêcheurs du centre. Arrivé sur place, je découvre une rivière à taille humaine (maximum 10 m de large) avec des faciès variés et des pools bien marqués, entièrement classée en no-kill pêchable à la mouche ou aux leurres.
Nous passons à la Fishery (organisme gestionnaire de la rivière) pour les licences et les permis. On nous attribue un parcours d’1 km pour la journée qui a donné de bons résultats ces derniers temps. Les statistiques des derniers jours me mettent l’eau à la bouche. Quelques minutes plus tard, me voilà au bord du premier pool en compagnie de Geoffray. Il commence à peine à me briefer qu’un magnifique saumon saute là, juste devant nous. 1er pool et 1er saumon ! Même si tous les spécialistes du migrateur vous diront qu’ils préfèrent ne pas le voir, observer des poissons sauter me rassure car je sais au moins que je ne vais pas pêcher dans le vide. En tant que novice du migrateur, cela va me permettre de rester concentré et confiant toute la journée
Je me déplace sur la tête de courant tandis que Geoffray commence l’aval du pool à la cuillère. J’amorce mon premier lancé avec ma switch et un autre saumon saute à un mètre de moi dans 60 cm d’eau ! Incroyable ! De quoi me motiver à m’appliquer dans mes dérives tout au long de la matinée. Nous remontons le parcours et dans chaque pool, je vois des saumons sauter. Je suis émerveillé devant ce spectacle et par la densité de poissons aperçus sur seulement quelques centaines de mètres.
Après 1h de pêche, j’entends "poisssonnn". Ca y est, Geoffray en tient un. Voilà un joli poisson que les irlandais classent dans la catégorie "grilse" c’est-à-dire des saumons d’un an de mer (castillons) qui remontent en nombre à cette époque. Magnifique !
Il repart tranquillement et nous nous remettons à peigner les postes.
Cinq minutes plus tard, 2ème touche pour Geoffray mais le poisson se décroche. Rapidement, il prendra un nouveau grilse (plus petit) et une truite de mer avant de pester à cause de 2 très beaux poissons ratés coup sur coup ; ils étaient postés à quelques mètres l’un de l’autre (des "10 pounds" comme le disent les Irlandais, soit des poissons de 70 à 80 cm) !
Je suis vraiment admiratif devant le potentiel qu’offre cette rivière ! Je suis complétement absorbé par tous ces poissons qui sautent sur tous les postes que je prospecte. 3h de pêche et Geoffray comptabilise 5 touches alors que je n’enregistre aucune tirée sur ma soie. Le fait de ne pas avoir ne serait-ce qu’une tape de truite, me laisse penser que ma soie flottante et mon poly-leader ne sont pas adaptés à la situation du jour. Je m’applique mais ça passe mal et je le vois bien.
Après un sandwich en quatrième vitesse, je laisse la canne à mouche dans le coffre pour repartir à la cuillère car je compte bien essayer de piquer un poisson d’ici la fin de journée. Geoffray me conforte là-dessus. En revenant au bord de l’eau, le niveau semble avoir baissé et les sauts sont moins nombreux. Deux longues heures de pêche sans le moindre arrêt sur nos quimperloises. Nous prospectons le haut du parcours et nous arrivons sur le meilleur pool de la rivière d’après la Fishery. Je peigne l’aval du pool, là où le fond commence à remonter quand je sens enfin l’arrêt tant attendu ! Ça y est, je tiens enfin un de ces seigneurs des rivières. Pas un monstre mais je suis aux anges et c’est le premier poisson de mon séjour (60 cm environ 2.5kg).
Nous continuons vers l’aval et la journée touche à sa fin lorsque nous atteignons le dernier poste de la matinée. Quelques minutes plus tard, j’aborde un poste que j’avais attaqué à la mouche le matin. Au 3ème passage, un deuxième saumon intercepte ma cuillère et finit rapidement dans l’épuisette.
Waouuuhh 2 saumons en 10 minutes ! En suivant, Geoffray pique un autre poisson 25m en aval mais celui-ci se décroche. La journée se termine donc en apothéose sous une lumière incroyable.
Pour une première approche de cette pêche (à laquelle je n’ai jamais voulu toucher de peur d’attraper la saumonite aïgue), je suis sur un nuage avec ce doublé et la découverte de cette superbe rivière au potentiel bluffant ! Premier objectif atteint pour ce début de séjour avec cette rivière qui sera probablement sur la feuille de route des sessions de la saison 2019. J’ai eu l’occasion de parcourir d’autres rivières à saumon dont une incroyable qui m'a fortement rappelé la Dordogne de par son profil.
J’ai eu la chance d’y passer une journée en compagnie de Jean (un de mes collègues guides du centre) qui mettra au sec ce jour-là 2 saumons (6 et 10 livres) dans la matinée avant de décrocher dans ses pieds un 3ème poisson de 7/8 livres.
Truite, l’invasion !
Pendant ce temps, je m'étais focalisé sur la truite car cette rivière est aussi excellente pour cette espèce et régulièrement au programme des pêcheurs accueillis par le centre. Volontairement, j’ai pris le temps de mesurer les choses lors d’une petite éclosion qui a démarré vers midi. En une demi-heure, j’ai pris 13 truites en sèche entre 19 et 28 cm sans bouger les pieds ! Malgré ça, ce ne fut pas une journée très productive et d’après Jean, bien loin de ce que la rivière peut offrir en temps normal.
S’il est clair qu’on ne pêche pas les rivières Irlandaises pour la taille des truites, on y pêche par contre pour le nombre de prises. Les groupes de 2 ou 3 pêcheurs dépassant la centaine de truites par jour est loin d’être un mythe. La densité de poissons est juste incroyable, à tel point que vous vous demandez parfois comment la veine d’eau que vous pêchez peut abriter autant de poissons ! C’est l’invasion ! J’ai eu l’occasion de me filmer sur une autre rivière, sur un courant d’à peine 6m de long, où la profondeur n’excédait pas 40 cm. À chaque dérive, ma mouche était interceptée et j’ai pris une vingtaine de petites truites (15 à 23cm) avant de piquer 5 jolis poissons de 26 à 30 cm. Si cette situation ne s’était pas reproduite, j’aurais pu croire au concours de circonstances, mais là c’était un peu trop répétitif !
Tous les retours des clients lors de mon séjour expliquent à eux-mêmes pourquoi l’Irlande reste prisée pour la pêche de la truite en rivière. Les scores de 25 à 40 truites par jour toutes techniques confondues (mouche toc leurre) parlent d’eux même. J’ai pu moi-même m’en rendre compte sur les sessions en rivière avec des conditions de pêche totalement différentes et surtout constater que les belles truites (30 cm et plus) ne sont pas des exceptions.
Journée de repos – nouvelle expérience truite
Lors du jour « off », nous partons à 3 guides pour une courte session pêche car il n’y pas de guidage prévu aujourd’hui. Arrivés sur le bord de cette petite rivière typique d’Irlande, l’eau est trouble et Sebastien et Jean semblent inquiets tout comme moi, vu que nous sommes tous les 3 équipés de nos cannes à mouche. En effet, les pluies de la nuit passée ont teinté la rivière et la pêche s’annonce mal…surtout à la mouche. Ne voyant pas d’activité, j’avance dans l’eau pour pêcher une première zone en nymphe vu les conditions douteuses. Je ne vois pas mes pieds malgré la faible profondeur et je commence à me dire que nous sommes venus pour rien. Pourtant quelques dérives plus tard, une première petite truite a saisi ma nymphe de pointe.
Je continue et après quelques touches supplémentaires, je remarque vite que les poissons réagissent aux animations. Je prends rapidement 5 ou 6 truites de plus avant de trouver le meilleur compromis dans mes boites de nymphes qui puisse coller à la situation. À partir de ce moment, les touches s’enchaînent presque à chaque dérive et je fais même un doublé dans mes pieds et quelques poissons plus gros.
Seb est juste au-dessus de moi et enchaîne les truites en sèche sur la bordure d’en face. Je prends alors le temps de l’observer car prendre des truites en sèche dans ces conditions de turbidité m’intrigue. Il prend tout de même 8 à 10 truites.
Jean lui s’amuse comme un fou en nymphe sur le radier en amont. Nous nous déplaçons 200m plus haut et le scénario se répète pour nous 3. Les touches s’enchaînent et nous terminons notre petite sortie à une quarantaine de truites à 3 malgré des conditions loin d’être favorables. C’est ça aussi l’Irlande !
Lough style – so Irish !
Pour les Irlandais, la truite se recherche uniquement dans les lacs où elle atteint des tailles records (plusieurs kilos). Les locaux pratiquent cette pêche en barque. Elle consiste à dériver dans les couloirs de vent où se concentre la nourriture et donc les truites en chasse. La pêche à la mouche est évidemment la plus populaire pour le « Lough Style » et notamment à l’époque de la mouche de mai (pleine saison de mi-mai à mi-juin). Cependant, il est également possible de pêcher aux leurres lorsque les truites sont focalisées sur les bancs de petits poissons blancs.
Ces grandes étendues d’eau (plusieurs milliers d’hectares) ne sont pas faciles à appréhender. Pour s’initier à la pêche en barque en dérive, il est possible de se faire la main sur les quelques réservoirs du secteur. Plus petits, ils sont plus facilement lisibles et permettent de comprendre les grandes lignes de cette technique « lough style ». Même si les poissons sauvages sont bien présents dans ces réservoirs, ils sont régulièrement empoissonnés et permettent de passer de belles journées de pêche dans un cadre somptueux.
Les gros brochets d’Irlande
Après ces prospections salmonicoles, j’ai eu l’occasion de me pencher sur le brochet, moi qui suis fan de ce poisson que je recherche régulièrement à la mouche sur les étangs landais depuis plus de 10 ans. L’Irlande attire chaque année de plus en plus de pêcheurs européens à la recherche des gros spécimens (brochets de plus d’un mètre). Si la majorité recherche les gros brochets aux leurres, la pêche à la mouche a également toute sa place dès les beaux jours, car maître esox prend possession des nombreuses zones peu profondes. Je n’ai pas eu l’occasion de véritablement pratiquer cette technique lors de mon séjour car tous les guidages se sont faits au leurre.
Le tableau du centre retraçant les captures de brochets supérieur au mètre parle de lui-même. L’Irlande est un paradis pour la pêche du brochet et l’engouement grandissant pour la pêche de ce poisson de sport à la mouche, en France et en Europe, ne rend que plus belle la destination.
À la veille de terminer ce nouveau séjour, je prends le temps de contempler la beauté des lieux et de me remémorer tous les bons moments passés avec les collègues et les clients, et je me dis que l’Irlande est vraiment faite pour les pêcheurs. Les petits déjeuners irlandais qui vous tiennent au corps toute la matinée, l’ambiance des soirées au pub après la pêche, les paysages grandioses, les quantités de lacs et de rivières qui regorgent de poissons…c’est à se demander si même la météo n’est pas faite pour les pêcheurs !
Je profite de ces dernières lignes pour remercier chaleureusement toute l’équipe du centre, Geoffray, Jean et Sébastien, pour leur accueil, leur partage et leur gentillesse. Si on dit souvent que les voyages forment la jeunesse, celui-ci m’a permis d’appréhender de nouvelles facettes du métier de moniteur guide de pêche, très enrichissantes pour l’avenir.
Si je devais résumer mon séjour et plus globalement ce qu’offre l’Irlande en matière de pêche, c’est avant tout une densité de poissons impressionnante, garantie par un environnement préservé et une gestion halieutique adéquate. Cette densité rend en partie la pêche « techniquement » bien plus simple et plus « fructueuse » qu’en France et c’est bien pour cela que la destination reste très prisée et que les pêcheurs sont chaque année plus nombreux à venir fouler les rives des lacs et des rivières d’Irlande. Je n’ai retracé que quelques récits de mon séjour mais le constat est là. Avoir l’opportunité de croiser autant de saumons maximise les chances d’en attraper un, prendre des dizaines de truites en quelques heures même dans des conditions douteuses et boucler ce grand chelem halieutique avec de belles pêches de brochets, cela n’est pas un rêve de pêcheur mais belle et bien une réalité en Irlande. Alors faites comme moi, ne rêvez plus !
Chaque marque possède une référence qui a fait sa renommée. Chez Marryat, c'est incontestablement la Tactical 10' soie 4 qui a donné ses lettres de noblesse à l'entreprise. Ce modèle, né de la pratique compétitive dans les années 2000, reste tout à fait d'actualité en 2018 et continue d'être adopté par bon nombre de pratiquants aujourd'hui ! Nous nous devions de le passer au crible :
Test statique :
La série Tactical originelle est immédiatement reconnaissable à son blank vert bouteille. Cette couleur se retrouve au niveau des ligatures et du porte moulinet, qui mêle bois et aluminium anodisé. Les ligatures du premier brin et des emmanchements sont ornées d'un liseré doré. Cette canne possède un premier anneau SIC sur le deuxième brin suivi de 10 anneaux chromés gunsmoke monopattes. Elle vous sera livrée dans une housse et un tube carré en tissu verts.
Mesures :
Le protocole Common Cents System a permis de caractériser l'action, la puissance et la réactivité de cette canne :
En ce qui concerne la puissance, 41 cents ont été nécessaires pour plier la canne sur un tiers de sa longueur, ce qui donne après conversion un ERN à 5,05. Il classe donc la puissance de la canne comme une soie 4/5, à peine plus que ce qui est annoncé par le fabricant. Avec un AA de 72°, l'action de la canne est fast (AA supérieur à 66°), dans la moyenne de cette catégorie. La fréquence à 75 est également assez standard pour une 10'. Elle montre la polyvalence du produit et la réelle possibilité de pêche en sèche ; une soie de 4 ou 5 peut être utilisée, selon comme d'habitude, le style de lancer du pêcheur et les conditions de pêche (degré de discrétion imposé par les poissons, présence de vent..etc etc). Le diamètre relativement important de la poignée (28mm), classique chez Marryat, conviendra bien aux grandes mains. La distance de 62 cm entre la poignée et le premier anneau, nécessite d'utiliser un anneau amovible pour pêcher au fil de façon optimale. Enfin, avec un PTE à 265 gr, l'équilibre de ce modèle est excellent compte tenu de sa longueur et de sa puissance.
L'avis de Pascal Cognard, trois fois champion du monde de pêche à la mouche et consultant Marryat :
"La série Tactical classique est basée sur la précédente série Furtive. Ces dernières, de fabrication européenne, avaient été mises au point au début des années 2000 pour la pêche de compétition et comportaient des éléments haut de gamme et innovants pour l'époque (anneaux recoil, porte moulinet à vissage vers le bas entre autres).Toutefois, leur prix conséquent (plus de 5 000 francs soit environ 800 euros) ainsi que leur SAV complexe du à la fabrication quasi artisanale (nécessité de renvoyer la canne entière pour changer un élément) ont nécessité une production plus large en série et c'est ainsi que sont nées les Tactical classique. Le rapport qualité/prix s'est considérablement amélioré sans perte de légèreté. Nous étions très fiers de nous démarquer de la concurrence en proposant un modèle par puissance. La production en série a également permis d'améliorer le SAV, quoique ces cannes demeurent très robustes !"
L'avis d'Eric Lelouvier, trois fois champion du monde par équipe (2003, 2005, 2007) et vice champion du monde individuel en 2007 :
"A la fin des années 90, la plupart des compétiteurs de renom, dont ceux de l'équipe de France, utilisaient des Loomis GLX et notamment le fer de lance de la gamme en 10' soie 4, 2 brins. L'arrivée des Marryat Tactical en 2007 a totalement changé la donne ! Les pêcheurs ont retrouvé en elles l'action de la Loomis avec légèrement plus de douceur et au final, ils ont bénéficié d'un prix plus faible et des avantages du faible encombrement. J'ai personnellement utilisé cette canne en compétition car elle est très légère et polyvalente pour alterner nymphe, sèche nymphe et sèche pure."
L'avis de la rédaction :
Voici un classique de chez classique qu'il n'est quasiment plus besoin de présenter ! Ce modèle a marqué son époque avec son look original, son excellent équilibre et sa polyvalence généralement plébiscités. Avec sa puissance "soie 4/5", il se destine préférentiellement aux pêches polyvalentes d'alternance et pour les pratiquants souhaitant pêcher toutes tailles de truites dans tous types de milieux. Les petits défauts présents sur cette série Tactical originale (premier anneau éloigné de la poignée, puissance annoncée légèrement sous évaluée, nombre d'anneaux un peu faible) ont tous été corrigés avec l'arrivée des récentes Tactical Pro, c'est ce que nous verrons très prochainement !
Liens utiles :
Le protocole de test des cannes à mouche : ici
Les cannes Marryat accessibles en ligne :
Bénéficiez de 10% de réduction sur le modèle testé en contactant Eric Lelouvier au 06.13.22.73.73
Les autres tests Marryat :

De plus en plus, les acteurs de la pêche dans les Hautes-Alpes ressentent un réel attrait des pêcheurs pour notre patrimoine halieutique.
Après avoir récemment présenté l'approche Trout Area dans une série d'articles spécifiques, nous débutons aujourd'hui les tests de matériel dédié à cette pratique. Une référence de chez Shimano tout droit issue du Japon, berceau de cette technique, a l'honneur d'ouvrir le bal, vous verrez que son appellation n'est pas du tout usurpée :
Test statique :
Avec ses couleurs rouge et noire, cette canne Force Master Trout Area possède un look très singulier. Le blank en carbone XT60 possède 7 anneaux monopates Fuji dont les ligatures sont bordeaux. Celles de l'accroche leurre et des emmanchements sont ornées d'un liseré argent. L'alignement des deux brins est facilité par les inscriptions rappelant la référence de la canne. La poignée est en mousse EVA et la distance entre l'extrémité du talon et le pied du moulinet est courte (25 cm), ce qui rend la canne très maniable.
Mesures :
Le protocole Common Cents System a permis de caractériser l'action et la puissance de cette canne :
Avec un AA de 64°, l'action de la canne est moderate fast. En terme de puissance, 42 cents ont été nécessaires pour plier la canne sur un tiers de sa longueur, ce qui donne après conversion un ERN à 5.20. Avec un TP à 25, nous trouvons une puissance réelle à 4.5 - 8.5 gr, supérieure à celle annoncée par le fabricant (1.5 - 5 gr). Nous avons vérifié cette canne à 76 gr.
L'avis du fabricant :
"La ForceMaster Trout Area a été conçue pour offrir une canne d’entrée de gamme pour la pêche de la truite à l’ultra léger. Son blank très fin en carbone XT60 lui confère une action parabolique très agréable qui gommera les fortes vibrations des petits crankbaits et cuillères tournantes pour lesquels elle se destine.
Sa souplesse permet également de pardonner les éventuelles erreurs de combat, en amortissant les coups de tête du poisson afin d’éviter les décroches. La douceur de son action et la maniabilité que sa poignée courte lui confère vous procureront de réelles sensations sur des poissons de toute taille.
Légère et parfaitement équilibrée, la ForceMaster Trout Area vous étonnera également par le confort qu’elle procure, accru par sa poignée ergonomique en EVA. Elle n’en demeure pas moins agile et efficace du haut de ses 185cm, tout en restant peu encombrante (95.7cm) grâce à ses deux brins.
Enfin, les finitions rouges de son porte moulinet PacBay et de ses ligatures apportent une touche sportive à cette canne particulièrement dédiée aux truites de réservoir. Munie d’un accroche leurre en acier, cette canne présente résolument un très bon rapport qualité prix."
L'avis de la rédaction :
Le nom de cette référence ne trompe pas, nous sommes en présence d'une authentique canne Trout Area : avec sa longueur standard d'1m85, sa maniabilité importante (grâce à sa poignée courte), sa puissance modérée (quoique légèrement supérieure à celle annoncée par le fabricant) et son action moderate fast, elle a tout de la canne Area telle que nous l'avons décrite dans notre article spécifique dédié à cette pêche (ici). De façon plus générale, elle accompagnera le pêcheur désireux de propulser des leurres légers à forte vibration et animés en linéaire (cuiller de 0 à 2 / crankbait) et/ou pratiquant en eaux rapides où son action limitera les décroches. Son rapport qualité/prix est excellent.
Une action de canne, c’est avant tout une somme de propriétés mécaniques qui offrent des réponses à des besoins précis, et parfois légèrement contradictoires. Il convient alors de placer correctement le curseur du compromis pour tirer le meilleur parti d’un blank dans un contexte donné. Tour d’horizon des paramètres influençant le choix de l'action pour les cannes leurre :
Sur ces points, la mécanique est très simple :
En partant du principe que la plage de puissance de la canne est conforme au poids des leurres projetés, un blank d’action modérée, qui se charge jusqu’à très bas, restitue plus de puissance et permet d’atteindre de plus grandes distances qu'un blank rapide. A l’inverse, ce dernier est plus directif et permet des lancers très précis.
Tout est toujours affaire de compromis, mais le curseur doit idéalement être décalé vers une relative progressivité pour la pêche des cours d’eau à grands gabarits, là où il est préférable de choisir des cannes de plus en plus rapides en allant vers des cours d’eau de volumes plus restreints.
Une pêche à taper fort dans un jerkbait suspending demande plus de rapidité dans la canne qu’une simple récupération de cuillère tournante. Aussi, en fonction de la nécessité de précision dans l’animation des leurres que le pêcheur utilise, l’action de la canne devra être adaptée.
Globalement, plus l’évolution du leurre est linéaire (ex : crankbait, cuillère tournante), plus la canne peut se permettre d’être douce. A l’inverse, plus son évolution est sujette à des variations de rythme et de tension dans la ligne, plus le blank devra être rapide pour ne pas absorber de manière trop importante ces variations et permettre de bien suivre ce qui se passe sous l'eau.
En fonction des leurres utilisés et des milieux pêchés, le pêcheur peut avoir besoin de caractéristiques mécaniques qui lui permettront de ressentir tout ce qui se passe, ou au contraire d’adoucir les sensations le plus possible.
Un pêcheur de la Basse Rivière d’Ain par exemple (cours d'eau large et profond mais peu rapide), qui pratique aux leurres souples, demandera à ses outils de lui apporter un maximum d’informations en dépit de la distance et surtout de la profondeur de pêche, qui a tendance à annihiler les sensations, pour pouvoir déclencher des ferrages suffisamment tôt à la moindre anomalie. Une action relativement fast semble plus à même de transmettre efficacement ces informations.
A l’inverse, un pêcheur de rivières pentues, faiblement profondes et rapides, qui prospecte à la cuillère tournante face à des poissons qui ont tendance à s’envoler en l’air dans la seconde qui suit le ferrage, n’aura besoin d’aucune sensibilité, mais plutôt de douceur pour ne pas gêner la bonne prise de son leurre, et offrir le moins possible de point d’appui dur au poisson qui se débat dans les airs ou patasse en surface. Une action plus moderate est alors recommandée.
Comme dans le cas des distances de lancer, sur ce point, la mécanique est simple : plus une canne est rapide, plus le point dur est situé sur le haut du blank, et plus ce point dur offre un point d’appui au poisson pour élargir le point d’ancrage de l’hameçon, déchirer les chairs, ou encore briser la ligne. Une action plus douce permet d’amortir à l’extrême la compression qu’imposent les poissons, limite les décrochages intempestifs, et réduit le risque de casse en n’exposant pas la ligne à des points durs critiques.
Astuce : ajuster le curseur par le corps de ligne !
En matière de corps de ligne, trois possibilités s’offrent au pêcheur, par ordre décroissant d’élasticité : le nylon, le fluorocarbone, et la tresse. Jouer sur l’élasticité de son corps de ligne permet d’atténuer ou au contraire de sublimer les caractéristiques mécaniques de son blank :
Par exemple, un pêcheur de grandes rivières qui présentent de grandes variations saisonnières de débits pourra, dans l’idéal, s’équiper d’une canne d’action moyennement rapide (moderate fast), et pratiquer des pêches aval par gros débits dans l’eau froide avec du nylon, de manière à atténuer les fortes vibrations liées à la récupération du leurre à contre-courant, et les impacts des touches très appuyées dans cette configuration.
Il pourra ensuite, lorsque les débits baissent et la température de l’eau augmente, utiliser de la tresse pour les pêches amont à dévaler, de manière à garder un contact proche avec son leurre, y compris dans les phases où la ligne est légèrement détendue lorsque le leurre se rapproche du pêcheur, et ainsi détecter et ferrer efficacement les touches nettement plus furtives dans un contexte estival.
Pour le choix d’une action de canne, comme pour bon nombre d’autres choses en matière de pêche de la truite, tout n’est que pertinence dans le déplacement du curseur. Les sensibilités et les conditions de pêche de chacun sont innombrables, et les contraintes mécaniques recherchées sont parfois contradictoires (aller chercher des poissons très loin et protéger la ligne des grosses truites avec une action lente, mais rester précis dans la perception de vie de la ligne avec une canne sensible et rapide par exemple), mais dans tous les cas, il est important de connaître l’incidence de chaque caractéristique et de respecter certaines règles de base, pour ne pas s’exposer à des déconvenues à répétition. Une bonne canne est avant tout une canne la mieux adaptée possible à un contexte de pêche, et Truites & Cie est là pour vous guider dans l’identification claire des actions de toutes celles qui passeront sur notre banc d’essai.
Liens utiles :
Notre protocole de test des cannes leurre : ici
Après les cannes à mouche, c’est au tour des cannes leurre de passer dans le moulinette de Truites & Cie. Voici une présentation du protocole URRS, évolution du CCS, et de la façon dont nous allons l’utiliser dans le cadre des tests de cannes leurre.
Pour commencer, vous devez avoir lu mon précédent article expliquant le principe du Common Cent System et la façon dont nous le mettons en oeuvre pour tester les cannes à mouche. Pour les cannes leurre, nous n’allons rien inventer mais simplement aller un peu plus loin dans le protocole.
Le CCS a été initialement conçu spécifiquement pour les cannes à mouche et la plage de puissance prise en compte dans les différentes tables de référence était donc limitée. Très vite, le Dr Bill Hanneman a pris conscience qu’il était nécessaire d’étendre le système pour permettre de mesurer n’importe quelle canne, toutes techniques et puissances confondues. C’est ainsi qu’est né le "Universal Rod Rating System", ou URRS.
Dans les cas des cannes à mouche nous nous sommes volontairement limités à trois indicateurs CCS (l’action AA, la puissance ERN et la fréquence CCF) alors que le système en comporte deux de plus : le Tip Power (TP) et le Power Reservoir (PR). Ces deux indicateurs sont définis comme étant les limites de puissance haute et basse d’une canne. Ils sont assez complexes à interpréter dans le cas des cannes à mouche mais sont extrêmement utiles dans le cas des cannes leurre car ils vont permettre de calculer la plage de puissance de lancer. Nous allons voir comment les mesurer et les interpréter, mais avant ça nous allons parler du Big Picture.
The Big Picture
Vous vous souvenez que pour déterminer la puissance et l’action d’une canne, il est nécessaire de faire descendre l’extrémité du scion d’un tiers de la longueur totale de la canne ? Et bien, au lieu de considérer le blank dans sa totalité nous allons prendre des mesures sur toute sa longueur. C’est comme si décidiez de pêcher avec seulement 10% du blank, puis 20%, puis 30%, et ainsi de suite jusqu’à arriver à la longueur totale. A chaque étape, le couple ERN/AA est relevé et l’ensemble des mesures permet de tracer une courbe.
L’intervalle de mesure a finalement peu d’importance puisque l’objectif est de tracer une courbe, mais le système venant des Etats Unis, le protocole originel préconise de prendre une mesure tous les pieds, c’est à dire tous les 30cm. Evidemment, cette courbe n’est pas triviale à interpréter, mais elle est une représentation visuelle globale du comportement du blank. C’est ce que l’on appelle The Big Picture.
Tip Power
Littéralement, il s’agit de la “puissance du scion”. Il s’agit de la plus faible valeur d’ERN sur la courbe de notre Big Picture. Elle est très simple à déterminer puisque qu’il suffit de prendre le point le plus à gauche de la courbe et de relever son ERN sur l’axe des abscisses. Dans la figure précédente, le Tip Power a donc pour valeur 4.8.
Power Reservoir
Cette fois, au lieu de jouer sur la longueur, nous allons jouer sur la hauteur. La réserve de puissance (PR) correspond à la masse nécessaire pour charger une canne, non pas jusqu’à un tiers de sa longueur totale, mais jusqu’à la moitié.
Là aussi, le nombre de Cents nécessaire à faire fléchir la canne sera converti en une valeur d’ERN. Cette valeur permettra d’avoir une idée du comportement d’une canne au delà de sa charge nominale.
Interprétation des résultats
Les valeurs ERN, TP et PR vont pouvoir être utilisées pour déterminer la plage d’utilisation d’une canne. A savoir le poids le plus léger et le poids le plus lourd que vous allez pouvoir lancer avec cette canne.
Pour cela, le Dr Bill Hanneman propose une nouvelle table de conversion permettant de convertir ces trois valeurs en un poids en onces (Oz). Nous vous proposons ici son équivalent en grammes. Dans le cadre des cannes à truite, nous nous limitons à la tranche allant de 0 à 34g.
On remarque que pour les valeurs d’ERN supérieures à 2, les décimales sont ignorées.
D'après le protocole URRS, une canne serait capable de lancer au minimum le poids correspondant à son TP, au maximum le poids correspondant à son PR et serait à l'aise avec un poids correspondant à son ERN.
Exemple :
Une canne ayant un ERN de 6,5, un TP de 2,5 et un PR de 11,3 lancera idéalement 9,64 grammes mais sera également à l’aise avec des leurres de 4,54 à 19,8 grammes. En pratique, la limite haute déterminée à partir du PR nous semble exagérément élevée alors que la fourchette TP-ERN est bien plus réaliste. Nous avons donc choisi de calculer la plage de lancer d'une canne leurre à partir de ces deux indicateurs. Dans un soucis de lisibilité des résultats, en fonction de la puissance de la canne testée, les valeurs pourront être arrondies au gramme près.
En résumé, les résultats de tests de cannes leurre bénéficieront des mêmes indicateurs que ceux des cannes mouche (AA, ERN, CCF) mais seront enrichis avec les valeurs TP, PR, et les puissances de lancer qui en découleront.
Références :
Le site officiel du Common Cents System et en particulier le second article Part 2 : The Big Picture.
Univeral Rod Ratings : Expanded Common Cents - RodMaker Magazine Volume 10 - Issue 4 (disponible uniquement en édition papier)
Truites & Cie : Le magazine de la truite et de la pêche à la mouche - Copyright © 2026 - Tous droits réservés.