L'Enquête sur la pêche loisir en région PACA est ouverte !
Voici le communiqué de l'Association Régionale des Fédérations de Pêche PACA :
Voici le communiqué de l'Association Régionale des Fédérations de Pêche PACA :
Du 22 au 28 mai dernier s'est déroulé le 27ème championnat d'Europe FIPS au Portugal. A cette occasion, l'Equipe de France s'est une nouvelle fois illustrée en empochant la médaille d'or par équipe et en individuel avec Lionel Fournier. Rencontre avec ce capitaine doublement couronné :
Bonjour Lionel, tu as endossé pour la première fois le rôle de capitaine lors de ce championnat d'Europe au Portugal, comment as-tu vécu cette expérience ?
"Suite au désistement de Florian Caravéo (ndlr : capitaine en 2022 lors du championnat d'Europe en Norvège où la France a gagné la médaille d'or par équipe), il a fallu trouver un autre capitaine pour l'Equipe Europe. La décision a été prise au bureau de la fédération par un vote. Je me suis d'abord demandé si j'allais être capable d'assumer ce rôle, car pour avoir déjà participé à plusieurs championnats internationaux, je savais que c'était très intense en terme de stress induit... le capitanat rajoute clairement un poids, qui peut déstabiliser, mais au final j'en garde surtout une certaine fierté !
Après pour préciser les choses, le capitanat dans la cadre de la pêche à la mouche est particulier : cela consiste à synthétiser les informations mises en commun. En aucun cas le capitaine n'est donneur d'ordre. C'est un rôle modeste dans lequel je me suis senti progressivement à l'aise car tout a bien fonctionné dans le groupe et je ne me suis jamais retrouvé seul. J'ai été très épaulé y compris par les membres de l'équipe de France Monde que j'avais régulièrement au téléphone."
L'équipe monde est aussi présente dans le championnat européen ?
"Oui, la mise en commun fait appel à tous les membres des Equipes de France, c'est d'ailleurs ce qui fait notre force, car ce partage d'informations en provenance de pêcheurs très différents est très très enrichissant."
Pour ce championnat en l'occurrence, explique nous comment ça s'est passé ?
"Nous avions les informations d'un précédent championnat d'Europe, d'un championnat vétérans aussi, d'ailleurs Robert (Escaffre) nous a appelé pour partager son expérience. Cela nous a bien servi car ces rivières ne sont pas du tout représentatives de ce qu'on a l'habitude de pêcher... On a vite compris que ça allait être difficile car pas du tout dans nos cordes : les compétiteurs français sont avant tout des pêcheurs de salmonidés sauvages dans des rivières assez préservées et bien en eau, c'est d'ailleurs une chance qu'on a en France !
En plus, là-bas, on s'est rendu compte que le traditionnel entraînement durant les jours précédents la compétition serait assez limité : on avait très peu de linéaire disponible et peu voire pas de poissons si ce n'est quelques blancs et truitelles, aucune truite de remise par exemple, contrairement à ce qui nous attendait durant la compétition..."
Comment avez-vous anticipé la pêche du coup ?
"Notre stratégie s'est basée sur le repérage soigneux de tous les secteurs : on s'est aperçu que les configurations des secteurs sélectionnés pour le championnat étaient plus jolies, on pouvait y voir d'avantage de poissons sauvages. En a découlé la stratégie de pêche : on avait convenu de tenter d'abord les truites de remise sans s'attarder en cas d'échec. Et on a bien fait car on a vite rencontré des difficultés qu'on ne soupçonnait pas. Les poissons de pisciculture qu'on pouvait repérer facilement dans ces eaux limpides et basses, n'étaient pas si réceptifs que ça aux approches habituelles comme le streamer. Du coup, les consignes ont été de vite se tourner vers les poissons sauvages, c'est à dire ce qu'on fait le mieux... Suivant le type de rivière il s'agissait de truites sauvages comme sur la haute Zezere ou de poissons blancs comme sur les parties basses de cette rivière."
Les poissons blancs ont été comptabilisés ?
"Oui, en rivière les hotus et les barbeaux rapportaient des points, en plus des fario de lâcher et sauvages. En lac, la truite fario et le chevesne comptaient."
Quel est ton regard sur le fait de compter les poissons blancs lors d'une compétition officielle ?
"Au Portugal, c'était cohérent de les comptabiliser vu les faibles densités de salmonidés dans ces rivières souffrant du manque d'eau. D'ailleurs, il y a même des secteurs où il ne s'est pris QUE des poissons blancs... Je sais que cette démarche se pratique de plus en plus, notamment dans les pays de l'Est... Nous en France, sommes des privilégiés clairement... On pêche des salmo et quand on voyage, on recherche aussi des salmo ! Il faut comprendre qu'on est chanceux... chanceux ou juste mal habitués en fait, car au Portugal, je t'assure qu'on était contents de mettre des blancs dans la filoche. En plus ces poissons sont souvent plus difficiles à faire mordre qu'une truite ! Après, je reste un amoureux des salmonidés et le Portugal n'est pas vraiment une destination de prédilection me concernant !"
Quel matériel et quelles techniques avez-vous utilisés ?
"On a beaucoup pêché à 2 cannes pour pouvoir s'adapter au mieux : une à l'espagnole (ndlr : avec un bas de ligne de 2 fois la canne en monofilament) pour la nymphe au fil et la sèche/nymphe à courte distance. Dans ce cas, la longueur de la canne était définie lors du repérage du secteur : nos modèles allaient de 10' (sur les rivières très encombrées) à 11' . Pour la nymphe au fil, l'affinage des pointes, le choix des nymphes et des animations ont fait la différence je pense.
D'autre part, nous avons choisi une autre canne avec un moulinet garni de soie et un bas de ligne polyvalent pour la sèche de prospection (on voyait peu de gobages) et la sèche/nymphe à distance. Cette deuxième canne a été très utile pour mettre de la distance entre nous et le poisson... Avec l'eau basse, les blancs remontaient la rivière sur de nombreux postes lorsqu'on rentrait dans l'eau et cela callait les poissons postés plus en amont. Il fallait donc attaquer les coups de loin. Ce choix a été payant !"
Lionel est loin d'être un nouveau venu dans le haut niveau international : après un démarrage effectué au contact de pêcheurs très éclectiques et parfois bien éloignés du monde de la compétition (dont un certain Christian Guimonnet de l'équipe rédactionnelle de Truites & Cie), Lionel gravit rapidement les échelons : il atteint la D1 en 2016 et finit 3ème du championnat de France 2017, puis champion de France 2018, Vice Champion d’Europe par équipe 2018, Vice Champion du Monde par équipe 2021, Champion d’Europe par équipe 2022, Vice Champion de France 2022, Champion d’Europe par équipe 2023 et Champion d’Europe individuel 2023.
Peux-tu nous dire un petit mot sur les membres de l'équipe ?
"Je commencerai par Emilio le benjamin de l'équipe : ce jeune est bluffant et a pris une dimension supplémentaire cette année car il a beaucoup plus participé. Emilio, c'est l'assurance tous risques, jamais en panique, c'est LE gars sur qui tu peux compter !
Jordan a aussi apporté son expérience de ce genre de championnat.
Pour la partie technique, je tiens à saluer la performance des 2 nouveaux Bruno Puig et Julien Vérove : en matière de pêche en nymphe, ce sont de sacrés performers. On l'a vu de suite à l'entraînement, tous 2 ont trouvé quelques "trucs" qui ont servi à tout le groupe.
Pour ce qui est de Jérôme Poirier, c'est simple : on lui doit toutes nos manches au lac. Il nous a dégoté la pêche, après avoir déterminé que la proportion de blanc n'était pas du tout négligeable. Il a compris qu'il valait mieux les cibler plutôt que chercher les quelques truites présentes dans le lac (la technique employée aussi valable pour ces truites). Il nous a trouvé une pêche fine avec des petites mouches noyées, après 2/3 jours à se creuser la tête seul au bord du lac. Il nous a démontré l'intérêt d'affiner tout le matériel, notamment pour sentir les touches. Grâce à sa méthode, nous n'avons enregistré qu'un seul capot au lac !
Enfin, notre manager Mickaël Allos a rempli son rôle de la plus belle des manière ! Hyper dynamique, motivé et motivant, Mickael s'est véritablement mis au service de l'équipe et a renvoyé une image très positive auprès des autres nations!"
Raconte nous la capture de ce fameux poisson du lac lors de la dernière journée qui te donne le titre individuel !
"Je tiens à dire que ma médaille individuelle est le fruit du travail de l'équipe. Elle confirme le fait qu'une médaille individuelle n'est là que lorsque l'équipe tourne bien. C'est la cerise sur le gâteau !
En milieu de matinée, j'observe mes concurrents autour du lac en me creusant la tête : on est tous capots à ce moment là. En fin de manche, le tchèque se met à crier en épuisetant un poisson, il relance dans la foulée et en ferre un autre ! Je comprends que ce sont des blancs. J'annonce à Jérôme qu'à la manche suivante, je ne tergiverse pas, je me concentre sur la pêche de blanc qu'il nous a préconisé. 10min plus tard, je reprends l'animation, et grâce à la soie fine utilisée, j'enregistre une micro touche et ferre un chevesne de 24cm... je me souviens de la pression qui montait à mesure qu'il arrivait au bord... une fois dans l'épuisette, j'ai compris que ça sentait bon !"
Merci d'avoir répondu à nos questions, on te laisse le mot de la fin !
"Pour finir, je souhaiterais remercier toutes les personnes qui de près ou de loin ont participé à la construction du pêcheur que je suis, compétiteur ou pas, ma famille et également mon équipementier Guideline qui me fournit du super matos pour affronter les championnats dans les meilleures conditions !'
Dans la catégorie des cannes à mouche polyvalentes 9' #4/5, 2 nouveautés ont retenu notre attention cette année, elles s'illustrent notamment par leur excellent rapport qualité/prix : la Caperlan HRK 500 et la Loomis & Franklin SX River Stream.
En ce qui concerne la puissance, ces 2 cannes sont conformes à la puissance annoncée, ce sont bien des #4/5 (ERN à 4.90 pour la Caperlan et 4.75 pour la Loomis et Franklin).
Au niveau des actions caractérisées par l'Action Angle (AA), avec un angle à 65° pour la Caperlan et 63° pour la Loomis & Franklin, ces 2 cannes ont des actions moderate fast (AA compris entre 63 et 66°).
En matière de montage, Caperlan a opté pour des anneaux serpentiformes alors que la Loomis & Franklin est dotée de monopattes. Leur répartition est quasiment identique.
Les dimensions des poignées sont tout à fait standard, quoique légèrement fines (23 et 24mm d'épaisseur respectivement, 170 et 165mm de longueur).
Côté finitions, seule la Caperlan possède à la fois un accroche mouche et les points d'alignement des brins.
Niveau confort de pêche, la Caperlan prend l'avantage sur sa concurrente : avec une masse brute de seulement 77 gr (!!!) et un excellent équilibre (un moulinet vide d'à peine 100 gr suffira à l'équilibrer une fois garni d'une soie de 4 ou 5), son PTE est plus de 30 gr inférieur à celui de la Loomis & Franklin. Elle vient même tutoyer les records dans sa catégorie de longueur/puissance, tout prix confondu : elle partage par exemple le même PTE que certaines stars américaines vendues autour de 1000 euros alors qu'elle est à peine moins puissante et affiche un PTE 30 gr inférieur à celui de la JMC Arcane 9' #5 F (qui coûte plus du double).
Prévoir un moulinet vide d'environ 110/120 gr pour la Loomis & Franklin.
Comme à notre habitude, nous ne discuterons pas le look des modèles présentés, ce critère étant totalement subjectif. Les photos parlent d'elles-mêmes et chacun se fera un avis selon sa propre sensibilité. De même, nous ne débattrons pas des détails de finition, tant les pratiquants accordent des importances très variables à chacun d'eux.
Au niveau des usages, ces 2 références partagent le même couple action/puissance et se destinent donc clairement aux même applications, à savoir les pêches traditionnelles en sèche et nymphe à vue dans nos eaux françaises, sur des poissons de toutes tailles. Ce sont des modèles très polyvalents.
Avec leur puissance réelle #4/5, elles pourront recevoir une soie 4 ou de 5 selon la distance de pêche et votre style de lancer : prévoir une soie de 5 pour les pêches à courtes distances (moins de 10m), si vous préférez adopter un tempo de lancer modéré et sentir la canne travailler en fouettant. Au contraire, pour donner plus de vitesse à la soie, une 4 sera indiquée.
L'action moderate fast permettra de descendre en diamètre de pointe (autour de 10/100) si les conditions l'exigent, tout en limitant le risque de casses et décroches.
Bon choix !
Le protocole de test des cannes à mouche
Comment choisir sa canne à mouche sèche
Les cannes Caperlan HRK en ligne :
Les cannes Loomis & Franklin en ligne :
La pêche en nymphe au fil a connu un essor immense ces dernières années et ses déclinaisons sont aujourd'hui multiples. On rencontre ainsi fréquemment des pratiquants ne jurant que par la nymphe "à l'espagnole" avec des cannes longues (11' voire plus), voisine de la pêche au toc, d'autres lui préférant la nymphe "au fil plaqué", aussi appelée "à l'indicateur posé sur l'eau"... Au-delà des convictions personnelles des uns et des autres, tentons d'apporter un peu de rationalité au débat avec quelques considérations techniques pour choisir l'une ou l'autre des 2 approches.
Pour bien comprendre le propos qui va suivre, rappelons-nous des 3 temps qui constituent une dérive en nymphe, théorisés par Yannick Rivière :
Si plusieurs caractéristiques du montage permettent de maximiser le temps passé dans l'étape 1 ou 2 (ajustement de la densité en jouant sur le poids et/ou l'écartement des nymphes), la tenue de canne et la distance de pêche jouent également un rôle prépondérant. Ces deux variables permettent d'ajuster l'angle entre la bannière (l'indicateur fluo) et la surface.
Il faut retenir que plus l'angle entre la bannière et la surface de l'eau est proche de 90° (tenue de canne bras tendu + faible distance de pêche), plus l'on pêche creux, vertical, c'est-à-dire plus on favorise l'arrivée et le maintien des nymphes dans le courant de fond.
Ainsi, c'est la nécessité de pêcher plus ou moins creux qui conditionne le choix de l'angle et donc de l'une ou l'autre des 2 approches. Elle dépend essentiellement du couple vitesse profondeur du poste et du degré de stratification des veines de courant qui y passent (différence de vitesse entre le courant de fond et celui du ventre de la colonne).
Sur des postes peu stratifiés, à la vitesse de courant et à la profondeur faibles à modérées (type radier, courant homogène lisse...etc), les touches surviennent durant la phase d'immersion des nymphes et la pêche au fil plaqué prend tout son sens. Parfois, la faible masse d'eau nécessite de la discrétion, elle est rendue possible par le choix du fil plaqué car cette méthode permet de présenter sa nymphe relativement loin (autour de 10m) et d'effectuer des dérives assez longues, bien utiles pour ratisser certains postes uniformes.
L'indicateur fluo posé sur l'eau doit être graissé avec un produit type Preston, il fait alors office de "porteur", un peu sur le principe de la pêche au tandem sèche/nymphe. La longueur de la pointe (entre la nymphe et l'indicateur) est d'ailleurs définie sur le même principe que dans le cas de la pêche au tandem : environ une fois et demi la profondeur estimée.
L'intérêt du fil plaqué dans cette configuration est de valoriser la phase 1 de la dérive et de présenter la nymphe de manière "plus souple", plus détendue que canne haute. Cela provoque des touches de meilleure qualité et moins de ratés au ferrage.
Au contraire, dans les postes au courant plus puissant et réellement stratifiés (veine de fond ralentie et partie centrale de la colonne d'eau plus rapide), les poissons sont plaqués au fond, il faut alors "creuser" et ralentir la dérive pour les décider. Dans ce cas pas d'hésitation, c'est la pêche canne haute qui règne car elle permet d'accélérer l'étape 1 et d'augmenter la durée de la phase 2, sous réserve de bien choisir la triade point d'impact/densité du montage/angle de dérive.
Contrairement à la pêche au fil plaqué qui vous condamne à un angle bannière/surface nul, vous avez dans l'approche "indicateur décollé" une infinité de possibilité de choix d'angle bannière/surface. Ce choix, associé à un couple vitesse profondeur donné et une densité de montage donnée, doit permettre de faire dériver les nymphes dans le courant de fond sans draguer ni accrocher... on comprend alors l'intérêt des cannes longues qui offrent une plus grande marge de manoeuvre !
Certains postes singuliers à la profondeur assez importante et au courant faible ne sont pas évidents à aborder en nymphe au fil : dans ces colonnes d'eau volumineuse et molle, une tenue de canne haute fait souvent draguer les nymphes durant la (longue) phase d'immersion. Il est alors judicieux d'effectuer cette étape 1 "fil posé sur l'eau" pour ne pas les brider, avant de relever progressivement l'indicateur à l'approche du courant de fond, en prenant soin de bien ajuster la tension sous peine de couper les veines. Les phases 2 et 3 se déroulent alors canne haute, bannière assez détendue. Ce tour de main permet de décider à la fois des poissons ayant "le nez en l'air" (surveillez bien votre fluo à l'immersion !) et d'autres moins actifs et mollassons, à l'abri sous cette grosse masse d'eau. Attention à ne pas utiliser de pointe trop courte !
Choisir sa canne nymphe au fil
Choisir son moulinet nymphe au fil
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