Test : Maxia MX4 10' #2

MAXIA MX4

La société espagnole Maxia Rod (MR) a été créée par des personnalités du monde de la pêche et s'est développée avec un monteur renommé, Aldo Silva, accompagné par le champion de lancer et instructeur Alejandro Viñuales. Maxia figure aujourd'hui parmi les fabricants référents dans le monde de la compétition en Europe et même au delà de ce cercle. Le dernier champion du monde en titre (sacré il y a quelques jours en Italie), l'espagnol David Garcia Ferreras, a d'ailleurs longtemps pêché sous les couleurs de la marque et nous donnera son avis sur le modèle testé en fin d'article. La série la plus haut de gamme (MX) se décline en un grand nombre de puissances et longueurs différentes. Nous commençons aujourd'hui une série de tests avec le grand classique de la gamme MX, sans doute celui qui lui a donné ses lettres de noblesse : la MX4 10' #2.

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Maxia MX4
Texte

Test statique :

La série MX de Maxia présente un look assez singulier en arborant notamment les fameux liserés jaunes, symboles de la marque, au niveau des emmanchements et des inscriptions du premier brin. Les autres ligatures sont noires et les anneaux Recoil au nombre de 12. Le porte-moulinet est en métal gris foncé avec insert carbone, ce qui donne une touche d'originalité au produit. Cette canne en 4 brins est livrée dans un tube de protection noir sur lequel figure un filet anti-rayure en plastique bleu.  

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Maxia MX4
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Maxia MX4
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Maxia MX4
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Maxia rod
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AA MAXIA MX4
Texte

Mesures : 

Le protocole Common Cents System a permis de caractériser l'action, la puissance et la réactivité de cette canne : 

En ce qui concerne la puissance, 32 cents ont été nécessaires pour plier la canne sur un tiers de sa longueur, ce qui donne après conversion un ERN à 3.72. La puissance annoncée est donc inférieure à la puissance réelle, puisque le numéro de soie idéal est un numéro 3. Avec un AA de 67°, l'action est fast ((AA > 66°), mais très proche de la catégorie moderate fast (la canne n'est pas très rapide). La fréquence à 81 est très élevée pour une 10' (c'est la fréquence la plus importante que nous ayons mesurée à ce jour), ce qui montre une excellente réactivité et de grandes possibilités de pêche en sèche. Nous avons pesé cette canne à 99gr (le fabricant ne fournit aucun poids dans son descriptif) mais le PTE avoisine tout de même les 300gr. Le premier anneau se situe à 51cm, ce qui nécessite d'ajouter un anneau amovible pour pêcher efficacement en nymphe au fil. 

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MAXIA MX4
Matériel

Maxia MX4 10' #2

Marque
Maxia
Série
MX4
Pays de fabrication
Espagne
Longueur
10'
Longueur réelle
304cm
Soie
#2
Brins
4
Action
Fast
Poids réel
99.00g
Blank
gris
Aspect
Poncé
Anneaux
12
Type
Monopatte
Marque
REC
Premier anneau
51cm
Ligatures
grises
Poignée
27x184mm
Forme
Half Wells
Porte moulinet
aluminium gun métal
Serrage
Uplocking
Insert
carbone
Talon de combat
Non
Accroche mouche
Oui
Points d'alignement
Non
Packaging
tube alu + housse
PME
198.00g
PTE
297.00g
IP
32
ERN
3.72
AA
67°
Confort
5.1/10
Prix à la date de sortie
495.00€
Texte

L'avis de Alejandro Viñuales, concepteur de blank chez Maxia, sur la gamme MX  :

"La particularité des blanks MX (MX3, MX4 et MX5, le numéro indiquant uniquement le nombre de brins de la canne) réside dans la combinaison de divers matériaux en proportions variables selon le modèle et la section, repartis en couches, selon un procédé de fabrication spécifique que nous avons développé. Nous utilisons différentes fibres de plusieurs fabricants, principalement de Toray, Mitshubishi et Tenax, combinées avec plusieurs types de résines et de nanorésines. Chaque blank est conçu quasiment de A à Z, nous ne procédons pas par ajout de petites modifications à un modèle de base.... tous nos blanks MX ont ainsi la même action ! A partir de ce système de construction, chaque blank est fabriqué selon le type d'action que nous voulons et le type de pêche à laquelle il est destiné."

... et sur le modèle MX4 10' #2 en particulier :

"La MX4 10 '# 2 est un modèle classique, fondamentalement conçu pour la pêche à la nymphe dans un large panel de situations. On pourrait l'appeler le modèle "nymphe tout-terrain" ! il est également capable de lancer occasionnellement une mouche sèche ou un tandem sèche/nymphe si la situation l'exige. L'action est de pointe, mais avec une certaine progressivité. Ce n'est pas une canne spécifique pour petits ou gros poissons, mais elle est tout à fait capable de s'adapter et permet à la fois pêcher des petits poissons sans décrochage ou de combattre de belles truites sur des fils fins. Elle permet de pêcher en nymphe à l'espagnole ou avec de la soie. Comme toutes les cannes Maxia, elle exige un petit temps d'adaptation pour obtenir des performances maximales. Ce n’est toutefois pas une canne particulièrement difficile à appréhender. Nous pourrions la recommander pour le pêcheur qui ne veut qu'un seul modèle pour pêcher à la nymphe dans tous types de milieux ! " 

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David Garcia Ferreras
Texte

L'avis de David Garcia Ferreras, champion du monde 2018 de pêche à la mouche  : 

"Le matériel Maxia est conçu par des pêcheurs pour les pêcheurs. La 10' #2 est une canne très polyvalente avec laquelle que vous pouvez pêcher à la fois en nymphe et en sèche. Elle est très agréable à utiliser avec des soies fines dans les rivières rapides où les poissons sont de taille modérée mais nombreux. C'est une action assez rapide, très utile pour alterner plusieurs techniques."

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Maxia MX4
Texte

L'avis de la rédaction :

Une canne made in Europe très polyvalente au vu de sa réactivité élevée et de sa puissance (qui se révèle plus importante que prévue) : c'est une vraie 10' soie de 3. Elle est l'incarnation de la canne à tout faire (sèche, nymphe, tandem, noyée) dans tous types de cours d'eau. La poignée relativement épaisse (27mm) s'adaptera aux différentes morphologies, ce qui n'est pas si fréquent. Un léger bémol sur l'équilibre de ce modèle haut de gamme, qui reste son principal point faible.

Texte

Lien utile :

Le protocole de test Truites & Cie : ici 

Comment choisir sa canne à nymphe : ici

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Thon de fermeture

grosse truite

Après consultation de Vigicrue, tous les voyants sont au vert pour que ce mardi pré-fermeture, qui s’annonce comme la journée parfaite pour clôturer la saison 2018. Les niveaux semblent optimaux et seules les températures élevées de ce mois de Septembre et un ciel d’un bleu trop profond peuvent tempérer mon enthousiasme. Malgré ces petits bémols, je quitte mon job avec un grand empressement, enthousiaste à l'idée de fouler, waders aux pieds, cette grande rivière pyrénéenne chère à mon cœur. Tout au long de la route, la guitare diabolique de Jimmy Page anime les hauts parleurs de mon autoradio, accompagnant mes pensées et cogitations halieutiques, et augmentant ainsi mon envie d’en découdre avec un poisson trophée...

Texte

La chaotique piste de terre battue qui me conduit vers mes rêves se termine enfin, et déjà, la fraîcheur de l’eau se fait sentir dans l’habitacle de ma vieille Kia, l’antre des grosses truites est tout proche.

Frein à main remonté, je me précipite avec excitation vers ces berges que je convoite tant pour retrouver ma rivière favorite avec un niveau parfait mais.... avec une eau affreusement marron !!

Se retrouver face à une couleur d’eau aussi calamiteuse alors que je la pensais cristalline me fait l’effet d’une bombe dévastatrice brisant brutalement tous mes plans. Mon cerveau est soudainement balayé par les doutes et diverses questions : comment sauver la journée ?

La solution facile consisterait à changer de rivière ou pire, à aller en torrent secouer des truites de taille modeste, mais quand vous partez pour toucher une grosse, il n’est pas facile de rogner ses objectifs ! Têtu, j’opte pour une journée de prospection en eaux troubles, me rappelant pour me rassurer, des anciennes prises dans des eaux peu engageantes. En sèche et en nymphe, l’activité des salmonidés m’avait déjà surpris même si la qualité de pêche n’était pas exceptionnelle.

Adoptant un comportement obstiné tel un saumonier du Gave, je décide de peigner avec application toutes les veines d’eau qui s’offrent à moi avec deux perdigones, une noire cul rouge en pointe, et une olive bille argent en potence.

Bien que très confiant par rapport à ce duo souvent gagnant dans les veines puissantes et profondes, je commence fébrilement de multiples et minutieuses dérives en prenant soin de couvrir un maximum de terrain, hésitant entre envie et excitation.

Aucune touche ne vient répondre à ma concentration, ni approuver la justesse de ma pêche ; les minutes défilent sans résultat malgré les multiples adaptations aux situations de pêche que j’entreprends sans cesse. Variation de densité de nymphe, changement de coloris, rien ne semble éveiller l’intérêt d’un salmonidé. Minute après minute, je me transforme en un véritable besogneux vide de toute réflexion pour débloquer le compteur avant le découragement !

Après une longue prospection infructueuse, j’arrive sur un secteur de berge scabreux offrant une multitude de coups et rappelant un secteur de torrent mais toujours avec sur sa droite, la profondeur nécessaire à l'accueil de gros poissons. Quelques années auparavant, j’avais touché ici quelques poissons frôlant ou dépassant les cinquante centimètres en pêchant en nymphe au fil. Je décide de changer de méthode et de prospecter en nymphe au fil plaqué contre les blocs, là où la profondeur n’excède pas les 40cm. Je graisse abondamment mon avant pointe fluo et monte une pheasant tail des plus classiques, en taille 14. Dans l’adversité, les fondamentaux me rassurent toujours !

Au bout de quelques dérives, je ferre rapidement une truitelle de 20cm qui, malgré sa petite taille, me motive grandement !

Mentalement relancé par cette piètre prise, je repars peigner avec méthode les coulées qui se succèdent vers l’amont. Pléthore de petites veines ponctuent agréablement le parcours, rendant la pêche ludique, et les multiples présentations font un peu oublier la couleur de l’eau. Je dois apprendre à faire abstraction des conditions pour augmenter ma qualité de prospection !

En amont de ma position se présente un magnifique radier encadré à l'amont et à l'aval, par deux superbes pools profonds et riches en caches... je saute le profond afin de pouvoir pêcher cette remontée de marne peu profonde et prometteuse. La lame d’eau n’excéde pas les 60cm, et le courant régulier se sépare parfois lorsqu’il rencontre un bloc... la nymphe au fil excelle sur ce type de profil.

La vitesse et la profondeur des veines étant plus puissantes que sur les coups prospectés avant, je pioche dans ma boîte une nymphe en laiton en 3,5 couleur or de type pheasant tail afin de m’adapter aux contraintes du coup. Après cette menue modification technique et trois ou quatre passages vains dans la veine principale, je décale ma prospection vers une veine secondaire légèrement plus lente...

Au second passage, mon avant pointe fluo semble ralentir... je sanctionne immédiatement cette anomalie de dérive par un ferrage et me retrouve au contact d’une masse lourde et peu nerveuse qui ne peut être autre chose qu’un poisson. Celui-ci ne démarre pas mais tient vigoureusement le fond, un peu comme les barbeaux qui cohabitent avec les truites sur ce parcours. Plus le combat avance, plus je me fais à cette idée et ne ressens aucune déception : barbeaux ou truite, je suis aux prises avec un très beau poisson ! Tous deux sont d’excellents partenaires de jeu et après la monotonie de cette journée de pêche, je profite de ce soit disant moustachu en le laissant prendre le courant, histoire de tordre du carbone et de m’amuser un peu. Je suis totalement persuadé de la nature de l'individu jusqu’à ce que le poisson vienne se débattre prés de moi et que j’aperçoive un dos bien charnu et couvert de points noirs !

Une explosion d’adrénaline envahit alors tout mon corps : la bête passe facilement les 60cm et semble alors retrouver un comportement de salmonidé en commençant à enchaîner des rushs puissants. Mon poignet et ma gestion du moulinet, encore sûrs et confiants avant la vision du poisson, deviennent hésitants la seconde d’après. Je ne sais pas si c’est le stress du décrochage ou l’appréhension de la casse qui sont responsables de ma fébrilité, mais le combat me semble maintenant bien plus acharné et je dois utiliser au mieux les capacités de mon matériel.

Après quelques minutes de rushs et contre rushs, j’amène, non sans mal, dans mon épuisette une superbe truite de 64 cm à la robe exquise, qui après quelques photos avec son tortionnaire, retrouvera son élément...

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grosse truite
Texte

Pour conclure, mon conseil serait.... de prôner la méfiance envers les barbeaux qui se débattent au bout de votre ligne... tant que vous n’avez pas encore aperçu leurs moustaches !

Gave de Pau, une victoire contre les micro-centrales !

gavarnie

Enfin une très bonne nouvelle pour nos rivières et notre sport, grâce à la classification site classé « Gavarnie ». Sur la photo : Le cirque de Gavarnie, site classé patrimoine mondial de l’UNESCO, à gauche le couloir Swann, au centre la grande cascade, à droite on devine la brèche. Vue depuis l’extrémité du plateau de Saugué où coule le magnifique gave d’Aspé.

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Une première réflexion me vient quand je vois cette photo. Mais comment des homos sapiens peuvent-ils imaginer des conduites forcées s'immiscer dans un tel paysage. Ils sont fous... Ils ne veulent pas de l'électricité mais des billets...

Le projet de micro centrale sur le gave d’Aspé, prenant naissance sous le soum d’Aspé 2968 m, en amont du plateau de Saugué ne verra pas le jour.

Petite parenthèse : Ne pas confondre avec le gave d’Aspe qui se jette dans la gave d’Oloron où vient de se produire le lundi 27/08/2018 sur la commune d’Etsaut (64490) une importante pollution, suite à l’accident d’un camion transportant des produits chimiques. On déplore : 

- la chute d'un camion citerne de la Société Ainsa/Espagne en contrebas de la RN 134 avec décès du chauffeur de nationalité espagnole de 45 ans.

- la fuite dans le gave d'Aspe d'environ 12000 litres de chlorite de sodium (NaClO2) qui provoque et de façon non exhaustive les effets suivants :  insuffisance rénale et dommages aux globules rouges, réduisant la capacité du sang à transporter l'oxygène, douleurs abdominales, nausées, vomissements et diarrhées + mortalité quasi instantanée de la faune aquatique sur plusieurs kilomètres en aval, notamment des espèces salmonicoles (de nombreux poissons ont été observés en agonie).

- des impacts destructeurs avérés et probables sur la flore aquatique et les insectes des mêmes sites.

- cette pollution mortelle évolue vers l'aval au gré du courant et il y a des risques pour l'homme.

Revenons à notre gave d’Aspé :

Madame la Préfète du 65 a donc refusé à juste titre le projet de création de micro-centrale par débit de chute à la société SERHY, suite à l’avis du ministère. Consulter l’arrêté ci-joint, et l’avis de l’Onema qui est sans appel. Cet arrêté est important puisqu’il devrait pouvoir faire jurisprudence sur toute la France. Le projet de « Cauterets Cambasque » situé lui aussi en site classé Caurerets devrait subir le même avis.

En ce qui concerne la Communauté de communes Pyrénées Vallée des Gaves, (Luz, Cauterets, Arrens, Argeles Gazost) les producteurs privés d’hydroélectricité sont très actifs, puisqu’une dizaine de projets semblent revoir le jour sur la seule vallée de Luz : deux projets pour le petit Bastan, qui après les crues de 2012, 2013 et 2018 est à ce jour complètement dénaturalisé. Le Gave du Bastan n’a pas fini de faire parler de lui, puisque le coefficient d’érosion a été multiplié par deux ou trois, suite aux accélérateurs et zones de pavages créés dans le lit mouillé L’équation bien connue F = ½ MV2 va s’en donner à cœur joie à chaque nouvelle crue. (Faites le calcul avec une vitesse de 30 km/h et 50 km /h, Le coefficient d’érosion = F, M la masse = 1m3 d’eau)

½ x 1 x 30 x 30 = 0.9

½ x 1 x 50 x 50 = 2.5

Cela veut tout simplement dire que le Bastan va charrier et éroder 2,5 fois plus de matériaux à chaque nouvelle crue.

Les projets de micro-centrales d'intérêts privés sont une ineptie pour nos cours d’eau et notre environnement. Leur production en millions de KW / h se lit seulement au troisième chiffre après la virgule. Cette mini-production ne résout aucun problème en termes de transition énergétique. Les cours d’eau concernés sont souvent déjà impactés par des débits réservés. Ces projets impactent la transparence de nos rivières et la continuité écologique. Ils sont incohérents avec le PACC Occitanie qui nous prédit des débits d’étiage à moins 60 % vers 2030/2040. Seuls les projets d’intérêt général doivent être étudiés, quand il n’y a pas d’autre alternative.

Nous avons le devoir de rester vigilants !

Texte

Demande d'autorisation de création d'une micro-centrale sur le Gave d'Aspé : ici

L'avis de l'ONEMA : ici

L'arrêté préfectoral de rejet de la demande : ici

Blue Heart : quand Patagonia se met au service des milieux aquatiques

Patagonia

Quand une marque prestigieuse se met au service d'une cause noble, cela donne un documentaire édifiant. Patagonia, dont on connait l'engagement écologique et l'éthique dans la fabrication de ses produits, a produit ce film et soutenu le groupe Save the blue heart of Europe pendant plus de 2 ans, offrant à ces activistes des moyens financiers et humains. Ce documentaire fait totalement écho à la série d'articles que nous venons de débuter, liée aux impacts de l'hydroélectricité, et nous nous devions de relayer cette information :

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PATAGONIA
Texte

Le film se déroule dans les Balkans, où de pharaoniques projets de constructions de barrages ont vu le jour.  Soutenus par le monde de la finance, ces quelques 3000 ouvrages menacent un riche bassin versant partagé entre Slovénie et Albanie, qui compte plus de 20 000 km de rivières. Les locaux voient en eux une véritable catastrophe écologique pour leurs cours d'eau encore préservés. En effet, ces eaux vives qui sont indemnes de tout aménagement anthropique, font figurent d'exception en Europe. 

Ce documentaire montre l'engagement des militants et de la population locale qui se battent pour la préservation de leur environnement naturel. Il focalise le regard du monde entier sur des régions souvent méconnues du grand public, aux paysages grandioses parsemés de falaises vertigineuses, de forêts alluviales, de rivières torrentueuses aux eaux azurs. La gigantesque surface de ce site naturel surnommé le "coeur bleu de l'Europe" fait de lui le plus grand site naturel européen et les biotopes qu'il renferme sont parmi les mieux préservés.

Ce film, réalisé par le cinéaste et photographe Britt Caillouette, sensibilisera le grand public à la problématique de l'hydroélectricité, cette source d'énergie qu'on lui vend comme "verte" et "renouvelable" mais qui se révèle en réalité catastrophique pour les biotopes aquatiques. Il est aujourd’hui disponible dans le monde entier sur iTunes et d'autres plateformes de streaming.

Concluons avec les mots de Yvon Chouinard, fondateur de Patagonia :

« Les espaces sauvages ne survivent que si le public affronte les promoteurs avides, d’une voix unie et forte. Les moins connus sont les plus séduisants aux yeux de ceux qui exploitent la nature pour l’argent. Personne ne les défend. C’est pourquoi un paradis secret comme le Coeur bleu de l’Europe a besoin de notre attention de toute urgence. » 

Vidéo
Texte

La campagne Save the blue heart of Europe : ici

La pétition en ligne : ici

Voir le film en streaming : ici

Test : Orvis Recon 10' #3

Orvis Recon

L'entreprise Orvis a été fondée en 1856 à Manchester dans le Vermont, par Charles F. Orvis. Aujourd'hui, c'est une institution dans le monde de la pêche à la mouche, bien au-delà des frontières américaines. Avec ses 1700 employés dédiés à la recherche et au développement, son réseau impressionnant de professionnels, elle fait partie des leaders internationaux des fabricants de matériel mouche. Toutefois, le savoir faire Orvis est toujours localisé aux Etats-Unis, où de nombreux produits du catalogue sont encore fabriqués. La gamme Orvis propose aujourd'hui un modèle de canne haut de gamme pour chaque déclinaison de la pêche à la mouche. Nous débutons une présentation de ces modèles par une référence née en 2015 et destinée aux pêches à la nymphe façon européenne : la Recon 10' #3.

 

 

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Orvis Recon
Texte

Test statique :

Si Orvis ose parfois des cannes au look très original (nous le verrons prochainement avec la série Helios 3), cette Recon fait résolument dans la sobriété. Avec sa couleur olive foncé et ses fines ligatures grises, elle reste discrète et classe. 12 anneaux ornent le blank (le premier SIC situé sur le premier brin est suivi de 11 anneaux serpentiformes chromés). La poignée cigare est constituée de liège pleine fleur et le porte moulinet gun avec insert en bois procurent à l’ensemble une allure très élégante. Un effort important a été effectué pour favoriser l'équilibre de l'outil : le porte moulinet est inversé et, élément plutôt rare pour une 10', le premier brin se termine par un fin talon de combat. Nous verrons lors des mesures que l'effet escompté est bien au rendez-vous. Cette canne 4 brins est livrée dans un tube de protection en alu. 

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Orvis Recon
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Orvis Recon
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Orvis Recon
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Orvis Recon
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AA Orivs Recon
Texte

Mesures : 

Le protocole Common Cents System a permis de caractériser l'action, la puissance et la réactivité de cette canne : 

En ce qui concerne la puissance, 28 cents ont été nécessaires pour plier la canne sur un tiers de sa longueur, ce qui donne après conversion un ERN à 3.12. Il classe donc la puissance de la canne comme une soie 2/3, la valeur d'ERN à 3.12 se situant au milieu de la fourchette [2.00 - 3.99]). Il est donc possible de pêcher efficacement avec une soie de 2 ou une 3, selon, comme d'habitude, le style de lancer du pêcheur et les conditions de pêche (degré de discrétion imposé par les poissons, présence de vent..etc etc). Avec un AA de 69°, l'action de la canne est fast (AA > 66°). Cette valeur reste toutefois dans la partie basse de cette catégorie, la canne n'est donc pas ultrafast. La fréquence à 74 est élevée et montre la polyvalence du produit. Le poids annoncé par le fournisseur est très juste (75 grammes annoncées pour 76 mesurées). L'impression de légèreté lors de la prise en main est confirmée par les chiffres, puisque le poids total de l'ensemble équilibré (PTE) est de 230 gr pour cette 10', ce qui la classe parmi les mieux équilibrées du marché dans cette gamme de longueur et de puissance. Enfin, le premier anneau est situé à une distance idéale : 42cm.

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Orivs Recon
Matériel

Orvis Recon 10' #3

Marque
Orvis
Série
Recon
Longueur
10'
Longueur réelle
306cm
Soie
#3
Brins
4
Action
Fast
Poids annoncé
75.00g
Poids réel
76.00g
Anneaux
12
Premier anneau
42cm
Poignée
24x177mm
Serrage
Downlocking
Talon de combat
Oui
PME
154.00g
PTE
230.00g
IP
28
ERN
3.12
AA
69°
CCF
74cpm
Texte

L'avis de Thibault Longis, importateur Orvis France :

"En dehors de l’Helios 2 10’ #3 qui présentait déjà de très bonnes aptitudes à la pêche en sèche et en nymphe au fil, aucune canne Orvis n’avait réellement fait l’objet d’un développement spécifique pour la pratique des différents styles européens de pêche en nymphe avant 2015. En raison des demandes des pêcheurs européens et particulièrement des français, l’équipe de développement d’Orvis a mis au point la Recon 10’ #3 en lui procurant une action parfaite pour la pratique de techniques modernes utilisées en rivière.  A propos de la fabrication : la gamme Recon est entièrement manufacturée aux Etats-Unis dans la fabrique de cannes Orvis à Manchester dans le Vermont. Les blanks sont fabriqués sur place, l’assemblage des éléments est réalisé avec une grande précision et les anneaux serpentiformes sont montés sur l’épine."

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Florian Caravéo
Texte

L'avis de Florian Caravéo, ambassadeur Orvis France et compétiteur du championnat de France D1 de pêche à la mouche :

"Mon expérience avec cette canne remonte à sa sortie en 2017. Dès la prise en main, je l'ai trouvée plus délicate que l’Helios 2 10’ #3, ce qui me permettait de mieux pêcher avec de petites nymphes et de réduire d’avantage les décrochages en compétition. C’est ma canne favorite pour les rivières d’une dizaine de mètres de large, que ce soit pour pêcher les truites ou les ombres ! Je l’utilise avec une soie Scientific Angler VPT WF3 et un leader de 12’ Trout Hunter Finess. Cette association est vraiment impeccable pour pêcher de manière polyvalente. Les amateurs de pêche à l’espagnole peuvent compter sur cette canne pour réaliser de beaux lancers. Côté moulinet, j’aime beaucoup l’Hydros SL 2 Orvis mais j’utilise aussi le JMC Yoto 30 sur lequel j’ai monté une soie des Source de Lozère n°2 et un bas de ligne pour la pêche à « l’espagnole ». La canne est vraiment très agréable à utiliser toute la journée en loisir comme en compétition, c’est une plume ! A la fois douce et précise, il est possible de pêcher très fin en nymphe et même en sèche ou en tandem sèche/nymphe. Minimisant les risques de casse ou de décrochage, la Recon 10’ #3 a toutes les qualités nécessaires pour se faire plaisir avec des poissons de toutes les tailles. Elle cache même bien son jeu et peut tout à fait mater des truites de plus de 50 cm…"

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Orvis Recon
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L'avis de la rédaction :

Une canne haut de gamme made in USA qui se destine aux pêches fines (de par sa puissance modérée) en eaux rapides. Sa longueur standard 10' lui autorise tous types de milieux avec une prédilection pour les rivières moyennes. Grâce à sa réactivité et sa maniabilité, vous pourrez pêcher efficacement en sèche, sèche/nymphe et en nymphe à l'européenne, voire en noyée... elle sait tout faire ! A noter que le constructeur annonce un montage sur l'épine, ce qui devrait donc homogénéiser le comportement des différentes Recon produites. Une canne très pointue mais qui reste abordable en termes de prix (autour de 450euros), d'autant qu'elle bénéficie de la garantie Orvis 25 ans.

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Rivière, truite, pêcheur et fée électricité : Tous électrivores (1/5)

hydroélectricité

Soyons francs, l’hydroélectricité n’a pas bonne presse chez les pêcheurs de truites. Nous n’aimons pas beaucoup les barrages, les tronçons de rivière avec des débits réduits ou des variations intempestives de niveaux. Actuellement, rares sont les projets de création de centrales hydroélectriques qui ne soulèvent pas opposition, indignation, voire pétition de la part des pêcheurs. D’ailleurs, ce n’est pas un hasard si les seules règles environnementales s’appliquant aux centrales hydroélectriques, à savoir le maintien d’un minimum d’eau dans la rivière, étaient initialement contenues dans la loi pêche de 1984.

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Une fois fait ce constat, je pourrais me lancer dans une suite de chroniques dans lesquelles j’énumérerais tous les impacts de l’hydroélectricité sur les cours d’eau, les aberrations financières qui entourent la tarification de la production, une liste de toutes les mauvaises pratiques volontaires ou non des producteurs, bref, je pourrais facilement avoir l’assentiment de tous les lecteurs, mais, ferais-je vraiment avancer la réflexion de chacun et le débat ? Je n’en suis pas convaincu. C’est pour cette raison, que j’ai décidé d’aborder ce délicat sujet de l’hydroélectricité et de la vie des cours d’eau en essayant d’apporter un maximum d’informations, de données et de constats afin que tout un chacun puisse se faire une opinion la plus éclairée possible sur ce sujet.

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ligne haute tension
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L'électricité, un vecteur d'énergie ubiquitaire

Si aujourd’hui, certains se passent de viande, d’autres de voitures, combien d’entre nous ne consomment pas d’électricité ? Bien peu il me semble, en tout cas, je n’en ai encore jamais croisé. En un peu plus d’un siècle, la fameuse fée électricité a envahi tous les foyers, les lieux de travail, les espaces publics. En s’intéressant à elle, j’ai bien conscience de traiter d’un sujet capital pour le fonctionnement actuel de nos sociétés industrialisées. D’ailleurs si d’aucun envisage l’arrêt de l’usage des énergies fossiles, je n’ai encore jamais entendu quelqu’un évoquer un quelconque arrêt de la production d’électricité. Ce n’est pourtant pas qu’elle ne soit pas dangereuse pour l’homme. Si vous avez le malheur, par accident, de vous retrouver au cœur d’un circuit électrique entre 2 fils et que votre corps sert de conducteur, votre organisme ne va pas aimer du tout. Dans un registre moins dramatique, il n’est pas spécialement conseillé de vivre à proximité d’une ligne à haute tension ou d’un alternateur de forte puissance. En effet, la production et la circulation d’électricité émet des champs électro-magnétiques qui peuvent affecter la santé. Mais, au sein de nos habitations ou de nos lieux de travail, les circuits qui nous approvisionnent en électricité semblent, à priori, peu nocifs pour la santé.

Voilà donc le décor planté, je suis face à un bien que nous consommons tous quotidiennement pour des usages dont nous ne sommes pas prêts de nous passer. La question actuelle n’est donc pas de savoir si nous allons arrêter de consommer de l’électricité mais avec quelle source d’énergie nous devons la produire.

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Quelques chiffres sur la consommation d'électricité en France

Dans cette 1ère chronique, nous allons nous plonger dans les méandres de notre consommation. Premier élément clé, le langage commun. En énergie, l’unité de base permettant de quantifier les puissances produites ou consommées est le Watt, du nom d’un scientifique écossais (James Watt) dont l’histoire nous dit que les avancées sur les machines à vapeur lui furent inspirées en parcourant les bords de la rivière Clyde. De là à penser qu’il y pêchait le saumon, il n’y a qu’un pas que je ne franchirais pas. Pour éviter d’accumuler rapidement les 0, on parle de kilowatts (1000 watts), de mégawatts (1000 kW), de gigawatts (1 million de kW) et de térawatts (1 milliard de kW). C’est à cette échelle que se situe notre consommation d’électricité en France avec une moyenne de 485 TWh/an pour les 10 dernières années (485 milliards de kWh). En 50 ans, notre consommation a été multipliée par 5 de 60 TWh/an dans les années 1960, à 250 TWh/an dans les années 1980, 400 dans les années 1995. Avec 7 000 kWh/an/habitant, nous sommes 2 fois au-dessus de la consommation moyenne mondiale mais en-dessous d’un américain « moyen » qui avale 12 000 kWh/an pour satisfaire ses besoins.

La part des ménages dans cette consommation est d’environ 30% ( 17% pour l’industrie). Une maison construite scrupuleusement selon les normes de 2012 consomme 2 à 3 fois moins qu’un pavillon des années 1990. Avec une moyenne de 300 000 nouveaux logements par an, si, depuis les années 2000, nous avions privilégié l’isolation plutôt que la piscine extérieure et la cuisine aménagée, nous aurions pu économiser l’équivalent de la production d’un réacteur nucléaire, de 500 centrales hydroélectriques ou de 1000 éoliennes.

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électricité france
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électricité hypermarcher
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La palme de la consommation pour le secteur tertiaire

Au-delà des habitations, c’est actuellement le tertiaire (bureaux, commerces) qui représentent plus de la moitié de la consommation. Un « joli » centre commercial, consomme 20 fois plus par m² qu’une maison individuelle. Nos 66 millions de m² de centres commerciaux en tout genre consomment plus de 50 TWh (12% de notre consommation totale) soit l’équivalent de 80% de la production hydroélectrique, de 7 réacteurs nucléaires ou de 5 000 éoliennes. Donc, à chacune de nos incursions dans ces temples de la consommation pour acheter des biens qui, pour 80% d’entre eux ont déjà parcourus plusieurs milliers de km, nous participons activement à valoriser ce mode de commerce très énergivore. En sachant que 2 millions de m² sont construits chaque année sur notre territoire, ce sont 3 nouvelles éoliennes ou une centrale hydroélectrique qu’il  faut chaque année pour satisfaire nos besoins de consommation effrénée.

Autre exemple de consommation « utile », les enseignes commerciales. Elles consomment 2 milliards de kWh (100 centrales hydroélectriques). Il aura fallu attendre 6 années pour qu’un décret de 2012 qui prévoit l’extinction de ces points lumineux d’1h à 6h du matin soit enfin appliqué, ce qui devrait permettre d’économiser 1 TWh (50 centrales hydroélectriques). Quel courage politique il aura fallu pour un tel résultat ! Nous n’osons pas imaginer le même texte prévoyant l’interdiction de tout affichage publicitaire lumineux… Peut-être qu’en 2050, nos villes et villages seront enfin plongés dans l’obscurité la nuit.

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voiture électrique
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La voiture électrique, coup de grâce pour nos rivières ?

Dernier point de prospective, les fameux véhicules électriques si chers à tous les bien-pensants de la lutte contre le réchauffement climatique. Si nous nous lançons dans l’aventure du tout électrique, voilà la facture à régler :

Avec 725 milliards de km/an effectués par tous nos véhicules personnels et commerciaux et 16 milliards de km/an par les camions, une perspective de consommation de 20 kW/100 km pour les véhicules et 100 kW/100 km pour les camions, il nous faudra produire 160 TWh de plus soit une augmentation de 35% de notre consommation actuelle (21 réacteurs nucléaires, 7 000 centrales hydroélectriques et 16 000 éoliennes). Alors si les Zoé, Leaf et autres I Pace venaient à remplacer nos Méganes, C4 et autres Berlingos et que nous voulions sortir du nucléaire, je ne donne pas cher de nos dernières rivières non équipées… Mais c’est une autre histoire que je vous conterai à ma prochaine chronique !

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Découvrez la suite de notre dossier "Comment les rivières,  les truites et les pêcheurs cohabitent-ils avec la fée électricité ?" :

Part 2 : Et au milieu fissionnait l'atome

Part 3 : Les modifications des habitats

Part 4 : Les impacts sur les espèces

Pêche aux leurres : Amont ou aval, comment choisir ?

Pêche truite

L’angle de présentation d’un leurre est souvent déterminant pour déclencher l’attaque d’une truite. Le profil de la rivière, son débit, et le niveau d’agressivité des poissons sont autant de paramètres à prendre en compte quand il s’agit d’animer un leurre au bon niveau et au bon endroit. Le choix de pêcher vers l’amont (up stream, le pêcheur remonte le cours d’eau) ou vers aval (down stream, le pêcheur progresse en descendant le courant) découle par conséquent de la concomitance de ces facteurs. Il est aussi dicté par le bon sens et la mise en œuvre d’une règle simple : celle de ne jamais traverser une zone que l’on n’a pas pêchée quel que soit le type de progression choisi. Voici les différentes paramètres à prendre en compte pour choisir entre une prospection down stream ou up stream :

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Le type et le profil de la rivière :

Quand on aborde un ruisseau encombré coulant sous un épais couvert végétal ou traversant une zone boisée, une pêche vers l’amont s’impose en raison du confinement des lieux qui nécessite des lancers cours et précis dans d’étroits corridors. Le pêcheur doit donc progresser dans le lit du cours d’eau ou depuis la berge. Durant l’étiage, il est recommandé de remonter le ruisseau en limitant les progressions dans le lit afin de ne pas effrayer les truites qui peuvent être postées en fin de courant lors des phases d’alimentation et qui voient alors leur niveau de vigilance décuplé. Il est par conséquent préférable de ressortir précautionneusement du lit et de cheminer depuis la berge pour rejoindre le coup suivant en se dirigeant vers l’amont.

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Pêche
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Dérives aval en ruisseau, c'est possible !
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Si la pêche en wading est impossible ou que vous faites le choix d’une prospection moins invasive, il est possible de réaliser quelques dérives vers l’aval pour prospecter un secteur plus profond ou plus lent près d’une berge creusée.

Cette stratégie demande beaucoup de discrétion et une prospection extrêmement lente.

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En grande rivière, la pêche en wading ne pouvant se pratiquer sur toute la longueur du linéaire, le choix du pêcheur est plus étendu. Si la pêche dans l’eau n’est pas possible, je privilégie les dérives en travers, trois quarts-amont et trois-quarts aval, depuis la berge. Ces dernières permettent de présenter un leurre plus lentement et avec davantage d’insistance. Si ce n’est pas indispensable, j’évite de pénétrer dans l’eau, plus particulièrement lors de la recherche des beaux poissons qui sont très sensibles à l’onde provoquée par nos pas et l’entrechoquement des galets lors de notre progression sur les grands lisses.

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pêche leurres
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En moyenne rivière, le pêcheur peut indifféremment pratiquer une pêche vers l’amont ou l’aval en fonction des caractéristiques des postes et de la vitesse du courant. Je préfère quant à moi remonter le cours d’eau, même si je ne pratique pas systématiquement le wading pour les raisons évoquées supra. En effet, un cheminement depuis la berge est toujours préférable, car les ondes provoquées par le pêcheur lors de sa progression dans l’eau se brisent plus facilement contre les obstacles naturels. Dans ce milieu, la présence de nombreux enrochements (et par voie de conséquence d’accélérations du courant) facilite les présentations vers l’aval grâce à l’isolement visuel que ces obstacles immergés favorisent, ce qui peut être favorable sur certains postes.

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pêche leurres
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Conditions de présentation du leurre :

Le choix d’animer un leurre de l’amont vers l’aval (en pêchant up-stream) n’est pas anodin puisque la vitesse du courant influence inévitablement la vitesse de récupération et contrarie la qualité du ferrage. La force du courant va effectivement entraver vos animations en emportant le leurre plus ou moins rapidement au risque d’une perte ponctuelle de contact. Il est par conséquent utile de disposer d’un moulinet possédant un fort ratio (70 à 80 cm par tour de manivelle me semblent un bon compromis) afin de compenser l’entraînement du leurre par la force du courant, mais aussi pour ne pas être obligé de compenser une trop faible vitesse de récupération par des à-coups parasites (notamment avec une cuiller tournante qui demande une grande régularité).

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pêche leurres
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Pêche leurres
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Pêcher up-stream c’est aussi prendre le risque de couvrir avec sa ligne un poisson posté dans une dérive naturelle, en l’absence d’une couverture nuageuse suffisante. Une micro-tresse ou un monofilament, se comportant comme une « fibre optique » en conduisant la lumière, sont par essence les éléments les plus perturbateurs en action de pêche. Il peut par conséquent être judicieux de modifier l’angle de présentation d’un leurre en se déplaçant légèrement latéralement (ouverture d’angles) ou en réalisant des lancers trois-quarts amont. Ces derniers offrent un intérêt supplémentaire, celui de pouvoir présenter plus lentement son leurre, plus particulièrement avec l’emploi d’une cuiller tournante ou ondulante. Les pêcheurs employant une tresse doivent aussi prendre en compte la formation d’un « ventre », aussi imperceptible soit-il, qui va contrarier l’animation et le ferrage. Une animation « canne haute » est plus indiquée si nous employons un poisson nageur afin de réduire la longueur de la ligne en contact avec la surface et/ou la masse d’eau.

Ce dernier point est important quand il s’agit notamment de ralentir la présentation et l’animation d’un leurre le plus près possible du fond dont la périphérie immédiate correspond à la zone de réactivité des plus beaux poissons. En présence de courant, les pêches up-stream nécessitent la sélection d’un leurre plus dense (suffisamment lourd pour s’enfoncer rapidement et offrant peu de surface aux nombreuses turbulences). Ce point est important quand on sait que le courant est quasiment nul près du fond et des obstacles, mais qu’au contraire, il s’accélère fortement juste sous la surface.

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Pêche leurres
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Les pêches down-stream, quand elles sont possibles et correspondent au patern, permettent de présenter plus longuement un leurre devant un poste ou dans une dérive naturelle dans laquelle se tiennent les truites pour s’alimenter. En jouant avec la force du courant et la pression exercée sur votre leurre, il est ainsi possible de se montrer très insistant ou au contraire provoquer le fameux arc-de-cercle qui est souvent le principal facteur déclenchant d’une attaque réflexe, selon le degré d'agressivité des poissons.

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pêche leurres Alain Foulon
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A ce propos, une technique particulière consiste à stabiliser un leurre près d’une berge creusée ou d’obstacles immergés, sous lesquels les poissons se réfugient. Le pêcheur, sans aucune récupération à la manivelle, jouera sur l’inclinaison de sa canne pour maintenir une pression suffisante permettant de faire vibrer le leurre à l’endroit voulu. Si vous levez la canne, la force du courant accélérera alors brutalement les vibrations de votre poisson nageur ou de votre cuiller jusqu’au point de décrochage au-delà duquel le leurre sortira de sa trajectoire en cessant de travailler. A l’inverse, le leurre ralentira dès que vous abaisserez le scion. Les truites surdensitaires sont extrêmement sensibles à ce type d’animation ; les pêcheurs l’emploient fréquemment en compétition quand il s’agit de continuer à déclencher l’attaque de poissons déjà fortement sollicités. Cette technique est également adaptée aux truites sauvages, à condition d’user de plus de précautions. Enfin, il existe une technique à « démouliner » qui consiste à faire évoluer un leurre dans une dérive naturelle en jouant sur la manivelle (en avant et en arrière), l’objectif étant de maintenir une pression suffisante sur la palette ou la bavette afin de conserver assez de vibrations pour déclencher une attaque. Lors d’un prochain article, nous aborderons cette technique si particulière que certains pêcheurs, du Massif Central notamment, pratiquent assez fréquemment.

Au plaisir de vous rencontrer au bord de l’eau !

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