Jérôme Betemps, traqueur de cristi à la vie à la mort

pêche cristivomer

Jérôme Betemps est un pêcheur montagnard original : son dada à lui c'est le cristivomer ! Cet omble originaire du Canada le fascine depuis plus de 30ans maintenant, à tel point qu'il lui consacre la plupart de ses sorties en altitude, au sein de son territoire savoyard. Rencontre avec ce passionné qui nous fait pénétrer dans son univers :

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Salut Jérôme, le cristi et toi, une longue histoire... comment a-t-elle commencé ?

"Ce poisson, c'est avant tout une histoire de gamins, d'ados déjà passionnés par la pêche.

Avec mes 2 potes Fabrice et Cédric, nous avions 16 ans (quand j'écris ces lignes, j'en ai 47 !). C'était en juin 1992 au lac de Tignes (une autre époque pour ce lac et sa population de cristivomer), lors d'une sortie mouche organisée par nos aînés.

Je découvrai ce jour là dans le même temps le lac de Tignes, ce salmonidé méconnu qu'est le cristivomer et son représentant légendaire local affublé du nom de balafre (du à son immense cicatrice sur le dos) : un cristi monstrueux vivant dans la réserve du lac. Ce poisson, dans les dernières années de sa vie, devait approcher voire dépasser le mètre et les 10kg... malheureusement, personne n'a jamais eu l'occasion de vérifier ses mensurations !

En tout cas, cette rencontre scellera en moi une quête quasi mystique de ce poisson..."

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Aujourd'hui que représente cette quête pour toi ?

"Comme son nom l'indique, ce qui est important c'est... la quête ! Malgré tout ce temps passé là-haut, les années qui s'écoulent, la surfréquentation de nos montagnes post COVID-19 et ce poisson fantastique pris cette saison, ce qui me fascine et me fascinera toujours tant que je pourrai me lever la nuit, c'est la traque ! Cette attirance est sans doute liée à la nature des lieux où vit le cristivomer et aux créneaux horaires de sa phase alimentaire... il vous permet d'assister à ce moment incroyable où la montagne n'est rien qu'à vous ou à quelques privilégiés... Une vie ne suffirait pas tant il reste à découvrir de lieux et de lacs encore magiques pour pêcher ce poisson et assouvir ma passion."

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Quelle est ta technique favorite pour traquer ce poisson ?

"Je l'ai longtemps pêché au vairon manié (encore maintenant de temps à autre) mais aujourd'hui je privilégie la pêche aux leurres, à l'ondulante et au leurre souple. J'utilise le plus souvent une canne raide (un vrai piquet à tomate !) d'une longueur d'au moins 2m50 avec une plage de lancer située entre 5 et 30 gr. Un moulinet de taille 2000/2500 garni d'une tresse PE 1 à 1.5 max suivie d'un bas de ligne de 2m de fluorocarbone entre 18 et 25/100 suivant les lacs (abrasion, taille moyenne des poissons).

En ce qui concerne les leurres, je choisis, pour les souples, des tailles de 80 à 120 mm et des têtes plombées entre 5 et 10gr de type Black Minnow (Fiish). Les meilleurs coloris sont... ceux auxquels vous croyez ! Quelques metal jigs de 5 à 15 gr Lanka (Morpho), Mucho Lucir (Maria) figurent aussi dans mes boîtes.

Pour les ondulantes, il vous faut absolument la Tanza (Morpho) de Mathieu Cabar, une révolution dans la pêche de ce poisson (bon nombre de vairons peuvent lui dire merci !) en 10 et 15 gr. Sa nage si particulière en fait un véritable aimant à cristi.

J'emporte aussi quelques Lightning Wobbler (Tiemco) en 10 et 14gr.

Et pour clôturer le chapitre, sachez que ce poisson réagit très bien à la mouche, en sèche sur des terrestres et chiro émergents, et surtout en soie 6 ou 7 avec boobie en pointe et chiro en potence... une technique redoutable !"

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Parle nous de ton territoire de prédilection !

"Je vis sur Chambéry, au carrefour entre Savoie et Isère. Je pêche donc dans ces deux départements au rythme de mes envies durant la saison, ainsi que des paramètres de dégel, d'accessibilité, de fréquentation et surtout de la météo à l'instant T.

Ainsi, la décision de m'orienter vers tel ou tel lac de Tarentaise, Belledonne, Oisans ou Maurienne se fait souvent la veille au soir.

Pour ma part, je connais aujourd'hui une vingtaine de lacs où le cristivomer est présent, en densités et tailles plus ou moins importantes."

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"J'ai une préférence pour les lacs naturels, certains de type glaciaire. Si j'ai le choix, j'évite les lacs de barrage car le marnage parfois imprévisible de ces ouvrages a tendance à perturber, voire caler les cristivomers.

De plus, le décor de ces plans d'eau est un peu trop anthropisé à mon goût. Je précise d'ailleurs que leur accès est souvent aisé (en voiture ou via une marche d'approche de moins d'1h sur des sentiers très marqués), ce qui en fait une destination idéale pour celui qui souhaite débuter la pêche du cristivomer, ou ceux qui n'ont malheureusement pas la condition physique pour accéder aux altitudes plus élevées...

Que ce soit en lac naturel, glaciaire ou lac de barrage, je recherche les "omblières", à savoir des pentes plus ou moins importantes jusqu'à une profondeur maximale de 10m, ainsi que les plateaux et-haut fonds inférieurs à 6m de profondeur. En effet, au delà de 10/15m, les ombles comme le cristi sont sur des postes de repos et non de chasse. Mis à part la pêche au posé qui permet de profiter de l'opportunisme de ce poisson, les techniques actives (leurre, vairon manié, streamer) deviennent quasi improductives dans des profondeurs aussi importantes."

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Décris nous ta sortie type au cristi !

"Le côté fun de l'histoire, en tout cas c'est mon ressenti personnel, c'est que le bon timing pour ce poisson est au lever du jour. Si l'on prend en compte le temps de route (pour moi entre 1h30 et 2h) et surtout la durée de la marche d'approche pour accéder aux lacs souvent situés entre 2000 et 2800m, cela nous donne en juin (une des meilleures périodes), un lever entre 1h et 2h du matin, une randonnée à la frontale avec sur le dos un sac dont le poids dépend de la durée du séjour. Au final, tu te poses parfois la question : "putain qu'est ce que je fous là à cette heure-ci".

Mais après tous ces efforts, là-haut, dans cette dans cette ambiance magique qu'est le lever du jour, quand sur tes premiers lancers tu perçois cette touche si particulière... tu oublies rapidement les souffrances endurées! bref, généralement, après un petit déjeuner rapide mais obligatoire, tu pêches tant que le soleil n'a pas frappé la totalité du lac. En effet, l'activité de ce poisson diminue radicalement avec la lumière. 

Le retour se fait (si pas de bivouac) vers 11h pour être à la maison vers 14/15h, après une bonne matinée de pêche et plus de 12h dans les jambes."

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Quels sont les prérequis pour celui qui souhaite s'y frotter ?

"Le facteur essentiel à prendre en compte pour la traque de ce poisson et qui conditionne tout, c'est son habitat : la haute montagne. Ainsi, exception faite de quelques lacs de barrage ou réservoirs de station de ski accessibles en voiture, la plupart du temps (et tant mieux !) il faut s'attendre à une bonne randonnée ! Ceci implique quelques précautions et un minimum de logistique. J'emporte toujours le même sac (même si une tempête de ciel bleu est annoncée), il est composé de :

  • une veste étanche Gore-tex,
  • une doudoune compacte ou une polaire,
  • un haut thermique (ice breather, damar),
  • une frontale (malgré cet accessoire, ne jamais tenter une rando de nuit si vous ne l'avez pas déjà faite de jour),
  • un chest pack (pêcher léger, c'est essentiel !),
  • une trousse de premier secours,
  • un couteau/briquet,
  • un sifflet (tu cries 10min puis tu souffles pendant des heures),
  • un casse croûte (barres de céréales, compotes..),
  • de l'eau (même si l'on en trouve là-haut la plupart du temps).

Je fixe tout sur mon sac, je ne porte rien dans mes mains à part des bâtons de marche (essentiels soit dit en passant car ils évitent de se défoncer les genoux à la descente).

Enfin, une bonne paire de chaussures de montagne (le plus important ce sont vos pieds, ce sont eux qui vous permettent de redescendre) complète le tout.

Voilà pour le côté matériel, ensuite, passons à un point important : il faut choisir un effort adapté à l'entraînement effectué ! Ne faites pas vos monchus, faites preuve d'humilité et de respect envers la montagne. Jouer les héros là-haut c'est jouer à un jeu perdu d'avance !

Et surtout pour finir, vérifier systématiquement la météo à l'instant T, s'il y a un doute, c'est qu'il n'y a pas de doute : restez chez vous ! Un orage en montagne reste une expérience terrifiante, croyez moi !

Si vous prenez en compte ces quelques conseils, l'expérience de la traque du cristivomer, quel que soit le résultat, reste et restera un souvenir impérissable."

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Bon, peux-tu nous faire le récit de cette capture hors norme de cet été ?

"Je crois que je pourrais en parler pendant des heures, tant ce moment est gravé en moi dans les moindres détails... 

Bon pour faire court, cela s'est passé le 8 juin cette année. Ce jour là, nous décidons Simon, Quentin et moi de faire une "matinée cristi " : départ 2h du mat' de Chambéry, arrivée au lac de la Plagne vers 5h30. J'attaque à la Tanza vu l'heure... Je commence toujours par pêcher un plateau avec 5/6m de profondeur à cette heure de la journée. J'ai la certitude que les gros sujets montent des profondeurs pour chasser sur ce type de haut fond.

De mémoire, nous touchons 2 poissons calibrés autour de 40cm. Il doit être 6h15 quand sur un énième lancer je prends cette touche, plutôt ce rebond, si particulier...

Ferrage de tuche (comme à mon habitude) et puis plus rien...sur le moment j'ai la sensation d'avoir accroché une serpillère... puis viennent les coups de tête, lourds, brutaux même... je suis "oursé" comme dirait Quentin. S'en suit un rush de 40m interminable, inarrêtable quand enfin, il stoppe sa course. Je sais pertinemment qu'il va me la jouer mérou : droit dans les cailloux !

Inconscience ou fruit de l'expérience, j'ai le réflexe de monter sur la butte située derrière moi... connu pour ma délicatesse légendaire lors des combats (moins le poisson passe de temps dans l'eau, plus j'ai de chance de le sortir non ?), je bloque la bobine avec ma main et pompe énergiquement pour l'empêcher de rejoindre sa cache.

Alignement des planètes ? coup de chance ? récompense divine ? Quoiqu'il en soit ce 8 juin, grâce au courage ou à la folie de Quentin qui dès le début du combat, posera sa canne et se jettera dans une eau glaciale pour assurer un coup de raquette magistral et immortalisera à tout jamais cet instant. Encore merci les copains, celui-ci je vous le dois !

J'exulte, je hurle (de mémoire de marmotte, jamais entendu ça). Viendra le verdict sur la toise : 101cm. Un poisson parfait avoisinant les 9kg. Un truc de dingue !

Ici, sur mon lac.. en 19/100, à la Tanza, un rêve éveillé. 

Pour finir en beauté, nous avons eu des conditions optimales pour la remise à l'eau de ce poisson hors norme : il a passé peu de temps hors de l'eau dans un air frais... le top !"

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Est-ce que cette capture hors norme était une finalité en soit, comment vas-tu entretenir la flamme désormais ?

"Une finalité ? Plutôt une récompense incroyable ! Je le prends personnellement comme un honneur. Sérieusement... un cristi métré, ici ? chez nous ? Dans un monde anthropisé comme le notre, avoir le privilège de croiser un poisson de plus de 20 ans d'âge à l'état sauvage, c'est presque impensable !

Pour te rassurer et au risque de me répéter, le plus important pour moi reste sa recherche, et crois moi pour ce qui est d'entretenir la flamme, elle n'a jamais été aussi attisée au final !

Et puis mon ami Simon me dira à juste titre ce jour-là cette phrase parfaite pour la motivation : "Hé Jé, tu sais, s'il y a un 101... il y a forcément un 102..."

C'est tout ce qu'on te souhaite Jérôme, merci pour le temps que tu nous as accordé !

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pêche cristivomer
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Le cristivomer (Salvelinus namaycush) est un omble originaire d’Amérique du Nord. Il est reconnaissable à sa parure vert olive/gris foncé, parsemée de taches claires. Grâce à sa longévité hors du commun, le cristivomer peut atteindre des tailles impressionnantes, il dépasse fréquemment le mètre dans son pays d'origine et peut peser plusieurs dizaines de kilogrammes.  En France, la plupart des individus mesurent moins de 40cm, en raison de la pauvreté des biotopes qu'il fréquente. En effet, le cristivomer est une espèce ichtyophage. Connu pour son caractère lucifuge, il préfère les eaux profondes pour ses phases de repos mais il monte fréquemment chasser sur les bordures aux extrémités du jour. Introduit dans de nombreux lacs d'altitude des montagnes françaises au début du XXème siècle, il s'est naturalisé dans certains d'entre eux où sa reproduction est avérée. Ces introductions sont aujourd'hui décriées en raison de l'impact de ce poisson sur les biocénoses en place, notamment les amphibiens.

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pêche cristivomer

Vidéo montage de mouche : la Nymphe Black Faisan

pheasant black

Alors que le pêcheur de truite en première catégorie a déjà entamé la dernière ligne droite de la saison, voici un modèle de nymphe de pêche à vue particulièrement sobre qui pourra être utile dans les conditions compliquées du mois de septembre :

Vidéo
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Le conseil de Cyril : "C'est un modèle incontournable dans une boîte de nymphes. Je l'utilise dans différentes tailles et lestages tout au long de la saison. Il est important d'utiliser une plume de faisan noire et pour le cerclage un fil cuivre assez terne Cette nymphe est efficace lors des journées très chaudes en petite taille sur des longues pointes en dérive inerte. Une imitation très simple à réaliser pour la pêche des ombres et truite."

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Cyril Bailly

Grosses truites d'été : attention aux idées reçues !!!

pêche grosse truite

Afin d’être en adéquation avec la réalité écologique du moment qui module le comportement des salmonidés, le moucheur doit s’adapter en permanence afin de pêcher « juste » ! Pour cela il dispose de stratégies et techniques acquises tout au long de son vécu qui lui permettent de donner une réponse adaptée à la situation de pêche. Avec de longues années de pratique, ces réponses ont tendance à se transformer en automatismes, voire en idées préconçues... qui parfois peuvent nous conduire à l’échec !

Si ces réponses permettent de solliciter avec pertinence les salmonidés dans la majorité des cas, elles perdent parfois de leur efficacité, en particulier avec les bouleversements climatiques qui modifient le comportement des truites...

Voici le récit d’une journée particulière de la semaine passée qui illustre parfaitement les déroutantes versatilités comportementales des salmonidés lors d’une situation a priori claire :

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Ce vendredi matin, après avoir arpenté de nombreux lacs de montagne les jours précédents, l’envie de retourner taquiner les belles truites du Piémont pyrénéen était à son apogée. Excité comme une veille d’ouverture, je prenais la route en écoutant à fond The Offspring afin de laisser mon euphorie s’exprimer !

Juste avant de m’endormir la veille, j’avais déjà analysé mentalement la situation de pêche à laquelle j’allais être confronté et déjà dans mon esprit, j’avais conscience que ça n’allait pas être facile ! Mais quand la pêche est compliquée, il est passionnant de décrypter la situation afin de tenter de s’adapter... bref, je me sentais prêt. La situation météo extrême du moment à laquelle j’allais me confronter n’était pas idéale pour réussir une belle pêche mais le défi était passionnant ! Depuis quelques jours les températures caniculaires s’envolaient allègrement au-dessus des quarante degrés pour chuter vertigineusement aujourd’hui, alors que je trempais mes waders ! Une dégringolade de vingt degrés en quelques heures, comment les truites allaient-elles réagir ? Sans la canicule précédente, ce changement de temps aurait été parfait mais dans ce cas précis, j’étais très réservé sur l’issue de la sortie : si la température de l’air avait bien chuté, celle de l’eau ne baisserait pas aussi rapidement et là était le problème. Nous sommes tous conscients du fait que les truites ne s’alimentent plus lorsque les températures de l’eau s’envolent et peuvent même se mettre en survie lorsque celles-ci deviennent excessives. Je me préparais donc à prospecter une eau ressemblant à une soupe tiède dans laquelle il allait falloir chercher les salmonidés dans les parties les plus oxygénées.

J’avais donc opté pour un secteur varié mais riche de nombreuses veines de courant assez profondes et bouillonnantes, capables d’offrir des conditions supportables aux truites. Totalement confiant dans ma stratégie, je commençais la prospection de ce fameux parcours vers 10h en nymphe au fil à l’espagnole, seule technique qui à mes yeux me permettrait de solliciter les salmonidés dans ces veines tumultueuses. Ayant perdu mon thermomètre plus tôt dans la saison, j’étais incapable de donner une température à l’eau mais celle-ci me semblait assez élevée.

Empli d’une solide détermination, je commençais à peigner avec application toutes ces veines d’eau persuadé que mes dérives allaient faire mouche ! Vers 14h, toujours pas la moindre touche ! Je continuais, mon obstination allait forcément payer même si mes qualités de dérives baissaient lentement au fil de ma déconvenue...

16h, la démotivation commençait à fortement altérer ma pêche et je songeais à arrêter tellement ma prospection était stérile. Je ne pêchais que certains postes, rapidement, sans y croire, tout en remontant vers un radier qui me permettrait de rentrer rapidement à la voiture par l’autre berge. Quand je voulus traverser la veine était trop profonde, je dus remonter encore un peu. Dépité après avoir changé de multiples fois de nymphes, varié leur écartement en fonction des coups et soigné au maximum l’angle de mes dérives, il ne me tardait qu’une chose : quitter ces waders et rentrer !

Tout en remontant, je donnais un coup de ligne mécaniquement sur une veine peu profonde (moins de 40cm), à la vitesse de courant moyenne, en étant totalement déconnecté de ma pêche... quand une touche violente sanctionna ma dérive ! Ferrage immédiat et je me retrouvais en direct avec une très belle truite de 54cm qui m’opposait un combat viril dans la veine principale qu’elle n’avait pas tardé à rejoindre. Enfin récompensé, je fixais sur l’appareil photo ce beau poisson et le remettais délicatement à l’eau.

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La motivation revenue, je traversais enfin la rivière et ciblais la prospection sur les coups possédant le type de courant (pas profonde et moyennement rapide) où j’avais pris le poisson précédent. En amont d’un épi rocheux, un poste discret attira mon attention, j’y déposai avec application mon duo de nymphes quand une violente tirée mît en tension mon bas de ligne... ferrage et mise en contact rapide avec un poisson aux mensurations bien supérieures au précèdent, très lourd et massif. Je parvins à déséquilibrer devant moi cette sublime truite et à la maintenir dans la zone en bordure des violents courants.

Couplée à ma pointe en 14/100, l’action de ma Thomas et Thomas Contact II 10'9 soie de 4 faisait des merveilles jusqu’au moment où je voulus saisir mon épuisette dans mon dos ! Inconsciemment, je relâchai la bobine de mon moulinet offrant ainsi à la grosse truite l’occasion de regagner le courant principal tout proche. Celle-ci n’hésita pas une seconde et, me prenant 20 mètres de soie, dévala vers l’aval : impossible de la suivre. Dans mon esprit je mesurais déjà l’énorme erreur que je venais de commettre et commençais à envisager l’inévitable casse. Dans un dernier espoir je tentai une méthode qui marche très bien avec les gros barbeaux : tracter le poisson doucement avec la canne parallèle à la surface, et au ras de l’eau !! A ma grande surprise, la truite se remit dans le mort entre la veine forte et la berge et, comme par miracle, je parvins à lui reprendre les mètres de soie déroulés jusqu’à l’épuisette !

66,5cm de bonheur que je rendis rapidement à la rivière après quelques photos prises un peu à l’arrache. Dans ces conditions et après un gros combat, tant pis pour la qualité des photos, la survie du poisson est primordiale !

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Difficile d’expliquer pourquoi ces poissons étaient postés ainsi dans ces conditions... les micro-marnages qui, peut-être amènent de l’eau un peu plus fraîche, sont-ils en cause ? Pourquoi, n’ai-je pas vu un seul petit poisson de la journée alors que certains postes que j’ai prospectés en contiennent pas mal ? Pourquoi ces gros poissons s’alimentaient-ils dans de l’eau proche des 20°C ?

Une chose est certaine : les bouleversements climatiques qui perturbent nos écosystèmes mettent de plus en plus nos certitudes en défaut... ce qui complique encore plus la pêche !

La fermeture approche à grand pas, profitez bien des derniers moments de la saison !

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Destination pêche fin de saison : la haute vallée du Drac (05)

pêche vallée du Drac

La haute vallée du Drac et celle de son affluent principal, la Séveraisse, se situent au nord de la ville de Gap dans le département des Hautes-Alpes (05), à la limite de l'Isère (38). L'altitude importante des sources ainsi que la date de fermeture tardive (début octobre) en font une destination idéale pour un séjour de fin de saison. Voici quelques informations utiles pour aborder ce secteur canne en main :

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SITUATION CLIMATO-GÉOGRAPHIQUE

Le Drac est une rivière de régime nival qui prend sa source sur le versant sud-ouest du massif des Ecrins, dont les sommets culminent à plus de 3000m d'altitude. Il est formé par la réunion des Drac Blanc et Drac Noir qui unissent leurs eaux en amont de la commune de Pont du Fossé, à 1180m. Il traverse ensuite le Champsaur avant de recevoir les eaux de la Séveraisse, rivière voisine coulant dans le Valgaudemar, pour finir sa course montagnarde dans le barrage du Sautet. Ce lac marquera la fin de notre périple (même si la truite fario est présente bien plus bas en banlieue Grenobloise !). La truite fario de souche méditerranéenne représente la majorité de la biomasse piscicole présente, les poissons blancs capturables en aval de Saint Bonnet se montrent (encore) assez rares.

Ces 2 vallées sont situées à la jonction des climats continental et méditerranéen. Malgré des sources haut-perchées, le Drac subit des étiages assez marqués et l'accès à l'eau est un enjeu majeur de cette région en été, notamment en raison de pressions anthropiques importantes (prélèvements pour l'eau potable et l'agriculture) et des modifications climatiques récentes.

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pêche vallée du Drac
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Le Drac

De sa source à Saint Bonnet

Sur cette portion, le débit du Drac augmente progressivement à mesure qu'il reçoit plusieurs affluents. Toutefois, en fin de saison, l'étiage est souvent sévère sur ces portions amont et elles perdent un peu de leur intérêt halieutique. Celui qui décide de les explorer aura tout intérêt à rechercher les sections les plus resserrées et pentues bénéficiant de postes plus marqués et profonds. Une lecture attentive de la carte IGN au 1/25 000 ou une observation des photos aériennes sont essentielles pour y réussir à cette période.

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De Saint Bonnet en Champsaur à l'embouchure de la Séveraisse

Le Drac devient réellement intéressant pour la pêche de Saint Bonnet à l'embouchure de la Séveraisse une vingtaine de kilomètres plus bas. Il présente alors une largeur de plus ou moins 10m selon les portions. En effet, le profil alterne entre parties resserrées à blocs et parties élargies plus ralenties. De fait, il offre de nombreuses options stratégiques selon l'humeur des poissons, principalement dictée par la température de l'eau.

Attention, passé la fin août, la température est très variable selon les années ! Si une canicule tardive survient comme en 2023, l'eau peut être relativement chaude et basse, il convient de rechercher les zones les plus oxygénées et les têtes de courant. Au contraire d'autres fois, si des orages et les premiers frimas automnaux pointent leur nez, les poissons viennent se nourrir dans les grandes veines laminaires que l'on rencontre fréquemment sur ce tronçon. La pêche en nymphe au fil est la plus productive. Les modèles de nymphe à bille les plus classiques (pheasant tail, perdigone) conviendront parfaitement, l'essentiel étant de bien localiser les poissons et choisir le bon poids. A ce propos, vu la diversité de postes présents, pensez à emporter des nymphes à bille de 2.4 à 3.8mm. Compte tenu de la taille moyenne des prises et de la possibilité de tomber sur un poisson de 45cm ou plus, mieux vaut ne pas descendre en dessous de 12/100 en pointe, même au coeur de l'étiage.

Notons quand même que des éclosions d'olives surviennent souvent à l'approche de la fermeture et peuvent activer les truites en surface. Prévoir quelques imitations idoines peut vous conduire à fouetter un peu de soie.

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Les sections très brassées accueillent de nombreuses truites en période de fortes chaleurs...
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... elles alternent avec des postes plus élargis et ralentis où des gobages sont parfois visibles !
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De l'embouchure de la Séveraisse au lac du Sautet

En recevant les eaux de Séveraisse en aval de Chauffayer, le Drac perd plusieurs degrés et son profil change. La vallée s'élargit et son lit mineur en fait autant. On retrouve alors le profil en tresse typique de certaines rivières de montagne alpines. La granulométrie du substrat diminue et la lecture d'eau devient plus subtile. Il faudra être attentif à la vitesse de courant et à la profondeur des postes rencontrés, de façon à cibler en priorité les veines d'eau laminaires ralenties, là où la profondeur augmente légèrement (sans oublier les radiers en marge de ces zones). Il s'agit d'une prospection essentiellement constituée de longues dérives en nymphe. Prévoir une canne nymphe au fil de 11' environ ou carrément une canne anglaise. La couleur de l'eau du Drac est souvent assez piquée sur cette zone et les nymphes les plus efficaces peuvent être un peu différentes de celles utilisées en amont de la Guinguette, notamment en matière de couleur de bille (l'argent est par exemple à tester en priorité).

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En aval de la confluence avec la Séveraisse, le Drac présente un profil en tresse typique
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La Séveraisse

Plein débit en amont

En descendant du Sirac (3441m), la Séveraisse écoule ses eaux glacières sur un substrat caillouteux et un lit assez pentu. Son flot est rapide et légèrement teinté. En toute fin de saison, l'étiage assagit un peu ce tumulte mais la rivière demeure globalement agitée. Sa largeur mesure entre 3 et 6m de haut en bas. Toutes les techniques de pêche en eaux rapides sont praticables, avec une prédilection pour la pêche en nymphe au fil. Privilégiez les bordures, surtout si elles présentent des caches marquées.

En raison de l'influence glaciaire, la Séveraisse conserve des températures d'eau clémentes même en période de canicule, elle dépasse rarement les 14°C. Les truites y sont globalement plus petites que sur le Drac, un poisson de 30cm peut être considéré comme une très belle prise.

Une fois parvenu au village de Villar Loubière, son cours est barré par une retenue hydroélectrique et une partie de son eau est déviée.

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La Séveraisse est une rivière glacière rapide et froide
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pêche vallée du Drac
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Débit réservé aval

En aval de la retenue hydroélectrique de Villar-Loubière, la Séveraisse est captée sur un long linéaire (elle ne retrouvera l'intégralité de son eau qu'à quelques hectomètres de sa confluence avec le Drac). Ce débit réservé permet de réaliser de belles pêches lorsque les débits sont trop importants en amont de la prise d'eau. Toutefois, à certaines périodes (fin d'été en particulier), la partie amont de ce débit réservé est trop maigre pour présenter un réel intérêt halieutique.

La meilleure partie de ce capté se situe entre Saint Firmin et l'usine électrique de Saint Maurice. En raison de la masse d'eau relativement faible, ce secteur se prête très bien à la pêche en sèche, ou au tandem sèche nymphe, les poissons ayant régulièrement le nez en l'air. Au niveau du choix des mouches, il convient de rester simple : dans ces eaux de montagne pauvres, les truites demeurent assez opportunistes et les classiques sedges, olives et palmers conviennent très bien.

Notez que ce secteur est beaucoup plus précoce que le plein débit et de très belles pêches y sont réalisables en début de saison.

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pêche vallée du Drac
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Sur sa partie aval, la Séveraisse s'élargit un peu
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Et aussi...

En marge du Drac et de la Séveraisse, d'autres cours d'eau valent le détour dans le secteur, notamment la Séveraissette et le torrent d'Ancelle, bien que le manque d'eau s'y fasse souvent sentir en fin de saison (le printemps est la meilleure période pour les affluents). 

Pour ce qui est des eaux closes, le haut des 2 vallées décrites est également bien pourvu en lacs d'altitude. Vous les trouverez tous référencés sur le site de la FDAAPPMA 05, avec une mention spéciale pour les lacs de Crupillouse peuplés d'ombles chevaliers (attention accès difficile !) et lac de Pétarel dans le Valgaudemar.

Enfin, le barrage du Sautet qui reçoit les eaux du Drac amont, offre sur 350ha la possibilité de rechercher d'autres espèces, en particulier la perche et les poissons blancs. Il est classé en première catégorie (ouverture du deuxième samedi de mars au deuxième dimanche d’octobre).

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lac Pétarel
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Le lac de Pétarel dans le Valgaudemar contient de très belles truites fario
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Liens utiles

Rappel : le 05 ne fait pas partie du Club Halieutique, il faudra donc prévoir une carte de pêche choisie au sein d'une AAPPMA locale.

Le site de la Fédération de pêche des Hautes-Alpes

Au sujet de l'hébergement, nous vous conseillons plus particulièrement de choisir le village vacances La Tuile aux Loups, dont le propriétaire Guillaume Macé connaît parfaitement les rivières du coin et leurs habitantes, il sera d'excellents conseils ! Pour réserver votre séjour :

tuile aux loups
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pêche vallée du Drac
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Au bord du lac du Sautet, la Tuile aux Loups est idéalement située pour un séjour pêche

Salmo Trek 2023 : L'éclopé et le novice

Salmo Trek

Cela fait deux ans maintenant que des membres de Truite & Cie participent à la Salmo Trek. L’an dernier c’est Simon Scodavolpe, le rédacteur en chef, qui m’accompagnait. Retenu par une date mouche, j’ai jeté mon dévolu pour cette édition 2023 sur mon ami de toujours, Nicolas Erre. C’est lui qui m’a demandé de lui apprendre la pêche. Je lui ai transmis tout ce que je sais. En conséquence, il pratique comme moi. Nous n’avons donc pas la complémentarité affichée l’an dernier avec Simon, qui lui est moucheur et a de plus un remarquable niveau lui permettant de bien figurer sur le plan national. J’aurais pu m’entourer d’un pêcheur plus confirmé dans le seul but de performer (mon binôme n’a qu’un an de permis de pêche). Mais Nicolas c’est le choix de l’amitié et de l’amour de la haute montagne que nous partageons tous deux. Il est bien plus qu’un simple remplaçant. Aussi, il a fait beaucoup de progrès canne en main. Il va rentrer du poisson, c’est certain. Et surtout, Nico va arriver à me supporter. Il ne s’agit pas pour lui de supporter mon caractère, qui n’est pas si irascible que cela (et il est habitué depuis le temps qu’on se connait), mais plutôt de composer avec mon état physique qui est loin d’être optimal.

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Au moment de l’inscription à la Salmo, j’ai une tendinite bilatérale des tendons d’Achille qui m’handicape depuis de longs mois… Ma condition physique était précaire mais je la jugeais suffisante pour terminer la compétition. Seul un ami de 30 ans pouvait accepter de faire 60 bornes avec un coéquipier diminué (et porter la tente !). Mais un autre événement accidentel vient s’ajouter à ce problème de tendons à seulement deux semaines de prendre le départ : pour éviter un chemin de randonnée rendu impraticable par le débordement d’un petit ruisseau, je choisi de passer en surplomb en suivant une saillie rocheuse qui paraissait tout à fait sure. Mais mes semelles sont humides et je glisse et chute 1 mètre plus bas. Je sens mon genou gauche bouger latéralement de façon totalement anormale (sensation que j’avais déjà ressentie il y a 4 ans et qui m’avait privée de la première édition de la Salmo). En voulant me rattraper, je parachève le travail en me retournant le pouce gauche. Cette mauvaise chute me fait fortement douter de ma participation à la Salmo Trek qui a lieu seulement 13 jours plus tard. Mon genou et mon pouce gonflent, le doigt est très douloureux m’empêchant de réaliser la pince avec ma main. Je ne peux plus mouliner. J’en informe Nicolas, lui dit qu’il peut déjà chercher un remplaçant mais que je ferai un point et prendrai une décision dans une semaine. Je vois le médecin du sport qui me suit pour ma tendinite le lundi, quatre jours avant le départ de la Salmo. Il me demande si mon coéquipier a trouvé un remplaçant (le doc ne voulait pas que je prenne le départ avec ma seule tendinite bilatérale, alors avec cette double entorse…). J’affirme que oui et que ce sera moi. Il me répond qu’il n’aurait pas du poser la question (mais je pense qu’il devait se douter de la teneur de ma réponse).

Je vais vous expliquer comment mon cerveau d’obstiné irraisonnable fonctionne dans pareille circonstance :

J’ai une bonne genouillère (c’est le doc qui me l’a dit !). Mon genou a rapidement dégonflé et il sera bien maintenu grâce à cette orthèse. Il tiendra. Problème 1 réglé !

Mon pouce est toujours douloureux et de couleur jaunâtre (le coup est sorti). Mais son état s’améliore et je pense pouvoir mouliner et tenir mon épuisette en fin de semaine. Ce sera suffisant. Problème 2 réglé !

Quant à la tendinite bilatérale, la mésothérapie semble être un échec. Donc mort pour mort, autant y aller. On verra plus tard, après la compétition. Problème 3 réglé (enfin, on dira mis de côté) !

J’ai fait cette Salmo Trek sachant pertinemment que mon corps était dans un sale état. Mes articulations allaient certainement me faire endurer de vives souffrances. Mais, par rapport à l’engagement que j’avais pris vis-à-vis de mon coéquipier et parce que j’avais envie de me dépasser, je n’ai pas déclaré forfait. De plus, je suis persuadé que si nous avions fait la première édition de la Salmo avec Simon, nous aurions gagné la seconde, car nous avons échoué de peu à la deuxième place du fait de notre manque d’expérience par rapport aux vainqueurs (méconnaissance du règlement, de l’application, des lieux, etc…). Toute expérience est bonne à prendre et même si nous ne partons pas pour jouer les premiers rôles en 2023 nous en tirerons des enseignements pour l’avenir. L’objectif est donc de finir la Salmo et accumuler de l’expérience, le classement n’a que peu d’importance.

 

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Salmo Trek
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Le parcours de la Salmo Trek 2023
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Dans le but de rallier l’arrivée, nous sommes contraints d’adapter notre stratégie à mon état physique. Ainsi, nous répartirons nos efforts de marche de façon équitable tout au long de ces 3 jours de compétition afin d’effectuer la boucle de 40 km. D'ailleurs, ces 40 km ne sont que théoriques et ne valent que si les compétiteurs restent sur les chemins les plus directs. En réalité il vaut mieux compter 65 à 70 km réellement effectués). Rien à voir avec l’option retenue l’an dernier avec Simon où nous avions effectué plus de 60% du trajet dès le premier jour. Cette année, nous parcourrons un tiers de la boucle chacun des 3 jours de compétition.

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Pierre Gos
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L'auteur encore heureux et serein au check point 1...
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La première journée se passe assez bien. A chaud l’organisme tient le coup. Je marche sans avoir trop mal mais au prix d’une cadence très lente (bien que frais, nous sommes les derniers à gagner le point de passage n°1). Alors que les lièvres cavalent de balises en lacs, notre rythme de tortue est le prix à payer pour espérer regagner l’arrivée. Il pleut, il y a du vent, il fait froid et le brouillard est présent sur nombre d’endroits. Parfois, nous n’y voyons pas à plus de 15 mètres. Ce manque de visibilité conjugué à notre méconnaissance des lieux nous font avoir recours à plusieurs reprises au GPS pour trouver notre chemin.

Nous débutons la pêche sur un plan d’eau presque invisible tant la purée de poids est dense. Par respect pour les pêcheurs locaux dont certains tolèrent mal ce genre de compétition sur leurs terres (je les comprends), je ne citerai aucun nom des spots pêchés dans cet article. Des voies se font entendre au loin mais sans pouvoir distinguer les individus les prononçant. L’ambiance est apocalyptique. Mais cela ne semble pas effrayer les salmonidés car je fais une fario de presque 33cm dès le premier lancé. Nous comptabiliserons 8 poissons en un peu plus de 2h sur ce lac. La taille moyenne des truites est très respectable (environ 30cm). Nous utilisons des poissons-nageurs suspendings et coulants. En ces fraîches conditions, le coup de midi est particulièrement productif.

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Puis, après avoir prospecté méticuleusement le secteur, nous continuons notre chemin vers le Nord. Nous nous arrêtons sur le deuxième spot que nous avions coché sur nos tablettes. Les truites sont plus difficiles et se piquent mal. Mais elles sont malgré tout 6 à regagner la bourriche virtuelle de l’application. Ici, la taille moyenne est plutôt petite et tourne autour de 24cm. Mais cela nous permet de garder une bonne fréquence de prises et d’engranger des points, la taille limite de validation étant de 21cm.

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Nous loupons malheureusement l’enregistrement de 2 poissons de 24 cm. Pour le premier, Nicolas a un problème avec son application qui bugge une première fois. Lors de sa seconde tentative il se loupe alors que tout semble fonctionner et clique sur « annuler » au dernier moment. Le poisson est déjà reparti, il ne sera pas comptabilisé. Il faut dire que ces instants où le compétiteur doit prendre en photo la prise sur la toise sont toujours délicats et assez stressants. Le poisson est hors de l’eau, sa survie est en jeu si la validation s’éternise, il peut bouger et sortir de la règle (règle qui est glissante car nous la mouillons au préalable pour que la prise ne perde pas de mucus et ne soit pas victime d’un éventuel choc thermique au contact d’un objet trop chaud), il faut en même temps regarder sa taille pour l’indiquer ultérieurement sur l’appli (on ne peut pas zoomer sur la photo avant d’écrire la taille et de l’envoyer sur l’appli, c’est dommage, peut-être une piste d’amélioration pour l’avenir).

Ensuite, c’est à mon tour de faire preuve de fébrilité lors de l’enregistrement. La fario est incontrôlable. Elle gigote dans tous les sens et je n’arrive pas à la maîtriser même en posant une main humide sur elle. Elle commence à saigner alors je ne veux pas que sa survie soit mise en cause et la remets rapidement à l’eau, sans la valider. La coquine repart comme si de rien n’était. J’aurai pu insister un peu plus pour engranger des points à tout prix. Mais cet exemple illustre bien notre état d’esprit qui n’était pas celui d’une équipe concourant au classement général et à la victoire finale. L’objectif est toujours de terminer la boucle malgré un début plutôt encourageant. D’ailleurs, si nous avons perdu 480 points dans cette mésaventure, nous pouvons remarquer qu’aucun d’entre-nous ne s’est tourné vers l’autre pour lui dire « Eh mec, fais-gaffe la prochaine fois, on perd des points ».

Il est maintenant tard et nous regagnons notre zone de bivouac au réservoir des Laquets, à l’extrémité Nord du circuit. Il y a beaucoup de monde mais nous parvenons à trouver une zone à peu près plane pour planter la tente et avaler un repas chaud. La nuit fut courte et entrecoupée de douleurs qui sont apparues à froid. Cela n’augure rien de bon pour les deux dernières journées de compétition… Elles furent effectivement une lutte perpétuelle contre la douleur.

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Nicolas Erre, le binôme de Pierre
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Le samedi est cauchemardesque. Le soir sur notre zone de bivouac, je dis même aux doubles tenants du titre que je ne ferai plus la Salmo à l'avenir, c’est dire si la souffrance est intense et le plaisir absent. J'ai vraiment traîné la patte et notre temps de pêche s’en est trouvé beaucoup trop réduit. Quand, pour un trajet donné, les meilleurs l’accomplissaient en 1h, nous en mettions le double… Il fallait voir les plus aguerris enchaîner sans coup férir les deux cols de 2500 m d’altitude alors qu’à chaque pas je devais réfléchir à quel endroit poser mon pied et mes bâtons pour minorer les douleurs.

Pour ne rien arranger, le premier lac pêché se conclue par un capot cinglant. Nous y rencontrons Olivier Richaud et Maxime Cadène, qui viennent comme nous des Pyrénées-Orientales. Ils semblent satisfaits et ils peuvent l’être car ils ont validé 11 poissons dont une magnifique fario de 41 cm. Mais surtout, nous faisons tous les quatre le même constat : sur ce plan d’eau, les truites sont entrain de se focaliser sur les insectes. Ils sont loin d’être maladroits à la mouche et ils cartonneront aujourd’hui, ce qui leur permettra de prendre une belle deuxième place au classement final. Pour une première participation, la performance mérite d’être soulignée !

Nous décidons alors de jeter notre dévolu sur une zone plus élevée en altitude, assez éloignée dans grands axes de randonnée, que nous espérons de fait à la fois moins fréquentée et plus favorable à prospecter aux leurres. Au niveau de la densité de pêcheurs, il n’en sera rien. Le secteur est déjà occupé par plusieurs binômes. Par chance, nous arrivons par un accès où il n’y a pas de participants en action. C’est une petite anse d’où nous sortons deux farios d’un peu moins de 30 cm, toujours au poisson-nageur. Peu après, un joli poisson regagne sa liberté avant de rejoindre l’épuisette.

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Salmo Trek
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A ce sujet, nous avons décroché en tout une quinzaine de poissons pendant les 3 jours de l’événement. Le chiffre est important. Outre la frustration qui se trouve majorée par le contexte de compétition, ce phénomène est totalement inhabituel pour nous. Cela peut s’expliquer par le fait que les poissons, très pêchés pendant la compétition, étaient rendus méfiants et tapaient moins franchement dans nos leurres. En plus, j’étrennais un nouveau moulinet, le Vanquish 2500 sxh. Du matériel très haut de gamme dont le frein de combat est un régal de progressivité. Le problème venait plutôt de ma méconnaissance du moulin et de ma difficulté à apprivoiser le réglage du frein de combat qui est vraiment micrométrique. Avec mon habituel vieux Stradic, première génération des Ci4, je règle le frein de combat les yeux fermés. En fonction de la taille du poisson, je sais presque instinctivement de combien de crans il faut tourner la mollette de réglage vers la droite ou vers la gauche afin d’amortir les rushs et coups de tête sans que l’hameçon ne se désengage. Je peux m’adapter très promptement et le poisson regagne la filoche. Avec ce nouveau moulin aux réglages plus précis (pour une puissance de frein équivalent, il faut tourner beaucoup plus de crans), je n’avais plus mes repères. J’ai passé le week-end à essayer de régler ce frein de combat sans y parvenir… Je finis la Salmo en nouant uniquement des leurres souples au bout de la ligne. Cette technique est bien moins sujette à la décroche. Je peux donc combattre mes prises comme une brute, le frein de combat bien serré, sans craindre de les voir repartir précipitamment.

Revenons sur les berges de nos lacs escarpés. Après ce loupé, l’activité devient nulle. L’ichtyofaune semble avoir désertée le lac. Il est temps de penser à quitter les lieux. Avec le recul et malgré ces deux prises, le choix de ce territoire de pêche s'est révélé très mauvais au vu de mon état de santé. Le détour effectué pour atteindre le secteur rallonge de façon inopportune la distance à effectuer et les sentiers qui sont vraiment casse-pattes finissent de m’achever…

Il est encore tôt, alors nous décidons de rejoindre notre premier spot de la veille qui est proche et qui nous avait été favorable. Je déteste pêcher deux jours d’affilée le même endroit car la redondance est souvent contre-productive. Cependant, je pique un poisson de 23cm d’entrée de jeu. Puis c’est au tour de Nicolas de faire une jolie truite de plus de 30 cm. Mais nous sommes pressés. A cause de mes douleurs nous n’avançons pas aussi vite que la veille (qui fut déjà caractérisée par un rythme très lent). La durée des trajets est dans les faits bien plus longue que ce que nous avions initialement prévus. La pêche en cette journée de samedi aura été biaisée par une course après notre plan de marche afin de réussir à effectuer la boucle imposée par le tracé. Seulement 4 poissons sont sortis. Le bilan comptable n’est pas bon. Mais surtout cela confirme ce que nous redoutions avant de prendre le départ : ce sera extrêmement compliqué avec mes jambes en miettes. Je veux réussir à rallier l’arrivée malgré la souffrance et ne surtout pas abandonner, ce qui est la pire des choses pour un sportif en compétition. C’est au mental que nous devrons terminer une Salmo Trek qui devient infernale pour mon corps.

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Dimanche matin, après une dernière nuit glaciale, je fais un rapide bilan de santé. Bien que j’ingurgite des antalgiques, mes douleurs deviennent presque insupportables. Le genou gauche bouge et gonfle malgré la genouillère, le genou droit compense et son ligament externe chauffe comme une saucisse catalane sur un grill dont le brasier serait mes tendons d’Achille, qui pour leur part sont littéralement en feu… Nous devons donc nous résoudre à une possibilité que nous avions évoquée avant l’épreuve (sauf miracle, je me doutais que cette Salmo serait un calvaire) : pour nous permettre de regagner l’arrivée autrement qu’avec l’hélicoptère du SDIS, nous ne pointerons pas à la balise la plus éloignée. En contrepartie, nous serons sanctionnés d’un carton jaune et d’une pénalité de 500 points (c’est le tarif prévu par le règlement dans ce cas là). 3 truites supplémentaires seront mesurées au coup du matin, en grattant le fond au leurre souple, technique qui permet souvent de glaner quelques poissons après une période de forte pression de pêche. Et je peux vous assurer que, sur ce dernier lac pêché, une authentique pluie de leurres durs s’était abattue durant les 48 premières heures de cette Salmo Trek.

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Salmo Trek
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Nous regagnons l’arrivée péniblement, mais sans abandonner. L’honneur est sauf. Pour ceux qui connaissent, nous mettons quasiment 4h pour parcourir les 8 kilomètres séparant la cabane de Bastan du col de Portet… Chaque pas qui touche le sol en descente est une torture. Le responsable de l’application nous appellera après la compétition afin de s’assurer que nos temps de passage de la dernière spéciale chronométrée étaient bons, c’est vous dire s’ils étaient exagérément longs… La ligne franchie, nous craignions que l’application ou l’organisation ne voit pas que nous n’avions pas validé un point de passage (nous ne savons pas vraiment comment cela se passe dans ce cas-là, mais à ce moment précis nous n’avons pas de carton et le classement que tout le monde scrute sur son portable est de ce fait bancal). Alors nous faisons immédiatement part à l’arbitre de la compétition de notre non-validation de la balise n°7 afin qu’il nous sanctionne du carton jaune et des 500 points de pénalité, ce qui est immédiatement fait suite à notre demande. Nous avons préféré avoir l’honnêteté d’avouer notre faute dès notre arrivée, notamment vis-à-vis de l’équipe qui est provisoirement juste derrière nous et qui nous doublera suite à l’application de la sanction.

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Salmo Trek
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Notre 5° place au classement final est un résultat à la fois inespéré et anecdotique. Anecdotique car les lots de prestige sont réservés aux 3 premiers. Tous les autres participants ont la même dotation, qui est tout à fait correcte. Inespéré parce que nous ne pensions jamais finir aussi haut dans le classement avec mes problèmes physiques. Nous avons réussi à dépasser la douleur et à terminer la compétition. Que nous soyons cinquièmes ou derniers, cela n’a que peu d’importance. Nous n’avons pas abandonné et nous avons accumulé de l’expérience, ce qu’étaient nos deux objectifs de cette Samo Trek 2023.

Je veux remercier mon binôme Nicolas Erre, mon ami, mon frère que je n’ai pas eu, pour son état d’esprit toujours positif bien qu’il m’ait traîné comme un boulet et aussi pour sa performance halieutique de haut niveau. Tu as été largement à la hauteur. Je veux aussi remercier tous les membres de l’organisation pour leur implication et leur sympathie. J’adresse aussi une attention spéciale à mes proches qui nous ont suivis durant ces trois jours au travers de l’application MYFFPS. Même si les problèmes de réseau ne permettaient pas toujours d’être au courant de l’exacte évolution du classement en temps réel, les utilisateurs y retrouvent une mine d’informations. Ma compagne qui s’en est servie assidûment, peut dire qui a fait un cristivomer, quelle était sa taille et même que certains ont trouvés des cèpes (mais elle n’a malheureusement pas pu prendre connaissance des zones de pousse).

Pour l’instant, mon quotidien est rythmé par les rendez-vous chez le kiné, l’ostéopathe, le podologue, le médecin et autres radiologues… La pêche en est absente pour un moment qui devrait bien durer trois mois. Mais j’espère pouvoir être prêt pour l’édition 2024, en tout cas vous aurez compris que je fais tout pour l’être. A l’an prochain !

Cauterets (65) : des lacs de montagne à découvrir à la mouche

pêche lac Cauterets

Les montagnes qui entourent l’attachant et authentique village de Cauterets (65) sont parsemées d’une multitude de lacs qui scintillent comme mille étoiles aux yeux du randonneur. Si certains ne sont qu’à quelques minutes de marche sur un sentier marqué et bien balisé, d’autres s’implantent dans des cirques perdus et secrets. Ces écrins haut perchés s’avèrent être de merveilleux terrains d’aventure et de découverte pour les pêcheurs à la mouche baroudeurs. Pour cette raison laissez-moi vous faire arpenter les sentes qui vous conduiront à la rencontre des divers lacs qui parsèment les montagnes cauterésiennes :

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Des prérequis indispensables

Si mes mots vont orienter vos destinations halieutiques, une bonne analyse et compréhension d’une carte IGN seront indispensables afin d’atteindre les lacs les plus sauvages. Ici le moucheur se fait montagnard et pour accéder aux pièces d’eau les plus éloignées, une excellente connaissance de la montagne et une bonne condition physique seront fondamentales afin de ne pas vous mettre en danger.

Se situant entre l’étage montagnard et, pour les plus extrêmes, aux prémices de l’étage nival, ces lacs seront prospectables en fonction du moment de leurs débâcles, les plus hauts et mal orientés finissant toujours par dégeler en dernier. Cette grande diversité d’altitude et d’orientation permet une pêche porteuse d’un bout à l’autre de la saison. Ici, quel que soit le moment de la saison, les lacs d’altitude et les salmonidés les occupant attendent vos mouches artificielles, alors êtes-vous prêt pour une belle rando pêche ?

Réservés aux montagnards capables d'endurer de longues heures de marche sur des terrains chaotiques ou facilement abordables après une petite marche d’approche, ils ont tous en commun une grande richesse piscicole et se prêtent parfaitement à la pratique de la pêche à la mouche. Ici, la qualité de la pêche n’est pas forcément synonyme de longues et usantes randonnées, tant certains lacs très faciles peuvent être excellents à la seule condition de bien choisir le moment pour leur rendre visite.

La plupart de ces lacs se trouvent dans l’enceinte du Parc National ou en périphérie et les moucheurs désirant s’y rendre devront respecter les règles imposées afin de préserver ces écosystèmes fragiles. Les principales qui nous concernent sont :

  • Pas de feu afin de préserver les pelouses alpines et éviter les risques d’incendie,
  • Pas de camping mais bivouac autorisé entre 19h et 9h du matin,
  • Ramener ses déchets (ici comme d’ailleurs partout !),
  • Pas d’animaux de compagnie,
  • Pour le reste consultez le règlement dans les maisons du parc ou sur internet.

Ceci est juste un rappel, notre passion nous sensibilise à la fragilité de ces milieux à travers l’entomologie et la connaissance de ces biotopes aquatiques. La démarche qui consiste à poser ses mouches artificielles sur ces lacs nous impose un minimum de respect envers Dame Nature. Dans ces territoires nous nous devons d’être des visiteurs respectueux et discrets.

Dans les lignes suivantes, pas de descriptifs d’itinéraires pour accéder au lacs, mais des infos sur ceux-ci et les meilleures façons de les pêcher. J’invite ceux qui désirent y monter à consulter les cartes IGN et les différents topos consacrés afin de s’y rendre dans les meilleures conditions.

Les joyaux lacustres cauterésiens partagent leur répartition au sein de 3 vallons qui divisent l’amont de la vallée principale :

  • La vallée de Gaube et le Marcadau,
  • La vallée du Lutour,
  • Le vallon d’Ilhéou.
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truite fario
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LA VALLEE DE GAUBE ET DU MARCADAU

Avec son célèbre Pont d’Espagne et son non moins réputé lac de Gaube, nous pénétrons là dans un des phares touristiques de la vallée. Pourtant lorsque l’on s’écarte un peu de ces deux principaux points, de très nombreux lacs nous attendent. La vallée se divise en deux branches quelques centaines de mètres après le parking lorsque nous pénétrons dans le Parc National.

La branche de droite nous conduit vers le lac de Gaube, le refuge des Oulettes de Gaube et le point culminant de la vallée, le pic du Vignemale (3298m). Ce vallon possède peu de lacs contrairement à celui du Marcadau, ils sont seulement au nombre de trois :

Le lac de Gaube est le plus grand, situé à une altitude de 1725 m pour une superficie de 19ha, sa débâcle se situe généralement un peu avant l’ouverture de la pêche en lac de montagne. Il possède une bonne population de truites fario, de saumons de fontaine, d’ombles chevalier et quelques gros cristivomers.  Accessible à tous, il fait partie des lieux les plus visités des Pyrénées, d’où l’intérêt de bien choisir le moment pour aller y poser ses mouches. Ce lac s’impose comme un excellent terrain d’initiation à la pêche en montagne, les truites y sont d’assez belles tailles et promènent facilement leurs museaux vers la surface.

Toutefois, la grande fréquentation touristique peut paraître rédhibitoire pour la pratique de la pêche à la mouche tant le nombre de personnes flânant sur ses berges est, certains jours, important. Pourtant en s’éloignant des zones où se regroupe la foule, il est possible d’allonger sa soie sur le lac dans de bonnes conditions. Le déversoir et les abords de l’hôtellerie ainsi que l’arrivée du ruisseau de Gaube en amont regroupe une grande partie de la fréquentation. Par conséquent, je vous invite à prospecter la rive droite loin du sentier des Oulettes de Gaube. Sur cette rive votre progression sera stoppée par une barre rocheuse et mettra fin à toute tentative de tour de lac, mais la pêche entre les pins à crochets sera très agréable. En absence de gobage, n’hésitez pas à poser vos mouches très près du bord surtout si le vent vient y terminer sa course. Pour les plus acharnés et audacieux, un gros streamer blanc ou noir au bout d’une soie plongeante peut décider un cristivomer, en particulier en début de saison ou au coup du soir.

La rive gauche, quant à elle, voit le passage de nombreux randonneurs montant le long du sentier en direction du refuge les Oulettes de Gaube et du majestueux Vignemale qui le domine fièrement, ceux-ci n’y stationnent que pour des pauses photos et ne perturbent finalement pas trop l’action de pêche.

Le lac de Gaube qui se pêche de l’ouverture des lacs à la fermeture est la solution pour une belle balade familiale et halieutique qui satisfera tout le monde.

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Gaube
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Vue sur le lac de Gaube depuis l'arrivée d'eau au sud
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Plus en amont à 2302m se trouve le lac du Chabarrou. D’une surface de 2,1ha, c'est un magnifique lac de montagne où prospère une population de truites fario et peut être quelques cristivomers. Son accès est relativement facile une fois que l’on quitte le sentier des Oulettes de Gaube après être passé devant un énorme cairn. Ses abords escarpés et coupés par de nombreuses barres rocheuses ne permettent pas d’en faire le tour et réduisent les zones de pêche. La taille des truites est moyenne, pour autant la pêche à la mouche peut s’y avérer fructueuse en particulier les jours où le vent anime la pellicule de surface. Une zone herbeuse sur la rive gauche permet un bivouac sympathique et fait face à un haut fond où les truites aiment venir se nourrir des insectes prospérant sur la pelouse alpine toute proche. En aval de son déversoir le torrent traverse une magnifique laquette très encaissée ou quelques truites vivent, en revanche l’accès à celle-ci demande un peu d’attention.

Enfin, le lac le plus secret de cette vallée de Gaube est certainement le lac Meya. Accessible par une très discrète sente qui démarre à proximité de l’hôtellerie de Gaube, il ne se laisse dévoiler qu’après une rude montée souvent hors sentier et dans un océan d’éboulis instables que je déconseille aux pieds montagnards hésitants. Ce petit lac d’une surface de 0,5ha contient quelques saumons de fontaine pas très gros. Très sauvage, il se visite d'avantage pour son cadre mais la marche avec une canne à mouche peut motiver certains moucheurs très sportifs.

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saumon de fontaine
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A l'opposée du val de Gaube, la branche de droite chemine en suivant les berges bucoliques du Gave du Marcadau et remonte ainsi la vallée éponyme en direction du refuge Wallon, où elle se partage en 3 vallons parsemés de nombreux lacs de toutes tailles, propices à poser vos artificielles. Un quatrième vallon, celui de l’Embarrat, possède lui aussi de magnifiques lacs de montagne et permet une somptueuse boucle dont le sentier démarre à l’extrémité du plateau de Cayan (à la fin du parcours no-kill du gave du Marcadau), c’est d’ailleurs celui-ci que nous visiterons en premier.

Devant la richesse lacustre du coin (quasiment tous les lacs rencontrés seront excellents pour la pêche !), je ne parlerai dans ces lignes que des principaux coins présentant un intérêt halieutique. Ces séries de lacs siègent toutes à des altitudes supérieures à 2000m et sont riches en truites fario, saumons de fontaine (les cristivomers sont uniquement présents dans le petit lac inférieur de la Fache). La taille des salmonidés qui hantent ces hautes eaux sera déterminée par l’altitude, l’exposition et la nature des terrains les entourant. En effet, les lacs possédant des pelouses alpines tout autour de leur périmètre, profiteront de la richesse de celles-ci pour produire des poissons souvent plus gros.

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Marcadau
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Le fameux plateau du Marcadau, haut lieu de la pêche en sèche dans les Hautes-Pyrénées
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Vallon de l'Embarrat

Son sentier démarre au niveau du pont de Cayan et monte au travers d’une belle forêt de pins en direction des 2 lacs de l’Embarrat que nous rencontrons au bout de 1h30 de marche.

Posés sur deux plateaux distincts et séparés par un dénivelé de quelques dizaines de mètres, ils présentent des profils totalement différents, ce qui, certains jours, présente un atout non négligeable pour la pêche.  En effet en fonction des conditions rencontrées, l’activité des salmonidés y sera plus ou moins importante sur l’un ou sur l’autre.

  • Le lac inférieur(2139m) est relativement profond et encaissé, il abrite une population de truites qui profitent des éboulis et des rhododendrons pour se poster contre les berges. Déployer sa soie très loin n’est pas toujours gage de réussite ici tant les poissons aiment fureter contre les berges à la recherche de quelques insectes en détresse. Comme dans tous les lacs, le vent déterminera le placement des truites. Sans vent optez pour la berge de droite éloignée du sentier afin de trouver des truites en activité car moins dérangées par les randonneurs.
  • Le lac supérieur(2075m) au contraire, est très ouvert, très peu profond et cerné de pelouses alpines, il est une invitation à poser ses mouches dans un environnement somptueux au pied du pic de la Cardinguère. Son fond est sédimenteux et propice au développement de chironomes, aliment dont les salmonidés sont friands. Les truites de taille moyenne qui croisent dans ce milieu peu profond ont un comportement farouche et vous contraindrons à une approche discrète et à l’utilisation de longues et fines pointes. Les coups du soir quand le lac n’est plus baigné par le soleil et les jours ou une brise agite la surface seront les conditions parfaites pour pêcher ce lac peu profond. Sans vent et par grand soleil une pêche en nymphe à vue peut produire elle aussi de bons résultats à la seule condition d’une approche ultra discrète.

Lors des belles journées d’été, les sialis y sont nombreux en particulier à côté des arrivées d’eau, pensez-y lorsque vous verrez ce faux sedge déambuler près des berges, les truites en sont friandes. Pour les mouches à utiliser dans les lacs qui font l'objet de cet article, je vous invite à relire mon article à ce sujet ici.

En reprenant notre rando, au fil des épingles du sentier, nous cheminons en direction du lac du Pourtet et découvrons deux laquets jumeaux qui contiennent quelques truites de toutes tailles. Du fait de leur positionnement, ils vous permettront de reprendre votre souffle lors d’une agréable pause, prétexte à déployer quelques mètres de soie. Après ce petit intermède apaisant, un bon raidillon et une bonne suée vous conduiront sur les berges d’un des joyaux de la vallée :

  • Le lac du Pourtet (2422m) cerné par les aiguilles du pic Arrouy ne laisse personne indifférent tant son esthétisme et ses qualités halieutiques sont grandes. Perché à 2420m d’altitude et d’une superficie de 5,8 ha, il permet une pêche de qualité et variée tant ses berges présentent des profils aux caractéristiques différentes. En effet entre les petites anses, les berges d’éboulis et hauts fonds, il est toujours possible de trouver des truites en maraude. Peuplé de nombreuses truites fario de toutes tailles, il permet une pêche en sèche et en nymphe très agréable. Les truites y sont souvent actives en surface mais parfois très suspicieuses sur les artificielles présentées. Soignez votre présentation et allongez vos pointes, lors de mon dernier passage les truites y étaient très regardantes sur la taille des mouches présentées, en effet elles prenaient uniquement des petits parachutes noirs en 18 et refusaient le reste. Tout le périmètre du lac est bon, mais j’ai une préférence pour les alentours de la presqu’île où les salmonidés aiment trainer et où il est possible de produire des longs lancers. Attention, pour ceux qui aiment bivouaquer, les emplacements y sont très rares et peu confortables (un ou deux maxi).
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Pourtet
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Le lac du Pourtet
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Deux lacs terminent ce vallon en basculant sur l’autre versant, il s’agit du lac de Nère et du lac de Bassia. Le lac de Nère (2309m) contient des truites et présente un profil encaissé où une bonne maitrise des lancers sera indispensable afin de ne pas laisser trop de mouches sur les berges. La pêche à la mouche y est parfois un peu compliquée mais ce lac n’est pas à négliger.

Le lac de Bassia (2488m) est plus sauvage car éloigné du sentier principal, il est réservé à ceux qui veulent se sentir seul au monde. Les truites y sont de taille moyenne mais certaines peuvent réserver d’agréables surprises.

En basculant sur l’autre versant après le lac de Nère nous rejoignons, après une belle descente, le refuge Wallon qu’il est possible d’atteindre directement en remontant directement la vallée du Marcadau. Le refuge Wallon est le carrefour de 3 vallons riches en lacs :

Le vallon d’Arratille

Il se compose de 4 lacs étagés entre 2247m et 2528m : le premier est le lac d'Arratille, un beau plan d'eau d’une surface de 5,9ha qui contient uniquement des truites fario dont certaines peuvent atteindre de belles tailles. Son exposition et son environnement, avec de belles pelouses alpines, permet aux salmonidés une croissance remarquable pour un lac situé à cette altitude. Les truites y montent volontiers se nourrir en surface et certains secteurs se prêtent bien aux longs lancers. La berge de droite cernée par de fortes pentes herbeuses est excellente mais doit se pratiquer avec prudence car les chutes de pierre n’y sont pas impossibles. En soirée, de beaux poissons viennent souvent se nourrir sur le haut fond devant le déversoir, certains se tiennent assez loin mais l’environnement permet de longs lancers.

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Le lac d'Arratille
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Au dessus, le lac de Badète (2347m) contient des truites. Du fait de ses berges découpées et des gros blocs qui percent la surface, il est très agréable à pêcher à la mouche. Lors des journées très ensoleillées, ces gros blocs produisent des zones d’ombre où les truites aiment se positionner pour se nourrir et où je vous invite à poser y vos mouches quand ces secteurs sont battus par la brise dominante. Le lac est magnifique et propice au bivouac loin de la foule qui souvent s’arrête au lac d’Arratille.

Lorsque l’on quitte le lac d’Arratille vers le col éponyme, nous rencontrons le lac du Col qui contient quelques saumons de fontaine et des truites. Sur sa droite le lac Meillon (2523m) quant à lui, possède une belle population de saumons de fontaine de faible taille mais souvent bien actifs. Son accès est pentu et demande un peu d’attention afin de le rejoindre en traversant une mer d’éboulis raides et instables, ses berges minérales et sauvages. Ici pas de gros poissons mais des petits salmonidés très ludiques à pêcher à condition d’avoir la condition physique pour aller à leur rencontre !

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Le lac de Badète
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Le vallon de la Fache

Il possède 2 lacs alevinés par la FDAAPPMA 65 et deux laquets qui depuis quelques années ne reçoivent plus d’alevins. Le lac supérieur de la Fache (2439m) est très agréable à pêcher à la mouche avec ses berges bien dégagées et contient des saumons de fontaine de taille moyenne. Il est un appel au bivouac tant ses berges sont accueillantes.

Le lac inférieur de la Fache (2332m) contient une population de cristivomers pas très gros qui subsistent dans ce petit lac depuis de nombreuses années sans qu’aucun renforcement de population ne soit réalisé. Quelques saumons de fontaine complètent cette population, les cristivomers montent facilement sur vos mouches dès que le lac se trouve à l’ombre et permettent une pêche ludique même si la prise d’un poisson maillé est anecdotique.

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Fache
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Le lac de la Fache inférieur
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Le vallon de Cambalès

Il est riche de pas moins de 12 lacs et laquets qui s’échelonnent entre 2258 m et 2582m pour le plus haut. Tous sont une source d’émerveillement tant les paysages qu’ils illuminent sont somptueux et variés. Tous ces écrins de montagne présentent des caractéristiques variées propices à la pratique de la pêche à la mouche. Entre lacs profonds et laquets, le vallon de Cambales comblera vos envies. Au travers de ces lignes je n’évoquerai précisément que les lacs principaux tant il est laborieux de tous les décrire. Tous les laquets possèdent une population mixte de saumons de fontaine et de truites, la taille des salmonidés qui les occupent est variable en fonction de l’environnement qui les entoure. Les découvrir dans les culs de vallon en s’aidant d’une carte IGN fait partie du plaisir de la pêche, c’est notamment pour cela que je n'entrerai pas trop dans les détails.

Le grand lac de Cambalès, d’une surface de 3,5ha et situé à 2342m est un magnifique lac de montagne, les truites y sont nombreuses mais pas toujours faciles. Il est assez profond et les truites en activité de surface n’y sont pas toujours faciles à trouver et à prendre. Ses berges sont une alternance d’éboulis, de pelouses alpines et de petites barres rocheuses. Comme dans tous les lacs de montagne, il conviendra de pêcher les secteurs battus par le vent où les truites se regroupent pour s’alimenter. Ici aussi, par grand bleu, les zones contre les blocs ou le long des barres rocheuses qui maintiennent une zone d’ombre, sont excellentes. A son aval, le grand lac de Cambalès possède deux petits lacs satellites qui ne sont pas à négliger car les truites y sont plus régulièrement actives. Ils ne sont pas très profonds et possèdent un fond sédimenteux propice aux chironomes. Les truites qui les occupent sont de taille moyenne dans les deux lacs.

En amont du grand lac de Cambalès se trouvent de nombreux laquets et lacs. La taille moyenne des poissons n’y est pas très élevée mais le plaisir de pêche se trouve à son paroxysme tant la prospection de si beaux écrins peut révéler un sentiment de liberté. Poser ses pieds dans ces lieux impose leur respect et une discrétion infinie afin de ne pas gêner la faune qui y vit.

En parallèle, sur la droite du sentier du cols de Cambales se trouvent les lacs d'Opale, qui doivent leur nom à la magnifique couleur de leurs eaux. Le lac inférieur est le plus petit, ses berges sont constituées d’éboulis, il est relativement profond et son fond sédimentaire dès que l’on s’éloigne des berges. Truites et saumons de fontaine se partagent ce petit biotope particulièrement sympathique à prospecter à la mouche. Bien que de petite taille, ce lac possède quelques jolies truites ayant une préférence pour les petites imitations sombres et flottant bas.

Le grand lac d’Opale est quant à lui plus encaissé et ses berges plus pentues, notamment du côté à flanc de montagne, risquent d’entraver vos lancers les plus audacieux. Truites et saumons se partagent le territoire, la densité de poissons y est conséquente. Le tour du lac est possible mais un peu laborieux du coté flanc de montagne car les éboulis y sont nombreux.

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Les lacs d'Opale et de Cambalès vu de Bernat Barrau
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Les lacs d'Opale et de Cambalès vus depuis le pic de Bernat Barrau (2793m)
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La vallée D’ILHEOU

Cette vallée parallèle au Marcadau, bien que moins riche en lacs que sa voisine, se révèle fort intéressante car elle en possède trois aux caractéristiques bien différentes. En remontant la piste qui conduit au refuge éponyme, nous rencontrons le minuscule lac Noir. Ce petit plan d'eau, où les brebis aiment se tenir, contient des truites assez jolies par rapport à sa taille. Entre pelouse alpine et éboulis, il est agréable à pêcher, les années sans trop de précipitations, son niveau à tendance à baisser.

Quelques mètres de dénivelé plus haut, le grand lac d’Ilhéou nous accueille : d’une superficie de 11ha et se situant à 1976m, ce beau plan d’eau à la forme de monstre lorsqu’on le contemple du sommet du pic de Nets, s’avère parfaitement adapté à la pêche à la mouche. La taille moyenne des truites est bonne et le lac contient de très beaux poissons. J’aime prospecter le fond du lac aux alentours de l’arrivée d’eau, les truites aiment roder sur le haut fond de cette plateforme peu profonde. Loin du refuge, les salmonidés y sont plus tranquilles et gobent parfois pas très loin du bord.

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Le lac d'Ilheou (1976m)
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Le lac du Hourat se trouve à 1h environ du refuge d’Ilhéou, son accès est sauvage et se déroule hors sentier ou sur une sente très discrète, un minimum de sens de l’orientation et un pied montagnard sont requis afin de rejoindre ce petit paradis suspendu dans son cirque rocheux. Du fait de ses berges rocheuses et très pentues la progression canne à la main ne sera pas aisée. Une population de truites de toute taille le colonise, le côté déversoir et la proximité des berges seront à explorer avec précision. Le lac est profond et les truites peu enclines à s’éloigner du bord sauf les jours de retombées d’insectes très importantes.

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Le lac du Hourat
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LA VALLEE DU LUTOUR

Si cette magnifique vallée aux nombreuses cascades est surtout connue pour son lac d’Estom, elle ne possède pas moins d’une douzaine d’autres écrins, tous excellents pour la pêche.

Le départ se situe au parking de la Fruitière et grimpe mollement jusqu’à la passerelle de Pouey Caut pour ensuite se redresser par quelques épingles. En remontant, une sente discrète part sur notre droite et nous mène aux lacs d’Estibe Aute, après une très rude et sportive ascension. Dans ces deux beaux lacs cohabitent truites, saumons et ombles chevaliers dans le plus grand. Après cette petite escapade, redescendons sur le sentier principal qui monte au col des Gentianes et va nous faire croiser de nombreux lacs.

Le premier est le fameux Lac d'Estom. D’une superficie de 6,7ha et posé sur un plateau à 1804 m d’altitude, il fait partie avec le lac de Gaube et celui d’Ilhéou des plans d’eau pêchables dès l’ouverture fin mai. Les truites farios y sont belles et souvent gobeuses, nous pourrons les pêcher sur tout le périmètre du lac. Ses berges alternent pelouses, éboulis et petites barres rocheuses facilement franchissables.

Un peu plus haut sur sa rive droite se trouve le petit lac de Hount Hérède à 2079m, d’une surface de 0,8 ha, il accueille quelques truites cependant son accès très pentu demande un peu d’assurance afin de le rejoindre.

Lorsque l’on reprend le sentier après le Lac d’Estom, on rejoint après 1h30 le lac de Labas, assez riche en truites de taille moyenne et dans une moindre proportion en cristivomers, il est très agréable à prospecter à la mouche. Ses berges sont pentues et souvent constituées d’éboulis, un petit laquet en aval de son déversoir possède lui aussi quelques truites !

Toujours en remontant le sentier qui conduit au col des Gentianes, quelques minutes après le lac de Labas, nous arrivons au lac des Oulettes d’Estom Soubiran, ce beau lac situé à 2387m et d’une superficie de 7 ha, abrite une population de truites fario et cristivomers. Bien qu’attrayant, il ne remporte pas tous mes suffrages de par sa taille et la délicate localisation des salmonidés. Coupées par des barres rocheuses infranchissables, ses berges alternent pelouses et éboulis, elles sont trop régulières et parfois monotones, malgré cela certains jours on peut y réaliser de belles pêches en sèche.

En poursuivant cette randonnée lacustre, nous croisons le profond et somptueux Lac Couy à 2445m. D’une surface de 1,9 ha et cerné de pelouses alpines, il est fort agréable à pêcher. Les truites y sont assez belles et parfois redoutablement méfiantes par rapport aux mouches qu’on leur présente. L’arrivée d’eau et la berge de droite rassemblent une grande partie des salmonidés gobeurs, les lancers aisés permettent d’aller chercher les poissons lointains et craintifs. Il y a quelques années une petite population de beaux cristivomers venait compléter le panel des salmonidés présents, je n’en ai plus vu depuis pas mal de temps mais sait-on jamais !

A la pointe du jour, de belles truites viennent se nourrir contre les berges et sont prenables avec des imitations de sialis. Scrutez les moindres ondes contre les bords afin d’y déposer votre mouche. A sa gauche et un peu en amont de celui-ci se trouvent deux petits lacs contenant quelques poissons à ne pas négliger.

A gauche du lac Couy et à 2584m se trouve le sauvage lac du Malh Arrouy, il accueille une population mixte composée de truites/saumons de fontaine.

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Lac Labas,Estom Soubiran,Couy
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De gauche à droite : le Lac de Labas, Estom Soubiran et Couy
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En revenant au Lac Couy et en suivant toujours le sentier, nous arrivons après une rude montée au lac Glacé à 2565 m. Dans ce splendide plan d’eau posé dans un cirque minéral, vous taquinerez des saumons de fontaine et parfois de très beaux cristivomers. La pêche y est sportive au travers des chaos rocheux et les barres. J’aime le pêcher en sèche ou au streamer afin d’y débusquer quelques cristivomers même si ceux qui gobent sont souvent non maillés. En journée peu de cristivomers sont actifs, ils choisissent d’attendre que l’ombre recouvre le lac, c’est à ce moment- là qu’il est possible d’en prendre en sèche.

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lac glacé
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Le lac Glacé
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cristivomer
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Beau cristivomer du Glacé pris en sèche par l'auteur
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Pour terminer, juste avant le col des Gentianes se trouve le petit lac du col où une belle population de saumons de fontaine de petite taille sollicitera parfois rageusement vos mouches !

Après cette longue balade autour des lacs de la vallée de Cauterets, je vous invite à chausser vos chaussures de montagne et à charger vos cannes sur votre sac à dos afin d’aller côtoyer le merveilleux.

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Lionel Ainard
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