Le 24 octobre 2020, nous célébrions le « World Fish Migration Day », à l’heure où les espèces piscicoles amphihalines sont menacées à court ou moyen terme partout sur la planète.
Le moulinet large arbor contenant une soie de 4 ou 5 correspond au standard actuel pour la pêche en mouche sèche. Truites & Cie a sélectionné pour vous 6 modèles coûtant moins de 200 euros : Guideline Favo, Hanak Czech Nymph, Hotfly Light Superb 900, JMC Mamba, Loop Q et Sage Spectrum C.
Ils ont été passés au crible avec notre protocole de test. Voici leurs caractéristiques :
Dans ce banc d'essai, nous avons voulu présenter 6 références de moulinet manuel pouvant recevoir les soies les plus communément utilisées pour la pêche en sèche, à savoir du numéro 4 au numéro 6. Les principaux critères discriminant qui figurent dans notre protocole de test concernent :
Si la forme de la gorge et la largeur peuvent être d'intéressants critères de choix, c'est surtout le diamètre du moyeu de bobine qui retient notre attention. En effet, plus ce diamètre est important (large arbor), plus la vitesse de récupération est grande (étant donné que les moulinets testés possèdent tous un ratio de 1) et plus la soie qui la garnit est préservée du phénomène de vrillage.
Fidèles à notre habitude, nous mesurerons de manière objective et chiffrée la progressivité du frein sur la plage de puissance la plus communément utilisée, de 225 gr (0.5 lbs) à 550 gr (1 lbs), c'est à dire le nombre de positions de réglage sur cette plage de puissance.
Pour des pêcheurs qui pratiquent en eaux salées ou plus généralement, ceux qui se soucient de la durabilité de leur matériel, la qualité étanche ou non étanche du frein sera mentionnée.
Ce moulinet Guideline en aluminium possède une finition semi-mate dark gun metal. Sa construction est inspirée par les modèles Fario et Vosso de la marque. Deux pièces métalliques oranges notamment sur le bouton de réglage du frein apportent une touche colorée. Ce modèle est livré dans un étui en nylon.
Ce moulinet couleur brun est usiné dans une barre d'aluminium aéronautique 6061 et comporte des pièces en acier inoxydable. Il possède la même base technique que les modèles Superb XP et que l'Alpen II, seule la couleur change. Le système de frein est basé sur 2 roulements à billes et un troisième roulement à aiguilles. Ce moulinet est livré dans un étui de protection en néoprène.
Ce moulinet de la marque italienne Hotfly est le premier modèle de ce test à construction demi-cadre. Il se compose d'aluminium anodisé (alliage 6061) et il est doté du système de freinage étanche à disques de carbone, compatible pêche en mer. A noter que la molette de réglage du frein est placée côté interne du cadre et ne produit donc pas de proéminence comme sur les autres modèles. Ce moulinet est livré dans un étui néoprène.
A l'image du modèle Hotfly, le moulinet JMC Mamba présente une construction demi-cadre, ce qui lui permet de flirter avec les 120 gr. Il est construit en aluminium de qualité aéronautique anodisé noir. Le système de réglage du frein à molette est tout à fait classique. Ce moulinet est livré dans un étui néoprène.
Ce moulinet en aluminium injecté possède une cage fermée et un frein à disques étanche, compatible pêche en mer. Sa bobine étroite et taillée en V en fait un modèle original dans cette gamme de prix.
Ce moulinet Sage en aluminium possède le frein de la famille des Spectrum, c'est-à-dire un frein à disque carbone étanche. La manivelle et la molette de réglage du frein sont usinés dans la masse. Ce moulinet est livré dans une housse néoprène.
Niveau look, toutes ces références font dans la teinte sombre, à l'exception du Hanak et du Hotfly qui apportent une touche colorée ! Alors que le brun du Hanak reste discret, le bleu de l'Hotfly est carrément flashy (d'autres couleurs sont disponibles dans cette référence pour ceux qui veulent plus de discrétion).
Ce qu'il faut retenir lors du choix, au niveau de la bobine :
Et en matière de frein :
Enfin, niveau poids, les deux modèles qui s'en sortent le mieux sont logiquement ceux pourvus d'une construction demi-cadre, à savoir les modèles Hotfly et JMC. Globalement, toutes les masses mesurées sont proches, seul le Loop présente un petit surpoids qui lui permettra d'équilibrer les cannes dont le PME est environ égal à 200 gr.
Bon choix !
Chaque mode de pêche véhicule des clichés et des légendes qui donnent une apparente complexité à la pratique. Ils égarent le débutant qui, s'attardant sur la résolution de ces problématiques souvent d'ordre technique, passe à côté de ce qui génère la réussite, à savoir essentiellement la logique du bon moment au bon endroit. Attaquons-nous à quelques croyances de grand-mère relatives à la pêche au toc.
Le sujet de la plombée passionne les pêcheurs au toc. On ne compte plus les pages dédiées à sa construction (même à Truites & Cie, nous lui avons consacré un long article).
Si l'on s'en réfère aux nombreux papiers qui traitent le sujet, on en viendrait presque à croire que construire une bonne plombée nécessite d'emporter un double décimètre au bord de l'eau... Et gare à celui qui produirait une cassure par l'ajout d'un plomb de 2 au dessus d'un plomb de 5 pour alourdir son montage ! Adieu la légendaire souplesse et progressivité de l'enfilade et... adieu les touches !!!
Un peu de sérieux, si la masse et la densité de la plombée ont une influence incontestable sur la dérive, devenir trop psycho-rigide sur la répartition de la masse au sein de l'enfilade de cendrées, tout comme sur les espaces entre elles, devient totalement contre-productif car d'autres paramètres prévalent sur la qualité de la dérive. En effet, pendant qu'on gamberge sur la distance du plomb de touche à l'hameçon, on oublie peut-être de veiller à la précision du point d'impact, à la tenue de la canne et à tout un tas de paramètres bien plus déterminants !
A ce propos, la règle antédiluvienne dogmatiquement rabâchée pourrait se résumer de la façon suivante : « il faut faire évoluer sa plombée à chaque poste selon le courant et la profondeur ».
En pratique, cette théorie est quasiment inapplicable. La perte de temps engendrée par des modifications incessantes du bas de ligne n’est en rien compensée par le gain d’efficacité découlant d’une présentation censée être optimale de l’appât, d’autant qu’il est possible de l’obtenir par d’autres subterfuges. Par ailleurs, cette démarche aveugle va également à l’encontre de la stratégie de pêche génératrice de réussite qui consiste à définir sur quel type de postes se trouvent les truites tel jour à telle heure, afin de les cibler exclusivement. Dans l’idéal lorsque c'est possible, le pratiquant soucieux d'optimiser son temps ne prospecte donc qu'un couple vitesse/profondeur assez constant tout au long de sa sortie, correspondant à une plombée unique.
En pratique, il est plus raisonnable de confectionner une plombée d’ensemble en s’adaptant aux variations de profondeur et de courant des différents coups par une modification du point d'impact au lancer et de la tension de la bannière en cours de dérive :
Dans 80% des cas, ces ajustements sont suffisants pour présenter l’appât de façon optimale. Lorsque ce n'est pas le cas (prospection d’un poste aux caractéristiques très différentes des autres), il faut quand même perdre quelques secondes pour modifier sa plombée.
La dérive dans la pêche au toc peut se définir comme le laps de temps écoulé entre le moment où la ligne touche l’eau et le moment où le pêcheur la retire. De nombreux schémas nous la représentent par une belle courbe dans la colonne d’eau, générée par l'utilisation d'une plombée dégressive (cendrées les plus légères près de l'hameçon et plus lourdes sur le haut de l'enfilade), qui permettrait de faire passer appât avant les plombs... la truite postée face au courant, se saisirait de l'esche sans même les avoir aperçus !
Or, cette représentation défie totalement les lois de la mécanique des fluides. Elle n’est jamais observée en réalité, même lorsqu’on pêche « aval » en dérive naturelle, tout simplement car cette théorie simpliste néglige totalement les différences de vitesse de courant qui existent aux différents étages de la colonne d’eau. Le courant le plus puissant se situe généralement en milieu de colonne, alors que près du fond (là où se trouve normalement votre appât si la plombée est bien choisie), le substrat caillouteux hétérogène perturbe l’écoulement du flux. Il n’est plus laminaire et donc ralenti, tout comme votre appât… ce dernier passe donc après les plombs. Rassurez-vous, ce n’est pas ce qui empêche la truite de mordre !
Ce qu’il est important de garder en mémoire, c’est qu’une dérive est réussie quand :
« Aujourd’hui, la pêche était dure, aucune touche en 12/100, et dès que je suis passé au 10/100, je les ai enchaînées, elles voyaient le fil ! ».
Vous avez sans doute déjà entendu ce genre de remarques farfelues. Pourtant, il est hautement probable que la truite ne perçoive aucune différence entre ces 2 diamètres de nylon. La finesse n’a pas pour vocation à soustraire le nylon à la vue des poissons, mais plutôt à présenter l’appât de la meilleure façon qui soit. En effet, au-delà de son adéquation avec la taille des truites pêchées, le diamètre du fil doit être choisi selon les postes, afin d'ajuster la portance du montage, c'est-à-dire la surface d'appui du courant sur la ligne.
Prenons plusieurs cas concrets :
Dans les faibles couples vitesse/profondeur par exemple, un gros diamètre de nylon apporte de la portance en augmentant l'appui du courant sur la bannière et favorise donc une dérive sans trop de dragage, alors qu'un montage plus dense couperait d'avantage les veines de courant molles...
Au contraire, dans les radiers rapides des petites rivières où les poissons se postent souvent en été, un 10 ou 12/100 favorise une mise en place rapide du montage, allonge le temps de dérive efficace et limite le dragage en diminuant la prise au courant...
Dernier exemple, dans les gros volumes du grand cours d'eau, où la ligne dispose de pas mal de temps pour se mettre en place et où il faut s'ancrer dans le courant de fond intéresser les poissons, la finasserie est totalement inutile et même contre-productive : les lests lourds utilisés (atteignant parfois plusieurs grammes) pour parvenir au fond ont tendance à se "planter" entre les blocs une fois ce niveau atteint, si le nylon n'apporte pas assez de portance... Dans ces conditions, un bon 16 ou 18/100 (en plus d'être nécessaire pour combattre efficacement les gros poissons qui hantent ces eaux) offrira un plus grand appui au courant et produira une dérive bien meilleure grâce à l'effet "densité compensée".
Pour le corps de ligne, l’affinage ne sert qu'à faciliter le lancer : par exemple, le pêcheur qui utilise une canne fil intérieur en été a intérêt à diminuer le diamètre du corps de ligne pour garder une glisse optimale avec des plombées légères : un nylon en 12/100 peut alors être utilisé en corps de ligne.
De même, certains pratiquants bannissent carrément le nylon fluo en corps de ligne pour des raisons de discrétion... Là encore, il est hautement probable que la truite perçoive le fil quelle que soit sa couleur, mais qu'elle se saisisse quand même de l'appât... Essayez donc d'attacher votre hameçon directement à un corps de ligne fluo, vous serez surpris du résultat !
En dehors de quelques cas très particuliers, la course à l’affinage ne se justifie pas vraiment lorsqu'on pêche au toc. Elle ne sert à certains qu’à valoriser leurs belles prises d’une pseudo plus-value... Or, quelle gloire y-a-t-il à éterniser les combats et mettre en danger la santé des poissons ?
Le choix du matériel de pêche au toc est actuellement compliqué par l'offre importante de références disponibles. Tentons d'aiguiller de façon simple les réflexions à mener pour trouver une bonne adéquation entre le matériel choisi et les conditions de pêche rencontrées :
Comme évoqué dans l'article introductif sur la pêche au toc, les principaux paramètres des conditions de pêche qui influencent le choix du matériel sont :
Elle est surtout conditionnée par la largeur du cours d'eau fréquenté. Au toc, la distance de pêche est généralement comprise entre 3/4m (cas des petits milieux encombrés, ruisseaux et torrents) et une quinzaine de mètres (voire un peu plus dans les grandes rivières lorsqu'on pêche en dérive naturelle).
Il est très variable, et pas toujours corrélé à la largeur du cours d'eau. Par exemple, si l'on considère les ruisseaux, certains sont totalement dépourvus de ripisylve (cas des ruisseaux de plateau ou torrents de haute montagne par exemple) alors que d'autres sont extrêmement touffus. Du côté des grandes rivières, en dehors des rares cas où il est interdit de marcher dans l'eau à certains moments de l'année (cas de la Sorgue du Vaucluse par exemple), les démêlés avec la végétation rivulaire sont rares.
Tous les modèles de moulinet ne sont pas adaptés à la pêche des gros poissons : un moulinet disposant d'un bon frein sera utile pour les combats avec les grosses truites.
Voyons comment relier ces paramètres aux caractéristiques des moulinets disponibles sur le marché :
Simple réserve de fil dans le cas de la pêche en petits milieux, le moulinet devient un outil majeur dans la pêche des gros poissons en grandes rivières. Les principales caractéristiques du moulinet toc sont les suivantes :
Grand classique des moulinets toc, les tambours tournants sont les plus utilisés par les aficionados de la technique. Souvent abordables niveau tarif, ils sont simples d'utilisation (donc rustiques et durables) et évitent le vrillage des nylons grâce à leur diamètre de bobine important. Certains modèles démultipliés (cas du Ritma 72 ou du Delacoste Loxus DM) possèdent des capacités de récupération importantes (60cm/tour de manivelle et plus).
Avantages :
Inconvénients :
Assez confiné aux moucheurs jusqu'aux années 2000, leur usage s'est ensuite étendu à la pêche au toc lorsque des grands noms de la discipline comme Marc Delacoste et Jack Tarragnat ont popularisé leur utilisation. Le principal avantage des semi-auto réside dans une gestion de bannière et une récupération facilitées par la gâchette. Le surplus de bannière est rembobiné en un clin d'oeil par un petit déplacement de l'annulaire de la main qui tient la canne sur la gâchette. Le Vivarelli est le grand classique de cette catégorie. Sa bobine originale gagne toutefois à être remplie de backing voire être carrément changée, de façon à augmenter son diamètre de moyeu (18mm), sous peine de vrillage prématuré du nylon. Voir à ce sujet notre article sur les bobines de Vivarelli. Parmi les autres semi-auto utilisables pour la pêche au toc, citons le Ritma 80 et le Peux Fulgor.
Avantages :
Inconvénients :
Traditionnellement utilisés dans les Pyrénées et popularisés par des pêcheurs de renom comme Alphonse Arias, ces moulinets se font rares aujourd'hui sur le marché. A notre connaissance, seul de Vivatoc conçu et commercialisé par le Commingeois Jean-Louis Clermont est encore disponible. Le principe de récupération du Vivatoc est on ne peut plus simple : il suffit de réaliser une simple traction sur le fil après avoir fait pivoter la canne d'un quart de tour environ dans le sens des aiguilles d'une montre pour les droitiers (dans le sens inverse pour les gauchers) et inversement pour arrêter le bobinage.
Pour en savoir plus : https://www.moulinet-vivatoc.fr/
Avantages :
Inconvénient :
Ces moulinets fréquemment utilisés par les pêcheurs au toc en petits et moyens cours d'eau possèdent une bobine protégée par un capot. Un système de débrayage à gâchette ou par pression sur le dessus de la bobine permet de libérer le nylon au moment du lancer. Simples et pratiques, ces moulinets sont relativement lourds, ce qui n'est pas vraiment un inconvénient lorsqu'il s'agit d'équilibrer une canne longue. Ils occasionnent moins de perruques qu'un moulinet à tambour fixe classique, notamment dans les petits milieux lorsqu'on récupère parfois une bannière totalement détendue. Les marques Mitchell, Abu Garcia et Daïwa commercialisent ce type de moulinets. Voir quelques modèles ici.
Avantages :
Inconvénients :
Généralement utilisés dans les pêches aux leurres, ces moulinets facilitent les lancers lointains du pêcheur au toc en grandes rivières. Ils sont d'une grande aide lorsque la distance de pêche dépasse la dizaine de mètres. De plus, la présence d'un frein d'un frein micrométrique sur toutes les références récentes (même les modèles entrée de gamme) facilite les combats avec les belles truites de ces milieux, qui sont capables de prendre du fil après le ferrage. Afin d'avoir un diamètre de bobine suffisant, il convient de choisir un moulinet à tambour fixe de taille supérieure ou égale à 2000 mais assez léger (moins de 250 gr) pour préserver le confort de pêche. A ce propos, ceux dont le ratio est important possèdent une grande vitesse de récupération (plus de 70cm/tour de manivelle), ce qui facilite l'enchaînement des lancers.
Avantages :
Inconvénients :
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