Bilan en Aveyron et ses environs
Nous arrivons à la mi-saison sur les cours d’eaux de 1ére catégorie.
Nous arrivons à la mi-saison sur les cours d’eaux de 1ére catégorie.
Dans la grande famille des Heptageneiidae, le genre Ecdyonurus mérite une attention soutenue dès que les beaux jours arrivent, soit à la suite des "Saints de glace" et de manière générale, dés la fin de de la fonte des neiges pour les cours d'eau qui y sont soumis.
Quinze espèces d'Ecdyonurus sont répertoriés en France, espèces qui se distinguent les unes des autres par des détails aussi peu significatifs pour le pêcheur que l'espacement plus ou moins grand des lobes du pénis des imagos mâles et autres menus détails du même ordre...
Actuellement, il n'existe pas de clé permettant d'identifier les femelles des différentes espèces. Or, nous verrons plus loin qu'en pratique, ce seront principalement les femelles qui monopoliseront notre attention et cela illustre bien la façon dont l'entomologie pure nous mène dans l'impasse. C'est le revers de la médaille. Je laisse donc (comme d'habitude !) le soucis de l'exactitude entomologique de côté au profit de recoupements empiriques beaucoup plus utiles sur le terrain.
Avec les genres Rhithrogena et Epéorus, les Ecdyonurus forment ce qu'il est usuel d'appeler "les mouches de courant".
Concentrons nous sur cinq espèces : E. Venosus / E.Torrentis / E. Forcipula / E. Insignis / E. Dispar.
Ce sont les plus fréquemment rencontrées et les plus citées par la littérature halieutique. Ces désignations par "approximation" nous serviront de référence. Soit parce que certaines d'entre elles sont en fait des "groupes d'espèces"(Venosus) soit parce que leurs clés de détermination ne sont pas assez claires (Forcipula). Afin que les informations qui suivent restent étroitement liées à leur application en action de pêche, les entomologistes plus calés que moi ne me tiendront pas rigueur, je l'espère, des erreurs toujours possibles qui se seront glissées ici ou là... S'il me semble opportun de connaître et de reconnaître les ecdyonuridés, certains d'entre eux sont d'un intérêt négligeable.
Voici donc quelques considérations d'ensemble :
Ecdyonurus Venosus (Late March Brown) est des plus intéressants, c'est le plus grand (hameçon de 10) et le plus flamboyant. On le rencontre toujours de façon isolée, le plus souvent des femelles. Ils évoluent parfois au travers d'essaims d'autres mouches de courant. Les imagos femelles portant leurs boules d'oeufs blanchâtres sont d'une couleur d'ensemble rouge-orangé alors que celles qui après la ponte sont en fin de vie, sont plutôt brun-rouge foncé cramoisi. L'incandescence de la couleur rouge des imagos frappe l'observateur et le monteur avisé devra s'attacher à reproduire l'impression toute particulière transmise par l'insecte en vol...et ce dans toutes les conditions de lumière.
Ecdyonurus Torrentis (Large brook Dun) ressemble fort à son cousin et sa présence induit peu ou prou les mêmes effets positifs que Venosus auprès des truites. De taille un peu plus réduite, il colonise volontiers les ruisseaux plus modestes et ombragés. On peut observer une zone ocre-jaune dans la partie basale des ailes des imagos de cette espèce, cette coloration étant nettement moins marquée chez Venosus. Les ailes antérieures des subimagos possèdent des zones fumées en forme de croissants décalés. Le bord extérieur de l'aile postérieure possède cette même marque. Ces caractéristiques sont absentes ou très atténuées chez les subimagos de E.Venosus. E. Torrentis et E. Venosus sont les deux espèces les plus intéressantes pour la pêche notamment au stade imaginal, leurs imitations iront tout aussi bien pour E. Dispar et E. Forcipula (par purisme, les plus pointilleux d'entre nous réajusterons tailles et tonalités). Pour imiter les subimagos, un bon modèle de March Brown est parfait. Voir les fiches de montage ici
Je commets peut être une erreur de détermination en nommant "Ecdyonurus Forcipula" l'Ecdyonurus le mieux représenté dans les cours d'eau que je fréquente. Selon les entomologistes confirmés, il serait très ardu de le différencier de E. Venosus mais il est évident que l'Ecdyonurus que je rencontre si souvent (surtout dans les Pyrénées) est un insecte différent, d'où mes réserves quant à mes tentatives d'identification... L'imago est plus sombre que les autres, abdomen bordeaux et derniers segments brun foncé, thorax noir. Je suis toujours frappé par la forte impression de "violine" que transmet l'insecte en vol. Le stade subimaginal est extrêmement court et il est rare de pouvoir capturer une subimago. La bande noirâtre de la zone apicale des ailes antérieures des imagos mâles est un moyen simple de le distinguer des autres espèces sus-décrites. Son impact auprès des truites me paraît assez faible en dehors des retombées des imagos femelles lors de certains coups du soir...
Ecdyonurus Dispar (August Spinner), anciennement Ecdyonurus Fluminum, est une espèce d'arrière saison, un peu moins imposante, assez grande mais semblant plus "frêle". Sa façon de voler est différente aussi : virevoltante ! Les cerques chez cette espèce sont beaucoup moins écartées en vol que chez les autres Ecdyonurus, c'est un fait assez remarquable. Des marques brunes et obliques ornent les pleurites et les derniers segments abdominaux des imagos sont d'un jaune-orangé lumineux. C'est un éphémère que je rencontre plus rarement mais qui est extrêmement élégant. Son impact sur les truites reste à la marge si j'en crois mes observations... Mais peut-être aussi que la saison pendant laquelle il est présent joue pour beaucoup dans cette remarque, E. Dispar étant alors en concurrence avec des insectes plus petits et plus nombreux que les truites préfèrent à ce moment de l'année.
Ecdyonurus Insignis (Large Green Dun) se rencontre fréquemment pendant l'arrière saison également, mais je ne l'ai toujours observé que sur le cours inférieur des grandes rivières (Ariège, Bas-Salat, Dordogne...). Ici, ce sont plus souvent les subimagos que l'on rencontre, qui dérivent un peu à la façon d'une "March Brown" mais plus épars. Les dessins caractéristiques sur les sternites de l'insecte ainsi que sa couleur générale vert-amande pâle nous invite à un diagnostic assez perspicace. Des pêcheurs plus assidus que moi auprès des grandes rivières pourraient avoir un point de vue différent, mais pour ce que j'ai pu observer, le faible intérêt des truites et des ombres pour cet éphémère ne m'ont à ce jour pas conduit à concevoir un modèle spécifique.
A la belle saison, un commentaire récurrent raisonne en écho des sorties de pêche : "c'était plein d'ecdyos, mais bizarrement, il n'y avait pas de gobages !"
Ceci est une remarque qui mérite d'être contournée. Dans l'inconscient collectif de beaucoup de moucheurs lorsqu'il y a "des mouches" cela devrait se traduire (dans un monde idéal) par l'installation des truites sur les meilleurs postes, truites qui généreraient des séries de gobages réguliers et appuyés... ceci est une image d'Epinal. Dans la plupart des cas en France, dans l'état contemporain de nos cours d'eau, ces conditions idylliques sont d'une part rares, et d'autre part circonscrites à certains types d'émergences.
En aucun cas la montée sur les ecdyos ne peut ressembler aux gobages que suscitent les Olives, les Bwo ou les March Brown (liste non exhaustive...). Chez les ecdyonurus, la période d'émergence n'existe pas en tant que "période efficace" pour la pêche, même si quelques spécimens de subimagos un peu plus lents à décoller se font de temps en temps alpaguer par d'opportunistes truites. N'en doutons pas c'est la période de ponte et la retombée des imagos qui est le point d'orgue de la pêche aux ecdyos ! Ce moment a lieu le plus souvent en soirée. Il peut arriver d'observer des ecdyonurus en pleine activité de ponte en journée, ceci pourra être démenti, mais je crois avoir remarqué que ce phénomène indique l'arrivée imminente de l'orage...
Cependant c'est bien au coup du soir que les pontes massives se produisent. Si la providence (ou l'expérience!) vous a placé au bon endroit au bon moment vous aurez peut être la chance d'assister à un mémorable et frénétique spectacle. Les gobages peuvent alors avoir lieu partout, sans rythme, aux hasards des retombées des insectes. Hélas ces moments là deviennent de plus en plus rares... Le constat est simple : pour que les truites perdent la raison à propos des ecdyos, il faut des retombées conséquentes, très conséquentes... Et depuis quelques années, où que j'aille, je ne peux que me désoler devant la lente chute des effectifs chez ces belles mouches de courant. Je ne me trouve pas bien vieux et sans craindre le risque de passer pour une grand-mère à moustaches, j'avoue désormais ne rencontrer qu'un spécimen là où il y a 30 ans j'en comptais dix. J'ai du mal à déterminer les raisons objectives de ce déclin. Dans ces lieux spécifiques où l'agriculture n'a (en général) pas vraiment progressé depuis trente ans, la piste glyphosate tient mal la route dans la courses aux hypothèses... le réchauffement climatique...? L'alternance d'étiages sévères et de crues plus fréquentes...? Histoire de cycles...? Ou tout simplement un entrelacs de ces différents facteurs...? Je n'ai pas d'explication fiable et objective à ce sujet. Forcement ce déficit a un impact sur le comportement des truites.
Pour autant, les Ecdyonurus, sont dans "la fenêtre de préhension" des truites et elles y réagissent toujours très bien... ils doivent avoir bon goût ! Mais j'en conviens, en dehors des rares instants de folie, l'intérêt bien réel des truites pour les ecdyos peut facilement passer inaperçu. Car attention, contrairement à ce que l'on croit, les truites happent plus l'imago qu'elles ne le "gobent", les plus belles truites peuvent se montrer très délicates et discrètes dans la prise de ces grands imagos. Plus les truites sont grosses et plus le phénomène est furtif, cela ne crève pas les yeux.
Autopsies à l'appui, il est intéressant de constater que la proportion des femelles dans les contenus stomacaux dépasse de très loin celle des mâles. Ce point doit interroger en particulier le monteur de mouches et l'inciter à plutôt imiter les imagos femelles.
Je me souviens d'un certain coup du soir de juillet sur ma rivière fétiche en 1996. Il y avait lieu ce soir là une très belles retombée de mouches de courant. J'observais une truite beaucoup plus belle que la moyenne pour ce parcours. Ce poisson gobait de façon assidue en plein courant et me refusait bon nombre de modèles avant que je ne réussisse à le tromper. Très curieux, je tuais cette truite pour en faire l'autopsie (et accessoirement l'inviter à diner aussi...). Le contenu stomacal était édifiant : en plus de quelques rares fourmis, je me retrouvais face à près de cinquante imagos de Rhithrogenas Semicolorata.... tous femelles ! Sans la moindre exception ! Ce fait fût marquant pour moi, c'était la première fois que je pouvais le constater par moi-même et sans la moindre ambiguïté.
Depuis ce jour, j'y suis devenu plus attentif et à maintes reprises, j'ai pu confirmer cette préférence des truites pour plusieurs types de retombées mais plus particulièrement pour les mouches de courant.
Pierre Miramont (encore lui !) nous indique que les femelles sont d'un apport protéinique supérieur aux mâles car elles sont porteuses d'oeufs. C'est très certainement vrai. Je crois aussi qu'elles sont plus souvent proches des flots que les mâles surtout pendant la ponte et que donc, arithmétiquement elles sont aussi des proies plus faciles.
Toute règle possède son exception, je ne me suis retrouvé qu'une seule fois dans le cas inverse :
Fin juin 2002 sur la même rivière, un coup du soir exceptionnel où les truites ne semblaient ne s'intéresser qu'aux mâles. Une fois trouvé la bonne mouche, je leurrais un nombre très conséquent de beaux poissons. Malheureusement, je n'avais qu'un modèle de cette mouche qui finit par se défaire après plusieurs dizaines de prises... Dès lors, même avec des modèles approchants, je n'obtins que refus et petits poissons. Qu'à cela ne tienne, je détenais la mouche miracle et fort de cette expérience je montais en série ce modèle fatal... que plus jamais je n'eu l'occasion de re-utiliser dans de pareilles circonstances et qui depuis bien des années déjà a fini par quitter mes boîtes. Je ne fis pas d'autopsie ce soir là et je n'ai pas d'éléments logiques pour tenter d'expliquer les raisons de cet anachronique succès. Peut-être était-ce là un signe pour me montrer à quel point tout est relatif à la pêche et aucune règle immuable. Et puis, les mystères de la nature ne sont ils pas le carburant de nos rêves ainsi que le moteur de notre quête sans fin... à nous pêcheurs? Probablement..
On peut donc pêcher avec succès si l'on s'y prend bien et si l'on a des mouches bien choisies et...condition majeure : si l'on y croit ! Oui, réussir la pêche aux ecdyos sur une rivière sans gobages est avant tout une question de foi et d'intuition. Un parcours dégagé, avec de nombreux postes entrecoupés de courants rapides est le théâtre d'opération idéal pour tenter sa chance avec les mouches de courant. Si tous les postes classiques peuvent se révéler payants, on devra insister sur 3 postes types :
La pêche avec des mouches destinées à reproduire les stimulus des mouches de courant est une pêche fascinante, intuitive et rustique qui se pratique avec un bas de ligne fort et court dont la pointe ne doit pas être plus fine que 14 centièmes. On pêche à courte distance et avec des courtes dérives en cadence rapide devant les postes... Souvent les truites montent du fond, cachées sous les pierres ! On peut ainsi "taper" la proximité d'un poste supposé avec une mouche adaptée. Cela signifie que l'on impacte juste la surface avec sa mouche 3 à 4 fois autour de la même petite zone, auprès d'un caillou émergent par exemple. Cela doit simuler la façon dont la femelle fait de petits pics successifs de la pointe de son abdomen en déposant ses oeufs. Sur le dernier posé, on laisse la mouche dériver un peu plus librement, c'est souvent sur ce dernier lancer que la mouche se fait prendre... c'est un moment, très spécial, magique ...et gratifiant ! Pour bien pratiquer cette pêche, ceux qui maîtrisent le lancer à la française cher à Yannick Rivière auront un avantage certain sur les autres. Une soie naturelle parallèle de 3 et un bas de ligne court et dégressif pour une canne de 10 pieds sont le matériel de base que j'utilise.
Surtout en ruisseau, on peut essayer de pêcher à deux mouches. En raccourcissant légèrement le bas de ligne, on monte une mouche sèche type Red Spinner, plutôt grosse et dépouillée en potence et une noyée espagnole type ecdyo en pointe, les deux mouches seront espacées de cinquante centimètres. Il est à mes yeux absolument indispensable que ces deux mouches soient montées avec des hackle de très grande qualité (plume corrézienne ou espagnole). Le moment choisi pour cette pêche est essentiellement affaire d'intuition. Très souvent la truite monte sur la sauteuse, mais la détection des touches sur la mouche noyée sont les instants qui me procurent le plus d'émotion.
C'est une déclinaison de la méthode dite de "la mouche piquée" qui est une pêche ancestrale qui se pratique à deux mouches (noyées légères) et que plus grand monde n'utilise vraiment. Méthode ringardisée par les nouvelles techniques issues de la compétition que rien ne saurait actuellement dépasser en terme de résultat brut. Le romantisme y perd à coup sur, ce que la comptabilité y gagne.
Dans une deuxième partie, nous verrons quelles mouches utiliser et comment les monter.
NDLR : photos de l'auteur sauf photo Ecdyonurus Dispar imago femelle (Leon Janssen)
Voilà une citation qui, bien que modifiée, traduit bien les semaines qui viennent de s'écouler sur nos rivières alsaciennes.
Beaucoup de pêcheurs des Nives sont las de ces pluies qui ne cessent de tomber sur les reliefs du Pays Basque.
Le moulinet Vivarelli, initialement conçu en Italie pour la pêche à la mouche en eaux rapides, a vu son champ d'application s'étendre considérablement ces dernières années. Les pêcheurs à la nymphe au fil moderne, les pêcheurs au toc, et plus généralement tous ceux qui souhaitent gagner en rapidité d'exécution et en confort de pêche, l'ont adopté. Il est vrai qu'avec une mécanique simple et fiable (les pièces sont peu nombreuses et en acier inoxydable), un bâti en graphite léger mais solide, le Vivarelli a tout d'un compagnon de pêche durable. Sans fioriture et rustique, il s'est imposé comme le moulinet de la pêche en eaux rapides, que ce soit une sèche, une nymphe à bille ou un appât naturel qui orne votre hameçon !
Toutefois, ce moulinet, dans sa version originale, reste perfectible :
Sa bobine possède une contenance démesurée (une DT6 + 40m de backing) pour qui ne pêche pas avec une soie de 5 ou 6, c'est à dire pour la majorité des pratiquants qui l'utilise ! De plus, le diamètre du moyeu très faible (18 mm) favorise le vrillage, ce qui nécessite l'adjonction de backing.
Enfin, certains pêcheurs lui reprochent son efficacité limitée lors des combats avec des gros poissons (situation pour lesquelles il n'a pas été initialement conçu il faut le dire !) :
L'absence de manivelle ne permet pas de travailler le poisson au moulinet, le frein peu progressif et difficilement ajustable en action de pêche (son réglage nécessite une clé allen fournie) ne sont pas idéaux pour aborder les bagarres intenses.
Plusieurs fabricants ont donc sauté sur l'occasion et mis au point des pièces annexes permettant d'améliorer la bobine initiale du vivarelli. Aujourd'hui, l'offre est variée et l'on ne peut que s'en réjouir ! Cet article vise à réaliser un tour d'horizon le plus exhaustif possible de ces alternatives. Les critères pris en compte cibleront :
Ont été mesurés précisément différents paramètres des bobines disponibles :
La célèbre marque Suisse a conçu un kit haut de gamme composé d'un moyeux à fixer sur l'axe du vivarelli capable de recevoir différentes bobines. 3 diamètres sont disponibles, couvrant toutes les utilisations, du faible diamètre pour soies 4/5 au large arbor destiné à recevoir du nylon ou une soie naturelle ultra-fine. Ces bobines sont disponibles avec une manivelle tournante en option, apportant un grand confort d'utilisation. Le frein se règle très facilement en tournant les crans sur le moyeux et sa progressivité est inégalée.
Avantages :
Inconvénient :
L'avis de Matthieu Vieilhescaze (fondateur de la marque Native et auteur chez Truites & Cie), 18/06/2018 :
"J’utilise le kit Peux Revival depuis un petit peu plus d’un an maintenant. Les corrections des petits défauts existants sur le Vivarelli d’origine sont effectuées de la plus parfaite des manières avec ce kit, qui permet d’obtenir un outil parfait pour toutes les pêches jusqu’à une douzaine de mètres de distance. Le frein, qui n’était ni réglable en action de pêche ni progressif, devient sur cette bobine parfaitement adapté à la pêche des beaux poissons et/ou à l’utilisation de fils fins grâce à une grande progressivité et une facilité de réglage parfaite. L’ajout d’une manivelle (qui manquait cruellement sur le modèle original !) a été réalisé sur le kit Peux avec brio, en conservant une fluidité de récupération optimale lorsqu’on actionne la gâchette du moulinet. La plupart des bricolages (parfois proposés à la vente) ou des simples kits manivelle + contrepoids génèrent, par l’ajout de poids sur le côté extérieur de la bobine, des vibrations parasites qui créent une sensation pénible à l’utilisation. Ici, la bobine du kit Revival est parfaitement équilibrée dans son ensemble, et l’utilisation en action de pêche reste des plus agréables. Un outil qui frôle la perfection !"
L'avis de Valentin Daubré, gérant de Peux Fly Fishing :
" Le moyeu du kit Revival comporte un frein multi-disques de conception similaire à ceux des moulinets PEUX. Toutes les bobines ReVival proviennent du même aluminium servant à la fabrication de nos moulinets, et sont également usinées dans la masse afin de présenter un rapport masse/solidité optimal. Aux mêmes titres que tous les autres produits PEUX, les kits ReVival sont entièrement usinés dans notre atelier situé en Suisse Italienne, avec nos machines à commandes numériques."
Ces bobines espagnoles en aliminium anodisé noir sont disponibles en 2 modèles qui se différencient par leur diamètre et donc leur contenance : le premier est destiné à recevoir une soie de 3 alors que le deuxième ne peut accueillir que du nylon ou une soie ultra fine. Ces bobines augmentent légèrement la masse de votre vivarelli et pourront de ce fait améliorer l'équilibre de certaines cannes longues. Au niveau du système de frein, le mode de réglage reste identique à celui du vivarelli (la clé allen originale est parfaitement utilisable) mais la progressivité quant à elle, est améliorée.
Avantages :
Inconvénients :
L'avis de Glenn Delporte (moniteur-Guide de Pêche sur les rivières du Pays Basque) :
"Cette bobine est capable d'accueillir une soie de 3. Le plus gros avantage reste le fait qu'elle soit large arbor donc moins traumatisante pour les soies mais aussi pour le nylon quand on ne pêche qu'avec du fil. J’apprécie particulièrement son frein beaucoup plus doux que celui des bobines Vivarelli d'origine. Sur les démarrage de beaux poissons, il fait vraiment le boulot. Jamais eu de casse liée à ça. De plus, il ne fait pas beaucoup de bruit lorsqu'on sort du fil ou de la soie, ce qui est plus agréable. Ces bobines sont légèrement plus lourdes que celle du vivarelli. Pour ma part, je trouve que le poids total convient mieux à la plupart des cannes notamment les 10' et plus (meilleur équilibre). Enfin, le côté esthétique est amélioré, ce qui redonne un petit coup de jeune au moulinet le plus utilisé par les moucheurs sudistes !"
L'entreprise espagnole Baetis commercialise un moulinet semi-auto fabriqué en Asie et dont les bobines sont parfaitement compatibles avec le Vivarelli. Elles sont fabriquées en aluminium et possède un frein légèrement plus progressif que celles de leur homologue italien. Disponibles en 2 modèles qui se différencient par leur diamètre et donc leur contenance, nous avons testé le modèle large arbor destiné à la pêche au fil. Comme dans le cas des RGS, ces bobines Baetis augmentent légèrement la masse de votre vivarelli et leur mode de réglage reste identique à celui du vivarelli (la clé allen originale est parfaitement utilisable). La progressivité est légèrement améliorée.
Avantages :
Inconvénients :
Le fabriquant Luckybur met à disposition des accessoires destinés à faciliter l'utilisation du vivarelli dans la pêche à la nymphe à l'espagnole (avec du nylon uniquement) : parmi eux, on trouve deux bobines large arbor en graphite à manivelle, fixable sur l'axe original du vivarelli. La différence par rapport à la bobine d'origine ne porte que sur le diamètre et la présence d'une manivelle fixe. Le frein reste identique, pas d'amélioration de progressivité ni de facilité de réglage (il faudra vous munir d'un petit tourne vis plat non fourni pour le régler). Les deux bobines Luckybur se différencient par leur diamètre de bobine et leur poids légèrement différents : la LB10 peut recevoir une soie de 3 (sans backing), alors que la LB5 se destine à la pêche au fil uniquement (nylon ou soie ultra fine).
Avantages :
Inconvénients :
L'avis de Lionel Fournier (champion de France 2018 et membre de l'équipe de France Europe de pêche à la mouche)
"J'utilise la bobine Luckybur avec une soie ultra-fine de 0.55 mm depuis sa sortie. J'apprécie son côté large arbor, sa grande légèreté et son design. Le frein est identique au vivarelli, c'est important pour les habitués qui l'utilisent depuis longtemps. Bien qu'il ne soit pas très progressif, il me suffit largement !"
Pour les amoureux des produits qualitatifs artisanaux, Serge Marty, tourneur sur bois basé dans l'Aude, est l'homme qu'il vous faut pour customiser votre vivarelli : en effet, Serge réalise sur demande des manivelles magnifiques, entre les objets décoratifs, plats et stylos, qui constituent la majorité de ses créations. N'hésitez pas à le contacter par téléphone au 07 89 54 42 73 ou à le rencontrer directement dans son atelier de Routier, en prenant rendez-vous au même numéro.
"Le kit que je propose possède une manivelle tournante comme tous les moulinets mouche standards. Tout est fixé au moulinet avec de la visserie en nylon. A l'opposé de la manivelle, il y a un contre-poids avec 2 joints pour bloquer la pointe du bas de ligne si besoin. Les bois employés sont des bois durs et stables dans le temps."
Pour contacter Serge : lateliercathare@gmail.com
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La plombée est l’élément de la ligne qui influence le plus la présentation de l’appât et il est très important de comprendre comment elle se construit et se modifie en cours de partie de pêche. Les formules miracles n’existent pas. La construction de la plombée doit rester très dépendante des conditions du moment, et ne peut se réaliser efficacement qu’au bord de l’eau. De plus, cette démarche reste très personnelle car la tenue de canne influence aussi considérablement la présentation de l’appât. Ces deux notions (plombée/tenue de canne) vont de pair. En la matière, chaque pêcheur a ses habitudes, son style, qu’il est important de se forger lorsqu’on débute. C'est véritablement un couple tenue de canne/plombée qui doit être trouvé.
Pour apprendre à construire la plombée, je vous propose une approche pragmatique qui met en relation les 4 caractéristiques de la plombée, leurs influences respectives sur le comportement de la ligne sous l’eau, et les conditions de pêche qui dictent la façon de les régler.
L’enfilade de plombs qui orne le bas de ligne possède 4 caractéristiques essentielles amenées à varier :
Détaillons chacune d’elles pour comprendre comment les modifier :
Définition :
Le caractère dégressif de la plombée désigne la diminution du poids à mesure que l’on se rapproche de l’hameçon. Il s’obtient de deux manières souvent couplées :
Cette dégressivité permettrait à l’appât de se présenter en premier à la truite. Cette théorie est sans doute loin de se vérifier au fond de l’eau : le courant de fond étant moins rapide que le courant central, l’appât a toujours tendance à passer après les plombs à cause du ventre formé par la bannière. Néanmoins, cette structure produit d’autres effets intéressants : le fait d’alléger la base de l’enfilade de plomb diminue la résistance que rencontre la truite lorsqu’elle saisit l’appât, ce qui favorise un ferrage efficace.
Comment l’adapter ?
Deux cas de figure se présentent :
Pour la pêche amont en torrent (lorsque le pêcheur relève la canne pour accompagner la ligne qui redescend vers lui), là, pas de doute, ce sont les plombs qui passent avant l’appât. Il est donc possible de simplifier au maximum le montage et d’opter pour 4 plombs (qui apportent plus de souplesse que 3 tout en étant moins encombrants que 5 dans les postes restreints) du même numéro. Dans 90% des cas en petite rivière, le bas de ligne peut comporter 4 plombs n°6, 4 plombs de 7 ou 4 plombs de 8 selon le débit. Dans les pêches très lourdes, on peut utiliser une plombée dégressive pour les raisons précédemment évoquées.
Pour la pêche aval en grands cours d’eau, la structure dégressive peut être conservée. La lame d’eau étant plus importante, le nombre de plombs sur le bas de ligne peut alors grimper jusqu’à 6 ou 7, en particulier si une plombée lourde et étalée est nécessaire (nous verrons ensuite les conditions dictant ce choix), tout en utilisant au maximum 4 numéros de plombs différents toujours par souci de simplification. Par exemple : 6-5-5-5-4-4-3
Définition :
Le poids total de la plombée (ou la masse plus exactement) est le grammage à utiliser pour faire dériver l’appât près du fond, sans couper les veines de courant (que l’on pêche amont ou en dérives aval). A ce niveau, aucune recette miracle. Seule l’intuition dicte votre choix et elle s’acquiert avec l’expérience. Si le néophyte procède par essais, le pêcheur au toc plus expérimenté est capable de définir le grammage à utiliser par simple observation du cours d’eau. Pour fixer les choses : 4 plombs n°8 (soit 0.28 gr au total) constituent une plombée relativement légère. A partir de 5 plombs de 5 (soit 0.65 gr), elle peut être considérée comme lourde. Dans les cas extrêmes des grandes rivières puissantes, des plombées de plusieurs grammes sont possibles et même recommandées !
Comment l’adapter ?
Le poids total est conditionné par la profondeur et la force du courant. une fois au bord de l'eau, il est préférable d’opter pour une plombée d’ensemble, basée comme son nom l’indique, sur le couple vitesse/profondeur moyen du secteur. Les fluctuations des couples vitesse/profondeur des différents postes sont compensés par une modification de la tension de la bannière :
Pour passer creux au niveau des postes un peu plus courants et/ou profonds que ceux ciblés par votre plombée d’ensemble, lancez légèrement plus en amont et donnez plus de mou dans la bannière lors de la dérive. Cet ajustement est suffisant dans la majorité des cas. Au contraire, pour ne pas accrocher au fond dans les coups plus lents et/ou moins profonds, tendez un peu plus la bannière dès l’impact de la ligne sur l’eau. Si ces ajustements sont insuffisants (cas d'un poste aux caractéristiques très différentes de celles des autres ex : une fosse au milieu d'un secteur de radiers), il convient d'alléger ou d'alourdir la plombée en enlevant ou ajoutant un plomb de numéro supérieur ou égal au plus lourd déjà fixé. Ex : pour alourdir une plombée 7-6-6-5, on peut ajouter un plomb de 5 ou de 4 sur le haut de l'enfilade, ce qui donne 7-6-6-5-5 ou 7-6-6-5-4
Définition :
La densité de la plombée, à ne pas confondre avec le poids, désigne la capacité du montage à couler plus ou moins rapidement. Elle se règle en modifiant l’étalement de la plombée :
A masse totale égale, une plombée concentrée perce plus efficacement la colonne d’eau qu’une plombée étalée. Ex : 4 plombs numéro 6 coulent beaucoup plus vite s’ils sont repartis sur 5 cm que sur 20 cm. Ainsi, avec le même poids total, on peut modifier le comportement de la plombée en jouant sur l’étalement. Avec moins de 10 cm entre le premier et le dernier plomb, la plombée est considérée comme resserrée (dense). Si on les fixe sur plus de 30 cm, cela revient à construire une plombée étalée qui sera plus planante à la descente et aura beaucoup de souplesse durant la dérive.
Comment l'adapter ?
La densité de la plombée est conditionnée par la distance dont dispose la ligne pour se mettre en place (c’est-à-dire la distance qu’elle parcourt entre l’endroit où elle perce la surface et l’endroit où elle doit atteindre le courant de fond, avant de parvenir à la position censée être occupée par une truite). Cette distance, correspondant à la phase de descente dans la colonne d’eau, est étroitement dépendante de la profondeur et de la taille des postes.
Prenons deux exemples littéralement opposés pour illustrer le propos :
Pour pêcher aval les grandes veines de courant, la gestuelle consiste à lancer légèrement en amont de sa position pour que l’appât parvienne au fond en face de soi. Ainsi, le montage dispose de plusieurs mètres pour se mettre en place. La plombée peut donc être étalée sur plusieurs dizaines de centimètres (parfois plus de 50 cm lorsque la profondeur des postes le permet), en vue d’obtenir un comportement naturel durant le reste de la dérive aval. De plus, le fait d’étendre suffisamment la plombée lorsqu’on pêche lourd (disons à partir de à 0,5 gr) réduit le risque d’accrochage. Cette règle générale souffre d'exception, notamment lorsqu'on aborde les veines d'eau surpuissantes et les gros couples vitesse/profondeur des grandes rivières (postes typiques de la saison estivale). Dans ce cas, même si l'on peut lancer très en amont de sa position, la plombée doit être assez regroupée pour percer efficacement la masse d'eau, nous y reviendrons dans un article pratique.
Pour une pêche amont dans des petits coups en torrent, votre montage n’a que quelques centimètres pour arriver au fond. En présence de postes miniatures, tout se joue très rapidement. Quelques centimètres de trop pour se retrouver au fond et votre appât se retrouve déjà projeté derrière la position du poisson. La plombée sera donc resserrée sur quelques centimètres (parfois moins de 5 cm lorsque le montage doit parvenir très rapidement au fond). Parallèlement, il faut veiller à la précision du point d’impact de la ligne sur l’eau.
Définition :
Comme son nom l'indique, la distance à l'appât est la distance qui sépare l'hameçon du plomb de base (c'est à dire le plus petit si la plombée est dégressive). La distance du plomb de base à l’hameçon influence la liberté octroyée à votre appât, c’est-à-dire l’amplitude des mouvements qu’il effectue autour de la plombée. La distance du plomb de base à l’hameçon et l’étalement de la plombée varient souvent dans le même sens, comme nous le verrons lors de la mise en pratique.
Comment l’adapter ?
La distance à l'appât se règle en fonction de :
Début de saison : appâts naturels ou nymphes?
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