Test : Baetis Precision 11' #3

baetis precision

L'entreprise Baetis, propriété de Jose Raul Soria, est basée à Gijon dans les Asturies (Espagne). Depuis 15 ans, à l'instar d'autres marques espagnoles (comme Adams dont nous avons déjà testé certains modèles), Baetis propose du matériel essentiellement destiné à la pêche à la nymphe et éprouvé sur le terrain par de nombreux compétiteurs ibériques. Plusieurs modèles de la série haut de gamme Précision seront passés au crible dans nos colonnes et nous commençons par la Precision 11' soie 3 : 

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baetis precision
Texte

Test statique :

La série Précision possède un blank verni gris ardoise agrémenté de ligatures jaunes au niveau du premier brin et des deux premiers anneaux. L'anneau de départ type Hard SIC est suivi de 12 anneaux monopattes. Le porte moulinet est en aluminium avec insert en graphite et la poignée liège est de forme cigare. Cette canne 4 brins est livrée dans une tube en aluminium et une housse en tissu.

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Baetis Precision
Texte

Mesures : 

Le protocole Common Cents System a permis de caractériser l'action, la puissance et la réactivité de cette canne : 

En ce qui concerne la puissance, 33 cents ont été nécessaires pour plier la canne sur un tiers de sa longueur, ce qui donne après conversion un ERN à 3.86. Il classe donc la puissance de la canne comme une soie 3/4, à peine plus que ce qui est annoncé par le fabricant.  Avec un AA de 75°, l'action de la canne est fast (AA supérieur à 66°) et peut même être qualifiée d'ultra-fast car elle se situe parmi les cannes les plus rapides que nous ayons testées  La fréquence à 74 (importante pour une 11') montre la polyvalence du produit et la réelle possibilité de pêche en sèche, même si le PTE à 361 gr limitera la maniabilité pour fouetter. Si l'on doit l'utiliser en sèche, une soie de 3 ou 4 peut être utilisée.  Avec une distance de 66 cm entre la poignée et le premier anneau, il faudra prévoir d'utiliser un anneau amovible pour pêcher au fil de façon optimale.

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Baetis Precision
Matériel

Baetis Precision 11' #3

Marque
Baetis
Série
Precision
Longueur
11'
Longueur réelle
334
Soie
#3
Brins
4
Poids annoncé
95.40g
Poids réel
96.00g
Anneaux
13
Premier anneau
66cm
Poignée
25x175mm
Serrage
Uplocking
Talon de combat
Non
PME
265.00g
PTE
361.00g
IP
33
ERN
3.86
AA
75°
CCF
74cpm
Prix à la date de sortie
355.85€
Texte

L'avis du concepteur Jose Raul Soria sur la série Précision :

"Cette série de cannes est née du besoin créé par le développement de la technique de pêche utilisant des perdigones et appelée "pêche à l'espagnole". Dans la conception des blanks, nous avons recherché la justesse dans la puissance annoncée. Nous ne proposons pas de puissance mixte. Les cannes prévues pour soie de 2 sont donc réellement des puissances "soie 2". La recherche des meilleures fibres de carbone haut module nous permet de réaliser un blank très léger mais à la fois précis et puissant. Nos cannes ont une grande réserve de puissance dans le talon pour pouvoir se battre avec de gros poissons, et une action très douce pour éviter que la pêche avec des hameçons sans ardillon ne pose problème."

Et sur la 11' #3 en particulier :

"Cette canne est conçue pour la pêche dans les grandes rivières, où nous utiliserons des nymphes à bille tungstène de 2,8 à 3,8 mm et des corps tungstène. C'est une canne avec une véritable puissance 3. Quand vous ferrez un poisson, vous avez la sensation d'être celui qui domine le combat. La pointe très douce empêche le poisson de se décrocher en amortissant tous les rush et les sauts. Nous avons également une 11' #4 pour les rivières très puissantes et les grosses nymphes."

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Rubén Santos becerro
Texte

L'avis de Rubén Santos becerro, champion d'Espagne 2017, 3ème par équipe aux championnats d'Europe 2016, 3ème en individuel aux championnats d'Europe 2017 :

"Canne a été purement conçue pour pêcher en nymphe au fil toutes tailles de poissons dans des rivières moyennes et grandes, mais en particulier les grosses truites, à l'espagnole ou avec de la soie. Elle permet d'envoyer les nymphes avec précision et réagit efficacement lorsque l’on détecte la touche. Son action et sa réserve de puissance permettent d'abréger les combats".

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Baetis Precision
Texte

L'avis de la rédaction :

Une canne destinée à la pêche en nymphe en grands cours d'eau. Avec son action ultra-fast et sa puissance, elle est assez autoritaire et directive, ce qui permet d'enchaîner rapidement les coups de ligne. Les données fournisseurs annoncées (puissance et poids) sont très justes. La réactivité du produit est importante relativement à la longueur même si le PTE à 361 gr limitera un peu la maniabilité pour fouetter en sèche.  Veillez à choisir un moulinet adéquat pour pêcher plus confortablement.

Texte

Liens utiles : 

Le protocole de test des cannes à mouche : ici

Comment choisir sa canne à nymphe : ici

Le site de l'entreprise Rhodani :

Rhodani Pesca

 

Bénéficiez de 15% de réduction sur le modèle testé jusqu'au 11/12/2018

Les autres tests Baetis :

baetis precision

Rivière, truite, pêcheur et fée électricité : Et au milieu fissionnait l’atome (2/5)

centrale atomique

Dans ma précédente rubrique (ici), j’ai planté le décor de notre consommation d’électricité en France : 485 milliards de KWh à injecter dans notre réseau par an. C’est évidemment une petite goutte face au 22 000 milliards nécessaires à l’échelle du globe, mais il nous faut, malgré tout, les produire.

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Le nucléaire au cœur du système

Pour illustrer la part des différents modes de production, je pourrais me contenter de vous dire que selon les chiffres du Réseau de Transport d’Electricité (RTE), le nucléaire produit 75% de l’électricité, l’hydraulique 11%, le thermique 9% et les renouvelables (solaire, éolien, biomasse) 5%. Je pourrais aussi, vous dire que chaque petite centrale hydroélectrique est capable de fournir 200 à 300 foyers, une éolienne 500 à 1000 et une centrale nucléaire 500 000.

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production électricité en France
Texte

Mais, pour coller au plus près à notre vie de tous les jours, j’ai plutôt choisi de vous emmener dans une maison construite dans les années 2000 :

Le chauffage électrique, l’eau chaude et la ventilation sont assurés par la production nucléaire, les centrales thermiques (fioul et gaz) fournissent frigo, congélateur et ordinateur, les énergies renouvelables autres qu’hydroélectricité s’occupent de l’éclairage, les centrales hydroélectriques d’EDF assurent la cuisson des aliments, celles d’ENGIE tout le nécessaire pour laver et sécher linge et vaisselle et enfin les petites centrales hydroélectriques alimentent la TV LED. Si notre maison est accompagnée d’une belle piscine, il faut mobiliser toute la production des centrales hydroélectriques EDF ainsi que toutes les centrales thermiques pour l’alimenter.

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Une centrale électrique, comment ça marche ?

A l’exception des panneaux solaires, le principe de fabrication de l’électricité reste le même quelque soit le type d’installation. Il s’agit en effet de transformer une énergie mécanique créée par la rotation d’une turbine en une énergie électrique produite par un alternateur qui utilise l’effet électromagnétique. Ce qui change donc c’est l’énergie utilisée pour entraîner la turbine. Les centrales hydroélectriques (ou hydrauliques) vont utiliser la force de l’eau, les éoliennes celle du vent et les centrales thermiques ou nucléaires celles de la vapeur d’eau. Cette vapeur d’eau sera générée soit par la chaleur produite par la réaction nucléaire, soit par la combustion de fioul, de charbon ou de gaz pour les centrales thermiques.

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A besoins variables, productions variables, selon la saison...

En fait, si les choses étaient aussi simples pour alimenter nos foyers, commerces et industries en électricité, les anti-nucléaires ne se chaufferaient plus et se laveraient à l’eau froide, les climato-inquiets reprendraient la salaison pour garder leurs aliments et les anti-hydroélectricité ne regarderaient plus la télé.

Dans la réalité, comme toujours, les choses sont plus complexes, car nos modes de vie et de travail sont complexes. Nos consommations électriques varient que ce soit à l’échelle des saisons mais surtout au cours d’une même journée.

Au maximum de l’hiver, la consommation électrique journalière augmente de l’ordre de 60% par rapport au printemps (plus 800 millions de KWh par jour). La grande majorité de cette augmentation est liée au chauffage. Elle correspond à la production journalière de 35 réacteurs nucléaires et 3.5 fois notre capacité de production hydraulique. En cas de vague de froid susceptible de revenir tous les 10 ans, il faut ajouter 100 millions de KWh par jour.

Cette augmentation hivernale, surtout liée à nos choix en termes de type de chauffage et à la faiblesse d’isolation de tous nos bâtiments, n’avantage pas les modes de production dont la ressource faiblit en hiver. Dans ce registre évidemment chacun pense à l’énergie solaire avec une capacité de production divisée par 4 en hiver du fait de la baisse de l’ensoleillement. Mais l’hydroélectricité est également concernée. En effet, les cours d’eau a plus forte potentialité sont en montagne. Hors dans les rivières des Alpes ou des Pyrénées, cette saison correspond aux étiages avec des volumes d’eau disponibles qui sont environ 40% à 60% inférieurs à la moyenne annuelle. Il faut donc être capable de mobiliser quasiment le double de ressources de production en hiver par rapport à l’été.

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barrage
Texte

... et selon l'heure de la journée

Notre consommation évolue également au cours de la journée et ces variations sont surtout très fortes en hiver : 

Entre 18 et 20h, nous consommons 15% de plus qu’en journée et 50% de plus que la nuit. Il faut donc que nos moyens de production soient capables de répondre à ces augmentations. Pour cela, il faut des outils disposant d’une source d’énergie facilement et rapidement mobilisables (en quelques minutes). Il est dès lors impossible de faire appel aux éoliennes, au solaire où à l’hydraulique de fil d’eau qui dépendent directement de la ressource disponible (le débit naturel des rivières ou le vent augmentent rarement de 18 à 20h à notre simple demande). Pour le nucléaire, contrairement au discours fréquemment entendu sur la forte inertie des outils, il est possible de faire varier la puissance des centrales sur des durées de quelques heures mais dès que les variations sont fortes, les coûts augmentent vite de même que lorsque l’on ne fait pas fonctionner les réacteurs à pleine puissance. C’est pourquoi les outils de production mobilisables facilement et à moindre coût sont les centrales thermiques et hydrauliques fonctionnant par éclusée avec des réserves d’eau accumulées dans les lacs.

Le dernier point sur les variations de production concernent l’ajustement de la fréquence du réseau. Notre réseau transporte l’électricité avec une fréquence de 50 Hertz. Hors, cette fréquence peut varier selon l’offre et la demande. Le « transporteur « d’électricité » (RTE) doit donc en permanence ajuster cette fréquence en mobilisant des outils de production qui sont souvent des centrales hydroélectriques ou des centrales au gaz.

Donc, lorsque nous retournons dans notre maison, il serait plus juste de dire que les centrales nucléaires nous chauffent et ventilent notre maison, mais qu’à 18h00 lorsque l’on augmente les thermostats des radiateurs, lorsque l’on met notre gratin au four, qu’on allume 10 ampoules et 2 téléviseurs et qu’on recharge 4 portables, ce sont les quelques 250 centrales hydrauliques de lac d’EDF et d’ENGIE qui sont mobilisées ainsi, évidemment, que toutes les centrales thermiques.

Pour faire face à ces demandes, 7 milliards de m3 d’eau (4% de la ressource totale en eau) sont stockés dans 300 grands barrages au moment où les débits sont soutenus (printemps et automne) et restitués par éclusée lors des pics de consommation. Ainsi, si l’hydroélectricité ne représente en moyenne annuelle que 11% de la production, au moment des pics, les centrales de lacs fourniront plus de la moitié de l’augmentation de consommation. Les 250 centrales qui turbinent les eaux de lacs fournissent environ 35 milliards de Kwh par an (7% de notre consommation) tandis que les 2500 petites centrales ne produisent que 7 milliards de Kwh (1,4% de nos besoins) et ne sont pas adaptables aux variations de la demande.

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Quand le débit fait l’électricité

En analysant la production hydroélectrique nationale au cours des 10 dernières années, on constate clairement que les variations de production de l’ordre de ± 25 Twh sont directement liées aux quantités d’eau écoulées dans les fleuves Français. L’année 2011 qui présente la plus faible hydraulicité avec 38 milliards de m3 correspond à l’année de plus faible production hydraulique avec 50 Twh. En revanche, l’année 2013 avec 165 milliards de m3 écoulés a enregistré la plus forte production hydraulique avec 75 Twh. Au sein de ces variations, l’évolution de la réglementation en 2014 avec le passage des débits minimums en aval des barrages à 10% du débit moyen inter-annuel ne génère pas des variations du même ordre que l’hydraulicité des cours d’eau. L’évolution des débits des cours d’eau avec le changement climatique et la concurrence des autres usages (irrigation, voir encart "Maïs ou Kwh") peuvent peser lourd dans l’avenir de cette production, bien plus que les contraintes environnementales.

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électricité et débit
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Des contraintes de production toujours plus nombreuses

La production d’électricité doit donc actuellement faire face à plusieurs défis. Produire à toute heure et en tout temps, une quantité importante de kw et donc avoir accès à des ressources plus ou moins renouvelables pour les produire (de l’uranium, du gaz, du fioul, de l’eau, du vent, du soleil, du bois). Disposer d’installations en bon état ce qui nécessite des coûts plus ou moins élevés pour les construire, les entretenir et le cas échéant les détruire en fin de vie. Réaliser des profits financiers (les philantropes étant rares sur le marché de l’électricité, la maximisation du profit est de plus en plus au cœur des motivations des producteurs et des vendeurs). Limiter les risques pour la santé dans le cas d’installations utilisant des procédés dangereux (on pense évidemment au nucléaire en priorité avec les radiations, mais il y a aussi les grands barrages avec les risques de rupture). Essayer d’avoir des impacts pas trop catastrophiques sur la biodiversité et le climat bien évidemment au niveau des sites de production mais aussi au niveau des zones de fourniture de la ressource lorsque celles-ci sont éloignées (mine d’uranium, champ gaziers et pétroliers).

Et du côté des consommateurs, les mêmes contradictions nous habitent. Nous voulons avoir de l’électricité partout, par tous les temps et pas trop chère. Mais, nous préférons être loin des cheminées des centrales nucléaires voire des mats des éoliennes. Les pêcheurs de truites dont je fais parti ne veulent pas trop de barrages (dont raffolent nos amis les pêcheurs de carnassiers). Nos élus tentent de s’emparer de la question, mais force est de constater qu’ils ont bien du mal. Les injonctions climatiques semblent nous amener à privilégier les modes de production dîts "renouvelables", les risques pour la santé conduisent à limiter voire abandonner le nucléaire. Alors face à toutes ces contradictions, quelles pistes pour la production d’électricité demain ?

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éoliennes
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Préserver le climat et la santé, utopie ou réalité ?

Dans le domaine des rejets de CO2, la production d’électricité est responsable de 10% de nos émissions soit 48 millions de tonnes par an. Les centrales thermiques rejettent 10 fois plus que le nucléaire, 50 fois plus que le solaire et 150 fois plus que l’éolien et l’hydraulique. Il paraîtrait tout à fait logique que la progression des renouvelables au cours des 10 dernières années (+30 Twh) ait permis de remplacer le thermique et donc de limiter les rejets de CO2. Hors, que constate-t-on au cours de ces 10 mêmes années ? La production thermique n’a baissé que de 10 Twh. Force est donc de constater que le développement du renouvelable ne se traduit pas, actuellement, par une réduction significative des rejets de CO2 et ceci pour une raison simple, le thermique sert à la pointe de production alors que l’éolien et le solaire font une production de base.

Dans le domaine des risques pour la santé, l’avenir voudrait que le nucléaire qui présente le risque le plus élevé soit peu à peu remplacé par des modes de production nettement moins risqués. Pour cela, il nous faudrait multiplier par 10 nos capacités en éolien, solaire et hydraulique. Est-ce possible à court terme ?

Pour l’hydraulique, la réponse est clairement non. La ressource est déjà très utilisée et les perspectives laissent apparaître un potentiel de 12 Twh si l’on pouvait utiliser toutes les rivières soit 3% de ce qu’il nous faudrait pour remplacer le nucléaire. Reste donc encore 393 milliards de Kwh à trouver. Il nous faudrait environ 100 000 éoliennes occupant 20 000 km² (4% de notre territoire) ou 4000 km² (1% de notre territoire) de panneaux solaires. Ces perspectives ne paraissent pas totalement surréalistes mais posent malgré tout des questions d’occupation du territoire, d’impacts paysagers et de pertes de territoires pour la biodiversité. Ce développement s’accompagne inévitablement du développement de capacités de stockage qui n’existent pas encore actuellement mais également de capacité à beaucoup mieux gérer nos consommations dans une journée pour lisser aux maximums nos usages. Si nous persistons dans une consommation par pic et en hiver, le 100% renouvelable sera très très compliqué.

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Production d’électricité en France : sommes-nous vraiment indépendants ?

La France s’est longtemps enorgueillie, grâce au nucléaire, d’être indépendante en termes de production d’électricité. Nos ingénieurs des mines avaient organisé un ensemble franco-français : des centrales fabriquées par AREVA qui fournissait aussi le combustible, un producteur EDF qui faisait fonctionner les dîtes centrales et un fabriquant de turbines et d’alternateurs (Alstom) qui équipait et entretenait ces parties essentielles des installations. Modulo l’accès au combustible qui réclamait quelques « arrangements » pas toujours clairs avec des pays africains, nous maîtrisions la chaîne de production. Mais, tout ce système c’est largement effondré lorsque nos gouvernants ont accepté de céder notre fabriquant de turbines Alstom à l’américain Général Electric. Aujourd’hui, Donald peut, d’un coup de tête, décider de nous priver d’entretien voire de renouvellement de nos turbines de centrales nucléaires… Vous avez dit indépendant ?

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Bilan

Face à toutes ces difficultés, la 1ère des mesures qui devrait nous paraître incontournable, c’est la réduction de nos consommations. Est-il aujourd’hui possible de diviser par deux nos consommations sans revenir comme le disent les mauvais coucheurs de l’écologie à l’"éclairage à la bougie" ? Nous avons les cartes en mains. Privilégier l’isolation de nos habitations plutôt les gadgets et la déco, être capables d’exiger que nos impôts servent à isoler tous les bâtiments publics plutôt qu’accueillir les jeux olympiques, oublier nos piscines individuelles, ne plus faire nos emplettes dans des passoires thermiques… Sommes-nous prêts à cela ? Pas si facile…

A lire : la première partie du dossier Tous « électrivores » 

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Du producteur au consommateur : qui sont les vrais gagnants ?

En 2018, en moyenne, nous payons 0.15 €/kwh consommé. Ce prix comprend l’abonnement et les taxes qui, aujourd’hui, représentent 40% du prix. En 18 années, le prix du kwh a doublé. L’électricité est donc aujourd’hui un marché de près de 70 milliards de chiffres d’affaire, de quoi aiguiser les appétits ! Côté producteurs, il y a plusieurs mode de transaction et donc de tarifications. Les grands groupes peuvent mettre leur production dans un système de bourse qui est géré soit du jour pour le lendemain (bourse de l’électricité EPEX SPOT), soit dans un système fonctionnant 1 mois ou 1 an en avance. Ces systèmes boursiers fonctionnent à la fois sur le principe de l’offre et de la demande mais également sous l’effet de la spéculation en faisant la part belle à des intermédiaires en l’occurrence des traders dont la philantropie et le respect des enjeux sociaux et environnementaux est bien connus de tous… Les producteurs peuvent choisir une vente directe aux fournisseurs sans passer par un système boursier. Dans l’ensemble de ces systèmes, les prix du kwh varient entre 0.035 et 0.06 €. En parallèle, il existe un système de tarifications d’achat totalement réglementé par des dispositifs de contrats. Ils concernent les énergies renouvelables (éolien, solaire et petite hydroélectricité). Ces contrats assurent des prix d’achat 2 à 3 fois supérieurs au prix du marché (0.08 €/kwh pour l’éolien, 0.18 €/kwh pour le solaire, de 0.065 à 0.11 €/kwh pour la petite hydroélectricité). Mais alors, qui paie ce différentiel de prix ? Et bien, tous les foyers consommateurs d’électricité au travers d’une taxe (la Contribution au Service Public de l’Électricité (CSPE)) qui s’élève, en 2018, à 0.022 €/kwh soit 8 milliards € collectés. Ce montant a été multiplié par 5 en 14 ans. Vous me direz que c’est pour la bonne cause puisqu’il s’agit d’une forme de subventions à des modes de production plus respectueux du climat et qu’il faut encourager. Je leur répondrai que le développement de ces modes de production n’a que très modérément fait baisser les rejets de CO2 et que la démonstration que ces subventions couvrent les surcoûts de production et ne constituent pas, en fait, une très belle rente financière bien supérieure à tous les placements disponibles n’a pas été faîte. Présentez-vous à votre banque avec un petit pactole financier et demandez ce que votre conseiller pense des investissements dans les énergies renouvelables ? Vous verrez que cela va bien au-delà des performances de votre livret A. Maintenant, si nous trouvons normal de subventionner des rentes financières à plus de 8-12% d’intérêts par an je n’ai pas grand chose à ajouter…

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Maïs ou kwh : nous avons choisi ?

Il y a une trentaine d’années, de brillants agronomes accompagnés de conseillers agricoles avisés et d’agriculteurs ayant oublié leur métier ont décidé qu’alimenter des vaches avec de l’herbe c’était « has been ». Il y avait mieux à faire en substituant aux vertes pâtures, des aliments à base de soja et de maïs (quand ce n’était pas de la poudre de cadavres…). Et voilà qu’en 30 ans, le sud-ouest, entre autre, s’est transformé en un immense champ de maïs dans lesquels tournent 24h sur 24 de superbes canons d’irrigation. Et comme l’eau des nappes et rivières n’y suffisait pas, on a décidé de réquisitionner l’eau des barrages hydroélectriques pour alimenter le système. Ainsi, aujourd’hui, dans le sud-ouest, EDF ou ENGIE doivent réserver plus de 100 millions de m3 d’eau accumulés dans les lacs et normalement destinés à faire de l’électricité de pointe en hiver à l’irrigation du maïs, tout cela caché sous le mot de « soutien d’étiage ». Et devinez qui paie la note ? Et bien ce sont les buveurs d’eau qui au travers de l’Agence de l’Eau paient les kwh perdus. Et la facture s’élève à plusieurs millions d’euros par an. Dans le même temps, si l’hydraulique, privée d’une partie de son eau est en difficulté l’hiver pour couvrir les pointes, ce n’est pas grave, on met en route des centrales fioul et gaz pour suppléer. Vous avez dit « priorité à la lutte contre le changement climatique » ?

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DÉCOUVREZ NOTRE DOSSIER "COMMENT LES RIVIÈRES,  LES TRUITES ET LES PÊCHEURS COHABITENT-ILS AVEC LA FÉE ÉLECTRICITÉ ?" :

Part 1 : Tous électrivores

Part 3 : Les modifications des habitats

Part 4 : Les impacts sur les espèces

Test : JMC Pure Equipe 10' #7

 JMC Pure Equipe

Est-il encore nécessaire de présenter l'entreprise Mouches de Charette ? Née en 1986 dans le village de Saône-et-Loire éponyme, elle s'est développée sous l'impulsion de Jean-Marc Chignard dans les années 90 pour devenir aujourd'hui incontournable dans le cercle de la pêche à la mouche français, et même bien au-delà des frontières de l'hexagone. Sensible aux évolutions, la marque est sponsor de l'équipe de France de pêche à la mouche depuis de nombreuses années. Nous consacrerons une série de tests aux modèles phares du catalogue JMC, en commençant par la Pure Equipe 10' soie 7 destinée à la pêche en réservoir :

 

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 JMC Pure Equipe
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Test statique

Avec son blank mat, ses ligatures noires et son porte moulinet carbone, cette canne fait résolument dans la sobriété. Comme toutes les cannes de la série Equipe, une ligature tricolore figure à la base du premier brin. Elle symbolise l'attachement de la marque et de cette série de cannes en particulier à la pratique compétitive de la pêche à la mouche. Au niveau des détails techniques marquants, on peut mentionner la présence de 2 anneaux de départ Fuji et d'une réglette de mesure sur la face interne du premier brin.

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 JMC Pure Equipe
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 JMC Pure Equipe
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 JMC Pure Equipe
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 JMC Pure Equipe
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 JMC Pure Equipe
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 JMC Pure Equipe
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 JMC Pure Equipe
Texte

Mesures

Le protocole Common Cents System a permis de caractériser l'action, la puissance et la réactivité de cette canne : 

En ce qui concerne la puissance, 70 cents ont été nécessaires pour plier la canne sur un tiers de sa longueur, ce qui donne après conversion un ERN à 8.84. Il classe donc la puissance théorique* de la canne comme une soie 8/9.  Avec un AA de 66°, l'action de la canne est moderate fast (AA entre 63 et 66°). La fréquence à 85 montre l'excellente réactivité du produit. Le confort de pêche est très bon : la canne pèse à peine 111 gr et le PTE est de 356gr, ce qui la classe parmi les références les mieux équibrées du marché dans cette gamme de puissance et de longueur.

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 JMC Pure Equipe
Matériel

JMC Pure Equipe 10' #7

Marque
JMC
Série
Pure Equipe
Longueur
10'
Longueur réelle
305cm
Soie
#7
Brins
4
Action
Moderate Fast
Poids réel
111.00g
Anneaux
12
Premier anneau
49cm
Poignée
28x193mm
Serrage
Uplocking
Talon de combat
Oui
PME
245.00g
PTE
356.00g
IP
70
ERN
8.84
AA
66°
CCF
85cpm
Prix à la date de sortie
619.00€
Texte

*NDLR : La norme AFTMA stipule que le numéro d'une soie correspond à la masse des 9.14 premiers mètres (= les 30 premiers pieds). Or, en réservoir, les distances de pêche sont plus importantes qu'en rivière. Lors du shoot final, il arrive fréquemment que la longueur de soie déployée en arrière atteigne une vingtaine de mètres. La canne doit donc posséder une puissance suffisante pour shooter efficacement cette masse qui se révèle supérieure à celle que prévoit le numéro de la canne. Ainsi, dans nos tests, la conversion de l'ERN en "numéro de soie idéal" est différente de celle des cannes rivières : il n'est pas aberrant d'utiliser un numéro de soie inférieur à celui que dicterait "dans l'absolu" l'ERN mesuré.

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Grégoire Juglaret
Texte

L'avis de Grégoire Juglaret (Mouches de Charette, membre des Equipes de France de pêche à la mouche depuis 2009, Champion du Monde par équipe et vice Champion du Monde individuel 2017) sur la gamme Pure Equipe :

"La gamme Pure équipe est une émanation de la gamme Pure à laquelle on a ajouté des spécificités au cahier des charges initial pour obtenir des cannes qui répondent aux besoins spécifiques des compétiteurs et des pêcheurs pointilleux. Là où dans la gamme Pure on va retrouver des tailles de canne standard pour des puissances polyvalentes, on va au contraire retrouver dans la branche Equipe, des longueurs spécifiques pour des puissances précises afin de cibler un type de pêche pour chacune des cannes. Tout ceci est défini par des compétiteurs reconnus sur la scène nationale comme internationale."

... Et sur la Pure Equipe 10’#7 en particulier :

"Pour la petite histoire, le dernier proto de cette canne a été validé durant le championnat du monde 2017 en Slovaquie que la France a gagné, le Captain Delcor imposant son utilisation à l’ensemble du groupe. On pourrait la définir comme une évolution en vitesse de la compétition 10’#7. On a cherché avec ces deux modèles, des « outils » à lancer loin, sans se fatiguer lors des longues utilisations, combinés avec des soies à shooter type JMC Compétition, Cortland Competition, airflo 40+…  C’est pour ça qu’elles sont équipées en entrée du tunnel d’anneaux de 2 Fuji K normalement réservés aux cannes spinning. Ils évitent le foisonnement, d’où un gain de distance, et le bouclage des running fins et souples. Le diamètre important de la poignée permet une excellente prise en main afin d’avoir une tenue de canne parfaite pour appuyer le shoot sans se briser le pouce au bout de 2h de pêche. Le blank de la Pure est plus rapide que celui de sa petite sœur afin de gagner encore en vitesse de shoot, tout en gardant une progressivité afin d’assurer la tenue des poissons, quelle que soit leur taille, tout en amortissant les rush des plus puissants pour préserver la résistance des fils « fins »."

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Sébastien Delcor
Texte

L'avis de Sébastien Delcor, sept fois Champion de France, Champion d'Europe individuel 2017 et vice champion d'Europe individuel en 2015, 3ème au championnat du monde 2017 en individuel, Champion du Monde et d'Europe par équipe en 2017 : 

"Les cannes JMC sont depuis quelques années devenues des références dans la pratique de la pêche en réservoir, entre Pure, Compétition ou Elite, il est impossible de dire quelle est la meilleure, elles ont simplement des actions et des puissances différentes. Chacune permet une utilisation particulière. Attardons nous sur la Pure Equipe 10 pieds soie de 7 : on aime le look sobre et efficace de la gamme. Un joli porte moulinet carbone orné de la marque, un blank noir verni mat et de fines ligatures noires. Les anneaux sont des mono pattes bien-sûr, ils aident le carbone à s’exprimer pleinement sans compter le gain de poids. Coté technique, la PURE Equipe utilise des Nano résines qui permettent d'utiliser plus de carbone et moins de résine. La canne gagne ainsi en légèreté et en réactivité. Côté pêche, elle sera plus à l'aise avec une vraie n°7 intermédiaire rapide, S3 ou S5 sur des pêches au streamer ou au booby. C'est la canne idéale pour lancer très loin sans se fatiguer et surtout sans décrocher! Elle accepte bien également des soies 8. Son action assez progressive est très importante de façon à limiter la fatigue du bras qui arrive vite dans cette gamme de puissance"

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JMC
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L'avis de la rédaction

Un modèle haut de gamme adopté par de nombreux compétiteurs de rang international, ce qui est le meilleur gage de qualité ! De petits détails (action moderate fast, poignée relativement épaisse) facilitent une utilisation intensive de cette canne, ce qui est très important en réservoir où le matériel est plus puissant et moins confortable que celui utilisé en rivière. La puissance relativement importante de ce modèle (ERN à 8.84) est à prendre en compte au moment du choix de la soie : elle lancera parfaitement tous types de soies de 7 plongeantes, y compris les plus denses.

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Liens utiles : 

Le protocole de test des cannes à mouche : ici

Le catalogue JMC : ici

Les autres tests JMC : 

Jmc Fly Fishing

Le Trout Area, une approche ludique de la truite made in Japan

trout area

« Le Trout Area est une technique de pêche en réservoir ultra-légère, qui a ses origines au Japon. », comme le dit Francesco Caramaschi, membre fondateur du Dragon Fishing Piemonté.

Je rajouterai qu’il s’agit d’une pêche de la truite aux leurres. Amoureux de nature vierge, passionnés de première catégorie, de valons perdus, de truites sauvages, de poissons de souche et d’aventures, passez votre chemin ! Ici, n’espérez pas évoluer dans des paysages à couper le souffle, ni rêver de solitude. Ne comparez pas, c’est autre chose. Malgré tout, l'approche Trout Area est très complémentaire de la traque des poissons sauvages. Elle peut se pratiquer pendant la fermeture... mais pas uniquement !

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Naissance d’une philosophie

Cette technique est apparue au Japon à la fin du vingtième siècle. Les Japonais pratiquaient déjà la pêche à l'ultra léger depuis l’après guerre. Ce sont les militaires américains qui l’ont importée. Ça leur permettait de pêcher lors des permissions sans se surcharger de matériel lourd et compliqué à transporter, dans un pays encore hostile à l’époque. 

Le No-Kill, lui, est apparu dans les années 80 en même temps que les Aréa, et pour les mêmes raisons : la dégradation du milieu et la raréfaction des truites sauvages. La rencontre de cette technique et de ces pratiques à donné naissance à une philosophie: le TROUT ARÉA Japon style. 

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Le Maître japonais Neo Hosono Masahito
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Le Maître japonais Neo Hosono Masahito
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Les Japonais ont atteint un niveau de précision et de perfectionnement comme eux seuls en sont capables. Cette pratique est si spécifique, le matériel est si technique et abouti, qu’il serait réducteur de considérer ce mode de pêche autrement que comme une philosophie et même presque une religion !

Arrivée en Italie il y a 4/5 ans grâce à une bande de passionnés qui ont visionné des videos Youtube de compétitions au Japon, elle connait une croissance impressionnante avec 2000 nouveaux pratiquants par an. Le même phénomène a eu lieu en Irlande et récemment en Allemagne. En Russie, c’est encore plus impressionnant avec 10 000 nouveaux pratiquants en moins de 5 ans. Au pays des tsars, ils ont vu les choses en grand avec des centres de pêche démesurés et construits sur le modèle du parc d’attraction. Les poissons y sont généralement plus gros. 

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Les Aréa & les poissons

Les Aréa sont des aires de jeu de petite taille, peu profondes avec des eaux claires. Les berges sont à hauteur d’eau, accessibles, larges et dégagées. 

Les aménagements n’ont de limite que l’imagination (et le budget... !) : des projecteurs pour les pêches de nuit, des pontons flottants, des gradins, des Aréa indoor etc… tout est possible !

Les poissons sont très nombreux et généralement de petite taille. Leur niveau d’éducation déterminera la difficulté de la pêche.  

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Exemple de réalisation d’une Aréa originale
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La technique

Les règles qui l'encadrent sont extrêmement spécifiques et tournées vers le catch & release.

On pêche uniquement au leurre artificiel et avec des hameçons sans ardillons. Les leurres souples sont bannis, considérés comme dangereux pour le poisson et peu compatibles avec le No-Kill. Les leurres les plus utilisés sont les ondulantes et les cranks. 

Le matériel est de puissance UL voir XuL, nous y reviendrons dans un prochain article spécifique.

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Le novice et l’ingénu seront attirés par les vidéos ou s’enchaînent poisson après poisson lors des compétitions. Nous aborderons prochainement en détails le déroulement de ces épreuves. C’est vrai que ces moment intenses et extrêmes sont grisants mais la difficulté, très vite recherchée par l’initié, est ailleurs.

En effet dans les phases finales des compétitions et hors compétition, on va chercher des poissons éduqués. Et là, l’expérience, la connaissance et la maîtrise prennent tout leur sens. La multitude d’animations et de leurres permettent de trouver le bon pattern.

Par exemple, des poissons éduqués réagiront parfois sur des cranks ramenés en linaire très rapidement comme sur des ondulantes posées sur le fond. Les truites s’activeront sur des poissons nageurs en stop and go comme sur des boutons en verticale.

Toutes les couches d’eau doivent être explorées, toutes les vitesses, toutes les couleurs, toutes les formes et tailles de leurres doivent être testés. Enfin bref, plus le poisson est éduqué, plus les patterns seront élaborés. 

Cette pratique est, peut être plus encore que les autres, complètement addictive. 

Adepte des sensations fortes (pardon... très fortes !), vous vous essayerez à la compétition. Amoureux du gaming ou d’xtrem vous serez servis !

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Le choix du leurre: un moment crucial !
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French Trout Aréa : l’ambiguïté à la française 

La pêche de la truite en réservoir est, historiquement, partagée en deux courants :

Le premier consiste à pêcher et prélever des truites au kilo pour la consommation dans de petits réservoirs. 

La deuxième consiste à pêcher en No-Kill et à la mouche des poissons trophées dans des réservoirs plus grands.

En mixant les deux, en bannissant le prélèvement et en rajoutant les leurres durs, on obtient le Trout Aréa !

En France, la pêche de la truite aux leurres en réservoir se développe, jusqu’à maintenant, sur le modèle mouche. On pêche principalement des poissons "trophée" dans des réservoirs de grande taille. On utilise tous types de leurre : les ondulantes, les cranks mais aussi les souples et les tournantes. Bien que très ludique, on est loin du canal historique. Pour pratiquer les deux modes de pêche, je peux vous affirmer que les poissons, le matériel et l’approche sont très différents. Chacune de ces pratiques est singulière.  

Pour l’instant la pêche de la truite dans des petits réservoir pâtis d’une mauvaise réputation. Le pêcheur est considérée comme un viandard qui pêche dans un « trou à pisse ». J’espère que très vite, le monde de la pêche française se mettra au diapason et ne verra plus des "bassines" mais des "aréa", ne verra plus du prélèvement mais une vraie philosophie de Catch & Release et enfin, acceptera que c’est une technique difficile et ludique à la fois!

Restez ouverts et Osez l’aréa ! 

Remerciements Spécial à Neo HOSONO pour les photos ainsi qu’a Francesco Caramaschi pour son aide

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Notre dossier Trout Area :

Les Bases de la technique

Le matériel

Test : Thomas & Thomas Contact 10'8 #3

Thomas&Thomas Contact

Thomas & Thomas fait partie de ces entreprises familiales américaines devenues mythiques dans le monde de la pêche à la mouche. Elle a été fondée par Tom Dorsey et son beau frère Thomas Maxwell en Pennsylvanie à la fin des années 60, lorsque le bambou refendu régnait en maître dans la composition des cannes à mouche. Aujourd'hui installée à Greenfield Massachusetts, elle a conservé son savoir faire artisanal sur la côte Est. Les blanks y sont fabriqués à partir de composants très hauts de gamme et selon des techniques uniques ; les cannes sont ensuite montées à la main sur place. Les produits Thomas&Thomas représentent l'excellence et possède un caractère très authentique. Nous avons eu la chance de pouvoir tester plusieurs modèles dont ceux de la récente série Contact, issue des évolutions de la pêche à la nymphe, avec la Contact 10'8 #3 :

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Thomas&Thomas Contact
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Test statique :

Quand on sort la canne de son étui, on est immédiatement frappé par la classe du produit. Le blank gris armure, les ligatures et liserés olives sont sobres et changent de l'habituelle couleur noire. Le numéro de la canne est présent au niveau des différents emmanchements de façon à faciliter l'alignement des brins. Au-delà de l'esthétisme, on remarque que tous les composants sont très qualitatifs et tendent à minimiser le poids. Il comprennent : une poignée en liège de qualité maximale (extra flor), un porte-moulinet en aluminium anodisé noir avec insert en loupe de frêne et un anneau de départ en titane/silicium suivi de 11 autres anneaux recoil monopattes. Enfin, le talon se termine par un fin pommeau de combat en liège, apportant confort et équilibre. 

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Thomas&Thomas Contact
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Thomas&Thomas Contact
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Thomas&Thomas Contact
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Mesures : 

Le protocole Common Cents System a permis de caractériser l'action, la puissance et la réactivité de cette canne : 

En ce qui concerne la puissance, 29 cents ont été nécessaires pour plier la canne sur un tiers de sa longueur, ce qui donne après conversion un ERN à 3.27. Il classe donc la puissance de la canne comme une soie 3, exactement ce qui est annoncé par le fabricant. Avec un AA de 66°, l'action de la canne est moderate fast (AA entre 63 et 66°). La fréquence à 74 montre la polyvalence du produit et la réelle possibilité de pêche en sèche. Le confort de pêche est excellent : la canne pèse à peine 84 gr et le PTE est de 274gr pour cette 10'8, ce qui la classe parmi les références les mieux équilibrées du marché. A noter que nous avons testé ce produit en configuration "porte moulinet up-locking", nul doute que ces chiffres sont encore meilleurs avec le porte moulinet down-locking disponible en option. 

Matériel

Thomas & Thomas Contact 10'8 #3

Marque
Thomas & Thomas
Série
Contact
Longueur
10'8
Longueur réelle
326
Soie
#3
Brins
4
Poids annoncé
79.00g
Poids réel
84.00g
Anneaux
12
Premier anneau
55cm
Poignée
24x163mm
Serrage
Uplocking
Talon de combat
Oui
PME
190.00g
PTE
274.00g
IP
29
ERN
3.27
AA
66°
CCF
74cpm
Prix à la date de sortie
825.00€
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Ivan Gémages
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L'avis d'Ivan Iannaccone (Le Moulin de Gémages), importateur français exclusif Thomas & Thomas :

"Une très belle canne d’Artisan au look sobre et classe comme sait réaliser avec brio ce fabricant légendaire du Massachusetts ! La Contact est issue d’une fabrication 100% américaine et des toutes dernières technologies US mises au point dans les ateliers T&T. Dès la première prise en main, le « feeling » et l’équilibre sont excellents. C’est l’outil de pêche idéal pour les différents types de pêche en nymphe dites « à l’Européenne », mais sans oublier la pêche en sèche et en noyée où elle excelle aussi. L’action rapide couplée à son poids plume évitent toute fatigue durant la pêche et vous fait oublier que vous avez une canne de presque 11 pieds entre les mains ! Lancer après lancer, dérive après dérive, l’intuitivité et l’aisance d’utilisation de cette canne permettent de passer au peigne fin la moindre veine d’eau dans différents angles de lancer et ce, sans repositionnement intempestif du lanceur. Le plus bluffant en action de pêche est son incomparable résonance et l’extrême sensibilité du blank mis au point pour sentir tout ce qui se passe sous l’eau ! Cette sensibilité accrue et inégalée facilite vraiment les détections de touches les plus infimes ou de sentir de simples accros.. Une tenue de poisson exemplaire permet des excès de finesse sur toutes tailles de poisson, sans problème de casse et décrochage au combat. Une des meilleures cannes du marché dans sa catégorie avec de magnifiques finitions et un réel plaisir à l’utilisation !"

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Lionel Fournier
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L'avis de Lionel Fournier, champion de France 2018 et membre de l'équipe de France Europe de pêche à la mouche : 

"La Thomas & Thomas Contact 10'8 soie 3 est la canne que j'ai le plus utilisée en compétition en 2018. Plusieurs raisons à cela : tout d'abord, elle est idéale pour les poissons jusqu'à 45 cm qui constituent la majorité de nos prises durant les manches. Elle permet de pêcher très fin sans se faire balader par le poisson et le nombre de décrochages est incroyablement faible grâce à son action très particulière. Dans ce type d'utilisation, c'est sans doute la meilleure canne que j'ai pu avoir dans les mains. Elle est très légère et ne pique pas du nez, ce qui est rare dans ces longueurs, et se révèle très précise en action de pêche. La finition est parfaite et la poignée de très bonne qualité. Sa finesse est un atout pour prolonger les informations transmises par le carbone, dans la détection des touches notamment."

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Thomas&Thomas Contact
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Un magnifique poisson de printemps pris par Lionel lors de sa préparation aux compèts 2018
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L'avis de la rédaction :

Un modèle classieux qui est devenu en très peu de temps une référence pour la pêche à la nymphe style européen. Le bras de levier important permet d'effectuer de longues dérives en grands cours d'eau et l'action moderate fast réduit les décrochages. Contrairement à de nombreuses cannes de cette longueur, la Contact 10'8 #3 réunit deux qualités indispensables pour pêcher efficacement en sèche, à savoir réactivité (CCF à 74 cpm) et maniabilité (PTE à 274gr), en prenant soin d'adopter le rythme de lancer. Sa douceur autorise la pêche en eaux rapides façon pyrénéenne (soie naturelle fine/bas de ligne court et rapide). Si l'on veut chercher la petite bête et trouver quelques défauts, on pourrait mentionner la (trop) grande distance entre la poignée et le premier anneau (55cm) pour la pêche au fil. Le Moulin de Gémages (distributeur exclusif français) a bien pris en compte ce dernier point, en proposant en option un anneau mobile spécial "pêche au fil", clipsable sur le premier élément. Cette canne numérotée bénéficie d'une garantie à vie. 

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Liens utiles : 

Le protocole de test des cannes à mouche : ici

Comment choisir sa canne à nymphe : ici

Le site du Moulin de Gémages, importateur exclusif Thomas & Thomas :

Le Moulin de Gémages

Bénéficiez de 5% de réduction sur le modèle testé en contactant Ivan Iannaccone au 02 33 25 15 72 ou par mail à l'adresse suivante : contact@lm2g-flyfishing.fr

Les autres tests Thomas & Thomas ici :

Thomas & Thomas

L'appel des sommets

Pêche lac de montagne

Le pêcheur de truite n’a pas échappé aux dynamiques démographiques ayant touché la population française ces dernières décennies : le « truiteux » est souvent devenu citadin... Son mode de vie le situe à mille lieues de ses aspirations initiales, de son désir de nature et de liberté ; de son envie de patauger dans des eaux fraîches grouillant de salmonidés. Alors, aujourd’hui peut-être plus qu’avant, il ressent ce besoin presque vital de prendre ses distances avec son mode de vie trop urbain, d’oublier les bouchons, ce patron incompétent, ou encore son rédacteur en chef tyrannique qui le harcèle afin de produire toujours plus d'articles… Quoi de mieux, pour rompre totalement avec les tracas du quotidien, que de retourner en montagne, là où sont solidement ancrées les racines de chaque passionné de mouchetées ? Ce besoin de ressourcement conjugué au désir de piquer quelques poissons au cœur de grandioses paysages nous conduit donc irrémédiablement, chaque année, sur les rives des lacs d'altitude.

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Pour ce séjour, j’ai le plaisir d’être accompagné par Thomas. Il est jeune, en bonne condition physique, altruiste (il s’est d’ailleurs engagé à porter une partie de la charge de son aîné au physique quelque peu défaillant), excellent photographe, a soif de découverte (de tous types) et son dense pelage tient chaud la nuit. C’est le partenaire idéal.

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Pêche lac de montagne
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Nous franchissons rapidement les quelques centaines de mètres de dénivelés en destination de la zone de pêche. La motivation est grande car nous voulons arriver à destination pour faire le coup du soir et l’après-midi est déjà bien avancée.

Nous avons bien fait de nous empresser car les quelques instants de pêche avant la nuit furent mémorables.

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pêche leurre
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pêche grosse truite
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Les crépuscules correspondent souvent à des moments d’intense activité quand les conditions météorologiques sont anticycloniques et chaudes. Ce coup du soir n’a pas dérogé à la règle. Les truites se succèdent devant l’objectif.

Les farios étaient en chasse. Néanmoins, elles ne se jetaient pas sur tout et n’importe quoi et restaient quelque peu sélectives. Les leurres souples étaient boudés alors que les minnows suspending ou légèrement coulants déclenchaient de franches attaques.

Au fur et à mesure que la luminosité diminuait nous avons troqué les teintes naturelles pour des couleurs plus facilement visibles (blanc, fluo, etc…). Les animations ont aussi évolué au fil des minutes et se sont assagies en passant de rapides et heurtées à lentes et linéaires. Dans la pénombre, il est manifestement plus simple pour un prédateur aquatique de se saisir d’une proie se déplaçant de façon rectiligne.

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pêche grosse fario
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pêche fario lac
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Nous avons fait durer le plaisir même après le crépuscule. Mais, une fois l’obscurité complètement tombée, les touches ont totalement disparu. Il était temps pour nous de rejoindre notre bivouac et d’engloutir une exquise préparation culinaire faite maison, équilibrée et composée de produits sains : un demi-kilo de nouilles japonaises ! Selon Thomas la nuit fut agitée. Cela faisait très longtemps que je n’avais pas fait de crise de somnambulisme. Pour ma part j’ai très bien dormi.

Le lendemain la pêche se compliqua considérablement. Le front froid qui passa durant la nuit semble avoir calé les poissons, tout du moins les plus gros spécimens que nous ne trouvons pas. Nous nous amusons tout de même avec les « petites » truites.

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pêche lac de montagne
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Les farios n’occupent pas de zones particulières. Certaines sont prises en bordure avec des poissons nageurs, d’autres plus loin et plus profond avec des metal jigs.

Quelque soit la zone de tenue, ces farios provoquent des touches d’une grande violence, des coups de fusils que l’on attribuerait à des poissons bien plus gros. Durant les premiers instants le blank de la canne est mis à rude épreuve tant il est cintré. Ensuite… Ces petites méditerranéennes semblent ne pas avoir d’endurance. Elles se laissent ramener parfois même sans bouger, avec autant d’énergie qu’une chaussette étendue sur une corde à linge lors d’une journée sans vent. Ce sont des sprinteuses qui donnent tout en quelques secondes.

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pêche fario pyrénées
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Nous plaçons tous nos espoirs de gros poissons dans le dernier coup du soir. Mais, même si nous assistons à une recrudescence de l’activité, les dimensions de nos prises restent semblables. Nous verrons l’an prochain, si les conditions météorologiques sont différentes peut-être que... Notre ultime nuit là-haut fût glaciale, pleine d’araignées et de souris. L’homme a (quasiment) exterminé les grands prédateurs de nos montagnes. Il ne subsiste finalement que les espèces véritablement « nuisibles » pour nous pêcheurs-randonneurs : les arachnides et les rongeurs !

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pêche Pyrénées
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Il est maintenant temps de quitter ce bel écrin des Pyrénées pour redescendre dans la vallée. Notre départ ne se fait pas sans un pincement au cœur car, la fermeture étant proche, ces truites sont les dernières de 2018. Il faut s’y résoudre, nous allons laisser les salmonidés de côté pendant de longs mois. Heureusement, ce séjour nous laisse en tête de belles images de poisson et d’un milieu empreint d’authenticité, de quoi nous aider à patienter (à survivre ?) jusqu’à l’ouverture 2019.

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pêche fario lac pyrénées
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