Parmi les cannes toc récentes figurent deux anglaises de 3m80 destinées aux pêches en dérives naturelles et dont les prix de vente sont assez proches : la Delacoste Aerius et la Native NII. Focus sur leurs caractéristiques techniques.
Comme évoqué dans notre article sur le choix de la canne toc, les cannes à anneaux de type anglaise présentent de nombreux avantages, notamment un confort de pêche inégalé.
La longueur 3m80 est généralement plébiscitée par les pêcheurs qui sillonnent les grands cours d'eau en prospectant en dérives aval. Les références modernes restant assez maniables, cette longueur peut également être choisie pour sa polyvalence et par ceux qui souhaitent "porter" d'avantage leur montage à l'aplomb du scion ou à proximité, en petites et moyennes rivières.
Comme sa petite soeur en 330, la nouvelle Delacoste Aerius 380 se présente avec un blank mat et 2 anneaux de départ double pattes SIC suivis de 11 monopattes. Les ligatures noires possèdent un liseré argent. La poignée liège surmonte un porte-moulinet à vissage vers le bas. Cette canne 4 brins est vendue dans une housse.
De son côté, la Native NII 380 possède un blank noir mat dont le talon possède une finition gloss. Les ligatures sont noires, avec liseré gunmetal au niveau des emmanchements. Le jeu d'anneaux Seaguide SIC est composé de 2 anneaux double pattes, suivi de 11 monopattes surélevés. La poignée liège possède un porte moulinet mouche classique à vissage vers le haut en aluminium dark titanium. Cette canne 4 brins est vendue dans une housse et un tube de transport cordura.
En matière de finition, ces deux références possèdent à la fois accroche-mouche et points d'alignement des brins.
En ce qui concerne la puissance déterminée de façon objective par la mesure de l'Effective Rod Number (ERN) dans notre test (voir le protocole), ces deux références sont très différentes : la Delacoste s'inscrit dans la tradition des cannes toc anglaises de ces dernières années, et reste similaire à la majorité de l'offre actuelle en la matière, alors que la Native se révèle beaucoup moins puissante, et donc adaptée aux pêches légères aux appâts naturels et en nymphe.
Au niveau des actions caractérisées par l'Action Angle (AA), les deux cannes sont proches. Les angles formés par la scion avec le plan horizontal après chargement des cannes sont de 75° pour la Delacoste et 73° pour la Native. Ils se situent dans la "moyenne" de ce que l'on rencontre habituellement et attestent d'une certaine progressivité.
Au niveau du montage, toutes les deux possèdent des porte-moulinets à visser. Celui de la Delacoste a la particularité d'être à vissage vers le bas, pour décaler le plus possible le moulinet vers la fin de la poignée et favoriser l'équilibre. La poignée de l'Aérius mesure 51 cm, contre 45 pour la Native.
Les 2 cannes possèdent un accroche-mouche et les pratiques points d'alignement des brins.
Au niveau du confort de pêche, le poids total à l'équilibre (PTE) de l'ensemble canne/moulinet de la Native (285 gr) est logiquement plus faible que celui de l'Aerius (311 gr), la Native étant moins puissante (le poids et l'équilibre d'une canne sont inversement proportionnels à sa puissance). La Delacoste s'en sort quand même très bien compte tenu de sa puissance, notamment en raison de son porte-moulinet down-locking. Elle s'équilibre parfaitement avec un moulinet d'environ 150 gr 'tel que le Loxus du même concepteur qui lui sied parfaitement !) alors qu'un moulinet d'environ 120 gr suffira pour la Native.
Découvrez les présentations des deux produits par leurs concepteurs respectifs, tout d'abord en vidéo pour l'Aérius :
L'avis de l'équipe Native sur la série NII :
"Les cannes de la série NII sont des cannes anglaises conçues pour la pêche en dérive, avec des nymphes artificielles et des appâts naturels. L’action de ces cannes est progressive, pour tirer le meilleur du blank en action de pêche : les lancers sont confortables sans forcer, y compris avec des poids légers, et l’action sans point dur permet de minimiser les décrochages intempestifs sur tous les poissons, tout en protégeant le bas de ligne sur les truites de belle taille. Le point d’équilibre de ces cannes est décentré vers le bas, afin de rendre agréable la prise en main en action de pêche, et de minimiser les tensions dans le bras après de longues heures de pêche, sans pour autant avoir à y associer un moulinet trop lourd. La finition de la canne est sobre et qualitative, avec des ligatures noires, de discrets liserés gunmetal sur les emmanchements, et un blank mat pour une discrétion maximale."
Et sur la 3m80 en particulier :
"Cette version en 3,80m constitue un standard adapté aux moyennes et grandes rivières présentant des débits classiques à fort. Dans la lignée de l’ADN qui est désormais celui des cannes Native, il s’agit d’une association de force, de douceur et de réactivité qui rassemble toutes les qualités d’un excellent outil pour toutes les pêches en dérive naturelle."
Voilà 2 modèles en 3m80 aux caractères bien trempés qui combleront des pratiquants aux attentes très différentes :
Avec sa puissance "standard" et son action rapide, la Delacoste Aerius se destine aux pêcheurs qui souhaitent une 380 "à tout faire", capable à la fois de propulser des montages de poids moyens à lourds à distance en grandes rivières comme de pêcher d'avantage "à l'aplomb" en milieux plus petits, dans des coups tordus qui pardonnent peu les mouvements et ferrages de grande amplitude. Plus généralement, elle se destine aux pêcheurs souhaitent une canne plutôt autoritaire, travaillant proche de la pointe... les fidèles de la marque ne seront pas dépaysés !
De son côté, la NII, avec sa puissance plus faible, est une pure canne de pêche en grandes rivières, destinée aux pêcheurs qui apprécient les courbures de blank prononcées et les pêches ultra-légères. Elle pliera même sur des poissons de taille moyenne et travaillera sur une plus grande longueur de blank que l'Aérius.
Ces 2 cannes partagent une conception 4 brins qui minimise l'équilibre et des finitions communes.
Bon choix !
Les cannes à mouche en 9'6 #3 ne font pas partie des modèles les plus démocratisés qui soit. Pourtant, lorsqu'on recherche la truite en rivières petites à moyennes, leur longueur présente de nombreux avantages comme nous le verrons, notamment pour la pêche en sèche. Nous avons sélectionné pour vous 6 références dont 5 annoncées comme des 9'6 #3 (Angefly Stratège, JMC Pure Equipe, Maxia MX3 et SX4, Vision Nymphmaniac) et une 9'6 #3/4 (Marryat Tactical Pro).
Pour la pêche de la truite en rivières rapides petites à moyennes, le choix de la canne dépend essentiellement de la technique privilégiée (généralement sèche ou nymphe au fil) et de l'importance accordée à la polyvalence (volonté ou pas d'alterner ces techniques).
Le standard pour ce type d'approche est une 10' de puissance comprise entre #3 et #4. Toutefois, avec ses quelques centimètres en moins, la 9'6 offre au pêcheur en sèche plus de réactivité et de confort de pêche que la 10' et permet également de limiter les rencontres avec la ripisylve dans les milieux encombrés. Elle conserve toutefois une longueur suffisante pour contrôler correctement la dérive à la fois en sèche (lorsqu'il faut soustraire un maximum de ligne à la surface de l'eau pour limiter le dragage par exemple) et en nymphe au fil (pour des dérives à moins de 5/6m), pour celui qui souhaite rester polyvalent.
Cette série Stratège possède un look épuré et des composants qui tendent à minimiser le poids : le blank de couleur gris carbone est brut, sans revêtement, et orné d'anneaux monopattes Recoil aux ligatures gris ardoises. A l'instar des nouvelles Vision XO, la résine de ces blanks Stratège inclut du graphène. Les liserés bleus et rouges couplés aux écritures blanches du premier brin rappellent le drapeau tricolore, clin d'oeil à l'équipe de France de pêche à la mouche. La poignée liège première qualité surmonte un porte moulinet (PM) up-locking gun métal avec insert carbone. Côté finition, on retrouve un accroche-mouche, des points d'alignement des brins et des ligatures de mesure des poissons (de 20 à 50cm avec une graduation tous les 10cm). Ces cannes 4 brins sont vendues dans un tube cordura compartimenté.
Avec son blank mat, ses ligatures noires et son porte moulinet carbone, cette canne fait résolument dans la sobriété. Comme toutes les cannes de la série Equipe, une ligature tricolore figure à la base du premier brin. Elle symbolise l'attachement de la marque JMC et de cette série de cannes en particulier à la pratique compétitive de la pêche à la mouche. Côté finition, on retrouve des points d'alignement des brins.
Après une première série Tactical aux tons verts, les Tactical Pro renouent avec le classicisme du noir mat, pour le blank et le porte moulinet alu anodisé. Les ligatures sont noires et celles des emmanchements possèdent un fin liseré rouge qui apporte une légère touche de couleur. L'alignement des anneaux est facilité par deux petits points blancs sur le blank. Caractéristique assez rare : le porte moulinet est à vissage vers le bas (down-locking) pour cette 9'6. Les anneaux sont de type Recoil Titane/nickel et le premier Fuji SIC est situé sur le premier brin. La canne est livrée dans une housse rouge et une tube carré cordura noir.
La série MX de Maxia présente un look assez singulier en arborant notamment les fameux liserés jaunes, symboles de la marque, au niveau des emmanchements et des inscriptions du premier brin. Le blank avec un faible revêtement possède un aspect brut ; les ligatures sont noires et les anneaux Recoil. Le porte-moulinet est en métal gris foncé avec insert carbone, ce qui donne une touche d'originalité au produit. Cette canne en 4 brins est livrée dans un tube de protection noir sur lequel figure un filet anti-rayure en plastique bleu.
Pour cette série SX, Maxia rompt avec les ligatures jaunes des MX et passe au vert ! ces liserés sont présents au niveau des emmanchements et du premier brin. Le blank est toujours brut, non verni et doté de classieux anneaux sombres et de ligatures noires (11 anneaux dont 9 monopattes pour cette 9'5). Le moulinet en alu gris présente un insert vert bouteille, la forme de la poignée ne change pas par rapport aux MX. Cette canne 4 brins est livrée dans une housse et un tube aluminium carré verts, surmonté du classique filet plastique bleu anti-rayure de la marque.
Cette canne Vision possède un blank brut, non verni. Le porte moulinet mêle aluminium anodisé noir et insert en liège. Des touches de vert, signatures de la gamme Nymphmaniac, viennent singulariser le produit, notamment au niveau des inscriptions sur le talon, des ligatures et des emmanchements. Sur la poignée liège forme cigare figure un cerclage vert qui est un repère marquant les 20 premiers centimètres depuis la base du talon (la graduation se poursuit de 10 en 10 avec des ligatures vertes jusqu'à 50 cm). Ce modèle possède 12 anneaux avec des ligatures olives sombres, dont l'avant-dernier est serpentiforme, de façon à limiter les enroulements du nylon autour du scion lorsqu'on pêche en nymphe "à l'espagnole" (avec du monofilament uniquement). Cette canne 4 brins est livrée dans un tube compartimenté.
En ce qui concerne la puissance, les cannes de ce test peuvent être classées en 3 catégories :
Au niveau des actions caractérisées par l'Action Angle (AA), deux catégories sont représentées :
Caractérisée par la fréquence d'oscillation (CCF) exprimée en cpm, la réactivité est indicatrice du rythme de lancer à adopter lorsqu'on pêche en sèche. Elle dépend étroitement de la puissance de la canne et donc de la place de l'ERN dans la plage de puissance considérée (plus l'ERN est en haut de la fourchette et plus la CCF devrait logiquement être importante).
Pas de surprise à ce niveau, les CCF les plus faibles correspondent bien aux ERN placés relativement bas dans leur plage de puissance : exemple de la Vision Nymphmaniac avec une CCF à 78 cpm pour un ERN à 3.12 qui prend l'avantage sur la JMC Pure niveau réactivité (CCF à 76 cpm à ERN égal), de la Stratège (77 cpm pour un ERN à 3.27) et de la Marryat Tactical Pro (80 cpm pour un ERN à 4.16). Les 2 Maxia possèdent les CCF les plus élevés car leurs ERN sont situés en milieu de plage de leurs puissances respectives (83 cpm pour la Maxia MX3 avec un ERN à 4.60 et 81 cpm pour la SX4 avec un ERN à 3.42).
L'influence du montage sur la pratique de la pêche en sèche ou en nymphe à vue est moins importante que lorsqu'on opère en nymphe au fil. Toutefois dans la mesure où l'acquéreur d'une 9'6 peut potentiellement alterner ces différentes pêches, nous étudierons la distance du premier anneau à la poignée, ainsi que, comme d'habitude, les finitions et les caractéristiques des poignées des différents modèles.
Côté finition, seules l'Angefly Stratège et la Marryat Tactical pro possèdent à la fois accroche-mouche et points d'alignement des brins. Les autres références ne possèdent que l'accroche-mouche (cas des 2 Maxia et de la Vision Nymphmaniac) ou que les points d'alignement des brins (cas de la JMC Pure).
Pour ce qui est des longueurs et épaisseurs des poignées, celle de la Marryat est la plus courte et la plus épaisse (163 mm x 27 mm), celle de la Vision la plus fine (22 mm). Les longueurs de poignée les plus importantes reviennent aux 2 Maxia (185 mm). Les autres valeurs sont standard.
Enfin, seule la Marryat Tactical Pro possède une distance entre le premier anneau et la poignée compatible avec une pratique efficace de la nymphe au fil (37 cm), toutes les autres cannes de ce test sont très typées "pêche en sèche" avec des distances comprises entre 46 et 53 cm.
Niveau confort de pêche, notre système de notation attribue la meilleure note (7.8/10) à l'Angefly Stratège (grâce à son poids impressionnant de 70 gr !), ex-aequo sur la plus haute marche du podium avec la Maxia SX4 (grâce à son équilibre impressionnant : PME à 115 gr). L'Angefly s'équilibrera parfaitement avec un moulinet vide d'environ 100 gr (80 gr pour la Maxia). Viennent ensuite la Tactical Pro avec 7.4/10 grâce à son porte-moulinet inversé qui décuple l'équilibre (un moulinet vide d'environ 100 gr l'équilibrera parfaitement), talonnée par la Vision Nymphmaniac (7.3/10) et la JMC Pure (7.2/100). Ces deux références s'équilibreront avec un moulinet vide d'environ 110/120 gr. Enfin, la Maxia MX3 (pourtant conçue en 3 brins) ferme la marche avec un 6.8/10 (elle nécessitera un moulinet d'environ 120 gr).
Comme à notre habitude, nous ne discuterons pas le look des différents modèles, ce critère étant totalement subjectif. Les photos parlent d'elles-mêmes et chacun se fera un avis selon sa propre sensibilité. De même, nous ne débattrons pas les détails de finition, tant les pratiquants accordent des importances très variables à chacun d'eux.
Discutons plutôt des usages, principalement dictés par les puissances réelles des différents modèles :
Bon choix !
Le protocole de test des cannes à mouche
Bien choisir sa canne sèche / nymphe à vue
Comment choisir sa canne à nymphe
Les cannes Stratège en ligne sur Angefly :
Les cannes JMC Pure Equipe en ligne :
Les cannes Maxia en ligne :
Les cannes Marryat accessibles en ligne :
Les cannes Vision accessibles en ligne chez nos partenaires :

Un article récent, pourtant paru dans la presse régionale de la province du León en Espagne, a connu dans les milieux halieutiques français un succès et une diffusion inattendus sur les réseaux sociaux. Mais que diable contenait cet article de si extraordinaire ? Il affirmait que les rivières de cette province avait connu une augmentation spectaculaire des populations de truites liée à la mise en place de réglementation restrictive sur le prélèvement et la mise en place du No-Kill (NK) en particulier.
Mais est-ce que les chiffres et les données d’inventaires piscicoles dans les rivières du León appuient réellement cette affirmation ? Le cas échéant, le NK est-il réellement responsable de ce fait ? Le NK peut-il réellement palier à la dégradation de nos rivières ? Et si les réponse sont négatives, alors, comment expliquer le succès de ce type de fausse-nouvelle ? Du León à la Franche-Comté, plongée au cœur de la désinformation, des faits-alternatifs et des « effets de bulle » dans les milieux halieutiques…
Commençons cet article par le corps du délit : l’article de presse (Figure 1) [1] . Paru dans un titre de presse régional à la diffusion confidentielle, moins de 10 000 ventes papier annuelles [2], l’essentiel du message de l’article, dont nous allons discuter les principaux arguments, tient dans ces quelques lignes :
" La principale conclusion tirée du suivi effectué est clairement positive pour les rivières de León, tant en ce qui concerne l'augmentation du nombre de captures que de leur taille. Cela est dû à la décision de modifier l'intensité de l'exploitation piscicole par des tronçons sans prélèvement, avec des quotas de deux prises libres et des réserves classiques avec quatre truites sur paiement d'une taxe. Ces mesures ont eu un impact positif sur les rivières de León. Cette amélioration est intervenue après la mise en œuvre de la loi 9/2013, du 3 décembre, sur la pêche en Castille-et-León. "
Le message est donc clair : il y a davantage de truites parce que le prélèvement par les pêcheurs a été réduit ou annulé via des parcours NK. Nous reviendrons plus tard sur ce que nous disent les données scientifiques sur les effets du NK de ce côté-ci des Pyrénées, mais intéressons-nous d’abord à la situation des rivières du León.
Situées au nord-ouest de la péninsule ibérique, les rivières salmonicoles de la province sont principalement issues des monts Cantabriques, dont les sommets dépassent les 2500m d’altitude. Cette région est soumise à un climat tempéré à dominante océanique. Ces éléments de géographie sont importants car a priori on s’attend donc à y trouver des populations de truites en bonne santé. Ces éléments étant précisés, intéressons-nous aux données des inventaires piscicoles [3].
L’article de presse évoque le cas des densités de truites « en augmentation remarquable » sur les rivières Esla, Sil et Orbigo, bien que les données piscicoles de la province comprennent 12 stations et non 3 (Figure 2).
En réalité, entre 2014 et 2018, sur les 12 stations, seules 4 stations indiquent une forte augmentation des densités de truites : Lario sur l’Esla, Secarejo sur l’Orbigo, Matarrosa sur le Sil en addition de la station Vegarienza sur l’Omana. Les 8 autres stations montrent soit une stabilité (ex : Torio) soit une grande variabilité annuelle (ex : Cabrera). Nous sommes donc loin d’une augmentation globale mais plutôt sur un effet local sur certaines rivières.
On s’étonnera enfin que les densités les plus élevées en 2018 sont relevées sur la station de l’Orbigo et celle sur l’Omana d’un coté et sur la station de Lario sur l’Esla de l’autre, qui sont toutes les trois situées sur des cotos avec prélèvement et sur « coto mixte » (NK le week-end / prélèvement en semaine), respectivement. Étrangement, ce point n’a pas été relevé dans l’article.
Mais pour autant est-ce que le paramètre densité est un critère pertinent pour évaluer l’effet du NK ?
En réalité, le paramètre « densité » mesure surtout le niveau du recrutement naturel c’est-à-dire la quantité de juvéniles produits chaque année. Si l’on s’intéresse aux nombres de poissons adultes et subadultes, c’est le paramètre biomasse qui importe, c’est en effet ce paramètre qui mesure la quantité de poisson présents hors alevins et qui est un proxy de la quantité de poissons « capturables » par les pêcheurs.
Que disent les inventaires des biomasses sur les rivières du León (Figure 2Bis) ?
Sur les 12 rivières, 8 stations montrent une grande stabilité, seule 4 stations sur 12 ont vu les biomasses augmenter d’une manière visible (le Cabrera, le Sil et l’Orbigo toutes trois en coto sans prélèvement et l'Omana avec prélèvement) .
3 de ces stations partaient de très très bas : sur l’Orbigo et le Cabrera moins de 1gr/m² (10kg/ha), sur le Sil à peine 20kg/ha. Sur ces stations, les populations de truites avaient donc pratiquement collapsé et on y a retrouvé des valeurs moyennes (inférieures à 100kg/ha). Paradoxalement, c’est sur la station de l’Omana, un coto avec prélèvement, que la biomasse de truite est la plus élevée en moyenne sur les 5 années du suivi. Sur les 8 autres stations, la situation est stable, à des niveaux généralement bas, sauf sur la station du Torio qui est meilleure mais sans variation au cours du temps (> 100kg/ha).
Que retenir de ces données ?
Tout d’abord que l’augmentation des biomasses de truites, proxy de la quantité de truites adultes et sub-adultes, est essentiellement portée par 4 des 12 stations où la population de truite s’était effondrée et s’est progressivement reconstituée. Sur les autres stations, la stabilité est de mise, souvent à des niveaux faibles. Si il sort du cadre de cet article de comprendre pourquoi la population de truite s’était effondrée sur certaines stations (crue, sécheresse ?), il est évident qu’il n’y a aucun effet visible global du NK sur les rivières du León. Au contraire, le recrutement naturel est même le plus élevé sur les stations avec prélèvement et la station qui a la biomasse moyenne la plus élevée est aussi localisée sur un coto avec prélèvement.
Voir dans ces données un quelconque effet des mesures réglementaires relève donc de la mauvaise foi même si on ne peut exclure d’éventuels effets locaux et ponctuels, en particulier sur la présence de plus grosses truites.
Afin de ne pas argumenter uniquement à charge contre le NK, il n’est pas complètement inutile de se demander si l’arrêt du prélèvement n’a pas, malgré tout, un effet « amortisseur » sur les tendances à la baisse des populations de truites. Si le NK ne permet pas d’avoir davantage de truites, il permettrait de juguler ou de ralentir d’éventuelle baisse. Cet argument a-t-il une base scientifique ?
Par chance, ou par malchance, la dégradation des rivières de Franche-Comté comme la Loue ou la Bienne ont débouché sur l’instauration de NK généralisés qui permettent de se rendre compte des effets du NK sur les populations de truites.
Sur la Loue, la FDAPPMA25 suit sur deux stations les évolutions de la population de truite [4]. Les données analysées dans la Figure 3 proviennent de la station amont, à Mouthier, station suivie de longue date ce qui permet d’avoir une idée des populations avant les épisodes de mortalité qui ont débouché sur la mise en NK a partir de 2017. Que constate-t-on depuis 2017 ?
Que si les effectifs de truites se sont stabilisés depuis 2015 à un niveau faible, bien loin des densités de 1999, la biomasse connaît une érosion lente et inexorable, sans aucun effet visible du NK. Pire, il n’y a jamais eu aussi peu de truites adultes : plus le temps passe, plus la population de géniteurs diminue malgré l’arrêt du prélèvement alors que le recrutement naturel connaît une embellie relative.
Même les années où le recrutement naturel a semblé meilleur, comme en 2017, ne sont pas suivies les années d’après par une augmentation des densités de truites adultes, preuve que les dysfonctionnements environnementaux ne sont en aucun cas compensés par l’arrêt du prélèvement. La situation est d’ailleurs équivalente en aval, à la station de Cléron, où les biomasses de truites ont même atteint des niveaux extrêmement faibles depuis 2014, de l’ordre de 20kg/ha. Les données sur la station RHP de Jeurre sur la Bienne dans le département du Jura sont même pire encore, malgré presque 7 années sans aucun prélèvement.
Sur ces 3 stations, la conclusion est sans appel : le NK n’a strictement aucun effet visible dans les inventaires piscicoles et en aucun cas il n’a permis sur ces stations d’atténuer ou de juguler l’effondrement des populations. Ce qui est valable dans le León, au sud des Pyrénées, est donc parfaitement symétrique à ce qui se passe au nord de celles-ci, en Franche-Comté.
A ce stade de l’exposé, une question demeure : si le NK a aussi peu d’effets visibles sur les populations de truite, pourquoi cette mesure purement halieutique est-elle autant mise en avant par ces promoteurs à travers ce type d’article de presse ?
L’auteur de ces lignes n’ayant pas d’expertise particulière en matière de sociologie, ce qui suit sera certainement à nuancer et à discuter. Tout d’abord, faisons le constat que l’article du Diario de León a essentiellement été commenté et diffusé dans les milieux de la pêche à la mouche et de la pêche aux leurres, milieux de longue date convertis au NK. Nous sommes donc probablement dans un cas typique de « biais de confirmation » où ceux qui diffusent ou « like » ce type de contenu y cherchent d’abord une manière de conforter et de valider leurs a priori et leurs idées, plutôt que de chercher à les mettre en perspective et de se documenter d’une manière équilibrée et sur des bases rationnelles.
L’autre élément qui semble déterminant dans le succès de ce type de fausse-information c’est « l’effet de bulle » que l’on rencontre systématiquement sur les réseaux sociaux, forum et autres lieux d’échanges sur internet. Ces lieux de discussion sont en effet souvent homogènes, l’anticonformisme est rare, l’iconoclaste rapidement bloqué ou banni. Ne parlons pas de la place de la science, inexistante, les scientifiques ayant de longue date presque complètement déserté ces lieux où n’importe qui s’improvise biologiste, médecin, avocat… sans aucune connaissance, diplôme ou expérience professionnelle en relation avec le sujet. L’imposture a remplacé l’expertise. Difficile dans ces lieux convertis au NK comme ailleurs on se convertit dans une religion, de faire entendre une petite musique un peu plus rationnelle c’est-à-dire basée sur des faits, des données, des chiffres. Pire, il est même fort à craindre que ces lignes, au contenu pourtant fort consensuel dans les milieux scientifiques, vaillent à son auteur un des ces procès en sorcellerie dont internet a le secret. Gageons d’ailleurs que cet article aura bien moins d’audience et de relais que la fausse-information qu’il dénonce !
Biomasse et densité de truite : quelques repères quantitatifs
Le Plan Départemental pour la Protection du milieu aquatique et la Gestion des ressources piscicoles (PDPG) de la Haute-Savoie (Figure 4) [6] offre un intéressant panorama des inventaires piscicoles opérés à une échelle départementale. Les chiffres de biomasse et de densité ont été classifiés par la méthode des quartiles qui permet de positionner les chiffres de chaque station par rapport aux autres et de définir d’une manière objective des valeurs « standards ».
En Haute Savoie, le standard est de l’ordre de 90 kg/ha et de 0,25 ind./m² , les meilleures stations donnant des valeurs bien supérieures à 200 kg/ha et à 1 ind./m². On notera la grande hétérogénéité des valeurs, reflétant à la fois les caractéristiques naturelles des rivières (habitats disponibles, productivité des milieux…) mais aussi les pressions et les dégradations subies par les milieux à l’échelle d’un département. Même si il est toujours malaisé d’opérer des comparaisons entre des rivières aussi distantes et subissant des contraintes aussi diverses, il est tentant de comparer ces données avec les valeurs dans le León qui apparaissent ainsi assez ordinaires voire banales (biomasses dépassant rarement les 100 kg/ha et densités généralement inférieures à 0,5 ind./ha). Preuve encore une fois que si l’herbe est parfois plus verte ailleurs en matière de qualité de pêche, les raisons ne sont pas toujours à chercher du coté des cheptels de truites effectivement présents…
Nous avons vu dans cet article que, dans la province du León comme dans les rivières de Franche-Comté, les effets de l’arrêt du prélèvement sont difficilement perceptibles dans les inventaires piscicoles, ce qui permet d’avoir de sérieux doutes sur l’efficacité de telle mesures halieutiques en matière de conservation. Car comme je l’avais argumenté dans un article précédent [5], le NK peut éventuellement, et si le milieu le permet, procurer un nombre supérieur de poissons adultes et de grande taille. Pour autant, cette mesure n’a aucun effet écologique mesurable sur la dynamique des populations. Elle ne permet pas d’amortir les effets de la dégradation du milieu en Franche-Comté, pas plus qu’elle ne permet de miraculeusement multiplier les truites dans les rivières du León. La mise en place du NK a donc tout du miroir aux alouettes : détourner l’attention des pêcheurs des vrais problèmes environnementaux sur lequel nous sommes complètement incapables de nous fédérer. C’est probablement là le véritable problème de fond posé par ce type de fausses-informations mille fois relayées et diffusées, qui n’ont de cesse d’alimenter depuis des décennies des oppositions stériles. Ces divisions internes, croissantes, participent à l’affaiblissement des structures représentatives et empêchent l’émergence dans nos rangs d’un mouvement global de contestation et de protestation, seul moyen d’établir un rapport de force capable de peser dans le débat environnemental.
L’urgence est là, nos rivières se meurent et les pêcheurs en sont encore à croire en des mirages…
La transition 2020/2021 a été très prolifique pour l'enseigne française Field and Fish : après avoir relooké sa veste de wading Expert Sonic (voir ici) et actualisé la version de son gilet haut de gamme Expert Pro (voir ici), la marque renouvelle également ses équipements étanches dont le chest pack et le sac à dos. Focus sur ces 2 produits :
Ces 2 produits 100% étanches partagent plusieurs constituants dont :
99 euros
NB : il est possible de fixer ce chest pack sur n'importe quel type de ceinture, en bandoulière ou de manière plus classique à la poitrine.
Nous vous recommandons le visionnage de la vidéo suivante pour vous assurer de l'étanchéité du produit :
119 euros
Nous vous recommandons le visionnage de la vidéo suivante pour vous assurer de l'étanchéité du produit :
On retrouve ici les caractéristiques des produits Field and Fish que nous mettons souvent en avant lors de nos présentations :
Nous profitons de cette présentation pour vous rappeler qu'acheter un produit Field and Fish, c'est aussi réaliser un acte militant car 1% du chiffre d'affaire de l'entreprise est reversé à l'association Rivières Sauvages !
Le prix Charles Ritz, du nom du célèbre pêcheur à la mouche suisse, récompense chaque année des travaux de protection et restauration du milieu aquatique, et des populations de salmonidés notamment. Depuis 2018, le réalisateur et biologiste belge Philippe Laforge travaille sur un film consacré aux derniers lauréats du prix. Rencontre avec cet artiste engagé :
Bonjour Philippe, pouvez-vous vous présenter pour les lecteurs de Truites & Cie ?
"Je suis biologiste, spécialisé en hydrobiologie ; chercheur universitaire en Belgique dans les années 90. En 2003, je me lance dans la réalisation de documentaires naturalistes centrés sur les cours d’eau. Trois ans plus tard, cela devenait mon activité professionnelle principale. La passion pour l’observation des milieux aquatiques et la vie qui s’y développe fut le point de départ de tout cela. Cette passion n’a fait que croître lorsque je me suis mis à pêcher à la mouche... il y a maintenant plus de 40 ans."
Comment s'est opéré le lien entre votre formation scientifique et le versant plus artistique de votre personnalité ?
"Cela est venu assez naturellement. Dans les années 80 et 90, j’étais intéressé par la photographie animalière : cerfs, chevreuils, mais aussi truites, ombres, éphémères, trichoptères, etc...
Lorsque les premières caméras vidéo grand public sont apparues, un ami m’a prêté son matériel. Il permettait de filmer en subaquatique. J’étais alors chercheur à l’université de Namur en Belgique. Mes collègues scientifiques et plusieurs amis pêcheurs, furent enthousiasmés par les images que je leur montrais car à cette époque, peu de films s’intéressaient à la vie existant dans les ruisseaux et rivières. La reproduction de l’ombre commun filmée en image subaquatique fut ainsi l’un des tous premiers documentaires que j’ai pu réaliser. Je pense que c’était assez inédit pour l’époque.
L’idée d’allier la passion pour l’observation des cours d’eau, la fibre de photographe-vidéaste et les connaissances en hydrobiologie pour réaliser des documentaires sur la vie des ruisseaux et des rivières est rapidement devenue une évidence pour moi. Mon but était, et reste encore aujourd’hui, de sensibiliser le grand public et les décideurs à la sauvegarde des cours d’eau en montrant la diversité et la beauté de ces milieux naturels, leur fragilité, en expliquant l’intérêt que nous avons tous à les préserver."
Vous avez récemment collaboré avec les membres de l'International Fario Club (IFC), créé par Charles Ritz en 1958, qui sont à l'origine du prix portant le nom du fameux pêcheur globe trotter, pouvez-vous nous en dire un peu plus ?
"L’International Fario Club a créé le prix en 2003 pour refléter la préoccupation de ses membres pour l’état des rivières en France et aider là où c’est possible les projets méritants avec une dotation et une mise en lumière. Consacrer un peu de temps et d’argent à ceux qui se donnent sans compter pour les cours d’eau est apparu indispensable. Les lauréats ont tous parlé avant tout de reconnaissance bien utile pour justifier leurs actions/politique auprès de leur base parfois dubitative, et souvent utilisé les fonds pour déclencher des mécanismes d’abondement et démarrer ainsi de nouveaux projets."
Au sujet de votre dernier film consacré aux lauréats du prix, quels sont les messages qu'il véhicule ?
"Le film est construit sur des témoignages de femmes et d’hommes qui ont mené et continuent à mener, le plus souvent à titre bénévole, des initiatives locales visant à promouvoir une pêche responsable et le lien de plus en plus malmené entre l’humain, les cours d’eau et les poissons, ou encore des actions ayant pour but d’améliorer la situation de cours d’eau, préserver un patrimoine naturel et dénoncer des situations inadmissibles qui mettent en danger la vie aquatique.
C’est un message d’espoir que le film veut faire passer. En démontrant qu’il n’est jamais trop tard pour agir. Si l’on se bouge réellement, si l’on est motivé pour faire avancer les choses, et bien, même s’il s’agit de combats de longue haleine dont l’issue positive n’est jamais assurée, il est souvent possible de renverser la tendance de dégradation observée un peu partout."
Tout ceci tombe à pic à l'heure où il semble plus que jamais nécessaire de mobiliser les pêcheurs dans la protection de nos milieux aquatiques ! Comment est-ce que les adhérents de notre système associatif peuvent aider les projets de l'IFC ?
"Lorsqu'on est membre d'une AAPPMA, il est possible de répercuter les dossiers promus par le prix auprès de votre association et de l’encourager à se porter candidate, faire remonter aux organisateurs du prix Charles Ritz les informations des associations qui agissent pour leur rivière quand vous en connaissez...etc. Par ailleurs, l'IFC et moi-même sommes actuellement à la recherche d'un diffuseur pour la version longue (52 minutes) du film sur les lauréats. Si vous avez une piste, nous vous serions reconnaissants de nous en informer ! Enfin, vous êtes les bienvenus pour vous engager avec l'IFC dans l’ouverture d’un nouveau canal de financement de la protection des rivières, en convainquant des entreprises impliquées d’agir en complément de l'Etat pour le bien de tous."
A ce propos, l'International Fario Club accorde une place importante à la démarche participative, pouvez-vous illustrer ce point ?
" En 2020, la version « 22 minutes » du film sur les lauréats fut projetée lors du Rise Festival. L'IFC a célébré la duplication du prix en Angleterre, dont la deuxième édition est prévue pour 2022. Cette année le président du jury est Gael Even, très actif sur tous les fronts.
L'IFC offrira une place au jury par les réseaux sociaux à un follower choisi sur dossier, un peu comme le fait la radio France Inter avec « Le prix du livre Inter ». La version longue du film (52 minutes) sur les lauréats est finalisée et sera accessible dès qu’un canal de diffusion sera localisé. L'IFC et moi-même souhaitons remercier l'ensemble des mécènes qui ont soutenu ce projet de film.
L’IFC fêtera l’an prochain la 20ème édition française avec la sortie d’un livre qui présente les 20 lauréats, leurs actions et leurs vertus d’exemplarité.
Enfin, dès la crise liée à la Covid19 derrière nous, l'IFC entamera des chantiers de team building en rivière avec des entreprises partenaires soucieuses d’impliquer leurs équipes auprès des acteurs de terrain dans la restauration des cours d’eau."
Merci Philippe, en tout cas l'appel est lancé pour un éventuel candidat à la diffusion du film dont voici la bande-annonce :
Il y a un an, nous vous présentions les 3 premiers modèles de la nouvelle gamme XO Graphene de la marque Vision (la 9'7 #5, la 10'3 #3 et la 11'4 #3). En 2021, l'entreprise finlandaise y ajoute LE grand classique pour la pêche des beaux poissons en sèche et en nymphe à vue : la 9' #5. Voici ses caractéristiques techniques :
La principale innovation de cette série réside dans l'adjonction du graphène à la résine du blank (matériaux composite apportant de la légèreté et de la résistance). Côté look et montage, les XO Graphene reprennent plusieurs éléments de leurs petites soeurs XO, notamment le motif spiralé du blank gris mat, les ligatures de tonalité identique, les légères touches de brun au niveau du premier brin, et les composants haut de gamme, comme les anneaux monopattes Recoil nickel titanium à mémoire de forme et la poignée liège de première qualité. Sur la poignée liège forme cigare figure un cerclage marquant les 20 premiers centimètres depuis la base du talon (la graduation se poursuit à 40, 50 et 60cm pour cette 9'). Le porte-moulinet reste en aluminium mais devient beaucoup plus épuré, de type skeleton. Cette canne 4 brins est livrée dans un tube métallique et une housse.
Le protocole Common Cents System a permis de caractériser la puissance, l'action et la réactivité de cette canne :
En ce qui concerne la puissance, 42 cents ont été nécessaires pour plier la canne sur un tiers de sa longueur. Après conversion, cela donne un ERN à 5.20 et une puissance réelle #4/5. La puissance annoncée est donc légèrement sur-estimée.
Au niveau de l'action, l'angle à 69° classe ce modèle dans la catégorie fast (AA supérieur à 66°).
La CCF de cette canne à 82 cpm est proche de celle des autres références du marché de même longueur/puissance.
Les chiffres du confort de pêche de cette canne sont tout simplement inégalés sur le marché. A titre de comparaison, le PTE de cette XO Graphene (203 gr !) est inférieur à ceux des références de longueurs/puissances voisines dont les fameuses Loomis NRX + LP (ERN 5.20 et PTE 217 gr) et Orvis Helios 3F (ERN 5.20 et PTE 218 gr) 9' #5... Cette nouvelle Vision est à ce jour la canne la plus confortable de sa gamme de longueur/puissance... sacré performance ! Il sera d'ailleurs difficile d'obtenir l'équilibre parfait car pour y parvenir, un moulinet vide de 80 gr environ suffit !
Au niveau du montage, pas grand chose à signaler si ce n'est le caractère épuré de ce modèle, qui atteste bien de la volonté de limiter le poids au maximum (porte-moulinet sans insert, pas d'accroche mouche...etc). La poignée de son côté est de dimensions standard (24 x 175 mm).
L'avis d'Antti Guttorm, product manager chez Vision, sur la XO Graphene 9' #5 :
"En 2021, Vision ajoute un « classique » à sa gamme de cannes phare. La nouvelle 9 '#5 a une action légèrement plus douce que les autres cannes de la gamme XO Graphene. L'action peut encore être décrite comme moyenne rapide mais elle reste très douce. Cette canne est parfaite pour des présentations délicates et la réalisation de lancers roulés lorsque vous n'avez pas de place à l'arrière. Toutes les canne de la gamme XO Graphene sont dotées d'une résine unique renforcée de graphène qui les rend plus solides, plus légères et tout simplement meilleures. Le graphène est le matériau testé le plus résistant au monde. Le liège de qualité supérieure, le porte-moulinet skeleton moderne, l'anneau de départ en titane et les monopattes RECOIL complètent ce modèle haut de gamme."
Comme évoqué par Antti Guttorm dans son commentaire, cette 9' #5 se destine aux présentations délicates en sèche ou en nymphe à vue, avec une soie de 4 ou de 5 selon la distance de pêche, votre style de lancer et les conditions (présence de vent, degré de discrétion imposé par les poissons...etc). Cette caractéristique tient dans sa puissance contenue car niveau action, on reste ici clairement dans la catégorie des cannes fast.
Ainsi, cette nouvelle XO Graphene vient concurrencer les 2 modèles 9' #5 phare du marché pour ce champ d'application : la Loomis NRX + LP et la Orvis Helios 3F. D'ailleurs, la Vision possède exactement la même puissance que les 2 américaines (ERN à 5.20) ; elle s'en distingue par une action un peu plus rapide (AA à 69° pour la XO, contre 65° pour la Loomis et 67° pour la Orvis) et surtout un confort de pêche encore meilleur avec un PTE inférieur de 15 gr à ceux de ses concurrentes !
A l'instar des modèles nymphe au fil de cette série XO Graphene, les cannes destinées aux approches plus traditionnelles se montrent tout aussi techniques et abouties !
Le protocole de test des cannes à mouche
Bien choisir sa canne sèche / nymphe à vue
Les cannes Vision accessibles en ligne chez nos partenaires :
Les autres tests Vision :

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