Mouche : adaptez votre vitesse de prospection !

Lionel Ainard

Les semaines qui précèdent l’ouverture de la truite sont souvent sujettes à des insomnies récurrentes chez le moucheur tant bon nombre d’entre nous cogitent à leur stratégie de pêche pour la nouvelle saison. Au milieu des nombreux sujets halieutiques qui agitent nos nuits, la vitesse de prospection est souvent injustement oubliée alors qu’elle influe fortement sur le nombre de poissons mis à l’épuisette, notamment lorsqu'on "pêche l'eau", en nymphe au fil ou en sèche.

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Une logique adaptative de première importance

La vitesse de prospection détermine la distance parcourue à la fin de la journée et le résultat de votre sortie : certains jours vous ferez pêche sur quelques dizaines de mètres et d’autres fois, plusieurs kilomètres seront nécessaires à assurer quelques prises... Que vous opériez en sèche ou en nymphe, la vitesse de prospection revêt une grande importance et son influence est déterminante sur le nombre de truites prises en fin de journée. 

L'adaptation de la vitesse de prospection se fait dans une logique d'optimisation du temps imparti : le but étant de réduire le nombre total de dérives et de les valoriser en se consacrant uniquement aux veines d’eau les plus occupées à l'instant t.

Lors d’une même journée et en fonction du moment, nous réduirons ou augmenterons notre vitesse de prospection car dans la Nature rien n’est figé et tout peut changer en l'espace de quelques minutes... ce qui demande une attention permanente !

Densités de truites actives et de postes conditionnent le tempo

Jouer sur le rythme de prospection en l’adaptant à la réalité écologique du moment permet de valoriser les coups de lignes en donnant une majeure partie d'entre eux là où sont les poissons actifs sur votre parcours. Cette réalité écologique intègre un double postulat de départ simple :

Une proportion plus ou moins grande des truites du parcours est capturable au moment de la pêche.

Les poissons se tiennent sur un nombre plus ou moins important de types de postes.

Opter pour une prospection lente ou rapide ne se décrète pas selon vos envies du jour ou votre forme mais s’impose donc en fonction de deux paramètres principaux :

  • le degré d’activité des truites : pas besoin de vous faire un dessin, tout pêcheur sait bien que le nombre de truites actives sur un parcours donné varie considérablement au cours d'une même journée.
  • la richesse en postes du parcours fréquenté : tous les parcours ne sont pas égaux en matière de configuration ! les nombres de caches, de veines de courants, de grands plats...etc varient considérablement d'un secteur à l'autre. Un parcours à blocs par exemple a tendance à ralentir fortement votre prospection car il offre une multitude de coups... mais nous verrons par la suite que cette richesse peut être un piège si une infime proportion des postes présents est productive... car peigner le reste vous fera perdre beaucoup de temps !
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Dans les portions riches en postes, le rythme est généralement modéré...
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En pratique...

En règle générale, nous débuterons notre partie de pêche par une prospection lente afin d’explorer un maximum de postes de toutes sortes. Lors de ces premiers coups ligne et si vous pêchez correctement, vous pourrez vous faire une idée de l’activité des truites et de leur potentielle tenue privilégiée du jour...

Si le nombre de truites actives est important :

Cas 1 : les touches se manifestent sur des veines d'eau différentes 

Quand vous touchez de nombreuses truites sur des veines d’eau très différentes, inutile de battre du terrain. Une prospection lente et minutieuse s’avère être la méthode la plus productive. Serrez les coups de ligne !

Cas 2 : les touches se manifestent préférentiellement sur une seule configuration

Il s'agit du cas classique où vous venez d'enchaîner plusieurs prises coup sur coup puis rideau, plus rien. Avant de conclure hâtivement à une baisse brutale d'activité, il faut se demander si les poissons actifs ne sont tout simplement pas regroupés sur des postes aux caractéristiques bien précises !

La répétition de touches rapprochées permet par comparaison de déterminer facilement le profil type des veines plébiscitées par les truites à un moment donné : vous devez être capable d’analyser la force du courant, la profondeur, l'environnement de ces courants porteurs.

Si les truites sont sur un type de poste bien particulier, à vous de les repérer et de les exploiter durant ce moment-là qui ne dure parfois que quelques minutes... Il est alors inutile de pêcher les secteurs ne correspondant pas à ce profil : marcher le long des berges à la recherche de la configuration du moment est loin d’être une perte de temps. Parfois même, cette situation me fait prendre la voiture afin d’aller en amont ou en aval à la recherche de secteurs offrant un maximum de postes en cohérence avec la réalité halieutique du moment. 

Dans ces conditions de truites bien actives sur un type de poste précis, l'insistance paye car les poissons y sont parfois regroupés. N'hésitez pas à multiplier les coups de ligne surtout si ledit poste est assez vaste.

Si le nombre de truites actives est faible :

Lors de ces premiers coups de ligne, si les poissons sont timides et très peu nombreux, le choix du type de poste devient capital pour augmenter un peu la cadence de ferrages...

Grâce à ces quelques touches, vous devez définir très vite par la démarche que nous venons de décrire le type de poste où la probabilité de toucher un poisson est maximale, afin de cibler là où se trouvent les individus actifs disparates à ce moment-là... Parfois les indices de présence des truites sont très rares et le doute peut s’installer, à vous de rester aux aguets, de faire confiance à votre instinct... avoir du cran peut sauver votre partie de pêche !

Contrairement à la situation précédente où les truites actives sont nombreuses et regroupées, quand "ça ne mord pas", il est généralement inutile d'insister sur un même poste, mieux vaut augmenter le linéaire parcouru pour en prospecter le plus grand nombre possible... c'est typiquement le genre de situation où vous serez amené à parcourir plusieurs kilomètres de berge !

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La stratégie de pêche est le premier facteur qui influence le nombre de poissons mis à l'épuisette !
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Une nécessité absolue pour les milieux vastes et les gros poissons

Trouver le bon rythme de prospection est plus ou moins facile selon que l’on opère sur un ruisseau ou une grande rivière : nous l'avons compris, le succès dépend beaucoup la réactivité du pêcheur à la prise d’informations données par les truites... mais cette prise d'information peut être plus au moins chronophage ! Si en ruisseau, le raisonnement peut être facilement validé ou invalidé car les postes sont rapprochés et petits, le grand cours d'eau lui, pardonne beaucoup moins les lenteurs d'analyse et encore moins les égarements sur des fausses pistes !

De même, cette façon de procéder est fondamentale dans la recherche des grosses truites qui par essence même, sont rares et donc nécessitent une valorisation maximale des coups de ligne ! Quand j’évoque ici les grosses truites en début de saison, je pense en particulier aux pêches des retournes où parfois les insectes dérivants tournent et re-tournent pendant de longs moments pendant et après une éclosion massive. Dans ces conditions nombreux sont les gros poissons que j’ai vu s’alimenter longtemps, même après que l’éclosion soit terminée, quand la plupart des pêcheurs trop pressés... ont déjà quitté le poste voire même le bord de l’eau !

Les salmonidés opportunistes adaptent leur comportement aux variations naturelles du milieu où ils évoluent. Les émergences d’insectes, les conditions météorologiques et de nombreux autres facteurs influent sur leur comportement et sur leur positionnement dans la rivière. C’est au pêcheur, par ses qualités d’analyse et sa compréhension du milieu, de s’adapter à la partition offerte par les truites le plus justement possible, à chaque instant de la journée !

Bonne ouverture à tous !

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Lionel Ainard
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Sélectionnez vos postes, l'audace paye !

Made in France : les nouveautés JS Patch

JS Patch

Nous vous avions présenté les premiers modèles de JS Patch en 2019 (lire l'article ici). Depuis, de l'eau à coulé sous les ponts et Joël Santoni a considérablement étoffé sa gamme, il nous en dit plus aujourd'hui dans les colonnes de Truites & Cie :

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Bonjour Joël, peux-tu nous présenter les produits phare apparus depuis 2019 ?

"En effet, en 2019 je n’avais qu’une collection de 2 modèles de patchs « simples » en deux tailles. L’aventure a commencé avec des échantillons de cuir récupérés dans les commerces de mobilier d’intérieur qui au fil du temps se séparent de catalogues de cuir.

Avec la demande croissante de pêcheurs ne trouvant pas forcément le produit qu’ils cherchaient dans le commerce, j’ai donc proposé différents modèles en termes de taille, de coloris et de « structure » :

Par exemple, suite à une discussion avec Benjamin Noir (moucheur compétiteur) qui cherchait un modèle spécifique, le modèle 4en1 est né. Il s’agit d’un patch qui grâce à un mousqueton pivotant permet d’avoir accès à 2 faces, doublant ainsi la capacité de stockage de mouches pour une taille identique : 4 plaques de mousses dans 1 patch, d’où le nom 4en1. Ce modèle est particulièrement adapté au rangement des nymphes.

Toujours dans la famille des patchs, des modèles plus spécifiques sont apparus. En particulier, ceux qui s’adaptent sur les chest packs actuels (FishPond Crosscurrent, Simms Dual...etc), équipement de plus en plus utilisé par le moucheur de nos jours.

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JS Patch
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Ensuite, 2 accessoires essentiels sont aussi apparus rapidement : le drypatch et le porte-flacon.

Le drypatch est un accessoire pour sécher les mouches composé de 2 plaques d’amadou fixées sur du cuir. Ce produit a été compliqué à réaliser en raison de l’approvisionnement en amadou. Trouver l’artisan qui pouvait m'en fournir d'excellente qualité a été long car je cherchais un produit épais pour me démarquer de ce qui se vendait sur le marché.

Pour ce qui est du porte-flacon, la gamme comprend plus de 10 modèles (tous en cuir), s’adaptant aux différents types de flacon de graisse du marché actuel.

En 2020, j’ai complété la gamme de ces produits par des redresseurs de bas de ligne, puis en 2021 des portefeuilles à bas de ligne, des languettes de fixation d’épuisettes...etc."

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Dans le développement des produits JS Patch, tu as particulièrement mis l'accent sur la personnalisation, peux-tu nous expliquer pourquoi ?

"Développer un produit n’est pas chose aisée. Pas de labo, pas d’ingénieurs, qui testent et re-testent les produits mais j’ai à ma disposition des pêcheurs passionnés ! Dans les projets qu’ils m’ont confiés, cela a forcément révélé les qualités de certains modèles et les adaptations que je pouvais y apporter.

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JS Patch
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La personnalisation c’est créer son patch avec les couleurs, les fonctionnalités dont on a besoin.

Au fil des années, la gamme des cuirs s’est étoffée avec des cuirs de coloris variés et de plus grande qualité. Mais proposer un produit « unique » ou presque a toujours été mon dessein premier. La création de mes propres cuirs était donc évidente pour moi. Essayant toujours d’avoir un lien avec notre passion (la pêche à la mouche), le cuir Brown Trout a été le premier. Fort de son succès, ce modèle s’est vu complété par le cuir Eclosion, 2 cuirs complètement différents.

Il y a peu un client pour qui j’avais travaillé il y a déjà un moment, me contacte à nouveau. Il me soumet son projet sans savoir que moi aussi je pensais à la même chose de mon côté. On parle de pêche « light », de ne plus vouloir se trimbaler au bord des rivières avec un chestpack chargé mais de pêcher avec l’essentiel. On en vient donc à échanger des croquis, des idées de conception. Il est donc probable qu’un patch à la façon d’un Chest Storage fasse bientôt son apparition."

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JS Patch
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Tu es un des rares artisans à travailler le tissu de wader recyclé, comment est née cette idée et comment l'as-tu concrétisée ?

"Une fois de plus, les discussions avec des pêcheurs ont conduit à tester cette matière. Bertrand Padilla (excellent compétiteur en rivière et réservoir) me dit un jour "c’est super tes patchs mais tu ne voudrais pas utiliser des tissus de waders ?" Ma réponse fut affirmative car c’est toujours un challenge que de concevoir un nouveau produit... J’ai aussi échangé avec Florian Caravéo (compétiteur très sensible à la problématique environnementale) sur l’usage des produits en upcycling. En effet, j’ai rapidement fabriqué un patch en caoutchouc de chambre à air, mais je n’ai pour l’instant pas insisté dans cette voie car le produit se travaille difficilement pour l’usage que je souhaitais en faire.

Par contre, on a tous des vieux waders qui fuient ou sont déchirés. C’est donc en 2019 que j’ai fabriqué le premier patch avec cette matière. Mais occupé à développer les produits en matière plus noble (le cuir) j’ai mis de côté ce projet pendant 2 ans.

A l’automne 2021, toquant à la porte de mes voisins, l’entreprise JMC Flyfishing (que je remercie), j’ai donc lancé cette gamme de produits. Thibault Longis et Claire Barret me trient les waders les moins abîmés puis en font don à Js Patch (notamment leur modèle camouflage qui change radicalement des coloris habituels). Tous les modèles de patchs peuvent être réalisés, ainsi que les drypatchs.

Mais cette matière m’a aussi permis de lancer un nouvel accessoire peu vendu dans l’hexagone : le porte-bobine light. J’aurais pu le fabriquer en cuir, mais la légèreté de la toile de waders en fait un atout indéniable. Très utilisé par les compétiteurs espagnols, cet étui dans lequel est stockée une bobine de fil sert de dévidoir. Ils peuvent être scratchés les uns aux autres et se fixer sur un gilet ou chestpack."

Pour conclure, parle nous de tes projets en cours !

"Il faut toujours garder quelques idées en tête. Je suis allé très vite commercialement en apportant des nouveaux produits très rapidement (peut-être trop vite !). Une marque c’est aussi un peu de marketing, donc une petite ligne de textile à l’effigie de ma marque est proposée depuis peu sur le site. Il y aura rapidement d'autres articles en cuir (ceintures, porte-cartes) mais en essayant de conserver le lien avec notre passion."

Merci Joël et à bientôt !

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Simon Scodavolpe
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L'expérience de Simon Scodavolpe, rédacteur en chef de Truites & Cie :

"La recherche de fonctionnalité et de confort m'ont poussé ces dernières années à passer du traditionnel gilet au moderne chest-pack et à tester plusieurs modèles d'entre eux. J'ai finalement jeté mon dévolu sur la copie du Simms Dual (disponible ici chez la très sérieuse boutique en ligne 1000mouches) et c'est tout naturellement qu'est venu le moment du choix du patch à nymphe au printemps dernier : privilégiant toujours l'accessibilité et la fixabilité (je déteste avoir trop d'accessoires qui "pendouillent" sur mon chest-pack), j'ai fait appel à Joël pour la confection de 2 Patch Spanish que j'ai fixés non pas sur les 2 poches de poitrine mais sur les bretelles du chest pack. La petite modification que j'ai demandée à Joël par rapport au modèle vendu sur son site se situe au niveau du système de fermeture. J'ai choisi une fermeture aimantée sur le bord supérieur et les côtés du patch, de façon à sécuriser au maximum le port des nymphes. Le produit que j'ai reçu, outre son esthétisme très réussi, est absolument parfait pour mon utilisation : la fermeture est ferme (le patch ne s'ouvre pas même si vous devez sauter d'un bloc ou d'un muret) et sa durée de vie est infinie. La fenêtre demandée sur un des 2 modèles me permet d'y fixer quelques mouches sèches et nymphes en attente. Un produit made in France à la fois précieux et pratique, un must !"

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JS PATCH
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JS PATCH
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Lien utile

Le site JS Patch :

JS PATCH

Scènes bretonnes de saumon à la mouche

Jean-Baptiste Vidal

Nous avons déjà abordé à de multiples reprises le potentiel pêche des migrateurs du nord-ouest de la France, en particulier avec Jean-Baptiste Vidal, moniteur guide de pêche en Bretagne. Après le récit d'un fantastique week-end de pêche au saumon en 2020 (lire ici), Jean-Baptiste revient avec une vidéo sur son territoire de pêche (montage par Mathieu Hequet), enjoy !

Vidéo
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Informations utiles

Retrouvez les activités de Jean Baptiste sur son site Enjoy Fishing :

Enjoy Fishing

Une année de pêche du brochet à la mouche

pêche brochet mouche

Il y a maintenant un an, je lançais pour la première fois un gros streamer avec une canne à mouche pour essayer de capturer un brochet (lire le récit ici). Cette pratique s’est avérée tout de suite complètement addictive et je vous propose dans cet article de faire un bilan de douze mois d’itinéraire d’un pêcheur débutant.

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Pourquoi une telle addiction ?

Je me suis beaucoup posé cette question et elle m’a été souvent posée tout au long de ces 12 derniers mois, passés à traquer avec plus au moins de succès cette nouvelle proie. Tout d’abord, il y a le plaisir de découvrir et d’apprendre. Cela fait plus de trente ans que je pêche la truite à la mouche et si je me garderais bien de dire que je n’ai plus rien à apprendre il y a quand même certains aspects de cette pratique que je maitrise assez correctement. Concernant la traque du brochet, tout est nouveau. J’apprends à chaque sortie et quel plaisir d’apprendre ! Je constate mes progrès plus ou moins rapides et mesure vaguement l’étendue de tout ce que je dois encore maitriser de cette pêche. Mais cela ne suffit pas à expliquer cette passion. J’ai récemment agrandi l’éventail de mes cibles avec une canne à mouche. Mais ni les carpes, perches, black-bass et autres… n’ont provoqué chez moi cette addiction. C’est donc le poisson lui-même qui en est responsable. Ce magnifique brochet, si capricieux, dont les attaques peuvent être fulgurantes ou si discrètes. Il peut donner l’impression d’avoir disparu pendant plusieurs jours d’un plan d’eau alors que l’on sait qu’il y est bien représenté ou s’activer frénétiquement à certaines périodes. Et puis surtout, il y a la possibilité, à tout moment, même après plusieurs jours d’insuccès, d’attraper un poisson qui restera gravé à vie dans votre esprit et justifie toutes les sorties qui se terminent par un score nul.

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Eric Bacon
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Ce genre de prise vous laisse espérer jusqu’au dernier lancer, même après des heures de double traction sans la moindre touche et garde votre motivation intacte.
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Le matériel

J’ai débuté avec du matériel non spécifique au brochet et capturé ainsi quelques poissons mais très vite mon équipement s’est spécialisé.

Cannes

Je trouve pratique et efficace, même si cela nécessite un certain investissement, d’avoir plusieurs cannes. Les pêcheurs de brochet aux leurres ont souvent plusieurs cannes en fonction du poids des leurres. Avec une canne à mouche il faut en plus avoir des soies de densité différente selon la profondeur à laquelle on veut faire évoluer son streamer.

En général, je pars pêcher avec trois cannes. Une 9 pieds pour soie de 10 et deux 9 pieds pour soie de 8. Je pêche essentiellement en bateau ou en float tube et le transport ne pose donc pas de problème. Je suis particulièrement satisfait de mon modèle pour soie de 10, une canne Vision Merisuola qui a une réserve de puissance incroyable pour maîtriser les gros poissons en milieu encombré mais reste agréable avec des poissons modestes. C’est donc elle que j’utilise principalement.  

Moulinets

Il me semble que c’est l’élément le moins important de cette pêche. Le brochet n’est pas le poisson le plus combatif. En un an de pratique, je ne me suis retrouvé qu’une fois sur le backing. Il suffit qu’il ait une capacité suffisante et équilibre la canne pour faire l’affaire et comme il en faut un par soie (ou bobine supplémentaire) il vaut mieux qu’il ne soit pas trop cher.

Soies

Il s’agit là d’un élément très important et il faudra apporter beaucoup de soin au choix des modèles dont vous aurez besoin. J’utilise des profils dits « shooting head intégrées » (sans raccord). Les soies moyennement plongeantes (S4) sont les plus polyvalentes, j’en ai donc deux en numéro 8 et 10. Pour compléter mon équipement, je possède une soie numéro 10 flottante, les leurres de surface n’étant pas les plus simples à lancer, et une soie numéro 8 intermédiaire.

Bas de ligne

J’ai fait de nombreux essais pour arriver à trouver des formules qui me conviennent. J’ai abandonné les montages en 3 brins avec une section cassante au milieu pour des montages plus simples et comportant moins de nœuds.

Avec une soie flottante et des leurres de surface, mon bas de ligne est constitué d’un seul brin en fluorocarbone d’environ 1,80m et d’au moins 80/100 de diamètre. Pêchant essentiellement en bateau ou en float tube, je peux toujours aller récupérer mon streamer s’il est bloqué dans un obstacle. Avec les soies intermédiaires et plongeantes, je monte un long brin de 45/100 (suffisamment robuste pour brider n’importe quel brochet) puis un brin de tresse d’acier gainée. La tresse Karnafil de JMC est suffisamment souple pour réaliser un nœud de raccord avec le nylon et le gainage permet de réaliser un raccord avec une agrafe en faisant fondre légèrement la gaine. 

Quelle que soit la formule de montage, mon bas de ligne ne dépasse pas 2m de longueur pour éviter de faire passer le raccord avec la soie dans les anneaux.

Les accessoires

Certains accessoires me semblent indispensables et d’autres changent la vie.

Trois outils ne me quittent jamais :

Une pince courte, très maniable, que j’utilise pour décrocher les poissons et pour écraser les ardillons. Une pince longue pour décrocher lorsque le streamer est profondément avalé. Une pince coupante, plus pratique que des ciseaux pour couper les fils de gros diamètre, coupe aussi la tresse en acier et peut s’avérer utile s’il vous arrive un accident avec un hameçon dont vous aurez gardé l’ardillon.

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Le panier de lancer, s’il est inutile en float tube, devient presque indispensable pour pêcher du bord ou en bateau.

Pour finir, même si elle n’est pas indispensable, j’ai fini par m’équiper d’une épuisette. J’ai choisi un modèle simple, avec un manche court et flottante (conçue pour la pêche en float tube).

Les streamers

Les pêcheurs de brochet aux leurres ont souvent la réputation d’être des acheteurs compulsifs, l’offre étant immense, les nouveautés permanentes. Il peut en être de même avec les streamers mais lors d’une sortie j’utilise rarement plus de 4 ou 5 modèles différents. Je me suis constitué au cours de la saison une sélection (évolutive) d’une trentaine de modèles (flottants, avec tail, légers et facile à lancer etc…) qui me semble suffisante pour palier à toutes circonstances. Le choix (et le montage) de ces modèles pourrait faire l’objet d’un article à lui seul que je laisse aux spécialistes.

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Lieux de pêche et stratégies

J’ai au début prospecté essentiellement, soit les très grands lacs du sud Gironde et le nord des Landes qui se situent tous à moins d’une heure de chez moi, soit des petits plans d’eau du Lot et Garonne, suffisamment proches pour une sortie à la journée.

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Ma stratégie est totalement différente dans ces milieux très contrastés.

Sur les petits plans d’eau (inférieurs à 5 hectares), le float tube me semble particulièrement adapté. Je prospecte des postes, notamment les berges, mais aussi les herbiers, les petites iles ou toutes sortes d’obstacles. C’est une pêche particulièrement ludique, car même en l’absence d’activité, il y a toujours le plaisir de lancer vers une cible définie.

Sur les grands lacs de ma région, la pêche en bateau (type Bass boat) est un vrai plus. Ces plans d’eau ont tous une superficie de plusieurs milliers d’hectares, le terrain de jeu est immense et ils sont de ce fait peu protégés du vent. La stratégie consiste alors en de longues dérives au-dessus des immenses herbiers. La pêche est alors beaucoup plus répétitive et moins ludique, mais ce sont aussi des postes à très gros poissons.

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Le moteur électrique est d’une aide précieuse pour contrôler les dérives et le moteur thermique permet de changer complètement de secteur en quelques minutes. Quant au sondeur, plus que la détection des poissons, il permet surtout de localiser les herbiers (qui ne sont pas visibles en surface dans ces lacs) et de savoir à quelle profondeur il faut faire évoluer son streamer.

C’est cependant en float tube (je ne possède pas de bateau) que je passe le plus de temps sur ces grands lacs. J’ai alors 2 stratégies différentes.

La première est de choisir une petite anse relativement fermée, lieu dont l’avantage est d’être protégé du vent. On retrouve alors la pêche des postes en petits plans d’eau.

La deuxième consiste à choisir, toujours en tenant compte du vent, une zone que l’on sait contenir un herbier et de pratiquer, comme en bateau, une pêche de prospection en dérive mais à la force des palmes.

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De mon premier lancer en Novembre jusqu’à la fermeture, fin janvier, je suis allé traquer le brochet à la mouche en moyenne 2 fois par semaine pour essayer d’acquérir assez rapidement une certaine expérience. J’ai repris cette activité dès la fin Mars dans certains plans d’eaux privés où j’avais la certitude que le frai était terminé. Ce fut entre autres l’occasion de tester le Moulin de Marsaguet (lire l'article ici).

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A partir de l’ouverture du brochet, fin avril, j’ai continué de fréquenter les lacs de ma région mais avec beaucoup moins de fréquence, les rivières à truites occupant majoritairement mon emploi du temps halieutique. J’ai cependant consacré 3 jours à cette pêche la semaine de l’ouverture. Le début de la nouvelle saison fut pour le moins difficile. Le samedi, malgré le fait d’être invité sur un superbe bateau et en étant présent dès le lever du jour sur le lac de Carcans, je n’ai pas eu une seule touche malgré 8 heures de double traction. Le lendemain, même bateau et lac de Lacanau, je n’ai pris qu’un seul poisson.

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Les copains qui pêchaient aux leurres n’auront pas fait de miracle mais ils auront quand même eu plus de réussite que moi.

3 jours après, mon ami Gilles en vacances dans la région me propose d’aller tester sa nouvelle barque aménagée sur le lac de Cazaux. C’est une première pour nous deux sur ce plan d’eau et nous n’avons aucun repère. De plus, un vent fort se lève peu après notre départ et les lancers avec la canne à mouche ne sont pas simples.

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Nous choisissons de travailler une zone le long d’une cassure en nous laissant dériver avec le vent. Nous n’avons pas d’espoir particulier mais la compagnie est bonne et l’on est toujours si bien sur l’eau, quand tout à coup, alors que je ramène un long streamer avec un soie plongeante, je ressens une tirée lourde sur ma ligne. Le ferrage est instinctif et alors que je prends contact avec le poisson, j’aperçois une lourde silhouette dans un remous à quelques mètres de l’embarcation. Je tiens enfin mon premier gros brochet. Il me procure un vrai combat et pour la première fois, je vois sortir le backing du moulinet. Après plus de 5mn et au moins 800m de dérive avec le vent, un magnifique poisson massif rentre dans l’épuisette. Il mesure 103cm et c’est surtout sa largeur qui nous impressionne. Le voilà le fameux « métré » qui fait tant fantasmer les pêcheurs de brochets, toutes techniques confondues.

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En mai et juin, alors que la pêche à la truite en sèche bat son plein, je continue de faire quelques sorties en bateau sur le lac de Biscarrosse. Les résultats sont assez réguliers, je prends environ 5 poissons par journée mais aucune « poutre » comme disent les spécialistes…

Arrive le mois de juillet et « Le » voyage. Il me fait rêver depuis des mois. Je voulais une destination vraiment adaptée à la pêche du brochet à la mouche. Je voulais surtout, plutôt que de cibler des gros poissons, une pêche de surface et à vue. J’ai donc choisi de partir vers le nord en Suède. Ce voyage sera l’objet d’un futur article qui lui sera entièrement consacré mais je peux dire que j’ai été plus que comblé.

J’ai découvert des paysages sublimes, une pêche extrêmement ludique (plus de 90% des prises en surface), des poissons magnifiques et nombreux et j’ai souvent eu la sensation d’être seul au monde dans ces grands espaces.

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De retour en France, la pêche estivale est très peu productive et après 2 sorties en bateau sans la moindre touche je finis par ranger les cannes pour soies de 8 à 10 en attendant des jours meilleurs.

Début novembre, la pêche à la truite est fermée partout, même dans les provinces espagnoles les plus tardives, il est temps de ressortir l’artillerie lourde. Les résultats sont tout de suite excellents, avec quelques beaux spécimens en grands lacs et une incroyable partie de pêche, uniquement en surface, dans un petit lac en float tube, digne d’une séance Suédoise.

A partier de mi-décembre, l’eau est vraiment plus froide et les poissons sont beaucoup moins actifs. Je me contente souvent d’une ou deux prises par sortie lors de courtes périodes d’activités, en général en tout début d’après midi quand l’eau gagne quelques dixièmes de degrés.

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Les influences

Lors du tout premier confinement, j’ai passé d’innombrables heures à regarder des vidéos de pêche du brochet à la mouche, notamment sur un célèbre canal suédois. Je dois reconnaitre qu’en dehors de l’évasion que cela procure, c’est également formateur. J’ai ainsi je pense, mis en place certaines gestuelles par mimétisme, surtout pour les ferrages et en particulier en utilisant la technique du rolly polly (canne sous le bras pour stripper à deux mains).

J’ai aussi lu et relu le magnifique livre de Jacky Roehrig sur cette pratique (lire la présentation de l'ouvrage ici).

J’ai beaucoup échangé avec Valentin Bernard sur le choix des streamers et leurs utilisations, il est devenu mon fournisseur exclusif pour cette pêche mais aussi occasionnellement pour des poissons plus exotiques (voir son site mouches Bernard).

J’ai partagé des sorties avec des pêcheurs aux leurres aguerris et leur expérience est toujours enrichissante.

J’ai surtout passé beaucoup de temps sur l’eau avec le guide/moniteur de pêche Raphaël Janot qui est très vite devenu un ami proche. Ancien compétiteur de haut niveau et maintenant guide à plein temps basé au bord du lac de Parentis/Biscarosse sur la commune de Gastes, il a accompagné mes premières sorties en bateau sur les grands lacs.

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Raphaël Janot, moniteur guide de pêche
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Nous pêchons régulièrement ensemble et sa connaissance du brochet est essentielle dans mon apprentissage. Au fil des sorties il a complètement adapté la conduite de son embarcation aux contraintes de la pêche à la mouche. S’il n’est - à l’origine - pas un pêcheur à la mouche, je le considère maintenant comme un vrai guide de pêche du brochet à la mouche. Raphaël ne vous fera pas progresser en double traction mais si vous êtes sur son embarcation avec un fouet il saura vous mettre dans les meilleures conditions pour attraper de nombreux brochets. Un passionné extrêmement compétent et au grand cœur !

Une petite anecdote le concernant ; lors des sorties hivernales, il apporte toujours un thermos de soupe, bien appréciable quand on passe huit heures sur l’eau avec des températures proches de zéro et il faut savoir que sa mère prépare avec amour la meilleure soupe tomate/vermicelle que je connaisse.

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Eric Bacon
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Nous avons décidé avec Raphaël de tester lors d’une saison complète, l’efficacité de la pêche à la mouche pour la capture des brochets en étant sur l’eau ensemble au moins une fois par mois. Nous avons réalisé ce test sur les lacs de Parentis/Biscarosse et Cazaux/Sanguinet qui sont ses principaux sites de guidage. A priori, il ne semble pas sur ces plans d’eau que la pêche à la mouche soit avantageuse pour le carnassier vu les énormes étendues qu’il faut classiquement couvrir.

Nous avons globalement constaté qu’au printemps, dès que l’eau se réchauffe un peu et qu’il y a pas mal d’activité, il est tout à fait possible de rivaliser à la mouche avec les pêcheurs aux leurres.

En été, la mouche semble avoir du mal à être efficace. Les poissons recherchent la fraîcheur dans des zones plus profondes et des leurres avec de signaux plus forts semblent vraiment plus efficaces. Raphaël pense qu’à cette période, il faudrait se concentrer sur le lever du jour et la fin de journée en pêchant aux leurres de surface pour obtenir de bons résultats à la mouche.

 A l’automne, avec le rafraîchissement de l’eau, les poissons reviennent vers des zones beaucoup plus propices pour les moucheurs et il est à nouveau possible d’avoir de très bons résultats.

En hiver, la baisse des températures de l’eau ralentit le métabolisme des brochets et les poissons colonisent à nouveau les zones profondes. Il est cependant possible d’avoir quelques touches lors des courtes périodes d’activité et c’est probablement la période ou l’utilisation d’un streamer qui peut être animé très lentement peut s’avérer plus efficace que l’emploi d’un leurre notamment pour cibler les gros poissons.

Nous avons ensemble encore de nombreux projets et je compte bien sur sa science du brochet et sur son bateau pour continuer ma progression

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pêche mouche brochet
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Les prises aléatoires

Lors de mes différentes sorties, il m’est très régulièrement arrivé d’attraper de manière complètement aléatoire d’autres espèces de carnassier.

Les perches n’ont parfois pas peur de s’attaquer à de grosses bouchées et si le combat avec une soie de 8 à 10 n’a pas vraiment d’intérêt c’est un magnifique poisson.

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pêche mouche brochet
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Ma plus grande surprise aura été de capturer des sandres sans les avoirs cherchés. Cela s’étant produit assez régulièrement il semblerait qu’on puisse considérer ce poisson comme une vraie cible potentielle avec cette technique.

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pêche mouche brochet
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Pas le plus beau et loin d’être mon préféré, il faut quand même reconnaître que le silure est un sacré combattant au bout d’une canne à mouche.

Black-Bass et aspes complètent le tableau des carnassiers pris en pêchant le brochet. La variété des prises, même si on ne cible qu’une espèce, rend cette pratique encore plus ludique et montre que la pêche des carnassiers à la mouche peut vraiment être efficace.

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pêche mouche brochet
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Un bilan très positif

En conclusion, je peux dire que je suis plus que jamais, après une année de pratique régulière, passionné par la pêche du brochet à la mouche. Je me considère toujours comme un débutant mais je peux avancer avec certitude que la principale qualité requise pour cette pratique est d’avoir un mental solide. Si j’ai eu quelques journées avec des prises multiples, nombreuses auront été les journées sans aucune touche ou à un seul poisson mais c’est souvent dans ces périodes creuses que j’ai capturé les plus beaux spécimens.

Une nouvelle année commence avec excitation. Je vais faire évoluer mes techniques et mon matériel.

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pêche mouche brochet
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Je viens d’acquérir un sondeur pour mon float tube pour être plus précis lors des pêches d’herbiers dans les grands lacs. J’ai commandé une soie plongeante S7 pour être plus rapidement en action lors des pêches en dérive en bateau. J’espère avoir l’occasion de pratiquer cette pêche plus souvent en rivière. Les billets pour un nouveau séjour en Suède sont réservés et je commence à regarder du côté de l’Alaska.

Combien de vie nous faudrait-il pour réaliser tous nos rêves halieutiques ? 

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Informations utiles

Le livre de Jacky Roehrig

Contact de Raphaël Janot : 07 84 45 02 62 / Raphael.janot47@gmail.com

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pêche mouche brochet

Rencontre avec Mathieu Cabar, jeune passionné aux multiples talents

Mathieu Cabar

Comme beaucoup de jeunes pêcheurs de sa génération, Mathieu Cabar a découvert les joies de la truite aux leurres après avoir fait ses armes sur les carnassiers. Mais contrairement à la majorité d'entre eux, sa passion pour les salmonidés a pris le pas sur les autres approches et ils accaparent désormais la quasi-totalité de son temps de pêche ! Baroudeur passionné, Mathieu s'est lancé dans la conception et la commercialisation de matériel, à seulement 23 ans. Il nous en dit plus dans les colonnes de Truites & Cie !

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Salut Mathieu, pour mieux te connaître, commençons par aborder le volet compétition puisque cette approche a fait irruption très tôt dans ta vie de pêcheur, comment l'expliques-tu ?

"Effectivement le goût pour la compétition dans le domaine de la pêche m’est venu dès mon plus jeune âge : compétiteur dans l’âme dès l'enfance, dans l’athlétisme en premier lieu, j’ai eu l’opportunité par hasard de tomber sur une affiche d’une compétition en entrant dans un magasin de pêche. Le gérant m’avait alors proposé de me prêter son float-tube, je le remercie encore pour son geste. Me voilà donc prêt à découvrir le monde de la compétition pêche à l’âge de 12 ans à travers un événement regroupant des personnalités que j’avais vues auparavant uniquement dans les magazines...

Sans le savoir encore, j’allais vivre un de mes plus beaux instants de pêche… En effet ce jour-là, j’ai eu la chance d’attraper un brochet de 109 cm ainsi qu’un black bass de 45 cm. Ces deux poissons me hissèrent à la première place devant des personnes qui étaient pour moi à ce moment des véritables stars dans le milieu.

Après cet événement, en a découlé une réelle envie de me challenger sur le circuit du championnat de France Float Tube puis Bateau par la suite.

Les compétitions m’ont beaucoup apporté pour évoluer rapidement et adopter une réflexion perpétuelle lors de mes sorties pêche. Il est maintenant évident pour moi qu’en fonction de l’approche qu’on opère, les résultats sont nettement différents. Et au final, la pêche c’est un casse-tête constant pour trouver des solutions !

Je n’ai pas de réels objectifs prochainement en compétition, mais je souhaite réitérer ma participation à la Salmo Trek, et tenter de regagner cette édition 2022 avec mon coéquipier. C’est une chouette expérience que j’ai hâte de revivre !"

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Mathieu Cabar
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Peux-tu revenir plus en détails sur cette épreuve originale expérimentée par la FFPS pour la première fois en 2021 (plus d'infos ici) : 

"Sur le papier, c'était un événement qui semblait totalement incroyable... maintenant après l’avoir vécu, je confirme que c’était... complètement fou ! Parmi toutes les compétitions, c’est sûrement celle qui m’a procuré le plus d’adrénaline. Il a fallu travailler le mental pour garder un très gros rythme de marche pour respecter notre plan… La stratégie pour gagner la compétition n’était pas dessinée d’avance, il pouvait y avoir en théorie de nombreux plans gagnants... Le fait d’être totalement en autonomie plusieurs jours sur une compétition rend celle-ci hyper-excitante. Les échanges avec les concurrents le soir ont été de bons moments et ont été très enrichissants.

Pour moi ce qui a été la clé de la victoire, c'est le choix des parcours : l’avantage de cette compétition, c’est que vous êtes libres de pêcher ou non les différents lacs du tracé. Ce qui était super important également, c’était le choix des fenêtres de pêche et de marche... il a fallu bien se caler sur l’activité des poissons. Pour illustrer le propos, nous n’avons par exemple jamais marché tôt le matin, on était en pêche directement à l'aube, et sur ce qu'on pensait être les bonnes zones...

C’est certain, ce week-end restera dans notre tête pour toujours, et nous reviendrons défendre notre première place cette année avec grand plaisir."

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Mathieu Cabar
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Mathieu Cabar
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Est-ce ce côté pointilleux de compétiteur qui t'a conduit à concevoir du matériel ?

" Au départ, je ne souhaitais pas concrètement créer du matériel et encore moins une marque, c’est de fil en aiguille que cette aventure a vu le jour et m’épanouit aujourd'hui...

Ce qui m’a conduit à créer mon premier produit (la canne Papallona) était l’absence d’une canne qui correspondait à mes besoins sur le marché. Les cannes étaient toutes trop fast, avec des actions pas adaptées qui entraînaient de nombreuses décroches... Quand on se focalise sur les grosses truites, on sait à quel point c’est rageant de perdre un poisson… Convaincu de mon premier produit et conscient du plaisir pris alors, l’idée de multiplier ces projets m’a traversé l’esprit... voilà comment en a découlé Morpho !"

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Mathieu Cabar
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A quel moment de ton parcours de pêcheur as-tu fait le lien entre les carna et la truite ?

"J’ai toujours apprécié pêcher la truite. Originaire d’Angoulême, enfant, j’arpentais les rives de la Touvre et les petits affluents charentais pour la pêcher. Mais il faut avouer que depuis quelques années, j’accorde une plus grande importance à la truite. Je ne saurais pas concrètement expliquer pourquoi... sans doute ce que je préfère, ce sont les décors environnants naturels, les différences de robes, la complexité de sa traque... Ce qui est certain, c’est que l’adrénaline et le plaisir que me procure sa pêche dépasse actuellement ceux de toutes les autres approches !"

En matière de pêche de la truite, que recherches-tu prioritairement ?

"Je suis quelqu’un qui n’aime pas la routine... je me lasse vite dans la vie de tous les jours et ça se reflète également dans la pêche. On va dire qu’actuellement j’ai deux approches que j’affectionne particulièrement :

Premièrement la traque des gros sujets… J’ai eu ma période où j’adorais sillonner les grandes rivières, pour tenter de faire des beaux spécimens. Dernièrement, depuis 4 ans en fait, je m’épanouis à découvrir les lacs de montagne les uns après les autres. Et pour l’instant je suis loin de m’en lasser, j’ai tellement de choses à découvrir... Arpenter un nouveau lac signifie la découverte d’une nouvelle randonnée, un nouveau cadre souvent spectaculaire en montagne, une typographie de lac et une souche de truite différente... Toutes ces découvertes constituent une réelle passion qui prend le dessus sur mes pêches plus classiques et moins sportives."

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Mathieu Cabar
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Mathieu Cabar
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Au niveau du matériel que tu conçois, comment naissent tes produits, présente-nous en détails tes plus belles créations !

"L’idée d’un nouveau produit émerge suite à un besoin personnel dans mes pêches de tous les jours. A chaque création, je souhaite vraiment ajouter ma touche, et apporter clairement des caractéristiques complémentaires à celles que l'on trouve sur le marché.

Ma volonté à travers la Papallona était dans un premier temps de créer une canne à truite aux leurres polyvalente, c’est-à-dire avec un blanck capable d’animer avec aisance des leurres divers et variés en passant du petit leurre souple à des poissons nageurs jusqu’à 70 mm, ou de la petite ondulante de 3 gr à celle de 14 gr ! Ce produit devait posséder selon moi une action parfaite qui encaisse l’ensemble des coups de tête (sans que la canne ne soit trop molle non plus) permettant d’avoir un faible taux de décroche.

L’action de cette canne permet la maîtrise totale des animations, la réactivité de la transmission au leurre pour l’ensemble de vos gestes, mais par-dessus tout et j’insiste encore une fois, la capacité à travailler de jolis poissons avec autorité, en minimisant les risques de décrochage. Je suis vraiment fier de l’action de cette canne, elle est le fruit d’une multitude de prototypes et de nombreuses heures de pêche avant sa sortie.

Aujourd’hui après moins d’un an de distribution via le site morphofishing.com c’est plus de 120 cannes qui ont rejoint les rives des cours d’eau dont 2 en Suisse, 3 en Espagne et 2 en Italie. Une vraie satisfaction pour moi !

Je suis également content d’une création certes moins technique dans la réalisation mais qui a comblé de nombreux pêcheurs, avec la prise de grosses truites et cristivomers en lacs : il s'agit de l’ondulante Tanza disponible en 10 et 15 gr. Le constat de départ était le suivant : sur le marché actuel, on trouvait peu d’ondulantes voir aucune spécifiquement conçue pour les salmonidés en lacs. Ma volonté était donc de combler cette carence en créant une cuillère avec un galbe peu incurvé et un profil fin entraînant une nage plutôt serrée en linéaire et une descente carrément aléatoire !

De plus, grâce à ce profil cette ondulante bénéficie d’un réel intérêt sur les pêches à jigger rapides. Ce profil lui confère une nage désordonnée lors des phases de relâchés laissant paraître une proie totalement désorientée et blessée. Le nacrage étant pour moi supérieur en termes d’efficacité dans bien des situations, il m’était indispensable de proposer une série d’ondulantes lourdes avec une feuille de nacre."

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Mathieu
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Comment entrevois-tu la suite et que peut-on te souhaiter ?

"J’apprécie énormément la tournure que prend Morpho. C’est avec beaucoup d’envie que je souhaite continuer à me faire plaisir en proposant des produits qui me correspondent. En découlent évidemment la gratitude et la satisfaction de voir des clients heureux trouvant une réponse à leurs besoins. De nombreux projets sont en cours, notamment un leurre souple conçu spécifiquement pour les pêches de truites… Pour conclure donc, je ne souhaite pas m’arrêter là !"

Merci Mathieu et à bientôt !

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Mathieu Cabar
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Liens utiles

Le site Morpho : 

Morpho

 

La page facebook ici

Comparatif moulinets mouche réservoir/carnassiers

test moulinet

Le moulinet mouche de taille #7/9 peut être utilisé à de multiples occasions en période hivernale : cette contenance autorise par exemple l'emploi de soies de 7 pour pêcher la truite en réservoir, mais également de numéros supérieurs destinés à la traque des carnassiers. Nous avons sélectionné pour vous 6 modèles accessibles en matière de prix (moins de 200 euros) : l'Echo Bravo LT, le Guideline Favo, le JMC Viper, le LM2G Primo, le Redington Crosswater II et le Vision Hero.

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Tests statiques et mesures

Nous attirons particulièrement votre attention lors de la lecture des tableaux suivants sur le caractère étanche ou pas du frein, notamment si vous envisagez une utilisation en mer.

Matériel

Echo Bravo LT 8/9

Marque
Echo
Modèle
Bravo Light
Taille
8/9
Matière
Aluminium
Couleurs disponibles
noir
Type de bâti
Ouvert
Diamètre du moyeux
61mm
Profondeur de la bobine
22mm
Largeur de la bobine
28mm
Diamètre de la bobine
106mm
Gorge de bobine
Plate
Contenance annoncée
WF9 + 150
Poids annoncé
220g
Poids réel
220g
Progressivité
6 crans
Frein étanche
Oui
Prix
129.00€
Matériel

Guideline Favo #7/9

Marque
Guideline
Modèle
Favo
Taille
#7/9
Matière
Graphite
Couleurs disponibles
noir
Pays de fabrication
Chine
Type de bâti
Fermé
Diamètre du moyeux
58mm
Profondeur de la bobine
17mm
Largeur de la bobine
29mm
Diamètre de la bobine
92mm
Gorge de bobine
Plate
Contenance annoncée
WF 7 + 120m
Poids annoncé
163g
Poids réel
165g
Progressivité
5 crans
Frein étanche
Non
Prix
159.00€
Matériel

JMC Viper 79

Marque
JMC
Modèle
Viper
Taille
#7/9
Matière
Aluminium
Couleurs disponibles
gris
Type de bâti
Ouvert
Diamètre du moyeux
62mm
Profondeur de la bobine
17mm
Largeur de la bobine
27mm
Diamètre de la bobine
97mm
Contenance annoncée
WF7+150m
Poids annoncé
141g
Poids réel
150g
Progressivité
5 crans
Frein étanche
Oui
Prix
159.00€
Matériel

LM2G Primo 69

Marque
LM2G
Modèle
Primo
Taille
#6/9
Matière
Aluminium
Couleurs disponibles
noir
Type de bâti
Ouvert
Diamètre du moyeux
46mm
Profondeur de la bobine
25mm
Largeur de la bobine
25mm
Diamètre de la bobine
96mm
Gorge de bobine
Plate
Contenance annoncée
WF8 + 160m
Poids annoncé
126g
Poids réel
128g
Progressivité
2 crans
Frein étanche
Oui
Prix
199.00€
Matériel

Redington Crosswater II 789

Marque
Redington
Modèle
Crosswater II
Taille
#7/9
Matière
Graphite
Couleurs disponibles
noir
Pays de fabrication
Corée
Type de bâti
Ouvert
Diamètre du moyeux
55mm
Profondeur de la bobine
22mm
Largeur de la bobine
29mm
Diamètre de la bobine
100mm
Gorge de bobine
En V
Contenance annoncée
WF7 + 180m
Poids annoncé
154g
Poids réel
150g
Progressivité
5 crans
Frein étanche
Non
Prix
69.00€
Matériel

Vision Hero 7/9

Marque
Vision
Modèle
Hero
Taille
#7/9
Matière
Graphite
Couleurs disponibles
noir
Type de bâti
Ouvert
Diamètre du moyeux
64mm
Profondeur de la bobine
15mm
Largeur de la bobine
27mm
Diamètre de la bobine
95mm
Gorge de bobine
En V
Contenance annoncée
WF8 + 130 m
Poids annoncé
159g
Poids réel
156g
Progressivité
5 crans
Frein étanche
Non
Prix
129.00€
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L'AVIS DE LA RÉDACTION

Niveau look, toutes ces références font dans la sobriété : les teintes sont sombres (noire ou graphite), seul le JMC dénote un peu avec sa parure gun métal.

Ce qu'il faut retenir au niveau de la bobine :

  • le diamètre du moyeu : la plupart des moulinets de ce test ont des diamètres proches compris entre 55 mm et 62 mm ; le plus faible diamètre revient au LM2G Primo avec 46 mm, le plus large au Vision Hero avec 64 mm !
  • la largeur : les largeurs de bobine sont comprises entre 25 et 29 mm, pas de différence significative donc sur ce critère.
  • la contenance : avec une largeur de 28 mm et une profondeur de 22 mm, la bobine du Echo est la plus volumineuse et l'on pourra utiliser ce modèle avec une soie de 10 couplée à une bonne longueur de backing, pour les pêches fortes des carnassiers par exemple ou en mer (d'autant que son poids le destine particulièrement aux cannes assez puissantes qu'il équilibrera bien).

Et en matière de frein :

  • la progressivité : même si ce critère n'est peut être pas le plus pertinent dans le cas des moulinets pour soie 7/9 (qui par essence se destinent aux pêches "fortes"), nous avons conservé la mesure de la progressivité sur la plage de puissance la plus communément utilisée par le pêcheur de truite en rivière (0.5 - 1 lbs). Tous les moulinets sont proches avec 5 ou 6 crans de réglage, seul le LM2G Primo n'en possède que 2.
  • l'étanchéité : pour le pêcheur qui envisage un usage en mer, notez que seules les références Echo, JMC et LM2G possèdent des freins étanches parfaitement adaptés à l'eau salée !

Niveau poids, le Echo en aluminium dont les dimensions sont supérieures aux autres est logiquement le plus lourd (220 gr). Toutes les autres références testées sont proches, leurs masses sont comprises entre 128 gr (palme de la légèreté pour le LM2G Primo) et 165 gr pour le Guideline Favo qui reste très léger pour un moulinet à bâti fermé de cette gamme de prix.

Enfin, notons que :

  • le LM2G Primo est livré avec un pied décalé pour décupler l'équilibre de votre ensemble,
  • le Guideline Favo est le seul moulinet de ce banc d'essai à bénéficier d'un bâti fermé qui limitera grandement les risques d'emmêlement au niveau du moyeu !

Bon choix !

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LIENS UTILES

Les moulinets Echo et LM2G Primo en ligne :

Le Moulin de Gémages

 

Les moulinets JMC en ligne :

1000mouches

 

Profitez de -10% sur la marque Guideline chez Aspe Angler avec le code réduc' suivant :

Aspe Angler

 

Les moulinets Vision en ligne :

as de pêche

 

Les moulinets Redington en ligne : 

Ardent Pêche

 

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