Mouche en eaux rapides : le matériel pour être polyvalent

pêche mouche truite fario

Après avoir abordé la stratégie de pêche et l’intérêt de passer de la sèche à la nymphe en eaux rapides (voir l'article complet ici), voici le matériel que j’utilise pour cette pêche d’alternance. Il est bon de rappeler que l’appellation « eaux rapides » désigne les torrents de montagne caillouteux et les petites rivières pentues jusqu’à 5/6m de large. Le descriptif ci-dessous est indicatif et ne constitue en aucun cas une règle absolue. Il pourra être adapté en fonction du niveau des pratiquants ou des particularités des parcours prospectés. Par exemple, l'action d'une canne peut s'adapter parfaitement à la gestuelle et la technique d’un pêcheur et ne pas du tout convenir à un autre. Essayez avant d'acheter permet de se faire une idée précise !

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Un ensemble canne/moulinet/soie polyvalent

Une pêche en alternance efficace ne peut s’obtenir que par l'utilisation d'une canne réunissant les spécificités propres de la sèche et de la nymphe (je ne suis personnellement pas adepte du transport de deux cannes dans les milieux escarpés). Ce prérequis conduit à l'utilisation de cannes d'une longueur comprise entre 9,6 et 11' pour soie 2/3 à 3/4, selon la largeur et l’encombrement du cours d’eau (9.6’ dans les torrents branchus et 11' pour les secteurs de montagne dégagés par exemple).

Ce type de longueur relativement importante présente le précieux avantage de favoriser vos dérives. Le bras de levier est mis à profit à la fois en sèche et en nymphe :

  • En sèche : une tenue haute permettra de soustraire au courant une plus grande longueur de bas de ligne, et donc de limiter le dragage par ce biais.
  • En nymphe : ce genre d’outil permettra d'obtenir aisément un angle de dérive parfait lorsqu’on pêche canne haute, à savoir 45 degrés environ.

Avec un modèle pour soie 3, la légèreté reste importante et le confort de pêche très agréable. L’action sera moderate fast à fast. Dans les deux cannes, la canne reste douce en pointe afin de favoriser la propulsion sans effort d'une soie naturelle et de nymphes parfois légères (bille de 2.5 mm pour la pêche des radiers par exemple). Une canne trop puissante et/ou trop rapide ne se charge pas efficacement avec une soie naturelle fine, d’autant que peu de soie dépasse du scion lors des faux lancers dans ces pêches à faible distance. La canne doit donc être capable de se charger rapidement avec très peu de soie dehors. De plus, sa douceur assure une tenue parfaite des poissons dans ces eaux agitées où les truites sont souvent petites mais très vives et combatives, ce qui peut entraîner des décroches avec des pointes trop dures.

Au niveau des moulinets, les modèles semi-automatiques de type Vivarelli ou JMC Yoto sont parfaits afin de gérer en un temps record les mètres de soies non utilisés et ainsi d'éviter les accrochages immédiats dans les rochers ou la végétation lorsqu’on ne les récupère pas. Le moulinet est ici plus qu'une réserve de fil, il optimise votre rapidité d’exécution !

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vivarelli
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Ensemble eaux rapides type : une 10' soie 3 avec un moulinet semi auto
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pêche fario
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Un bas de ligne modulable

La formule « universelle » n'existe malheureusement pas car selon le niveau technique du moucheur, sa manière de se positionner et les milieux qu'il pêche, la bonne formule du bas de ligne devient très personnelle. Des formules qui réussissent admirablement bien à certains sont totalement inadaptées à d'autres ! Je vous invite donc à tester plusieurs modèles afin de trouver celui qui vous conviendra le mieux (voir l'article sur le choix du bas de ligne en nymphe au fil).

Afin de vous guider, il est important de savoir que les modèles dégressifs (ou progressifs) à nœuds seront les seuls capables de générer cette polyvalence indispensable car ils sont modulables à souhait au grès des aléas halieutiques.

Dans les eaux accidentées de type torrent, où les postes sont parfois exigus et les dérives très courtes, l'utilisation de bas de ligne à nœuds franchement dégressifs permet des posés précis et rapides. Je les conseille volontiers aux néophytes, notamment sur les parcours aux contraintes d'ordre végétal.

Les veines d’eau présentent un grand panel d’intensités différentes et les posés doivent être détendus afin de limiter le dragage. Lors de dérives beaucoup plus longues, un bas de ligne progressif est plus de situation.

Ces bas de lignes polyvalents auront une longueur d’environ 3.50m hors pointe. L'avant pointe se terminera par une micro boucle afin de favoriser les modifications de pointe sans pour autant modifier l'équilibre du bas de ligne. Afin de percevoir les touches lors des prospections en nymphe, les deux derniers brins constituant le bas de ligne seront composés de nylon fluo.

La modularité du bas de ligne s'effectue majoritairement sur la pointe, celle-ci s'allongera ou se réduira en fonction des situations rencontrées par le moucheur. Personnellement, je pêche depuis de nombreuses années avec un modèle « polyvalent » qui fonctionne assez bien en torrents et rivières moyennes. En voici la formule :

   Longueur (cm)  : 80    60    50    40    30    20   20fluo  20fluo pointe entre 1 et 2m

   Diamètre (/100):  45    40    35    30    25    20    18             14               12

Cette formule s'adapte particulièrement bien à l'utilisation des soies naturelles et permet des présentations précises quelle que soit la technique envisagée.

Les pointes seront d'un diamètre compris entre le 10 et 14/100 en fonction du niveau d'eau de la rivière pêchée et de la méfiance des truites. Dans ces eaux au profil agité, la justesse et la longueur de la dérive semblent plus importantes que le diamètre de la pointe et ce n'est que dans certaines rivières aux eaux cristallines que cela a sans doute une certaine influence (rivière type Vis, Jonte …). Les longueurs de pointe varieront en fonction de la technique (nymphe ou sèche) et de l'encombrement de la ripisylve, nous y reviendrons dans les articles spécifiques consacrés aux deux approches.

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pêche fario torrent
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Comme évoqué précédemment, ma préférence va aux soies naturelles parallèles adaptées au numéro de la canne, car elles présentent plusieurs avantages : elles sont discrètes lors des posés et des arrachés et percent bien le vent grâce à leur finesse (à numéro égal, une soie naturelle est plus fine car plus dense qu’une soie plastique). Elles apportent un confort de pêche et une efficacité indiscutables. Dans le domaine bien spécifique des eaux rapides, les autres profils de type WF ou DT ne présentent pas de réels intérêts selon moi,dans la mesure où la prospection se fait à courte distance...

Tout ce matériel sera un atout fondamental pour pêcher en alternance, mais la polyvalence ne pourra être obtenue que par l'utilisation d'un bas de ligne permettant de passer facilement d'une technique à l'autre :

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Des mouches simples et efficaces

Que l'on prospecte en mouches sèches ou en nymphes, les eaux rapides imposent l'utilisation de mouches rustiques. Les poissons étant souvent peu discriminants, les lignes qui vont suivre sont un véritable plaidoyer pour les mouches d'ensemble car dans ces conditions bien particulières, elles dament très souvent le pion à toutes les autres :

Le dressage de ces artificielles est facile, peu coûteux en matériaux donc aucune appréhension à les poser sur des postes scabreux. Adepte des matériaux de montage traditionnels et authentiques, les mouches adopteront des tons et des couleurs allant du roux au gris sombre. Les sèches doivent posséder des qualités de flottabilité reconnues : elle est nécessaire à la fois lorsque l'on veut peigner un courant vif sans avoir à graisser de façon obsessionnelle son artificielle, mais également lorsqu’on veut la présenter au milieu d'un entrelacs de branches et plus généralement dans tous les coups tordus où l’impact à la surface souvent brutal fait couler les mouches traditionnelles. Voici les principaux modèles qui garnissent mes boîtes :

  • Les palmers et doubles collerettes : celles au corps lie de vin en taille 14 sont mes préférées car elles m'ont souvent rendu de grands services lors des éclosions d'Ecdyo quand les truites boudaient mes imitations plus réalistes,
  • Les sedges en chevreuil s'avèrent être redoutables lorsqu'il s'agit de peigner l'eau en l’absence d'insecte et lorsque l'on les dresse dans des tailles plus grosses avec un petit tag fluo, ils deviennent d'excellents indicateurs de touche (voir le montage du tabanas),
  • Les oreilles de lièvre, qui peuvent piéger n'importe quel poisson ultra éduqué sur les plats, compléteront cette liste.

Toutes ces imitations seront à dresser dans des tailles allant du 12 au 18 pour les palmers/doubles collerettes et du 14 au 20 pour les oreilles de lièvre. Nous prendrons soin de posséder des imitations de tailles variées et de volumes différents afin de coller à la réalité écologique du moment.

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pêche mouche eaux rapides
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pêche nymphe
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Au niveau des nymphes, le dressage de nymphes n'impose pas de difficultés particulières, là aussi la simplicité s'impose. Adepte des teintes sombres, je fais toujours confiance aux pheasant tail qui rencontrent toujours beaucoup de réussite. Je les monte sur des hameçons droits de 12 à 18 avec des billes de taille 2.4 à 3.8 mm, tungstène ou laiton suivant les types de poste, nous y reviendrons. Pour les veines centrales puissantes, quelques perdigones permettent d'aller chercher les truites en profondeur, de par leur densité supérieure.

Le choix du lestage et de la taille de la nymphe pour être en adéquation avec la puissance et la profondeur du coup prospecté me semble bien plus important que l'aspect du corps.

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NOTRE DOSSIER MOUCHE EN EAUX RAPIDES : 

LE MATÉRIEL : 

Le matériel pour être polyvalent

Le choix du moulinet

LA STRATÉGIE DE PÊCHE : 

Optimisez par la polyvalence

Pêche en lac de montagne : comment choisir le parcours

pêche lac pyrénées

En lac comme en rivière, les choix stratégiques conditionnent la réussite de vos parties de pêche. Le bon endroit et le bon moment importent autant que la bonne façon. Les milieux lacustres sont fréquemment qualifiés de « capricieux » par les pêcheurs. Il est vrai que l’on peut passer de moments d’activité frénétique à de profonds calmes plats en l’espace de quelques jours sur un même lac. Toutefois, l’accumulation d’expériences permet d’établir de réelles relations de causes à effets et ainsi sacrément relativiser le côté imprévisible de ces milieux. Comme souvent, c’est du côté de la température que se trouvent les bases de la réflexion à mener. Parallèlement, dans la mesure où différentes espèces de salmonidés sont capturables en lac de montagne, la prise en compte de leurs singularités est aussi nécessaire.

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Connaître les variations thermiques du plan d’eau et leurs influences sur les salmonidés

Les salmonidés étant poïkilothermes, leur température corporelle est identique à celle de leur environnement et leurs fonctions vitales (dont le métabolisme) sont directement influencées par ce facteur, comme la totalité des intéractions au sein de l’écosystème aquatique. La température doit donc conditionner les choix du pêcheur. Voici schématiquement, l’évolution de la température de l’eau et ses conséquences sur le comportement des poissons au cours de la saison :

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pêche lac pyrénées
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A la débâcle (entre début mai et fin juillet suivant l’altitude et l’exposition du lac), la glace se fissure et les rayons lumineux atteignent à nouveau le milieu aquatique. L'eau est extrêmement froide (moins de 5°C) et les différentes couches ne sont pas encore réellement formées ; la température reste relativement constante quelle que soit la profondeur mais commence à augmenter à mesure que la glace en surface régresse. De son côté, l'écosystème aquatique sort progressivement de sa léthargie hivernale et s’éveille lentement. Les salmonidés sont très engourdis et peu mobiles dans un premier temps. Ils s’alimentent peu et la pêche est globalement peu productive, sauf dans les rares postes qui gagnent rapidement quelques degrés : anses maigres abritées et bien exposées au soleil, herbiers, déversoirs, et plus généralement les zones peu profondes à l’écart des courants froids. Ce phénomène de torpeur du dégel est particulièrement marqué dans les lacs profonds de superficie importante au-dessus de 2400m. Le réchauffement de l’eau sous l’effet de l’ensoleillement y est lent (en raison de l’importance de la masse d’eau à réchauffer et des faibles températures de l’air régnant à cette altitude).

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pêche lac de montagne
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A partir d’un certain seuil thermique, atteint en quelques jours voire quelques semaines (la valeur de cette température est espèce-dépendante, nous y reviendrons), débute la période faste post-dégel bien connue des aficionados de ces milieux : l’activité et l’agressivité des salmonidés tendent alors vers leur paroxysme. Les poissons profitent de l’apparition de la moindre proie et les belles pêches « du dégel » se font à ce moment-là. Attention donc à ne pas arriver...trop tôt ! 

Il faut bien retenir que l’inflation thermique activatrice des poissons n’a pas la même vitesse partout : aux bas étages, les étendues d’eau dégèlent plus tôt mais se réchauffent aussi plus vite. Le temps nécessaire pour parvenir à la température adéquate à partir du moment où la glace se brise s’en trouve réduit (à quelques jours en moyenne).  Au contraire, au-delà de 2500m par exemple, la température peut rester glaciale et les saumons de fontaine apathiques durant plusieurs semaines. Profitez donc du milieu de saison (fin juillet/début août à cette altitude) pour y tenter votre chance, quand l’eau « chaude » des bas étages complique grandement la pêche :

En effet, en avançant dans la saison, la situation évolue : après cette période propice, l’activité et l’agressivité des poissons vont décroître alors que les températures plus clémentes (tout est relatif, elles dépassent rarement la quinzaine de degrés en surface) boostent les chaînes alimentaires de l’écosystème aquatique. L’opportunisme alimentaire des semaines précédentes laisse place à une certaine sélectivité, qui s’explique par la manne de nourriture désormais disponible (éclosions, vairons sur les bordures, insectes terrestres…etc). Cette abondance relative rend la pêche aléatoire :  le régime alimentaire des poissons devient plus discriminant, leur voracité diminue.

La fin de saison (dès la fin août), lorsque les nuits plus froides font repartir les températures à la baisse, permet de retrouver quelques moments favorables si un franc rafraichissement se fait sentir. Attention, c’est loin d’être systématique, les salmonidés restant souvent assez sélectifs.

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pêche lac pyrénées
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Le choix du lac :

Le choix du lac est sans aucun doute le critère de réussite le plus important d’une partie de pêche en montagne, deux éléments doivent être pris en compte :

  • L'altitude qui détermine la température de l’eau à l’instant t.
  • Le peuplement piscicole : il est assuré dans la majorité des cas par alevinages héliportés et les informations sont accessibles à tous.

Ces deux facteurs sont souvent corrélés :

Alors que la truite occupe les devants de la scène aux altitudes moyennes (1500 à 2300m), seuls les saumons de fontaine s’acclimatent efficacement dans la rigueur de l’étage supérieur (jusqu'à 2700m). Pour ce qui est des ombles des grands fonds (ombles chevaliers et cristivomers), c’est la profondeur du lac qui conditionne leur présence et leur épanouissement, indépendamment de l’altitude. Tous les étages sont donc susceptibles de leur convenir, dans la mesure où la profondeur dépasse la dizaine de mètres environ.

A la lumière du descriptif précédent, on peut classer les lacs d’altitude en 3 catégories principales, selon le moment de la saison où ils donnent le meilleur pour la pêche :

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pêche fario lac
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Les lacs de début de saison : à une altitude située entre 1500 et 2000m, ils sont entourés d’une végétation dense, et abritent une biocenose importante. Leurs fonds sont souvent sédimentaires, parfois parsemés d'herbiers, ce qui favorise les éclosions de chironomes, et les vairons pullulent sur les bordures. Les salmonidés qui peuplent ces lacs deviennent rapidement sélectifs. Période faste : l’ouverture fin mai/début juin (quelques jours après le dégel). Peuplement : truites et ombles des grands fonds.

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pêche pyrénées
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Les lacs de début d'été : entre 2100 et 2400m, les plans d’eau sont certes plus froids et pauvres que ceux de l’étage inférieur mais offrent quand même des conditions de vie correctes à toutes les espèces de salmonidés que l’on peut rencontrer. La végétation rivulaire est constituée de pelouses alpines, de pins à crochet épars et de rhododendrons qui apportent des insectes terrestres et les tributaires sont souvent présents. Période faste : juin/début juillet (débute environ 2 semaines après le dégel). Peuplement : tous types d’espèces.

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pêche lac des pyrénées
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Les lacs de milieu de saison : les lacs de haute altitude (entre 2400 et 2700m) sont les plus sauvages et difficiles d’accès. Souvent enclavé dans des cirques rocheux et sans tributaire, ils sont extrêmement pauvres en ressources nutritives. Dans ce cadre minéral, la végétation se limite à quelques lichens et les insectes à quelques diptères… Seuls les ombles de fontaine y subsistent. Les cristivomers parfois introduits à cet étage, peinent à grossir. Période faste : de mi-juillet à mi-aout. Peuplement : saumons de fontaine 

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Attention, ces observations empiriques peuvent servir de base de réflexion mais ne doivent en aucun cas être considérées comme des règles infaillibles. L’activité des poissons peut être ponctuellement transcendée par l’approche d’un orage, une retombée de fourmis, ou tout autre évènement de ce type, et ainsi vous faire vivre des moments intenses dans une période supposée défavorable ! De plus, ces considérations s’adressent au pêcheur désireux d’optimiser ses sorties en recherchant une capturabilité maximale des poissons. Si votre plaisir se puise dans la difficulté et la technicité, tenter un lac bien exposé à 1900m en plein mois d’août par exemple, peut être un challenge intéressant (le genre de choix qui conduit le néophyte à la galère et lui fait conclure que la pêche en lac est capricieuse), mais mieux vaut le faire en connaissance de cause ! En effet, il faudra sans doute user de pêche fine en nymphe à vue ou en sèche aux extrémités de la journée pour mettre au sec quelques poissons dans ces conditions. A ce moment là de la saison, le débutant a plutôt intérêt à faire chauffer ses mollets et cibler les altitudes supérieures (vers 2500/2600m) où le dégel est plus récent et l’activité des poissons assurément supérieure !

 

Le peuplement piscicole :

Le fait de pouvoir rechercher différentes espèces de salmo nécessitent la prise en compte de leurs particularités biologiques, en voici les principales :

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pêche fario
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La truite : qu'elle soit fario ou arc en ciel, la truite est le poisson d’altitude dont l’optimal thermique est le plus élevé. Sa valeur varie selon la localisation géographique du plan d’eau et il serait très présomptueux d’annoncer un chiffre précis... retenons simplement que les truites s'activent à partir de 7/8 degrés environ et que les rechercher au milieu des icebergs est rarement très fructueux. Mieux vaut attendre que la glace disparaisse totalement, ce qui peut survenir rapidement en dessous de 2000m !

 

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omble chevalier
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L'omble chevalier : l'omble chevalier est un poisson de grands fonds qui s'accommode très bien de basses températures : ne manquez sous aucun prétexte les semaines qui suivent le dégel, elles sont, plus encore que pour les autres espèces, de loin les meilleures. Par la suite, les postes semblent avoir été désertés, comme si les ombles avaient subitement disparu du lac. L'ampleur du phénomène le singularise vraiment de la truite : sa capturabilite, très importante initialement, devient presque nulle à mesure que la saison avance !

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pêche cristivomer
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Le cristivomer : les remarques relatives à l'omble chevalier sont transposables au cristivomer. Là où il cohabite avec la truite et le saumon de fontaine, le cristi est le premier des trois salmonidés à s'activer, alors que le lac est encore partiellement pris par la glace et que les autres salmo sont encore transis et invisibles. Plus tard dans la saison, les gros individus ne quittent que très ponctuellement des bas-fonds (lorsque la luminosité baisse) pour venir chasser sur les bordures.

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pêche omble
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Le saumon de fontaine : l’optimal thermique du saumon de fontaine se situe entre celui de la truite et celui des ombles. Dans la mesure où ce poisson s’acclimate efficacement dans les plans d’eau les plus hauts et pauvres où l'eau reste très froide même au coeur de l'été (au delà de 2500m d'altitude), rien ne sert de se presser et de se précipiter au moment du dégel : l’omble de fontaine est un excellent sauve bredouille pour les mois les plus chauds que sont juillet et aout, à condition de monter suffisamment haut !

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Savoir anticiper les conditions

Dans la mesure où l'accès aux lacs nécessite le plus souvent une marche d'approche, il faut savoir anticiper les conditions qui règnent de façon à éviter les mauvaises surpises...

Pour les locaux, la tâche est facilitée car des indications sont directement visibles depuis leur lieu de vie : de par leur expérience, ils savent par exemple que lorsque tel névé finit de fondre, tel lac à proximité est sur le point de dégeler.

Pour les visiteurs, à moins de disposer d'un solide réseau d'informateurs sur place, il faudra user de moyens détournés : en fonction de l’enneigement hivernal et de la météo du printemps, on parvient avec quelques années de pratique à entrevoir grossièrement les conditions que l’on va rencontrer. Différents moyens permettant d'affiner l'information existent aujourd’hui : webcam, station météo, relevés de hauteur de neige...etc. Les informations glanées doivent être corrélées à l’avancée du dégel du plan d’eau convoité, c'est la première qualité du pêcheur montagnard !    

NB : les données saisonnières de cet article sont indicatives et valables en présence de conditions météorologiques "normales", ce qui devient de plus en plus rare... Avec la diminution globale des précipitations neigeuses hivernales attendue, il y a fort à parier que les plans d'eau d'altitude deviennent de plus en plus précoces.

Le mois de mai en Lozère

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pêche lozère

En ce mois de mai, les conditions ont quand même du mal à se mettre en place. En règle générale, les rivières sont encore fortes et froides pour la saison.

Manche de D1 du championnat de France de pêche à la mouche

pêche mouche compétition

Le week-end du 12/13 mai s'est déroulée la première manche du championnat de France de pêche à la mouche 2018. Bertrand Simon, de l'AAPPMA organisatrice Ardèche Lignon, tire un bilan de ce week end pour Truites & Cie :

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La demande a émané de la FNPML en décembre 2017 et a été adressée à la Fédération de Pêche de l’Ardèche. L’AAPPMA Ardèche-Lignon a été alors choisie.

Lors de la réunion de concertation avec le GPS Ardèche, et l’AAPPMA L’Hameçon d’Aubenas, le cahier des charges m’a été remis.

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pêche ardèche
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Avec les bénévoles de nos AAPPMA, un premier repérage a été effectué en février sur la rivière Ardèche entre les communes de Pont de Labeaume et Mayres, puis un deuxième, sur la rivière Lignon entre les communes de Jaujac et La Souche. Ensuite, un travail sur géoportail, a permis de construire les fiches de secteurs, les accès et les parkings. Il faut savoir qu’en D1 les manches durent 4h, il fallait donc prévoir 30 secteurs de 500m à 600m sur nos rivières.

Une vérification a eu lieu le mardi 8 mai sur la rivière Ardèche, du fait de la complexité des accès, liée à la privatisation de ceux-ci.

Le vendredi plusieurs bénévoles des AAPPMA et du GPS se sont retrouvés pour le piquetage des secteurs. Journée fastidieuse avec quelques erreurs qu’il a fallu gérer. Lors de ce piquetage, de nombreux compétiteurs tournaient déjà sur les secteurs, à la recherche d’infos et de secteurs à pêcher. Deux d’entre eux (Jérôme POIRIER et Jean-François VIALETTE) nous ont même aidés à piqueter, ainsi que la trésorière de la FFPS section mouche, Alexia LUKAKOVIC !

Après ce piquetage, retour à la FD de l’Ardèche, avec le point sur les tirages au sort, modifications des fiches de secteurs, rencontre entre les responsables D1 rivière (Didier LOUIT), réglementation (Dominique Lachaud) et nos commissaires de secteurs… puis, accueil des compétiteurs suivi d'un moment d’échanges très convivial.

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Le samedi place à la compétition, l’accueil de tous étant prévu à 6h00, il a fallu se lever tôt ! Ils ont été ponctuels en plus les bougres ! Le stress sûrement !

Petit déjeuner chaleureux, toujours dans les locaux de la FD07, puis remise des paniers repas et fiches de secteurs avec les classiques premières recherches d’infos auprès des bénévoles locaux sur les secteur tirés au sort…

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pêche compétition mouche
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pêche mouche compétition
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Discussion entre champions du monde
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grégoire juglaret
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Aucune difficulté signalée sur la mise en place des compétiteurs, le piquetage était réussi ! Ouf !

Organisateurs et représentants FFPS, nous pouvions souffler… S'en suivit une promenade sur les différents secteurs, pour voir ces champions pêcher avec mes jeunes des APN et les premiers constats de prises de poissons ont occupé la matinée. Nous avons pris le temps de rejoindre Grégoire JUGLARET, vice-champion du monde en titre et ami pour la pause repas sur la fin de son secteur…

L’heure des premiers bilans : beaucoup de petites truites, du poisson, des zones complètement vides, bref des infos importantes pour notre AAPPMA… Le téléphone de Grégoire sonnait… échange de score entre compétiteurs !! Pierre KUNTZ avait cartonné sur son secteur !

La pêche a repris à 14h30, deuxième rotation dans le jargon, j’ai suivi Grégoire pour le voir pêcher sur un secteur du Lignon. Aucun problème à signaler, l’après-midi se déroula fort bien, avec toujours beaucoup de petites et avec une fenêtre en sèche bien maîtrisée pour certains.

Pour moi, il était temps de redescendre à la FD pour finir l’organisation du repas festif, installer les tables en extérieur pour ce qui aurait dû être un moment agréable en plein air ! Malheureusement la météo allait contrarier la fin du déroulement, ainsi le repas dut se faire à l’intérieur, la FD est grande ! Re-ouf ! Puis nous n’avions qu’à espérer un changement des prévisions météo…

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pêche compétition mouche
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Un secteur de l'Ardèche vers Barnas
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Dimanche réveil 5h15, 25 mm sont déjà tombés, et le plus gros reste à venir...

Accueil de tous à la FD. Vers 8h00 quelques millimètres de plus sont tombés, nos commissaires sur place nous informent que sur certains secteurs "ça ne passe plus". Dans un but d’équité, nous devons annuler cette troisième rotation, c’est dur pour moi qui ai tant donné pour que tout fonctionne, mais la sécurité est prioritaire !

Ainsi, puisque la neige avait aussi choisi de s’inviter à la partie, on improvisa rapidement un podium, une remise des prix, puis on libéra tous ces champions pour qu’ils puissent sereinement regagner leurs pénates.

Je tiens à les remercier d’avoir joué le jeu, d’avoir récupéré leur secteur du dimanche et d’être allés sous une pluie battante « dépiqueter » leur secteur ! Bravo à eux !

Pour conclure, je voudrais signaler que j’ai découvert pour l'occasion ce monde de la compétition que je ne connaissais pas. J’ai adoré et je suis hyper motivé pour en réorganiser une nouvelle. J'ai fait des rencontres plus que sympas, bref, malgré l’annulation je suis ravi !

Je souhaiterais aussi aller assister le dénouement qui aura lieu sur la Têt les 14 et 15 juillet dans les Pyrénées Orientales, voir ainsi à qui sera remis ce titre de champion de France.

Chez nous, le podium : Lionel FOURNIER, Philippe BOST, Pierre KUNTZ, le PGP sera de 34 cm pour Jérôme VEROVE.

Ainsi, 265 poissons maillés (20cm en D1), dont 113 poissons à la maille ardéchoise (23cm) seront pris sur la journée du samedi, et 592 petites ! Nos rivières se portent bien, et la gestion patrimoniale fonctionne !

A bientôt,

Bertrand SIMON

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pêche mouche compétition
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Le podium : 1er Lionel Fournier, 2ème Philippe Bost, 3ème Pierre Kuntz, PGP : Jérôme Vérove
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pêche mouche compétition
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Le classement général

L'eau : sa rareté nous rendra-t-elle plus intelligents ?

Pêche truite

BASSIN ADOUR – GARONNE : compte rendu « Les rencontres d’Occitanie » du 15 mars 2018. 

J’étais présent à cette rencontre et je ne regrette pas le déplacement. Merci aux deux intervenants, Erick Orsenna, économiste écrivain et membre de l’académie française et Martin Malvy, président du Comité de bassin Adour-Garonne, d’avoir présenté la situation sans aucune ambiguïté, avec courage et grande responsabilité citoyenne.

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Erick Orsenna a fixé d’entrée la hauteur des enjeux. Il a parlé d'"alerte rouge" au centre d’une explication de la situation mondiale peu encourageante  qu’il maîtrise brillamment. Il a bien précisé que le bassin Adour- Garonne serait le plus impacté des 6 bassins Français, et qu’il fallait comprendre que l’on se trouvait au début de la "fin d'un cycle de climat tempéré". En précisant bien sur que, prévisions météo et prévisions climatiques étaient deux choses bien différentes. Les choses sont on ne peut plus claires.

Martin Malvy lui aussi a énuméré les neufs points principaux du rapport « Eau et changement climatique en Adour-Garonne »  et du futur Plan Adaptation Changement Climatique (PACC) qui doit être validé en juillet 2018. Sa présentation elle aussi a été sans faille.

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pêche pyrénées
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Eau et changement climatique en Adour-Garonne : les 9 points du plan

Voici donc les 9 points rouges évoqués par Martin Malvy et qui seront à la base de réflexion du PACC du Comité de bassin Adour Garonne. En amoureux de nos rivières, il est nécessaire de les connaitre. On ne pourra pas dire que ce n’était pas écrit et je répète, écris avec beaucoup de courage par les services du Comité de Bassin. Le débat a été ouvert le 15 mars, je me jette à l’eau, pour vous tenir informés !

Pour le bassin Adour-Garonne, le changement climatique engendrera des modifications hydrologiques majeures et aura donc des répercussions importantes pour la gestion de l’eau et pour les milieux aquatiques. D’ici 2050, tous les modèles et savoirs scientifiques convergent pour prédire :

  • Une élévation du niveau de la mer, de l’ordre de 21cm en 2050 (et de façon très probable, comprise entre 60cm et 1m en 2100).
  • Une augmentation de la température moyenne annuelle de l’ordre de + 2°C.
  • Une légère baisse des précipitations annuelles moyennes comprise entre -5% et -15% mais une augmentation des situations extrêmes (sécheresses, crues et inondations).
  • Une raréfaction de la neige sur les massifs.
  • Une augmentation de l’évapotranspiration comprise entre +10% et +30%.
  • Une augmentation de la sécheresse des sols.
  • Une baisse moyenne annuelle des débits comprise entre -20% et -40% et de l’ordre de -50% en période d’étiage qui seront plus précoces, plus sévères et plus longs.
  • Une tendance le plus souvent à la baisse de la recharge des nappes, très variable selon les secteurs et le type de nappes, allant de -20% à -50%.
  • Une augmentation significative de la température de l’eau.


Un scénario catastrophe tout à fait plausible

Après cette lecture, on nous prédit donc l'un des pires scénarios que l’on puisse imaginer. Le bassin Adour Garonne situé au sud-ouest de la France va donc subir de plein fouet le changement climatique. J’adhère à cette hypothèse de réchauffement climatique depuis longtemps et je comprends mal les climato-septiques, surtout quand ils se nomment Trump... Bien sur qu'il existe des grands cycles de glaciation/réchauffement, mais la la folie d’expansion technologique et d’industrialisation de Sapiens affole les compteurs à court terme ! Tout ce qui se passe dans les rivières du monde, comme l’a si bien décrit Erick Orsenna, sur le Gange, le Nil, le Tigre, l'Euphrate, Tage, Mississipi, Colorado sont des exemples trop nombreux pour que nous fermions les yeux. Nous sommes au cœur de la PMA (Protection des milieux aquatiques).

2040, 2050 c’est demain, allons-nous être capable d’anticiper cet état de crise grave, et faire les transformations et révolutions dans nos habitudes et comportements ?

Au début, je ne comprenais pas pourquoi nos Pyrénées n’allaient pas nous protéger mieux que cela, surtout pour les débits d’étiage. Après questionnement, je comprends mieux : nos glaciers étaient nos protecteurs... seulement, ils sont en fin de vie. Ils ne vont plus nous apporter cette sécurité qu’ils nous donnaient pendant la période d’étiage. Cette analyse est essentielle. Que va t’il se passer pour les réserves de glace souterraines ?

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pêche garonne
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« ALERTE ROUGE » : que veut dire ce message ?

Si nous ne nous sensibilisons pas avec, nos politiques, petits et grands responsables de la citée d’Occitanie, je pense que nous allons vers de graves désillusions pour nos petits enfants. Pêcher l’ablette au lieu du saumon n’est sans doute pas si important que cela en soit, face à une pénurie d’eau potable. L’aire de répartition de nos salmonidés va se réduire obligatoirement s’il y a une élévation significative de la température de l’eau. J’imagine mal mon ami Robert Menquet, assis sur un siège en taquinant l’ablette au pool de Massey en 2040, puisque l’ablette va occuper la niche écologique du saumon...

Ce qu’il faut mettre en place est une véritable révolution individuelle et collective pour sauver ce qu’il va rester à sauver. Il faut que le Comité de bassin devienne une assemblée représentative citoyenne, avec plus d’experts, d’associations et peut être moins de politiques et de lobbyistes. Ne faut-il pas réfléchir à un nouvel état major avec une composition innovante, car bien sur il va falloir un général pour mener à bien cette mission.

J’exprime un regret face au débat. Le côté législatif n’a pas été abordé, il me parait pourtant essentiel, le temps a sans doute manqué. Trois révolutions sont à mettre en place :

  • Révolution chez les responsables de la cité.
  • Révolution citoyenne.
  • Révolution agricole qui va devoir tendre en plusieurs phases vers, agriculture raisonnée, basée sur l'agriculture raisonnée, l'agroécologie, et la biodynamique. Pour moi, les agriculteurs ne sont pas des ennemis, je connais trop les difficultés des moyennes et petites exploitations de montagne et la déprise agricole dans nos vallées pyrénéennes. Ils sont comme nous victimes des grands systèmes ! vous voyez de qui je veux parler.

N’oublions pas ce qui doit nous rassembler :

  • L’eau RES PUBLICA.
  • Le 1 er mars 2005 le congrès a donné une valeur constitutionnelle à la charte de l’environnement de 2004 au même titre que la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789. Cette charte prévoit en son article 2 que « toute personne a le DEVOIR de prendre part à la préservation et à l’amélioration de l’environnement ». Nous sommes au vif du sujet.

Nous sommes tous égaux devant nos responsabilités, mais le terme de DEVOIR va demander sans aucun doute plus d’engagement pour les serviteurs de l’état, politiques et responsables de grandes entreprises ou de production que pour un simple citoyen. Même si faire le colibri sera indispensable.

Pour ce printemps halieutique, je suis désolé de ne pas avoir de meilleures nouvelles pour nos rivières à vous annoncer, mais je pense que ce message doit être entendu.

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NB :  Consultez le document du Comité de Bassin Adour-Garonne : « Changement climatique en Adour-Garonne : Notre avenir passe par l’eau ! » http://www.eau-adour-garonne.fr/fr/toute-l-actualite/annee-2017/e-semestre-2017/notre-avenir-passe-par-l-eau.html

Mes dernières truites en scène

pêche fario

Un retour sur mes derniers moments passés au bord de l'eau : mon emploi me permettant de sortir très régulièrement et ainsi d'accumuler beaucoup d'heures de pêche, j'en profite pour approfondir mes connaissances des milieux que je parcours depuis quelques années mais aussi pour m'évader au delà du département. Tel un appel à la découverte, je m'essaie sur des secteurs sauvages, plus ou moins méconnus, tout comme sur des rivières dont la réputation et la fréquentation dépassent parfois l'entendement. C'est en variant un maximum les biotopes que j'estime apprendre le plus. Quand je ne connais pas la majorité des parcours, je décide de pêcher aussi bien à la mouche qu'aux leurres. N'en déplaise aux puristes, personnellement je trouve que les deux techniques sont polyvalentes et surtout complémentaires. Voici les images de mes dernières belles prises avec l'anecdote qui les accompagne chaque fois :

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Me voilà ainsi au bord d'une rivière que je fréquente seulement depuis quelques heures. L'eau est légèrement piquée, portant les stigmates d'un orage de la veille et s'éclaircie progressivement. Après quelques petites truites prises aux leurres, je reste sur ma faim, m'attendant à une activité plus soutenue. Plutôt que d'insister, je pose mes leurres pour me mettre en mode observation, accompagné de mon ensemble mouche au cas où je croiserai quelques farios. Cela me permettra de repérer les postes, les courants ou encore les bordures potentiellement intéressantes pour mes futures sorties. Durant ma prospection, je localise plusieurs truites postées, dont un beau sujet, dans un contre courant. Le bord de l'eau est assez dégagé mais j'ai tout de même de quoi me dissimuler pour l'approcher. Une aubaine en nymphe à vue ! Je suis en place, prêt à aborder ce poisson qui se nourrit dans l’insouciance la plus totale, à environ sept ou huit mètres de moi. Je lui propose à deux reprises une pheasant tail, non lestée, sans déclencher la moindre réaction bien que mes passages semblent propres. Conscient que mes chances d'effrayer le poisson augmentent considérablement en multipliant les passages non productifs, je dépose ma nymphe deux mètres plus haut pour qu'il ne la voit pas descendre. S'en suis une animation qui lui sera fatale puisqu'il se jette littéralement dessus. Après un combat très moyen pour son gabarit, ce superbe poisson finit dans mon épuisette.

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truite fario
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Changement de décor : nouvelle rivière que j'arpente cette fois-ci depuis la veille. Une pêche de reconnaissance aux leurres souples sur le coup du matin. Une belle truite en mouvement, repérée le long de la bordure. Le premier passage sera le bon, un coup classique comme j'aime, simple et efficace !

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pêche leurre
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Un coup du soir sur une rivière que je fréquente depuis plusieurs années. Je sais la présence de truites correctes sur le secteur mais les postes habituels ne contiennent visiblement que des petits poissons actifs aujourd'hui. C'est dans des légers remous, le long de la tête de courant que je remarque un gobage subtil qui ne crée quasiment pas de cercle. Un peu de réussite puisque je pose les yeux au bon moment, au bon endroit pour capter cette action qui se déroule sur la berge opposée. Un fort courant me sépare d'elle, ce qui m'empêche de l'aborder correctement d'où je suis. Tel qu'il est, l'encombrement de la bordure en face ne me permet pas de l'attaquer non plus. Une seule option s'offre à moi, c'est à dire approcher ce poisson par le côté et en plein courant. Pas évident mais j'y parviens, jusqu'à être tout près de cette truite qui continue de gober à intervalles réguliers. Il ne me reste plus qu'à déposer ma sèche avec application entre quelques branchages. Un premier passage efficace suffira pour la prendre. Une fois à l'épuisette, je reconnais un poisson que j'ai déjà capturé à plusieurs reprises sur le poste situé plus en aval. L'occasion de voir qu'il se porte très bien et de confirmer l'intérêt du "catch and release". Vive le nokill !

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pêche grosse truite
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En plein après midi, alors que la température dépasse les trente degrés, j'ai pris plus de coups de soleil que de truites sur mes leurres. Je me retrouve bêtement avec ma spinning alors que de superbes gobages viennent fréquemment briser la surface. Evidemment, je m'en veux suite à ce mauvais choix de pêche, mais il faut savoir faire en fonction de ce que l'on a sous la main... Donc, pour optimiser mes chances de prendre ne serait-ce qu'une truite, je diminue le diamètre de mon bas de ligne, réduis la taille et le poids de mes leurres. De cette manière, j'attire l'attention de quelques poissons, ce qui m'aidera à en prendre une paire dont celle-ci qui viendra sauver mon après midi. Là, j'avoue.. j'ai galéré !

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pêche leurre
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Mêmes conditions que pour la session précédente, sauf que cette fois-ci, j'ai pris mon fouet. Bon forcément, il n'y a plus autant de gobages sinon ce ne serait pas marrant... Je prends quand même ces deux farios correctes coup sur coup, à une vingtaine de mètres en sèche. C'est toujours sympa de pouvoir sortir un peu de soie !

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pêche fario
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pêche fario
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A nouveau une rivière découverte la veille. J'ai remarqué que quelques poissons venaient nympher en bordure, il n'en faut pas plus pour que je me mette en mode nymphe à vue. J'enchaîne deux échecs consécutifs sur des truites moyennes puis je tombe sur une grosse fario qui se tient au plus près de la végétation en bordure. J'hésite entre nymphe et sèche car celle-ci se trouve juste sous la surface. Mes échecs précédents ne m'encourageant pas le moins du monde, je décide de tenter une imitation de surface. Les arbres qui m'entourent rendent impossible un lancer normal. Au culot, j'essaie un lancé "roulé" des plus médiocres mais mon bas de ligne s'étend, tant bien que mal, de tout son long. La dérive est bonne et comme une suite logique j'arrive à mettre dans mon épuisette cette belle truite avec de grosses proportions, qu'on pourrait presque qualifiée d'obèse. Bref, je suis ravi !

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grosse fario pêche
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Le soleil est à son zénith, le fort vend du Nord me fait perdre de la distance de lancer bien que je pêche lourd (5gr pour un Tailgunr 3,5" de Biwaa). Je raccourcis mes jets de façon à éviter les passages approximatifs et à toujours être bien en contact avec mon shad que je laisse planer en pleine veine. Ce n'est qu'en tête de courant, au point chaud du poste, que j'enregistre le blocage brutal d'une jolie fario méditerranéenne qui tente de se dépiquer en se secouant dans tous les sens. Une manœuvre intelligente mais qui ne lui évitera pas de poser quelques secondes avec moi devant l'objectif. 

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pêche truite
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Mon dernier coup de ligne, est surtout celui qui m'a le plus fait plaisir : ça se joue à domicile, alors que je ne dispose que d'une paire d'heures pour pêcher en fin d'après midi. Le temps est lourd, dû à un voile nuageux très épais laissant présager à une dégradation de la météo d'ici la fin de soirée. Cette ambiance, que je trouve assez inconfortable, n'a pas l'air de l'être pour les truites, ni pour les insectes d'ailleurs, j'assiste à une grosse éclosion. Certainement la plus massive que j'ai pu observer ce début de saison. La majorité des poissons sont dehors, au ras de la surface, prêts à gober cette nourriture abondante qui dérive dans leur champs de vision. Postées dans le courant de façon hiérarchique, elles ne prêtent guère d'attention à ma présence. Je peux aborder sereinement la plus grosse d'entre elles et lui déposer délicatement une petite ORL montée sur un hameçon de 20. Quelle satisfaction de la voir gober mon imitation comme si c'était une vraie !

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pêche grosse fario
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Evidemment, toutes ces actions décrites précédemment ne sont pas totalement représentatives de mes pêches... C'est le résultat de longues heures de recherche, d'observation, parfois de doutes et d'échecs. La seule finalité qui m'importe, c'est de passer un bon moment au bord de l'eau !

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pêche fario
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A bientôt, au bord de l'eau...

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