La restauration des milieux aquatiques est un enjeu majeur des années à venir puisqu'elle constitue sans doute un des principaux leviers pour décupler la résilience de ces biotopes, entre autres fa
Le grand cormoran Phalacrocorax Carbo Sinensis engendre depuis de nombreuses années une importante polémique sur les dégâts commis par l’espèce sur les populations piscicoles. Les pouvoirs publics ont autorisé des quota de tir de destruction qui ont engendré en retour une forte opposition des milieux ornithologiques. Le cas du cormoran est ainsi emblématique des tensions qui ont surgi depuis deux décennies en France avec le retour, ou l’arrivée nouvelle, de prédateurs piscivores naturels, qu’ils soient ailés (grand cormorans, harle bièvre, héron cendré...etc), terrestres (loutre, vison...etc) ou même aquatiques (silure). Il est donc légitime de se demander ce que la science dit de l’impact du grand cormoran sur les communautés piscicoles. L’objet de cet article est donc de procurer au lecteur une base de réflexion nuancée et argumentée sur des bases rationnelles de l’impact du cormoran.
L’Union Européenne a publié il y a quelques années une importante synthèse [1] sur le grand cormoran qui fait le point sur l’histoire et la biologie de l’espèce. Il existe en France deux sous-espèces de grands cormorans : une lignée côtière appelée carbo qui peuple principalement les côtes du nord-ouest de l’Europe et une lignée continentale, sinensis, ayant une vaste répartition en Europe, incluant eaux douces et eaux salées. Il ne fait guère de doute que ces deux lignées font intégralement partie des faunes natives des écosystèmes aquatiques d’Europe, incluant la France. Toutefois, l’espèce avait été quasiment exterminée en France et en Europe par destruction directe, mais aussi du fait de l’utilisation de pesticides comme le DDT, avant que des mesures de protection initient à partir des années 1960 une lente recolonisation.
Il y aurait en Europe entre 1 et 2 millions de cormorans, la population française étant principalement constituée d’oiseaux hivernants d’origine très diverse mais les populations nicheuses sont en constante augmentation dans notre pays. L’expansion démographique de cette espèce essentiellement piscivore a très vite généré de nombreux conflits d’usages autour des dégâts supposés sur les populations de poissons, que ce soit dans le milieu naturel ou en pisciculture.
Bien que l’espèce bénéficie d’un statut de protection en Europe, la plupart des états membres ont réagi en instaurant des mesures de contrôle de population sous la forme de tirs ou de destructions de nids. Ces mesures, ainsi que des effets écologiques densité-dépendants sur la survie des individus, sont probablement responsables de la stabilisation des effectifs de l’espèce à l’échelle continentale, sans qu’il soit réellement possible de conclure sur le rôle effectif des tirs de régulation dans cette stabilisation démographique.
C’est dans ce cadre que les quota de tir sont promus en France par la plupart des fédérations de pêche (FDAAPPMA). Certaines d’entre elles se livrent même à une surenchère photographique d’un goût assez douteux. On pourra prendre l’exemple récent de la communication de la FDAAPPMA du Var [2] dont les montages photo traduisent bien la volonté de choquer et de déplacer le débat vers le registre de l’émotion et de l’indignation (Figure 1).
C’est dans ce contexte dominé par l’affectif que certaines associations de protection de la Nature se sont élevées contre les quota de tir à l’occasion de recours en justice devant les tribunaux administratifs. La plus active d’entre elle sur ce dossier, la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO), mobilise ainsi régulièrement avec succès ses militants contre les projets d’arrêtés dont plusieurs d’entre eux ont été annulés par les juridictions administratives.
Et la science dans tout cela ?
La revue Fish and Fisheries a récemment publié une méta-analyse de chercheurs scandinaves qui ont compilé plus de 600 articles scientifiques évoquant le grand cormoran [3].
Quelles sont les conclusions de cette étude ?
Tout d’abord, sur un total de plus de 600 articles, seulement 22 (moins de 4%) permettent d’estimer quantitativement l’impact de l’oiseau noir sur les populations piscicoles. En effet, l’immense majorité des recherches menées sont des articles descriptifs sur le régime alimentaire, les habitudes de vie, l’écologie de l’espèce...etc. Il est donc impossible d’en tirer un signal statistique, à la baisse ou à la hausse, sur les populations de poissons. Il s’agit là d’un problème général en écologie où l’on manque de données quantitatives historiques comme des inventaires naturalistes par exemple.
On constatera ainsi avec intérêt que, sur les 22 études pertinentes, une bonne partie concerne des statistiques de capture à la ligne ou au filet par les pêcheurs avant/après l’arrivée des cormorans (les fameuses CPUE, Capture Par Unité d’Effort), démontrant encore une fois le rôle important joué par les gestionnaires piscicoles en matière d’acquisition de données sur les milieux aquatiques.
Cela étant dit, quel est le signal donné par ces 22 études ?
Il peut être résumé sur la Figure 2 : il y a autant d’articles qui démontrent un effet négatif du cormoran sur les populations de poissons que d’articles qui démontrent un effet positif de la présence de l’oiseau.
Dans le détail, les effets négatifs se concentrent sur les populations de poissons fourrages (gardon, perche…etc) tandis que les effets sur les salmonidés et les grands carnassiers sont beaucoup plus élusifs. Il est difficile d’en dire plus devant le manque général de données quantitatives, mais il est clair que rien ne permet aujourd’hui d’affirmer que le cormoran a un effet global négatif sur les populations piscicoles.
Les lecteurs seront sans doute un peu surpris par l’idée que le cormoran pourrait avoir des effets positifs sur les populations de poissons. En réalité, la science a abondamment documenté depuis plusieurs décennies combien le retour des prédateurs terrestres et aquatiques a permis de stabiliser et d’améliorer le fonctionnement des écosystèmes, par exemple en limitant la pression parasitaire par élimination sélective des individus les plus faibles ou encore en accélérant le recyclage et les flux de matière dans les chaînes alimentaires. Il sort du cadre de cet article de discuter des possibles effets positifs de la présence du grand cormoran, mais on voit bien avec cette méta-analyse combien les preuves qui justifient la destruction en France de dizaines de milliers d’oiseaux pourtant protégés sont particulièrement minces.
Nous allons voir dans le prochain chapitre qu’il existe pourtant des doutes, à plus petite échelle et sur certaines espèces en particulier, qui demanderaient à être étayés beaucoup plus précisément.
En science, et en particulier dans les sciences de la Nature, il faut toujours se méfier des effets d’échelle : ce qui est vrai au niveau global pouvant cacher au niveau local des disparités, voire aboutir à des conclusions inverses.
Le développement des techniques de marquage individuel des poissons par puce électronique (PIT-Tag et radio-télémétrie ) offre ainsi de remarquables perspectives d’étude à une échelle très fine (celle de l’individu) du devenir des poissons au cours du temps.
En marquant des poissons capturés par pêche électrique avec des PIT-Tag et des Radio-Tag, il est possible de suivre au cours du temps la survie individuelle des poissons. De la même manière qu’il est possible d’estimer la part des poissons prédatés par les cormorans en allant rechercher les Tags dans les déjections sous les dortoirs/nichoirs des cormorans. On peut ainsi estimer un taux de prédation moyen.
Des chercheurs danois ont effectué ce type d’analyse sur deux rivières en marquant plus de 3000 poissons et en suivant leur devenir au cours des deux années suivantes (Table 1) [4] :
Les taux de prédations par les cormorans sont importants sur la truite et l’ombre, respectivement 30% et 70%. Ce sont de loin les deux espèces les plus vulnérables. On pourra certainement discuter des méthodes utilisées et de la façon de calculer les taux de prédations, il n’en demeure pas moins que ces taux restent élevés, parfois proches ou même supérieurs au taux de mortalité naturel annuel admis chez les salmonidés (50% en moyenne). Ces taux de prédations sont donc, en théorie, de nature à impacter une espèce fragilisée par la dégradation des écosystèmes comme l’ombre commun par exemple.
Le même groupe de chercheurs a effectué des analyses similaires depuis de nombreuses années et sur des sites différents, en étudiant la survie des smolts de saumons et de truites de mer (Table 2) [5] :
Les niveaux de prédations estimés sont à des niveaux assez variables, entre 20% et 80% des poissons marqués et suivis. Néanmoins, de nombreuses études montrent des taux supérieurs à 50% sur ces deux espèces dont le statut de conservation est presque partout préoccupant. Ces données accréditent l’idée que les populations de salmonidés migrateurs subissent des niveaux de prédation importants par les cormorans, dans un contexte global de baisses généralisées et continues des contingents reproducteurs de retour en eau douce.
Bien entendu, ces données ne permettent que de chiffrer ce qui a été prédaté mais pas le flux entrant de poissons issus de la reproduction naturelle ou venus par migration en provenance de sites pas ou peu soumis a la prédation par le cormoran. De la même façon, ces chiffres ne permettent pas d’estimer le taux de survie des poissons « survivants », ceux qui ont échappé a la prédation, et dont on peut penser qu’ils bénéficient d’effets densité-dépendants qui « boostent » leurs taux de survie.
Néanmoins, l’ampleur de ces taux de mortalités sur des espèces fragilisées comme l’ombre commun ou le saumon indique qu’il existe des incertitudes scientifiques sur l’impact réel du grand cormoran sur certaines espèces [6]. De quoi justifier d’entreprendre enfin des études quantitatives qui permettraient de sortir de « l’état de doute » et de pouvoir préciser où, quand et comment des campagnes de tir pourraient avoir lieu.
Trois points de réflexion sont possibles en guise de conclusion :
Aujourd’hui le cormoran, demain la destruction du silure, de la loutre, du harle bièvre...etc. L’urgence écologique est là, nous perdons beaucoup d’énergie à nous entre-déchirer sur des sujets périphériques en perdant de vue que si nous ne sommes pas capables de nous fédérer et de peser dans le débat public, nous n’aurons bientôt plus en France ni truite, ni ombre, ni saumon (et plus de grands cormorans non plus !). Il est peut être temps de cesser de faire parler la poudre et de dialoguer avec les autres associations de protection de la Nature. Mais les pêcheurs ont-ils réellement la volonté collective de devenir des acteurs engagés de la protection des écosystèmes ?
NB : cet article a en partie été inspiré par un dialogue publié par la revue Avian Conservation and Ecology entre l’ornithologue Keith A. Hobson de l’Université West Ontario (Canada) et l’Ichtyologue Steven J. Cook de l’Université Carleton (Canada). Les lecteurs anglophones et érudits en écologie liront avec intérêts ici et ici les contributions de ces deux chercheurs.
Remerciements :
Merci aux relecteurs (pas si) anonymes de cet article pour les améliorations proposées et au rédacteur en chef de Truites & Cie pour la possibilité d’ouvrir, une fois encore, une fenêtre d’Overton (que beaucoup s’acharneront a refermer !).
[2] Régulation du grand cormoran dans le Var. Pêche Var, news du 26/04/2021
[4] Jepsen, N, Ravn, HD, Pedersen, S. Change of foraging behavior of cormorants and the effect on river fish. Hydrobiologia 820, 189–199 (2018).
[5] Jepsen, N, Flávio, H, Koed, A. The impact of Cormorant predation on Atlantic salmon and Sea trout smolt survival. Fish Manag Ecol. 26: 183– 186 (2019)
[6] Steffens, W. Great cormorant Phalacrocorax carbo is threatening fish populations and sustainable fishing in Europe. In American Fisheries Society Symposium. Vol. 75, 189-200 (2011)
Après les très bons conseils distillés par Guillaume Le Garrec pour choisir une canne pour pêcher le brochet à la mouche (ici), nous vous proposons de nous intéresser au choix de la soie, tout aussi importante que la canne dans la pêche à la mouche. Marc Millieroux vous a déjà donné quelques éléments sur le choix des soies pour les pêches en hiver (ici). Voici un petit guide pour voir un peu plus en détails ce que sont ces soies à brochet.
Comme le disait très bien Guillaume dans son article, la pêche du brochet à la mouche présente des contraintes majeures:
lancer des grosses mouches
potentiellement à bonne distance
et surtout avec aisance, en s’économisant au maximum
En résumé, il faut un ensemble qui lance vraiment efficacement, pour pêcher confortablement et efficacement pendant plusieurs heures de pêche, voire plusieurs jours, à la recherche de touches qui se font souvent rares. Le choix de la soie, dans un tel cadre, est de première importance.
Une soie mal adaptée vous fera redoubler d’effort, rater des lancers, et faire monter la frustration de ne pas être vraiment en pêche. A l’inverse, la soie adéquate vous permet de vraiment lancer vos mouches, et surtout, augmente grandement votre efficacité de pêche, et donc vos chances de réussite.
Voyons en détails les caractéristiques d’une soie qui conviendra à votre utilisation.
Le premier élément à considérer est le numéro de la soie. Il va bien sûr de paire avec la canne que vous utiliserez, et Guillaume Le Garrec a déjà traité le sujet dans son article. Je reprends donc ici les grandes lignes de son analyse, que je partage pleinement.
Le choix de la taille de la soie répond aux contraintes suivantes:
la taille de la mouche: si un Piker’s Point en 4/0 ou un petit baitfish pattern en EP Fiber de même taille se lance très facilement avec une soie de 8, les grosses mouches volumineuses, articulées ou dotées d’un wiggle tail requièrent l’emploi d’une soie #10; si vous voulez pêcher avec toutes les tailles de mouches, n’hésitez pas à prendre une 10, qui sera tout aussi capable de lancer une petite mouche; si vous n’utilisez que des petites mouches de 10 à 20cm, la #8 vous suffira; enfin, si vous hésitez, la #9 est le choix le plus polyvalent
la taille des poissons et l’encombrement: si les brochets ne sont pas des combattants au même titre que les tarpons, vous risquez de vous trouver en difficulté face à un poisson de plus de 80-90 dans un milieu encombré avec une canne pour soie de 8; dans ce cas, le choix du numéro de soie est contraint par la puissance de la canne, et moins par la taille de la mouche; en résumé, si vous pratiquez dans des zones d’herbiers, sur des poissons majoritairement de taille modeste, une #8 vous suffira et surtout vous permettra de prendre plus de plaisir avec vos poissons: un brochet de 50-60 sur une canne #10 fera pâle figure, entre la raideur de la canne et le poids de la soie, alors qu’une 8 sera plus dimensionnée pour ce genre de poisson; mais si vous avez la chance de tomber sur des gros poissons métrés, voire plus, alors une #9 voire #10 devient beaucoup plus sûre, surtout si vous pêcher au milieu des bois morts
le confort dû au poids de l’ensemble: si une soie #10 vous permet de lancer facilement tous types de mouches, un ensemble pour soie #10 sera obligatoirement plus lourd (poids de la canne et poids de la soie) qu’un ensemble pour soie #8 (à qualité égale); choisissez donc un ensemble et un style de pêche qui vous donneront le plus de sensation: oui, il est possible de s’éclater au brochet à la mouche avec un ensemble léger en #8 qui sera plus maniable et agréable qu’un ensemble en #10. Mais si vous décidez de prendre le brochet à la mouche par le bout hardcore, lancer des grosses mouches, chercher des gros poissons, alors la #10 est pour vous. En résumé, les choix de la #8 ou de la #10 sont des choix tranchés, clairs dans les objectifs; si vous voulez le meilleur compromis, alors la #9 sera le choix qui vous ouvrira le plus de possibilités
Que ce soit avec une #8, une #9 ou une #10, toutes les soies brochet (ou grosses mouches en général) doivent répondre à ce besoin simple: lancer efficacement, à toute distance, sans effort.
Pour ma part (comme pour la majorité des pêcheurs de carnassiers que je connaisse), le choix est très clair: j’aime les soies qui ont une tête lourde et courte, pour entraîner la mouche en un minimum de faux lancers, et shooter à bonne distance. Les fabricants ne s’y trompent pas et tous proposent aujourd’hui ce type de soie.
Ces soies sont ce que l’on pourrait qualifier de “WF amplifiée” ou de “shooting head intégrée” (voir Figure 1). La majorité de la masse de soie est concentrée sur la tête, qui est en général d’environ 9m de long. Vient ensuite le running line, beaucoup plus léger, qui sera entraîné par la tête au shoot.
L’idée d’un tel profil est de :
entraîner la mouche dès qu’on a quelques mètres de soie en dehors de la canne, ce qui vous donne un vrai confort de lancer, même à courte distance
permettre de shooter dès que la tête est sortie de la canne, ce qui se fait en quelques faux lancers: on atteint facilement de bonnes distances avec un minimum d’effort
Parmi ces soies, on aura des profils un peu plus chargés sur l’avant, et d’autres plus triangulaires. Les profils plus chargés sur l’avant sont très efficaces à courte distance et la tête sort vraiment très vite. Elles portent très efficacement les grosses mouches. On pourrait parfois leur reprocher des posers un peu brutaux avec la pointe de la soie qui part en angle droit (rebond en fin de déploiement de la soie, provoqué par une mouche ou une pointe de soie lourde lancée avec trop de vitesse). Ce genre de désagrément peut être rattrapé avec un polyleader* pour grosse soie, genre tarpon, qui va amortir le déroulement de la fin de la soie et éviter ce rebond.
Les profils triangulaires auront beaucoup moins ce souci de rebond mais seront un peu moins efficaces avec peu de soie. Ce sont des soies idéales pour lancer loin toute la journée, avec une tête mesurant de 9 à 12m (pour les plus longues). Elles sont parfaites pour pêcher un grand plateau d’herbier.
Mais en toute honnêteté, faire la différence entre ces deux profils pour la même longueur de tête n’est pas immédiat. Vous ne ferez pas d’erreur en prenant l’une ou l’autre, si vous débutez dans cette pêche. Dans un deuxième temps, les éléments amenés au-dessus vous permettront d’analyser des comportements que vous souhaiteriez corriger.
Les polyleaders sont, de manière simplifiée, des bas de ligne construits avec la même matière qu’une soie, sur une âme en monofilament.
Pour le brochet, je privilégie les polyleaders courts de 4 à 5’ (1,20m à 1,50m) pour le brochet ou pour les gros poissons de mer, pour avoir à la fois:
une âme très solide (entre 20 et 40lbs de résistance)
et conserver un ensemble soie-bas de ligne avec une pointe courte et épaisse, permettant d’avoir du poids sur la ligne même avec peu de longueur de soie sortie; j’évite les polyleaders de 10’ voire plus, conçus pour la truite ou le saumon, dont l’utilité est notamment d’adoucir le posé d’une mouche beaucoup plus légère qu’un streamer à brochet; ces polyleaders longs n’offrent pas assez de masse en pointe pour entraîner les grosses mouches
On trouve des polyleaders de toutes les densités, comme pour les soies. Un intérêt majeur est de gagner en vitesse de plongée sur une soie flottante ou à faible densité (inférieure à S3), et ainsi d’atteindre plus rapidement des profondeurs plus importantes en changeant uniquement le bas de ligne. Personnellement, j’utilise uniquement des polyleaders beaucoup plus plongeants que ma soie (au moins 3 densités de plus; par exemple un polyleader S6 sur ma soie S3). Typiquement, il est très intéressant de rajouter un polyleader S5 ou plus au bout d’une intermédiaire, pour augmenter franchement la densité de la pointe et rendre l’ensemble plus plongeant. Comme ils sont très courts, je ne vois pas vraiment d’effet si j’augmente seulement d’une densité.
Les plus bricoleurs d’entre nous peuvent remplacer un polyleader par un à deux mètres de soie. On peut ainsi customiser la pointe de soie comme on le souhaite (dans la limite de ce que l’on pourra lancer). Cela demande de réfléchir un peu (éviter notamment de mettre un brin de soie trop léger), mais le résultat peut être très efficace.
Pour certains experts du lancer, qui ont par exemple beaucoup pêché la truite en réservoir, il est plus naturel de tenir 15m voire plus de soie en l’air avant de shooter. Et cela peut s’accompagner avantageusement d’un gain en distance. On peut donc dans ce cas opter pour une tête plus longue de 12m, voire plus, que l’on retrouvera sur des profils qui sont plus proches d’une WF classique. En effet, les soies courtes avec une tête très marquée en poids par rapport au running line ne sont pas particulièrement indiquées pour tenir plus que quelques mètres de running en plus de la tête en l’air.
Si elles satisfont pleinement ces utilisateurs experts, je ne conseillerais en revanche pas ce genre de soie à quelqu’un qui découvre le brochet à la mouche, et n’a pas un bagage de lancer distance confirmé.
La plupart des soies modernes sont livrées avec une boucle préformée au bout de la soie. Très pratiques pour monter un bas de ligne boucle dans boucle, et très solide, ces boucles peuvent avoir le défaut d’être très épaisses sur les soies à faible densité (flottante ou intermédiaire) et de mal passer dans les anneaux. Et il arrive très souvent que le raccord soie bas de ligne entre dans les premiers anneaux en fin de récupération.
Sur ces soies, je préfère couper la boucle préformée et la remplacer par une boucle en gaine de nylon tressé, appelée aussi chaussette, pour soie de 9 à 12. Extrêmement solides, durables sur plusieurs saisons de pêche, ces chaussettes s’écrasent bien au niveau du raccord et passent beaucoup mieux dans les anneaux. Une à deux ligatures en fil de montage sur la portion de soie rentrée dans la chaussette, avec quelques gouttes de colle forte et une petite couche de résine UV, et votre raccord sera paré pour le combat!
Lancer ce genre de soie comprend deux phases: sortir la tête, et shooter.
Sortir la tête
Dans la majorité des cas, on récupère le streamer jusqu’à ce qu’il arrive en bout de canne (à la limite du raccord soie-bas de ligne). Et ce parce qu’il est fréquent qu’un poisson attaque dans le dernier mètre, que ce soit du bord ou en bateau. On relance donc avec seulement le bas de ligne à l’extérieur de la canne. Ce qui est plutôt une bonne chose, parce qu’il n’est pas particulièrement aisé d’effectuer un bon arracher avec plusieurs mètres de soie lourde dans l’eau.
La première opération consiste à faire un premier lancer arrière vif, énergique, ayant pour but de faire sortir le maximum d’eau du streamer, pour qu’il soit le plus léger possible au lancer.
Cet arraché peut être l’occasion de laisser sortir quelques mètres de soie entraînés par le poids du streamer.
L’utilisation d’une soie chargée sur l’avant prend ensuite tout son sens: dès lors qu’on a sorti quelques mètres de soie, celle-ci va immédiatement entraîner la mouche, et permettre de lancer avec aisance.
A partir de là, sortir la tête se fait sans effort: il faut exploiter pleinement le poids de soie pour lancer en douceur, en mettant le minimum de vitesse nécessaire. Cette tête lourde est conçue pour sortir facilement de la canne en quelques faux lancers, sans même une double traction. Une erreur classique, quand on a l’habitude de lancer des soies #5 flottantes, est de forcer sur les premiers faux-lancers. Non seulement ce n’est pas nécessaire (et va donc vous coûter une dépense d’énergie inutile), mais cela peut grandement compliquer le lancer; ce type de soie est tellement efficace qu’elle va:
se tendre en une fraction de seconde, puis se détendre dès l’instant suivant et commencer à retomber, provoquant ainsi une perte de tension dans la soie et donc d’efficacité au lancer
entraîner violemment le streamer qui arriver à pleine vitesse en bout de soie, et provoquer un rebond qui va détendre la soie (avec les mêmes effets décrits au-dessus, et en prime cette sensation désagréable de la mouche qui “tape” en fin de lancer)
Préférez donc un lancer en douceur, avec une gestuelle arrondie (type lancer rotatif, ou lancer belge), en mettant le moins de vitesse possible dans vos faux lancers. Vous verrez que la tête sortira très facilement, même sans traction. C’est pour cela qu’on choisit ce genre de soie: sortir la tête n’est qu’une formalité. Allez-y donc en douceur pour sortir la tête, et vous vous serez économisé pour le shoot, qui est vraiment le moment de mettre la gomme.
Shooter
Du moment où vous avez sorti la tête de soie de la canne, c’est tout simple: shootez. Sortez au maximum 4 à 5m de running si vous voulez gagner en distance, et shooter vers le haut avec une bonne traction avant. Et vous verrez à quel point ce genre de soie est efficace pour lancer loin une grosse mouche en peu d’effort.
Bien sûr, vous adapterez votre shoot à votre distance de lancer. Il n’est pas besoin de forcer si vous lancez à 10-15m. Mais avec un peu d’entraînement, vous verrez qu’on peut lancer un streamer entre 20 et 25m à tous les coups et avec un minimum d’effort avec ce genre de soie.
En conclusion: lancer ce type de soie se résume à préparer le shoot. D’où leur nom (shooting head). Économisez vous sur les faux lancers pour sortir la tête, et ne forcez qu’au shoot final.
Les avantages sont nombreux:
on l’a dit : cela permet de lancer avec un minimum d’effort, et c’est donc un gain de fatigue et de concentration très intéressant
le lancer étant très efficace, on diminue les lancers ratés, qui peuvent peser un peu moralement sur une journée, ou tout simplement ruiner un poste
ces soies lourdes sont très efficaces pour lancer dans le vent, même par vent fort (qui sont si favorables à l’activité du brochet); comme on shoote rapidement, on a moins de risque d’avoir son lancer contrarié par une bourrasque
comme on lance en quelques faux lancers, la mouche passe moins de temps en l’air et donc plus de temps dans l’eau; ce qui, dans ce genre de pêche, est un avantage considérable
on lance loin facilement, et cela revient au point précédent: la mouche bat plus de terrain si on gagne quelques mètres au lancer
Choisir la densité de la soie est une étape très importante. Marc Millieroux l’a bien introduit dans son article (ici). Cela va déterminer vos profondeurs de pêche, et votre vitesse d’animation.
Quand on pêche au leurre souple, quand on pêche au toc, à la nymphe sous la canne, on change le poids de son leurre ou de son montage pour pêcher plus ou moins vite, ou plus ou moins profond. Dans le cas de la pêche au streamer, si on peut jouer un peu sur le poids du streamer et sa densité pour gagner un ou deux mètres ou descendre plus rapidement (on préfèrera en général que le streamer soit le plus léger possible pour être lancé facilement), la profondeur de pêche et la vitesse de pêche sont réglées par la vitesse de plongée de la soie (donc sa densité). C’est pourquoi il peut être très intéressant d’avoir deux à trois densités de soie dans ces affaires, quand on ne sait pas trop à quoi s’attendre (ou qu’on sait justement que les conditions seront variées).
Voici quelques repères que j’applique personnellement, sur des soies à tête plongeante et running flottant à intermédiaire:
soie flottante ou Hover: de la surface (toutes vitesses d’animation possibles) à environ 2m (animation lente)
intermédiaire: pêche confortable à 1m-1m50, puis de 50cm (animation rapide) à 2-3m (animation très lente)
S3: pêche confortable à 2m-2m50, puis de 1m (animation rapide) à 4-5m (animation très lente)
S7: pêche confortable à 5-7m, 3-4m (animation rapide) à +de 10m (en attendant longtemps)
(Pour rappel: une soie dénommée “SX” coule à une vitesse de X pouces par seconde; une soie S7 coule donc de 7 pouces par seconde)
On retiendra que les profondeurs de pêche confortables (sans avoir à attendre plus d’une minute que la soie coule) sont inférieures à 5-6m. Mais il est possible de pêcher plus profond avec une soie très plongeante, notamment avec une soie intégralement plongeante.
Personnellement j’utilise ces 4 densités de soies.
Mais celle que j’utilise le plus fréquemment, pour pêcher en bateau entre 2 et 3m50, est sans conteste la S3(S4).
Il est fréquent de trouver aujourd’hui des soies à densité variable, ou “compensée”. Le principe est simple: la pointe est dans une densité plus plongeante que la partie précédente (en remontant vers le moulinet). On peut ainsi avoir une soie avec un running flottant/intermédiaire, une tête en S3 et une pointe (2 à 3 derniers mètres) en S6. Le but recherché est que l’ensemble de la soie coule en restant le plus possible en ligne droite entre la pointe de la canne et la pointe de la soie, et ainsi d’éviter la bannière (les mous dans la soie) qui seront des pénalités aussi bien pour la détection des touches, que pour l’animation ou le ferrage.
Je ne saurais vous soutenir si ces soies sont une révolution. Mais il n’y a aucun doute sur le fait qu’elles représentent, au minimum, un petit plus.
Et pour jauger leurs vitesses de plongée par rapport aux soies uniformes, un simple calcul de moyenne sur les densités de la tête (une S3 - pointe S6 se compare à une S4, ou S5) vous donnera quelques repères. Notez que ce calcul est une grossière approximation, mais qu’il sera largement suffisant pour vous donner une idée de ce que vous avez entre les mains.
Pour terminer sur les densités: la vitesse de plongée annoncée par le fabricant est indicative. En fonction de la tension que l’on met dans la soie, de la densité de la mouche, ou encore de la longueur de la partie plongeante, la soie coulera plus ou moins vite.
Afin de contrôler au mieux votre profondeur de pêche par rapport au fond, voici une méthode simple: comptez le nombre de secondes que vous laissez à la soie pour couler, du moment où elle se pose sur l’eau. Si vous ne connaissez pas bien la profondeur, commencez en laissant couler 3 à 5s (voire plus si vous pêchez un endroit très profond), puis laissez couler de 2 à 5s de plus à chaque lancer suivant, jusqu’à ce que vous grattiez le fond. Vous aurez ainsi une bonne représentation du temps nécessaire à votre soie pour toucher le fond, et pourrez ainsi gérer le temps qu’il vous faudra attendre pour atteindre la zone qui vous intéresse (au fond, 2m au-dessus, entre deux eaux…).
Et cette méthode est valable pour toutes les densités, variables ou non.
Choisir une bonne soie pour le brochet à la mouche est au moins, voire plus, important que de choisir sa canne. Une soie de type shooting head intégrée, comme en trouve aujourd’hui de nombreuses sur le marché, est sans conteste ce qui vous offre le plus d’efficacité pour le moins d’effort, aussi bien en distance qu’en précision. Faîtes l’analyse des profondeurs de pêche que vous allez rencontrer le plus souvent, et sélectionnez la(les) densité(s) qui couvrira(ont) vos besoins, et vous serez parés!
Trois conseils pour finir:
privilégiez les soies ayant une âme à élasticité réduite (low stretch core). Les pêcheurs au leurre ne s’y trompent pas: la détection des touches et l’efficacité des ferrages au brochet est bien supérieure avec une tresse qu’en nylon, puisqu’elle n’a aucune élasticité.Installées maintenant sur le marché depuis une bonne vingtaine d’années, les soies low stretch sont ce qui se rapproche le plus de la tresse pour nous autres moucheurs. Elles offrent autant une meilleure détection des touches qu’un ferrage plus efficace. Et tous ceux qui se sont frottés au brochet à la mouche savent à quel point le ferrage est difficile dans cette pêche. Autant mettre toutes les chances de son côté.
le panier de lancer est quasiment obligatoire! même la meilleure soie du monde trouvera toujours le moyen de s’accrocher à une brindille par terre, ou à une bride de sac dans un bateau; le panier n’est pas une garantie absolue contre les noeuds dans la soie, mais vous réduirez énormément les désagréments d’une soie qui s’emmêle ou se coince quelque part (personnellement, je ne conçois plus de pêcher sans); n’oubliez pas de mettre un petit coup de lubrifiant de temps en temps sur votre running line, cela évitera que les spires de soie se collent les unes aux autres dans le panier, et vous fasse des gros sacs de noeuds
la meilleure soie vous facilitera énormément le lancer, mais ne vous dispensera pas de lancer correctement ! Un peu de technique et d'entraînement vous permettront d’exploiter pleinement vos soies magiques , et de lancer des gros streamers à brochet. Quelque chose me dit que le Fly Casting Lab vous produira bientôt quelque chose sur le sujet.
Bien choisir sa canne brochet à la mouche
Voici quelques modèles de soies proposées sur le marché (la longueur de la tête est indiquée entre parenthèses), qui correspondent aux caractéristiques décrites de soies adaptées pour lancer des mouches à brochet.
Par type de profil (notez que cette classification est simplificatrice. Les profils de soies des fabricants sont souvent des variations autour de la classification proposée ici):
WF: Vision Big Mama (12,8m), Airflo Streamer Max Long (12,4m)
Shooting Head classique: Vision Grand Daddy (8,5m), RIO Striper (9,14m), Vision Bottom Express (9,14m), Airflo Sniper 4 season ou 40+ Sniper (9,14m),
Triangulaire: Vision MERI (10m), RIO Elite Predator (10,4m, longueur changeant en fonction du numéro), ORVIS Hydros Bank Shot Sink Tip (9,14m),
Chargée avant: RIO Outbound Short (9,14m), Aifrlo Superdri Bass Muskie (12,4m), Scientific Anglers Mastery Titan (10,2m), Scientific Anglers Mastery BassBug (13m, flottante), Scientific Anglers Sonar Titan (10,2m), ORVIS PRO Saltwater Allrounder (12m), ORVIS Hydros Cold Water
Vient un temps dans la vie de certains pêcheurs où la transmission prend le pas sur l’action de pêche par elle-même. Cap au cours duquel les considérations à propos de la Nature, de notre place en son sein, l’amour des créatures aquatiques et l’émerveillement devant le spectacle permanent de nos vallées, montagnes et rivières deviennent prioritaires au regard du nombre de prises et de la taille des poissons... Cette prise de conscience chez le pêcheur qui devient auteur s’affirme aussi comme l’heure du bilan mais aussi le moment de transmettre aux futures générations la synthèse de ce que fut sa vie depuis plusieurs décennies déjà. Hervé Thomas est de cette trempe.
En tant que pêcheur tout d’abord, puis ensuite comme guide pendant de longues années, et désormais comme auteur, c’est ainsi que vint à nous en 2013 le Tome 1 de “Mes Carnets de Pêche à la Mouche”. Ce premier volume était volontairement généraliste, mais très, très abouti dans sa forme, idéal pour se lancer sérieusement dans le monde magique de la pêche à la mouche.
En 2015, le Tome 2 montait d’un cran le curseur, notamment en immergeant le lecteur dans le monde passionnant des principaux insectes liés à notre discipline, à savoir les éphémères et les trichoptères.
Ce sont de beaux livres, à la présentation très soignée et dans un format original qui ont été très, très bien accueillis par le public concerné.
Alors voici enfin le Tome 3 de ”Mes Carnets de Pêche – Confidences d’un Guide... Au Fil de l’Eau”…
Je dois d’abord vous dire que j’ai rencontré Hervé par l’entremise de Jacques Dauty il y a une vingtaine d’années déjà. Jacques m’avait dit “ ... je vais te présenter un jeune guide qui sort du lot, un mec très intéressant…”, il avait vu juste mon vieil ami, quelques heures plus tard, je bouleversais mes boîtes à mouche ! ...et pas que ! Rencontre marquante...
J’avais donc très envie de parler d’Hervé, de sa maîtrise des sujets qu’il évoque, de sa discrétion, de sa mélancolie pour cette Nature qu’il vénère.
Or, je ne développerai pas davantage car Grégoire Juglaret (éminent membre de l’équipe de France et champion du monde de pêche à la mouche) qui publie la préface a trouvé les mots justes, bien mieux que je n’aurais pu le faire moi même. Cette préface vaut de l’or, empreinte d’une émotion juste et tangible, elle dit l’essentiel sur Hervé, son regard et son oeuvre.
L’ouvrage est considérable, dans la même forme que les deux précédents, le travail fourni, je vous le dis tout de go, est... titanesque !!!
J’ai l’habitude d’écrire de modestes articles et je sais pertinemment le temps et l’investissement que cela représente, mais là..., là, mes amis… c’est du lourd, du très lourd, croyez moi ! Il s’agit d’une oeuvre qui inspire le respect ! Au vu de la masse de travail abattu nous ne pourrons donc que pardonner à l’auteur de nous avoir fait languir sept longues années depuis le Tome 2 !
Nous trouverons dans ce Tome 3, le passage en revue de toutes les techniques de pêche à la mouche avec un long chapitre très appuyé sur la pêche en lac et en réservoir, pêches dont Hervé est un spécialiste reconnu.
Dans toutes les rubriques, nous découvrirons conseils avisés et astuces très utiles pour la pêche.
Mais ce qui caractérise surtout ce livre à mes yeux est la place faite à toutes les bestioles considérées comme “secondaires” dans la littérature halieutique en général. Bien au contraire, de magnifiques et nombreux insectes mal-connus (ou même inconnus) de la plupart d’entre nous seront mis à l’honneur, gloire à eux !
Très abondamment illustré de superbes photos (dont la qualité a encore augmenté par rapport aux volumes précédents), on se familiarisera avec moult plécoptères, diptères, coléoptères et hyménoptères (...entre autres !).
A ma connaissance cela n’a jamais été fait de façon aussi exhaustive et aussi illustrée. Cet angle inédit justifie l’achat de cet ouvrage, je vous le dis tel que je le pense.
A la fois livre de pêche et guide naturaliste, ce dernier opus ouvrira de nouvelles fenêtres d’opportunités aux pêcheurs et sera une source inépuisable d’inspiration pour les monteurs de mouches passionnés. D’ailleurs, au moment même ou j’écris ces lignes, une irrépressible envie de me caler devant l’étau me submerge tant chaque page tournée donne l’initiative d’un montage nouveau.
Merci encore, Hervé pour ces lumineuses inspirations !
Vous qui aimez la pêche, la Nature et les livres, ne passez pas a côté de cet indispensable Tome 3, la qualité, le propos, la densité sont au rendez-vous, vous ne pourrez pas être déçus… mais ceux d’entre vous qui possèdent les 2 premiers volumes le savent déjà, j’en suis persuadé.
Quant à moi, je dois vite vous laisser, j’ai besoin de monter en urgence quelques Syrphes, Mésembrines et autres Mécoptères !
En dehors des parutions de livres de pêche techniques souvent relayées dans ces colonnes, les éditions du Gerfaut publient régulièrement des livres initiatiques pour les enfants dont la vocation est de les sensibiliser à la Nature. Focus sur quelques nouveautés 2021 assez originales :
Tout part d'une situation assez ordinaire de la vie courante, prétexte à une immersion intime dans le monde sauvage. Ces 2 livres (Viens chez nous Dans les eaux du monde et Viens chez nous Dans les forêts du monde) convient les plus jeunes à sillonner la planète pour s'enrichir de toute la diversité de 2 écosystèmes : le milieu aquatique et la forêt. L'occasion de découvrir de nouvelles espèces inconnues habitant des contrées lointaines et de mieux connaître celles plus proches de chez nous déjà croisées.
En Bref :
Parution Mars 2021
Format 240 x 240 mm
28 pages
Tout carton
Dès 5 ans
Le concept est simple et ludique : partez pour un conte pour enfant bien connu et profitez de quelques haltes dans la narration pour vous adonner à l'exploration de la Nature théâtre du récit ! Pour cela, il suffit de déplier certaines pages qui se transforment alors en planches illustrées traitant de la biologie des écosystèmes traversés.
4 possibilités s'offrent à vous :
Si l'éditeur conseille ces ouvrages à partir de 5 ans, sachez quand même que les considérations naturalistes abordées sont très riches et même assez pointues (elles attireront l'attention même des plus grands à n'en pas douter !). Des livres qui vous accompagneront pendant longtemps !
En bref :
Parution Septembre 2021
Format 240 x 240mm
42 pages
Livre cartonné avec pages à déplier
Nouvelle venue sur le marché des cannes mouche réservoir, la série Booster de l'entreprise française JMC présente un prix alléchant de 229 euros et des caractéristiques techniques prometteuses. Nous étions donc dans l'obligation de chiffrer tout cela de manière objective comme à notre habitude ! Après avoir inclus la 9'6 #7 dans notre comparatif du mois de novembre, voici en détails les mesures des 3 autres modèles : la Light Game 9'6 #6, la Allstar 10' #7 et la Bomber 10' #8.
Cette nouvelle série Booster présente un blank au revêtement gris mat et des ligatures noires fixant des anneaux monopattes. Les inscriptions et liserés bleus du premier brin apporte une discrète touche colorée. La poignée liège full wells surmonte un porte moulinet noir à insert carbone et un talon de combat en liège. Côté finitions, on retrouve un accroche-mouche et une règle de mesure des poissons à 50 et 60 cm. Ces cannes 4 brins sont livrées dans un tube compartimenté.
Le protocole Common Cents System a permis de caractériser la puissance et l'action de ces 3 cannes :
En ce qui concerne la puissance, 64 cents ont été nécessaires pour plier la 9'6 #6 et la 10' #7 sur un tiers de leurs longueurs respectives, 71 cents pour la 10' #8. Après conversion, cela donne des ERN à 8.15 pour la 9'6 #6 et la 10' #7 (puissance réelle #7/8) et 8.95 pour la 10' #8 (puissance réelle #8/9). L'ensemble des puissances est donc sous-estimé, de façon assez classique avec les cannes réservoir.
Au niveau de l'action, les 9'6 #6 et la 10' #8 partagent un AA à 66° et donc une action moderate fast alors que la 10' #7 est fast (AA 70°).
Les dimensions de poignée choisies pour cette série Booster (26 x 180 mm) sont tout à fait standard et identiques à celles de la majorité des références de mêmes longueurs/puissances du marché actuel.
Côté finitions, on retrouve un accroche-mouche.
Les chiffres du confort de pêche sont très bons et surpassent des cannes de gammes de prix bien supérieures :
Par exemple, le PTE de la Booster 9'6 #6 est identique à celui de la Marryat Tactical Bombarde 9'6 #7F alors que la JMC est plus puissante (ERN à 8.15 pour la Booster vs 7.65 pour la Marryat) ! Un moulinet vide d'environ 160gr permettra d'atteindre l'équilibre.
Le PTE de la Booster 10' #7 est quant à lui identique à celui de la Marryat Tactical Bombarde 10' #7 (ces 2 cannes partagent la même puissance réelle mais le prix de la Marryat est le double de celui de la JMC !). Un moulinet vide d'environ 180gr sera idéal.
Enfin, le PTE de la Booster 10' #8 est inférieur d'une vingtaine de grammes à celui de la Vision Stillmaniac 10' #7 alors que la JMC est plus puissante (ERN à 8.95 vs 8.40 pour la Vision) et bien moins chère ! Un moulinet vide d'environ 200gr sera indiqué pour parvenir à l'équilibre une fois garni.
L'avis de Grégoire Juglaret (Mouches de Charette, membre des Equipes de France de pêche à la mouche depuis 2009, Champion du Monde par équipe et vice Champion du Monde individuel 2017) sur la gamme Booster :
" Il y a plusieurs façons de s’équiper pour le réservoir avec un budget donné :
La série Booster a été développée pour répondre à ce second cas. Dans cette série de cannes très abordables (230 €), chaque modèle a eu un cahier des charges indépendant.
Très progressives, elles sont très confortables et tiennent parfaitement le poisson sans être obliger de « treuiller ».
Les deux 9’6 sont conçues pour utiliser des soies à shooter, avec des profils « courts » (des têtes jusqu’à 13 mètres seront parfaites). Equipées d’anneaux anti-tang en entrée de tunnel, on pourra utiliser des running lines très fins et souples.
Les 10’ seront plus adaptées à l’utilisation de soies avec des fuseaux longs, pour les pêches lentes. Equipées de gros anneaux à céramique fine, on pourra porter de grandes longueurs de soie, tout en limitant le frottement en entrée de tunnel.
Comme quoi, il est possible de faire technique, efficace et complet pour un budget « raisonnable »."
Avec cette nouvelle série Booster, l'entreprise JMC se positionne clairement dans la catégorie des cannes réservoir de bon rapport qualité/prix. Au vu des chiffres du confort de pêche, on peut dire que l'initiative est particulièrement réussie !
Parlons un peu des usages en rapport que les couples action/puissance de chaque modèle :
Pour ce qui est des applications privilégiées plus précises, nous vous renvoyons au commentaire technique particulièrement informatif de Grégoire Juglaret.
Bon choix !
Le protocole de test des cannes à mouche
Bien choisir sa canne réservoir
Les cannes Booster accessibles sur commande chez nos partenaires revendeurs JMC :
Les autres tests JMC :

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