Comparatif boîtes à mouches sèches/nymphes à fermeture magnétique

boîte mouche aimantée

Marre des systèmes d'ouverture conventionnels ou des boîtes qui s'ouvrent de façon intempestive ? Voici un comparatif qui pourrait vous intéresser ! Y figure une sélection de boîtes à mouches à fermeture magnétique des enseignes C&F Design, Fulling Mill, Guideline, Le Moulin de Gémages et Tacky : 

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Tests statiques

C&F DESIGN CFLW

Le japonais C&F Design s'est imposé comme l'un des fabricants phare en matière de boîte à mouches. Au sein de son catalogue très étoffé, la gamme CFLW a retenu notre attention. Elle est composée de plusieurs modèles de tailles et contenances différentes dont les points communs sont une structure en mousse et un poids ultra-léger. En voici les caractéristiques techniques :

  • taille SS : 10,8 x 7,5 x 2,6 cm / 25 gr / 150 mouches,
  • taille S : 12,4 x 9 x 2,6 cm / 32 gr / 228 mouches,
  • taille M : 15 x 9 x 3,3 cm / 41 gr / 266 mouches,
  • taille L : 19,4 x 11,4 x 3,3 cm / 66 gr / 468 mouches.

Toutes ces boîtes Made in Japan présentent un micro-oeillet de fixation, idéal pour sécuriser le port et éviter qu'elles ne tombent à l'eau de manière fortuite.

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Fulling Mill

Nouvelle venue en France et encore assez confidentielle, la gamme Fulling Mill se démarque de ses concurrentes par une fabrication européenne en Angleterre, ce qui est suffisamment rare pour être souligné ! La gamme présente plusieurs modèles intéressants pour les mouches sèches et les nymphes :

  • Pocket Box : boîte minimaliste, elle contient tout de même 122 mouches malgré ses faibles dimensions 11,9 x 8,4 x 2 cm (poids : 60 gr).
  • Stealth box : boîte plate transparente de dimensions 18,6 x 10,6 x 2 cm (114 gr) à la contenance record de 260 mouches ! Comparativement, la classique boîte plate asiatique commercialisée par diverses enseignes présente les dimensions 18,5 x 10,5 x 1,2 cm pour une contenance de "seulement" 156 mouches.
  • Dry fly/Hopper box : un modèle transparent de longueur/largeur similaires à la précédente mais plus épais (18,6 x 10,6 x 3,2 cm / 128 gr). Il permettra donc le transport de mouches assez volumineuses telles que des grosses sèches à hackle, sans déformer les fibres de coq. Contenance 216 mouches.
  • Tactical Box : modèle très polyvalent à la contenance de 600 mouches pour des dimensions de 18,6 x 10,6 x 3,2 cm (poids 143 gr).
  • Tactical Max Box : LE modèle phare de la gamme ! Sa contenance de 960 mouches pour des dimensions de 18,6 x 10,6 x 4,4 cm (très proche d'une grande C&F pour une contenance double !) en font, à notre connaissance, le meilleur ratio contenance/taille du marché. Poids 228 gr.
Vidéo
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Guideline Ultralite Foam Box

A l'image des C&F Design CFLW, les nouveaux modèles ultralight de Guideline sont construits en mousse et flottent. 3 références constituent la gamme :

  • une Small : 13 x 8,5 x 3 cm / 38 gr / 173 mouches,
  • une Large : 16 x 9,5 x 3 cm / 46 gr / 268 mouches,
  • une "Nymph" fine : 16 x 9,5 x 1,8 cm / 44 gr / 274 mouches.

A noter la particularité des modèles Small et Large : ils possèdent 1 face à encoches et 1 face à fentes (2 faces à fentes symétriques pour le modèle Nymph).

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Le Moulin de Gémages

Le Moulin de Gémages propose différents types de boîtes à mouches commercialisées sous sa propre enseigne. Parmi elles figurent plusieurs modèles en bois de belle facture. Ils sont fabriqués artisanalement en Europe et sont gravés de motifs variés relatifs à la pêche à la mouche. Les dimensions sont de 13,5 x 10 x 3 cm et leur capacité de 200 mouches environ (poids 134 gr).

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Tacky

Les boîtes Tacky, conçues par le fabricant américain Fishpond, sont originales à plus d'un titre : constituées de plastique 100% recyclé, elles possèdent un fond non pas en mousse haute densité mais en silicone, matériau plus souple et sans mémoire. La gamme Tacky est pionnière en la matière et possède 2 formats, chacun disponible en version simple face et double face (2x). Nous avons eu en main les :

  • Original Fly Box (version 1 face) : 18 x 9 x 1,7 cm / 147 gr / 168 mouches,
  • Daypack Fly Box (version 2x)  : 12,7 x 7,6 x 1,9 cm / 115 gr / 360 mouches.

Chaque boîte présente 2 micro-oeillets de fixation, idéals pour sécuriser le port et éviter qu'elles ne tombent à l'eau de manière fortuite.

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L'avis de la rédaction

En dehors de leur caractéristique commune principale qui les réunit aujourd'hui, à savoir la présence d'une fermeture aimantée, ces boîtes diffèrent sous bien des aspects et peuvent être classées en 4 catégories :

  • Les boîtes ultra-light :

Avec des masses comprises entre 25 et 66 grammes, les références C&F Design CFLW et Guideline se présentent comme les boîtes à mouches les plus légères du marché ! Elles compléteront à merveille l'équipement de ceux qui souhaitent alléger la charge (lire également à ce propos notre comparatif de chest pack de wading). Les différences de prix s'expliquent par le pays d'origine et la qualité de finition des produits (boîtes japonaises vs chinoises).

  • Les boîtes à grandes contenances :

La gamme Fulling Mill a été développée dans ce sens. Chaque modèle de la gamme établit un record en matière de contenance dans sa catégorie de taille : à titre d'exemple, le plus grand modèle (960 mouches) est la boîte la plus spacieuse transportable dans un gilet ou chest pack classique. Avis à ceux qui souhaitent transporter un maximum de mouches dans un volume contenu. Nous saluons également leur excellent rapport qualité/prix compte tenu de la fabrication européenne.

  • Les boîtes artisanales bois :

Les amoureux du bois et des petites séries seront attirés par les boîtes du Moulin de Gémages qui conjuguent esthétisme et praticité de la fermeture magnétique. Attention, la disponibilité de ces boîtes est dépendante de la production du moment !

  • Les boîtes à fond siliconé : 

Les avantages principaux inhérents au silicone résident dans une tenue de mouches à la fois ferme et durable (notamment des nymphes lourdes qui posent parfois problème). Avec leur construction et leur packaging responsables, les Tacky sont les fières représentantes de cette catégorie.

Bon choix !

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Lien utiles :

Les boîtes Fulling Mill : 

easyfly

 

fusion fly fishing

 

Les boîtes Guideline en ligne :

Aspe Angler

 

Les boîtes C&F Design en ligne : 

Ardent Pêche

 

PLC Pêche

 

Les boîtes en bois du Moulin de Gémages :

Le Moulin de Gémages

 

Les boîtes Tacky en ligne :

la boîte à mouches

 

Brochets à la mouche au moulin de Marsaguet (87)

moulin de Marsaguet

Je vous ai fait part dans un article précédent de ma nouvelle addiction pour la pêche du brochet à la mouche, mais bien avant cette nouvelle passion, j’avais entendu parler des brochets de Marsaguet. C’est donc maintenant accompagné de mes boites de streamers, que je décidais en Avril dernier de faire la route pour évaluer le potentiel de ce plan d’eau.

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Les prévisions météo n’étaient pas bonnes. Une forte chute des pressions atmosphériques, l’arrivée d’une poche d’air froid et surtout un fort vent du nord étaient prévus pour mon séjour. Je décidais cependant de faire la route, ayant organisé ma petite virée depuis quelques semaines et voulant profiter de 2 jours de pêche avant l’ouverture du carnassier dans le domaine public.

C’est donc après un peu plus de 3 heures depuis le bassin d’Arcachon et une fin de trajet dans une magnifique campagne verdoyante aux couleurs printanières que j’arrivais sur les lieux.

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moulin de Marsaguet
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Le moulin de Marsaguet est un magnifique domaine situé en Haute-Vienne, au sud de limoges. Le lac fut créé au XVIème siècle pour alimenter une forge spécialisée dans la fabrique des lames et remplacée plus tard par une meunerie. C’est maintenant une exploitation agricole à taille humaine qui peut accueillir les touristes amateurs de calme et de Nature. Vous y serez chaleureusement reçu par Valérie et Renaud. Pour l’hébergement, 3 belles chambres d’hôtes dans la demeure familiale vous attendent ou un superbe gîte, grand confort, pour 12 personnes avec terrain de pétanque et piscine chauffée.

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moulin de Marsaguet
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moulin de Marsaguet
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moulin de Marsaguet
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moulin de Marsaguet
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L’étang, de 13 hectares, est alimenté par 2 cours d’eau : la Valentine et le Lavaud Bousquet, ruisseaux classés en première catégorie.

Si le plan d’eau donne beaucoup de cachet à l’ensemble, il nous intéresse surtout pour les poissons qu’il abrite. Renaud y accueille essentiellement des pêcheurs de carpes. Elles sont nombreuses et les gros sujets bien représentés. Mais la passion halieutique de Renaud, qu’il partage avec son fils Thibault, c’est la pêche du brochet à la mouche. Il conseille donc avec plaisir les pêcheurs de carnassiers sur son étang, mais uniquement ceux équipés d'une canne à mouche.

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moulin de Marsaguet
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moulin de Marsaguet
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Le lac offre un terrain de jeu ludique car les postes marqués sont nombreux et variés : arbres immergés, herbiers et nénuphars, île, cassures...ect. Pour vraiment exploiter le potentiel du plan d’eau, le float-tube est indispensable, la quasi-totalité des berges étant encombrées.

Je décide de mettre mon embarcation à l’eau sitôt arrivé, en cette fin d’après-midi. Le vent du nord, violent, ne permet pas de s’éloigner de la digue en palmant et je rejoins le fond du lac à pied en portant ma grosse bouée, accompagné par les chevaux de l’exploitation. Cette partie du lac est très peu profonde. J’espère trouver les brochets encore à proximité de leurs lieux de reproduction et prospecte minutieusement les berges avec une soie flottante ou intermédiaire mais n’obtiens aucune touche.

Après une prospection ultra rapide de la berge, poussé par le vent, je rejoins mes hôtes pour une soirée conviviale et gastronomique durant laquelle Renaud me parle avec enthousiasme de son plan d’eau. J’apprends ainsi que le moulin de Marsaguet est cité dans la première édition de 1999 du Brochet à la mouche de Jacky Roehrig (la dernière version de cet ouvrage, présentée récemment dans votre magazine ici étant la référence actuelle de cette pratique) et qu’en plus des brochets, le lac abrite une population conséquente de sandres.

Le lendemain, la température matinale étant proche de zéro, je traîne un peu au café, attendant que l’air se réchauffe pour enfiler mon wader et mes palmes.

Le vent est plus calme en ce début de journée et je décide de pêcher le long de la rive ouest pour terminer ma prospection des berges. Les postes sont marqués, les abris nombreux mais je ne déclenche toujours pas d’attaque.

C’est finalement en m’éloignant du bord que je prends mon premier brochet le long des nénuphars. Ce poisson n’est pas bien gros mais il m’envoie un signal qui me fait changer de stratégie.

Je pêche maintenant les bordures des nénuphars qui sont en pleine pousse en cette saison et nombreux au milieu du lac. Le plan d’eau va alors me révéler son potentiel. A la faveur du réchauffement conjugué à un vent pas encore trop violent en ce milieu de journée, je peux manœuvrer mon float tube au milieu de l’étang et enchaîne 6 touches en une heure. 4 brochets viennent s’échouer dans mes palmes, un se décroche, le sixième me procure une touche très nette…impossible de relever complètement ma canne lors du ferrage, elle revient instantanément en position horizontale sous la traction violente du poisson et mon bas de ligne casse.

Renaud m’avait prévenu la veille que les brochets métrés sont bien présents et sur les photos qu’il m’avait montrées des plus belles prises ils étaient bien gras.

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moulin de Marsaguet
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moulin de Marsaguet
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moulin de Marsaguet
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La période d’euphorie sera de courte durée, le vent du nord souffle à nouveau violemment, le ciel se couvre, les vagues se creusent et il est maintenant impossible de se maintenir sur les postes du milieu du lac. La petite ancre que j’ai amenée ralentit à peine mes dérives.

Je sens bien que c’est fini pour aujourd’hui.

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moulin de Marsaguet
Légende
Le fond du lac est très peu profond et ce n’est qu’entre l’île au milieu du plan d’eau et la digue qu’il y a plus de 2m.
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moulin de Marsaguet
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moulin de Marsaguet
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Dernier jour, après une matinée encore très froide, il me reste un peu de temps pour une dernière session avant de prendre la route. En ce début de journée, le vent n’est pas encore levé. Je décide donc de pêcher le long de la digue, d’autant plus que Renaud et Thibault ont décidé de m’accompagner pour un petit moment et c’est un des rares secteurs où ils peuvent fouetter du bord. C’est Thibault qui prend le premier poisson du jour alors que je rate 2 belles attaques en pêchant creux sur cette partie du lac qui est la plus profonde.

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moulin de Marsaguet
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Un peu plus tard, il me semble détecter une touche peu franche et ferre par acquis de conscience. J’ai bien quelque chose au bout de la ligne mais la sensation est inhabituelle. Puis commence un vrai combat, c’est lourd, la canne pour soie de 10 est fortement courbée, il me tarde de voir le poisson. C’est peut-être mon premier très gros brochet, mais finalement apparaît mon premier... moustachu ! Loin d’être déçu, je suis plutôt content d’ajouter une nouvelle espèce à la liste des poissons capturés avec une canne à mouche.

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moulin de Marsaguet
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Je prendrai un peu plus tard, alors que mes partenaires matinaux ont quitté le lac, un deuxième silure. Il me faudra 15 bonnes minutes pour le maîtriser, d’autant plus qu’il ne rentre pas dans mon épuisette. Renaud qui ne voulait pas qu’on le remette à l’eau m’annoncera le lendemain ses mensurations : 1,50 m et 26 kg. Ce poisson devrait rester longtemps ma plus grosse prise avec une canne à mouche.

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moulin de Marsaguet
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moulin de Marsaguet
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Peu après cette prise, et comme le jour précédent, le vent du nord redouble de puissance. La pêche en float tube devient impossible et il est de toute façon bientôt temps pour moi de prendre la route du retour.

Dernière étape avant de partir mais pas la moindre : un petit passage par le rayon gastronomie pour ne pas revenir les mains vides. Je fais le plein des délicieux produits préparés par mes hôtes, notamment l’excellent foie gras mi-cuit et le sublime civet de canard. La glacière est pleine, je peux prendre la route.

J’ai à peine parcouru quelques kilomètres qu’il me tarde déjà de trouver une date pour revenir à Marsaguet, peut-être en famille. Le lieu est magnifique, l’accueil chaleureux, l’hébergement très confortable, les soirées avec mes hôtes conviviales et gastronomiques… Quant à la pêche, le petit temps calme dont j’ai bénéficié au cours de mon séjour m’a laissé entrevoir le potentiel de ce magnifique plan d’eau.

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Lien utile :

www.moulin-marsaguet.com

Le Moulin de Marsaguet

87500 Coussac-Bonneval.

05.55.75.28.29 / 06.26.16.34.47

Comparatif moulinets mouche ultra-light (moins de 100 gr)

moulinets mouche ultra-light

Dans le marché actuel de moulinets mouche destinés à la pêche de la truite, ceux de moins de 100 gr peuvent être considérés comme "ultra-légers". Nous en avons sélectionné 6 appartenant à des gammes de prix différentes et issues des catalogues des marques Hanak, Peux, Ross, Sage, Soldarini et Wychwood.

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Le moulinet ultra-léger, quelle utilisation ?

Le pêcheur désireux d'équilibrer parfaitement sa canne à mouche à intérêt à connaître son PME (poids du moulinet à l'équilibre) qui donne la masse à fixer au niveau du porte-moulinet pour y parvenir. Cette masse comprend évidemment le poids du moulinet vide et celui de la ligne (soie + backing) qui le remplit. Si l'on s'intéresse de plus près aux chiffres, on remarque que les moulinets de 100 gr et moins (poids vide) se destinent principalement :

  • aux cannes "petites rivières" de longueur inférieures ou égales à 8' et de puissances inférieures ou égales à #4 (voir notre comparatif de modèles TLT 7'6 #3, archétype des cannes concernées).
  • aux 9'6 #3 (voir notre comparatif ici) : plus polyvalentes que les précédentes, ces cannes peuvent servir aussi bien en sèche qu'en nymphe à l'européenne à condition que les dérives ne soient pas trop éloignées (moins de 5/6 m).

La majorité de ces produits ultra-légers possède un système de freinage simple qui se résume à un anti-foisonnement (système à cliquets). Il évite que la bobine ne s'emballe en cas de traction prononcée mais en aucun cas ne permet un réglage fin de la puissance de freinage. Ces moulinets à cliquets se destinent donc surtout aux pêches de truites petites à moyennes pour lesquelles la puissance et la précision du frein ne sont pas indispensables.

 

TESTS STATIQUES ET MESURES

Hanak Superlight II 24

Ce moulinet usiné dans une barre d'aluminium aéronautique 6061 mêle les couleurs noir et or. Son frein est à cliquets. Il est livré dans une housse néoprène.

Matériel

Hanak Superlight II

Marque
Hanak
Modèle
Superlight II
Taille
24
Matière
Aluminium
Couleurs disponibles
noir, or
Pays de fabrication
Corée
Diamètre du moyeux
45mm
Profondeur de la bobine
11mm
Largeur de la bobine
28mm
Diamètre de la bobine
77mm
Contenance annoncée
#3 + 30m
Poids annoncé
69g
Poids réel
69g
Poids rempli
100g
Prix
159.00€
Texte

Peux SL Light #2/3

Ce moulinet Peux se différencie des autres modèles de ce test par la présence d'un frein réglable et d'une récupération démultipliée (ratio 1 : 4,5). Le système d'extraction de bobine est identique à celui des autres moulinets Peux (on dé-clipse la bobine par pression de l'intérieur vers l'extérieur). Disponible en taille #4/5, possibilité d'enlever le bruit de cliquet à la récupération. Ce moulinet fabriqué en Suisse bénéficie d'une garantie 5 ans. Il est livré dans sa boite de protection. A noter que l'entreprise Peux offre un service de personnalisation (gravure, manivelle en bois précieux ou carbone, bobines de couleur...etc).

Matériel

Peux SL Light #2/3

Marque
Peux
Modèle
SL Light
Taille
#2/3
Matière
Aluminium
Couleurs disponibles
noir, rouge
Pays de fabrication
Suisse
Diamètre du moyeux
35mm
Profondeur de la bobine
14mm
Largeur de la bobine
25mm
Diamètre de la bobine
63mm
Contenance annoncée
#3 + 30m
Poids annoncé
103g
Poids réel
101g
Poids rempli
130g
Prix
395.00€
Texte

Ross Colorado #2/3

Second moulinet de ce test non fabriqué en Asie (tous les Ross sont Made in USA), le Colorado est le modèle poids plume de la gamme, usiné dans la masse d'Aluminium aéronautique 6061-T651. Il se distingue également par sa bobine en V. Existe en version noir ou argent satiné et en taille #4/5.

Matériel

Ross Colorado LT #2/3

Marque
Ross
Modèle
Colorado
Taille
#2/3
Matière
Aluminium
Couleurs disponibles
noir, argent
Pays de fabrication
Etats-unis
Diamètre du moyeux
47mm
Profondeur de la bobine
14mm
Largeur de la bobine
21mm
Diamètre de la bobine
75mm
Contenance annoncée
#3 + 40m
Poids annoncé
89g
Poids réel
93g
Poids rempli
125g
Prix
339.00€
Texte

Sage Click 3/4/5

Ce moulinet Sage est usiné dans un aluminium aérospatial anodisé 6061-T6.
Il possède un frein cliquet ajustable. Convertible droitier/gaucher. Il est livré dans une housse néoprène et bénéficie d'une garantie Sage à vie. Disponible en 3 tailles (0/1/2, 3/4/5, 4/5/6) et en plusieurs couleurs (bronze, vert, champagne, gris). Possibilité d'acheter séparément des bobines supplémentaires.

Matériel

Sage Click #3/4/5

Marque
Sage
Modèle
Click
Taille
#3/4/5
Matière
Aluminium
Couleurs disponibles
champagne, lime, bronze, stealth
Pays de fabrication
Corée
Diamètre du moyeux
58mm
Profondeur de la bobine
12mm
Largeur de la bobine
24mm
Diamètre de la bobine
82mm
Contenance annoncée
#5 + 50m
Poids annoncé
75g
Poids réel
75g
Poids rempli
105g
Prix
295.00€
Texte

Soldarini Elite SL #0/2

Ce moulinet aluminium argent et rouge possède un frein réglable et une bobine large arbor assez étroite et peu profonde. Sa contenance est donc faible (la bobine peut recevoir une soie de 2 au maximum). Il est disponible en taille unique.

Matériel

Sft Elite SL Super Light

Marque
Soldarini
Modèle
SL Super Light
Taille
#0/2
Matière
Aluminium
Couleurs disponibles
argent, rouge
Pays de fabrication
Chine
Diamètre du moyeux
50mm
Profondeur de la bobine
12mm
Largeur de la bobine
16mm
Diamètre de la bobine
74mm
Contenance mesurée
#2 + 10m
Poids annoncé
83g
Poids réel
84g
Poids rempli
115g
Prix
119.00€
Texte

Wychwood River & Stream #2/3

A l'instar de la majorité des modèles présentés, ce moulinet Wychwood en aluminium possède une finition de surface anodisée argentée et un système anti-foisonnement à cliquets. Il est disponible en 2 tailles (#2/3 et #4/5).

Matériel

Wychwood River & Stream #2/3

Marque
Wychwood
Modèle
River & Stream
Taille
#2/3
Matière
Aluminium
Couleurs disponibles
argent
Pays de fabrication
Chine
Diamètre du moyeux
38mm
Profondeur de la bobine
16mm
Largeur de la bobine
28mm
Diamètre de la bobine
70mm
Contenance annoncée
WF3 + 75m de backing
Poids annoncé
50g
Poids réel
51g
Poids rempli
70g
Prix
169.00€
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pêche
Légende
La sèche en petite rivière est une technique qui plébiscite le moulinet ultra-light !
Texte

L'avis de la rédaction

Comme à notre habitude, nous ne discuterons pas le look des différents modèles, ce critère étant totalement subjectif. Les photos parlent d'elles-mêmes et chacun se fera son propre avis selon sa sensibilité.

Si les différentes références ont été réunies sur la base du critère poids, d'autres caractéristiques techniques permettent de les discriminer et notamment le type de frein. On distingue :

  • les moulinets à cliquets : Ils partagent une architecture commune et un système de frein sommaire. Ces références se différencient par leur masse (la palme en la matière revient au Wychwood qui, avec ses 51 gr, ne doit pas être loin d'être le moulinet le plus léger du marché) ou le ratio diamètre d'arbor/poids. Le meilleur compromis sur ce point revient au Sage avec son diamètre de bobine important de 82 mm pour seulement 75 gr ! Les aficionados du Made in USA seront quant à eux attirés par le classieux Ross Colorado.
  • les moulinets à frein réglable : avec ses 101 grammes, nous aurions théoriquement du évincer le Peux SL Light de notre test de moulinets "de moins de 100 gr". Nous avons toutefois délibérément pris le parti de l'inclure en raison de ses 2 caractéristiques techniques phare et uniques dans cette gamme de poids : une récupération démultipliée (environ 50 cm de soie récupérée par tour de manivelle contre 15 cm pour le Ross Colorado par exemple) et un frein réglable.  Ainsi, ceux qui privilégient la technicité et non la légèreté à tout prix ont là un moulinet tout à fait original ! De son côté, le moulinet Soldarini est sans doute le plus spécifique du comparatif : avec sa faible contenance, il se destine à recevoir une soie très légère (de numéro inférieur ou égal à 2), voire du nylon uniquement. Il comblera les pêcheurs en nymphe au fil et les adeptes des soies naturelles parallèles très fines pour la pêche en eaux rapides qui cherchent un moulinet peu cher.

Bon choix ! 

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LIENS UTILES

Le moulinet Hanak Superlight en ligne :

Mouche Shop

 

Le moulinet Peux SL en ligne :

Peux flyfishing

 

Le moulinet Ross Colorado en ligne :

Le Moulin de Gémages

 

Les moulinets Soldarini et Wychwood en ligne :

1000mouches

 

Le moulinet Sage en ligne : 

Ardent Pêche

 

Le haut-Verdon, entre Alpes et Provence

pêche verdon

Si le Verdon est devenu une rivière mythique pour ses grosses truites lacustres des gorges à l’aval du lac de Castillon, c’est le haut de la vallée, au-dessus de tous les aménagements hydroélectriques, qui fait l'objet de cet article. Ce secteur mêle cadre dépaysant et truites autochtones méditerranéennes, fruit de la gestion patrimoniale de l'AAPPMA locale. En plus, la pêche y est ouverte jusqu'au premier week-end d'octobre ! 

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SITUATION CLIMATO-GÉOGRAPHIQUE

Située au nord du parc régional du Verdon, cette vallée bénéficie d’une influence climatique méditerranéenne. Les cours d’eau possèdent un régime pluvio-nival, et présentent des amplitudes de débits marquées, avec une période de fonte printanière plus ou moins longue, suivie d’un étiage souvent sévère et d'un réchauffement de l'eau parfois important, notamment ces dernières années.

La vallée du Verdon possède de nombreuses similitudes avec celle voisine de l’Ubaye (située à 30 km de là, de l’autre côté du col d’Allos), notamment au niveau de la configuration : toutes deux présentent une rivière principale prenant ses sources vers 2500m, et finissant leurs courses dans un lac de barrage vers 1000m d’altitude (le lac de Castillon dans le cas du Verdon), un réseau d’affluents bien peuplés en truite, ainsi qu’une poignée de lacs d'altitude près des sommets. Cette diversité permet ainsi de varier les plaisirs et de combler tous types de pratiquants.

La vallée du Haut-Verdon située en versant sud, est toutefois plus précoce que celle de l'Ubaye. Les débits moyens des cours d'eau y sont également un peu plus faibles et les orages de fin d'été sont souvent nécessaires à la bonne qualité de la pêche en fin de saison.

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pêche haut Verdon
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Le Verdon

De la Source à Allos

En amont d’Allos, Le Verdon présente un profil resserré assez pentu. Large d’environ 5 mètres, il autorise la pratique de toutes les techniques. En présence d’eaux fortes, les turbulences sont importantes et les coups restreins, les techniques capables de pêcher creux et précis s’en sortent le mieux (toc et nymphe au fil en particuliers). Les secteurs les plus propices se situent entre la station de ski la Foux d’Allos et le village d'Allos. Cette section située à une altitude excédant 1400m est assez encaissée et reste relativement froide. Elle permet de trouver des secteurs à l’ombre, propices durant les chaudes journées d’été. Les étiages sont parfois marqués passé le mois de juillet et il faudra alors rechercher les portions les mieux pourvues en blocs pour conserver de bonnes chances de réussite.

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pêche haut Verdon
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D’Allos à Colmars

En aval d’Allos, le calibre de la rivière augmente, suite à l’apport d'eade quelques affluents dont le Chadoulin et le Bouchier. L’amont immédiat de Colmars est un secteur très intéressant, car il concentre une large variété de faciès. Le Verdon présente à ce niveau un profil type de rivière moyenne caillouteuse (la largeur atteint une dizaine de mètres par endroit), avec toutes les options techniques et tactiques que cela sous entend. Les accès ne sont pas très fréquents, on peut citer le pont de Chaumie, ainsi que le pont de la D908 qui coupe le Verdon dans Colmars même.

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pêche haut Verdon
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En aval de Colmars

L’influence méditerranéenne se fait vraiment ressentir au niveau de la configuration, comme en attestent les grandes étendues de cailloux en présence du lit mineur, notamment au niveau de Beauvezer. Il arrive que les caches manquent un peu à certains endroits. La section la plus attrayante se situe entre Thorame Gare et Thorame Haute. Attention, la rivière est souvent encaissée et les accès assez peu nombreux. La configuration se résume à une alternance de grands plats et de brèves ruptures de pente caillouteuses. Dans les portions assagies, le courant principal flirte souvent avec des parois de roche dont la base est creusée, offrant aux plus gros individus de beaux abris. C'est à cet endroit que les gros spécimens du Haut-Verdon sont capturés tous les ans ! Mais ne vous méprenez pas, le biotope reste relativement pauvre et la taille moyenne des truites se situe autour de la taille légale de capture qui est de 23 cm. Par contre, le nombre et la qualité des poissons sont bien là !

A noter que plusieurs parcours no-kill (toutes techniques et hameçon sans ardillon) sont présents sur le Verdon :

  • Parcours Thorame Haute Gare Longueur : 1200 m / limite aval : viaduc du chemin de fer / limite amont : pont du tunnel de la Colle Saint Michel.
  • Parcours de Colmars-les-Alpes Longueur : 950 m / limite aval : pont de la Buissière / limite amont pont Saint Roch (D 908)
  • Parcours d’Allos Longueur : 900 m / limite aval : confluence avec le Chadoulin / limite amont : confluence avec le Bouchier
  • Parcours de la Foux d’Allos Longueur : 850 m / limite aval : cascade sortie de la Foux d’Allos / limite amont : passage souterrain de la Foux d’Allos
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pêche haut Verdon
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pêche haut Verdon
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Des affluents de qualité

Pour les adeptes de rivières plus petites, la vallée recèle un réseau d’affluents qui possèdent tous la particularité d’être relativement difficiles d’accès. Si cela nécessite de fouiner un peu pour se rendre au bord de l’eau, on peut surtout y voir un gage de tranquillité et la possibilité d’évoluer en paix dans un cadre sauvage des plus plaisant. A visiter en priorité :

Le Chadoulin

Premier affluent conséquent sur le cours du Verdon, le Chadoulin le rejoint au niveau d’Allos. Son cours peut être segmenté en trois parties, sensiblement équivalentes en matière de population salmonicole :

  • La partie aval, à la sortie d’Allos, où l’on accède par le GR 56B qui longe la rivière à ce niveau : le débit est parfois important dans cette partie basse et le substrat donne une teinte légèrement grisée à l’eau.
  • Une partie intermédiaire accessible par la D 226, au niveau de la Fontaine de Valpane avec de nombreux blocs rocheux,
  • A son extrême amont, après le terminus de la route qui constitue le départ de la randonnée vers le lac d'Allos, un no-kill a été instauré (sur le ruisseau de la Serpentine exactement). Comme son nom l’évoque, il coule paisiblement dans les près à 2125m d’altitude, au grès de nombreux méandres et se pêche très bien à la mouche sèche.
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pêche haut Verdon
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Le No-Kill de la Serpentine
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La Lance

La Lance est un affluent qui se jette dans le Verdon rive gauche, au niveau de Colmars. Les accès ne sont pas évidents, et il est déconseillé de s’aventurer sur la piste vers le Pont de la Serre sans véhicule adapté. La partie aval reste abordable et un joli parcours s’offre à vous en débutant à la sortie de la ville de Colmars puis en remontant la rivière vers la Cascade de la Lance, havre de fraîcheur très apprécié des touristes en été. Si toutes les techniques sont praticables, la mouche sèche façon eaux rapides y est bien agréable lorsque les truites sont dehors en milieu de journée.

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pêche haut Verdon
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Chasse Verdon
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La Chasse

Véritable perle de la vallée, la Chasse est la rivière favorite des locaux. Vous en avez déjà entendu parler dans ces colonnes, avec le récit du combat mené par les acteurs de la vallée contre un projet de micro-centrale il y a quelques années (voir l'article ici). Rivière sauvage et intimiste, elle renferme une population de truites méditerranéennes splendides. Par eaux maigres, veillez à miniaturiser votre offre pour les séduire. Cette remarque est d’ailleurs valable pour les autres parcours de la vallée en fin de saison : dans ces eaux basses ayant tendances à chauffer un peu (surtout ces dernières années où le phénomène tend à s'intensifier) il faudra souvent miniaturiser les esches pour continuer à prendre des truites au toc en journée. Ceci explique peut être les excellents résultats obtenus par les petites nymphes casquées dans ces eaux.

Pour les plus curieux, n’hésitez pas, à fouler aussi les berges du Bouchier, du Clignon ou encore de l’Issole !

... et le fameux lac d’Allos !

Si le haut de la vallée possède quelques lacs de montagne, ils sont pour la majorité en réserve de pêche (réglementation du Parc National du Mercantour). Seul le lac d’Allos est autorisé à la pêche. Ce plan d’eau, avec ses 54 ha, est le plus grand lac naturel d’altitude d’Europe et attire de nombreux pratiquants dès l’ouverture au mois de juin. Depuis plusieurs années, son peuplement piscicole repose sur la reproduction naturelle uniquement, le parc national du Mercantour s'étant montré hostile aux héliportages d’alevins. Vous y trouverez truites farios (quelques tributaires assurent le recrutement) et des ombles chevaliers. Grace aux effets conjuguée d’une exposition favorable, d’une altitude moyenne (2225m) et d’un climat plutôt chaud et sec, le biotope est relativement riche et le grossissement des truites important ; les poissons de plus de 50 cm ne sont pas rares en début de saison !  Attention, dans les Alpes du Haute Provence, le vairon mort ou vif est interdit ; il pourra être remplacé par des poissons nageurs coulant, qui permettent de pêcher creux et de couvrir pas mal de terrain.

Bonne pêche dans le Haut-Verdon !

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lac allos
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© Benjamin Isouard
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Liens utiles

La FDAAPPMA 04 : http://www.peche04.fr/

Le page de l'AAPPMA : http://www.peche04.fr/760-aappma-la-truite-du-haut-verdon.htm

La page facebook de l'AAPPMA : https://www.facebook.com/Verdonpeche

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Histoire d'une victoire : la leçon du torrent de Chasse ?

Chasse Verdon

Changement climatique, tourisme de masse, hydroélectricité, mésusage de la ressource... les pressions s'accumulent sur nos milieux aquatiques. Alors que la nécessité de s'unir pour leur protection n'a jamais été aussi criante, nous inaugurons ce jour un série d'articles visant à relater quelques succès obtenus en la matière, dont les pêcheurs ont été partie prenante. Au-delà de la satisfaction qui émane de ces lignes, elles permettront d'expliquer les rouages des victoires et pourquoi pas, d'inspirer d'autres acteurs de la PMA en proie aux mêmes écueils ! Partons vers les Alpes du Sud pour notre première étape :

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 " « Le projet de micro-centrale sur le torrent de la Chasse vient d’être retoqué, qu’en pensez-vous ? » C’est par ces mots d’une journaliste de La Provence, au téléphone, un soir de Novembre 2018, que notre combat pour la sauvegarde du torrent de Chasse a pris fin. Et quelle fin ! Celle que nous espérions ardemment depuis plus de quatre ans.

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Benjamin
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Je suis président de l’AAPPMA La Truite du Haut-Verdon depuis 2011. A l’été 2014, via une note de pré-cadrage environnemental, mes camarades et moi avons pris connaissance d’un projet de micro-centrale hydroélectrique sur le torrent de la Chasse, un des principaux affluents du Haut-Verdon, et certainement le plus populaire auprès des pêcheurs. Nous étions consternés. Nous ne pouvions accepter, et nous n’aurions accepté aucun projet de ce type sur n’importe quel cours d’eau de notre AAPPMA. Mais que ce torrent soit visé nous y obligeait encore plus, tant il était aimé par les pêcheurs, et même les non-pêcheurs, la vallée dans laquelle il s’écoule étant une véritable carte postale.

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Dès que j’ai pris connaissance de cette note, je me suis dit : « comment nous, pêcheurs, allons faire échouer ce projet ? ».

La tâche me semblait particulièrement ardue, voire presque perdue d’avance. A tel point que je me suis dit que nous allions devoir nous battre plus par principe que par réel espoir de l’emporter et ainsi sauver ce magnifique torrent dans son écrin. Malgré cet état d’esprit de départ nous, pêcheurs, décidâmes de nous battre sur trois volets : le volet réglementaire, le volet communication et le volet foncier.

Au niveau de l’AAPPMA, de la fédération de pêche 04, ainsi que de la FNPF nous pouvions agir seuls pour les deux premiers volets car nous avions des moyens et étions légitimes. Par contre, pour le troisième volet, le foncier, il a fallu se coupler à une association locale de défense de l’environnement, la Vallée Heureuse de Chasse, qui était plus légitime sur cet aspect et qui pouvait fédérer les propriétaires de parcelles sur lesquelles devait passer la conduite forcée.

La lutte au niveau du volet réglementaire fut la bataille qui opposa pendant 4 ans les hydrobiologistes de la fédération de pêche 04, du 05 (car nos voisins du Nord nous ont donné quelques coups de pouces) et la FNPF à la société SEHRY, porteuse du projet. L’arbitre de la bataille étant la Préfecture des Alpes de Haute-Provence via sa Direction Départementale des Territoires (DDT 04).

Un peu de technique :

Lorsqu’un tel projet est envisagé, le pétitionnaire, ici la société SEHRY, doit déposer un dossier de pré-cadrage environnemental qui ouvre la voie, ou pas, à la construction. Lors de cette étape, la DDT consulte différentes structures pour avis. Pour le projet de Chasse, il y avait le Parc Régional du Verdon (entité porteuse du contrat rivière Verdon), l’ONEMA, la FDAAPPMA 04 et l’AAPPMA La Truite du Haut-Verdon (NDLR : pour en savoir plus sur les rôles respectifs de ces différents acteurs, voir l'article sur les gestionnaires de l'eau en France).

L’objectif pour nous était double : d’une part, attaquer tous les points qui, en plus de la nature du projet lui-même, faisaient obstacle à la continuité écologique et, d’autre part, s’efforcer, autant que possible d’homogénéiser toutes les structures autour d’un même avis tout en sachant qu’ailleurs en France des avis négatifs n’avaient pas toujours suffit à stopper des projets similaires.

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Chasse Verdon
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Dans l’élaboration de nos avis relatifs aux dossiers de pré-cadrage environnemental, une personne a été particulièrement engagée et efficace ; elle a porté des coups qui ont fait très mal au projet, il s’agit de Vincent Duru, délégué général de la fédération de pêche 04 et hydrobiologiste. Au cours du conflit il nous arrivait de nous appeler en pleine nuit parce qu’on avait mis à jour une donnée que l’autre devait connaître et ajouter à son argumentaire, la FD 04 et l’AAPPMA présentant non pas un mais deux avis. Ces appels pouvant porter sur des points très divers tels que les débits, forcément surestimés par le pétitionnaire, l’architecture du barrage ou de la restitution, l’écartement des grilles de la prise d’eau, la passe à poissons, ou la mesure d’un soi disant « infranchissable », lui aussi volontairement surestimé par la SEHRY afin de dégrader l’importance des échanges entre la Chasse et le Verdon. Pour ce dernier point : mention spéciale à Adrien Brunetti, trésorier de l’AAPPMA, qui est allé mesurer le dit « infranchissable » à la dernière minute et qui s’est révélé avoir une hauteur de 1,45 m au lieu des 2 m avancés par la SEHRY... Autant vous dire que pour un obstacle qui se trouve à 150 m du Verdon, sur un cours d’eau qui mesure 11 km, et où l’argumentaire du pétitionnaire sous-entend que cet infranchissable stoppe quasiment à 100 % la montaison des truites, passer de 2 m à 1,45 m change complètement la donne... A 2 m seules les truites avec des gènes d’Avenger passent. À 1,45 m le contingent est bien plus conséquent. Sans parler du fait qu’avancer une mesure fausse à la DDT, ce n’est pas très bon pour l’image… Pourtant la société SEHRY a pris son temps avant de déposer le dossier final de pré-cadrage environnemental...

En 2014, il y a eu une « note » de pré-cadrage, puis en 2016 un premier dossier de pré-cadrage et en 2017/2018 un avenant au dossier de pré-cadrage puisque le précédent avait été retoqué. A chaque fois, les avis de toutes les structures consultées par la DDT ont été négatifs. Mais, en 2016, lors du dépôt du premier dossier de pré-cadrage environnemental l’homogénéité des avis aurait pu être rompue, notamment par la structure la plus influente : le Parc Naturel Régional du Verdon (PNRV) qui, pour rappel, porte le Contrat Rivière Verdon.

Dans ce type de structure le pouvoir est aux élus siégeant au conseil d’administration du parc et dans les multiples commissions spécifiques, dont, pour le Contrat Rivière Verdon, la Commission Locale de l’Eau (abrégée en CLE Verdon). Sauf que, sur de nombreux sujets, les élus, puisque n’étant pas des spécialistes du domaine, suivent souvent l’avis des cadres et salariés du parc. Or, lors d’une des nombreuses réunions relatives à la gestion du Verdon, l’un des techniciens rivière du parc a fait savoir, en marge de celle-ci qu’il était favorable au projet de micro-centrale sur la Chasse. Heureusement pour nous, un ami de l’AAPPMA participant à cette réunion laissa traîner ses oreilles et nous prévint de la menace. Ce qui permit à la FD 04 et à l’AAPPMA de mettre au point une contre-mesure efficace, la fédération de pêche 04 ayant un élu à la CLE Verdon : le président de l’AAPPMA Verdon-Colostre et administrateur de la fédération, Jean-Christian Michel. Ce dernier, par sa force de persuasion, a réussi à faire émettre un avis défavorable au projet de micro-centrale par la CLE Verdon, garantissant l’avis du PNRV et donc l’homogénéité nécessaire afin que la Préfecture retoque le projet.

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C’est donc ainsi que nous, pêcheurs, avons gagné la bataille sur le volet réglementaire afin de dénoncer le projet au stade du dossier de pré-cadrage environnemental. Mais, comme dit plus haut, ce ne fut pas le seul volet où nous avons agi, il y avait aussi le volet communication. Et, même si à mon sens, c’est le volet réglementaire qui a mis fin au projet, pour les observateurs extérieurs c’est la lutte au niveau « com' » qui a été la plus marquante.

Bien que nous ne connaissions pas la nature des échanges ainsi que les accords qui en découlaient, entre la mairie de Villars-Colmars, commune où s’écoule le torrent de la Chasse, et la société SEHRY, porteuse du projet, pour nous, pêcheurs, le seul basculement de la commune aurait suffit à mettre fin au projet. C’était très improbable mais nous devions quand même tenter la chose. On ne sait jamais dans la vie...

Aussi, dès que l’AAPPMA a eu connaissance du projet, à l’été 2014, j’ai pris rendez-vous avec le maire de Villars-Colmars de l’époque, M. André Guirand, pour lui faire part de notre opposition de la manière la plus constructive possible. J’avais amené avec moi un exemplaire du rapport sur la génétique des truites dans le Haut-Verdon, vu qu’une des stations de l’étude était située sur le torrent de Chasse, et qu’elle avait révélé le caractère patrimonial des truites de ce cours d’eau. L’entretien fut poli. J’ai fait part à M.Guirand de notre opposition au projet ainsi que les arguments sur lesquels cette opposition reposait : perte nette d’habitat pour tous les compartiments de vie aquatique, amoindrissement de la capacité de la Chasse à ensemencer le Verdon, création d’au moins deux discontinuités écologiques (à la prise d’eau et à la restitution), mais aussi, vu qui était mon interlocuteur, atteintes paysagères et retombées économiques très limitées, si ce n’est inexistantes, voire contre-productives, tant pour la commune que pour le reste de la vallée ; le rendement projeté étant surestimé par le pétitionnaire afin de convaincre l’équipe municipale et l’attrait touristique, vital en ce lieu, étant impacté par toutes les dégradations paysagères envisagées (création d’une ligne électrique sur 2 km, construction du bâtiment abritant la turbine, une conduite forcée courant sur 3 km, qu’elle soit enterrée ou aérienne, construction d’une prise d’eau avec son bâtiment technique, son barrage et sa passe à poissons).

M. le Maire me répondit avec déférence : « Je n’en attendais pas moins de vous mais... »  Et là il m’exposa son argumentaire basé sur le fait que la région PACA importait de l’électricité et que, malgré mes arguments, sa commune avait besoin d'entrées d’argent… Preuves que le lobbying de la SEHRY et les anciennes représentations économiques avaient toujours la côte… Nous nous quittâmes sur ces mots, chacun campant sur ses positions ! Tant que M.Guirand et son équipe seraient aux affaires la commune défendrait le projet. Désormais, vu que nous n’avions pas réussi à infléchir la position de la mairie par la raison, il ne nous restait plus que la voie de la contrainte...

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Au printemps 2015, nous décidâmes donc d’informer le public du projet via notre page Facebook Pêche Haut-Verdon (https://www.facebook.com/Verdonpeche/) et le moins que l’on puisse dire c’est que ce fut une réussite. En une journée, le post fut vu par 35 000 personnes avec 1000 réactions ! Le journal La Provence nous contacta quelques jours plus tard. Nous nous retrouvâmes en Une de l’édition des Alpes dans la foulée, déclenchant ainsi la colère du maire de Villars-Colmars et de la majorité de son équipe municipale.

Avant cela nous pensions que du fait que l’hydroélectricité n’est pas émettrice de CO2 celle-ci avait une bonne image auprès du grand public. Il n’en était rien. Une fois toutes les répercutions exposées, nous fûmes vraiment surpris de voir que les gens rejetaient n’importe quel projet qui portait atteinte à la Nature. A tel point que des courriers furent envoyés à la mairie de Villars-Colmars qui n’arriva plus à présenter la micro-centrale comme un progrès. Du coup, histoire d’enfoncer le clou, nous avons mis en ligne une pétition qui fut signée par 2000 personnes et envoyée à la DDT 04, comme nous avons également envoyé un courrier à tous les habitants de Villars-Colmars afin de leur exposer notre point de vue et de leur demander de faire pression sur leur conseil municipal pour qu’il abandonne le projet. Régulièrement nous faisions des publications sur notre page Facebook afin d’informer les pêcheurs et le public. Elles attiraient encore l’attention du journal La Provence qui faisait office de caisse de résonance. Sans compter les banderoles « Stop Micro-centrale » que l’AAPPMA, la FD04 et l’association la Vallée Heureuse de Chasse avaient disposé à Villars-Colmars et sur la route de Chasse chez des amis de la cause. C’était une mise sous pression tous azimuts. Le Maire et son équipe tinrent bon, par principe, mais ils étaient de plus en plus isolés. Ce qui n’a pas dû échapper à la Préfecture des Alpes de Haute Provence.

Nous avons donc fait le maximum tant au niveau réglementaire qu’au niveau de la communication. Cependant deux précautions valant mieux qu’une, nous avons également suivi l’aspect foncier du projet : 

En effet, que ce soit pour la ligne électrique comme pour la conduite forcée, des parcelles privées devaient être traversées. Un seul propriétaire face à une entreprise et une commune pouvait flancher. Mais pas plusieurs dizaines face à ces même adversaires. Ce travail de fédération des propriétaires fut principalement porté par l’association La Vallée Heureuse de Chasse, et notamment son président, Gilbert Daumas qui s’est jeté corps et âme dans la bataille ; l’AAPPMA et la FD04 soutenant techniquement cet effort par leur connaissance de l’administration française, par un soutient matériel de l’AAPPMA quand c’était nécessaire et tout simplement par leur présence lors des réunions de l’association. Vu le travail effectué en amont par Gilbert Daumas, lors de ces assemblées, il était plus question de savoir où en était la lutte au niveau réglementaire qu’autre chose. Mais c’était nécessaire car les membres de La Vallée Heureuse de Chasse voulaient surtout savoir si oui ou non, ils allaient se retrouver en première ligne pour affronter la SEHRY et la commune en cas d’échec de l’AAPPMA et de la FD04 dans le cadre du dossier de pré-cadrage environnemental. Heureusement nous n’en sommes jamais arrivés à ce stade, la DDT ayant tranché fin 2018.

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Chasse Verdon
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Pour finir je dirais que nous, pêcheurs, avons réussi à faire échouer ce projet car nous nous sommes avant tout comportés comme des militants engagés et non comme des consommateurs de loisir. La loi prévoit pour nous nombre de missions et de responsabilités mais, par facilité, par légèreté et par manque de motivation, nombre d’entre nous, y compris des élus d’AAPPMA et de FD, les refusent de fait. Mais nous n’avons pas réussi que grâce à cela, nous avons également réussi car nous sommes sortis du ghetto des pêcheurs pour coupler nos efforts avec des non-pêcheurs. En fait, nous avons fait l’inverse de la majorité des disciples de Saint-Pierre, parce que « pêcheurs » nous avons voulu occuper tout l’espace prévu par la loi, et parce que « pêcheurs » nous nous sommes dressés comme les premiers défenseurs de la Nature. Puisse être là la leçon du sauvetage du torrent de Chasse...

Ce qui me fait dire que le principal enseignement du sauvetage de la Chasse est - peut-être - l’idée que les pêcheurs se font d’eux même... il vient aussi de ce qui suit : 

A l’hiver 2020/2021, j’ai reçu l’appel de Madame Magali Surle, Maire de Colmars-les-Alpes, un village voisin de Villars-Colmars (donc une autre des communes constitutives de La Truite du Haut-Verdon). Par cet appel, Mme le Maire voulait m’informer que la commune avait été contactée par une entreprise de micro-hydroélectricité afin de construire une micro-centrale sur le torrent du Clignon, qu’elle souhaitait connaître notre avis et que la commune se rangerait à cet avis. Nous discutâmes plus d’une demi-heure de la question de manière très constructive ; elle me demanda de lui envoyer par écrit un avis à présenter à son conseil municipal. Certes, Mme Surle a été témoin pendant 4 ans de la lutte que les pêcheurs ont menée à Chasse, mais pas que… L’AAPPMA et la FD04 via les Ateliers Pêche Nature, via l’organisation d’une compétition de pêche à la mouche en 2019 (Promotion Nationale), via une communication la plus étendue possible (réseaux sociaux, presse écrite, panneautage des abords des cours d’eau) sont aussi des acteurs de la vie sociale et économique du territoire. Mme Surle a donc compris toute la potentielle étendue de notre champs d’action. A mon sens, il serait donc souhaitable qu’il en soit de même pour les pêcheurs partout en France... Certes, il est évident que c’est encore mieux quand on a affaire à des édiles aussi éclairés que Mme Surle."

Benjamin Isouard

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Chasse Verdon
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