La pêche du brochet à la mouche en hiver

pêche mouche brochet

L'hiver n'est pas la période la plus favorable pour la pêche du brochet, notamment à la mouche. Toutefois, en ajustant correctement cette technique, il est tout à fait possible de faire de belles pêches. Les soies intermédiaires et plongeantes sont de mise. Elles permettent de présenter votre streamer à une profondeur plus importante qu'avec une soie flottante, ainsi que de pêcher plus efficacement en rivière où le courant limite la descente de la soie et donc celle du streamer. Néanmoins il existe quelques situations où la soie flottante peut être utilisée en ces temps hivernaux. Nous allons voir ça plus en détails dans les propos suivants.

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Les eaux courantes

En période hivernale, les rivières ont un débit assez conséquent, voire important. Nous allons aborder les deux principaux types de situation que l'on rencontre : 

Le premier contexte est une rivière qui est à son niveau normal, voire haut, mais sans sortir de son lit. L'eau peut être claire ou teintée (nous reviendrons plus tard sur le choix des coloris à adopter en fonction de la situation). Dans ces conditions, il faut trouver les bancs de blancs. Les carnassiers ne sont jamais loin de leur garde-manger. En général les bancs de poisson fourrage se situent dans les fosses. Nous les trouvons aussi dans des zones peu profondes à condition que des structures telles qu'un pont, une écluse ou encore une arrivée d'eau les fixent. Si le courant est important, les bordures abritées, et les bras morts concentreront une grande partie des poissons de la rivière.

A cette période de l'année, j'utilise uniquement des soies plongeantes en rivière, plus exactement des soies flottantes à pointe plongeante, plutôt qu'une soie entièrement plongeante. Cela évite de créer un ventre trop important dans la soie. Ainsi, streamer, bas de ligne et soie seront bien alignés dans l'axe de la canne, ce qui produira un ferrage bien plus efficace, surtout à longue distance. Pour rappel, les soies plongeantes sont indiquées par une lettre et un chiffre, comme par exemple S3. Le "S" signifie sinking (plongeant en anglais). Le chiffre qui le suit représente la vitesse de plongée de la soie en pouce par seconde. Donc une soie de type S3 plonge à une vitesse de 3 pouces par seconde, soit 7,6 cm par seconde. Même si la profondeur n'est pas excessive, ce type de soie permet de contrer l'effet du courant qui limite la descente. De ce fait, votre streamer atteindra plus aisément la profondeur souhaitée. C'est pourquoi le choix de la soie dépend bien évidement de la profondeur mais aussi de la force du courant. A profondeur égale, plus le courant sera fort, plus la soie utilisée devra être rapide à l'immersion.

La deuxième situation que l'on rencontre à cette période de l'année est la crue. Il n'est pas toujours aisé de pêcher dans ces conditions. L'eau est très trouble, mais pour moi cela ne rend pas les poissons inactifs, bien au contraire. Une rivière en crue peut être dangereuse pour le pêcheur (que ce soit du bord ou depuis une embarcation). Évitez de prendre des risques inutiles. Lors des fortes crues, il peut être préférable que vous vous rabattiez sur des eaux closes pour des raisons de sécurité. Je vais cependant vous parler de mon approche, car il existe des solutions sans prendre de risques inconscients.

Dans ce contexte, je recherche les bras morts ou les bras d'écluses qui sont abrités des courants. Ces zones calmes regroupent beaucoup de poissons, aussi bien le fourrage que les carnassiers. Je les aborde toujours en float tube, j’évite ainsi un bain forcé si je m’avance trop près de la berge de la rivière où le fond peut tomber d'un coup. Il faut cependant être sûr qu’aucun barbelé ne soit présent sur la zone. Une reconnaissance à pied avant la crue est fortement recommandée.

L'utilisation d'une soie plongeante est une évidence lorsque l'on pêche la zone qui est habituellement en eau. Par contre, les bordures inondées étant moins profondes, une soie intermédiaire devient un atout majeur. Cette dernière vous permet de pêcher plus lentement, ce qui est bien souvent la clé de la réussite à cette période. Les brochets sont aussi bien positionnés à l'entrée de l'amorti qu'au fond du bras mort dans les arbres immergés par la crue, ou carrément sur le pré inondé. La soie flottante retrouve du service sur ces étendues d'herbe. N'hésitez pas à peigner méticuleusement la zone, à changer de coloris et d'animation. Quand une rivière est en crue, il y a forcément un brochet qui est venu s'abriter du courant... la persévérance finit par payer !

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Rivière en crue, rien n'est perdu !
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Les eaux closes

Que ce soit en ancienne ballastière, en petit étang ou en grand lac, c'est la profondeur du milieu qui détermine la pêche à cette saison. En effet, elle conditionne la présence ou non d'une stratification thermique et le degré d'influence de la température de l'air :

Lorsque l'on a différentes eaux closes à brochet près de chez-soi, ce sont les conditions climatiques du moment qui dictent le choix, mais aussi celles des jours précédents qui influent directement sur la température de l’eau. Tous ces facteurs météo conditionnent le positionnement des poissons dans la couche d’eau. Lorsque le temps est doux depuis quelques temps, un étang peu profond peut être productif. A contrario, si le temps est très froid, il vaudra mieux choisir un milieu où il est possible de pêcher profond, comme le sont souvent les ballastières ou les grands lacs.

L'étang peu profond

Pour commencer la journée sur ce genre de biotope, il est préférable de prospecter les zones les plus profondes si aucune activité de la part des poissons blancs n'est manifeste en surface. A partir de la fin de la matinée, il peut être bon de pêcher les zones shallow (peu profondes), comme les bordures de bois mort, les hauts fonds où un petit tapis d'herbier peut encore être présent, notamment si le soleil est de la partie. Les poissons blancs profitent de temps en temps des heures les plus chaudes pour s'aventurer sur les berges ensoleillées.

Le choix de la soie tient compte de la profondeur de la zone pêchée. Bien souvent, pour pêcher lentement un milieu peu profond, une soie intermédiaire voire une plongeante de type S3 sera bien suffisant. La soie flottante peu bien évidement être utilisée pour pêcher les zones peu profondes au plus chaud de la journée. Cela vous permettra de pêcher lentement, là où une soie intermédiaire finirait par gratter le fond. Il faut quand même savoir qu'à cette saison, la plupart des poissons resteront dans la zone la plus profonde. Insistez-y à plusieurs moments de la journée car c'est elle qui vous rapportera souvent plus de poissons que n'importe quel autre secteur de l'étang.

Lac et ballastière

Ces milieux plus ou moins grands offrent en général des zones profondes où se concentrent bien souvent les bancs de poissons blancs. Elles vont communément au-delà des 5 mètres, voire 10 mètres dans certains cas. C'est aussi là que l'on trouve la limite de la thermocline. En-dessous de cette profondeur, la température de l'eau reste constante durant l'hiver et supérieure à celle de l'eau de surface. Les poissons y trouvent un certain confort non négligeable. Globalement ils n'en bougent pas beaucoup au court de la journée.

Ici, les soies plongeante sont reines. Vous pouvez utiliser des références de S3 à S7 suivant la profondeur de pêche. Si vous possédez un écho-sondeur, il vous sera d'une grande aide pour repérer les zones où les bancs de poissons fourrage se regroupent. Les brochets peuvent aussi bien se poster en pleine eau, comme près d'une cassure, d'un rocher...ect.

Traquer le brochet à la mouche dans des profondeurs allant de 5 à 10 mètres n'est pas des plus plaisant, mais pour les plus mordus, la perspective de prendre l'un des géants qui hantent nos eaux française est bien réelle !

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Le choix des streamers

La couleur

Que ce soit en rivière ou en lac, lorsque l'eau est transparente, les streamers de couleurs naturelles (coloris perche, gardon, brème...ect) ou claires (blanc, bleu et blanc, rose et blanc...ect) sont à privilégier.

Tandis que dans les eaux teintées, comme par exemple en rivière lors d'une crue, les coloris sombres et flashy sont de mise. J'aime utiliser le noir, le jaune, l’orange, le chartreux, le fire tiger (attention ce dernier fonctionne bien aussi par eaux claires !). Ces quelques coloris cités vous aideront dans le choix du streamer lors de votre partie de pêche mais sachez que tous les coloris sont susceptibles de capturer un brochet, et ce peu importe les conditions.

La taille

La pêche du brochet en hiver est l'occasion de sortir les gros streamers. Les demi-poulets de 25 cm et plus nagent de bon train. A cette saison, les grands brochets se portent principalement sur de grosses proies. Le temps d’activité étant très court, il leur faut rapidement se remplir l’estomac.

Outre la longueur, le volume du streamer a une importance à cette saison. Plus le streamer sera volumineux, et plus la quantité d'eau qu’il déplacera sera importante. Ces mouvements d’eau sont perçus de loin par les brochets. L’avantage de pêcher avec des streamers volumineux est que l’on peut réduire la taille des imitations. C'est un avantage pour ceux qui ne sont pas à l’aise dans le lancer des grosses mouches (elles réclament beaucoup de maîtrise notamment de la double traction), ou tout simplement si vous ne possédez pas le matériel adapté... une canne pour soie de 10, voire 11, est la plus adaptée pour envoyer du lourd !

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streamer
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Animation

Bien souvent en cette période hivernale, l'activité des poissons est faible. Il est donc préférable d'avoir une animation très lente entrecoupée de longues pauses qui peuvent durer plusieurs secondes. Mais la pêche n'est pas une science exacte, donc si les touches tardent à se faire sentir, n'hésitez pas à sortir des règles théoriques de la saison : une animation agressive, qu’elle soit rapide ou lente, peut parfois déclencher un ou deux poissons sur une journée qui semblait complètement calme.

Une animation qui fonctionne bien en cette période est le rolly polly lent et régulier. En ramenant très doucement près du fond ou entre deux eaux sans changer la vitesse de récupération, cette technique a la qualité de rapporter gros. Vous pouvez aussi pêcher sur le fond en laissant le streamer inerte pendant plusieurs secondes avant de l'animer pour le laisser retomber à nouveau. Cette animation n'est globalement pas la plus efficace, mais mérite d'être essayée à cette saison pour déclencher des attaques sur des poissons récalcitrants. Bien entendu, il est préférable de pratiquer cette technique sur des fonds très propres pour limiter les accrocs à répétition.

Lorsqu'on pêche le brochet à la mouche en hiver, les prises ne seront pas régulières et il faudra redoubler d'effort. Sachez toutefois que cette période est aussi l'une des meilleures pour réaliser la capture d'un brochet record... Affûtez vos hameçons, vérifiez vos bas de ligne et partez traquer le brochet de votre vie !

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L'hiver est un moment clé pour prendre un vrai gros !

Rivière, truite, pêcheur et fée électricité : les impacts sur les espèces (4/5)

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Il y a déjà plusieurs mois, nous avons vu les modifications que l’hydroélectricité avait amené à nos rivières et les effets sur la pratique de la pêche (ici). Je vous propose aujourd’hui de regarder cela avec les yeux de nos truites et autres ombres ou saumons. Comme toujours mon propos s’appuiera au maximum sur des données et des analyses publiées dans la littérature scientifique.

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Franchir les barrages, prises d’eau et usines : un " long fleuve pas tranquille "

Premier constat à évoquer : la disparition complète d’une espèce emblématique comme le saumon. Si cette espèce a connu plusieurs phases de déclin d’origine anthropique notamment à partir du moyen-âge avec la construction des moulins, les pêcheries et les aménagements des cours d’eau (Lenders et al., 2016), c’est clairement à la fin du XIXème siècle et au cours du XXème que l’espèce disparaît totalement des bassins de la Dordogne, de la Garonne, du Rhin et de la Seine. Cette disparition peut être directement liée à la construction des grands barrages (Thomas et Germaine, 2018). Si la pollution liée au développement industriel et la surpêche ont joué un rôle dans l’affaiblissement des stocks, la disparition complète est directement liée aux barrages bloquant l’accès aux zones de frayères et de production de juvéniles.

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Le blocage de la montaison des truites est plus présent sur les parties aval des rivières
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En est-il de même pour les truites sédentaires et les ombres ? L’infranchissabilité à la montaison de barrages hydroélectriques a-t-elle conduit à la disparition de ces espèces dans certains tronçons de rivière ?

La réponse est non pour le territoire Français. Pour comprendre cela, il suffit de se projeter dans certains lieux de vie des truites. En montagne, dans des rivières très pentues où la remontée est naturellement difficile voire impossible, cela n’empêche pas cette espèce d’effectuer l’ensemble de son cycle biologique en trouvant les frayères à proximité de ses zones de grossissement. Dans ces situations, la présence d’une prise d’eau empêchant la montaison n’aura que de faibles conséquences sur le déroulement du cycle biologique.

Les impacts sont en revanche plus forts dans des parties plus aval des rivières là où les frayères sont moins nombreuses voire moins fonctionnelles. Dans ces secteurs, la montaison est souvent indispensable pour que les truites trouvent des zones plus favorables qui se situent souvent en amont voire dans des affluents. Le suivi de passes à poissons installées sur des parties médianes et basses de rivières à truites fait état de plusieurs centaines voire milliers de poissons par an : 1900 truites et ombres en 6 mois sur la Loue (Monnot et Gindre, 1999), 1000 à 4000 truites par an sur le Saison ou le Gave d’Oloron (© données MIGRADOUR), 625 truites par an sur l’Isère à St-Egrève sous Grenoble (Bessy et al. 2002).

Et contrairement à une idée reçue, les migrations des truites n’ont pas lieu qu’en automne pour la reproduction. Sur les Gaves pyrénéens, c’est 60 à 85% du stock qui migre en juin et surtout juillet (© données MIGRADOUR). Ces déplacements sont directement liés au réchauffement des eaux.

Aux USA, Meyers et al. (1992) ont monté que les migrations printanières de truites sur plusieurs kilomètres démarraient lorsque les températures de l’eau passaient les 17-18°C. Ainsi, ce sont surtout les prises d’eau hydroélectriques des parties médianes et aval de cours d’eau qui peuvent avoir le plus d’impacts sur le cycle biologique des truites et des ombres en limitant l’espace vital et l’accès à des zones refuges.

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Banc de jeunes saumons devant un plan de grille
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La montaison n’est pas le seul déplacement des salmonidés pouvant être impacté par l’hydroélectricité. La dévalaison est également affectée. Quand on imagine ce processus, on pense surtout aux juvéniles de saumons (les smolts) qui doivent repartir en mer, mais le processus a également lieu pour les truites dîtes sédentaires. La présence de truites dans des canaux d’amenée où la reproduction n’est pas possible, des secteurs de rivières où les adultes sont toujours plus nombreux que les alevins (Quatre et Baran 2000) avec une situation inverse dans les affluents ou dans les secteurs de plateaux amont sont autant de preuves de ce mécanisme biologique. Celui-ci a lieu dans toutes les rivières même si les géniteurs ne peuvent remonter en amont. Il semble d’autant plus important que les populations doivent faire face à des aléas particuliers. Après la crue de 2013 dans les Pyrénées par exemple, les suivis de la Fédération de Pêche des Hautes-Pyrénées ont clairement montré que la recolonisation du Gave du Bastan (affluent du Gave de Pau) venait de la dévalaison des truites des affluents.

Comment les barrages et les usines hydroélectriques impactent-ils ce processus ? Lors de leur dévalaison, les truites ou les saumons vont être entraînés vers les conduites forcées ou les canaux d’amenée à proportion des débits dérivés. C’est au passage dans les turbines que les choses se gâtent.

Dans les turbines Pelton de haute chute, aucune chance de survie. A l’opposé, dans les turbines Kaplan de basse chute, les survies peuvent aller de 60 à 95% selon la hauteur de chute et la vitesse de rotation des machines. Ainsi, la mort n’est pas systématique au bout des pâles des turbines... C’est surtout le cumul des usines qui provoquera des dégâts. Bocs et Larinier (2005) ont par exemple montré que le cumul de mortalités de 10 à 25% par usine sur le Salat se traduisait, après le passage dans plus de 15 aménagements, par la perte de plus de 75% des poissons venant de l’amont du bassin.

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Plan de grille de centrale hydroélectrique
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Moins d’eau dans les rivières = moins de poissons

Venons-en maintenant aux impacts des modifications de débits induites par les centrales. Y-a-t-il vraiment moins de truites dans une portion de rivière à débit réduit ?

Si vous m’aviez posé cette question il y a 20 ans, je vous aurais répondu sans conteste oui. En effet, les premières études des années 70 à 2000 conduites en Nouvelle-Zélande, dans le Massif-Central et les Pyrénées avaient clairement montré que les tronçons de rivières sous les barrages accueillaient de 75 à 90% de truites adultes en moins par rapport à des secteurs de rivières en amont (Shirvell, 1979 ; Demars, 1985 ; Baran et al., 1994). Il faut dire qu’à l’époque, le débit minimal laissé dans les cours d’eau sous les barrages était de seulement 2.5% du débit moyen de l’année. Avec le passage à des débits réservés de 10% du débit moyen à partir des années 2000, on pouvait s’attendre à de nettes évolutions... Malheureusement, tel ne fut pas vraiment le cas !

Après parfois plus de 15 à 20 années de suivi, le résultat de ces changements de débits n’a pas été à la hauteur des espérances et les abondances de truites adultes n’ont pas réellement augmenté. Ce sont les résultats de suivis engagés dans le cadre d’un groupe national de travail (la « cellule débit réservé ») dès 1994 sur 8 sites en France (Sabaton et al., 2004). Doit-on en déduire que le passage d’un débit réservé de 2.5 à 10% du module n’a pas eu d’effet et que l’on pourrait revenir aux anciennes valeurs ? Les choses ne sont pas si simples.

En effet, dans les différents sites suivis, il est apparu qu’il n’y avait pas que le simple effet du débit réservé qui intervenait. Certains secteurs étaient également soumis à des opérations de chasse de sédiments, d’autres à des variations de type éclusées. De plus en 20 ans, certaines rivières ont successivement vécu 2 à 3 crues de fréquence décennale. Les états initiaux à très bas débits réservés ont été limités à 1 ou 3 années ce qui donne une image pas toujours fiable de la situation. Difficile dans ces conditions de tirer des conclusions. C’est d’autant plus vrai qu’entre temps, d’autres études et suivis ont continué de montrer des impacts des réductions de débits sous les prises d’eau...

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Avec seulement 2.5% du débit, les rivières paraissaient bien maigres
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Sur 4 rivières du bassin du Lez, la très active Fédération de Pêche de l’Ariège a montré que les densités de truites adultes et pêchables (> 20 cm) situées en aval de prises d’eau hydroélectriques avec un débit réservé de 10% étaient respectivement inférieures de 40% et 51% par rapport à l’amont dans des parties de rivière en débit naturel. Toujours en Ariège, le suivi, par la même Fédération, d’un tronçon de rivière sur lequel un exploitant hydroélectrique ne respectait pas le débit réservé depuis 30 ans (30 l/s contre 70 l/s) a clairement montré qu’il y avait 90% de truites adultes et même 100% de truites pêchables en moins sous la prise d’eau.

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La réduction des débits conduit à des pertes d'habitat des truites adultes
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Dans les Ardennes Belges, la mise en route d’une centrale hydroélectrique avec un débit réservé de 10% du module a conduit à une baisse de 80% des quantités d’ombres communs et de 40% pour les truites (Ovidio et al., 2004). Il s’agit toutefois d’un suivi très ponctuel sur seulement 2 saisons avant et après le démarrage de la centrale.

Sur la Rhue dans le Puy-de-Dôme, la mise en fonctionnement d’une centrale hydroélectrique a conduit à une très faible évolution des quantités de truites qui sont restées quasiment identiques de part et d’autre du barrage (ECOGEA, 2016). A la différence de la situation précédente en Belgique, la centrale Auvergnate fonctionne avec un débit réservé équivalent à l’étiage naturel de la rivière soit environ 17% du module.

En Espagne, l’étude comparative de 16 tronçons de rivières de part et d’autre de prises d’eau hydroélectriques sur la rivière Ter et ses affluents a montré que les quantités de truites étaient très souvent plus faibles en aval des barrages qu’en amont avec beaucoup moins de poissons de grande taille (Benejam et al., 2014).

Il semble donc bien que les quantités de truites et surtout les adultes soient affectées par la dérivation des débits pour la production hydroélectrique. Les réductions de débits se traduisent déjà par une perte de surface en eau et des modifications dans la disponibilité en postes de chasse. La réduction des vitesses entraîne une diminution de la disponibilité en proie et peut affecter la croissance comme l’a montré Lagarrigue (2000) avec des réductions de croissance de l’ordre de 2 cm à la 3ème année dans un tronçon court-circuité par rapport à un tronçon à débit non modifié.

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Une plasticité du comportement alimentaire des truites et ses conséquences sur la croissance :

Les travaux de recherche de Lagarrigue (2000) dans les Pyrénées sur le comportement alimentaire des truites et leur croissance ont permis de montrer à la fois la plasticité de l’espèce mais également les conséquences de celle-ci sur la croissance. Les truites, dans un tronçon court-circuité s’adaptent à la diminution de la dérive des larves d’invertébrés liée à la réduction des vitesses. Leur comportement alimentaire change. Elles viennent compléter leur bol alimentaire en picorant des larves de trichoptères à fourreaux sur le fond alors qu’en débit naturel elles vont quasi exclusivement se consacrer aux larves de simuliidae et d’éphémères en dérive. La consommation plus importante de trichoptère à fourreaux a des conséquences sur la croissance. Ces proies avec les fourreaux de cailloux et brindilles sont nettement moins énergétiques que des larves d’éphémères. Si l’on ajoute à cela le fait que les truites doivent passer plus de temps pour se nourrir et donc dépenser plus d’énergie, on comprend au final qu’à température égale, elles mesurent 2 cm de moins à leur 3ème année.

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Quand nos pointes de consommation d’électricité laissent des frayères et des alevins de truites à sec !

Que dire des impacts des éclusées, ces variations journalières de débits si indispensables à satisfaire nos besoins électriques ? Elles sont à l’origine de trois types d’impacts différents :

  • la mise en assec de frayères,
  • le piégeage et l’échouage de larves et d’alevins,
  • l’entraînement forcé (la dérive) des mêmes stades de développement.

C’est dans les années 2000 sur la Dordogne en aval d’Argentat, que les premiers constats de frayères de truites asséchées lors d’éclusée ont été effectués (Lagarrigue et Lascaux, 1999, 2000 et 2001). De nombreuses études Norvégiennes ou aux USA se sont également intéressées à ce problème (Becker et Neitzel, 1985, Saltveit et Brabrand, 2013). Il s’avère que la mortalité des œufs n’est pas systématique lors des assèchements. Si des sous-écoulements d’eau se maintiennent dans les graviers, les œufs peuvent survire plusieurs jours. Par contre, après l’éclosion, la mise en assec des frayères est nettement plus préjudiciable. Les variations brutales sont également à l’origine de problèmes de piégeage et d’échouage des poissons dans des poches d’eau, des bras secondaires ou des bancs de galets déconnectées lors de la baisse des débits.

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Frayères de truites exondées et œufs morts
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C’est encore sur la Dordogne que ces processus ont été les plus étudiés et suivis (Cazeneuve et al., 2009) avant que les observations soient également réalisées sur la basse rivière d’Ain (Aubert et al., 2013). A l’étranger, les études scientifiques sont également nombreuses sur ce sujet que ce soit aux USA, en Norvège, en Suisse ou en Autriche. Des observations de plusieurs centaines d’alevins morts sur quelques dizaines de m² de zones asséchées sont fréquentes (Hunter, 1992 ; Bradford et al., 1995 ; Halleker et al., 2003, Scruton et al. 2008 ; Korman et Campana 2009 ; Bejerano et al., 2017). L’intensité du problème dépend beaucoup de la durée des éclusées, de l’amplitude des variations et de la vitesse des baisses de débits.

Le troisième impact direct des éclusées concerne l’entraînement forcé des jeunes alevins juste après l’émergence lorsque les débits sont au maximum. Ce sont surtout les variations brutales des vitesses de courant qui vont surprendre les larves souvent cantonnées dans de faibles vitesses de courant en bordure (Liebig, 1998). La répétition journalière des vagues de débit laissera souvent peu de chances aux alevins de bien s’implanter. Plus les éclusées seront nombreuses en période d’émergence et plus le recrutement en truitelle sera affecté comme cela a été démontré sur la rivière Lez en Ariège (Hurel 2010).

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Bras de rivière exondé après la baisse des débits d’éclusée et alevins de truites et de vairons morts
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Quelles sont les conséquences de tous ces impacts des éclusées sur les abondances de truites et d’ombres sous les restitutions des centrales ?

Plusieurs études ont démontré que les quantités de truites étaient plus faibles sous les restitutions des usines à éclusées mais que les impacts diminuaient lorsque l’on s’éloignait de la perturbation (Degiorgi et al., 2000 ; Valentin, 1995 ; Liebig, 1998 ; Saltveit et al. , 20020).

Dans une étude publiée en 2021 sur plusieurs rivières des Alpes Autrichienne, Hayes et al. montrent que les abondances d’ombres communs sont 8 fois plus faibles dans les sites soumis à éclusée que dans ceux à hydrologie non modifiée. Ils indiquent que les éclusées sont le principal facteur affectant les populations d’ombre avant la chenalisation, la fragmentation et la qualité des eaux. A l’opposé, une étude sur plusieurs rivières françaises (Jude et al., 2021) montre que les éclusées interviennent à un second niveau en matière d’impacts sur les poissons.

Le stockage-déstockage de l’eau dans les retenues est aussi à l’origine de modifications des régimes de températures qui affectent directement les poissons : 

Sous les grands barrages, l’usage hydroélectrique restitue des eaux plus froides que la normale. Cette situation convient parfaitement aux truites et aux ombres et ceci au détriment des cyprinidés. Le cas emblématique est celui de la Dordogne avec des eaux plus froides sur les 50-60 km sous le barrage d’Argentat. Mais il existe aussi d’autres situations où le ralentissement des eaux dans les retenues va réchauffer la température et donc pénaliser les truites. La faiblesse des débits dans certains types de tronçons court-circuités peut également être à l’origine de réchauffement.

Pour terminer, il faut évoquer les impacts biologiques des « lâchers » de sédiments sous les barrages lors des opérations de vidange ou de chasse. Si la situation s’est beaucoup améliorée par rapport aux années 1980-90 où certaines vidanges de barrage restent encore dans les mémoires (cas de Villefort sur l’Altier), il n’en demeure pas moins qu’une exposition plus ou moins prolongée à des teneurs en matières en suspension élevées, des diminutions d’oxygène et quelques autres produits dérivés de l’azote (ammoniac, nitrite) ne peut pas être totalement neutre pour les truites (Newcombe et Mac Donald, 1991). Actuellement, la tendance est à déplacer le problème en diminuant la fréquence des vidanges de barrage. Pour autant, les sédiments continuent de s’accumuler, la qualité des eaux des lacs se dégradent, bref nous laissons de bien mauvais cadeaux aux générations futures !

Après cet inventaire des impacts, je pense qu’il nous est difficile de qualifier l’hydroélectricité d’énergie verte. Comme toutes nos activités, elle n’est pas neutre pour la biodiversité et nous devons en avoir bien conscience dans nos choix de modèles de développement.

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Bibliographie

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Bejarano , M.D., Sordo-Ward, A., Alonso, C. Nilsson,C, .2017. Characterizing effects of hydropower plants on sub-daily flow regimes. Journal of Hydrology 550, 186 – 200

Benejam L., SauraMas S., Bardina M., Solà C., Munné A., GarcíaBerthou E., 2014. Ecological impacts of small hydropower plants on headwater stream fish: from individual to community effects. Ecology of freshwater fish, Volume 25, N°2, 295-306.

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Bradford MJ, Taylor GC, Allan A, Higgins PS. 1995. An experimental study of the stranding of juvenile Coho Salmon and Rainbow Trout during rapid flow decreases under winter condition. North American Journal of Fisheries Management 15: 473–479.

Bosc S., Larinier M. 2005. Définition d'une statégie de réouverture de la Garonne et de l'Ariège à la dévalaison des salmonidés grands migrateurs : simulation des mortalités induites par les aménagements hydroélectriques lors de la migration de dévalaison. Rapport GHAAPPE 122p.

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Judes, C., Gouraud, V., Capra, H., Maire, A., Barillier, A., Lamouroux, N., 2020. Consistent but secondary influence of hydropeaking on stream fish assemblages in space and time. J. Ecohydraulics.

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Texte

DÉCOUVREZ NOTRE DOSSIER "COMMENT LES RIVIÈRES,  LES TRUITES ET LES PÊCHEURS COHABITENT-ILS AVEC LA FÉE ÉLECTRICITÉ ?" :

Part 1 : Tous électrivores

Part 2 : Et au milieu fissionnait l'atome

Part 3 : Les modifications des habitats

Test : Sage Sense 10' et 10'6 #3

Sage Sense

Depuis quelques années, la plupart des fabricants américains de matériel mouche mettent un point d'honneur à concevoir et faire évoluer des gammes de modèles spécialement destinés à la pêche en nymphe au fil "façon européenne". C'est le cas de l'entreprise Sage qui, après nous avoir gratifié d'un haut de gamme très abouti avec les ESN, revient en 2021 avec la série Sense, plus accessible niveau tarif et constituée de 3 modèles : une 10' #3, une 10' #4 et une 10'6 #3. Voici les caractéristiques des 2 modèles #3 :

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Sage Sense
Texte

TEST STATIQUE

Cette série Sense possède un look on ne peut plus sobre : le gris (gun métal) et le noir prédominent largement. Même les traditionnelles inscriptions sur le premier brin se font très discrètes (voir photos). La poignée possède la forme habituelle chez Sage, les anneaux sont des monopattes hard chrome. A noter la présence d'un accroche-mouche. Cette canne 4 brins bénéficiant de la garantie Sage à vie est livrée dans une housse et un tube cordura.

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Sage Sense
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Sage Sense
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Sage Sense
Image
Sage Sense
Texte

MESURES : 

Le protocole Common Cents System a permis de caractériser la puissance et l'action de ces 2 cannes :

PUISSANCE

En ce qui concerne la puissance, 28 cents ont été nécessaires pour plier la 10' sur un tiers de sa longueur, 30 cents pour la 10'6. Après conversion, cela donne des ERN respectifs à 3.12 et 3.42. La puissance de la 10' est donc légèrement sur-estimée, c'est en réalité une #2/3 alors que celle de la 10'6 est conforme à la puissance annoncée #3.

ACTION

Au niveau de l'action, les AA respectifs sont de 66° et 70° : l'action de la 10' est donc moderate fast alors que celle de la 10'6 est fast.

CONFORT ET MONTAGE

Premier point abordé qui se révèle primordial pour la pêche en nymphe au fil : la distance du premier anneau à la poignée. 

Sur ce critère, les Sage Sense sont tout juste correctes : en effet, avec 42 cm pour la 10' et 44 cm pour la 10'6, les premiers anneaux ont été curieusement éloigné par rapport à la configuration des ESN et ils sont de fait moins efficaces pour limiter la formation du ventre dans la soie lorsqu'on pêche canne haute (une distance de moins de 40cm entre la poignée et le premier anneau est préconisée pour éviter ce phénomène). On utilisera donc plutôt ces cannes avec du nylon uniquement en guise de ligne (pêche à l'espagnole).

Côté poignée et porte moulinet, la cohérence règne : le porte-moulinet choisi est down-locking de façon à décupler l'équilibre des cannes mais reste parfaitement compatible avec l'utilisation d'un moulinet semi-auto grâce à la poignée courte (165mm). Cette faible longueur permet de maintenir l'annulaire de la main qui tient la poignée sur la gâchette d'un Vivarelli par exemple. 

Le confort de pêche quant à lui est moyen : le PTE de la 10' atteint 254 gr (soit près de 50 gr de plus que celui de la Sage ESN 10' #3 qui possède la même longueur/action !). Elle nécessite un moulinet vide d'environ 150 gr pour parvenir à l'équilibre. Celui de la 10'6 dépasse 270 gr, il est 20 gr plus lourd que celui de la Marryat Tactical Pro 10'6 #3 alors que la Marryat est plus puissante et de gamme inférieure... un moulinet vide d'environ 160 gr sera nécessaire.

Matériel

Sage Sense 10' #3

Marque
Sage
Série
Sense
Longueur
10'
Longueur réelle
305cm
Soie
#3
Brins
4
Poids annoncé
87.00g
Poids réel
84.00g
Anneaux
12
Premier anneau
42cm
Poignée
24x165mm
Serrage
Downlocking
Talon de combat
Non
Accroche mouche
Oui
Points d'alignement
Non
PME
170.00g
PTE
254.00g
IP
28
ERN
3.12
AA
66°
Prix à la date de sortie
595.00€
Matériel

Sage Sense 10'6 #3

Marque
Sage
Série
Sense
Longueur
10'6
Longueur réelle
320cm
Soie
#3
Brins
4
Poids annoncé
93.00g
Poids réel
88.00g
Anneaux
13
Premier anneau
44cm
Poignée
24x165mm
Serrage
Downlocking
Talon de combat
Non
Accroche mouche
Oui
Points d'alignement
Non
PME
185.00g
PTE
273.00g
IP
30
ERN
3.42
AA
70°
Prix à la date de sortie
595.00€
Image
Sage Sense
Texte

L'avis de la rédaction

Ces 2 cannes Made in USA au look très sobre donneront le meilleur dans des utilisations assez distinctes :

  • Avec sa puissance réelle #2/3 et son action moderate fast, la 10' est une pure nympheuse destinée aux pêches ultra-fines en petits milieux. Elle autorisera l'emploi de pointes de moins de 10/100 et limitera casses et décroches avec sa courbe harmonieuse. Les tailles de nymphe les plus adaptées à cette puissance sont inférieures à 3.5mm. 
  • De son côté la 10'6 est clairement située un cran au dessus en matière de puissance : c'est l'exemple type de la nympheuse à tout faire. Sa puissance #3 lui permet de lancer un large panel de poids de nymphes et de combattre la majorité des poissons présents dans nos eaux. La longueur 10'6 est vraiment passe-partout. L'action rapide lui confère une réserve de puissance relativement importante. 

Malgré un prix contenu par rapport aux ESN (qui reste malgré tout conséquent), nous regretterons un anneau de départ un poil trop éloigné si l'on pêche au fil avec de la soie et un confort de pêche un peu en deçà de celui des produits de leur rang.

Texte

LIENS UTILES :

Le protocole de test des cannes à mouche

Comment choisir sa canne à nymphe

Les cannes Sage Sense en ligne : 

Ardent Pêche

Pêche en Limousin, part 1 : La Combade

pêche combade

Tout pêcheur de truite passionné cherche un jour ou l'autre à élargir son territoire d'exploration. Le motif est souvent le même : la perspective de rencontrer ce qui fait défaut dans sa pêche de proximité. Il peut s'agir de poissons plus gros, de techniques originales ou de profils de rivières nouveaux... Dans mon cas, la propension à m'éloigner des puissants cours d'eau alpins qui représentent mon quotidien est motivée par des configurations plus variées et des approches autres que celles basées sur le tungstène... Ainsi, quand mon ami Pierre Pommeret, directeur de la Fédération de la Haute-Vienne (87) lança l'idée d'un accueil presse au mois de mai dernier en région Nouvelle-Aquitaine, sur le versant ouest du Plateau de Millevaches, mon barda fut vite rassemblé !

Texte

Le plateau de Millevaches est une formation granitique de l'ouest du massif central, constitué essentiellement de tourbières, forêts et prairies, où naît un grand nombre de rus. Il présente un écosystème riche et préservé. C'est sur les pentes ouest de ce promontoire perché à presque 1000 mètres d'altitude que s'écoulent les 2 principales rivières salmonicoles du département de la Haute-Vienne, au programme de ma venue : la Vienne et la Combade.

Les prévisions météo semblaient idéales sur le papier : giboulées classiques printanières et températures fraîches. J'imaginais déjà des éclosions régulières et une pêche en sèche typique du massif central : rustique, courte et précise...

C'est donc débordant d'enthousiasme et de mouches sèches que j'arrivais au siège de la fédération de pêche 87 pour une présentation des locaux, du personnel et du territoire pêche local.

Si le pêcheur stakhanoviste de mes tendres années aurait sans doute trouvé cette étape barbante, l'âge fait prendre conscience de son intérêt et même de sa nécessité. S'imprégner du contexte quand on visite de nouveaux territoires, connaître les enjeux, les particularités locales permet non seulement d'enrichir sa culture pêche mais aussi de mieux comprendre ce qu'il se passe canne en main (et pourquoi pas d'apporter sa pierre à l'édifice en ajoutant un prisme de vision nouveau). Pour cela, rien de mieux que de passer du temps avec les scientifiques locaux. Nous reparlerons de ces aspects dans notre dernier article de la série... en attendant, place à la pêche !

En début d'après-midi, Pierre et moi prenons la route de la rivière Vienne, alors que des trombes d'eau s'abattent sur la D979 qui relie Limoges à Eymoutiers. Pour cette première tentative, le directeur me propose de découvrir un secteur de gorge plein débit en aval d'Eymoutiers durant une paire d'heures.

Ma première confrontation avec la Vienne est plutôt hostile : je prends un bain net et sans bavure à froid (une mise en bouche presque classique pour moi lorsque je passe des rivières alpines claires et rugueuses à celles du massif central, couleur thé et glissantes) et je peine à décider quelques poissons. La Vienne, large d'une bonne dizaines de mètres à cet endroit présente un profil très intéressant constitué de radiers rapides alternant avec des secteurs plus profonds. Alors que le niveau monte à vue d'oeil en raison des abats d'eau incessants, je n'arrive clairement pas à localiser les poissons. Quelques truites bien typées viennent quand même me saluer. J'abdique lorsque la teinte des eaux vire du thé au chocolat...tant pis pour les beaux ombres qui peuplent ce secteur, ce sera pour la prochaine ! 

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Vienne
Légende
La Vienne en aval d'Eymoutiers
Image
Vienne fario
Texte

Le lendemain, je passe la journée avec Julien Barret, animateur à la FDAAPPMA 87. Julien est un jeune pêcheur polyvalent et éclectique, aussi à l'aise pour traquer les carnassiers de la Vienne aux leurres dans Limoges que pour initier les jeunes aux rudiments de la pêche aux appâts naturels en première catégorie. Direction la Combade, où il me fera découvrir 3 parcours aux configurations singulières : une partie amont boisée et resserrée (magnifique !), un secteur intermédiaire plus ouvert et enfin un dernier tronçon aval serpentant dans les magnifiques prairies limousines.

Alors que le soleil printanier pointe le bout de son nez, je perçois une moue dubitative chez mon compagnon du jour lorsque nous passons sur le premier pont : la rivière porte les stigmates des pluies de la veille. Le niveau est tendu et la teinte toujours opaque. Cela reste praticable mais entache sans aucun doute la qualité de la pêche qui restera moyenne sur cette journée. Pas de véritable sortie de poissons, des captures modestes en taille et assez peu nombreuses. Toutefois, les truites de la Combade confirment les qualités de celles entrevues la veille : les poissons ont du caractère et sont tous identiques... peu de risque de se tromper sur l'origine !

Image
pêche combade
Légende
La Combade "amont" dans les bois, près de Bonnat
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pêche combade
Texte

Si le gradient amont/aval est bien sûr d'actualité pour cette rivière, sa typologie reste assez homogène : la pente étant relativement faible et régulière, la configuration demeure plutôt plate, le substrat majoritairement constitué de galets et de sable. L'habitat produit par les embâcles, berges creuses et quelques postes profonds, semble excellent.

Sur la Combade, le couple vitesse profondeur moyen autorise la pratique de toutes les techniques de pêche de la truite. Durant cette journée, Julien a pratiqué avec succès le toc aux appâts naturels, alors que j'ai alterné nymphe et sèche/nymphe, sans trouver qu'un modèle de mouche particulier ne sorte vraiment du lot. Pour les pêcheurs aux leurres, le profil est parfaitement compatible avec leur technique qui se révèle même franchement adaptée pour prospecter rapidement certaines longues zones plutôt molles. 

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pêche combade
Image
Combade
Légende
La Combade "moyenne", vers Sussac
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pêche combade
Légende
La Combade "aval", vers le hameau de Bésuniéras
Texte

Je quitte la Combade un peu frustré de n'avoir pu réellement me confronter à son potentiel halieutique. Ainsi vont les aléas des séjours pêche printaniers à la météo versatile ! Pourtant, cette rencontre avait tout pour me séduire : cette rivière coule dans un bassin versant rural, peu anthropisé et les points d'accès se limitent à une poignée de ponts (quasiment aucune route ne longe la rivière). Cela ajoute un caractère intimiste à la pêche et la possibilité de s'éloigner des secteurs les plus pêchés. Sa gestion est assurée par la jeune et dynamique équipe de l'AAPPMA de Chateauneuf la Forêt qui a la chance de travailler sur l'intégralité de son cours (soit une quarantaine de kilomètres), une aubaine pour adopter une gestion cohérente. Pour le moucheur entomologiste, les éclosions printanières n'ont rien à envier à celles observées en Lozère deux ans plus tôt. Tous les classiques sont là : Epeorus, Rithrogena Semi-colorata, mouches de mai... etc. De quoi attester d'un milieu sain, à n'en pas douter. Une rivière bouillonnant de vie où il ne manquait que quelques touches de plus pour rendre cette journée mémorable !

Rendez-vous au prochain épisode pour une visite de la Vienne amont et la rencontre avec une sacrée figure locale !

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rithrogena Combade
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pêche combade

Comparatif cannes mouche 9' #9 à moins de 500 euros

comparatif canne brochet

Pour ce premier test de cannes mouche brochet, nous avons choisi de mettre en avant plusieurs standards 9' #9 à prix relativement abordables (moins de 500 euros) issus des catalogues de grandes marques spécialisées : Echo, HOH, JMC, Marryat, Redington et Vision.

Texte

LA 9' #9, CONTEXTE D'UTILISATION

Comme évoqué dans notre article sur le choix de la canne brochet (voir ici), la 9' #9 représente ce qui se fait de plus polyvalent pour la pêche du brochet en France à l'heure actuelle. Elle sera à la fois capable de lancer une grande variété de tailles de streamer et de combattre efficacement les poissons que l'on rencontre dans nos eaux, à savoir majoritairement des individus de 60 à 90 cm.

TESTS STATIQUES ET MESURES

Echo EPR 9' #9

Cette série ECHO spéciale "pêches puissantes" se pare d'un blank noir finition gloss. Les ligatures qui fixent des anneaux serpentiformes sont également noires et ornées d'un liseré cuivre au niveau des emmanchements et du premier brin. La poignée liège full wells surmonte un porte moulinet tout alu noir et un talon de combat liège. Des points présents au niveau des emmanchements facilitent l'alignement des brins. Cette canne 4 brins bénéficie de la garantie ECHO à vie et est livrée dans une housse et un tube cordura.

Matériel

Echo EPR 9' #9

Marque
Echo
Série
EPR
Longueur
9'
Longueur réelle
274cm
Soie
#9
Brins
4
Poids annoncé
127.00g
Poids réel
139.00g
Anneaux
11
Premier anneau
47cm
Poignée
27 x 179 mm
Serrage
Uplocking
Talon de combat
Oui
Accroche mouche
Non
Points d'alignement
Oui
PME
215.00g
PTE
354.00g
IP
88
ERN
10.49
AA
69°
Confort
7.5/10
Prix à la date de sortie
469.00€
Texte

HOH Clan 9' #9

Cette série Clan possède un look original avec un revêtement et des ligatures d'anneaux bleu azur qui tranche dans l'offre moderne homogène et souvent sombre. Le blank comporte des anneaux serpentiformes après 2 stripper guides SIC. La poignée en liège de bonne facture surmonte un porte-moulinet 100% métal. Ses extrémités sont pré-compressées pour gagner en durabilité. Le premier brin se termine par un talon de combat en liège. Côté finition, on note la présence de repères d'alignement des brins (grâce à la numérotation de chaque brin) et d'un accroche-mouche. Cette canne 4 brins est vendue dans une housse et un tube cordura.

Matériel

HOH Clan 9' #9

Marque
HOH
Série
Clan
Longueur
9'
Longueur réelle
274cm
Soie
#9
Brins
4
Poids annoncé
143.00g
Poids réel
142.00g
Anneaux
11
Premier anneau
49cm
Poignée
26 x 174 mm
Serrage
Uplocking
Talon de combat
Oui
Accroche mouche
Oui
Points d'alignement
Oui
PME
220.00g
PTE
362.00g
IP
70
ERN
8.84
AA
64°
Confort
5.9/10
Prix à la date de sortie
299.00€
Texte

JMC Punisher 9' #8/9

Cette JMC Punisher fait dans le contraste : sobriété d'un côté avec un blank noir mat et des ligatures noires mais elle ose une touche colorée carrément flashy avec son porte-moulinet en métal orange. A noter la présence d'un accroche-mouche et d'anneaux monopattes recoil qui autorisent l'usage en mer. La poignée est de type grip cork. Cette canne 4 brins est livrée dans un tube compartimenté.

Matériel

JMC Punisher 9' #8/9

Marque
JMC
Série
Punisher
Longueur
9'
Longueur réelle
274cm
Soie
#8/9
Brins
4
Poids réel
146.00g
Anneaux
11
Premier anneau
50cm
Poignée
27 x 180 mm
Serrage
Uplocking
Talon de combat
Oui
Accroche mouche
Oui
Points d'alignement
Non
PME
185.00g
PTE
331.00g
IP
82
ERN
9.99
AA
65°
Confort
7.1/10
Prix à la date de sortie
435.00€
Texte

Marryat Tactical Pikky 9' #9/10

A l'instar des autres membres de la gamme Tactical, la "Pikky" présente un blank vert. Cette couleur se retrouve au niveau des ligatures et du porte moulinet tout aluminium anodisé. Les ligatures du premier brin et des emmanchements sont ornées d'un liseré argent. Cette canne possède une poignée et un talon de combat en mousse. Côté finition, on retrouve comme d'habitude chez Marryat des points d'alignement des brins et un accroche-mouche. Elle vous sera livrée dans une housse et un tube carré en tissu verts. 

Matériel

Marryat Pikky 9' #9/10

Marque
Marryat
Série
Pikky
Longueur
9'
Longueur réelle
275cm
Soie
#9/10
Brins
4
Poids annoncé
128.00g
Poids réel
128.00g
Anneaux
11
Premier anneau
43cm
Poignée
26 x 240 mm
Serrage
Uplocking
Talon de combat
Oui
Accroche mouche
Oui
Points d'alignement
Oui
PME
195.00g
PTE
323.00g
IP
108
ERN
11.88
AA
65°
Confort
10.0/10
Prix à la date de sortie
399.00€
Texte

Redington Predator II 9' #9

Cette Redington Predator II est dotée d'un blank bleu et de ligatures noires (liserés bleus présents au niveau des emmanchements). Le porte moulinet est 100% aluminium anodisé noir et la poignée une classique full wells liège. Outre les points d'alignement des brins, on retrouve un détail de finition original : les extrémités des brins sont recouverts d'une fine couche d'époxy pour éviter l'adhérence. Cette canne 4 brins bénéficie de la garantie Redington à vie et vous sera livrée dans un tube compartimenté.

Matériel

Redington Predator II 9' #9

Marque
Redington
Série
Predator II
Longueur
9'
Longueur réelle
275cm
Soie
#9
Brins
4
Poids annoncé
128.00g
Poids réel
123.00g
Anneaux
11
Premier anneau
46cm
Poignée
26x177mm
Serrage
Uplocking
Talon de combat
Oui
Accroche mouche
Oui
Points d'alignement
Oui
PME
260.00g
PTE
383.00g
IP
89
ERN
10.56
AA
66°
Confort
7.4/10
Prix à la date de sortie
379.00€
Texte

Vision Grand Daddy 9' #9

Le moins que l'on puisse dire, c'est que cette Vision Grand Daddy se démarque côté look ! Avec son blank rouge gloss et sa poignée EVA noire (version liège disponible), elle ne passera pas inaperçue ! Les finitions retiennent également notre attention : si les classiques traits d'alignement des brins et accroche-mouche sont présents, figure également une échelle de mesure des poissons à partir d'un mètre, tous les 10 cm jusqu'à 130 cm ! Elle est livrée dans un tube cordura rouge compartimenté. 

Matériel

Vision Grand Daddy 9' #9

Marque
Vision
Série
Grand Daddy
Longueur
9'
Longueur réelle
276cm
Soie
#9
Brins
4
Poids annoncé
123.00g
Poids réel
131.00g
Anneaux
11
Premier anneau
47cm
Poignée
26x178mm
Serrage
Uplocking
Talon de combat
Oui
Accroche mouche
Oui
Points d'alignement
Oui
PME
190.00g
PTE
321.00g
IP
77
ERN
9.58
AA
65°
Confort
6.7/10
Prix à la date de sortie
395.00€
Texte

DISCUSSION DES MESURES

PUISSANCE

En ce qui concerne la puissance, les cannes de ce test peuvent être classées en 3 catégories :

  • celles dont la puissance est sous-évaluée : c'est le cas de la Echo EPR et de la Redington Predator II qui sont en réalité des #10 (ERN respectifs à 10.49 et 10.56), de la JMC Punisher qui est une #9/10 (ERN à 9.99) et de la Marryat Pikky qui est une #11/12 (ERN à 11.88).
  • celle dont la puissance est sur-évaluée : c'est le cas la HOH Clan qui est en réalité une #8/9 (ERN à 8.84).
  • celle dont la puissance est conforme : la seule canne de ce comparatif à la puissance réelle conforme est la Vision Grand Daddy (ERN 9.58) qui est une vraie #9.

ACTION 

Au niveau des actions caractérisées par l'Action Angle (AA), deux catégories sont représentées :

  • les actions fast (AA supérieur à 66°) : avec son AA à 69°, l'Echo EPR est la seule représentante de cette catégorie.
  • toutes les autres cannes de ce test sont d'action moderate fast, leurs AA sont compris entre 64 et 66°.

MONTAGE

Le principal paramètre à vérifier en matière de montage de canne lorsqu'on envisage de pêcher le brochet se situe au niveau de la poignée :

Les dimensions des différentes poignées de ce comparatif sont très homogènes : les épaisseurs sont quasi identiques (26 ou 27 mm) et assez standard. Seule la longueur particulièrement importante de celle de la Marryat Pikky (24 cm !) dénote à ce niveau.

Côté finition, la HOH Clan, la Marryat Pikky, la Redington Predator II et la Vision Grand Daddy possèdent à la fois accroche-mouche et points d'alignement des brins. Les autres références ne possèdent que l'accroche-mouche (cas de la JMC Punisher) ou que les points d'alignement (cas de la Echo EPR).

CONFORT 

Niveau confort de pêche, notre système de notation attribue un 10/10 (une première dans l'histoire des tests Truites & Cie !!!) à la Marryat Pikky : malgré sa puissance réelle #11/12, un moulinet vide de seulement 150 gr suffira à l'équilibrer ! La Echo EPR prend la seconde place (7.5/10) talonnée sur la dernière marche du podium par la Redington Predator II (7.4/10). La Echo se mariera bien avec un moulinet vide de 170 gr, contre environ 220 gr pour la Redington. Les 2 cannes suivantes sont très proches : la JMC Punisher récolte un 7.1/10 et la Vision Grand Daddy un 6.7/10. Un moulinet vide d'environ 140 gr sera bien adapté à ces 2 modèles. Enfin, la HOH Clan ferme la marche avec un 5.9/10 (prévoir un moulinet vide d'environ 170 gr).

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pêche mouche brochet
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L'avis de la rédaction 

Pour ce premier comparatif de cannes mouches #9, nous ne saurions trop vous recommander de lire ou relire notre article destiné au choix de la canne pour le brochet (voir ici).

Comme à notre habitude, nous ne discuterons pas le look des différents modèles, ce critère étant totalement subjectif. Les photos parlent d'elles-mêmes et chacun se fera un avis selon sa propre sensibilité. De même, nous ne débattrons pas les détails de finition, tant les pratiquants accordent des importances très variables à chacun d'eux.

Discutons plutôt des usages, principalement dictés par les puissances réelles/actions des différents modèles :

  • La HOH Clan de puissance #8/9 est la canne la moins puissante de ce test et la moins rapide (AA à 64°). Elle sera idéale pour le néophyte (c'est aussi la moins chère) souhaitant se lancer dans la pêche des carnassiers à la mouche et qui ne recherche pas que les gros spécimens. Son action modérée facilitera les lancers et procurera de bonnes sensations sur des carnassiers de tailles moyennes.
  • Les cannes les plus polyvalentes de ce test sont sans conteste la JMC Punisher, la Redington Predator II et la Vision Grand Daddy. D'actions similaires (moderate fast), elles se différencient par leurs puissances réelles : la Vision est une vraie #9, la JMC une #9/10 et la Redington une #10. A vous de choisir en fonction de la taille des mouches à lancer et de vos lieux de pêche (encombrement, taille des habitants). Ces 3 cannes présentent des rapports qualité/prix proches et très bons.
  • Avec son action fast et sa puissance réelle #10, la Echo EPR est plus autoritaire que les précédentes (tout en restant très légère). Elle sera plus à l'aise pour brider les grands brochets en milieux encombrés ou pour pratiquer les pêches profondes.
  • Enfin, avec sa puissance réelle #11/12 et son action moderate fast, la Marryat Pikky est la référence la plus spécifique de ce comparatif : l'association puissance très importante + action modérée la destine clairement à propulser des immenses streamers à la recherche de poissons record. Avec sa poignée longue, elle s'apparente à une vraie canne Musky comme on les rencontre en Amérique du Nord. Notons un confort de pêche bluffant pour ce modèle compte tenu de sa puissance (PTE à seulement 323 gr !).

Bon choix !

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LIENS UTILES

Le protocole de test des cannes à mouche

Bien choisir sa canne brochet

Les cannes HOH en ligne :

HOH

 

Les cannes Echo en ligne :

Le Moulin de Gémages

 

Les cannes JMC en ligne : 

1000mouches

 

Les cannes Marryat Pikky sur commande chez :

fusion fly fishing

 

Les cannes Redington en ligne : 

Ardent Pêche

 

Les cannes Vision accessibles en ligne chez nos partenaires :

 

Caleri flyfishing

 

as de pêche

 

Vidéo montage de mouche : l'oreille de lièvre

ORL

Cyril Bailly poursuit son inventaire des grands classiques de modèles de mouche dans les colonnes de Truites & Cie. Il présente aujourd'hui sa version d'une sèche à posséder absolument, capable de prendre des salmonidés sur la planète entière : l'Oreille de Lièvre !

Vidéo
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Le conseil de Cyril : "C'est J.Ogden (source Fly Fishing 1874) qui a eu l'idée d'utiliser du poil de lièvre pour réaliser la première Hare's Ear mais c'est F.M. Halford qui l'a popularisée dans son célèbre ouvrage Dry fly  Entomology (1897) et ajouta une paire d'ailes en étourneau au modèle de J.Ogden. Quelques années plus tard, c'est R.Woolley (1932) qui retransforma la version d'Halford en supprimant les ailes en étourneau et en les replaçant par un faux hackle en dos de lièvre avec la technique de dubbing loop. Pour ma part, j'utilise du poil d'oreille de lièvre pour le corps et du poil de dos de lièvre que je pose à l'Espagnole sur le dessus pour lui assurer une flottaison basse. Attention de ne pas utiliser des poils de dos trop longs pour éviter de surcharger inutilement l'imitation. Bon montage ! "

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