Made in France : les accessoires mouche en bois de l'Atelier Cathare

serge marty

Il y a deux ans, à travers un article traitant des bobines pour moulinet Vivarelli, nous avions glissé quelques mots sur Serge Marty de l'Atelier Cathare. Serge nous présentait alors ses manivelles artisanales en bois pour moulinet semi-auto. Nous le retrouvons aujourd'hui dans cette série Made in France pour une plus ample visite de son atelier :

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Serge Marty
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Bonjour Serge, peux-tu te présenter brièvement et nous expliquer d'où vient ta passion pour le travail du bois ?

"Salut, je m'appelle Serge Marty. En fait j'ai toujours été passionné par le bois sous toutes ses formes. J'ai commencé à travailler cette matière lors d'une formation Jardin et Espaces verts, puis je me suis ensuite orienté vers le bûcheronnage dans le bois d'oeuvre sur le plateau de Sault.

Par la suite, j'ai découvert le tournage sur bois en 2014. Suite à un licenciement économique, j'ai décidé de me consacrer pleinement à cette activité artisanale. Résidant au coeur du Pays Cathare dans l'Aude, j'aime façonner les bois de ma région : buis, platane, châtaignier, hêtre, olivier... Mais il m'arrive aussi de tourner du bois exotique !"

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serge marty
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A titre personnel, es-tu toi même pêcheur, si oui, quelles sont les rivières et les techniques que tu pratiques le plus ?  

"Je suis pêcheur à la mouche en no-kill, mon secteur comporte l'Aude bien sûr, l'Ariège, le Vicdessos et un peu les rivières du Tarn, le Thoré et les ruisseaux de la Montagne Noire. Ma pêche favorite est la mouche sèche. Même quand tout le monde pêche en nymphe ça ne me dérange pas de peigner les bordures en sèche et aussi en sèche/nymphe."

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serge marty
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Présente-nous tes principales réalisations de produits pêche et les autres types de produits que tu proposes ? 

"Pour ce qui est des produits pêche, je propose le récup' fil bien sûr, des manches d'outils de montage de mouche, ainsi que des inserts en bois pour porte-moulinets. Je monte même des cannes quand on me le demande ! Je change également beaucoup de poignées de canne et je les tourne sur mesure. Je fais également de la rénovation de poignées d'épuisette !

Pour les autres produits, je pratique essentiellement le tournage de stylos qui est également une activité très passionnante !"

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serge marty
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serge marty
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Où peut-on trouver tes produits ?

"Pour le moment je n'ai que ma page facebook , mon site est en construction !"

Merci Serge et à bientôt, sur un salon peut-être !

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Lien utile : 

La page facebook de Serge Marty

Ses coordonnées :

L'atelier Cathare

7 Chemin sous la Serre, 11240 Routier

07 89 54 42 73

Test longue durée : l'étau Stonfo Elite

Stonfo Elite

A travers notre série de tests "longue durée", nous aimons pousser les produits dans leurs derniers retranchements. Ainsi, lorsqu'il s'agit de présenter un étau de montage de mouche, la longue et laborieuse tâche revient logiquement à un professionnel ! Pour inaugurer le bal, c'est Matthieu Vieilhescazes de la boutique en ligne Matt&Lenka qui nous livre son ressenti en détails :

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Stonfo Elite
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Test statique

Cet étau se classe dans la catégorie des étaux rotatifs à 360°. L'arbre est en acier et monté sur deux roulements à bille de précision, il est articulé et permet l'alignement de la hampe de l'hameçon dans l'axe de la rotation. Les caractéristiques importantes à retenir :

  • socle avec porte-outils et casiers pour billes et hameçons en attente par exemple,
  • mors interchangeables,
  • blocage de l'hameçon par un levier à serrage doux,
  • tension de rotation réglable,
  • blocage de la rotation à n'importe quelle position,
  • réglable en hauteur,
  • convertible droitier-gaucher.

Autres accessoires inclus à l'achat (voir vidéo illustrative) : bras de support à accessoires avec pivot support fil ou pince à hackle (fournie), accroche-fil à ressort réglable, clés allen et notice d'emploi.

Vidéo
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Matthieu Vieilhescazes
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L'avis de Matthieu Vieilhescazes, monteur professionnel chez Matt & Lenka's Nymph Shop :

"Comme pour tous les tests longue durée Truites & Cie, l’étau Stonfo Elite a été soumis à une utilisation intensive, sur une période conséquente, de manière à pouvoir mettre en évidence d’éventuels problèmes et/ou faiblesses susceptibles de survenir dans la durée. Je vous épargne ici les détails des caractéristiques, nombreux et accessibles en deux clics, pour me concentrer sur l’utilisation pure.

Contexte d’utilisation

L’étau a été utilisé à des fins personnelles, dans un panel d’utilisations relativement large. Aux deux extrêmes, il a servi à confectionner des mouches sèches jusqu’à des tailles d’hameçon en 22, qui demandent un certain niveau de précision, jusqu’à des streamers sur des hameçons de 6/0 ou sur des shanks en 100/100 pour lesquels une bonne puissance de serrage est nécessaire.

Outre ces utilisations pour des volumes de montage plutôt classiques pour tout un chacun, il a aussi et surtout été mis à l’épreuve pour une utilisation professionnelle, dans la confection de plus ou moins 10 000 nymphes, dans des tailles d’hameçons standard qui s’étendent du n°10 au n°18.

C’est sur cette base que ce retour d’utilisation sera construit, en essayant de faire le tour des points importants pour tout monteur de mouches.

Ergonomie

Au fil du temps, j’ai testé un bon nombre d’étaux, de gammes et de marques variées. Assez systématiquement, bien avant de pouvoir éprouver les qualités intrinsèques d’un modèle, la dimension ergonomique a constitué un frein à son utilisation à mes yeux.

Il s’agit presque de l’aspect le plus important dans mon utilisation. Les mains doivent pouvoir tourner librement autour du montage sans rencontrer d’obstacles qui obligent à se contorsionner pour trouver une position de travail.

De ce point de vue, le Stonfo Elite présente un sans-faute, avec notamment une vraie possibilité de tenir avec la main gauche des éléments à l’arrière du montage grâce à la finesse et à l’angle parfait du support de tête. La main passe naturellement autour de la structure pour maintenir de manière précise des éléments entre le pouce et l’index.

Après avoir mis en place le réglage de la taille de l’hameçon (le diamètre du fer en réalité) grâce à une molette, le positionnement et la sortie de l’hameçon des mors se font en une seconde grâce à un levier qui permet un serrage doux. Là encore, la praticité dans l’exécution est au rendez-vous.

Les accessoires qui permettent la mise en attente du porte-bobine ou l’immobilisation du toupet pour les montages de parachutes sont bien pensés et bien conçus, avec là encore une ergonomie parfaite. Les espaces autour du montage restent parfaitement ouverts pour une bonne liberté d’exécution, sans contrainte.

Enfin, le socle lourd assure une stabilité sans faille en plus des emplacements dédiés aux outils de montage et au stockage de réserves de matériaux.

Finition et précision

Techniquement, le point central d’un étau est constitué par les mors. Ces derniers doivent présenter des caractéristiques précises pour offrir un bon confort de travail dans la durée.

De ce point de vue, il s’agit encore là d’un sans-faute à mes yeux. Les mors parfaitement ajustés et d’une finesse importante permettent de travailler avec précision sur tous les types d’hameçons, jusqu’aux plus petits. Comme évoqué précédemment, le côté pratique du protocole de serrage combiné au bon ajustement et à la finesse des mors permettent vraiment d’optimiser le confort de montage.

Enfin, pour ce qui concerne la rotation, elle s’effectue parfaitement dans l’axe de la pointe des mors, pour un travail là encore précis et confortable.

Durabilité

Comme évoqué en introduction, l’étau a été le support de montage d’un grand nombre de mouches, avec une amplitude importante dans la force des fers utilisés.

A ce jour, aucun marquage notable n’est à déplorer. Les mors sont conformes à l’ajustement d’origine et la matière n’a pas été marquée par les serrages répétés, y compris sur les fers de fort diamètre. Pas de long développement sur ce point donc, il n’y a rien de plus à relever qu’une vraie fiabilité dans le temps.

En résumé

Pour conclure, je n’ai relevé aucun point négatif dans l’utilisation du Stonfo Elite malgré une sollicitation dense. Pour un tarif certes notable, mais toutefois loin derrière bon nombre d’autres modèles, il s’agit d’un investissement parfaitement sensé. L’outil est pensé par des monteurs et pour des monteurs, et c’est là une vraie réussite, autant dans la dimension fine de la précision que dans le confort de travail ou la longévité. Nul doute qu’il m’accompagnera encore longtemps pour les longues séances de montage de mouches !"

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Lien utile :

Les étaux Stonfo en ligne :

1000mouches

Rivière, truite, pêcheur et fée électricité : les modifications des habitats (3/5)

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Il y a un peu plus d’une année, je vous emmenais au cœur de notre production d’électricité, de nos appétits sans cesse plus forts pour cette énergie et des différents modes de production dont la production hydraulique. Aujourd’hui, je vous propose de quitter les turbines, les conduites forcées et les kilowatts pour aller à la rencontre de nos rivières à truites. Comment vivent-elles leur cohabitation avec la fée électricité ? Comme lors de mes précédentes chroniques, l’objectif est de fournir le maximum d’éléments chiffrés issus d’études et de travaux de recherche pour saisir la complexité du sujet. Il ne s’agit en aucun cas d’un tribunal où les accusés seraient les hydroélectriciens et où je tiendrais la place du procureur général. Chaque lecteur doit pouvoir se construire sa propre opinion sur le sujet.

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Omniprésence de l'hydroélectricité sur le domaine salmo français

Prenons de la hauteur et survolons d’abord notre territoire national. Avec 4500 centrales hydroélectriques, le nombre de lieux de cohabitation avec nos chères truites ne manquent pas (voir la carte de France). Les densités de centrales sont indéniablement plus fortes dans les zones à truites du fait de l’abondance de l’eau et des pentes plus fortes. Les ingénieurs hydrauliciens ont plutôt bien fait leur travail. Il reste aujourd’hui peu de territoires "vierges", bilan à corréler à la politique des aménageurs du siècle dernier (qui ont laissé peu d’espace aux nouveaux conquérants de la houille blanche) plutôt qu'au classement des rivières au titre de la continuité écologique...

Descendons vers quelques régions emblématiques. Dans les Pyrénées, les quelques 335 centrales hydroélectriques dérivent les eaux et réduisent les débits sur 900 km de rivières et ruisseaux. Les grands lacs occupent 55 km d’anciens lits de cours d’eau et les eaux sont ralenties sur pratiquement 100 km en amont des seuils. 380 km de Gave, Neste et autres Garonne ou Aude voient leurs débits varier brutalement plusieurs fois par jour sous l’effet des éclusées. C’est donc plus d’un quart du linéaire des rivières pyrénéennes qui est impacté avec un fort contraste selon la taille des cours d’eau.

Plus aucune rivière de plus de 20 m de large ne présente des débits qui ne sont pas influencés par l’hydroélectricité dans les Pyrénées.

Sur le haut Gave de Pau, plus de 230 km de rivières sur 450 km sont impactés. Sur le bassin des Neste, il ne reste à peine que 20 km non touchés sur 130 km de rivières. Le haut bassin du Salat dans le Couserans apparaît comme l’un des derniers bastions de rivières "sauvages" avec seulement 9% des linéaires impactés quand son voisin le Lez est affecté à plus de 60%. Dans les Alpes, c’est plus de 1100 km de rivières qui sont influencés par les éclusées des centrales hydroélectriques (ECOGEA, 2018).

Dans le Massif-Central, le tableau est encore plus contrasté. Pour produire l’énergie, les eaux sont stockées dans des grands lacs transformant ainsi 600 km de rivières en retenues. Adieu gorges de la Truyère, de la Dordogne ou du Chassezac, place aux eaux calmes et aux percidés. Ces kilomètres perdus ont parfois été compensés par de nouveaux parcours en aval des retenues grâce à la restitution d’eaux plus froides.

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Vue de la Truyère à Chaliers avant et après la construction du barrage de Grandval
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En cela, la Dordogne est emblématique avec ses ombres et ses truites en aval d’Argentat dans une zone où historiquement les barbeaux étaient sûrement les poissons dominants. Mais les 60 km "reconquis" par les salmonidés ne compenseront pas les 220 km perdus dans les retenues. Il y a aussi le cas des lacs qui peuvent encore accueillir des truites. L’un des plus emblématiques est le lac Sainte-Croix sur le Verdon. Ces grandes étendues d’eau favorisent la croissance des poissons très probablement au détriment du nombre. Un hectare de ce type de lac pourra produire une vingtaine de truites de plus de 40 cm là où la rivière produisait dix fois plus de poissons... mais de 25 cm ! De même, les grands lacs artificiels de haute montagne sont devenus des spots de pêche bien plus attractifs que la petite rivière qu’ils ont submergés...

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Transformation de la rivière Aston dans l’Ariège d’un plateau à bras multiples en un lac (retenue de Laparan) (©IGN- Géoportail)
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Si d’un point de vue écologique, la transformation des rivières en lacs détruit la grande majorité de la biodiversité d’eau courante, d’un point de vue halieutique les impacts sont loin d’être aussi tranchés. La fréquentation des lacs par les pêcheurs de carnassiers et de carpes ainsi que le chiffre d’affaire généré par ces pratiques sont bien supérieurs à ce que les rivières à truites disparues étaient capables d’induire. Lors d’une randonnée estivale en canoë sur le lac de Pannecière dans le Morvan, j’ai comptabilisé plus de 60 pêcheurs de carpe sur 5 km, un chiffre bien supérieur au nombre de pêcheurs de truite fréquentant la rivière Yonne en amont ou en aval du lac.. Il en va donc ainsi, nous pêcheurs, savons mieux nous adapter aux modifications anthropiques induites par l’hydroélectricité que les truites et autres plécoptères ou éphémères !

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Carte de répartition des centrales hydroélectriques en France avec les grandes régions à truites
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Des conséquences différentes selon le type d'ouvrage

Installons-nous maintenant au cœur des rivières impactées pour mieux comprendre les changements que produisent la dérivation et le turbinage des eaux :

Les débits des rivières sont évidemment modifiés sous les prises d’eau et en aval des restitutions des usines. Dans les tronçons court-circuités, les quantités d’eau qui s’écoulent en moyenne dans l’année sont 2 à 4 fois moins importantes qu’en amont. Le différentiel est encore plus fort en étiage avec 70 à 90% de débit en moins. Toutefois, il ne faut pas s’imaginer qu'en aval des prises d’eau, les débits restent toujours faibles et constants. Lorsque les centrales fonctionnement au fil de l’eau et que les débits de la rivière dépassent les capacités d’entonnement de l’usine, les eaux vont alors transiter dans le tronçon court-circuité (phénomène de surverse). Selon les cas, il est possible d’observer ces situations durant 25 à 40% du temps de l’année.

Sur le Vicdessos dans l’Ariège, lors de la fonte des neiges, une partie des eaux transite dans le tronçon court-circuité assurant ainsi une "vie hydrologique" à la rivière. Le passage de crues fréquentes permet à la morphologie du cours d’eau d’être renouvelée notamment au niveau des frayères. Au niveau de la pêche, cette régulation des débits présente des inconvénients et des avantages. La réduction des débits d’étiage et leur relative stabilité rendent les conditions de pêche souvent plus difficiles que dans les débits "naturels" principalement pour des techniques comme le toc ou le leurre. Elle peut en revanche favoriser la mouche sèche. Qui n’a pas recherché en mars les quelques éclosions d’éphémères du milieu de journée dans un tronçon court-circuité ? Lors des périodes de fontes de neige intenses, les tronçons court-circuités avec leurs débits plus tamponnés peuvent devenir des refuges pour la pratique de la pêche...

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Exemple de régime de débits en amont et en aval d’une prise d’eau de centrale au fil de l’eau – Le Vicdessos (données ©Banque Hydro)
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En aval des grands barrages qui très souvent captent la majorité des eaux même lors des forts débits, la situation est bien différente et l’hydrologie prend souvent la forme d’un "encéphalogramme plat" (voir l’Aude sous le barrage de Puyvalador). Dans ces secteurs, la rivière se referme avec la réduction très marquée des dimensions du lit et le développement des arbres sur les berges et même sur les îles. Les rivières en tresse des Alpes sont les plus touchées par ce phénomène. Le Drac, affluent de l’Isère en amont de Grenoble, a perdu 70% de son lit actif sous l’effet conjugué des grands barrages et des travaux en rivière. La végétation a fini par recouvrir plus d’1/3 du lit (Peiry et Nouguier, 1994). Les mêmes observations ont été faites sur la Dordogne avec une diminution de la largeur du lit actif de 130 à moins de 100 m au cours du siècle dernier (Boutault et al., 2018) ainsi que sur la basse rivière d’Ain (Bravard et al., 1991 ; Dufour, 2015). Bien évidemment, ces processus ne sont pas uniquement le fait des grands barrages. La rétractation des lits de rivière est un phénomène général lié aux évolutions climatiques et ceci depuis la fin du petit âge glaciaire (du XVIIIème au XIXème siècle). De plus, ces cours d’eau ont été progressivement aménagés depuis plusieurs siècles avec notamment des endiguements et surtout des extractions de granulats des années 1950 aux années 1990.

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Exemple de régime de débits en amont et en aval d’un grand barrage – L’Aude (©Banque Hydro)
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Evolution des boisements de la basse rivière d’Ain de 1945 à 2000 (in Dufour, 2015)
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Vues aériennes de la basse rivière d’Ain à St-Jean de Niost en 1943, 1970 et 2018 (©IGN- Géoportail)
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Les petites rivières sont également affectées que ce soit dans les Alpes ou les Pyrénées. Sur ces rivières, les évolutions sont directement imputables aux barrages. La Neste d’Oô sur le plateau d’Astau a vu la surface de son lit divisée par 3 après la construction du barrage du lac d’Oô. De même sur le Gave d’Ossoue dans les Hautes-Pyrénées, le lit en tresse a disparu au profit d’un chenal unique trois fois moins large qu’à l’origine.

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Evolution du lit de la Neste d’Oô au plateau d’Astau entre la construction du barrage du lac d’Oô (1921) et 1984 (©IGN- Géoportail)
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Evolution du lit du Gave d’Ossoue avant et après la construction du barrage (1924-2018) (©IGN- Géoportail)
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La conséquence directe de ces modifications est une perte de surface en eau des rivières et donc des potentialités d’accueil pour les truites. Dans les années 90, lorsque les débits réservés minimaux étaient fixés à 2,5% du débit moyen annuel de la rivière, les pertes étaient de l’ordre 50 à 80% par rapport à une situation à débit non modifié (Demars, 1985 ; Baran et al., 1995). Avec le passage à des débits minimums de 10% du débit moyen annuel, les pertes ont diminué mais restent encore de l’ordre de 20 à 40% selon les sites. A l’échelle des Pyrénées, ces pertes représentent entre 200 et 300 ha de cours d’eau (5 à 7% des surfaces totales occupées par les rivières à truite de la chaîne). Dans ces secteurs à débit très stable, la pêche est souvent difficile du fait de l’absence de variation, les truites ayant souvent une activité nocturne.

Après la réduction des étiages et l’écrêtage des crues, les éclusées sont le 3ème type de modifications hydrologiques induites par les centrales. Ces variations brutales et rapides qui peuvent intervenir 2 à 3 fois par jour constituent des événements très souvent éloignés des variations naturelles. Dans sa thèse, Dominique Courret (2014) a bien montré que les vitesses de montée et de baisse des débits lors des éclusées étaient plus fortes celles des crues.

En aval immédiat de nombreux aménagements, la montée des eaux a lieu en moins d’1/2 heure. Les centrales sont capables de turbiner de 1 à 4 fois le débit moyen des rivières. Dans ce contexte, il est possible de voir le débit de l’Arc à Modane passer de moins de 1m3/s à plus de 80m3/s en moins de 30 min. Ceux de l’Ain en aval de Vouglans peuvent varier de 15 à plus de 150 m3/s. Selon les rivières, ces variations ont lieu de 50 à plus de 1 300 fois dans l’année. Si l’on comptabilise moins de 100 éclusées annuelles sur la partie basse du Guil dans les Hautes-Alpes, on enregistre jusqu’à 1100 variations sur la Garonne en amont de Montréjeau (31)...

Très souvent, les éclusées sont nombreuses en automne (demande en électricité de pointe plus importante) et absentes au printemps ou en été. Mais actuellement, il est possible d’observer aussi de nombreuses variations en été non pas pour la production d’électricité de pointe mais pour du soutien à l’irrigation ou pour la pratique des sports d’eau vive (voir le cas de la rivière Aude).

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Exemples de variations de débits sur l’Aude et la Dranse au printemps et en été (©Banque Hydro)
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L’activité hydroélectrique a également un impact sur le transport des sédiments dans les rivières. En montagne, les cours d’eau transportent plusieurs milliers de tonnes de sédiment par an (de 30 000 t/an sur la Dordogne à Bort-les-Orgues à plus de 5 millions de t/an sur l’Isère à Grenoble). Ces sédiments proviennent de l’érosion des versants et des fonds de vallée. Ils sont transportés essentiellement lors des crues. Dès l’instant où les écoulements sont ralentis dans les retenues, les sédiments se stockent. Les plus grossiers (graviers/galets) se déposent en queue de retenue voir plus en amont dans le lit de la rivière (phénomène de remous solide) et les plus fins (sables /limons) directement dans la retenue.

Dans les grands barrages, seuls les sédiments fins sont capables de ressortir lors des ouvertures de vannes. Les graviers et galets sont stockés bien trop en amont pour traverser le lac et réalimenter la rivière en dessous. Dans les retenues de plus petites dimensions, tout dépend de la gestion des vannes. Depuis une vingtaine d’années, des opérations d’ouverture régulière en crue sont conduites. Les résultats sont mitigés tant du point de vue des sédiments qui arrivent vraiment à traverser le barrage que de la façon dont ils se redéposent en aval. Les 1ère opérations conduites sur l’Ariège en aval de Foix ont été stoppées au bout de 7 à 8 ans. La présence en trop grande quantité de sédiments fins altérait systématiquement la rivière en dessous conduisant à une forte opposition des pêcheurs et des associations de protection de la Nature. Dans le même temps, les mêmes opérations se poursuivaient sur le haut Adour avec des effets beaucoup moins graves pour les truites et les invertébrés. Dans tous les cas, le stockage année après année des sédiments et plus particulièrement des sables et des vases dans les retenues ne peut, en aucun cas, être une solution satisfaisante. Il fait peser de lourdes menaces pour les rivières en aval et même pour la ressource en eau. Il a suffi de voir ce qui s’est passé lors de l’accident du barrage de la Bourboule sur la Dordogne pour mesurer les risques (envasement du lit, mortalité directe de poissons...etc). Ce problème de vases stockées est un dégât collatéral très grave des grands barrages qui a été totalement négligé lors de leur construction et que nous risquons de laisser en cadeau aux générations futures...

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Evolution des dépôts de sédiment dans la retenue du plan d’Arem sur la Garonne entre 1972, 1984, 1993 et 2013 (©IGN- Géoportail)
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Au-delà de ce problème, les déficits en graviers et galets induits par leur stockage dans les retenues et l’écrêtage des crues en aval a des impacts sur les habitats des truites. Ce sont surtout les frayères qui peuvent être altérées. Les surfaces disponibles notamment dans les rivières granitiques ont diminué sous les barrages jusqu’à parfois atteindre des seuils critiques pour la réussite de la reproduction. Avec la réduction des crues, les faciès favorables ont eu tendance à s’ensabler et à disparaître. Le faible renouvellement des substrats a eu également comme effet de les rendre moins meubles et donc plus difficiles à remanier pour la construction des frayères ou tout simplement pour le développement des larves d’invertébrés...

Voilà donc un 1er panorama des impacts induits par l’hydroélectricité sur les habitats aquatiques des rivières à truites. Nous verrons très prochainement les conséquences biologiques de ces modifications !

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Les débits minimums encadrés par la loi

C’est l’article L214-18 du Code de l’Environnement qui détermine les conditions de fixation des débits minimums sous les prises d’eau. C’est la loi pêche de 1984 qui a introduit la valeur minimale de 10% du débit moyen annuel à maintenir en-dessous une prise d’eau. L’article 214-18 a repris cette valeur avec des possibilités de déroger à 5% pour les barrages participant à la production d’énergie de pointe. Cette valeur de 10% issue à l’origine de travaux de recherche aux USA correspond dans la plupart des cas à une situation inférieure à l’étiage naturel des rivières de moyennes et hautes montagnes. Dans les Alpes et les Pyrénées, les débits d’étiage naturels sont de l’ordre de 25 à 40% du débit moyen annuel. Dans le Massif-Central, ils varient entre 10 et 20% (Baran, 2011).

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Bibliographie

Baran, Delacoste, Dauba, Lascaux et Belaud, 1995. Effects of reduced flow on brown trout populations downstream dams in French Pyrenees. Regulated Rivers : Research and Management, 10, 347-361.

Baran P., 2011. Les méthodes d’aide à la détermination de valeur de débit minimum. Annexe 2 de la circulaire du 5 juillet 2011 relative à l’application de l’article L. 214-18 du code de l’environnement sur les débits réservés à maintenir en cours d’eau.

Bravard J.P., Malavoi J.R., Amoros C., 1989. L’Ain ou la difficulté de gérer une rivière en cours de métamorphose. Journée d’étude Rivières en crise : Saône, Ain, Durance.

Boutault F., PiégayH., Lascaux J.M.; Malavoi J.R., Guerri O., 2018. Evaluation des facteurs de contrôles des ajustements morphologiques récents (20ème siècle) de la Dordogne dans sa moyenne vallée, France. Présentation colloque I.S.RIVERS 2018.

Courret D., 2014. Problématique des impacts de la gestion par éclusées des aménagements hydroélectriques sur les populations de poissons : caractérisation des régimes d’éclusées et du niveau de perturbation hydrologique. Thèse INP Toulouse, 218p.

Demars, 1985. Repercussion of small hydroelectric power stations on populations of brown trout in rivers in the French Massif-Central. In Alabaster (Ed), Habitat modification and freshwtaer Fisheries. FAO EIFAC, Rome, 53-61.

Dufour S., 2005. Cotrôles naturels et anthropiques de la structure et de la dynamique des forêts riveraines des cours d’eau du bassin rhodaniens (Ain, Arve, Drôme et Rhône). Thèse de Doctorat Université de Lyon 3,

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DÉCOUVREZ NOTRE DOSSIER "COMMENT LES RIVIÈRES,  LES TRUITES ET LES PÊCHEURS COHABITENT-ILS AVEC LA FÉE ÉLECTRICITÉ ?" :

Part 1 : Tous électrivores

Part 2 : Et au milieu fissionnait l'atome

Part 4 : Les impacts sur les espèces

Made in France : les colliers de pêche Gabatx Fly Fishing

gabatx fly fishing

A l'heure où un nombre croissant d'entre nous aspire à pêcher léger notamment en été, époque des sorties rapides, un nouveau produit made in France vient de voir le jour pour combler ces attentes : le collier de pêche Gabatx Fly Fishing. Rencontre avec Benoît Moreno, concepteur, monteur et distributeur des colliers Gabatx :

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Bonjour Benoît, peux-tu te présenter succinctement pour les lecteurs de Truites & Cie ?

"Salut, je m'appelle Benoît Moreno. Je suis originaire de Carcassonne et je vis depuis 2010 à Matemale dans les Pyrénées Orientales, donc 100% Gavatx et fier de l’être... d'où le nom GABATX-FLYFISHING de mon entreprise. Ne vous prenez pas la tête avec le "X" de Gabatx il se prononce "CH" en Catalan ! L’activité de Gabatx-flyfishing n’est pas mon activité principale. Je suis snowmarker dans des paysages magnifiques de la station de ski des Angles. Cette région des Pyrénées est située entre 1500 et presque 3000m altitude pour les sommets les plus hauts comme le Carlit et le Péric. Elle comporte de nombreux lacs, ruisseaux, torrents de montagne avec de magnifiques truites de souche. Je fais de la randonnée et pêche à la mouche depuis que je peux porter mon sac à dos. La pêche à la mouche est une histoire de famille, mon père est moucheur, mon oncle est moucheur et le père de mon oncle était moucheur. Je pratique essentiellement en lac de montagne dans le massif du Carlit et des Pérics (notamment les lacs des Camporells)."

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Quelles sont tes techniques favorites et les secteurs que tu pêches principalement ?

"Mes techniques de pêche à la mouche sont très variées. En montagne (lacs et rivières), c’est exclusivement de la pêche en sèche. Pêche à la mouche classique ou tenkara, mais en sèche ! Les truites prennent beaucoup en surface (sur des terrestres, sedges et sialis). J’adore la pêche en sèche en lac de montagne et en torrent. C’est tellement passionnant par sa complexité. En montagne, la météo change tout le temps, tu dois savoir t’adapter rapidement pour réussir ta sortie. Les truites peuvent être très sélectives et parfois cela peut être frustrant. Je pratique une pêche à la mouche très minimaliste et polyvalente. Je n’aime pas m’encombrer de superflu. Les pointes en 8 ou 10/100 et les boîtes aux 1000 mouches, c’est pas pour moi ! Les truites ici, peuvent gober avec une telle violence que même un poisson de 15 cm peut casser un 12/100. Je ne suis pas fan des combats qui durent des plombes où tu ramènes à la fin un poisson épuisé .

En moyenne et grande rivière, c’est 80 % nymphe au fil et 20 % sèche. Depuis 8 ans, je pratique beaucoup la nymphe au fil dans les rivières plus basses de ma région (l’Aude, la Têt, l'Ariège et l'Orb) et de Catalogne espagnole (le Sègre et le Ter), et comme pour la pêche en sèche, avec du matériel polyvalent : canne 10' #3/4 avec une soie de 4 pour passer en sèche à la moindre éclosion. J’adore cette pêche ! Très technique et tactile... l’art de présenter les nymphes pour déclencher l’attaque et ressentir la touche... Passionnant !"

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gabatx fly fishing
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gabatx fly fishing
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Parle nous de ton activité Gabatx fly fishing, d'où vient-elle et en quoi consiste-t-elle ?

"Comme je disais dans ma présentation, je suis un passionné de montagne et plus particulièrement celles des Pyrénées catalanes qui abritent une multitude de lacs de montagne. Comme tout le monde, pendant de nombreuses années, je chargeais mon sac à dos avec mon gilet de pêche. Et un soir après un week-end de pêche avec bivouac, j'ai regardé mon patch à mouche et j'ai fait le constat que j'utilisais seulement 5 modèles différents. J’ai cherché le moyen d’alléger mon sac en ne prenant que le minimum pour gagner du poids et du confort de marche. En cherchant sur internet, j’ai vu qu’en Amérique du Nord des moucheurs se confectionnaient des colliers pour fixer leur matos, qu'ils accrochaient autour de leurs cous lors de pêche en barque. J'ai trouvé l’idée géniale et je décidai de l’adapter à ma pratique de la pêche. Et mon premier collier est né il y a 4 ans. J’ai fait tester autour de moi le produit qui a bien plu et mon activité Gabatx fly fishing fut créée en juillet 2019 pour le commercialiser en toute légalité. Beaucoup d’évolution depuis le premier collier confectionné, le produit évolue toujours après les retours des utilisateurs pour qu’il soit le plus fonctionnel, pratique et léger possible. Les colliers sont faits après commande et peuvent être légèrement modifiés à la demande du client. Ils sont bien sur faits à la main par moi-même dans les montagnes des Pyrénées catalanes. Les colliers de pêche GABATX-FLY FISHING sont composés de paracorde et de crochets. La paracorde est très légère, très résistante et sans élasticité. Le collier est complètement démontable pour obtenir presque 10m de paracorde en cas accident ou de situation de survie. Ce qui n’est pas négligeable en montagne."

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gabatx fl fishing
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A propos de ces fameux colliers, présente-nous les en détails ainsi que les utilisations possible ?

"Chaque collier se compose de 2 parties :

  • la partie porte-accessoire pour fixer boîtes à mouches, pinces, porte-bobines, sifflet, décapsuleur et tout ce dont vous avez besoin. Le tressage permet un écartement nécessaire et régulier entre les crochets porte-accessoires.
  • la partie réglage et confort qui se trouve derrière le cou : la paracorde tressée a la particularité de pouvoir régler la taille du collier en tirant sur les 2 bouts prévus à cet effet. Le confort est aussi ajustable en écartant ou en rapprochant le tressage pour l’adapter à chaque morphologie. Le collier pèse moins de 85 grammes.

Il y a 3 familles de collier :

  • LLADURE : le plus light et minimaliste. Collier qui est, en fait, un porte-bobine avec un gros anneau pour fixer les accessoires. J’aime bien l’utiliser quand je pêche le carnassier ou en mer car il vient en complément d’un sac banane où je range mes boîtes à streamers.
  • GALBE : l’original ! Le premier modèle confectionné lorsque tout a commencé. Polyvalent, fonctionnel, doté de 2 crochets à l’intérieur du collier pour venir fixer un porte-bobine en tube carbone.
  • AUDE : pour les pêcheurs les plus exigeants ! Avec 4 crochets intérieurs pour fixer le porte-bobine et le patch à nymphes à rabat de type JS Patch avec qui j’ai fait quelques collaborations. Je l’utilise pour mes sorties en moyennes et grandes rivières."
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gabatx fly fishing
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Gabatx-flyfishing
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"Les colliers GALBE et AUDE sont aussi équipés d’un système aimanté pour attacher et détacher sa pince à clamper ou un dégorgeoir dans le même esprit que l’aimant à épuisette.

En 2021, il y aura des nouveautés pour pouvoir acheter un collier avec les accessoires et les boîtes à mouche adaptées et également une collection de textiles. Les colliers seront encore plus optimisés... se remettre en question ! Toujours !"

 

Merci Benoît et longue vie à Gabatx-flyfishing !

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Liens utiles

Le site web Gabatx Fly Fishing :

gabatx fly fishing

 

De la sociologie du pêcheur français à la « fracture halieutique »

pêche ariège

La pêche associative traverse une zone de turbulence dont la durée et l’ampleur se révèlent inédites. Initiée avec l’opération de promotion sur le Tour de France, puis avec l’annonce de l’augmentation de la carte de pêche interfédérale de 4 euros, la polémique ne cesse désormais plus d’enfler depuis les épisodes de confinement et ses décisions arbitraires qui ont contraint les pêcheurs français à plier les gaules pendant de longues semaines. Dans un pays toujours marqué par sa mythologie révolutionnaire, les appels à couper les têtes se multiplient. Le torrent de fiel sur les réseaux sociaux ne se tarit pas, encouragé il est vrai par certains médias toujours plus prompts à hurler avec la meute plutôt qu’à proposer du contenu de qualité à leurs lecteurs.

Ainsi, malgré un système de gestion parmi les plus démocratique et les moins onéreux d’Europe, malgré des potentialités halieutiques qui restent notables, un mécontentement endémique semble s’être installé vis-à-vis des structures. Il est donc permis de s’interroger sur les causes réelles de cette fronde poujadiste et d’essayer d’en comprendre la nature sociologique à la lumière de données objectives issues des fichiers de ventes de carte de pêche par internet.

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Un contexte démographique contrasté

En 10 ans, le nombre de licences "majeures" (interfédérales + départementales) est passé d’un peu moins d’1 million à 761 000. Cette baisse de presque qu’un quart des effectifs de pêcheurs "réguliers" en seulement 10 ans a été quantitativement compensée par les cartes journalières et hebdomadaires qui sont en hausse constante sur la période. D’un point de vue comptable, cet effet de compensation est toutefois en trompe-l’œil car ces licences temporaires rapportent de 3 à 6 fois moins d’argent dans les caisses que les cartes "majeures". De la même façon, ces cartes temporaires n’ouvrent pas aux mêmes prérogatives statutaires dans les associations, participant ainsi à une désaffection globale des bureaux des AAPPMA dont les assemblées générales dégarnies en sont le triste spectacle le plus visible.

Pourtant, une analyse fine de la démographie de la pêche en France ne laisse pas apparaître une pyramide des âges traduisant un vieillissement de la population des pêcheurs. L’analyse de la structure en âge des pêcheurs, issue des donnée du site https://www.cartedepeche.fr/ est en effet assez équilibré : grosso modo 1/3 de jeunes, 1/3 d’"entre deux" et 1/3 de seniors (figure 1). Cette structure est plutôt une bonne nouvelle et ne traduit pas un problème sérieux de renouvellement que l'on peut constater dans le monde de la chasse par exemple. Cette pyramide globale est bien sur certainement à nuancer en fonction des départements, en particulier au niveau des fédérations à dominante rurale ayant des structures de populations générales plus âgées.

Le problème n’est donc pas générationnel. Comment alors expliquer la baisse structurelle des ventes de cartes majeures ?

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carte de pêche
Légende
Fig 1. Evolution des ventes des différents types de carte de pêche en fonction de l’age des adhérents
Texte

Un problème de fidélisation

Le gros avantage de la vente par internet, c’est qu’elle permet de générer des fichiers d’adhésion qui peuvent être recoupés afin notamment de mesurer le taux de fidélisation, c’est-à-dire quelle proportion des adhérents ayant acheté une carte à l’année n renouvelle leurs adhésions à l’année n+1 (et ainsi de suite).

Les résultats sont éloquents. Prenons ici le département de l’Ariège, département rural emblématique de la pêche de la truite dans les Pyrénées, qui a la particularité d’avoir été une fédération pilote dans la vente dématérialisée des licences (figure 2) [1]. Les histogrammes en bleu montrent la somme de cartes de pêche annuelles (interfédérales + majeures) vendues par an entre 2010 et 2014 : elle est à peu près stable, autour de 6000 cartes/an. Les histogrammes en marron montrent le nombre d’adhérents total cumulé, c’est-à-dire la diversité des adhérents cumulée. Entre 2010 et 2011, 8496-6167 = 2329 "nouveaux" pêcheurs se sont rajoutés au fichier. Le chiffre de vente total étant resté stable, par soustraction, à peu près autant de pêcheurs ayant pris une carte en 2010 n’ont donc pas renouvelé leur licence dans l’Ariège en 2011 !

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cartes de pêche
Légende
Fig 2. Evolution cumulée entre 2010 et 2015 du nombre d’adhérents différents ayant acheté une carte complète dans le 09 (en bleu)/taux d’exploitation annuel de ce total cumulé sur la même période (en rouge)
Texte

Malgré des ventes totales stables, le turn-over est donc considérable (de l’ordre du tiers). Lissé sur 5 ans, le pool total est de l’ordre de plus de 13 500 pêcheurs potentiels soit un taux d’exploitation de 45%. Les calculs menés par la FDAPPMA09 montrent que seulement un quart des adhérents ont pris une carte 4 ou 5 fois en 5 ans. Plus de 44% ont pris une carte une seule fois en 5 ans… Ces chiffres sont très similaires aux données collectées par la FDAPPPMA19 entre 2012 et 2017 (27% pour 4 ou 5 cartes/ 5 ans et 20% pour 1 carte/5 ans) (figure 3), traduisant une tendance lourde a l’échelle nationale, au moins pour des départements ruraux recrutant un nombre significatif de pêcheurs résidant en dehors du département concerné [2].

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carte de pêche
Légende
Fig 3. Proportion d’adhérents ayant acheté une carte 1, 2, 3, 4 et 5 années sur 5 dans le département de la Corrèze (total des cartes en bleu, cartes complètes en vert) et spécifiquement dans l’AAPPMA des Monédières (en marron)
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Un autre élément accréditant l’idée de la volatilité des adhésions provient des analyses des cartes mineures. Dans le département de l’Ariège, à peine 21% des pêcheurs ayant pris une carte mineure et en âge de migrer vers la carte majeure (>18 ans) ont effectivement pris une carte majeure [1]. Ce résultat, inquiétant pour le renouvellement des effectifs, est d’ailleurs parfaitement visible à l’échelle nationale (figure 1) avec une division par un facteur d’au moins 2 entre les ventes de cartes mineures à 17 ans (10 000) et les cartes majeures à 18 ans (moins de 5000). Cette baisse est d’ailleurs constante au sein de la carte "jeune" entre 10 et 17 ans démontrant tout à la fois le succès des Ateliers Pêche Nature (APN), grande réussite de la pêche associative de ces dernières années en matière d’initiation, mais aussi la grande difficulté à fidéliser une jeunesse qui semble "zapper" d’un loisir à un autre.

Cet effondrement est à mettre en relation avec la typologie observée dans l’Ariège entre le type de carte et l’âge des pratiquants (figure 4). Il est très clair que plus on est jeunes, plus on adhère aux cartes temporaires et inversement, les cartes majeures étant principalement acquises par la fraction de la population la plus âgée. Ces données convergent vers l’idée d’une mutation lourde du rapport au loisir pêche chez une fraction très importante de la population, en particulier chez les jeunes et les moins de 50 ans.

Ces résultats sont donc à la fois positifs et inquiétants. Positifs car le pool de pêcheurs potentiels est considérable pour des départements ruraux, de l’ordre du double (a minima) du nombre de cartes annuelles vendues. Mais inquiétants car le turn-over élevé traduit une sérieux problème de fidélisation des adhérents. Pire, la carte mineure et les efforts engagés par les structures pour promouvoir la pêche auprès des jeunes ne débouchent que marginalement sur le recrutement de pêcheurs réguliers. Cet élément est bien sur à nuancer car rien ne dit que ces jeunes pêcheurs, initié a l’enfance, ne reviendront pas dans le giron de la pêche associative bien plus tard. On se retrouve ainsi à mille lieues de l’image d’Epinal du pratiquant qui pendant des décennies reste fidèle à son AAPPMA ou à sa FD : le pêcheurs français est devenu fondamentalement volage... Comment peut-on alors expliquer cette volatilité des adhésions?

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cartes de pêche
Légende
Fig 4. Distribution en âge des adhérents des différents types de carte dans le département de l’Ariège
Texte

La pêche associative est-elle soluble dans le consumérisme?

A ce stade de l’exposé, il faut se risquer à spéculer sur les causes de la volatilité des adhésions :

  • Par le biais des réciprocités, les pêcheurs papillonnent d’une FD à une autre, au gré de leurs envies, de leurs destinations de vacances ou de leur désir de découvrir de nouvelles rivières ?
  • Les pêcheurs pratiquent sans carte certaines années ou se tournent-t-il vers les eaux closes privées ?
  • Une fraction importante des pêcheurs sont foncièrement devenus des "intermittents halieutiques" ?...etc etc

Ces explications sont par ailleurs complémentaires mais toutes semblent traduire la mutation du pêcheur français vers un consommateur de loisir pêche, qui achète une licence comme on se procure un service, un produit de consommation que l’on peut changer au gré de ses envies et de ses besoins. Nous sommes loin de la démarche associative et beaucoup plus proches d’une relation de client à fournisseur. Et quand le client est insatisfait, il va voir ailleurs, il change de loisir...

Si l’analyse est juste, il est alors légitime de se demander si le statut associatif de la gestion de la pêche est encore pertinent c’est-à-dire apte à satisfaire les adhérents. L’auteur de ces lignes le croit, à condition de mettre la satisfaction des pêcheurs au centre des politiques de gestion. Demander à des gens de s’investir, de devenir des militants, alors que leur démarche est fondamentalement celle d’un usager et d’un client, ne peut déboucher que sur une fracture profonde entre la structure et les adhérents. Il est symptomatique de lire des appels au bénévolat et à s’investir dans les structures alors que justement les mécontents et les insatisfaits veulent au contraire que les structures s’occupent d’eux (et non l’inverse !). Ce dialogue de sourd débouche sur la défiance et le rejet qui eux-même alimentent en retour la désaffection pour les structures dans un cercle vicieux dont il semble urgent de sortir par la restauration d’une véritable écoute et de la prise en compte des besoins des adhérents. Symétriquement, il faut en finir avec l’invective et le torrent de haine qui se déversent sur des bénévoles sincères et des salariés compétents qui sont en permanence mis en accusation et sommés de se justifier sur des décisions et des orientations de gestion, elles mêmes très largement contraintes par des contingences matérielles et des marges de manœuvre en vérité très limitées.

Un observateur averti de l’évolution des institutions pourra toutefois constater que des changements significatifs sont déjà à l’œuvre pour rendre le fonctionnement de l’institution plus inclusif. De nombreuses AAPPMA fusionnent, des regroupements par bassin versant ont lieu, un dialogue s’instaure entre les associations de pêcheurs spécialisés et les fédérations, la communication externe sur internet et les réseaux sociaux progresse... Ces évolutions sont positives et témoignent d’une prise de conscience de la nécessité de ré-instaurer un dialogue et de l’écoute dans un processus démocratique qui s’est progressivement étiolé au fur et à mesure que les AG annuelles se sont vidées de leurs adhérents. Il faut continuer et faire davantage sans toutefois être dupe du contexte social actuel en France, marqué par l’individualisme et la défiance généralisée envers des institutions perçues comme élitistes et éloignées des préoccupations de ce que l’on nomme improprement la "France d’en bas".

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pêche truite France
Texte

Conclusion : repenser le dialogue pêcheurs/institutions

Nous avons vu dans cet article comment le "portrait robot" du pêcheur français issu des données de ventes de cartes de pêche était éloigné des conceptions que l’on pouvait en avoir. La faible baisse tendancielle des ventes de carte majeure cache en réalité un très important renouvellement annuel des adhérents. Ce turn-over très rapide s’explique par une mutation du rapport à l’adhésion à une association de pêche, le pêcheur français étant devenu un consommateur de loisir qui "zappe" d’un hobby ou d’un sport à un autre, un intermittent halieutique qui entretient davantage un rapport de satisfaction à un service qu’à une démarche participative et militante. Cette mutation a entraîné une véritable fracture halieutique entre la base et l’institution : les adhérents se sentant oubliés et insatisfaits dans leurs demandes, les bénévoles et les salariés qui œuvrent dans le système se percevant comme les victimes expiatoires d’un tribunal d’ingratitudes.

Il n’existe probablement pas de solutions simples à mettre en œuvre pour essayer de colmater la brèche. Pour autant, on peut penser qu’une meilleure prise en compte des demandes et des besoins s’imposent. Remettre le pêcheur, sa satisfaction au centre des politiques de gestion. Recréer les conditions d’un dialogue, d’une écoute, faire son deuil de l’idée que les AG sont l’alpha et l’oméga du débat interne. Probablement aussi ne pas perdre de vue que pour financer le PMA de AAPPMA, il faut faire du (premier) P, c’est-à-dire réfléchir à l’équilibre financier entre environnementalisme et halieutisme. Enfin, ne jamais perdre de vue que la pêche associative c’est aussi un socle de valeurs, une noble idée, celle que le lien social et l’accès à tous au loisir pêche est une force pour défendre les milieux et promouvoir un rapport durable et respectueux aux ressources naturelles. Cette approche humaniste de la Nature exige de nous tous une exigence de respect et de hauteur de vue dans nos discutions. Soyons-en dignes : l’avenir des milieux aquatiques et de ceux qui les protègent est en jeu.

 

Remerciements : 

A Laurent Garmendia pour sa relecture critique du texte

Texte

Références

[1] Etude analytique du fichier des adhérents des cartes de pêche du département de l’Ariège (2015). Garmendia L. FDAAPPMA09

[2] La pêche en Corrèze: 1er activité sport-loisir du département. Typologie et attente des membres, poids socio-économique et touristique (2019). Touche C. , Petitjean S. FDAAPPMA19

Comparatif cannes mouche réservoir 10' à moins de 300 euros

canne réservoir

Après avoir fait appel à Florian Caravéo, compétiteur de niveau international, pour expliquer le choix de la canne réservoir, passons maintenant aux tests comparatifs en débutant cet automne par un banc d'essai de modèles à moins de 300 euros incluant : les Baetis Stress 10' #6 et #7, les Echo Lago 10' #6 et #7, la Hanak Stillwater 10' #7, la JMC Reflex 10' #7/8, la Soldarini Hydropsyche RCX 10' #6/7 et les Vision Onki 10' #6 et #7.

Texte

TESTS STATIQUES ET MESURES

Baetis Stress 10' #6 et #7

Cette série de cannes de la marque espagnole Baetis présente un blank brut non verni avec très peu de revêtement, ce qui lui donne sa couleur grise mate. Il comporte 2 anneaux de départ suivi de 9 monopattes aux ligatures de même tonalité, légèrement plus foncées. La poignée liège full wells surmonte un porte moulinet tout aluminium gun métal. On retrouve à la fois un accroche-mouche et des points d'alignement des brins. Ces cannes 4 brins sont livrées dans un tube cordura compartimenté.

Matériel

Baetis Stress 10' #6

Marque
Baetis
Série
Stress
Longueur
10'
Longueur réelle
306cm
Soie
#6
Brins
4
Poids annoncé
110.00g
Poids réel
112.00g
Anneaux
11
Premier anneau
55cm
Poignée
26x180mm
Serrage
Uplocking
Talon de combat
Oui
Accroche mouche
Oui
Points d'alignement
Oui
PME
255.00g
PTE
367.00g
IP
62
ERN
7.90
AA
66°
CCF
81cpm
Confort
7.5/10
Prix à la date de sortie
238.00€
Matériel

Baetis Stress 10' #7

Marque
Baetis
Série
Stress
Longueur
10'
Soie
#7
Brins
4
Poids annoncé
115.00g
Poids réel
113.00g
Anneaux
11
Premier anneau
55cm
Poignée
26x180mm
Serrage
Uplocking
Talon de combat
Oui
Accroche mouche
Oui
Points d'alignement
Oui
PME
265.00g
PTE
378.00g
IP
71
ERN
8.95
AA
65°
CCF
83cpm
Confort
9.4/10
Prix à la date de sortie
238.00€
Texte

Echo Lago 10' #6 et #7

Cette série de cannes conçue aux USA présente un blank verni bleu nuit finition gloss dont les ligatures sont légèrement plus foncées et ornées d'un liseré argent aux emmanchements et au niveau des 2 premiers anneaux. Ils sont suivis de 9 serpentiformes. La poignée full wells surmonte un porte moulinet noir avec insert carbone bleu ; un accroche-mouche est présent. Ces cannes 4 brins sont livrées dans une housse compartimentée et un tube cordura. 

Matériel

Echo Lago 10' #6

Marque
Echo
Série
Lago
Longueur
10'
Longueur réelle
306cm
Soie
#6
Brins
4
Poids annoncé
116.00g
Poids réel
115.00g
Anneaux
11
Premier anneau
56cm
Poignée
25x180mm
Serrage
Uplocking
Talon de combat
Oui
Accroche mouche
Oui
Points d'alignement
Oui
PME
235.00g
PTE
350.00g
IP
52
ERN
6.62
AA
75°
CCF
79cpm
Confort
6.2/10
Prix à la date de sortie
269.00€
Matériel

Echo Lago 10' #7

Marque
Echo
Série
Lago
Longueur
10'
Longueur réelle
306cm
Soie
#7
Brins
4
Poids annoncé
125.00g
Poids réel
128.00g
Anneaux
11
Premier anneau
48cm
Poignée
25x180mm
Serrage
Uplocking
Talon de combat
Oui
Accroche mouche
Oui
Points d'alignement
Oui
PME
280.00g
PTE
408.00g
IP
64
ERN
8.15
AA
70°
CCF
80cpm
Confort
6.8/10
Prix à la date de sortie
269.00€
Texte

Hanak Stillwater 10' #7

Cette série de cannes conçue par les compétiteurs tchèques présente un blank verni brun olive orné de 11 anneaux (2 + 9 serpentiformes) aux ligatures olives sombres. La poignée full wells surmonte un porte moulinet noir original avec insert bois ; un accroche-mouche est présent. Cette canne 4 brins est vendue dans une housse compartimentée et un tube cordura.

Matériel

Hanak Stillwater X 10' #7

Marque
Hanak
Série
Stillwater X
Longueur
10'
Longueur réelle
305cm
Soie
#7
Brins
4
Poids annoncé
130.00g
Poids réel
130.00g
Anneaux
11
Premier anneau
61cm
Poignée
26x182mm
Serrage
Uplocking
Talon de combat
Oui
Accroche mouche
Oui
Points d'alignement
Non
PME
270.00g
PTE
400.00g
IP
67
ERN
8.52
AA
66°
CCF
81cpm
Confort
7.7/10
Prix à la date de sortie
299.00€
Texte

JMC Reflex 10' #7/8

Cette canne JMC possède un blank verni brun olive et 11 anneaux (2 de départ + 9 monopattes) aux ligatures bordeaux. La poignée full wells surmonte un porte moulinet gris gun métal avec insert carbone ; un accroche-mouche est présent. Cette canne 4 brins est vendue dans un tube cordura compartimenté.

Matériel

JMC Reflex 10' #7/8

Marque
JMC
Série
Reflex
Longueur
10'
Longueur réelle
304cm
Soie
#7/8
Brins
4
Poids réel
119.00g
Anneaux
11
Premier anneau
55cm
Poignée
25x180mm
Serrage
Uplocking
Talon de combat
Oui
Accroche mouche
Oui
Points d'alignement
Non
PME
280.00g
PTE
399.00g
IP
67
ERN
8.52
AA
67°
CCF
81cpm
Confort
7.7/10
Prix à la date de sortie
289.00€
Texte

Soldarini Hydropsyche RCX 10' #6/7

Cette canne conçue par Sandro Soldarini présente un blank gris ardoise mat orné de 11 anneaux (2 de départ + 9 monopattes) aux ligatures noires. La poignée full wells surmonte un porte moulinet aluminium gun métal avec insert carbone ; un micro accroche-mouche est présent. Cette canne 4 brins est livrée dans une housse compartimentée et un tube cordura.

Matériel

Soldarini Hydropsyche RCX 10' #6/7

Marque
Soldarini
Série
Hydropsyche RCX
Longueur
10'
Longueur réelle
306cm
Soie
#6/7
Brins
4
Poids annoncé
121.00g
Poids réel
118.00g
Anneaux
11
Premier anneau
55cm
Poignée
24x180mm
Serrage
Uplocking
Talon de combat
Oui
Accroche mouche
Oui
Points d'alignement
Non
PME
230.00g
PTE
348.00g
IP
50
ERN
6.35
AA
70°
CCF
77cpm
Confort
5.9/10
Prix à la date de sortie
269.00€
Texte

VISION Onki 10' #6 et #7

Cette série de cannes Vision possède un blank mat vert jaune clair ; les 11 anneaux (2 de départ + 9 monopattes) sont fixés par des ligatures de même tonalité que le blank, un peu plus sombres. La poignée full wells surmonte un porte moulinet tout aluminium gun métal. Ces cannes sont vendues dans un tube cordura compartimenté.

Matériel

Vision Onki 10' #6

Marque
Vision
Série
Onki
Longueur
10'
Longueur réelle
304cm
Soie
#6
Brins
4
Poids annoncé
123.00g
Poids réel
111.00g
Anneaux
11
Premier anneau
56cm
Poignée
24x170mm
Serrage
Uplocking
Talon de combat
Oui
Accroche mouche
Non
Points d'alignement
Non
PME
235.00g
PTE
346.00g
IP
52
ERN
6.62
AA
70°
CCF
79cpm
Confort
6.2/10
Prix à la date de sortie
289.00€
Matériel

Vision Onki 10' #7

Marque
Vision
Série
Onki
Longueur
10'
Longueur réelle
303cm
Soie
#7
Brins
4
Poids annoncé
125.00g
Poids réel
118.00g
Anneaux
11
Premier anneau
56cm
Poignée
24x170mm
Serrage
Uplocking
Talon de combat
Oui
Accroche mouche
Non
Points d'alignement
Non
PME
245.00g
PTE
363.00g
IP
60
ERN
7.65
AA
66°
CCF
83cpm
Confort
7.1/10
Prix à la date de sortie
289.00€
Texte

DISCUSSION DES MESURES

PUISSANCE

En ce qui concerne la puissance, les cannes de ce test peuvent être classées en 3 catégories :

  • les #6 avec la Vision Onki et la Echo Lago 10' #6 (dont les puissances annoncées sont parfaitement conformes) et la Soldarini RCX 10' #6/7 (légèrement sur-estimée niveau puissance).
  • les #7 avec la Vision Onki 10' #7, la seule représentante de cette catégorie (les autres cannes annoncées comme #7 sont toutes sous-estimées).
  • les cannes de puissances supérieures à #7 : on retrouve par ordre croissant de puissance la Baetis Stress 10' #6 et la Echo Lago 10' #7 (puissances mesurées #7/8), la Hanak Stillwater 10' #7 et la JMC Reflex 10' #7/8 (puissances mesurées #8) et enfin la Baetis Stress 10' #7 (puissance mesurée #8/9).

ACTION 

Au niveau des actions caractérisées par l'Action Angle (AA) aussi, 3 catégories sont représentées :

  • les modèles moderate fast avec un AA à 66°, dont les Baetis Stress et la Vision Onki 10' #7. Bien que l'angle à 67° de la Hanak Stillwater et de la JMC Reflex les classe dans la catégorie Fast du protocole CCS, elles demeurent proches d'une moderate fast en matière d'action.
  • les modèles fast avec un angle à 70°, à savoir la Echo Lago 10' #7, la Vision Onki 10' #6 et la Soldarini RCX 10' #6/7.
  • les modèles ultra-fast : avec son angle à 75°, la Echo Lago 10' #6 figure parmi les cannes réservoir les plus rapides du marché !

RÉACTIVITÉ

Caractérisée par la fréquence d'oscillation (ou CCF) exprimée en cpm, la réactivité est indicatrice du rythme de lancer à adopter. Pas de surprise à ce niveau (cela semble être la tendance lourde au fil des tests), la logique est respectée (réactivité inversement proportionnelle à la longueur et proportionnelle à la puissance) :

  • les cannes dont les ERN sont situés près du milieu des plages de puissance ont des réactivités proches (cas de la Echo Lago 10' #6 avec 78 cpm, la Hanak Stillwater et la JMC Reflex avec 81 cpm, la Soldarini RCX avec 77 cpm, la Vision Onki 10' #6 avec 78 cpm et la Vision Onki 10' #7 avec 83 cpm). Les légères différences des CCF sont à corréler aux légères différences de puissance entre les différences modèles.
  • les cannes dont les ERN sont situés en haut de leurs plages de puissance ont des réactivités proches (cas de la Baetis Stress 10' #6 avec 81 cpm et de la Baetis Stress 10' #7 avec 82 cpm).
  • seule la Echo Lago 10' #7 a un ERN situé en bas de la plage de puissance, ce qui donne 80 cpm de fréquence avec une masse de soie 8 mais la CCF monte à 83 cpm avec une masse de soie 7.

Pas de différences significatives de réactivité entre les modèles dont les puissances sont proches. 

MONTAGE

Pour ce qui est des poignées, toutes sont de forme full wells et de dimensions proches. Côté finition, seules les Baetis Stress et les Echo Lago possèdent à la fois un accroche-mouche et des points d'alignement des brins.

CONFORT 

Niveau confort de pêche, notre système de notation attribue la meilleure note (un impressionnant 9.4/10) à la Baetis Stress 10' #7. La Hanak Stillwater et la JMC Reflex complètent le podium avec une note de confort à 7.7/10. Suivent la Baetis Stress 10' #6  et la Vision Onki 10' #7, avec respectivement 7.5 et 7.1/10. Toutes les 10' #6 et #6/7 présentent des notes inférieures et proches.

Décidément, les 2 références Baetis Stress 10' #6 et 10' #7 sortent du lot en matière de confort de pêche !

Image
canne réservoir
Texte

L'AVIS DE LA RÉDACTION

Ce qui frappe en premier lieu au moment de commenter les résultats est l'impressionnante disparité des différences entre puissance annoncée et puissance réelle. Entre les Vision Onki dont les puissances annoncées et mesurées sont parfaitement identiques et les Baetis Stress pour lesquelles l'on note un écart de près de 2 numéros de soie, il y a un monde ! Confirmation (s'il en était encore besoin) de l'intérêt de nos tests de mesure avant l'achat !

Comme à notre habitude, nous ne discuterons pas le look des différents modèles, ce critère étant totalement subjectif. Les photos parlent d'elles-mêmes et chacun se fera son propre avis selon sa sensibilité. Au delà de ces aspects esthétiques et subjectifs tel que l'attachement à telle ou telle marque, le choix de la canne réservoir est essentiellement conditionné par le type de pêche envisagée :

  • Celui qui envisage l'achat d'une canne pour les approches fines, en sèche, à vue ou au chiro pourra se diriger vers une 10' #6, représentée dans ce banc d'essai par la Echo Lago 10' #6, la Soldarini RCX 10' #6/7 et la Vision Onki 10' #6. Ces 3 références sont toutes rapides (même très rapide pour la Echo) et très proches en matière de réactivité et de confort de pêche. La CCF de la Soldarini est légèrement inférieure car elle est un peu moins puissante que les 2 autres. Seuls les looks et les finitions différencient véritablement ces 3 modèles, à vous de bien observer les photos et les tableaux comparatifs !
  • Celui qui recherche la polyvalence, c'est-à-dire une canne capable de lancer une soie de 6 intermédiaire ou plongeante, comme une 7 intermédiaire, gagne à se diriger vers une puissance réelle de #7 voire #7/8, représentée dans ce banc d'essai par la Vision Onki 10' #7, la Baetis Stress 10' #6 et la Echo lago 10' #7. Seule la Echo possède une action fast, celles de la Baetis et la Vision étant moderate fast, donc un peu plus conciliantes pour les lanceurs débutants.
  • Celui qui cherche une canne puissante, voire très puissante pour les pêches fortes type gros streamers/gros poissons et/ou très profondes au bobby (faisant appel à des soies de 7 ultra-plongeantes) se dirigera vers l'une des 3 références les plus puissantes de ce banc d'essai à savoir : la Baetis Stress 10' #7 (qui est en réalité une #8/9), la JMC Reflex 10' soie 7/8 ou la Hanak Stillwater (deux vraies #8). Ces 3 cannes ont des actions très similaires (moderate fast ou proches). Mention spéciale pour le confort de pêche impressionnant de la Baetis Stress 10' #7, dont le un prix est en plus très contenu ! 

Bon choix !

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LIENS UTILES

Le protocole de test des cannes à mouche

Bien choisir sa canne réservoir

Les cannes Baetis Stress en ligne :

Rhodani Pesca

 

Les cannes Echo Lago en ligne :

Le Moulin de Gémages

 

Les cannes Hanak et Vision en ligne :

Mouche Shop

 

Les cannes Soldarini et JMC en ligne :

1000mouches

Sous la surface d'Anne-Cécile Monnier

Sous la surface d'Anne-Cécile Monnier

Anne-Cécile Monnier est une jeune femme aux multiples compétences. Biologiste de formation, elle met également ses talents d'artiste, dans la photographie et la réalisation, au service de la cause qui l'anime tant : la protection des milieux aquatiques. Nous avions déjà rencontré Anne-Cécile en 2019, peu de temps avant la sortie de son livre "Sous la surface, rencontres au cœur de nos eaux douces" (voir l'article ici). Aujourd'hui, place à la découverte de cette oeuvre :

Texte

Sous la surface est le premier livre d'Anne-Cécile Monnier. A travers ce recueil de photographies subaquatiques, elle nous convie à une exploration très intimiste des milieux aquatiques français. Des rivières de plaine théâtres de rencontres avec les poissons carnassiers, aux torrents granitiques corses en passant par les lacs d'altitude, les territoires sont riches et variés... tout comme les ambiances et les espèces qui les caractérisent. Les photos s'enchaînent, entrecoupées d'anecdotes, de présentations d'espèces et d'aspects plus scientifiques (plusieurs notions de biologie sont abordées dont celle d'espèce "parapluie"). Au-delà de son aspect divertissant, ce livre est résolument militant et vecteur de messages forts. Anne-Cécile use des leviers où elle excelle : la pédagogie et la captation de la beauté naturelle par la photographie. 

Son travail accorde une place de choix aux espèces endémiques et vulnérables de nos eaux françaises, dont l'Apron du Rhône, et d'autres poissons migrateurs auxquels Anne-Cécile concède un petit faible. Figurent également de nombreuses espèces témoins de la qualité des milieux dont des insectes, amphibiens, mollusques et crustacés... une magnifique ode à la biodiversité, sa fragilité et sa beauté !

Merci Anne-Cécile pour ce voyage onirique !

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Sous la surface d'Anne-Cécile Monnier
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Sous la surface d'Anne-Cécile Monnier
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Liens utiles :

Ce livre est disponible en ligne sur : 

reflet d'eaux douces

 

L'interview d'Anne-Cécile par Truites & Cie

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