Comment bien débuter la pêche de la truite ?

Pêche truite

Débuter la pêche de la truite en France en 2021 n'est pas une chose aisée, tant cette espèce paie un lourd tribut aux activités humaines qui dégradent son milieu naturel et réduisent son territoire. Toutefois, à condition de respecter certaines règles, le néophyte peut rapidement prendre du plaisir et progresser ! Voici quelques pistes pour y parvenir : 

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La voie initiatique des truites surdensitaires

Selon le contexte, il arrive que le débutant commence à se frotter à la truite en pêchant des poissons élevés en pisciculture. C'est notamment le cas lorsqu'il habite en plaine loin de tout massif montagneux ou lorsque son jeune âge le confine à des parcours aménagés, souvent urbains et faciles d'accès. Ces poissons, parfois décriés à tort par quelques pseudo-puristes, sont un excellent moyen de mettre le pied à l'étrier. Ils sont la plupart du temps déversés dans des parcours touristiques ou loisir, selon un calendrier rendu public par les gestionnaires locaux de la pêche. Leur pêche est facile (quoiqu'elle présente certaines subtilités lorsqu'on souhaite l'optimiser !), ludique et à la portée du plus grand nombre. Combien de pêcheurs de renom ont fait leurs armes sur des truites arc-en-ciel ? L'important lorsqu'on débute, c'est de prendre rapidement du plaisir pour ne pas perdre la motivation et transformer une volonté d'apprentissage en chemin de croix ! Pour ceux qui mordront à l'hameçon (c'est le cas de le dire !), la transition devrait vite s'opérer et l'exploration du monde fantastique de la truite sauvage ne devrait tarder à débuter ! La suite de cet article lui sera consacrée...

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truite arc en ciel
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Les truites de pisciculture symbolisent souvent les toutes premières captures !
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Choisir la bonne technique

Affûter sa lecture d’eau est l’un des critères de réussite les plus importants à la pêche de la truite sauvage. Faire passer sa ligne précisément là où le poisson se trouve est primordial pour avoir des touches mais également dans l'optique de progresser. Parmi le panel de techniques qui s’offrent au débutant, aucune autre que la pêche en dérive (toc aux appâts naturels ou à la nymphe et nymphe au fil) ne permet de travailler autant la précision du coup de ligne.

En effet, en pêchant en dérive, on mise sur l’effet "appât naturel", contrairement à la pêche aux leurres par exemple, qui déclenche une réaction d’agressivité chez la truite. Au toc ou en nymphe au fil, la distance de stimulation est faible : dans la majorité des situations, la truite ne se déplacera que très peu (ou pas) pour saisir l’appât, alors qu'elle pourrait allègrement le faire vers une cuillère qui coupe les veines de courant. De même dans le cas de la mouche, les coups de ligne sont parfois guidés par des gobages ou par la vision directe d’une truite en poste (cas de la nymphe à vue).

En dérive, le repérage des poissons est uniquement basé sur la capacité du pêcheur à décrypter les veines d’eau, la topographie du fond de la rivière et des berges. Face à des truites sauvages, un lancer un poil trop court, une minime erreur de trajectoire dans la dérive (une poignée de centimètres suffit par eaux froides) peuvent expliquer l’absence de touche ! La pêche en dérive est sans aucun doute la plus rigoureuse des écoles pour apprendre à lire une rivière, puisqu’elle ne pardonne pas les imprécisions. Cet apprentissage initial sera d’une aide précieuse pour évoluer ensuite vers d’autres techniques et milieux.

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pêche toc
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La pêche au toc en rivière caillouteuse = école de la précision
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Oublier la taille des captures

Tout pêcheur, même et surtout le débutant, rêve de capturer une grosse truite. Souvent, le néophyte se lance à corps perdu dans cette quête à grands coups de poisson nageur en grande rivière, après avoir vu une vidéo youtube qui traite le sujet ou quelques photos sur les réseaux sociaux... c'est précisément ce qu'il faut éviter durant la phase d'apprentissage initiale !

Devenir un bon pêcheur, c'est-à-dire avant tout un bon connaisseur du poisson et de ses moeurs, nécessite de se frotter à une population entière, et non à quelques individus de gros calibre du haut de la pyramide des âges... la nuance est de taille ! Choisir des secteurs abritant une vraie population de truites dont les différentes tranches d'âge sont toutes bien représentées, est infiniment plus formateur que de fréquenter des "cimetières à éléphants", uniquement peuplés de quelques gros individus disparates. Savoir quand, où et comment mord telle au telle tranche de la population (y compris les truitelles dont la capture est aussi riche d'enseignements) doit occuper les réflexions du débutant. En pratique, cela revient à pêcher des truites de taille "standard" en eaux rapides, c'est-à-dire, pour la majorité des régions salmonicoles françaises, entre 20 et 30cm.

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pêche toc
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Les truites d'une vingtaine de centimètres : la cible conseillée du débutant !
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Les meilleurs cours d'eau

Ce sujet fait l’unanimité : le petit cours d’eau (c'est-à-dire moins de 5/6 mètres de large) doit avoir les faveurs du néophyte. Les ruisseaux, surtout s’ils coulent sur un substrat caillouteux, présentent des postes multiples, variés en matière de couple vitesse/profondeur, souvent marqués et proches les uns des autres. Tout ce qu'il faut pour faciliter la lecture d'eau en somme, et fournir une banque d'infirmations immense qui formera le débutant à la compréhension de ce qu'il se passe sous l'eau au moment où il pêche. Le pêcheur peu expérimenté donnant par essence une part relativement importante de coups de ligne hasardeux, a donc plus de chances de promener son appât devant une truite dans ces coups restreints. Au contraire en grande rivière, la lecture d’eau est plus subtile et donc la réussite aléatoire lorsque le savoir faire est modeste.

Les chances décuplées de capture s’expliquent aussi par les densités de poissons en tête de bassin. A une heure où les zones à truites subissent d’importantes pressions anthropiques qui tendent à effriter les densités par l’aval, ce type de milieu relativement épargné conserve de bonnes populations. Leur capacité à apporter rapidement quelques prises  au débutant l'encourage forcément à persévérer !

La pêche en ruisseaux est également très exigeante au niveau de la dextérité : leur ripisylve parfois abondante ne pardonne aucune erreur de lancer ou durant le combat, ce qui aide à acquérir des automatismes fort utiles pour la suite. Le pratiquant pourra ensuite évoluer vers d’autres milieux plus vastes où les postes ne sont finalement que la reproduction à plus grande échelle des petits coups du torrent école.

Enfin, il est important d’évoquer un autre attrait majeur des ruisseaux : ils coulent souvent dans des vallées escarpées et sauvages dont le caractère bucolique séduit souvent les nouveaux venus (comme les plus émérites d’ailleurs), peu habitués à évoluer dans de tels décors.

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Les torrents de montage possèdent souvent de fortes densités de truite, un régal pour le débutant !
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Les meilleurs moments

Pour obtenir rapidement des touches, le débutant a intérêt à choisir une bonne période pour donner ses premiers coups de ligne :

Toute rivière possède un ou plusieurs moments fastes dans la saison. Ces moments correspondent à une conjonction de facteurs environnementaux (température, niveau…etc) qui décuple l’activité et la capturabilité des truites. Le débutant doit d’une part apprendre à intégrer ces facteurs, et surtout connaître le moment où ils surviennent. Pour simplifier les choses, on recherchera une température d’eau la plus proche possible de l’optimal thermique de la truite (12°C) et un niveau correct, ni trop faible ni trop important, pour faciliter l’approche et bénéficier d’un maximum de coups pêchables. On comprend ici l’importance d’habiter non loin de son lieu de pêche de façon à pouvoir suivre facilement de l’évolution des débits et des températures au fil de la saison. Dans le cas contraire, un suivi assidu de la météo, des relevés Vigicrues et ainsi que la prise d’informations auprès de quelques amis de confiance peuvent être d’une aide précieuse.

Pour schématiser, les cours d’eau à truite peuvent se classer en deux types principaux :

  • Les cours d’eau de régime pluvial : dans les secteurs non influencés par la fonte, le meilleur moment de la saison survient durant les premières journées douces et ensoleillées du printemps (d’avril à juin selon les années), durant laquelle la température de l’eau repasse au dessus des 10°C.  
  • Les cours d’eau de régime nival : dans les cours d’eau influencés par la fonte des neiges, de bons moments peuvent survenir en mars, avant l’arrivée de l’eau grise, lorsque la neige ne fond pas encore. Toutefois, c’est à la fin de la période de fonte, lorsque le niveau baisse et l’eau s’éclaircit, qu’il faudra absolument être à pied d’œuvre. Cela survient en général de mai à juillet suivant l’enneigement hivernal et la météo du printemps.

Ainsi, évitez l’attitude classique de la plupart des nouveaux pratiquants qui décident de « se mettre à la truite » durant la saison creuse hivernale, arrivent gonflés à bloc en mars, et plient bagage après quelques sorties infructueuses... Gardez donc de la motivation pour les moments décrits ci-dessus : en plus d’être les plus favorables, vous serez souvent seul au bord de l’eau pour en profiter !

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pêche truite toc
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Le mois de juin en moyenne montagne, sans doute le meilleur moment pour se lancer !
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Comment progresser ?

Au moment de se lancer, il est légitime de demander des conseils. A ce niveau, il n’existe pas de solution miracle : la lecture de livres spécialisés, les stages avec un guide, le visionnage de vidéos sont autant de rampes de lancement intéressantes, que chacun appréciera selon sa personnalité.

Toutefois, la quantité d’informations offertes de nos jours sur internet est telle qu’il est bon de rester sélectif et critique. Fiez-vous d’abord à votre expérience, sans vous enfermer dans des certitudes figées entendues ici ou là (elles n'existent pas à la pêche !).

Rien ne remplace les heures passées au bord de l’eau : vous aurez beau lire et relire le même passage d’un bouquin, on ne parvient généralement à se convaincre qu'avec le vécu (par contre, il est intéressant de rattacher ses expériences personnelles à ce que l'on a préalablement lu ou entendu).

Toutefois, si l’assiduité paye, il convient surtout valoriser chacune de ses sorties, car le plus ne va pas toujours de pair avec le mieux. Il existe des tas de pêcheurs d’âge respectable qui ont accumulé les heures canne en main, sans en retirer beaucoup d’enseignements, à cause d'un manque de remise en question, d’une monotonie de parcours et/ou de conditions recherchées par exemple. Devenir un as de la pêche en torrent au ver après l'orage n'est pas ce qu'il y a plus de plus passionnant...

Pour se forger une solide expérience, il est intéressant de pêcher seul au début, en diversifiant les secteurs, tout en ciblant les bonnes périodes. Après avoir pris un peu d’assurance, la pêche à deux est un excellent moyen de progresser, par l’émulation que crée la comparaison des résultats.

Se poser les bonnes questions est aussi primordial :

Les discours techniques complexes séduisent les nouveaux pratiquants car ils donnent une apparente finesse et difficulté à la pêche. Or, si les paramètres techniques (lancer, tenue de canne…ect.) sont des pré-requis obligatoires, ils ne sont qu’un moyen d’accéder à la route vers le succès. Le débutant ne doit pas se leurrer : c’est en se creusant les méninges sur les aspects stratégiques (choix du parcours, des postes, de l’heure) que la progression viendra. Il est infiniment plus générateur de réussite de mettre en relation des conditions de pêche à certains comportements de la truite, que de savoir s’il vaut mieux utiliser du 13/100 ou du 15/100 en corps de ligne lorsqu'on pêche au toc par exemple...

Bonne initiation !

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débuter pêche
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Pêcher à deux, un bon moyen de progresser !
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Découvrez les bases des techniques de pêche en dérive :

La pêche au toc

La pêche en nymphe au toc

La pêche en nymphe au fil

Tout savoir sur les systèmes de soie shooting (1/2) : les shooting line

soie shooting

Une fois n’est pas coutume, j’aimerais commencer cet article par un petit peu de sémantique. En effet, lorsque l’on veut désigner ce qui nous sert de ligne en France pour pêcher à la mouche, on emploie le mot « soie » et tout le monde sait de quoi l’on parle. Cependant, je trouve personnellement ce terme trop réducteur. En effet, si l’on fait le parallèle avec le monde anglo-saxon (et en fait le reste du monde en matière de pêche à la mouche), lorsque l’on utilise le terme « soie », ou « silk » en anglais, on désigne en fait un type particulier de ces dernières : on parle d’une ligne en soie naturelle. Ce terme n’a de valeur qu’ « historique » en référence à la matière utilisée pour confectionner l’objet. Ce terme de « soie » n’englobe pas nombre de types particuliers de ces objets qui nous servent à présenter nos mouches aux poissons. C’est en ce sens que j’emploierai le terme de ligne (ou line en anglais) afin de mieux coller à la diversité d’offre en la matière, tout en précisant de quel type de ligne nous parlons. Ainsi, une ligne ou line est WF, DT, parallèle... un shooting head ou encore un shooting line, pour en revenir à ce qui nous intéresse plus particulièrement dans cet article : les shooting line ou running line en fonction des désignations commerciales.

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Quelques définitions

En théorie, il faudrait parler de running line pour les lignes d’un seul tenant de profil WF et de shooting line pour la partie précédent le shooting head dans le système de soie shooting. 

En pratique dans le langage courant, on utilise indifféremment running line ou shooting line pour désigner la même chose, à savoir une section de ligne parallèle placée à l’arrière d’un profil tête appelé shooting head dont nous parlerons dans le prochain article.

La jonction des deux éléments se fait boucle dans boucle. Ce sont des configurations que l’on utilise pour des pêches spécifiques, en général lorsque la distance est un facteur important dans la réussite, comme en réservoir, en mer pour des pêches très rapides ou spécifiques du bord. Soit les pêches avec cannes switch et une main au steamer, où l’on ne cherche pas à ramener la ligne jusqu’au bas de ligne dans les anneaux (en effet, le raccord boucle dans boucle même si il est très fin n’est jamais aussi facile à utiliser qu'une ligne WF complète sans raccord entre la partie running et la tête) et les pêches à deux mains des migrateurs.

C’est au fait de cette diversité d’usages et de situations, que vous devrez choisir votre shooting line afin d’avoir l’outil le plus adapté. Chaque usage implique des contraintes et des besoins spécifiques.

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shooting line
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Composition d'un système de soie shooting
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Les shooting line avec coating 

Commençons donc par les shooting line avec un coating. Ce sont ceux qui ressemblent le plus à une ligne traditionnelle. Basiquement ils sont construits autour d’une âme synthétique sur laquelle on dépose un apprêt : le coating.

Le type d'âme

C’est là que les choses se compliquent et que vos choix en toute connaissance de cause doivent déjà s’opérer. En effet, l’âme peut-être constituée de différents matériaux avec leurs spécificités respectives. En général, le choix se fera entre une âme nylon mono-filament, une âme multi-filament et plus rarement une âme en tresse ou kevlar.

La spécificité du mono-filament est une texture plus raide qui décuple la glisse. Avec l’âme en tresse ou kevlar on obtient une résistance accrue sans aucune élasticité pour un fin diamètre. Enfin, l’âme multi-filament offrira souplesse et élasticité contenue.

La nature des extrémités

Ces running peuvent être équipés ou non d’une boucle à une ou aux deux extrémités. Les boucles facilitent les raccords avec le backing d’un côté pour celui qui ne serait pas certain de bien réaliser son nail knot de raccord. La boucle côté shooting head peut-être petite ou grande pour permettre ou non le passage de tout l’écheveau du shooting head ou au contraire nécessite de faire glisser ce dernier mètre par mètre dans la boucle. Si vous changez régulièrement de shooting head au cours d’une séance de pêche, avoir une grande boucle vous facilitera la vie. Au contraire si vous changez peu de shooting head, une petite boucle offrira une meilleure pénétration dans l’eau et une meilleure glisse en général.

Ces lignes parallèles peuvent toutefois avoir une petite conicité sur quelques mètres au niveau de la boucle côté shooting head. On parle de handling zone pour désigner cette partie spécifique des shooting line. Ce profil qui augmente légèrement le diamètre offre principalement 3 avantages :

  • Une durabilité accrue sachant que c’est la zone la plus soumise aux sollicitations mécaniques (friction, zone d’appui maximale lors du lancer et articulation avec le shooting head).
  • Une meilleure préhension pour éviter les glisses intempestives lors des journées froides avec les doigts engourdis.
  • Un meilleur transfert d’énergie au moment du lancer sachant que c’est la zone d’appui de la canne sur la ligne.

Attention, toutes ces infos sont de petits détails et leur influence ne se traduira pas par 5m de différence au lancer, comprenons-nous bien.

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La densité

On peut trouver ces shooting line avec coating en version flottante ou intermédiaire.

Les versions flottantes qui permettent un arraché plus facile et une meilleure visibilité du running sont les plus utilisés. Les versions intermédiaires sont réservées aux pêches plus lentes et profondes, quand on doit soustraire la ligne aux effets du courant ou des vagues par exemple.

Le diamètre

La dernière caractéristique de ces running line est le diamètre qui aura une nette influence sur vos distances de lancer, notamment si vous ne prenez garde à les associer avec les bons numéros (ou plutôt poids) de shooting head. Généralement les diamètres vont de environ 0.60 à 1 millimètre voir 1,1 millimètre.

Grosso-modo :

  • Les diamètres autour de 0,60/0,70mm vont particulièrement bien avec les têtes numéro #7/8,
  • Les diamètres autour de 0,80mm avec les #8/9/10,
  • Les diamètres de 0,9 et plus avec les shooting head de 11/12.

La résistance varie avec le diamètre et se situe en principe entre 25 lbs et 35 lbs, et même davantage dans le cas spécifique des shooting line avec âme en kevlar ou gel-spun.

NB : pour les numéros et poids de shooting head inférieurs il faudra plutôt regarder du côté des running line mono qui seront plus adaptés.

Quelques exemples de running line avec coating : GUIDELINE TSL 2.0 DC (bouclé aux extrémités), ULTIMATE SHOOTING LINE SCIENTIFIC ANGLER (grande boucle avec handling zone)...etc.

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shooting line
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Les Shooting line Mono

La seconde catégorie de shooting line est celle des monos. Faits de mono-filament uniquement, ces shooting line sous leur apparence de simplicité renferment une grande diversité. En effet, un simple nylon de fort diamètre peut faire l’affaire me direz-vous. Et en fait, c’est le cas ! Du moins, ce fut le cas au tout début du concept de système shooting. D’une simple ligne DT ou WF coupé et bricolée, raboutée à un nylon de gros diamètre on est passé au système actuel très diversifié et ces monos ont largement évolué... notamment en matière de :

Forme

Chaque type de forme offre divers avantages et inconvénients : 

  • La classique forme ronde est le meilleur compromis entre tenue, confort d’utilisation et effet mécanique dan l’eau.
  • La forme ovale offre un meilleur confort et une meilleure tenue en main mais « cisaille » moins la colonne d’eau.
  • La forme carré ou rectangle quant à elle, « cisaille » plus les doigts mais glisse énormément pour de très longues distances de lancer avec une bonne tenue en mains, tout en réduisant l’effet twist.

Densité

Les dernières technologies permettent aux fabricants de nous proposer en plus de la forme des traitements spécifiques qui apportent plus de glisse, permettant au mono d’être flottant, intermédiaire ou avoir la densité exacte de l’eau. Encore une fois cela correspondra à des usages particuliers.

Les densités intermédiaires permettent de bien cisailler la colonne d’eau pour une immersion rapide du shooting head qui n’est pas retenu vers la surface mais s'ancre beaucoup plus, offrant plus de résistance lorsque l’on récupère le shooting line pour relancer. Un mono avec la densité de l’eau offre des caractéristiques à mi-chemin entre un flottant et un intermédiaire...

Diamètre

Le panel de diamètres et résistances des monos est plus étendu que celui des running line avec coating.

On considère qu’il s’étend de 0,40mm en limite basse pour aller jusqu'à 0,85mm environ.

  • Les résistances varient de 25 lbs a 80/90 lbs. Les plus fins seront parfaitement adaptés pour les usages une et deux mains dans les puissances les plus light (#2/3 en usage deux mains et #4/5 en usage une main pour des lancers spey)
  • Les plus gros diamètres seront utilisés pour les fortes cannes à deux mains puissance #10/11/12. On utilise plus rarement ce type de shooting line sur les puissances au delà de #8/9 pour les cannes à une main.

Quelques exemples de running line mono COMPLINE II GUIDELINE (plat intermédiaire), ULTIMATE RUNNING LINE (rond avec densité de l’eau), SCIENTIFIC ANGLER ABSOLUTE SHOOTING LINE (plat rectangulaire « basique » simple et efficace)...etc.

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Exemple de shooting line mono de forme rectangulaire
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Avantages et limites de chacun des deux types de shooting line mono vs coating
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En pratique

Une fois que l’on a toutes ces informations que faire me direz-vous ? Voyons comment vous adapter à vos besoins ! Afin de mieux illustrer mes propos, je vais vous indiquer quelques usages que je fais de ces Shooting Line dans mes pêches et pourquoi j’ai choisi l’un plutôt que l’autre.

Autant le dire tout de suite, je préfère les Shooting Line avec coating ! Ceci ne m’empêche cependant pas d’utiliser les monos pour les applications où ces derniers sont indispensables.

En effet, les shooting avec coating offrent à mon avis (et mon avis qui n’est qu’un avis parmi d’autres !) une tenue bien meilleure, un confort lors des longues séances de pêche avec des centaines de lancers, qu’aucun mono ne peut offrir. Et, c’est cette principale caractéristique que j’apprécie, car la distance de lancer est rarement un facteur limitant sur les pêches que je pratique au quotidien. Ce quotidien est la recherche du saumon sur le Gave d’Oloron afin de bien comprendre:

J'utilise donc principalement deux ensembles :

  • Guideline NT8 12ft9 #8/9 avec shooting #8/9 32/34 gr suivi d’un shooting line TSL Evolve 2.0 de 0,31inch/0,80mm.
  • Guideline NT8 13'9" #9/10 avec les poids de 35/37 gr avec le même running.

Enfin, pour les grandes rivières où les zones basses du Gave d’Oloron, je sors parfois une 14'9" #9/10 pour 35/37 gr et je lui adjoins un running mono 42 ou 50lbs Guideline Compline pour atteindre mes distances maximales de lancer sur certains postes qui le nécessitent.

J’utilise les monos les plus fins 25lbs pour mes pêches à la truite avec des cannes à deux mains de 10' à 11' pour une glisse maximale. Le poids assez réduit des shooting head utilisés pour ces pêches (entre 10 et 20gr environ) n’a pas l’effet arraché que l’on peut trouver sur les cannes à deux mains plus fortes. Il n’y a guère que sur les cannes truite puissances #6/7 que j’utilise un shooting line avec coating pour le confort.

Enfin pour les pêches à une main avec des shooting head du bord soit en lac, en mer et plus souvent dans mon cas en cherchant l’alose, je n’utilise que des running line mono. En effet ces pêches nécessitent soit une distance maximale, soit une vitesse d’immersion maximale du shooting pour bien présenter la mouche. Dans ces conditions, les monos sont à leur aise à mon sens.

J’espère que ces quelques infos sur les shooting line vous permettront de mieux appréhender le choix à réaliser en fonction des conditions de pêche que vous rencontrez et des sensations que vous cherchez lors de vos séances de pêche ! A bientôt pour parler des shooting head !

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Test : HOH Clan 10' #7

HOH Clan 10' #7

Voici le premier test consacré à la marque HOH avec une nouveauté 2020 au programme : la HOH Clan 10' #7. Conçue (entre autres) pour la pratique de la mouche en réservoir, cette canne a été passée au banc d'essai Truites & Cie : 

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HOH Clan 10' #7
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TEST STATIQUE

Cette série Clan possède un look original avec un revêtement et des ligatures d'anneaux bleu azur qui tranche dans l'offre moderne homogène et souvent sombre. Le blank comporte des anneaux serpentiformes après un stripper guide SIC. La poignée en liège de bonne facture surmonte un porte-moulinet avec insert carbone. Ses extrémités sont pré-compressées pour gagner en durabilité. Le premier brin se termine par un talon de combat en liège. Côté finition, on note la présence de repères d'alignement des brins (grâce à la numérotation de chaque brin) et d'un accroche-mouche. Ces cannes 4 brins sont vendues dans une housse et un tube cordura.

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HOH Clan 10' #7
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HOH Clan 10' #7
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HOH Clan 10' #7
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HOH Clan 10' #7
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HOH Clan 10' #7
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HOH Clan 10' #7
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HOH Clan 10' #7
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MESURES : 

Le protocole Common Cents System a permis de caractériser la puissance, l'action et la réactivité de cette canne :

PUISSANCE

En ce qui concerne la puissance, 54 cents ont été nécessaires pour plier la canne sur un tiers de sa longueur. Après conversion, cela donne un ERN à 6.89 et donc une puissance réelle #6/7. La puissance annoncée est donc légèrement sur-estimée.

ACTION

Au niveau de l'action, l'angle à 72° classe ce modèle dans la catégorie fast (AA supérieur à 66°).

RÉACTIVITÉ 

La réactivité de cette canne à 80 cpm est proche de celle des autres références du marché de même longueur/puissance.

Confort

Avec un PTE de 369 gr pour cette 10' #6/7, cette canne se classe dans la moyenne des autres modèles de même longueur/puissance/prix. A titre de comparaison, le PTE de cette HOH Clan est 20 gr plus lourd que ceux de la Echo Lago 10' #6 et de la Vision Onki 10' #6 qui sont légèrement moins puissantes. Pas de surprise donc à ce niveau ! A noter également la poignée relativement courte (162mm) de ce modèle.

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HOH Clan 10' #7
Matériel

HOH Clan 10' #7

Marque
HOH
Série
Clan
Longueur
10'
Longueur réelle
306cm
Soie
#7
Brins
4
Poids annoncé
115.00g
Poids réel
119.00g
Anneaux
12
Premier anneau
53cm
Poignée
26x162mm
Serrage
Uplocking
Talon de combat
Oui
Accroche mouche
Oui
Points d'alignement
Oui
PME
250.00g
PTE
369.00g
IP
54
ERN
6.89
AA
72°
CCF
80cpm
Prix à la date de sortie
299.00€
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Stéphane Corre
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L'avis de Stéphane Corre, blog Auvergne Passion Mouche :

"La gamme HOH s’est étoffée à l’automne 2020 de plusieurs modèles dont un qui intéresse particulièrement les pêcheurs de réservoir : la HOH Clan 10' #7. Un modèle que j’ai eu la chance d’utiliser au cours de plusieurs sorties.

S’il fallait définir une caractéristique générale de la canne, ce serait sans conteste la douceur. Un comportement qui se fait ressentir dès le lancer mais aussi et surtout dans la tenue du poisson. Un atout qui permet de donner la pleine mesure du combat tant dans sa gestion qu’à travers l’émotion du moment.

Equipé d’une soie flottante WF7, on peut aller chercher à bonne distance des poissons tout en garantissant l’usage de nylons relativement fins. Un ensemble qui permet de composer très facilement avec des conditions difficiles comme la présence de vent ou de se livrer à des stratégies de pêche venues d’Angleterre comme le bung.

A l’aide d’une soie intermédiaire en 7, la canne montre sa pleine mesure notamment en noyée ou à l’aide de petits streamers. Sa douceur devient un allié pour répondre à des touches parfois violentes.

Enfin, l’usage de soies plus denses nécessitera un changement de canne. En effet, il faut déroger à la préconisation de puissance annoncée pour s’orienter vers des soies de norme 6/7 ou 6 pour les profils de type fuseaux de lancer (Forty).

L’emploi d’une puissance relativement faible permet d'obtenir la sensibilité indispensable pour être efficace en particulier sur les petits poissons. Une adaptation qui devient un véritable avantage pour les pêcheurs désireux d’alléger au maximum les stratégies de pêche.

Enfin pour conclure, j’insisterai sur le look atypique et très réussi d’une canne qui se fait remarquer par son tarif. Il est rare de trouver des produits à moins de 300€."

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canne HOH
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@Stéphane Corre
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L'AVIS DE LA RÉDACTION

Le croisement des chiffres obtenus lors de nos mesures à l'expérience "du terrain" de Stéphane Corre est édifiant et parfaitement raccord : la puissance réelle #6/7 destine plus particulièrement ce modèle aux pêches relativement fines en réservoir. C'est cette puissance modérée qui donne l'impression de douceur ressentie par Stéphane en dépit de l'action presque ultra-fast (la "raideur" qui accompagne ces action fast se ressent d'avantage pour des puissances supérieures).

Ainsi, pour un mariage canne/soie harmonieux (paramètre primordial pour bien pêcher en réservoir), on se dirigera vers des soies de 7 flottantes et des 6 de toute densité, de la flottante à la S5. 

Ce modèle viendra assurément jouer les troubles fêtes dans le marché "canne réservoir à moins de 300 euros" dont nous avons déjà parlé dans notre test comparatif de novembred'autant qu'aucun des modèles présentés dans cet article ne possède de puissance réelle #6/7. Voilà désormais une lacune comblée ! Mais la singularité de cette Clan 10' #7 ne s'arrête pas là : le look atypique, les finitions (très) soignées et le SAV de qualité grâce à la localisation française de la marque sont quelques-uns de ses atouts !

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Made in France : le HookBobbin et les accessoires de Didier Samie

Hook And Bobbin

Dans le domaine du fly-tying, rares sont les accessoires Made In France ! C'est le cas du HookBobbin pensé par un passionné de montage alsacien, Didier Samie. Il nous raconte la genèse de ce produit, tout comme ses autres idées du moment :

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Didier Samie
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Bonjour Didier, pouvez-vous vous présenter succinctement pour les lecteurs de T&Cie ?

"Mon nom est Didier Samie, gérant de la société DSME, retraité de l’immobilier d’entreprise et passionné de pêche à la mouche. Je réside en Alsace où je pêche la Bruche et la Thur, mais je vais souvent m’évader en Allemagne, Autriche ou Slovénie pour trouver des rivières riches en truites et ombres qui sont mes poissons favoris. J’ai aussi beaucoup pêché en Irlande et en Norvège mais aussi sur les flats des tropiques notamment à Cuba, bonefish, permit et tarpon.

J'ai la particularité d'être intéressé dans toutes les disciplines comme la pêche ou mon premier métier, par une forme de recherche de solutions simples et d’efficacité pour aboutir à un résultat optimal (je suis tombé dans la potion tout petit). J’ai donc tout naturellement imaginé des outils plus simples pour les pêcheurs et monteurs de mouches en particuliers."

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Hook And Bobbin
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Le fameux HookBobbin de Dider Samie
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CDC FOLDER
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Quelle est votre philosophie de concepteur et comment sélectionnez-vous les constituants de vos produits ?

"Dans mes créations, j’ai toujours le souci de la simplification des outils pour un usage facile. J’ai toujours en ligne de mire le fait de répondre aux objections que pourraient avoir les utilisateurs de mes outils. D’où le temps nécessaire aux rencontres avec ces utilisateurs, à la réflexion, à la création...etc.

Je pensais trouver un fabricant unique (notamment en micro-mécanique) pour fabriquer mon outil phare, le HookBobbin. Ce fut impossible. In fine pour fabriquer moi-même cet outil dans mon atelier, je fais appel à 12 fournisseurs (français, allemand, suisse, américain, japonais...), tous sélectionnés pour leurs compétences techniques et la qualité de leurs produits (le tube de mon HookBobbin provient d’une entreprise suisse spécialisée dans la fabrication de seringue, les crochets sont issus de l’industrie dentaire...etc) et je l’assemble moi-même.

Mes produits sont vendus sur mon site dans le monde entier et par des revendeurs agréés. J’ai évidemment un projet en cours... un waders révolutionnaire et toujours dans le même esprit. Affaire à suivre !"

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Tippet recuperator
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Présentez-nous en détails vos 3 outils phare ?

"Le HookBobbin est né après 3 ans d’études et 3 classeurs remplis de schémas, plans etc.. et un brevet en France et aux USA. Cet outil de montage de mouches cumule 2 outils en 1 seul (le porte bobine et le twister à dubbing) et rend le montage plus rapide et plus ludique grâce aussi à toutes les fonctionnalités qui le composent.

Dans la même logique j’ai imaginé le CDC Folder, outil on ne peut plus simple et rapide pour plier des plumes de canard ou autres.

Vient enfin le Tippet Recuperator ou récupérateur de fil pour éviter de jeter dans la Nature des fils de nylon usagés dangereux pour la faune qui se prend les pattes dedans et succombe la plupart du temps..."

Merci Didier et bonne chance pour vos nouveaux projets !

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LIEN UTILE :

Le site HookBobbin :

HookBobbin

 

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