Test : Draga Angostura 9' #3/4

Draga

Après plusieurs modèles typés nymphe au fil (tous présentés dans nos colonnes ici), les frères espagnols Leralta nous gratifie en 2021 d'un modèle spécifique "pêche fine en sèche" avec une 9' #3/4. En voici les détails : 

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Draga
Texte

Test statique

Comme d'habitude chez Draga, nous retrouvons une parure sobre avec un blank noir non verni, des ligatures de même couleur supportant des anneaux monopattes. Pour cette 9', les frères Leralta proposent un montage à la carte réalisé par leurs propres soins dans leur ville d'El Barco de Avilla avec possible de choisir le type de poignée (liège ou carbone). Le porte-moulinet up-locking gris ardoise possède insert carbone.

Cette canne 4 brins est vendue avec un scion supplémentaire dans une housse et tube cordura. 

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Draga
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Draga
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Draga
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Draga
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Draga
Texte

MESURES

Le protocole Common Cents System a permis de caractériser la puissance, l'action et la réactivité de cette canne :

PUISSANCE

En ce qui concerne la puissance, 35 cents ont été nécessaires pour plier la canne sur un tiers de sa longueur. Après conversion, cela donne un ERN à 4.16 et une puissance réelle #3/4. La puissance annoncée est donc conforme.

ACTION

Au niveau de l'action, l'angle à 60° classe ce modèle dans la catégorie slow (AA inférieur à 63°).

RÉACTIVITÉ 

La CCF de cette canne à 84 cpm est proche de celle des autres références du marché de même longueur/puissance.

CONFORT ET MONTAGE

Les chiffres du confort de pêche de cette canne sont excellents. Peu de cannes de ce type sont présentes dans notre banque de données, difficile donc d'établir des comparaisons. Retenons qu'un moulinet vide d'environ 100 gr peut l'équilibrer !

Au niveau du montage, notons la présence d'un accroche mouche et d'une poignée assez longue (180 mm).

Matériel

Draga Angostura 9' #3/4

Marque
Draga
Série
Angostura
Longueur
9'
Longueur réelle
270 cm
Soie
#3/4
Brins
4
Poids réel
84.00g
Anneaux
10
Premier anneau
52cm
Poignée
25x180 mm
Serrage
Uplocking
Talon de combat
Non
Accroche mouche
Oui
Points d'alignement
Non
PME
130.00g
PTE
214.00g
IP
35
ERN
4.16
AA
60°
CCF
84cpm
Prix à la date de sortie
215.00€
Texte

L'avis de David et Raul Gutierrez Leralta, concepteurs des cannes Draga :

"Il n'a pas été facile de développer et de commercialiser la Draga Angostura. Comme nous le savons tous, les goûts des pêcheurs en matière de canne à mouche ont évolué et bien que la canne idéale historique soit la 9' #5, elle est actuellement de moins en moins demandée. Notre objectif lors de la conception de nos 9' et 9'6 #3/4 était d'apporter quelque chose de différent sur le marché, laissez-moi vous expliquer :

Echappez à la mode des cannes rapides, à action de pointe, pour soie 4 ou 5... elles sont trop compliquées à utiliser avec des lignes très fines et avec aussi handicapantes avec les petits poissons. Ce que nous voulions et avons obtenu, c'est une canne relativement courte, très standardisée, conçue pour lancer avec une soie de 3 mais qui nous permettrait de bien encaisser une 4, et surtout, sans point dur de flexion, de façon à :

  • pouvoir pêcher avec des lignes inférieures à 0.10 sans casser,
  • assurer les captures des poissons même petits.

Bref, une canne moderne avec une longueur classique, qui répond à toutes les exigences de la compétition et de la pêche actuelle... Aussi très réactive, ce qui la rend précise au lancer et nous permet d'allonger et de pêcher avec de longs bas de ligne ; une canne qui ne faillit pas avec les gros poissons, car conçue dans des rivières comme le rio Tormes à Salamanque."

Image
Draga
Texte

L'avis de la rédaction

L'entreprise ibérique Draga continue son bonhomme de chemin avec cohérence, en proposant de nouveaux modèles spécifiques dont le point commun est l'excellent rapport qualité/prix.

Aujourd'hui, c'est une canne sèche assez originale (quasiment unique dans cette gamme de prix !) puisqu'il s'agit d'une 9' de puissance 3/4, donc destinée aux truites de calibre moyen et aux pêches plutôt fines. La longueur est très polyvalente et permet d'aborder tous types de milieux abritant des truites. D'action lente, elle se destine aux pratiquants recherchant du moelleux dans leur lancer mouche, ceux qui apprécient de sentir travailler le blank et/ou ceux qui sont sans concession sur la tenue de poisson (évidemment, aucun point dur à redouter lors des combats, on ne peut pas faire plus progressif en matière d'action). Niveau comportement, cette Angostura s'inscrit dans la lignée des Sage LL ou Thomas & Thomas Paradigm. L'adéquation entre le cahier des charges évoqué par les concepteurs dans leur commentaire et nos mesures est tout simplement parfaite.

Non contents d'inclure un scion supplémentaire, les frères Leralta proposent désormais un montage personnalité, ce qui mérite d'être souligné !

Texte

LIENS UTILES

Le protocole de test des cannes à mouche

Bien choisir sa canne sèche / nymphe à vue

Les cannes Draga en ligne :

Draga

 

Les autres tests Draga :

Draga

Vidéo montage de mouche : la Pheasant Tail à tête cuivre

Pheasant Tail

Après l'émergente CDC (voir ici), Cyril Bailly vous présente un autre grand classique : la Pheasant Tail à tête cuivre.

Vidéo
Texte

Le conseil de Cyril : "J'utilise cette nymphe d'ensemble depuis plus de trente ans, sans connaître ses origines avec exactitude. Je dirais que c'est un mix de trois nymphes. La célèbre Pheasant Tail de Swayer pour la base des matériaux utilisés, la nymphe de Mottram pour la silhouette et la nymphe D de Charles Ritz pour le thorax en cuivre. Malgré toutes ces années, cette nymphe reste une valeur sûre. Je l'utilise de la taille 12 à 24."

Comparatif cannes mouche nymphe au fil de plus de 11'

canne nymphe fil

Dans l'offre actuelle pléthorique de cannes nymphe au fil, certaines références dépassent la longueur standard de 11' pour atteindre voire dépasser la barre des 340 cm. Truites & Cie a sélectionné 6 modèles parmi les plus longs du marché mis au point pour la pratique de la nymphe au fil :

  • Draga El Relojero 11'6 #2/3,
  • Hardy Ultralite LL 11'2 #2,
  • Marryat Tactical Pro 11'6 #3,
  • Maxia MX4 11'2 #2,
  • Thomas & Thomas Contact II 11'2 #3,
  • Vision XO Graphene 11'4 #3.
Texte

LA CANNE MOUCHE DE PLUS DE 11', CONTEXTE D'UTILISATION

La mise en oeuvre de la pêche en nymphe au fil est soumise aux mêmes contraintes mécaniques que la pêche au toc. A ce titre, la longueur de la canne influence considérablement la gestion des angles durant la dérive (angle entre la canne et la bannière qui sort du scion, angle entre la ligne qui entre dans l'eau et la surface de l'onde). Pour en savoir plus sur ce sujet, vous pouvez consulter l'article dédié ici.

La principale limite à la réalisation de dérives efficaces en nymphe au fil réside dans la faible longueur de la canne à mouche (comparativement à une canne toc de 3m90 par exemple) : cela entraîne une réduction de l'angle bannière/surface, une augmentation de la longueur de bannière immergée et donc de l'effet voile. Au contraire, une longueur de canne plus importante permet de "soutenir" d'avantage le montage et de pêcher plus creux. C'est tout l'intérêt des cannes les plus longues, surtout lorsqu'il s'agit d'aborder des grandes rivières où les dérives s'effectuent parfois à une dizaine de mètres.

TESTS STATIQUES ET MESURES

Draga El Relojero 11'6 #2/3 CUSTOM

Comme d'habitude, nous retrouvons chez cette Draga un blank noir non verni. Pour cette 11'6, les frères Leralta proposent un montage à la carte réalisé par leurs propres soins dans leur ville d'El Barco de Avilla. Il est possible de choisir le type et la couleur des anneaux, des ligatures, le type de poignée (liège ou carbone), de porte moulinet (insert/orientation de serrage) et l'ajout ou non d'un talon de combat. Possibilité également de personnaliser la canne avec inscription du nom, d'un drapeau ou d'un sigle.

Pour notre test, nous avons choisi une poignée carbone et un porte-moulinet down-locking gris ardoise avec insert carbone pour favoriser l'équilibre. Cette canne 4 brins est vendue avec un scion supplémentaire dans un tube cordura compartimenté.

Matériel

Draga Custom El Relojero

Marque
Draga
Série
El Relojero
Longueur
11'6
Longueur réelle
350 cm
Soie
#2/3
Brins
4
Poids réel
103.00g
Anneaux
12
Premier anneau
27cm
Serrage
Downlocking
Talon de combat
Oui
Accroche mouche
Oui
Points d'alignement
Non
PME
195.00g
PTE
298.00g
IP
27
ERN
2.97
AA
65°
CCF
73cpm
Confort
7.0/10
Prix à la date de sortie
275.00€
Texte

Hardy ultralite LL 11'2 #2

Avec son blank au revêtement spiralé bronze/olive cette nouvelle série Ultralite LL possède un look original. Les composants sont haut de gamme : anneau de départ ceracoil suivi de monopattes recoil, liège de qualité 4A. 2 anneaux du scion sont serpentiformes de façon à limiter les enroulements du nylon autour du scion lorsqu'on pêche en nymphe "à l'espagnole" (avec du monofilament uniquement). Le porte-moulinet à insert carbone est de type down-locking pour favoriser l'équilibre, il surmonte un fin talon de combat en liège. Cette canne 4 brins est livrée dans une housse et un tube en carbone.

Matériel

Hardy Ultralite LL 11'2 #2

Marque
Hardy
Série
Ultralite LL
Longueur
11'2
Longueur réelle
340cm
Soie
#2
Brins
4
Poids annoncé
103.00g
Poids réel
102.00g
Anneaux
13
Premier anneau
35cm
Poignée
25x170mm
Serrage
Downlocking
Talon de combat
Oui
Accroche mouche
Oui
Points d'alignement
Oui
PME
195.00g
PTE
297.00g
IP
30
ERN
3.42
AA
70°
CCF
71cpm
Confort
6.7/10
Prix à la date de sortie
839.00€
Texte

Marryat Tactical Pro 11'6 #3

Après une première série Tactical aux tons verts, les Tactical Pro renouent avec le classicisme du noir mat, pour le blank et le porte moulinet alu 5040 anodisé. Les ligatures sont noires et celles des emmanchements possèdent un fin liseré rouge qui apporte une légère touche de couleur. L'alignement des anneaux est facilité par deux petits points blancs sur le blank. Le porte-moulinet est à vissage vers le bas (down-locking) pour les longueurs de la série supérieures à 9'6, dont cette 11'6. Les anneaux monopattes sont en REC Titane/nickel et le premier Fuji SIC est situé sur le premier brin. La canne est livrée dans une housse rouge et une tube carré cordura noir.

Matériel

Marryat Tactical Pro 11'6 #3

Marque
Marryat
Série
Tactical Pro
Longueur
11'6
Longueur réelle
351 cm
Soie
#3
Brins
4
Poids annoncé
109.00g
Poids réel
110.00g
Anneaux
13
Premier anneau
31cm
Poignée
27 x 180 mm
Serrage
Downlocking
Talon de combat
Non
Accroche mouche
Oui
Points d'alignement
Oui
PME
215.00g
PTE
335.00g
IP
35
ERN
4.16
AA
70°
CCF
73cpm
Confort
6.2/10
Prix à la date de sortie
470.00€
Texte

Maxia MX4 11'2 #2

La série MX de Maxia présente un look assez singulier en arborant notamment les fameux liserés jaunes, symboles de la marque, au niveau des emmanchements et des inscriptions du premier brin. Les autres ligatures sont noires et les anneaux Recoil. Le porte-moulinet est en métal gris foncé avec insert carbone, ce qui donne une touche d'originalité au produit. Cette canne en 4 brins est livrée dans un tube de protection noir sur lequel figure un filet anti-rayure en plastique bleu.  

NB : pour notre test, nous avons mesuré un blank monté par nos soins. Nous ne mentionnerons donc pas les valeurs de confort de pêche (poids/PME/PTE) car elles sont étroitement dépendantes du montage. Les valeurs de puissance/action/réactivité sont données à titre indicatif et peuvent légèrement différer par rapport à la canne de série.

Matériel

Maxia MX4 11'2 #2

Marque
Maxia
Série
MX4
Longueur
11'2
Longueur réelle
340cm
Soie
#2
Brins
4
Anneaux
13
Talon de combat
Non
Accroche mouche
Oui
Points d'alignement
Non
IP
30
ERN
3.42
AA
70°
CCF
72cpm
Prix à la date de sortie
550.00€
Texte

Thomas & Thomas Contact II 11'2 #3

Côté look, cette nouvelle série Contact II est proche de la série Contact originale : elle reprend notamment le motif spiralé gris ardoise du blank et les ligatures bruns olives. Le numéro de la canne est toujours présent au niveau des emmanchements de façon à faciliter l'alignement des brins. Les composants haut de gamme de la série Contact sont également retrouvés, notamment la poignée en liège de qualité maximale (extra flor), l'anneau de départ en titane/silicium suivi de recoil monopattes et le talon de combat en liège, apportant confort et équilibre. Le porte-moulinet en aluminium anodisé garde son insert en loupe de frêne mais devient down-locking. Cette canne 4 brins est livrée dans une housse made in USA et un tube aluminium.

Matériel

Thomas & Thomas Contact II 11'2 #3

Marque
Thomas & Thomas
Série
Contact II
Longueur
11'2
Longueur réelle
340cm
Soie
#3
Brins
4
Poids annoncé
91.00g
Poids réel
93.00g
Anneaux
13
Premier anneau
36cm
Poignée
25x165mm
Serrage
Downlocking
Talon de combat
Oui
Accroche mouche
Oui
Points d'alignement
Non
PME
190.00g
PTE
282.00g
IP
28
ERN
3.12
AA
66°
CCF
71cpm
Confort
7.1/10
Prix à la date de sortie
849.00€
Texte

Vision XO Graphene 11'4 #3

La principale innovation de cette série réside dans l'adjonction du graphène à la résine du blank (matériaux composite apportant de la légèreté et de la résistance). Côté look et montage, les XO Graphene reprennent plusieurs éléments de leurs petites soeurs XO, notamment le motif spiralé du blank gris mat, les ligatures de tonalité identique, les légères touches de brun au niveau du premier brin, et les composants haut de gamme, comme les anneaux monopattes Recoil nickel titanium à mémoire de forme et la poignée liège de première qualité. Sur la poignée liège forme cigare figure un cerclage marquant les 20 premiers centimètres depuis la base du talon (la graduation se poursuit à 40 et 50 cm pour les modèles #3 et à 40, 50 et 60cm pour les autres). Le porte-moulinet reste en aluminium mais devient beaucoup plus épuré. Le signe du graphène est présent au niveau du talon et des repères d'alignement des brins.

Spécificités des cannes en #3 spécifiquement destinées à la nymphe au fil :

  • porte-moulinet de configuration down-locking.
  • nombre d'anneaux important relativement à leur longueur (16 pour cette 11'4).
  • absence du stripping guide classique remplacé par un monopatte recoil pour minimiser le poids.
  • avant-dernier anneau de type serpentiforme, de façon à limiter les enroulements du nylon autour du scion lorsqu'on pêche en nymphe "à l'espagnole" (avec du monofilament uniquement).

Ces cannes 4 brins sont livrées dans un tube métallique et une housse.

Matériel

Vision XO GRAPHENE 11'4 #3

Marque
Vision
Série
XO GRAPHENE
Longueur
11'4
Longueur réelle
346cm
Soie
#3
Brins
4
Poids annoncé
88.00g
Poids réel
88.00g
Anneaux
16
Premier anneau
33cm
Poignée
23x170mm
Serrage
Downlocking
Talon de combat
Oui
Accroche mouche
Non
Points d'alignement
Oui
PME
188.00g
PTE
276.00g
IP
29
ERN
3.27
AA
67°
CCF
70cpm
Confort
7.5/10
Prix à la date de sortie
895.00€
Texte

DISCUSSION DES MESURES

PUISSANCE

En ce qui concerne la puissance, les cannes de ce test peuvent être classées en 3 catégories :

  • puissance #2/3 : c'est le cas de la Draga (puissance réelle parfaitement conforme à celle annoncée) et de la Thomas & Thomas (ERN à 3.12), sur-estimée niveau puissance. Nous pourrions aussi ajouter la Vision XO Graphene dont l'ERN à 3.27 est très proche de cette plage de puissance.
  • puissance #3 : c'est le cas de la Hardy Ultralite LL et de la Maxia MX4, toutes deux sous-estimées niveau puissance (ERN à 3.42).
  • puissance #3/4 : c'est le cas de la Marryat Tactical Pro dont la puissance est également sous-estimée.

ACTION 

Au niveau des actions caractérisées par l'Action Angle (AA), deux catégories sont représentées :

  • les actions fast (AA supérieur à 66°) : c'est le cas de la Hardy, de la Marryat, de la Maxia MX4 (AA à 70°) et de la Vision XO graphene (AA à 67°), cette dernière étant située à la limite de la catégorie moderate fast.
  • les cannes d'action moderate fast (AA compris entre 63 et 66°) : cas de la Draga et de la Thomas & Thomas, qui sont les références les plus progressives du test.

RÉACTIVITÉ

Caractérisée par la fréquence d'oscillation (CCF) exprimée en cpm, la réactivité dépend étroitement de la puissance de la canne et également, pour une puissance donnée, de la place de l'ERN dans la plage de puissance considérée (plus l'ERN est en haut de la fourchette et plus la CCF devrait logiquement être importante). Dans notre test, pas de différence notable de réactivité entre les différentes cannes : la CCF la plus importante (73 cpm) étant obtenue par la Marryat (canne la plus puissante de ce test), l'intégralité des autres valeurs étant comprises entre 70 et 72.

MONTAGE

Au niveau du montage, plusieurs paramètres ont été considérés et notamment la distance du premier anneau à la poignée. En effet, lorsqu'on pêche en nymphe au fil canne haute, la soie est susceptible de former un ventre si ce premier anneau est trop éloigné de votre main gauche. Une distance à la poignée inférieure à 40cm est préconisée pour limiter ce phénomène. 

Une fois n'est pas coutume, toutes les cannes de ce test remplissent correctement ce critère. Les distances sont comprises entre 33 et 36 cm.

Côté finitions, seules la Hardy et la Marryat possèdent à la fois accroche-mouche et points d'alignement des brins. Les autres références ne possèdent que l'accroche-mouche (cas de la Draga, de la Thomas & Thomas et de la Maxia) ou uniquement les points d'alignement des brins (cas de la Vision XO Graphene).

Pour ce qui est des poignées, celle de la Marryat est la plus épaisse (27 mm), celle de la Vision la plus fine (23 mm). Les longueurs de poignées de la Draga, de la Maxia et de la Marryat (180 mm ou plus) sont les plus importantes de ce comparatif. Si l'on utilise un moulinet semi-automatique, impossible de maintenir l'annulaire de la main qui tient la canne sur la gâchette avec ces 3 références.

Les poignées de la Hardy, de la Vision (170 mm) et de la Thomas & Thomas (165 mm) sont les plus courtes et les mieux adaptées à l'utilisation d'un moulinet semi-automatique.

CONFORT 

Niveau confort de pêche, retenons que les différents modèles de ce comparatif sont assez proches, l'ensemble des notes étant comprises entre 6.2 et 7.5/10. Evidemment, c'est la XO Graphene qui remporte la palme du confort de pêche avec son poids inférieur à 90 gr et son excellent équilibre (un moulinet vide d'environ 160/170 gr l'équilibrera parfaitement). Mention spéciale à la Draga qui obtient un 7/10 pour un prix inférieur à 300 euros. Elle s'équilibre avec un moulinet vide d'environ 170/180 gr (comme la Hardy et la Thomas & Thomas). La Marryat nécessitera logiquement (vu sa puissance) un moulinet vide d'environ 190/200 gr pour atteindre l'équilibre.

Image
nymphe fil
Légende
Pour aborder les grandes rivières au fil, une longueur supérieure à 11' est une aide précieuse !
Texte

L'AVIS DE LA RÉDACTION

Comme à notre habitude, nous ne discuterons pas le look des différents modèles, ce critère étant totalement subjectif. Les photos parlent d'elles-mêmes et chacun se fera un avis selon sa propre sensibilité. De même, nous ne débattrons pas les détails de finition, tant les pratiquants accordent des importances très variables à chacun d'eux.

Discutons plutôt des usages, principalement dictés par les puissances réelles des différents modèles :

  • Pour les pêches ultra-fines en grande rivière, la Draga El Relojero 11'6, la Thomas & Thomas 11'2 et la XO Graphene 11'4 sont les plus adaptées (elles partagent une puissance réelle #2/3). Avec leurs actions voisines et très progressives, elles autorisent les pêches ultra-fines (en 0.10 voire moins), des ombres communs notamment. Les 2 dernières citées sont les plus chères de ce test et il est difficile de les différencier au niveau des chiffres : elles partagent des actions/puissances/réactivités/conforts quasi identiques ! Seul le look permettra de trancher. De son côté, la Draga est assurément la canne au meilleur rapport qualité/prix de ce comparatif : très bon confort de pêche, montage à la carte et livrée avec un scion supplémentaire ! 
  • Pour les pêches relativement fortes, nous nous tournerons vers la Marryat Tactical Pro, canne la plus puissante et rapide (et donc autoritaire) de ce comparatif. Sa puissance #3/4 permettra de se frotter spécifiquement aux gros poissons qui peuplent les grandes rivières françaises. Son confort de pêche reste bon malgré tout.
  • Enfin, la Maxia MX4 et la Hardy Ultralite LL sont les modèles les plus polyvalents en raison de leur puissance réelle #3. Ce sont des cannes idéales pour qui souhaite utiliser une large gamme de poids de nymphe (de la bille de 2.8 mm au javi 1 gr) et s'attaquer à des poissons de calibres très différents. 

Bon choix !

Texte

LIENS UTILES

Le protocole de test des cannes à mouche

Comment choisir sa canne à nymphe

 

Bénéficiez de -10% sur la canne Marryat chez notre partenaire Fusion Fly Fishing :

fusion fly fishing

 

Les cannes Draga en ligne :

Draga

 

Les cannes Hardy en ligne :

easyfly

 

Les cannes Thomas & Thomas en ligne :

 

Le Moulin de Gémages

 

Les cannes Maxia en ligne :

 

Caleri flyfishing

 

Les cannes Vision accessibles en ligne chez nos partenaires :

 

Caleri flyfishing

 

easyfly

 

Mouche Shop

 

PLC Pêche

 

Le Luchonnais, Terre d'Oô (1/2)

pêche Luchon

Entre Atlantique et Méditerranée, le versant français de la chaîne pyrénéenne offre aux moucheurs montagnards et autres contemplatifs une multitude de lacs et étangs qui s’avèrent de merveilleux spots pour la pêche à la mouche. Trônant au centre de la chaîne et couronné par 18 sommets de plus 3000m, le fond du département de la Haute-Garonne se sublime au sein de la somptueuse vallée de Luchon.

L’accès aux différents vallons lacustres se fait en passant par la belle ville thermale avant que la vallée se divise en trois : celle d’Oô, du Lys et de la Pique.

Multiples sentiers nous mènent alors vers plusieurs plateaux où se dissimulent une quinzaine de lacs que les lignes suivantes vous invitent à parcourir. Des plus minuscules pièces d’eau perdues jusqu’aux plus grands, chacun d'eux vous pousse à dérouler vos soies tellement la destination est halieutiquement riche et variée. Ces divers écrins bleus situés au cœur du pyrénéisme, près de voies historiques comme celle du pic de l’Aneto, sauront faire vibrer les moucheurs les plus désabusés. Briser la plénitude de la pellicule de surface afin de produire un poser discret et tromper la vigilance d’une belle fario est ici décuplé par la beauté sauvage des paysages...

Texte

Une diversité lacustre impressionnante

Les lacs du Luchonnais se caractérisent par des profils très variés liés aux écarts d’altitude et d’exposition, ce qui offre aux moucheurs voulant s’y attaquer des terrains de jeu favorables d’un bout à l’autre de la saison : entre le lac d’Oô (1507m) et celui du Port d’Oô (2664m), les populations de salmonidés que nous croiserons seront variées et adaptées aux étages montagnards qu’elles occupent. La plupart de ces étendues lacustres sont alevinées tous les deux ans en farios, saumons et arcs, le choix des espèces se faisant en fonction du milieu où elles sont introduites (pour rappel, la majeure partie des lacs de montagne situés trop haut ou sans tributaire ne contiendrait aucun poisson sans la main de l’homme !). Les tributaires du lac d’Espingo et de Saoussat assurent quant à eux une reproduction satisfaisante et sont évidemment en gestion patrimoniale depuis de nombreuses années. Ici pas d’improvisation, chaque action sur le milieu est réfléchie et adaptée aux contraintes de celui-ci, on ne peut que saluer l’action de l’AAPPMA locale dirigée de main de maître par Jean Lérimé.

Les sentiers d’accès à ces différents lacs sont plus ou moins difficiles. Pour les plus lointains, un matériel bien adapté et une excellente condition physique sont très fortement recommandés afin de ne pas se mettre en danger. Ici le moucheur se fait rapidement montagnard dès qu’il s’éloigne un peu des sentiers fréquentés, là où la Nature retrouve un aspect sauvage et authentique.

Répartis à tous les étages montagnards, ces lacs et leurs tributaires permettent de pêcher en mouche sèche d’un bout à l’autre de la saison en sélectionnant judicieusement ceux-ci en fonction des conditions du moment. La prise en compte des paramètres d’altitude, exposition et configuration des berges doit orienter le moucheur.

Arpentant assidûment depuis de très nombreuses années les lacs et rivières du Luchonnais, les lignes qui suivent devraient vous apporter des informations afin que vous soyez sur les berges d'un lac au moment où celui-ci connait ses meilleures chances d’activité. La réussite dans le domaine de la prospection en lac de montagne dépend plus de la capacité à choisir le bon endroit au bon moment que du choix de la mouche.

Débutons notre périple de lac en lac en allant user nos chaussures de montagne sur les contreforts de la non moins connue vallée d’Oô :

La vallée d’Oô

Outre son fameux lac éponyme, cette magnifique vallée dominée par le pic de Perdiguère (3222m) possède 4 autres lacs de montagne s’échelonnant entre 1900 m et 2600 m, cette grande amplitude d’altitude impose une gestion halieutique adaptée à chaque milieu rencontré comme précisé plus haut.

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lac Oo
Texte

Le lac d’Oô (1507 m)

Le lac d’Oô, très facilement accessible au bout d’une petite heure de marche, est une étendue lacustre naturelle surélevée par la main de l’homme afin d’augmenter son volume d’eau pour produire de l’électricité. En fonction de son niveau les berges sont plus ou moins recouvertes d’éboulis à la stabilité douteuse et de pentes variables. Si la montée au lac peut se faire avec de bonnes baskets, je vous conseille d’opter pour des chaussures de montagne pour prospecter ces berges. Bénéficiant d’une ouverture anticipée au 1er mai, ce grand lac qui peut certains jours sembler vide de toute vie, est excellent même à la mouche pour qui sait l’appréhender. Riche d’une population de farios, arcs en ciel et ombles chevaliers il sait se montrer généreux à certains moments de la saison. De par son altitude et son volume, il peut vous réserver des surprises de taille : les gros poissons n’y sont pas rares.

Oubliez les premiers jours de la saison où des hordes de pêcheurs de toutes techniques se croisent sur ses berges et attendez patiemment deux à trois semaines que tout se calme. A l'ouverture, la pêche à la mouche est souvent compliquée, les farios et arcs ne mouchent pas beaucoup ou alors trop loin du bord pour nos lancers toujours trop courts. Néanmoins il est possible d’en faire monter dans les petites anses battues par le vent, en particulier le soir quand la luminosité décline et que le calme revient. Lorsque la fonte des bassins en amont est à son paroxysme et que la fameuse cascade crache des milliers de litres d’eau, l’arrivée d’eau alors puissante a tendance à attirer de nombreux salmonidés. Ils ne mouchent pas forcément, mais sont alors prenables avec des nymphes assez lourdes en peignant les veines qui rentrent puissamment dans le lac. C’est d’ailleurs le seul moment de la saison où vous pourrez ferrer quelques ombles chevaliers à la mouche ! L’autre moment clé de la saison au lac d’Oô à la mouche est la fin de saison quand les touristes sont partis, le calme retrouvé est ainsi propice à la traque de quelques magnifique arcs et farios en sèche. Durant cette période, l’ensemble du périmètre du lac est bon mais comme toujours c’est le vent qui oriente et détermine la position des poissons sur une berge ou l’autre.

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lac espingo
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Lacs d’Espingo et Saoussat (1882 et 1921 m)

Au-dessus du lac d’Oô à environ 1h30 de marche se trouvent les lacs d’Espingo et Saoussat où vit et prospère une belle population de truites autochtones qui assure sa reproduction dans les magnifiques tributaires qui les baignent. Chaque automne, de nombreux géniteurs les remontent afin d’assurer leur descendance ; plus tard une partie de cette progéniture ira, par dévalaison, rejoindre les profondeurs lacustres.

Les résultats de ces dévalaisons dépendent surtout des conditions que rencontrent les salmonidés en période de fraie, les années de sécheresse où les débits des torrents ne permettent pas une remontée optimale et les populations dans ces deux lacs s’en ressentent. Quant aux populations de truites sauvages qui peuplent les lacs, il semble possible d’optimiser leurs fraie en enlevant les obstacles qui perturbent leur migration. Les petits barrages faits par les enfants dans les tributaires en période estivale ou par les pêcheurs afin de traverser les ruisseaux, ont des conséquences néfastes les années où, pour cause de sécheresse, la lame d’eau est insuffisante pour assurer la migration des géniteurs. Des bénévoles de l’APPMA montent chaque fin de saison détruire ces ouvrages.

Perchés à une altitude autour de 1900 m, ces lacs sont cernés de pelouses alpines et de quelques éboulis, le fond est souvent sédimenteux. Ces deux lacs sont particulièrement agréables à pêcher à la mouche mais sont fort capricieux. Je ne saurai trop vous conseiller de monter ici début juin lorsque des cohortes de sialis arpentent les berges et que la fréquentation touristique est encore faible. La fin de saison peut, là aussi, être excellente. Que ce soit sur Espingo ou Saoussat, il est conseillé de privilégier les secteurs à blocs ou éboulis, en particulier à la pointe du jour quand le vent est nul et la position des salmonidés pas facilement décelable. Souvent de belles fario maraudent à quelques centimètres des rochers et sont prenables en sèche ou en nymphe.

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fario Espingo
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Magnifique fario autochtone d'Espingo !
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Si malgré vos efforts les lacs vous semblent vides, les torrents qui les alimentent regorgent de truites et la taille de ces poissons reste correcte malgré l’altitude. Une pêche avec un beau sedge en chevreuil ou un palmer en bénissant l’eau ou en duo sèche/nymphe permet de passer d’excellents moments en ferrant de nombreuses truites de toutes tailles.

Que l’on prospecte le ruisseau entre Saoussat et Espingo ou seulement de Saoussat, la qualité de pêche reste excellente, tout comme sur le ruisseau d’Arrouge où sur l’amont subsiste une petite population d’ombles de fontaine.

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lac saoussat
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Le lac du Portillon (2580m)

A 1h30 du lac de Saoussat en remontant le magnifique sentier pavé de gros blocs, on arrive au lac du Portillon. C'est un grand lac de barrage aux berges sont souvent très pentues et peu accessibles. Cette particularité aide d’ailleurs les poissons à échapper à nos mouches. Du fait de son altitude, la meilleure période de pêche se situe entre la fin juillet et la fermeture. Accueillant sur ses berges, un nouveau refuge qui permet à ceux qui le veulent de prendre le temps de l’explorer et de passer une belle nuit près des étoiles. Ce lac possède une population de saumons de fontaine, farios et peut être d’ombles chevaliers, à confirmer toutefois car je n’en ai jamais pris. La haute altitude contraint les salmonidés à se nourrir pendant la brève période de dégel, les rendant peu sélectifs, aussi les mouches sombres et les sedges font souvent l’affaire. La difficulté se trouve ailleurs ! En effet, lors de sa prospection, l’accès aux différents postes peut s’avérer ardu du fait de la présence de falaises obligeant à effectuer parfois de longs détours.

Vous pourrez pêcher les postes proches du barrage mais cela est très limité et peu agréable de par la fréquentation des randonneurs et de la proximité du refuge. Le meilleur secteur se trouve sur la plage au fond du lac sur la droite du refuge, mais l’accès à celle-ci est physique et demande un bon pied montagnard. Pour ceux qui veulent la rejoindre, le plus facile est de prendre le sentier au-dessus du refuge qui monte en direction de la Tusse de Montarqué, peu avant le sommet, deux couloirs permettent d’y descendre. Je ne saurais que vous recommander une grande prudence. Une fois au bord de l’eau le périmètre de prospection est relativement long et les poissons souvent présents.

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Lac Portillon
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omble de fontaine
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Le lac du Port d’Oô (2664m)

En prenant le sentier du Portillon en partant de Saoussat, juste avant la passerelle de la Coume de l’Abesque un cairn signale le départ d’un discret sentier qui conduit au pic des Spijeoles via le lac glacé du Port d’Oô. Ce sentier peu marqué où nous suivrons les cairns est très pentu et demande un peu d’attention et une excellente forme physique. Le lac du Port d’Oô est magnifique mais se mérite, il est aussi un excellent spot pour toucher de magnifiques saumons de fontaine. Encaissé entre la Tusse de Montarqué et les crêtes du Port d’Oô la progression sur ses berges n’est pas facile et oblige parfois à des crochets dans les pentes d’éboulis qui sauront affoler votre rythme cardiaque et tester votre équilibre. Si les gros sedges en chevreuil ont la côte auprès des salmonidés présents, la difficulté réside plutôt dans vos capacités à vous adapter aux déplacements incessants de ces poissons, en particulier les jours sans vent. D’accés lointain, il est possible de bivouaquer sur la petite presqu’île à droite du lac, près d’un ruisseau venant d’une laquette le surplombant.

Ces deux lacs de haute montagne ne doivent leur population qu’à la main de l’homme, les alevinages y sont indispensables. Leur exposition et leur grande altitude font opter pour des alevinages en ombles de fontaine, salmonidés plus adaptés à ces milieux pauvres. Le lac Glacé ou le lac du Portillon feraient de magnifiques lacs adaptés à l’introduction du cristivomer. Ce grand omble se reproduit bien en haute montagne et ne fait pas les dégâts que certains imaginent, ces écosystèmes d'altitude étant excessivement pauvres. De plus, sur l'ensemble de la chaîne, nous sommes en Haute-Garonne, l’unique département à ne pas avoir un lac à cristivomer. C’est un poisson qui exacerbe l’imagination des pêcheurs, et motive certains à se déplacer, ce qui n’est pas un argument inutile lorsque la vente des cartes de pêche s’étiole. Bien sûr ce n’est que mon avis !

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lac
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LA VALLEE DE VENASQUE OU DE LA PIQUE

Au départ de l’Hospice de France, 4 lacs et quelques laquets ne peuvent pas passer inaperçus aux moucheurs montagnards tant leurs profil est adapté à notre pratique. La prospection est ici moins physique que dans la haute vallée d’Oô mais il est aussi possible de bien s’amuser certains jours.

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lac de vénasque
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Les lacs des Boums (2240m)

Il sont 3 qui se déclinent en taille décroissante du plus haut au plus bas, accessibles par un excellent sentier au bout d’un peu plus de 2h de marche, ils n’attendent plus que vos artificielles. Un refuge en cour de réfection peut là aussi servir de couchage à ceux qui veulent approfondir leur découverte, le bivouac est aussi facilement possible.

Dans ces 3 pièces d’eau se sont acclimatées des populations de farios, ombles chevaliers et de quelques saumons de fontaine. C’est particulièrement les farios que nous convoiterons ici avec nos mouches sèches et nymphes, les ombles étant peu enclins à quitter leurs abîmes. Bien qu’il n’y ait pas de vérité, l’exposition de ces lacs oriente plutôt leur pêche à partir de juillet jusqu’à la fermeture qui est ici généralement excellente.

La proportion de poissons de petite taille peut sembler importante dès les premiers posés surtout si on se limite à la plage du grand lac et à son petit bras ; cette impression est très trompeuse car de belles fario de plus de 25 cm (et parfois beaucoup plus) sont bien présentes pour ceux qui se donnent la peine d’aller les chercher. Le grand lac et sa plage recueillent les nombreux randonneurs qui trouvent là un excellent terrain de pique-nique, cette grande fréquentation et la faible profondeur pouvant expliquer cette surpopulation de petits sujets. L’endroit cependant est à éviter sauf peut-être en tout début de saison où à la fermeture quand les hordes de visiteurs sont partis.

Dans le grand lac explorez en particulier les côtés versant Montagnette et versant Venasque en privilégiant une prospection des bordures ; en effet les berges étant pentues, les truites ont tendance à longer les premiers mètres. Pour ceux qui ont les mollets bien affûtés, un accès au fond du lac entre les barres rocheuses est souvent fréquenté par de beaux poissons qui loin de tout, se sentent en sécurité. D’un bout à l’autre de la saison nous utiliserons plutôt des petites mouches sombres, les modèles en parachute font merveille ici, où les salmonidés sont relativement sollicités.

Le lac du refuge se vide lors des étés secs jusqu’à se partager en deux, la population y est moindre que dans les deux autres mais c’est pourtant dans ici que vous ferez votre pêche certains jours. Quand le lac est plein, le haut fond du milieu est parfois bien productif avec un sedge dragué dans la vague. L’arrivée d’eau réunit aussi dans son axe quelques poissons en particulier au-dessus du gros bloc qui diversifie la monotonie du fond sédimentaire. Comme partout c’est le vent qui déterminera la position des salmonidés.

Le petit lac est quant à lui très versatile mais tout aussi intéressant quand une activité de surface s’y produit. Bien que relativement profond, les truites ont tendance à moucher assez loin du bord bien que ce ne soit pas une vérité absolue. En effet j’y ai pris la saison dernière une magnifique fario de 46 cm attablée sur des sialis à quelques mètres de mes pieds, d’où l’intérêt ne pas l’oublier.

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lac vénasque
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Le lac de la Montagnette (2332m)

A quarante minutes du refuge des boums, ce magnifique lac d’où émerge un îlot bien caractéristique, est un spot incontournable à mes yeux tant par sa richesse en belles farios et par le plaisir de pêche qu’il procure. Le sentier qui nous y amène nous invite à franchir le col éponyme où le coup d’œil sur le versant Boums ou Montagnette ne laisse jamais indiffèrent. Moins fréquenté que les boums grâce à ses 1200m de dénivelé, il est pourtant extrêmement capricieux. Vous pourrez battre ses berges sans rien voir certains jours et d’autres y pendre truites sur truites, c’est - vous me direz - le propre des lacs de montagne ! C’est aussi un lac à éviter lors des coups de vent de sud tant il est exposé. Question mouche, les classiques en lac de montagne feront l’affaire, ici pas de secteurs plus propices que d’autres. Quelques farios de belle taille vous attendent mais ne sont pas toujours coopératrices !

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lac
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lac frêche
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Les étangs de la Frêche (2080m)

De l’hospice de France un sentier balisé nous conduit au bout de 2 petites heures de marche aux 3 minuscules laquets de la Frêche. Truites et saumons vous attendent, je vous invite à relâcher avec précaution les quelques poissons qui naviguent ici, l’endroit ne supportant que très peu la pression de pêche.

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LES LACS DE LA VALLEE DU LYS

Cette série de lacs hautement perchés aux confins de la belle vallée du Lys, ne produit pas de gros poissons étant donné l’austérité des lieux, excepté le lac Vert. Les lacs les plus haut sont minéraux, mal exposés, le dégel y est tardif, il est rare de pouvoir les pêcher avant début juillet. La randonnée pour les rejoindre débute et se termine au parking du Lys, les itinéraires sont généralement bien balisés et autorisent une boucle de lac en lac bien sympathique pour les moucheurs itinérants. Ce mode de déplacement présente aussi l’avantage de ne pas passer à côté du lac où se produit le plus d’activité.

Le lac vert (2001m)

Comme son nom l’indique, les berges couvertes de pelouses alpines font un gros contraste avec ses voisins du dessus, c’est le lac le plus riche et le plus bas de la série, la taille des truites et des ombles s’en ressent aussi et offre une proportion de beaux spécimens. Les poissons de plus de 30cm sont courants mais pas des plus faciles à tromper. Peu profond sur une grande partie, il est certainement l'un des lacs du luchonnais les plus propices à la mouche. L’eau cristalline et la faible profondeur permettent aussi une belle pêche en nymphe à vue. Bien que pas très haut, c’est un lac qui ne s’anime que lorsque ses eaux se sont bien réchauffées soit vers le début juillet. Comme souvent en montagne fourmis noires et sialis réveillent les salmonidés, ici allongez vos pointes et faites-vous discrets car les plus beaux poissons sont contre les bordures à l’affût des insectes tombant des berges herbeuses !

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lac vert
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lac Port Vielh
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Les lacs Charles, Célinda et Bleu, Port Vieilh (entre 2291 et 2424 m)

Je regroupe volontairement ces lacs car d’altitude et d’orientation similaires. Leur prospection et le comportement des poissons qui y vivent sont les mêmes.

Le lac de Celinda et de Charles possèdent une population d’ombles de fontaine qui semble se reproduire sur des résurgences. S’ils ne sont pas forcément alevinés en ombles de fontaine tous les 2 ans, on y observe pourtant toujours des petits spécimens. La taille des salmonidés rencontrés ici est comprise, pour les poissons maillés, entre 20 et 23 cm pour les ombles de fontaine, 20 et 26cm pour les truites. Malgré le semblant de reproduction naturelle, les alevinages y restent indispensables pour pérenniser les populations. Truites et saumons de fontaine restent relativement faciles à prendre, les sedges à draguer sombres y réussissent bien.

Le lac Bleu demeure à mes yeux le moins intéressant, son niveau marne beaucoup et les salmonidés semblent un peu moins nombreux.

Le lac de Port Vieilh est quant à lui très bon mais aussi très loin, les saumons de fontaine y sont les salmonidés les plus nombreux.

Notre voyage dans le Luchonnais se termine, que vous alliez y pêcher ou seulement marcher, les randonnées dans ces montagnes vous laisseront des étoiles dans les yeux !

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lac Charles
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Lever du soleil sur le lac Charles en période de basses eaux...

Duel mouche : moulinet Bauer RVR EN vs Sage Stealth ESN

moulinet nymphe au fil

Si le moulinet semi-automatique reste le plus utilisé par les pêcheurs en nymphe au fil en France, il atteint ses limites dans la recherche des gros poissons où une récupération manuelle couplée à une bobine large arbor sont d'une aide précieuse. Si n'importe quel type de moulinet manuel peut faire l'affaire dans cette approche, les fabricants proposent désormais des modèles à l'architecture plus spécifique, notamment pour faciliter le remplissage par du monofilament. Focus sur 2 modèles conçus aux Etats-Unis par les entreprises Bauer et Sage :

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Tests statiques et mesures

Bauer RVR EN

Ce moulinet Bauer Made in USA est usiné dans la masse et emploie de l'aluminium aérospatial, comme ses homologues haut de gamme américains. Il bénéficie d'une double anodisation de couleur noire. Le modèle EN présente des liserés argentés. Les roulements à bille sont en acier inoxydable et la manivelle en bois précieux. Le système de frein est breveté, étanche et en fibre de carbone. Ce moulinet bénéficie d'une garantie à vie.

Sage Stealth ESN

Ce moulinet Sage fabriqué en Corée bénéficie également d'une construction en aluminium aéronautique et d'un frein étanche en carbone (made in USA). Deux particularités : les crans de la molette de frein sont numérotés de façon à sélectionner facilement votre puissance favorite et il est livré avec 3 masses (pesant respectivement 14 g, 28 g et 43 g) pour atteindre l'équilibre quel que soit le PME de votre canne (voir notre protocole de test ici). Il est livré dans une housse de protection néoprène et bénéficie de la garantie à vie Sage.  

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moulinet nymphe au fil
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moulinet nymphe au fil
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moulinet nymphe au fil
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moulinet nymphe au fil
Matériel

Bauer RVR EN

Marque
Bauer
Modèle
RVR
Taille
EN
Matière
Aluminium
Couleurs disponibles
noir
Pays de fabrication
Etats-unis
Diamètre du moyeux
59mm
Profondeur de la bobine
14mm
Largeur de la bobine
20mm
Diamètre de la bobine
87mm
Contenance annoncée
soie 0.55 + 100 m
Poids annoncé
138g
Poids réel
140g
Poids rempli
150g
Fluidité
Progressivité
4 crans
Prix
749.00€
Matériel

Sage Stealth ESN

Marque
Sage
Modèle
ESN
Taille
ESN
Matière
Aluminium
Couleurs disponibles
noir
Pays de fabrication
Corée
Diamètre du moyeux
67mm
Profondeur de la bobine
12mm
Largeur de la bobine
18mm
Diamètre de la bobine
91mm
Contenance annoncée
soie 0.55 + 70 m
Poids annoncé
140g
Poids réel
138g
Poids rempli
160g
Fluidité
Progressivité
9 crans
Prix
449.00€
Vidéo
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pêche nymphe fil
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Pour la recherche spécifique des grosses truites en nymphe au fil, rien ne vaut un moulinet manuel !
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L'avis de la rédaction

Ces deux moulinets de conception américaine possèdent deux caractéristiques essentielles pour une utilisation en nymphe au fil :

  • une masse d'environ 140 gr : selon que l'on y enroule du nylon uniquement ou une soie ultra-fine, leur masse une fois garni sera comprise entre 140 et 160 gr, ce qui correspond au poids du moulinet à l'équilibre (le fameux PME de nos tests) de nombreux modèles de cannes nymphe du marché. Avec ses masselottes supplémentaires, le Sage ESN pourra équilibrer parfaitement les cannes nymphe les plus longues (plus de 11').
  • une bobine étroite en V de façon à ce que le monofilament s'enroule de façon optimale, sans avoir à le guider avec les doigts. A noter qu'avec sa contenance légèrement supérieure, le Bauer peut recevoir une soie naturelle fine, pour ceux qui pêchent en sèche en eaux rapides par exemple.

Comme à notre habitude, nous ne commenterons pas le look de ces deux modèles car ce critère est trop subjectif. Mentionnons quand même l'originalité et les finitions haut de gamme du Bauer, par rapport au Sage dont l'aspect est plus classique et se rapproche de celui d'autres références du marché telles que le Vision XLV par exemple. La progressivité du frein du Sage est par contre remarquablement importante (nous avons mesuré 9 crans de réglage sur la plage 0.5 - 1 lb contre 5 pour le Vision XLV).

La différence de prix quant à elle s'explique par le lieu de fabrication (USA pour le Bauer et Corée pour le Sage).

Bon choix !

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LIENS UTILES

Le protocole de test des moulinets

Le site du Moulin de Gémages, importateur Bauer :

Le Moulin de Gémages

 

Le moulinet Sage en ligne : 

Ardent Pêche

Mouche en lac de montagne : pêchez à vue !

pêche lac de montagne

Les lacs d'altitude offrent un panel impressionnant de possibilités techniques pour le pêcheur de salmonidés. Par exemple, le moucheur qui pratique à vue, souvent frustré par l'absence de gobages ou l'efficacité fluctuante de la nymphe à vue en plaine, peut s'adonner à sa passion près des cimes, où le contexte lui est particulièrement favorable. Explications :

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L'importance du choix du parcours

La principale contrainte lors du choix du parcours pour le pêcheur à vue est de rencontrer des eaux suffisamment transparentes pour y déceler les poissons à attaquer ! De ce point de vue, la pratique en lac de montagne simplifie grandement les choses. Les eaux faiblement minéralisées et peu chargées en matière organique se laissent explorer même par des yeux peu aguerris, et ce jusqu'à plusieurs mètres sous la surface.

Toutefois, tous les lacs ne se valent pas pour cette approche et certaines caractéristiques permettent de les discriminer, en particulier la topographie des berges. Voici le descriptif de l'archétype du bon lac d'altitude de pêche à vue :

  • les poissons qui l'habitent fréquentent la frange littorale et les couches supérieures : en cas de piétinement intensif des berges couplé à une faible déclivité, il arrive que les poissons conservent une distance de sécurité, les rendant invisibles aux yeux des pêcheurs. De même, certaines espèces comme l'omble chevalier ou le cristivomer rechignent à quitter les zones profondes. Ce ne sont pas vraiment des cibles idéales pour le pêcheur à vue, contrairement au saumon de fontaine et aux truites (fario et arc-en-ciel), fréquemment actifs dans les couches supérieures.
  • présence de zones peu profondes : s'il est tout à fait possible d'observer des poissons naviguer sous la surface avec plusieurs mètres d'eau sous les nageoires, il est quand même sacrément avantageux d'explorer en priorité les parties les moins profondes du lac où ils naviguent plus à découvert (anse maigre, abord d'herbiers, haut-fond...etc).
  • des berges assez pentues et/ou parsemées de gros blocs rocheux : tout ce qui permet de prendre un peu de hauteur augmente considérablement votre champ de vision. A l'extrême opposé, les plans d'eau nichés au beau milieu d'un plateau herbeux plat limitent sacrément la perspective.
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pêche lac de montagne
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Archétype d'un bon lac de pêche à vue : berges découpées, pentues et zones peu profondes...
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Le bon moment

Par essence même, la pêche à vue en lac d'altitude vise des poissons le plus souvent actifs, proches de la surface et/ou en déplacement dans des postes de faible profondeur. Ces individus recherchent des insectes terrestres ou aquatiques, présents lorsque les eaux se sont suffisamment réchauffées, plusieurs semaines après le dégel. Mieux vaut donc éviter les eaux glaciales de la débâcle, lorsque les poissons sont apathiques et s'alimentent plutôt en profondeur. La meilleure période pour pêcher à vue en lac d'altitude s'étend donc du milieu à la fin de saison.

Une fois ce créneau défini, il faut aussi bien choisir sa journée de pêche. Là encore, la logique impose de privilégier les temps ensoleillés ou tout le moins, assez clairs pour vous assurer une bonne visibilité. Si quelques passages nuageux ne sont pas problématiques (quoiqu'ils génèrent des reflets handicapants), les météos franchement perturbées, tout comme les baisses brutales de baromètre qui peuvent caler les poissons, sont à éviter si l'on souhaite repérer les salmonidés avant de les tenter.

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pêche lac de montagne
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Le choix du matériel et des mouches

Lorsqu'on pêche à vue en lac d'altitude, 80% des poissons sont ferrés à moins de 10 m du bord. Ajouter à cela une relative aisance pour les combattre dans ces milieux vastes et l'on comprend que tout excès de puissance du matériel est superflu (et même néfaste pour des truites très tatillonnes qui nécessitent un affinage des pointes). Une canne de puissance #4, #5 voire #5/6 suffit largement.

Au niveau du mariage canne/soie, il peut être judicieux de choisir un numéro de soie très légèrement supérieur à la puissance réelle de votre canne, de façon à ce que cette dernière se charge avec peu de longueur de soie sortie. Un profil décentré type WF favorise également cette mécanique. Cela présente le double avantage de diminuer le nombre de faux lancers toujours préjudiciables pour la discrétion et d'augmenter votre réactivité lorsque vous apercevez un poisson qui croise. En matière de longueur, une 10' favorise les lancers lorsque la pente de la berge derrière vous oblige à les orienter verticalement (vous laisserez moins de mouches dans les rhododrendrons environnants) sans pénaliser le confort de pêche.

Le choix des mouches est essentiellement dicté par le degré de sélectivité des poissons, lui même dépendant de l'altitude du lac (l'opportunisme des poissons étant proportionnel à cette altitude) et du comportement des salmonidés à l'instant t. A ce propos, il convient de distinguer :

  • les poissons en maraude qui accepteront souvent des mouches génériques incitatives (telles que les terrestres, sedges chevreuil, sialis ou parachutes noirs),
  • ceux qui "tournent" et gobent des insectes agglutinés en surface, sur la berge battue par les vents par exemple. Ils se révèlent beaucoup plus sélectifs, notamment lors de retombées de fourmis ailées. Dans ce cas, les refus peuvent se multiplier... Il faut alors trouver une imitation se rapprochant le plus possible des insectes présents, à la fois au niveau de la taille et de la teinte générale (une analyse du contenu stomacal de ces poissons permet de faire évoluer ses imitations et d'améliorer ses résultats !).

Si les poissons croisent assez profondément et rechignent à monter sur vos sèches, quelques nymphes faiblement lestées peuvent vous sauver la mise. Ici, la présentation prévaut sur le modèle. Des teintes sombres et ternes type pheasant tail ou dubbing olive qui s'immergent lentement et naturellement (pensez à allonger vos pointes !) feront parfaitement l'affaire.

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pêche lac de montagne
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L'action de pêche

Comme évoqué dans l'article de Lionel Ainard relatif à la stratégie de pêche du moucheur en lac d'altitude, la pêche à vue se pratique essentiellement en milieu de journée, lorsque le soleil illumine la surface de l'eau. Toutefois, les tout premiers instants de la journée, avant le lever du soleil, peuvent se révéler favorables :

Bien que la stratégie de pêche souvent gagnante à ce moment de la journée consiste à prospecter "en aveugle" le moindre interstice des berges (en sèche ou en noyée), il peut arriver que la pêche à vue soit plus rentable. C'est notamment le cas dans les plans d'eau où la densité de salmo est trop faible pour espérer réussir en "pêchant l'eau". Mieux vaut alors débuter d'emblée par une pêche à vue en scrutant les eaux encore sombres jusqu'à l'arrivée des premiers rayons lumineux. En illuminant les montages alentours, ces derniers peuvent générer de nombreux reflets et compliquer la vision des poissons. A vous de rechercher la berge la plus épargnée par ces reflets et de fouiner attentivement à ce niveau.

A cette heure de la journée (vers 8/9h), les poissons ne se nourrissent pas ou peu, il leur arrive fréquemment de croiser assez nonchalamment et révèlent assez difficiles à leurrer, d'autant que les paramètres des conditions de pêche sont également défavorables (surface lisse ne pardonnant par les posés brusques).

Les conditions s'améliorent avec l'arrivée de l'astre solaire puis du vent thermique vers 11h qui certes, ride un peu la surface et complique légèrement la vision des poissons, mais facilite grandement la présentation de vos artificielles.

Lorsque toute la montagne environnante est éclairée, les reflets disparaissent. Il est alors possible d'observer les poissons, même profondément si l'on peut se percher sur une berge sur-élevée. La pêche peut ensuite rester favorable toute l'après-midi. S'il fait très chaud, il arrive que le nombre de poissons en mouvement diminue. 

En soirée, l'astre solaire descendant génère à nouveau de nombreux reflets et les conditions se dégradent franchement pour la pêche à vue... c'est le moment de scruter la surface lisse à la recherche de poissons gobeurs ou de redescendre si vous êtes parti pour une ballade à la journée.

Quel que soit le moment de la journée, la démarche consiste à repérer le plus précocement possible l'individu à attaquer, à anticiper sa trajectoire et à ajuster le lancer pour soigner le premier poser. La précision du premier impact est primordiale pour décupler ses chances de le faire mordre. Dans la plupart des cas, la mouche est présentée en statique dans l'axe supposé du poisson. Quelques exceptions existent et notamment :

  • les cas de frénésie alimentaire où les poissons perdent leur méfiance. Draguer légèrement son artificielle permet au salmonidé de mieux la repérer dans la masse d'insectes à disposition,
  • les cas où les poissons sont très agressifs comme en début de saison ou à haute altitude (les saumons de fontaine vivant à plus de 2400 m sont d'excellents clients pour la pêche "à vue à draguer").
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pêche lac de montagne
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L'efficacité sur les grosses truites

Nous en avions parlé dans notre article consacré aux grosses truites, la pêche à vue est l'une des approches les plus efficaces pour cibler les vieux poissons : ces derniers étant par essence rares, une prospection intensive consistant à peigner méthodiquement les postes est peu rentable. Par contre, tenter de déceler le gros individu avant de l'attaquer en passant en revue les différentes zones potentiellement occupées est plus adapté.

Evidemment, si vous visez les grands poissons de cette manière, il est évident que le mental prend une place très importante dans la réussite :

Si vous maîtrisez plusieurs approches de la pêche à la mouche, il peut être tentant, après plusieurs dizaines de minutes infructueuses à observer les berges, de céder à la tentation de "pêcher l'eau" au streamer ou en noyée par exemple. C'est précisément ce qu'il faut éviter pour réussir car très souvent, une fois que vous aurez empoigné votre autre canne, le moment sera choisi par la magnifique truite que vous convoitiez depuis l'aube pour pointer le bout de son museau... S'en suivra probablement une tentative hasardeuse car hors timing... Ainsi, si vous recherchez la toute grosse, mieux vaut se tenir à la stratégie de départ. Les occasions sont rares mais le jeu en vaut la chandelle. Séduire une grosse truite d'altitude à vue avec une minuscule imitation est une expérience rare et marquante. Mais attention, cette pêche n'est pas qu'une affaire d'esthétisme : en effet, la pêche aux leurres par exemple, étiquetée plus efficace pour les grosses truites dans l'imaginaire collectif, n'est véritablement porteuse que dans les semaines qui suivent le dégel, lorsque les poissons sont suffisamment naïfs et agressifs. Dès que l'eau s'est réchauffée, le stimulus alimentaire prend le dessus et la mouche artificielle est alors une sacré arme pour réussir !

Bonne pêche en lac d'altitude !

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pêche lac de montagne
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La mouche à vue est l'une des techniques les plus efficaces pour séduire les grosses truites d'altitude !
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