Lorsqu'on pêche en sèche, la canne est très sollicitée dans la mesure où elle va transmettre l'énergie impulsée à la soie par l'intermédiaire du bras, dans le but de propulser une artificielle sans lest. Contrairement à la nymphe au fil moderne où la canne ne plie pas véritablement au lancer (seul le scion travaille lors du coup de poignet unique), en sèche, la canne "se charge" sur environ un tiers de sa longueur, sous la traction exercée par la soie en l'air. L'adéquation de la puissance de la canne avec la soie choisie est donc primordiale, tout comme ses caractéristiques techniques avec les conditions de pêche rencontrées. Voici les 4 caractéristiques fondamentales d'une canne sèche :
Beaucoup de choses ont été écrites sur la longueur optimale de la canne et du bas de ligne de pêche en sèche façon "eaux rapides" (rivières petites à moyennes). Afin de guider au mieux les choix à faire (y compris ceux du débutant), il faut d'abord comprendre le but à atteindre : faire dériver sa mouche sèche sans dragage quelle que soit la configuration du poste. Pour parvenir à réduire le dragage dans un contexte "rivière caillouteuse rapide", deux approches principales existent :
Elle consiste à utiliser une canne relativement courte, de 7'6 à 9', une soie standard adaptée à la puissance de l'outil et surtout un bas de ligne assez long (longueur supérieure ou égale à 2 longueurs de canne pointe comprise). Dans ce cas, on prévient le dragage par des posés techniques (détendus, courbes...etc). La distance de pêche est de l'ordre d'une dizaine de mètres. La pêche italienne TLT représente la version jusqu'au-boutiste de cette approche (voir l'article ici).
Dans ce cas, la canne est relativement longue (9'6 ou plus), la soie fine voire très fine (synthétique ou le plus souvent une naturelle parallèle de numéro inférieur ou égal à 3) et le bas de ligne plutôt court (1 à 1.5 fois la longueur de la canne pointe comprise). La prévention du dragage consiste alors à pêcher canne haute, de façon à soustraire au maximum la bannière de la surface de l'eau. La distance de pêche n'excède pas 5/6m. La soie fine étant légère, elle ne redescend pas dans les anneaux en action de pêche. Cette façon de procéder est très répandue dans le sud de la France et en particulier dans les Pyrénées.
Bien sûr, des approches intermédiaires sont possibles entre ces deux extrêmes, à vous de trouver votre propre style !
La longueur de la canne sèche dépend essentiellement du type de milieu pratiqué, car l'environnement conditionne la distance de pêche et l'encombrement des berges. Distinguons schématiquement :
Dans ce type de milieu, les turbulences sont souvent importantes et les vitesses de courant des veines adjacentes très variables. Ainsi, le risque de dragage y est particulièrement important. Les approches 1 et 2 décrites au paragraphe précédent permettent toutes deux, chacune à leur manière, de limiter ce risque. Ainsi, on peut opter pour :
L'encombrement de la rivière est également à prendre en considération : dans les milieux très touffus, lorsqu'on dispose d'un tunnel de végétation pour lancer par exemple, il est logique de choisir une canne courte, de façon à ne pas toucher trop souvent la ripisylve lors des faux lancers. On optera alors pour un modèle 6' à 8' en suivant le principe général de l'approche 1.
Dans les milieux plus vastes, la distance de pêche augmente et l'encombrement des berges n'est plus un problème car on évolue souvent dans le lit de la rivière. On sera régulièrement amenés à pêcher à une dizaine de mètres, voire plus. Ainsi, on choisira une canne de 8'6 à 10' et une soie adaptée à la puissance de la canne. A titre indicatif :
La place de la polyvalence :
Dès que le désir de pêcher en alternance (mouche sèche et nymphe au fil) se fait sentir, il faut considérer l'importance relative accordée à chaque approche. En effet, les caractéristiques des cannes spécifiques "sèche" et "nymphe au fil" sont assez antinomiques notamment au niveau de la longueur :
Pour la nymphe au fil, plus la canne est longue, meilleure sera la conduite de ligne. Par contre, augmenter la longueur de l'outil lui fait perdre en réactivité et donc en capacité de pêche en sèche (voir la mesure du CCF de notre protocole). Ainsi, il faudra encore une fois trouver un compromis à ce niveau et choisir une longueur "légèrement" supérieure si l'on envisage de pratiquer l'alternance sèche/nymphe au fil en lieu et place de la sèche pure.
Par exemple, une pêche classique en sèche en rivière moyenne avec des truites moyennes vous aurait sans doute fait opter pour une 9' #4. Dans ce même cadre, un désir d'alterner sèche et nymphe au fil fera plutôt choisir une 10' #3/4 ou #4.
Hors cas des pêches purement "sous la canne" en torrent, attention à ne pas dépasser 10'5 ou 10'6 si l'on veut conserver un bon agrément de pêche en sèche.
Mesurée par l'Effective Rod Number (ERN) dans notre protocole de test, la puissance réelle d'une canne à mouche (parfois différente de la puissance annoncée par le constructeur) conditionne le numéro de soie à choisir pour lancer de façon optimale. Le choix de la puissance est une affaire de compromis. Il faudra prendre en considération :
Très logiquement, plus les poissons convoités sont gros, plus la canne doit être puissante pour les contenir lors des combats. Inversement, pour des truites de taille modeste, en montagne par exemple, une canne trop puissante ne présente pas d'intérêt et se révèle même handicapante car inconfortable et inadaptée à la propulsion de soies fines.
Pour illustrer le propos, disons que pour pêcher des truites de moins de 40cm en moyenne, des cannes de puissances inférieures au égales à #4 conviennent le mieux. Pour les truites des grandes rivières françaises par exemple (dans lesquelles les gros poissons de 50cm ne sont pas anecdotiques), une #5 convient parfaitement. Celui qui cible les spécimens du calibre supérieur pourra opter pour une #5/6 voire une #6.
Le degré de discrétion au poser et à l'arracher est imposé par les poissons et les conditions de pêche. Des pêches de plat et d'eaux plutôt lentes visant des poissons très sollicités conduisent à minimiser la masse de la soie utilisée et donc la puissance de la canne qui servira à la lancer (une soie de numéro inférieur est plus légère donc plus discrète quand elle atterrit à la surface). Pour des truites de tailles standard dans ces conditions extrêmes, une canne de puissance #3/4 ou #4 est adaptée. A défaut, par exemple si des gros poissons ou du vent imposent des puissances supérieures, il faudra augmenter la longueur du bas de ligne si l'on souhaite conserver une discrétion suffisante.
Plus le vent perturbe les lancers, plus une soie lourde est nécessaire. Une soie lourde possédant une inertie supérieure durant son trajet aérien, elle permet de meilleurs lancers quand Eole souffle fort. On choisira donc un numéro de soie relativement important pour tous les parcours notoirement ventés, par exemple en lacs de montagne, dans certaines vallées...etc. Une astuce consiste à rajouter 1 numéro de soie par rapport à ce que les autres paramètres préconiseraient en théorie. Ex : pour des pêches standard en sèche en ruisseau de plateau, le milieu et la taille des poissons préconiseraient en théorie une #3 mais si le vent balaye souvent la zone, une puissance #4 voire une #5 se justifient !
Le type d'action des cannes à mouche est mesurée grâce à l'Action Angle de notre protocole de test. On rencontre généralement 3 types d’action pour les cannes mouche :
Si la flexion s’exerce sur toute la longueur, l’action est considérée lente (Slow en anglais).
Si la flexion s’exerce principalement sur la moitié supérieure de la canne, l’action est considérée comme modérée (Moderate en anglais).
Si la flexion s’exerce principalement dans le tiers supérieur, l’action est considérée comme rapide (Fast en anglais).
Globalement, plus une canne est rapide, plus elle sera directionnelle et en mesure de serrer la boucle de soie pour, par exemple, poser la mouche sous des frondaisons ou la faire atterrir en premier sur l'eau (principe du lancer linéaire). Ces cannes possèdent également une bonne aptitude à se charger avec peu de faux lancers (lorsque la soie utilisée est en adéquation avec la puissance réelle de la canne évidemment) et sont les plus utiles en présence de vent violent.
Inversement, plus une canne est modérée, plus elle sera lente à mettre en oeuvre mais plus ses présentations seront délicates et discrètes. Elle se montrera également plus efficace pour certains lancers, roulés en particulier. De plus, à la faveur d'un point dur très bas dans la courbure du blank, ces modèles présentent une tenue de poisson excellente, et sont particulièrement nécessaires lorsqu'il faut pêcher de beaux poissons avec des pointes relativement fines (ex : pêche des truites de plus de 40cm en nymphe à vue à l'étiage avec une pointe en 10/100).
De leurs côtés, les actions fast se révèlent beaucoup plus autoritaires (meilleure aptitude à brider les poissons) et plutôt destinées aux pêches avec des pointes de diamètres standard à importants (plus de 12/100).
Quid de la nymphe à vue ?
Les préconisations dans le choix des cannes de pêche en sèche et en nymphe à vue sont quasiment identiques, le principe de ces deux déclinaisons de la mouche étant le même : propulser grâce à l'inertie de la soie une artificielle sans lest ou très faiblement lestée. Quelques différences surviennent lorsqu'on utilise des nymphes assez lestées qui possèdent une inertie importante durant leur trajet aérien, et nécessitent des soies plutôt lourdes. Ainsi, il faudra adapter la puissance de la canne choisie, de façon à obtenir un ensemble puissance de canne / masse de nymphe homogène. Pour illustrer le propos, disons qu'une canne de puissance supérieure ou égale à #4 permettra de lancer des nymphes "lourdes" de pêche à vue, de masse supérieure à 0.10 gr environ.
En résumé et à titre indicatif, voici l'avis de la rédaction (les puissances mentionnées sont les puissances réelles calculées par notre protocole) pour les principales situations rencontrées en France :
Celui qui veut une canne sèche à tout faire : 9' #4
Celui qui veut une canne "eaux rapides" école 1 : 8' ou 8'6 #4
Celui qui veut une canne "eaux rapides" école 2 : 9'6 ou 10' #3
Celui qui veut une canne polyvalente sèche/nymphe au fil : 10' #3/4 ou #4
Celui qui veut une canne sèche "ruisseaux branchus" : 6' à 7'6 soie 3 ou 4
Celui qui veut une canne "grosse truite en grande rivière française" : 9' #5
Celui qui veut une canne "grosse truite à l'étranger" : 9' #6
Celui qui veut une canne de voyage polyvalente sèche/nymphe au fil : 10' #5
Excepté lors de conditions spécifiques au coup du soir avec un sedge ou un subsedege, lors de certaines prospections en lac de montagne et réservoir où le dragage est vivement recommandé pour déclencher la prise de l’artificielle, dans la plupart des autres situations, il est la source la plus fréquente de refus ! D'un stimulus déclenchant le gobage dans ces cas bien particuliers, il devient un répulsif dans toutes les autres configurations. Quoi de plus rageant que de voir son artificielle draguer quelques centimètres devant une belle truite alors que la dérive s’était déroulée parfaitement jusque-là... Voyons comment limiter ce phénomène.
Le dragage se produit lorsque la ligne (soie ou bas de ligne) attachée à la mouche est entraînée par un courant plus rapide ou au contraire, freinée par un courant plus lent que celui qui véhicule l'artificielle. Ce courant qui "tire" sur la sèche et produit un sillage lui fait changer de trajectoire (cas de la mouche qui coupe les veines de courant) et/ou modifie sa vitesse de dérive (accélération le plus souvent). Dans les 2 cas, la dérive n'est plus naturelle.
Le phénomène de dragage survient fréquemment dans les rivières caillouteuses dont les veines de courant adjacentes possèdent des vitesses différentes. Dans les rivières à la pente et à la granulométrie plus faibles (cas des rivières bretonnes), les vitesses de courant sont plus homogènes et le risque de dragage plus faible.
L’influence du dragage sur le comportement d’un salmonidé en phase d’alimentation se solde non seulement par l'absence de gobage de la mouche mais également dans certaines situations par l’arrêt total de son activité !
Ce phénomène peut se produire en sèche comme en nymphe. L'avantage lorsqu'on pêche en sèche, c'est que le dragage est facilement identifiable à l’œil nu car il se produit sur la pellicule de surface (même si certains micro-dragages sont parfois plus sournois à observer).
L'apparition de ce sillage n’est pas inéluctable mais la conséquence d'une ou plusieurs fautes commises par le moucheur et peut heureusement être corrigé par quelques modifications ! Elles sont principalement de 2 ordres :
Parlons technique tout d'abord : dans chaque coulée où nous poserons notre mouche, la présentation devra être en phase avec les contraintes imposées par les courants et l’environnement du coup. Par effet ricochet, un placement et un lancer en phase avec le coup pêché offriront un poser, une dérive et donc une présentation améliorée qui retardera le dragage. Aucune présentation parfaite n’est en effet possible sans l’optimisation étape par étape de la séquence suivante :
Le première chose à faire en abordant un poste ou un gobage est de choisir la distance de pêche qui sépare le poisson de la position où vous allez lancer. D'un point de vue pratique, en ce qui concerne la présentation de l'artificielle, la règle à suivre est la suivante : plus on pêche près'de soi, mieux on pêche... tout simplement car on diminue ainsi la longueur de ligne posée à la surface et donc le risque de rencontrer des courants de vitesses différentes. Toutefois une distance de pêche minimale s'impose pour ne pas effrayer les poissons. Pour définir la bonne distance de pêche, je vous renvoie pour cela à mon précédent article traitant spécifiquement du placement.
Une fois la distance de pêche définie, la première question à se poser est la suivante : est-ce que les lancers latéraux (angle de canne à environ 50°) sont possibles ?
Cas 1 : lancers latéraux impossibles = pêche plein amont imposée
Lorsque l’on pêche en remontant un torrent ou un ruisseau de faible largueur, l’encombrement fait que dans certains cas, seuls les roulés et lancers verticaux sont possibles. Plusieurs solutions sont alors possibles pour limiter le dragage :
Enfin, dans ce cas de figure, le lancer roulé est aussi utile : il permet de maintenir la mouche sur la pellicule de la surface beaucoup plus longtemps en évitant les faux lancers. Cela favorise la discrétion et limite les possibilités d'accrochage dans la végétation.
Cas 2 : lancers latéraux possibles
La configuration des berges, la moindre abondance de ripisylve et l'agrandissement des cours d'eau rendent possibles les lancers latéraux (plan de lancer à 50° environ). Retarder le dragage devient ici particulièrement nécessaire car la prospection de milieux plus vastes s'accompagne d'une augmentation de la distance de pêche et d'un allongement de la longueur des dérives. L’allongement de la distance parcourue par votre mouche à la surface multiplie les risques de dragage d'où l’intérêt d’opter pour le geste technique adapté !
Avant même d’évoquer quelques situations rencontrées fréquemment, il est sous-entendu dans cet article que chacun pourra procéder à sa manière et que le « geste parfait » comme dans toute discipline sportive n’existe pas... il s'agit plutôt d'adopter un geste en corrélation avec les possibilités techniques de chacun. A l’image d’une mouche à laquelle vous accordez une confiance sans faille, un enchaînement technique dans lequel vous vous sentez en confiance sera toujours le plus efficace.
Quand les lancers latéraux sont possibles, le degré de liberté de placement impose ou non le lancer à pratiquer :
Lorsque le placement est libre :
Dans la plupart des situations rencontrées en rivière moyenne ou grande, il est possible de se positionner dans le lit de la rivière afin de proposer un lancer qui permettra de retarder le dragage :
Placement contraint / distance de pêche importante :
Une forte profondeur ou un courant puissant imposent parfois le placement et donc le lancer coup droit ou revers. De même, les contraintes dues à une présentation lointaine implique l’utilisation du coup droit et d'un bas de ligne avec une pointe relativement longue afin de retarder le dragage ; en coup droit, le shoot final a tendance à faire poser l’ensemble bas de ligne/pointe de façon trop tendue favorisant un dragage rapide. La maîtrise du posé paquet est alors capitale.
Dernier levier technique sur lequel le moucheur peut agir pour limiter le dragage : le suivi de la dérive. Le but est toujours de réduire au maximum la longueur de soie posée à la surface. En pratique :
Si la technique du moucheur est fondamentale pour retarder les dragages, faire le choix d'un matériel en adéquation avec les conditions de pêche est tout aussi important, en particulier chez les néophytes aux dextérités moins aiguisées. Voici les principaux éléments sur lesquels il est facile d’intervenir :
Dans les pêches à courtes distances 3/4 amont et surtout plein amont, les cannes longues (c'est à dire de 9'6 ou plus) aident le pêcheur à soustraire la ligne aux tumultes du courant et favorisent ainsi une dérive propre. Aujourd'hui, les concepteurs de canne nous proposent des cannes longues très confortables qui permettent de pêcher avec très peu de soie dehors voire simplement avec la fin du bas de ligne, toujours dans l'optique de réduire la longueur de ligne posée à la surface.
Attention, le choix de la longueur de canne est aussi fonction des qualités techniques du moucheur et de ses préférences : une canne relativement courte comme une 9' ou moins est plus agréable et plus maniable qu’une 10', mais nécessite la maîtrise des lancers/posés techniques précédemment évoqués (posés courbe, détendus...) pour compenser sa moindre capacité à contrôler la dérive. Ce type de matériel est à réserver aux pratiquants les plus aguerris.
C'est dans la pêche en eaux rapides qui se déroule avec peu de ligne dehors que le type de soie revêt une importance capitale. Les soies naturelles trouvent ici leur raison d'être, elles permettent de pêcher canne haute sans jamais redescendre dans les anneaux comme le feraient les modèles synthétiques. Elles sont aussi d'une discrétion absolue grâce à leur finesse et perce bien le vent. La soie naturelle utilisée pour sa finesse et sa souplesse participe au bon déroulement de la dérive alors que les soies plastiques plus grosses demanderont un allongement du bas de ligne afin de réduire leur forte prise au courant. Synthétique ou naturelle, leurs qualités influent sur la dérive, d’où l’intérêt d’avoir une soie adaptée aux conditions de pêche rencontrées et à la technique mise en place.
Quel que soit le cas de figure auquel vous êtes confronté, la longueur de la pointe va jouer un rôle prépondérant dans la dérive. Si votre pointe s’avère trop courte le dragage interviendra plus rapidement. Au contraire, une pointe relativement longue favorise le poser courbe ou en paquet (elle a tendance à moins s'étendre) mais se révèle moins précise pour le néophyte. Dans certains secteurs générateurs de dragage, il est possible d'utiliser des longues pointes de plus de 2m. Le but est ici de trouver un compromis afin de limiter le dragage tout en restant précis !
Raccourcissez vos dérives !
Dans les situations où les salmonidés sont conciliants, il est possible de diminuer le temps de dérive en particulier lorsque l’on pêche un poisson visible ou sur gobage. En effet, plus la distance de dérive entre votre mouche et le poisson est courte, moins celle-ci a le temps de draguer ! Toutefois, la discrétion en pâtit si l’on pose trop près du poisson… Il faut donc s’adapter au degré de méfiance des salmonidés. Ici la technicité du moucheur prendra toute son importance dans la recherche de précision car il s’agira de présenter la mouche à la distance "parfaite" du poisson : trop loin les risques de dragage devant le museau du salmonidé seront importants, trop près, le poser risquera de l'effrayer !
On le voit dans ces lignes, le dragage n’est pas une fatalité, améliorer sa dérive permet de le retarder. Comme dans toute pratique sportive il vous faudra répéter de multiples fois vos gestes techniques afin de les améliorer. Avant même de lancer, pêchez avec votre tête afin d’opter pour le placement et le lancer qui optimiseront au mieux votre dérive. Bon entraînement !
Le Colloque International sur l'écohydraulique, organisé par des français (INRAe Lyon) s'est tenu au mois de novembre dernier ; une fois n'est pas coutume, toutes les présentations enregistrées son
Aujourd'hui, la 10'6 #3 est presque devenue la canne standard de pêche en nymphe au fil. Il faut dire que la quinzaine de centimètres de plus par rapport aux 10' apporte un meilleur contrôle des dérives, tout en restant plus confortable et maniable qu'une 11'. Truites & Cie a sélectionné pour vous 5 références en 10'6 à moins de 300 euros, idéales pour débuter la nymphe au fil.
Cette série de canne de la marque espagnole Baetis présente un blank au revêtement vert olive foncé. Il comporte 2 anneaux de départ suivi de monopattes aux ligatures de même tonalité, seul l'avant dernier est de type serpentiforme, ce qui permettrait selon le fabricant de limiter les boucles au niveau du scion lorsqu'on pêche avec du nylon uniquement. La poignée liège surmonte un porte moulinet down-locking aluminium noir avec insert carbone vert. On retrouve à la fois un accroche-mouche et des points d'alignement des brins. Cette canne 4 brins est livrée dans un tube cordura compartimenté.
Cette série de canne de la marque espagnole Baetis présente un blank brut non verni avec très peu de revêtement, ce qui lui donne sa couleur grise mate. Il comporte 2 anneaux de départ suivi de 9 monopattes + 1 final aux ligatures de même tonalité, légèrement plus foncées. La poignée liège surmonte un porte moulinet down-locking aluminium gun métal avec insert carbone. Un accroche-mouche est présent sur le premier brin. Cette canne 4 brins est livrée dans un tube cordura compartimenté.
Cette canne Cortland possède un revêtement gris sombre aux ligatures de même couleur. Elle comporte 12 anneaux (premier SIC + monopattes). Le porte-moulinet down-locking tout aluminium surmonte une poignée liège forme cigare. A noter la présence d'un accroche mouche et de points d'alignement des brins. Cette canne 4 brins est vendue dans un tube compartimenté.
Cette canne fait dans la sobriété : le blank non verni est orné de 12 anneaux (deux SIC + monopattes) aux ligatures noires ; le porte-moulinet down-locking gris ardoise avec insert carbone est surmonté d'une poignée liège forme cigare. A noter la présence d'un accroche mouche et surtout d'une règle permettant de mesurer les truites dont la taille est comprise entre 30 et 60cm. Cette canne 4 brins est vendue avec un scion supplémentaire dans une housse et un tube de transport.
Cette série Hanak possède un blank brun finition gloss et des ligatures olives. Elles supportent des anneaux monopattes suivant un premier SIC. La poignée liège de première qualité (grade 4A) a des extrémités compressées pour gagner en durabilité. Le porte moulinet "tressé" avec insert bois est en aluminium noir ; il surmonte un talon de combat en liège. Cette canne 4 brins est livrée dans une housse et un tube cordura.
Cette entrée de gamme Soldarini possède un look classique sombre avec un blank noir verni à finition gloss, des ligatures et une porte moulinet down-locking également noirs. Le premier anneau SIC est suivi de monopattes. Cette canne 4 brins est livrée dans un tube compartimenté.
En ce qui concerne la puissance, les cannes de ce test peuvent être classées en 2 catégories :
- Celles dont la puissance est sous-évaluée : c'est le cas des Baetis Rookie et Loomis & Franklin qui sont en réalité des #3/4,
- Celles dont la puissance est conforme : c'est le cas des Baetis Stress, Cortland Nymph Series, Draga Aliseda et Hanak Czech Nymph X qui sont des vraies #3.
Au niveau des actions caractérisées par l'Action Angle (AA), deux catégories sont représentées :
- les actions fast : c'est le cas de la Cortland et de la Hanak (AA de 70°). Avec un AA à 73°, l'action des Baetis Stress et Loomis & Franklin peuvent être considérées comme ultra-fast.
- les cannes d'action moderate fast : cas des Draga Aliseda et Baetis Rookie. Le point dur de ces deux modèles est situé plus bas sur le blank. A puissance identique, leur réserve de puissance est inférieure à celle d'autres références plus rapides.
Caractérisée par la fréquence d'oscillation en cpm, la réactivité est indicatrice de la capacité de pêche en sèche (plus la fréquence est élevée, plus la canne fouettera efficacement). Pas de grosse surprise à ce niveau, la logique est respectée :
- Les cannes dont l'ERN est situé en milieu de la plage de puissance #3 : 72 cpm pour la Draga supplantée par un 74 cpm pour la Cortland alors qu'elles partagent le même ERN (3.42),
- Les fréquences des cannes dont l'ERN est situé en haut de la plage de puissance #3 sont comprises entre 74 et 77 cpm,
- Enfin, la Baetis Rookie possède la fréquence la plus faible (71 cpm) car son ERN est situé en bas de la plage #4.
Ces cannes peuvent ponctuellement pêcher en sèche mais ce n'est clairement pas leur vocation première, d'autant qu'avec des PTE souvent proches de 300 gr, elles se révèlent assez peu maniables pour fouetter pendant plusieurs heures.
Au niveau du montage, plusieurs paramètres ont été considérés et notamment la distance du premier anneau à la poignée. En effet, lorsqu'on pêche en nymphe au fil canne haute, la soie est susceptible de former un ventre si ce premier anneau est trop éloigné de votre main gauche. Une distance à la poignée inférieure à 40cm est généralement préconisée pour limiter ce phénomène.
Ainsi, avec 32 et 37cm, seules les Cortland et Draga remplissent correctement ce critère. Les distances des autres modèles sont comprises entre 40 et 61cm. Si les 40 et 41cm des deux Baetis restent convenables, les distances des premiers anneaux des Hanak et Loomis & Franklin (respectivement égales à 61 et 52cm) sont franchement inadaptées à la nymphe au fil et nécessitent l'ajout d'un anneau amovible pour pêcher correctement.
Au niveau des porte-moulinets, la quasi totalité sont de type down-locking pour favoriser l'équilibre (ceci est particulièrement opportun pour ces modèles "entrée et moyen gamme" en 10'6). Seul celui de la Hanak est à vissage vers le haut.
Toutefois, dans la mesure où les poignées des différentes cannes de ce test sont longues (plus de 175mm) voire très longue pour la Cortland (200mm de long !), l'annulaire de la main qui tient la canne ne se trouve plus en contact direct avec la gâchette. Un moulinet manuel sera à privilégier pour ces cannes, à défaut il faudra prendre l'habitude de placer la main assez bas sur la poignée en action de pêche, ou de la replacer vers le bas une fois le ferrage effectué. Avec 175mm de long, les poignées des Baetis sont les mieux adaptées au semi-auto, tout comme la Hanak avec son porte-moulinet up-locking.
Pour ce qui est de l'épaisseur des poignées, elles sont relativement standard (25/26mm). Celle de la Draga est la plus importante (27mm).
Niveau confort de pêche, notre système de notation attribue les 2 meilleures notes à la Cortland et à la Draga avec 7.4 et 7.2/10. Ces cannes s'équilibrent parfaitement avec un moulinet vide d'environ 110/120 gr. La Hanak prend une honorable 3ème place d'autant que son porte moulinet up-locking favorise moins l'équilibre que les down-locking de ses concurrentes. Très bonne performance donc pour cette Hanak niveau confort de pêche. Les Baetis Stress et la Loomis & Franklin suivent de façon rapproché. Enfin, la dernière place revient à la Baetis Rookie, modèle le moins cher de ce test et le moins confortable, avec un petit 5/10.
Comme à notre habitude, nous ne discuterons pas le look des différents modèles, ce critère étant totalement subjectif. Les photos parlent d'elles-mêmes et chacun se fera un avis selon sa propre sensibilité.
Les puissances sont trop proches pour pouvoir réellement discriminer les différents modèles en matière d'utilisation potentielle. Avec leurs puissances réelles #3 et #3/4, ces cannes se montrent très polyvalentes pour la pêche en nymphe au fil, et capables à la fois de lancer des nymphes à billes de 2.4mm comme des corps tungstène d'1 gr. De même, elles sauront faire face à la plupart des situations rencontrées en France au niveau de la taille des truites rencontrées (hors cas de la recherche spécifique de gros poissons de plus de 50cm). Ceux qui pêchent très fin ou qui souhaitent minimiser au maximum les risques de décroche pourront se diriger vers l'un des deux modèles d'action moderate fast (la Draga ou la Baetis Rookie).
Si l'on parle confort, les cannes de ce test récoltent globalement des notes moyennes, en raison d'une conception forcément en rapport avec leur prix "contenu". La Cortland remporte la palme grâce à son PM down-locking et sa longue poignée qui décalage le poids du moulinet vers le bas. Elle est suivie de près par la Draga aux caractéristiques proches.
Niveau finition, chaque modèle évoqué présente des avantages et des inconvénients : malgré sa poignée démesurément longue (dont on peut se poser la question de l'intérêt ?), la Cortland est sans doute la mieux finie (premier anneau bien placé, présence d'un accroche mouche et de points d'alignement des brins). Elle partage le haut du panier avec la Draga (premier anneau bien placé et accroche-mouche) et la Baetis Rookie (premier anneau assez bien placé, accroche-mouche et points d'alignement des brins).
Si vous utilisez un moulinet semi-automatique et que vous avez l'habitude de poser votre main au niveau de la partie la plus épaisse de la poignée, votre annulaire ne sera pas en directement contact avec la gâchette pour la majorité des modèles présentés. Seule la Hanak avec son PM up-locking est idéale pour le semi auto (la longueur de la poignée des deux Baetis est correcte).
On le voit ici, les différences entre les participantes sont ténues et nous vous encourageons (comme d'habitude !) à bien comparer les chiffres, notamment ceux des paramètres que vous priorisez !
Bonne réflexion !
Le protocole de test des cannes à mouche
Comment choisir sa canne à nymphe
Les cannes Baetis en ligne :
Les cannes Cortland chez notre partenaire Easyfly :
Les cannes Draga en ligne :
Les cannes Hanak accessibles en ligne :
Les cannes Loomis & Franklin en ligne :

Truites & Cie : Le magazine de la truite et de la pêche à la mouche - Copyright © 2026 - Tous droits réservés.