De la poêle au réservoir, que penser de la truite arc-en-ciel ?

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Peu de poissons, dans l’Hexagone, divisent autant les pêcheurs que la truite Arc-en-Ciel Oncorhynchus mykiss (Walbaum 1792), abrégée « TAC » dans la suite du texte. Du plus vil symbole de la pêche « pour la viande » à l’outil essentiel au développement de notre loisir sur certains territoires, sa forte présence dans les politiques halieutiques est un vif débat qui perdure dans le paysage halieutique.

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On est d’ailleurs vite tentés d’associer les différentes visions de ce Salmonidé à des considérations plus globales de la pêche de loisir, avec – très grossièrement – une gestion à l’ancienne basée sur des déversements massifs de poissons « prêts à pêcher » d’un côté, et de l’autre une gestion moderne où ce genre lâchers n’a plus lieu, au profit d’empoissonnements avec d’autres espèces ayant moins vocation à visiter un congélateur.

Mais force est de constater que ces débats se basent principalement sur des visions très subjectives de l’halieutisme, et que les enjeux écologiques – supposés ou observés – associés à la TAC rentrent rarement en compte dans ces discussions. Au mieux, on évoque la prédation des truitelles de l’année par ces truites de lâcher, sans réels chiffres à l’appui. L’idée ici sera de voir les impacts documentés de l’espèce dans différents cas d’études, et de discuter des possibilités d’extrapolation de ces impacts chez nous.

Du côté des instances de veille écologique et de conservation, la TAC est assez mal vue, et même considérée comme l’une des espèces les plus envahissantes qui soient actuellement. Elle est d’ailleurs citée dans la liste des 100 « pires espèces invasives au niveau mondial » (traduction littérale, les auteurs reconnaissant eux même la difficulté à déterminer pourquoi une espèce serait pire qu’une autre) (Lowe et al., 2000). Cependant, le taux relativement faible d’acclimatation observée chez l’espèce, malgré l’importance des opérations de repeuplements, conduisent certains chercheurs à discuter son aspect « invasif ». On ne peut cependant nier la capacité d’adaptation assez importante de la TAC, vraisemblablement issue des nombreux croisements de populations réalisés en pisciculture.

Petit disclaimer : cet article n’est pas un pamphlet contre la TAC, ni un manifeste prônant sa suppression de notre paysage halieutique pour des raisons écologiques. Déjà car – selon nous – ce poisson peut être un outil intéressant pour le développement du loisir pêche, mais aussi car de nombreuses espèces moins polémiques, comme la carpe ou le black-bass (qui sont eux aussi sur la liste des 100 « pires espèces exotiques »), ont parfois un impact écologique qui mérite largement une discussion de ce type. Notre volonté est ici de donner des pistes de réflexion sur l’impact de la TAC, pour permettre de construire une considération moins subjective de ce poisson.

Historique

Faisons déjà un petit historique des introductions de l’espèce. Actuellement, la TAC est considérée comme native du bassin Pacifique, de l’Alaska à la Californie pour l’Amérique du Nord, et de la péninsule du Kamchatka côté Russie. Je dis « actuellement » car le regroupement de ces deux populations russe et nord-américaine sous la même espèce est sujet à débat chez les taxonomistes. Certains auteurs considèrent en effet que les TAC du Kamtchatka – ainsi que d’autres Salmonidés de la côte Pacifique eurasienne  – n’appartiennent pas au genre Oncorhynchus (genre des Salmonidés du Pacifique), mais à un genre distinct : Parasalmo (Kottelat & Freyhof, 2007) (NDLR : pour plus d'informations sur la notion de genre taxonomique, voir la vidéo Nervurax ici).

Sachez par ailleurs qu’il existe également chez la TAC des sous-populations délimitées par la morphologie et la génétique, à l’instar des dénommées « souches » de truite commune (Salmo trutta), qui font couler tant d’encre chez les truiteux. Et là encore, leur nombre varie selon les auteurs. Ces sous-populations de TAC ont d’ailleurs largement été croisées en pisciculture, ce qui peut également expliquer la grande capacité d’adaptation des poissons élevés et introduits (Stanković et al., 2015).

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Fig 1. Aire de répartition native de l’espèce « Oncorhynchus mykiss » (en vert)
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Mais on n’est pas là pour parler taxonomie, alors on va tout simplement suivre le consensus actuel et appeler toutes les TAC – d’où qu’elles viennent – par le même nom : Oncorhynchus mykiss.

L’élevage de l’espèce a démarré au pays de l’Oncle Sam à la fin du XIXème siècle. Fort des premiers constats relatifs aux effets de la surpêche, et face à une demande croissante des pêcheurs de loisir, l’U.S. Fish Commission impulsa un fort développement de l’aquaculture, particulièrement sur les Salmonidés (Crawford  et al., 2008 ; Stanković et al., 2015). Il fut ainsi créé, dans cette optique, un vaste réseau de piscicultures et d’écloseries reliées par le rail, qui permettait alors d’envoyer rapidement des truites et saumons, sous forme d’œufs et d’adultes, à travers tout le pays. Ces opérations avaient pour vocation soit de créer de nouvelles populations hors de leur aire de répartition, soit de soutenir des populations déjà existantes (Crawford  et al., 2008).

La TAC, supportant bien les conditions d’élevage telles que le nourrissage aux granulés ou la promiscuité et tolérant des températures au-delà de 25°C, occupa rapidement une place importante dans ces échanges. L’origine des premiers spécimens utilisés en pisciculture diffère selon les auteurs : premièrement supposées provenir de la rivière McCloud en Californie (MacCrimmon, 1971), des travaux plus récents évoquent des spécimens originaires de la baie de San Francisco, toujours en Californie. Les premières introductions hors de son aire de répartition native aux USA eurent lieu au milieu des années 1870.

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Rivière Mc Cloud
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Fig 2. Rivière Mc Cloud, longtemps connue comme l’origine de toutes les TAC d’élevage…
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Très vite, des introductions sont tentées outre Atlantique : en 1877, le Japon et la Nouvelle-Zélande voient arriver les premiers œufs de TAC (MacCrimmon, 1971 ; Crawford  et al., 2008), provenant respectivement de la « California Fish Commission » et de la Société d’Acclimatation d’Auckland. Le moyen de transport des TAC, et la forme sous laquelle elles furent acheminées (œufs, alevins, adultes) n’est pas réellement connu, bien qu’il soit parfois évoqué des voiliers longs courriers où les œufs étaient « emballés » dans des morceaux de mousse enroulés et conservés dans des blocs de glace (Crawford  et al., 2008).

Sans surprise, l’Europe fit rapidement l’objet d’introductions de TAC. Selon les sources, la France et l’Allemagne se disputent le titre de « premier pays d’accueil » de l’espèce sur le continent. Les premiers œufs arrivés en Europe auraient été livrés à l’Aquarium du Trocadéro (Paris) en 1879, mais sans réelles indications sur leur devenir. L’Allemagne, quant à elle, a reçu les premiers œufs des États-Unis en 1882, oeufs qui furent très rapidement distribués dans plusieurs piscicultures, qui servirent de point de départ pour d’autres introductions en Europe, voir dans les colonies (MacCrimmon, 1971 ; Keith & Allardi, 1997 ; Crawford  et al., 2008 ; Baglinière et al., 2020). En 1884, la Société d’Acclimatation de Paris fit  (re)venir des œufs, lançant l’élevage de l’espèce dans l’Hexagone, qui aboutirent également à des introductions dans les colonies françaises au Maroc et à Madagascar (FAO, 2021).

Le développement de l’espèce en tant que « poisson de sport » – ainsi que les empoissonnements associés – connut un réel essor à partir des années 1950 (Welcomme, 1988). Actuellement, la TAC est signalée dans une centaine de pays, avec des populations acclimatées dans environ la moitié d’entre eux, faisant d’elle le Salmonidé le plus « transloqué » (ie introduit hors de son aire de répartition native) dans le monde, et l’une des espèces de poissons les plus élevées du globe (Stanković et al., 2015). Aujourd’hui encore, on estime qu’environ 680 tonnes de TAC sont lâchées dans les rivières de l’Hexagone chaque année, ce qui en fait la première espèce d’empoissonnement en termes de biomasse (Cucherousset et al., 2021). Nos voisins ne sont pas en reste, avec une production annuelle qui se compte souvent en dizaines de milliers de tonnes, dont une part non-négligeable est dédiée aux déversements. La TAC en devint l’une des espèces exotiques les plus représentées en Europe, voire une des plus représentées tout court, comme en Suisse, par exemple (Wittenberg & Kenis, 2005). Certaines localités comme le lac de Constance (Allemagne, Autriche, Suisse) ont même vu l’apparition de formes migratrices de TAC, les fameuses « steelheads », nom courant donné à la forme écologique migratrice de la TAC naturellement présente en Amérique du Nord (Stanković et al., 2015).

Grandes catégories d’impacts

Évidemment, des questionnements apparurent sur son impact dans les milieux où elle fut introduite, à l’instar d’autres Salmonidés très largement exportés comme l’omble de fontaine (Salvelinus fontinalis) ou la truite commune. Ainsi, dès 1971, Hugh R. MacCrimmon publie une revue des introductions de l’espèce dans le monde et évoque l’absence de recul à propos de l’impact de la TAC sur les autres espèces autochtones qu’elle est amenée à fréquenter.

Faire une revue exhaustive de tous les impacts documentés dans les différentes régions du monde ne serait pas spécialement intéressant (et serait une vraie corvée à lire comme à écrire). Cependant, il est possible de dégager quelques grandes lignes des nombreux travaux réalisés jusqu’à présent.

On peut déjà distinguer deux cas de figure : la présence ou l’absence de Salmonidés autochtones dans les eaux où la TAC est introduite, Ainsi, dans l’Hémisphère Nord, où les Salmonidés sont présents dans quasiment toutes les régions, l’accent est souvent mis sur les interactions que les truites introduites peuvent avoir sur les autochtones, les Salmonidés ayant globalement des niches écologiques similaires :

  • Compétition, pour les proies bien sûr, mais aussi l’habitat et les frayères
  • Prédation directe (en cas de décalage dans les périodes de reproduction notamment)
  • Hybridation et introgression génétique (disparition progressive d’une population par hybridation successives avec un autre population plus répandue et gagnant du terrain).

Dans l’Hémisphère Sud, où les Salmonidés sont très peu présents naturellement, les regards sont portés sur l’impact vis-à-vis des autres taxons, comme les autres poissons, mais aussi des invertébrés aquatiques, voir des amphibiens. Il s’agit le plus souvent de prédation directe des Salmonidés introduits sur ces taxons, bien que l’on reporte également le transport de pathogènes par le biais des poissons lâchés.

Évidemment, les deux cas ne sont pas exclusifs et plusieurs exemples documentés font état d’un impact de la TAC sur les Salmonidés natifs et sur d’autres taxons de manière simultanée. Un exemple particulièrement illustratif fut décrit par Colden V. Baxter et ses collègues en 2004, au Japon : l’introduction de la TAC dans le Nord du pays, région où l’on trouve l’omble Dolly Varden (Salvelinus malma). L’arrivée de la TAC, rapidement en compétition avec l’omble natif pour la nourriture (insectes terrestres tombant dans l’eau), provoqua un changement notable de comportement chez ce dernier. Ainsi, les populations de S. malma se rabattirent sur les insectes aquatiques, provoquant non seulement une augmentation importante de la biomasse algale dans ces rivières – la nourriture principale desdits insectes aquatiques–, mais aussi des réductions importantes d’effectifs chez les espèces d’araignées de la ripisylve, espèces spécialisées dans la capture des insectes aquatiques en émergence bien moins présents qu’auparavant car boulotés par les ombles natifs privés de leur nourriture habituelle (Baxter et al., 2004).

Interactions avec les autres Salmonidés

Passons rapidement sur les risques d’introgression génétique, qui ne nous concernent pas réellement en France, car aucune espèce capable de s’hybrider avec la TAC sans intervention de l’homme n’y est présente (l’hybridation entre la S. trutta et O. mykiss est possible in vitro, donnant des hybrides triploïdes stériles) (Blanc & Maunas, 2005 ; Bozkurt & Yavas, 2014). Ce phénomène pose cependant plus de problème outre-Atlantique, où la TAC s’hybride « naturellement » (ie sans intervention directe de l’homme) avec plusieurs autres truites du genre Oncorhynchus, comme la truite Gila (O. gilae), la truite Apache (O. apache), la truite dorée (O. aguabonita) ou encore la truite fardée (O. clarkii), pour lesquelles ces phénomènes d’introgression ont menés à la disparition de certaines populations (Bartley, 1991 ; Dowling & Childs, 1992).

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 Fig 3. Spécimen de « Cutbow Trout », hybride entre la truite fardée (Cuthroat trout) et arc en ciel (Rainbow) @ Eric Bacon
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Attardons-nous sur les interactions avec les autres Salmonidés, et plus particulièrement avec la truite commune, qui reste la principale source d’interrogations chez nous. Plusieurs cas de compétition entre les deux espèces ont été documentés, principalement en Europe où la truite commune est native, mais aussi sur des localités où les deux espèces sont exotiques. On peut également noter que la truite commune ne semble pas menacer la TAC sur son aire de répartition d’origine, où elle a été introduite (je n’ai en tout cas trouvé aucune étude publiée sur le sujet).

Lorsque les deux espèces ont été introduites dans les mêmes eaux, aucune tendance claire ne semble apparaître sur une domination d’une espèce par une autre : dans un cas, la TAC prendra le dessus, comme dans certaines eaux de Nouvelle-Zélande (Scott & Irvine, 2000), dans d’autres la truite commune sera gagnante, comme au Nord du Japon (Hasegawa, 2016).

Cependant, plusieurs situations de dégradations nettes des populations européennes de truites communes après introduction de la TAC sont rapportées, avec parfois des proportions dramatiques. Au Liechtenstein par exemple, le ratio S. trutta/O. mykiss est passé de 10 pour 1 à 1 pour 10 en moins d’un siècle ; dans la rivière Gail (Sud de l’Autriche), une telle inversion d’effectifs s’est également observée (3 pour 7 à 2 pour 8 en 10 ans). En Suisse, en Allemagne, en Hongrie et en Slovénie, la TAC est impliquée dans le déclin de populations de truites communes autochtones. Le principal phénomène évoqué est la compétition pour les zones de frai : bien que les TAC fraient de manière plus tardive (début du printemps), leur activité de nidification perturbe le bon déroulement de la maturation des œufs de truite commune. En posant leurs œufs, les TAC « déterrent » ceux des communes précédemment pondus, compromettant leur survie. Plusieurs cas de compétition sévère ont également été observés avec l’Ombre commun (Thymallus thymallus) en Autriche, encore une fois autour des zones de reproduction, qui coïncident en matière de substrat et de période avec celles de la TAC bien plus nettement qu’avec celles de la truite commune (Stanković et al., 2015).

La TAC, tueuse en puissance de salmonidés autochtones ?

C’est là qu’il convient de nuancer le propos vis-à-vis du contexte français. Un élément assez important doit être pris en compte : le maintien des populations après arrêt des empoissonnements, par reproduction naturelle. Car c’est bien cet aspect, la compétition – en particulier pour les frayères – qui apparaît être le principal problème, la prédation d’œufs et de juvéniles de Salmonidés autochtones étant peu documentée en Europe. Et c’est d’ailleurs dans les pays qui ont vu apparaître des populations fonctionnelles de TAC que les impacts ont été les plus notables, alors que cela semble beaucoup plus limité dans les localités où celle-ci ne s’installe pas. Et c’est notamment le cas de la France métropolitaine, où mise à part la bien connue population des Bouillouses (Pyrénées Orientales) et deux populations dans la Vallée de l’Ourse (Hautes-Pyrénées) (Pascal et al., 2006 ; Delacoste & Baudier, comm. pers.), aucune autre localité n’a (selon nos sources) vu apparaître de reproduction réellement fonctionnelle. Des reproductions ponctuelles sont bien observées ça et là – notamment dans le Sud de la France, mais aussi plus récemment dans les Alpes du Nord (Stanković et al., 2015 ; Baglinière et al., 2020) –, mais ces dernières n’ont jamais constitué de populations pérennes.

De plus, bien que la reproduction naturelle de l’espèce soit mal connue chez nous du fait du très faible nombre de populations acclimatées, la ponte plus tardive des TAC exposeraient les alevins à une hydrologie incompatible avec leur émergence. Enfin, les températures sont souvent trop hautes l’été pour le maintien de l’espèce, particulièrement en ce qui concerne les poissons introduits sur des zones « à ombre » ou « à barbeau », correspondant généralement aux limites 1ère/2nde catégorie. Tout ceci semble pour le moment empêcher l’installation de l’espèce dans la majorité des endroits où sont effectuées des introductions et lâchers (Kottelat & Freyhof, 2007).

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Fig 4. Juvéniles de TAC capturés dans deux rivières héraultaises, la Lergue et le Jaur, où des reproductions naturelles ponctuelles sont signalées 
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Il apparaît donc que la TAC, au moins sur ces aspects, ait peu de chances de peser globalement sur la pérennité des populations de truite commune en France. Du moins pour le moment, car la ponte décalée et se déroulant à de plus hautes températures pourrait possiblement avantager l’espèce dans un contexte de changement climatique.

Mais qu’en est-il de la compétition pour les ressources et l’habitat ? Ici encore, difficile de trouver une tendance claire. Bien que la TAC soit souvent donnée comme moins agressive que la truite commune (Baran et al., 1995 ; Baglinière et al., 2020),  des travaux extérieurs à la France ont montré que cette dernière pouvait sembler moins compétitive dans certains contextes (Gatz et al., 1987 ; Scott & Irvine, 2000). Le cas français est particulièrement illustratif, car à notre connaissance, seulement deux études se sont intéressées aux interactions entre la TAC et la truite commune chez nous, ceux de Baran et al. (1995) et Blanchet et al. (2007). Et ces travaux, séparés d’une décennie, montrent des résultats différents malgré des contextes méthodologique (étude de la compétition via observation de l’utilisation de l’habitat) et géographique similaires (les deux études ayant été menées dans les Hautes-Pyrénées, voir Figure 5). Les travaux de 1995 trouvent une population de TAC « souffrant » de la présence de la truite commune (abondance plus faible qu’en cas de présence seule de TAC), alors que ceux de 2007 montrent au contraire un taux de recapture plus faible de truite commune en présence de TAC. Précisons tout de même que l’étude de 2007 se concentraient sur les juvéniles.

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Fig 5. Emplacements des études de Baran et al. (1995) & Blanchet et al. (2007) proches géographiquement mais à des niveaux d’altitude différents
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Plus globalement, plusieurs situations où la TAC ne semble pas interférer avec les Salmonidés autochtones sont rapportés, et il semble donc bien que les cas de compétition entre les deux espèces soient dépendants du contexte. Cette observation est confirmée par les gestionnaires sur certains départements (Delacoste & Baudier, comm. pers.). Par exemple, l’arrivée de la TAC sur le secteur des Bouillouses, peu après la construction du barrage au début du XXème siècle, n’a pas éliminé la truite commune présente sur le secteur. Cette grande variabilité dans les possibilité de compétition semble d’ailleurs être une tendance globale chez les Salmonidés si l’on observe les cas Outre Atlantique (Gatz et al., 1987).

Et pour les autres taxons ?

Un aspect déjà plus consensuel de l’impact de la TAC dans les milieux où elle est introduite concerne la prédation sur d’autres taxons, comme les petits poissons bien évidemment, mais aussi les insectes et les amphibiens. Dans de nombreuses régions du monde, la TAC est impliquée dans le déclin de populations de petits poissons autochtones notamment en Amérique du Sud et en Afrique. C’est d’ailleurs l’une des principales menaces qui pèsent sur la famille des Galaxiidés, notamment en Patagonie (Stanković et al., 2015). Avec parfois des adaptations surprenantes de la TAC, capable de sortir volontairement de sa plage de préférence thermique pour aller chercher des espèces auparavant protégées par les températures des eaux dans lesquelles elles vivent (Quiroga et al., 2017).

Cet aspect semble être beaucoup moins soumis à la nécessité d’une reproduction naturelle des TAC pour que les impacts soient réels, les poissons lâchés finissant bien par manger autre chose que des pellets. Chez nous, l’éventuelle surprédation sur certaines espèces comme les loches ou les chabots, qui pourrait être provoquée par les introductions de salmonidés, n’a pas été étudiée. Cependant, plusieurs travaux mettent en évidence un impact significatif sur les populations d’amphibiens en lacs et cours d’eau de haute montagne (Pascal et al., 2006).

Cependant, les effets de cette prédation, que cela soit dans l’hémisphère Sud ou en haute montagne, ne sont pas cantonnés à la TAC, mais sont bien provoqués par tous les Salmonidés introduits dans ces milieux, souvent initialement vierges de toutes espèces piscicoles prédatrices (voir d’espèces piscicoles tout court, pour nos lacs de montagne par exemple). La question, pour ces milieux, n’est donc pas « TAC ou pas TAC », mais bien « Salmonidés ou pas Salmonidés ».

D’autant plus que vraisemblablement, l’immense majorité des TAC lâchées en France n’auraient pas vraiment le « temps » de faire des dégâts, car très exposées à la pression de pêche et aux prédateurs, bien que des travaux récents aient montré la conservation des instincts de fuite chez des « souches » de piscicultures, face à des prédateurs comme le brochet (Kopack et al., 2015).

Reste un cas particulier dans le contexte français : celui de la Réunion, où quelques populations se sont acclimatées, ce qui reste exceptionnel en contexte tropical. Introduite dans les années 1940 sur l’île, qui est un hotspot de biodiversité remarquable, la TAC y est soupçonnée de prédation sur des espèces endémiques (ie qu’on ne trouve qu’à la Réunion). La Fédération Départementale étudie actuellement la question, avec toutefois un impact qui serait moindre que soupçonné (Baglignière, comm. pers.). Affaire à suivre, donc...

Pour terminer, il est important de mentionner que comme beaucoup d’animaux d’élevage, la TAC peut être vectrice de pathogènes touchant les autres Salmonidés (PKD, Furonculoses, « maladie du tournis », vers parasites…ect) (Stanković et al., 2015), mais aussi pour les amphibiens (saprolégnioses spécifiques des batraciens parfois présentes sur les œufs de truite) (Martín-Torrijos et al., 2016). Bien connues en piscicultures, les maladies en question le sont beaucoup moins en milieu naturel, les suivis étant très difficiles à mettre en place. Le transport de ces pathogènes – voire leur émergence – est un vaste sujet, qui mérite un article à part entière, tout comme les impacts écologiques directs de la pisciculture (dégradation de la qualité de l’eau, rejet de médicaments, etc). Cependant là encore, il ne s’agit pas d’un problème inhérent à la TAC, mais bien d’un sujet vétérinaire au sens général, extensible à tous les Salmonidés d’élevage.

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Fig 6. Galaxias maculatus, principale proie des TAC en Patagonie Argentine, impliquant une sérieuse compétition avec les prédateurs autochtones 
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Pour résumer :

  • La TAC est l'un des poissons les plus introduits dans le monde, avec de nombreux impacts écologiques rapportés.
  • Les impacts spécifiques à la TAC concernent principalement des interactions avec des Salmonidés autochtones, et sont fortement dépendants de l'existence d'une reproduction autonome de l'espèce.
  • La France métropolitaine semble, pour le moment, peu soumise à ces risques, mais la situation est à surveiller dans le contexte de changement climatique.
  • La majorité des impacts qui lui sont reprochés sont transposables à d’autres espèces de Salmonidés.

Que faut-il retenir de tout ça ? Hé bien…On retiendra surtout qu’on connait très mal la biologie de la TAC chez nous, à l’instar de la plupart des autres espèces de poissons introduites en France, qui représentent tout de même 25% de la biodiversité piscicole d’eau douce de l’Hexagone (UICN, 2019). Peu de travaux ont eu pour objet d’observer l’impact que pouvaient avoir les poissons exotiques, en particulier ceux d’intérêt halieutique. À l’heure où il faut plus que jamais montrer notre engagement pour la préservation des milieux aquatiques – aussi bien pour des raisons pragmatiques que politiques – nous devons en savoir plus sur l’impact de notre gestion et l’ajuster au mieux. Car il s’agit non seulement de ne pas nuire à nos peuplements autochtones – de poissons, évidemment, mais aussi d’amphibiens, de crustacés, d’insectes, qui font partie intégrante des « Milieux Aquatiques » cités dans les noms de nos structures ! – mais aussi d’éviter de devenir le bouc émissaire idéal de problématiques écologiques ne concernant, finalement, pas (ou peu) la pêche. Concéder que des poissons que nous apprécions puissent avoir un impact, sans pour autant les laisser devenir l’arbre qui cache la myriade de menaces qui pèsent sur nos cours et plans d’eau !

 

Remerciements

Un grand merci à tout ceux qui ont participé à la documentation et permis l’écriture de cet article :

  • Jean-Luc Baglignière (INRAE)
  • Simon Blanchet (CNRS)
  • Marc Delacoste (FDPPMA65)
  • Olivier Baudier (FDPPMA66)
  • David Arles (AAPPMA « La Gauloise », Lodève)
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Bibliographie

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UICN Comité français, MNHN, SFI & AFB (2019). La Liste rouge des espèces menacées en France – Chapitre Poissons d’eau douce de France métropolitaine. Paris, France.

Welcomme, R. L. (Ed.). (1988). International introductions of inland aquatic species (Vol. 294). Food & Agriculture Org.

Wittenberg, R., & Kenis, M. (2005). An inventory of alien species and their threat to biodiversity and economy in Switzerland. CABI Bioscience Switzerland Centre report to the Swiss Agency for Environment, Forests and Landscape, 417.

Vidéo montage de mouche : l'émergente Cul de Canard

émergente CDC

Première mouche présentée dans les vidéos de montage de Cyril Bailly, l'émergente CDC :

Vidéo
Texte

Le conseil de Cyril : " Petite émergente dans le style Pale Morning Dun du célèbre monteur René Harrop. A utiliser dans le film de la surface pendant l'émergence de petits éphémères et baétidés. Vous pouvez varier la taille, les coloris du corps et du thorax pour pêcher au plus juste. Je la réalise en olive, marron et jaune ocre en taille 14 à 22. "

Image
émergente CDC
Légende
une variante de l'émergente CDC de Cyril

Manifeste pour la protection des milieux aquatiques, mobilisons-nous !

protection rivière

Face à la tendance législative actuelle de relancer l'hydroélectricité sous couvert de transition énergétique, nous souhaitons faire entendre une voix contradictoire à travers un manifeste rédigé pour l'occasion. Nous lançons un appel solennel à tous les acteurs et bénéficiaires des milieux aquatiques (et à tous les amoureux de la Nature en général) et les exhortons à venir nous rejoindre dans cette initiative pour que la diffusion soit la plus massive possible !

Texte

Vous le savez, l'actualité est chaude sur le front de l'hydroélectricité et les coups de boutoir s'enchaînent sur nos écosystèmes :

  • Le 15 février dernier, suppression par le Conseil d'État l'article er du décret du 3 août 2019 relatif à la notion d'obstacle à la continuité écologique des cours d'eau, 
  • Le 22 mars, dépôt de l’amendement 171 (article 19bis C) au projet de la loi climat pour défendre l'hydroélectricité en général et les moulins à eau en particulier (premier votre le 4 mai dernier),
  • Le 31 mars adoption de la proposition de loi du sénateur LR des Vosges Daniel Gremillet "tendant à inscrire l’hydroélectricité au cœur de la transition énergétique et de la relance économique".

La liste est longue !

En tant qu'amoureux des milieux aquatiques et naturalistes dans l'âme, nous nous mobilisons face à cette déferlante et tentons d'initier un débat contradictoire pour l'instant inexistant, de façon non dogmatique, nuancée et technique. 

Pour ce faire, nous avons établi un plan qui s'inspire directement des méthodes utilisées par les lobbyistes de la petite hydroélectricité. Il consiste à alerter directement nos députés et sénateurs sur l'urgente nécessité d'étayer leur position politique par une documentation technique idoine.

La suite sur la page du Collectif Hydro Manifeste ici.

Duel mouche : JMC Pure Equipe vs Marryat Tactical Pro 10'6 #3

JMC MARRYAT

Dans ce duel mouche franco-français figurent 2 références 10'6 #3 promues au rang de classique tant elles ont fait leurs preuves depuis de longues années : la JMC Pure Equipe et la Marryat Tactical Pro. 

Texte

TEST STATIQUE ET MESURES

Avec son blank mat, ses ligatures noires et son porte moulinet carbone, cette canne fait résolument dans la sobriété. Comme toutes les cannes de la série Equipe, une ligature tricolore figure à la base du premier brin. Elle symbolise l'attachement de la marque et de cette série de cannes en particulier à la pratique compétitive de la pêche à la mouche. Au niveau des détails techniques marquants, on peut mentionner la présence d'une réglette de mesure des poissons sur la face interne du premier brin.

Matériel

JMC Pure Equipe 10'6 #3

Marque
JMC
Série
Pure Equipe
Longueur
10'6
Longueur réelle
319cm
Soie
#3
Brins
4
Poids réel
95.00g
Anneaux
13
Premier anneau
32cm
Poignée
26x176mm
Serrage
Uplocking
Talon de combat
Oui
Accroche mouche
Non
Points d'alignement
Oui
PME
190.00g
PTE
285.00g
IP
32
ERN
3.72
AA
70°
CCF
75cpm
Prix à la date de sortie
639.00€
Texte

Après une première série Tactical aux tons verts, les Tactical Pro renouent avec le classicisme du noir mat, pour le blank et le porte moulinet alu 5040 anodisé. Les ligatures sont aussi noires et celles des emmanchements possèdent un fin liseré rouge qui apporte une légère touche de couleur. Les anneaux monopattes sont en REC Titane/nickel et le premier Fuji SIC est situé sur le premier brin. L'alignement des anneaux est facilité par deux petits points blancs sur le blank. Le porte moulinet est à vissage vers le bas (down-locking). Cette canne 4 brins est livrée dans une housse rouge et une tube carré cordura noir.

Matériel

Marryat Tactical Pro 10'6 #3

Marque
Marryat
Série
Tactical Pro
Longueur
10'6
Longueur réelle
318cm
Soie
#3
Brins
4
Poids réel
102.00g
Anneaux
12
Premier anneau
25cm
Poignée
28x180mm
Serrage
Downlocking
Talon de combat
Non
Accroche mouche
Oui
Points d'alignement
Oui
PME
155.00g
PTE
257.00g
IP
33
ERN
3.86
AA
70°
CCF
77cpm
Prix à la date de sortie
459.00€
Texte

DISCUSSION DES MESURES

  • PUISSANCE

En ce qui concerne la puissance, les deux cannes comparées dans ce test sont très proches (leurs IP sont séparées par un unique cents, ce qui ne représente pas de différence significative) : l'ERN à 3.72 de la JMC Pure Equipe la classe dans la catégorie #3, très proche de la catégorie #3/4, puissance réelle de la Tactical Pro (ERN à 3.86).

  • ACTION 

Au niveau des actions caractérisées par l'Action Angle (AA), elles sont identiques ! Les deux AA sont de 70° et les actions de type fast (AA supérieur à 66°).

  • RÉACTIVITÉ

La réactivité est caractérisée par la fréquence d'oscillation (CCF) en cpm. Pas de surprise à ce niveau, la logique est respectée : les puissances réelles étant très proches, les fréquences le sont également. La CCF de la Marryat dépasse de 2 cpm celle de la JMC en raison d'un ERN très légèrement supérieur. Pas de différence de réactivité notable donc entre ces deux cannes.

  • MONTAGE

Au niveau du montage, plusieurs paramètres ont été considérés et notamment la distance du premier anneau à la poignée. En effet, lorsqu'on pêche en nymphe au fil canne haute, la soie est susceptible de former un ventre si ce premier anneau est trop éloigné de votre main gauche. Une distance à la poignée inférieure à 40 cm est généralement préconisée pour limiter ce phénomène. Avec 32 cm pour la JMC et 25 cm pour la Marryat, ces deux cannes font jeu égal et sont parfaitement adaptées à la pratique de la nymphe au fil. La JMC sera plus indiquée pour une pratique polyvalente (alternance nymphe au fil/sèche).

Pour ce qui est des longueurs et épaisseurs des poignées, notons que celle de la Marryat est relativement épaisse (28 mm) et longue (180 mm). Les dimensions de celle de la JMC sont plus standard.

Le porte-moulinet quant à lui diffère pour ces deux modèles :

Rappelons tout d'abord que pour la pêche en nymphe au fil, étant donné les longueurs relativement importantes des cannes utilisées, de nombreux fabricants choisissent une configuration down-locking pour améliorer l'équilibre en décalant la fixation du moulinet "vers le bas". Pour les pratiquants qui utilisent un moulinet semi-automatique et si la poignée de la canne excède une certaine longueur (170 mm environ), il n'est plus possible de maintenir l'annulaire de la main qui tient la poignée sur la gâchette du semi-auto. En version classique up-locking, ce problème n'intervient pas (mais l'équilibre de l'ensemble est moins bon !).

Ainsi, si l'on revient aux cannes qui nous intéressent aujourd'hui, JMC a pris le parti (comme nous explique Grégoire Juglaret dans son commentaire) de favoriser l'utilisation d'un semi-auto au détriment de l'équilibre (PTE à 285 gr) alors que la Marryat et son porte-moulinet down-locking se retrouve dans la configuration inverse (PTE à 257 gr mais impossibilité de maintenir le doigt sur la gâchette du semi-auto).

Côté finition, la JMC ne possède que des points d'alignement des brins alors que la Marryat possède à la fois accroche-mouche et points d'alignement.

  • CONFORT 

Niveau confort de pêche, les PTE sont différents comme évoqué précédemment, la Marryat s'impose grâce à son porte moulinet down-locking. Un moulinet vide d'environ 120/130 gr suffira à l'équilibrer, contre 160/170 gr pour la JMC.

Image
Grégoire Juglaret
Texte

L'avis de Grégoire Juglaret (Mouches de Charette, membre des Equipes de France de pêche à la mouche depuis 2009, Champion du Monde par équipe et vice Champion du Monde individuel 2017) sur la gamme Pure Equipe rivière :

"Nous avons développé cette gamme en se basant vraiment sur l'attente des pêcheurs français et latins, dans le cadre du développement des pêches modernes. Nous avons la chance, dans le sud de l'Europe, d'avoir des milieux extrêmement variés que ce soit en termes de profils ou de poissons. On a donc deux possibilités dans le choix de notre matériel : soit avoir une canne spécifique à chaque milieu (et là, un seul garage ne suffirait pas), soit avoir du matériel polyvalent pour coller au mieux aux schémas de pêche de la majeure partie des cours d'eau. C'est donc, à mes yeux, le cas de cette gamme :

Une 9'6#3 pour les pêches fines en sèche, une 10' #3 pour la polyvalence technique, une 10'6 #3 pour les pêches en nymphe sur des dérives courtes à moyennes.

Le choix du porte-moulinet à vissage vers le haut (up-locking) est très important, il vient de la nécessité d'utiliser un moulinet semi-automatique pour les techniques modernes de pêche en nymphe. A l'inverse, un porte-moulinet avec un vissage vers le bas (down-locking) déplace le point d'équilibre de la canne vers le bas, ce qui la rend confortable mais qui empêche d'avoir un doigt sur la gâchette du moulinet (si on positionne normalement l'index au plus près du point d'équilibre) ce qui est d'une importance capitale ! Certaines marques US utilisent systématiquement un vissage vers le bas, car les pêcheurs américains n'utilisent que des moulinets manuels.

L'implantation des anneaux a été définie par différents membres de l'équipe de France pour coller au règlement international qui impose l’utilisation d'une soie (contrairement au règlement espagnol) et donc diffère de celui d'autres marques."

... Et sur la 10'6 #3 en particulier :

"J'adore pêcher en eaux rapides sur des postes marqués et donc sur des dérives assez courtes, en changeant très souvent de poids de nymphe. Cette canne répond parfaitement à ces impératifs, tant en termes d'action que de plage de puissance, et me permet de pêcher sans souci du 9/100 au 14/100 si besoin. Le taux de perte des poissons modestes est extrêmement faible et la tenue des gros poissons ne la met jamais en défaut. Petite astuce, j'ai poncé ma poignée afin d'être plus près du blank et d'avoir une tenue plus souple de la canne."

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Eric Lelouvier
Texte

L'avis d'Eric Lelouvier, trois fois champion du monde par équipe et vice champion du monde individuel :

"Cette canne est l'une des premières 10'6 apparues sur le marché et elle a rencontré un grand succès. Conçue par des compétiteurs espagnols de renom, elle est très polyvalente, et est capable de pêcher des truites de toutes tailles, en nymphe au fil comme en sèche (on regrettera un anneau un peu trop près pour la pêche en sèche). Cette canne bénéficie évidemment de l'excellent SAV Marryat."

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Marryat JMC
Légende
Action fast pour ces 2 références
Texte

L'AVIS DE LA RÉDACTION

Comme à notre habitude, nous ne discuterons pas le look de ces 2 modèles, ce critère étant totalement subjectif. Les photos parlent d'elles-mêmes et chacun se fera un avis selon sa propre sensibilité. De même, nous ne débattrons pas les détails de finition, tant les pratiquants accordent des importances très variables à chacun d'eux.

D'un point de vue technique, ces 2 cannes possèdent des actions/puissances/réactivités quasiment identiques. Ce sont 2 modèles très polyvalents (notamment grâce à leur longueur passe-partout 10'6), qui permettent d'aborder tous types de milieux en nymphe au fil. Leur puissance permet même de se frotter aux grosses truites de nos rivières françaises. Nous les recommandons particulièrement aux pêcheurs de loisir qui trouvent les séries récentes typées compétition (puissance #2/3) trop souples.

Le principal critère discriminant entre ces 2 modèles se situe au niveau du montage, et plus particulièrement du porte-moulinet, à considérer lorsqu'on pêche avec un modèle semi-auto :

  • la Marryat et son porte moulinet down-locking met le paquet sur le confort de pêche : son PTE est de seulement 257 gr (meilleur que ceux de la Baetis Precision et de la Orvis Helios 3F pourtant moins puissantes). Par contre, impossible de maintenir l'annulaire sur la gâchette du semi-auto sauf à positionner la main relativement bas sur la poignée (plus bas que la position intuitive).
  • la JMC et son porte-moulinet classique est évidemment moins bien équilibrée que la Marryat une fois équipée d'un moulinet ; par contre, les plus pointilleux des nympheurs au fil pourront maintenir l'annulaire de la main qui tient la canne sur la gâchette du semi-auto. 

Pour ceux qui comptent pêcher en sèche, le premier anneau un peu plus éloigné sur la JMC peut également intervenir dans le choix !

Texte

Liens utiles

Le protocole de test des cannes à mouche

Comment choisir sa canne à nymphe

Les cannes JMC Pure Equipe en ligne : 

1000mouches

Bénéficiez de -10% sur la canne Marryat chez notre partenaire Fusion Fly Fishing :

fusion fly fishing

La Boîte à mouches sèches pour les lacs de montagne

pêche lac de montagne

Le défi majeur du moucheur en lac de montagne est d’avoir en sa possession des artificielles adaptées aux divers biotopes qu'il va prospecter. Se constituer une boîte à mouches avec des modèles ciblant parfaitement les insectes qui incarnent la base alimentaire des salmonidés, est fondamental. Comparativement à la pêche en rivière où l’offre est pléthorique, la diversité d’espèces rencontrées ici est bien moindre et s’étiole à mesure que l'altitude s'élève.

Texte

Eloge du minimalisme

Lorsqu’on franchit ou s’approche de la barre des 2000m, les ordres d’insectes de type éphémères, plécoptères et trichoptères qui représentent des modèles très imités dans la pêche en rivière, rencontrent ici leurs limites de répartition. Au fil de l’ascension vers les lacs les plus hauts, d’autres ordres d’insectes s’imposent et prennent une place prépondérante dans l’alimentation des salmonidés, c’est ceux-ci qui devront être imités afin d’être en harmonie avec la réalité écologique du milieu. Ce sont principalement les diptères, terrestres, chironomes et hyménoptères qui constituent l’essentiel de la portion alimentaire des salmonidés lacustres. Afin d’être en adéquation avec ces biotopes il est fortement recommandé de posséder leurs imitations dans les rangs de vos boîtes.

La pratique de la pêche à la mouche en lac de montagne est synonyme de minimalisme, il me semble inconcevable de s’alourdir avec une multitude de boîtes à mouches et de matériels divers qui ne feront que vous ralentir pendant la montée et vous encombrer en action de pêche. L’idéal est de dresser des imitations en ciblant les insectes indispensables que vous serez amené à rencontrer ici et les déclinant en différentes tailles.

Les salmonidés susceptibles d’accorder de l’attention à vos mouches sont généralement beaucoup moins difficiles que ceux rencontrés en rivière. Quand j’affirme cela, il est bien entendu que parfois ici aussi la pêche peut être fort compliquée, en particulier les jours de grand soleil et sans le moindre souffle de vent.

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pêche fario
Légende
Si la diversité d'insecte est faible, certains d'entre eux dont les fourmis sont indispensables !
Texte

Du sombre !

Quand on fréquente ces milieux, pas besoin d'avoir un grand sens de l’observation pour constater que si certains insectes se parent de couleurs vives, la grande majorité possède des corps aux tons sombres. Les pelouses alpines et autres chaos rocheux n’abritent que peu d’insectes clinquants et pourtant c’est ceux que beaucoup de pratiquants remarquent en premier !

Au delà de la teinte générale, la boîte à mouches idéale est constituée à la fois de mouches destinées à être posées sur l’eau sans la moindre animation et d’autres adaptées aux pêches avec animation (elles sont dites "mouches à stripper"). Sur la pellicule de la surface des écrins montagnards, les stimuli déclencheurs du gobage sont souvent liés au comportement de l’insecte sur l’eau (inerte ou dragué). En fonction de l’humeur des salmonidés et des conditions météorologiques vous serez amené fréquemment à passer d’une pêche statique à une autre où il faudra animer votre imitation (voir à ce propos mon article sur la stratégie de pêche en mouche sèche en lac de montagne).

Dans l’image de nombreux moucheurs, les mouches à stripper sont exclusivement réservées aux jours venteux où la pêche se fait dans la vague et parfois au coup du soir... mais cette affirmation est fausse ! Il est toujours possible en fonction du salmonidé recherché ou en présence de conditions particulières, de stripper une artificielle un jour sans vent et en plein soleil... N’oublions jamais de nous adapter au moment et au comportement des poissons ! Les ombles de fontaine sont par exemple particulièrement réactifs au sillage d’une mouche sur la surface, il peut leur faire modifier leur itinéraire d’assez loin.

Dans les lignes suivantes je vais vous conduire à l’intérieur de mes deux boîtes à mouche qui prennent place dans mon chest pack et vous expliquer comment je dresse les modèles qui jamais ne me quittent en montagne. Cette présentation est bien sûr personnelle et je ne doute pas que plein d’autres dressages ou manières de procéder sont parfaitement capables de prendre du poisson. Le dressage d’imitation pour les lacs de montagne est d’ailleurs un excellent terrain d’improvisation et de test.

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pêche truite
Texte

Les mouches à stripper

Au sein de ma boîte, la grande majorité des mouches à stripper est constituée de sedge en chevreuil que je dresse en diverses tailles et généralement en deux teintes : claire ou sombre. Le sialis que je décris dans le paragraphe consacré aux mouches inertes est, quant à lui, une mouche polyvalente prenante à la fois draguée ou inerte.

Le sedge en chevreuil

Voici la mouche à draguer par excellence ! Les poils de chevreuil lui donnent une excellente flottabilité. Dressée en 12/16, c’est la mouche idéale pour pêcher les jours venteux dans la vague, ou en présence d’ombles de fontaine. Je la monte généralement de couleur naturelle ou en noir. On peut donner au modèle noir une allure de scarabée en le retaillant, d’où l’utilité d’avoir toujours une petite paire de ciseaux à portée de main.

Formule :

  • Hameçon : Caleri C405 BL en taille 12 à 18,
  • Corps : Antron noir ou herl foncé,
  • Ailes : Poil de chevreuil naturel ou teinté en noir (le jaune a parfois son utilité), sous-aile possible en CDC ou antron yarn.
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sedge chevreuil
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saumon de fontaine
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Les mouches inertes

Le sialis

Cette mouche qui imite l’insecte éponyme est pour moi incontournable. Montée en 14/18, elle se voit rarement refusée par les salmonidés. Les plumes de grouse qui constituent ses ailes imitent parfaitement l’insecte naturel. Si toutefois elle est refusée, n’hésitez pas à la mouiller avec un peu de salive, elle flottera ainsi juste sous la pellicule et déjouera les truites les plus éduquées. Je m’en sers aussi pour pêcher l’eau en absence de gobage ou de sialis sur l’eau. C'est une mouche polyvalente par excellence !

Formule :

  • Hameçon : Caleri C405 BL en taille 14 à 18,
  • Corps : Antron sombre ou herl de vautour,
  • Ailes : plume de grouse,
  • Hackle : plume de coq noir ou brown.
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sialis
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Le scarabée

Voici une mouche en mousse qui par sa flottaison basse n’est pas très visible lorsque l’on omet d’y monter un petit post de couleur. En présence de scarabée, elle peut faire monter des salmonidés de très profond. Les gobages sur ce type d’imitation sont souvent violents et les ratés assez nombreux. Différentes tailles entre 14 et 18 sont utiles. Un conseil : préférez toujours les modèles les plus petits cars ils occasionnent moins de décrochage.

Formule :

  • Hameçon : Caleri C405 BL en taille 14 à 18
  • Corps : herl de paon
  • Dos ou ailes : Bande de foam (noir ou marron)
  • Parachute en antron de couleur (blanc, gris…)
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scarabée
Texte

Les fourmis

Indispensables en lac de montagne, elles sont toujours très performantes en présence comme en absence de l'insecte naturel qu'elles imitent. Elles vous sauveront souvent la mise avec les poissons difficiles, notamment lors des jours sans vent. Elles peuvent être dressées en mousse ou en fil de montage. En montagne, les tailles 14 à 20 couvrent bien toutes les situations. Les fourmis noires et rousses sont celles que j’utilise le plus. Dans ces lignes je vous propose la formule en fil de montage et vautour car elle flotte bas et s’avère être très prenante.

Formule :

  • Hameçon : Caleri C405 BL en taille 14 à 18 (vous pouvez en dresser des plus petites mais en lac de montagne je n’en ai que rarement eu besoin)
  • Corps : fil de montage noir ou roux et enroulement de fibre de plume de vautour afin de constituer l’abdomen et le thorax
  • Ailes facultatives : petite plume de CDC ou zinc
  • Hackles : plume de coq noir ou roux sombre (possible de monter en parachute comme ci-dessous)
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fourmis
Texte

Le chironome parachute 

Mouche bien visible grâce à son post en couleur, elle me semble elle aussi nécessaire. Je la dresse en 14/18, c’est encore une mouche à tout faire que j’utilise en présence de chironomes, mais aussi pour les truites pointilleuses. Bien que flottant bas, sa visibilité est excellente à longue distance.

Formule :

  • Hameçon : Caleri C405BL en taille 14 à 20
  • Corps : fibre de plume de vautour
  • Parachute en antron gris sombre ou noir (rien ne vous empêche d’en dresser avec des parachutes fluo pour les jours de mauvaise visibilité)
  • Aile : plume de coq brown ou noir
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chiro
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Le chironome émergent

Pas très visible car très dépouillé mais diablement efficace, nous le monterons en taille de 14 à 22. C’est la mouche des jours difficiles et de l’absence de vent. Elle s’avère aussi excellente pour pêcher les bordures tôt le matin les jours sans vent.

Formule :

  • Hameçon : Caleri C405BL en taille 16 à 20,
  • Corps : enroulement de fibre de vautour ou de dinde,
  • Ailes : CDC,
  • Hackles : minuscule plume de coq noir.
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chiro
Texte

Le CDC

Le cul de canard monté en noir ou kaki fait aussi des miracles dans les eaux d’altitude. Avec des imitations de 14 à 22, vous pourrez affronter maintes situations. Inconvénient : il ne pêche plus lorsqu’il a pris l’eau. Je ne vous donnerai pas ici sa formule de montage car tout le monde la connait et la version la plus basique (voilier) est souvent la meilleure !

La micro-mouche

Minuscule imitation à ne sortir que lorsque toutes les autres solutions ont été tentées, elle tente d’imiter les minuscules simulies (taille 18 à 22). Pensez toujours à pêcher avec un diamètre de fil adapté à cette mouche ultra-dépouillée (autour de 10/100).

Formule :

  • Hameçon Caleri C 405BL en taille 18 à 22,
  • Corps : enroulement de fibre de plume de dinde ou vautour sombre ou noir,
  • Ailes : minuscules pointes gris clair (améliorent la visibilité),
  • Hackles : minuscule plume de coq noir.
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micro-mouche
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A toute cette énumération, nous pouvons rajouter quelques mouches de type sauterelle en prenant soin de les dresser en taille raisonnable (H14), les salmonidés de lac sont moins voraces que ceux de leurs tributaires ! Cette énumération personnelle n’est bien sûr pas exhaustive, elle cite simplement les mouches qui, à mes yeux et d’après mon expérience, semblent indispensables. Pour leurs dressages, je fais des montages dépouillés, simples et rapides, rien ne vous empêche de les sophistiquer ! A vous de tester !

Bonne saison en altitude !

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pêche lac de montagne

Test : série Arcay Otter 9'6 #3/4, 10'6 #2/3 et 11' #3

Arcay Otter

Après la présentation de la série Stratège mise au point par Jean-Benoît Angely, c'est au tour de la série Otter conçue par David Arcay, autre champion du monde par équipe, de passer au banc d'essai de Truites & Cie. Elle est composée de 3 modèles : une 9'6 #3/4, une 10'6 #2/3 et une 11' #3.

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Arcay Otter
Texte

TEST STATIQUE

A l'image de plusieurs séries récentes (dont les Angefly Stratège et Vision Nymphmaniac), ces cannes Arcay présentent un blank brut sans revêtement. Les anneaux sont des monopattes noirs, après un premier Fuji K ; les ligatures sont de même couleur, agrémentées d'un liseré bleu au niveau des emmanchements et du premier brin. Le porte-moulinet en alu gun métal avec insert carbone est à vissage vers le haut pour les modèles 9'6 et 10'6 ; seule la 11' possède un porte-moulinet down-locking et un talon de combat en mousse bleue. Côté finition on retrouve un accroche-mouche. Ces cannes 4 brins sont livrées dans un tube compartimenté.

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Arcay Otter
Légende
PM down-locking de la 11'
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Arcay Otter
Légende
PM standard pour la 9'6 et la 10'6
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Arcay Otter
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Arcay Otter
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Arcay Otter
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AA ARCAY
Texte

MESURES

Le protocole Common Cents System a permis de caractériser la puissance, l'action et la réactivité de ces 3 cannes :

PUISSANCE

En ce qui concerne la puissance, 35 cents ont été nécessaires pour plier la 9'6 sur un tiers de sa longueur, 27 cents pour la 10'6. Cela donne des ERN respectifs à 4.16 et 2.97 : leurs puissances respectives sont donc conformes à celles annoncées. La 9'6 est bien une #3/4 et la 10'6 une #2/3.

Attardons-nous maintenant sur la 11' : bien qu'annoncée comme une #3, il a suffit de 21 cents pour la plier sur un tiers de sa longueur. L'ERN obtenu après conversion est de 2.08, sa puissance réelle est donc de #1/2... un record depuis le début de nos tests !

ACTION

Au niveau de l'action, ces cannes sont parfaitement homogènes : les angles sont tous de 70°, classant leur action dans la catégorie fast.

RÉACTIVITÉ 

Les réactivités de ces cannes sont proches de celles des autres références du marché de même longueurs/puissances :

  • 79 cpm pour la 9'6 testée avec une masse correspondant à une soie 4,
  • 77 cpm pour la 10'6 testée avec une masse correspondant à une soie 2,
  • 67 cpm pour la 11' testée avec une masse correspondant à une soie 2.

CONFORT ET MONTAGE

Niveau montage, la cohérence est parfaite : les cannes spécifiquement destinées à la nymphe au fil (la 10'6 et la 11') ont un premier anneau situé à une distance proche de la poignée (24 cm) pour éviter la formation d'un ventre dans la soie. La 11' présente un porte moulinet à vissage vers le bas pour décupler l'équilibre, alors qu'il est classique sur la 10'6 (configuration préférable pour ceux qui utilisent un moulinet semi-automatique car cela permet de maintenir l'annulaire de la main qui tient la poignée sur la gâchette).

Avec son porte-moulinet classique et ses 46cm entre la poignée et le premier anneau, la 9'6 est très typée "pêche en sèche".

La poignée de ces 3 modèles possède des dimensions de 26 mm x 180 mm, elle est donc relativement épaisse et longue comparativement aux longueurs habituellement observées.

Enfin, en matière de confort de pêche, les chiffres sont bons :

Le PTE de la 9'6 s'approche de celui de la Marryat Tactical Pro 9'6 #3/4 (alors que cette dernière est "avantagée" par un porte-moulinet down-locking). Cette 9'6 nécessitera un moulinet vide d'environ 110/120 gr pour parvenir à l'équilibre (un Vivarelli par exemple !).

Le PTE de la 10'6, si l'on compare à d'autres références de même longueur/puissance équipées d'un porte-moulinet up-locking est une quinzaine de grammes supérieur à celui de la JMC Performer 10'6 #2/3 (même ERN que la Otter), mais 30 gr inférieur à celui de la Echo Shadow II 10'6 pourtant moins puissante que la Arcay. Un moulinet vide d'environ 150 gr sera nécessaire pour parvenir à l'équilibre avec cette Otter 10'6.

Enfin, en ce qui concerne la 11', difficile d'établir des comparaisons tant sa puissance est basse : son PTE est (logiquement) plus de 30 gr inférieur à celui de la Vision Nymphmaniac 11' #3 qui est une vraie #3 (aussi équipée d'un porte-moulinet down-locking). Cette 11' sera équilibrée par un moulinet vide d'environ 140 gr.

Matériel

Arcay Otter 9'6 #3/4

Marque
Arcay
Série
Otter
Longueur
9'6
Longueur réelle
290cm
Soie
#3/4
Brins
4
Poids annoncé
84.00g
Poids réel
86.00g
Anneaux
12
Premier anneau
52cm
Poignée
26x180mm
Serrage
Uplocking
Talon de combat
Non
Accroche mouche
Oui
Points d'alignement
Non
PME
145.00g
PTE
231.00g
IP
35
ERN
4.16
AA
70°
CCF
79cpm
Prix à la date de sortie
295.00€
Matériel

Arcay Otter 10'6 #2/3

Marque
Arcay
Série
Otter
Longueur
10'6
Longueur réelle
320cm
Soie
#2/3
Brins
4
Poids annoncé
87.00g
Poids réel
90.00g
Anneaux
12
Premier anneau
24cm
Poignée
26x180mm
Serrage
Uplocking
Talon de combat
Non
Accroche mouche
Oui
Points d'alignement
Non
PME
180.00g
PTE
270.00g
IP
27
ERN
2.97
AA
70°
CCF
77cpm
Prix à la date de sortie
295.00€
Matériel

Arcay Otter 11' #3

Marque
Arcay
Série
Otter
Longueur
11'
Longueur réelle
336cm
Soie
#3
Brins
4
Poids annoncé
84.00g
Poids réel
86.00g
Anneaux
12
Premier anneau
23cm
Poignée
26x180mm
Serrage
Downlocking
Talon de combat
Oui
Accroche mouche
Oui
Points d'alignement
Non
PME
165.00g
PTE
251.00g
IP
21
ERN
2.08
AA
70°
CCF
67cpm
Prix à la date de sortie
295.00€
Texte

L'avis de l'équipe Arcay sur la 9'6 :

"Cette 9.6 #3/4 est une canne polyvalente pour la pêche en sèche, qui nous permettra de lancer à courtes et longues distances, pour pêcher toutes tailles de rivières et de poissons".

... la 10'6 :

"Cette 10'6 #2/3 est une canne polyvalente pour la pêche à la nymphe, qui nous permettra de pêcher avec des nymphes de toutes tailles, et restera adaptée pour attraper des poissons de bonne taille. On pourrait dire que c'est une canne nymphe tout-terrain capable de s'adapter à de nombreuses conditions."

... la 11' :

"Concrètement, cette 11' #3 est une conçue pour pêcher au fil avec des nymphes légères à moyennes, avec lesquelles il sera très facile d'atteindre de grandes distances au lancer. Pour l'équipe ARCAY Fishing, c'est la meilleure canne de 11' du marché.

Image
Arcay Otter
Texte

L'AVIS DE LA RÉDACTION

Cette série Arcay s'inscrit dans la lignée des autres séries de cannes mouche influencées par la compétition : on retrouve une 9'6 pour la sèche et 2 longueurs de cannes typées nymphe au fil, à la puissance modérée (toujours dans le soucis de pêcher fin et de décrocher peu). Son originalité vient par contre de sa gamme de prix (moins de 300 euros). L'ensemble des modèles Otter partage une certaine cohérence dans le montage (en rapport à leur utilisation principale). Détaillons un peu chacun d'eux :

  • la Otter 9'6 #3/4 est une canne très polyvalente de pêche en sèche et au tandem sèche/nymphe qui pourra recevoir une soie de 3 ou 4 selon la distance de lancer, les conditions de pêche, le style du lanceur...ect. Cette puissance permet de se mesurer à la majorité des truites qui peuplent nos rivières françaises, à savoir des poissons de 20 à 40cm. Elle possède la même puissance que la Marryat Tactical Pro 9'6 #3/4 et une action un peu plus rapide que la française. 
  • la 10'6 #2/3 est une canne assez unique sur le marché dans cette gamme de prix : elle permettra de pratiquer la nymphe au fil avec des nymphes légères (tailles privilégiées de 2.4 à 3.5mm) dans tous types de cours d'eau et de combattre efficacement des poissons de taille petite à moyenne.
  • Enfin, la 11' #3 est, à notre connaissance, presque unique sur le marché : c'est en réalité une 11' à la puissance très modeste (#1/2)... une canne presque expérimentale tant elle est singulière ! Dotée d'une très bonne réactivité, sa puissance faible vous autorisera donc à pêcher très très fin et limitera le risque de décroche par sa capacité à plier fortement... un pur produit pour les pêches ultra-fines en grande rivière ! Pour vous rendre compte de l'action et de la tenue de poisson de cette canne, vous pouvez visionner la vidéo suivante de Jordi Oliveiras qui combat à partir de 10' une grosse truite arc-en-ciel avec ce modèle :
Vidéo
Texte

Fish diversity of North America

saumon amérique

Le nord-ouest des USA est un deuxième chez moi et le triangle d’or que constituent le Montana, l’Idaho et le Wyoming (auxquels je rajoute l’Utah depuis quelques années) mon centre du monde halieutique. Depuis bientôt 30 ans, j’y retourne tous les ans poser mes mouches sur les innombrables plans d’eau qui s’offrent à un passionné comme moi.

Mais pourquoi un lien si fort avec cette partie de notre planète ?

Bien sûr, il y a les grands espaces, la facilité d’y organiser un séjour, des lieux absolument magiques comme le parc du Yellowstone où se mélangent faune, flore et phénomènes géologiques. Avec le temps, j’ai lié des amitiés fortes et précieuses qui - si elles ont débuté autour de notre passion commune - vont maintenant bien au-delà. Mais c’est bien la pêche des salmonidés à la mouche qui me fait revenir irrémédiablement en ces lieux, en général en fin d’été quand les feuilles et les poissons commencent à changer de couleur. En y réfléchissant, je me rends compte de l’importance de la qualité mais surtout de la diversité des poissons que l’on peut capturer lors d’un séjour. Certains de ces poissons sont endémiques et nombreux bien exotiques pour un pêcheur français. Chaque année, lorsqu’il faut prévoir l’itinéraire, je m’applique à trouver un équilibre entre les rivières à Brown, Rainbow, Cutthroat et à d’autres ! Il est possible, au cours d’une seule journée, de cibler plusieurs espèces et même de prendre dans le même pool jusqu’à 4 ou 5 salmonidés différents. Je ne sais pas si cela est possible en d’autres lieux. Je vous propose donc de faire un petit inventaire fortement imagé des différents salmonidés que j’ai pu attraper lors de mes séjours outre-Atlantique.

Texte

Rainbow trout – Truite arc-en-ciel – Oncorhynchus mykiss

La truite des Rocky Mountains.

Native des bassins du pacifique, au nord-ouest des USA et au Canada, elle peuple maintenant une grande partie des cours d’eau froide des USA. Elle a aussi été introduite en Europe, en Amérique du sud et dans les îles australes. C’est un poisson de sport fantastique, incroyablement puissant, le plus combatif des salmonidés d’eau douce. Rien à voir avec les arcs que l’on peut croiser dans nos cours d’eau après s’être échappées de piscicultures ou déversées sur certains secteurs de pêche intensive. Il existe différentes souches de ce poisson et leur robe peut varier d’un cours d’eau à l’autre.

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Rainbow trout
Légende
© Erik moncada
Texte

La pêche à la mouche des « bows » peut s’avérer particulièrement technique, notamment sur les tailwaters (rivières sous barrages) où elles se nourrissent en général de larves et d’insectes de très petites tailles. Quel plaisir alors, d’avoir au bout de sa ligne 2 kg de muscles accrochés à un hameçon de 18 à 22, bondissant en chandelles spectaculaires et nous obligeant souvent à suivre le poisson pour éviter la casse !

Il est à noter que la version migratrice de ce poisson est également présente dans cette région, en particulier dans le réseau de la Snake River dans l’Idaho. Je n’ai pas encore eu la chance d’en capturer une mais on peut imaginer ce que donne la déclinaison sur-vitaminée par l’océan de ce poisson. Il est prévu que j’y consacre un jour une virée spécifique avec du matériel adapté.

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Trout
Texte

Artic grayling - Ombre Arctique – Thymallus arcticus

Cet ombre est un poisson natif des bassins de l’océan arctique et du nord de l’océan pacifique, en Asie et en Amérique du nord. Une autre souche, originelle de la baie de l’Hudson dans le Michigan, a aujourd’hui disparue.

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Artic grayling
Légende
@ Erik Moncada
Texte

Espèce en grand danger et peu présente dans le nord-ouest des USA, il arrive cependant d’en attraper en pêchant la truite, que ce soit en sèche ou en nymphe, notamment dans quelques secteurs du parc du Yellowstone où l’on essaie de restaurer cette espèce indigène. Il est à noter que l’Ombre a été éradiqué de certaines portions de rivières du parc par l’introduction de la truite fario et du saumon de fontaine. Lors de sa capture, vous serez impressionné par son extraordinaire nageoire dorsale, encore plus spectaculaire que celle de notre ombre commun.

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Artic grayling
Texte

Bull trout – Omble à tête plate - Salvelinus confluentus

C’est une espèce native du Canada et des USA côté pacifique. Les plus gros sujets peuvent dépasser le mètre et approcher les 15 kg.

C’est en raison de sa tête très développée que les américains nomment cet omble « truite-bœuf ».

Quand il atteint une taille importante, il se nourrit d’autres poissons - truites et saumons en particulier - et a été perçu un temps comme une menace pour l’équilibre des rivières à salmonidés. Il est maintenant très strictement protégé, classé comme espèce en danger depuis 1998. Dans certains cours d’eau du nord-ouest des USA il est même interdit de le pêcher si vous en repérez un. La pêche se fait essentiellement au streamer mais il m’est arrivé d’en capturer avec des nymphes. C’est un poisson lunatique, on peut parfois attraper en quelques minutes plusieurs poissons dans le même pool et certains jours ne provoquer aucune réaction sur des poissons pêchés à vue.

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Bull trout
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@ Erik Moncada
Texte

Si les plus petits sujets ont des couleurs un peu ternes, les plus gros spécimens s’habillent d’une robe colorée, notamment en période de reproduction. On les repère parfois de loin dans les pools les plus profonds des rivières grâce aux bandes blanches qui bordent leurs nageoires pectorales et ventrales.

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Bull trout
Texte

Brown Trout – Truite Fario – Salmo trutta

La truite commune européenne.

Importée pour la première fois aux USA en 1884 en provenance d’Allemagne, elle est maintenant présente dans de nombreux cours d’eau. C’est notre truite, celle qui peuple la grande majorité de nos lacs et rivières de première catégorie. On remarquera souvent sur la souche présente aux USA un gros point bleu sur la joue, en arrière de l’œil.

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Brown Trout
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@ Erik moncada
Texte

Particulièrement bien implantée de l’autre côté de l’océan, elle cohabite souvent avec les arcs, notamment dans les plus célèbres cours d’eau ; Madison river, Missouri River, Bighorn river, Green river etc… Elle ne constitue pas un danger pour les Cutthroats, ne pouvant s’hybrider (contrairement aux arcs-en-ciel) et ne colonisant pas les mêmes secteurs d’une rivière. En certains lieux, leur taille, leur densité, et leur propension à gober font que l’on n’hésite pas à faire de nombreuses heures de route pour se frotter à ces poissons qui n’ont pourtant rien d’exotique pour un frenchy.

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Brown Trout
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Kokanee Salmon – Saumon Kokanee – Oncorhyncus nerka

Ce poisson est un très proche cousin du Saumon Sockeye, si proche qu’il est difficile de les différencier. Mais il y a une différence majeure entre le Kokanee et ses cousins, il ne fait pas le fantastique voyage vers l’océan pour ensuite revenir frayer dans les eaux qui l’ont vu naître. L’eau douce sera son seul habitat.

Poisson endémique du nord-ouest de l’Amérique, dans les états de l’Oregon, de Washington, de l’Idaho, de l’Alaska et de la Colombie britannique il fut ensuite introduit pour la pêche dans de nombreux états des USA dont New-York, le Montana et l’Utah.

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Kokanee Salmon
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@ Erik Moncada
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Le Kokanee ne devient pas bien gros, 40 cm et 2 kg pour les plus gros sujets alors âgés de 3 à 5 ans, ils sont prêts à se reproduire. C’est alors qu’ils quittent leur livrée argent pour un rouge vif qui en fait des proies bien visibles pour leurs prédateurs.

Ils se nourrissent majoritairement de zooplancton et de minuscules insectes aquatiques.

Mais en général, pour la pêche, on utilise plutôt de petits streamers ou de grosses nymphes de couleurs vives pour jouer sur leur agressivité. Le meilleur moment étant en période de reproduction quand ils colonisent les têtes de bassins peu profondes. Même si vous repérez de très nombreux poissons, ce sera toujours un vrai challenge d’arriver à en capturer quelques-uns pour de spectaculaires images avant qu’ils ne meurent comme leurs cousins du pacifique après la fraie.

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Kokanee Salmon
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Brook Trout – Saumon (ou omble) de fontaine – Salvenius Fontinalis

Poisson natif de l’est du Canada et du nord-est des USA, sa présence est plus anecdotique dans le nord-ouest des US mais on le trouve parfois dans la partie supérieure de certaines rivières et dans quelques lacs, notamment dans le parc du Yellowstone. S’il peut parfois atteindre une taille respectable, les sujets que l’on peut capturer ici, en haute altitude, sont en général de taille modeste, autour de 20 cm.

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Brook Trout
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@ Erik Moncada
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Ils sont faciles à leurrer avec une mouche mais leur robe magnifique rend leur traque toujours agréable même s’ils n’ont pas la même saveur d’exotisme que d’autres espèces ayant été largement introduits dans nos eaux, notamment dans les lacs de montagne.

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Trout
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Cutthroat trout - Truite fardée – Oncorhynchus clarki

Le poisson endémique et emblématique de cette région. Présent dans de nombreux cours d’eau et lacs de tout l’ouest des USA et du Canada. Il existe différentes souches de ce magnifique poisson, assez facilement identifiables avec un peu d’expérience. Si plusieurs de ces souches ont disparu, la Cutthroat bénéficie maintenant d’un efficace programme de protection et de restauration mis en place dès les années 70.

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Cutthroat trout
Légende
@ Erik Moncada
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Pour plus de détails sur la truite fardée, je vous renvoie à l’article qui lui a été consacré ici.

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Cutthroat Trout
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Tiger trout – Truite tigrée – Salmo trutta x Salvelinus fontinalis

La truite tigrée est un hybride inter-générique stérile du saumon de fontaine et de la truite fario. Il s’agit donc d’une anomalie dans la nature, la truite ayant 80 chromosomes et le saumon de fontaine 84. Son nom vient de sa robe dont les vermiculations rappellent le pelage d’un tigre.

Si ce croisement peut se produire de manière naturelle, c’est essentiellement les scientifiques qui produisent cette truite. Il est utilisé pour fournir un poisson de sport dans certains plans d’eau mais aussi pour réguler d’autres espèces sans devenir à son tour un problème, la truite tigrée étant piscivore et stérile.

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Tiger trout
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Elle peut grandir très vite et des poissons records approchant le mètre et les 10 kg ont été capturés. Pour ma part, je n’ai attrapé, à la nymphe, que de petits specimens dans l’Utah en péchant des cours d’eau sous des barrages dont les Tigers avaient probablement dévalé lors de crues.

On n’organise pas un voyage pour cibler ce poisson mais faire un crochet pour tenter d’ajouter une nouvelle espèce à la liste de ses prises peut s’avérer bien ludique.

Il existe d’autres hybrides comme la Splake, croisement d’une Brook trout et d’une Lake trout (Salvelinus Namaycush). Je n’en ai jamais vu, mais mon ami Josh Hulbert de Salt Lake City en a récemment capturé dans l’Utah.

La liste des salmonidés que l’on peut capturer à la mouche dans l’ouest américain peut donc encore s’agrandir et il ne tient qu’à vous de relever ce défi.

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Tiger trout
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Olympe
Texte

Je tiens à remercier vivement Olympe, ma fille de cœur, pour ses innombrables heures passées crayon de couleur à la main avec application et précision.

Ses illustrations sont magnifiques.

C’est en voyant son premier dessin d’une truite que m’est venue l’idée de cet article, dans une période si particulière de sa vie.

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Erik
Texte

Un grand merci à Erik Moncada, mon petit frère américain.

Je l’ai souvent vu s’affairer lors de nos parties de pêche avec son gros appareil photo dans un caisson étanche.

Je me suis parfois moqué de lui mais ses photos sous-marines sont exceptionnelles, voici son site : www.underwatertrout.com

 

Photos de l'auteur sauf mention contraire et dessins d'Olympe.

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fish diversity
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