Vous souhaitez alléger votre combo la saison prochaine ? Un moulinet click, doté d'un simple système anti-foisonnement à cliquets à la place du frein traditionnel et pesant moins de 100 gr, peut être une option intéressante ! Focus sur 2 produits de ce type sortis en 2022 :
Au-delà des différences de look que chacun appréciera selon sa propre sensibilité, ces 2 moulinets sont assez proches notamment en matière de contenance. Au niveau de la construction toutefois, le Hardy économise quelques grammes sur le bâti (semi-fermé) alors que celui du Guideline est totalement fermé, ce qui minimise le passage des lignes fines entre le bâti et la bobine.
Les 2 fabricants annoncent une possibilité de réglage de la fermeté de l'anti-emballement à cliquets (3 positions réglables verticalement sur le Guideline et 10 positions de molette sur le Hardy). En pratique, les différences ne se ressentent pas vraiment et il est probable que vous choisissiez le dévidage le moins contraignant, sans jamais modifier le réglage... (il demeure assez ferme même dans la position extrême).
A ce propos, la friction de récupération est inférieure à celle de sortie de soie pour le Guideline, identique pour le Hardy.
Pour ce qui est du contexte d'utilisation, ces 2 moulinets manuels trouveront leur apogée en petits et moyens cours d'eau, en nymphe ou en sèche, et plus généralement dans toutes les situations de pêche où la légèreté prime sur la présence d'un frein précis.
A noter que le Guideline est disponible en 2 tailles (#2/3 et #4/5), 4 tailles pour le modèle Hardy (#1/2/3, #2/3/4, #3/4/5, #4/5/6).
Souvent, les belles histoires et les aventures commencent par une rencontre.
Il y a quelques années, j’ai fait la connaissance de Christopher Preston dans un Flyshop de l’Idaho dans lequel travaillait mon ami Erick Moncada. Lorsque l’on voit Chris, on se dit tout de suite que l’on est en présence d’un vrai gentleman. Mais ce n’est pas n’importe quelle sorte de gentleman, il suffit pour s’en rendre compte de regarder ses avant-bras...
Nous avions, lors de cette première rencontre, rapidement échangé sur la pêche et sur quelques astuces concernant le matériel.
Nous nous sommes croisés l’année suivante, au bord d’une rivière de l’Idaho alors qu’il pêchait à la mouche avec sa femme Kristi qui partage parfois sa passion. Ce jour-là, la conversation fut beaucoup plus longue et essentiellement consacrée aux voyages de pêche. Quelques mois plus tard, nous avions le plaisir de les accueillir chez nous lors de leur voyage en Catalogne et dans le sud-ouest de la France. C’est lors de ce séjour en France que Chris m’a longuement parlé de ses différents voyages en Colombie pour y traquer - à la mouche - le Peacock et le Payara. Très vite, je me suis engagé à l’accompagner lors de sa prochaine virée sud-américaine.
Il faudra attendre 2 ans, COVID oblige, pour qu’enfin ce voyage soit possible.
C’est donc à l’automne dernier, que Chris m’a mis en contact avec Alex Zapata pour réserver notre séjour colombien prévu début Mars.
Alex est né en Colombie. Il est arrivé enfant à Miami avec ses parents musiciens. Aujourd’hui, il vit toujours en Floride et partage son temps entre la musique, étant lui aussi musicien professionnel, et ses guidages en bateau pour les pêcheurs à la mouche sur les flats floridiens. Il retourne régulièrement dans son pays natal et y organise 5 ou 6 fois par an des expéditions pour pêcher le Peacock et le Payara.
Dès les premiers échanges par e-mail avec Alex, j’ai senti une organisation extrêmement bien rodée et j’ai rapidement réservé mon vol pour Bogota, le reste du séjour étant organisé par lui.
C’est ainsi que j’atterris le 6 mars à l’aéroport de la capitale colombienne où je suis attendu par un chauffeur portant un petit panneau avec mon nom. En quelques minutes, je rejoins l’hôtel dans lequel je retrouve Chris, Alex et les 4 autres pêcheurs, tous américains, qui constitueront le groupe pour notre séjour. Malgré la fatigue et le décalage horaire pour moi, nous entamons une discussion très animée et l’on sent bien chez chacun l’impatience d’être au bord de l’eau canne à la main.
Le lendemain nous quittons Bogota à bord d’un vol domestique à destination de Puerto Irinida.
De l’avion nous apercevons les méandres des nombreuses rivières de la région et il nous tarde d’aller explorer ce réseau hydrographique.
Puerto Inirida se trouve environ à 700 km à l’est de Bogota, proche de la frontière vénézuélienne. Cette petite ville, établie à la confluence du Rio Inirida et du Rio Guaviare, est une plaque tournante pour approvisionner par voie fluviale toute la région.
A l’arrivée à l’aéroport, après avoir récupéré nos bagages qui auront été soigneusement reniflés par les chiens des policiers (nous sommes au pays de Pablo Escobar), le transfert vers l’hôtel s’organise en Tuk-tuk, ce qui donne momentanément un petit air asiatique à notre expédition.
L’organisation du séjour est toujours remarquable. Après nous être installés dans un hôtel vraiment correct, les petits véhicules nous attendent pour aller diner dans un restaurant plein de charme qui sert des poissons de rivière excellemment cuisinés.
Le réveil a lieu le lendemain, avant le lever du jour, alors que les berges de la rivière grouillent déjà d’activité. Un petit bateau en alu, qui sera notre moyen de transport rapide pour la semaine, nous y attend. A notre groupe de sept, s’ajoutent le responsable du camp, le pilote du bateau et le cuisinier. C’est donc un équipage de 10 personnes qui embarque pour 4 heures de navigation.
Nous descendons le Rio Guaviare pendant une petite heure jusqu’à rejoindre le rio Orinoco.
L’Orenoque est un fleuve imposant qui fait frontière entre la Colombie et le Venezuela. Ses berges concentrent une bonne partie des populations indiennes de la région qui loge dans des petites maisons construites au-dessus du niveau des hautes eaux de la saison des pluies ou dans des habitations flottantes.
Après plus de 2 heures de descente de l’Orénoque, nous remontons le Rio Vichida. La présence humaine est maintenant quasiment invisible même si nous croisons parfois une minuscule embarcation creusée à même un tronc d’arbre.
C’est en fin de matinée que nous arrivons devant notre camp. Celui-ci se compose de 4 cabanes pour les logements et d’une cabane principale où seront préparés et pris les repas.
Les logements sont simples, en harmonie avec la forêt environnante mais avec suffisamment de confort pour un séjour agréable.
Chaque cabane dispose de 2 grands lits, d’une douche et d’un WC. Le soir, un générateur fournit l’électricité pour alimenter l’éclairage et faire éventuellement tourner les ventilateurs.
La vue sur la rivière depuis les chambres ou depuis la pièce de vie est sublime.
Malgré le charme de notre campement, nous ne nous y attardons pas. Le temps de sortir les cannes des tubes, de monter les moulinets et d’attacher un streamer, les guides et leurs embarcations légères sont arrivés et nous attendent pour notre première session.
Je fais équipe avec Jerry, un ami de Chris pour partager la cabane et cette première journée de pêche. Nous embarquons sur la longue pirogue de Rénaldo et Roberto qui seront nos guides pour les sessions Peacock.
Nous descendons pendant quelques minutes le Rio Vichida puis accostons sur la berge. Nous découvrons alors un sentier, taillé à la machette, qui va nous permettre de rejoindre, après une courte marche, ce qu’ils appellent un lagon. Il s’agit d’un bras mort de rivière, en général connecté au cours d’eau principal à la saison des pluies. Une embarcation on ne peut plus simple nous y attend.
Nous allons enfin tenter d’attraper notre premier Peacock car, avec Jerry, nous sommes des novices en la matière.
Nos guides ne parlent pas anglais et nous ne parlons pas espagnol mais on arrive toujours à communiquer. Installés, un à l’avant et l’autre à l’arrière, ils déplacent lentement la pirogue le long des berges en nous maintenant à la bonne distance pour lancer sous les frondaisons et nous font insister autour des arbres immergés.
Pas besoin d’être un expert de la double traction, nous lançons nos streamers à une quinzaine de mètres de la pirogue sous le regard de petits alligators peu effrayés par notre embarcation. Nous ne détectons pas beaucoup d’activité mais je finis par avoir la première touche et c’est Jerry, à qui je montre la zone où j’ai eu un contact, qui prend le premier poisson.
Les touches ne sont pas nombreuses mais ce sont nos premiers Peacock et ils resteront à jamais dans notre mémoire. Nous commençons à trouver nos marques sur la frêle embarcation quand se produit un évènement un peu étrange. Jerry, alors qu’il strippe sa soie, ne ressent plus aucune traction, et, sortant sa ligne de l’eau, se rend compte que sa soie est coupée. Il n’a plus de boucle, de bas de ligne et bien sûr de streamer. Il n’a absolument rien senti et alors que nous nous interrogeons sur ce qu’il a pu lui arriver, je relève ma ligne et me rends compte qu’il en est exactement de même pour moi. Nos guides nous expliquent que nous sommes passés avec nos lignes dans un banc de petits piranhas. Ils assimilent la boucle de la soie en mouvement à une petite proie et coupent la ligne comme une lame de rasoir. Heureusement, nous avons d’autres moulinets à bord pour continuer la pêche.
Cette première demi-journée sur l’eau est pleine de promesse et le retour en pirogue dans le soleil couchant est un moment magique.
De retour au camp, après une bonne douche, nous retrouvons le reste de l’équipe autour de la table où nous attend un excellent diner. La conversation va bon train et tourne essentiellement autour de la pêche du jour qui aura été dans l’ensemble plutôt calme. Tout le monde récupère des infos par recoupement sur les bonnes densités de soie à utiliser, sur le positionnement des poissons et sur les streamers qui ont fonctionné.
Pour notre deuxième jour de pêche, je fais toujours équipe avec Jerry. Nous embarquons à quatre pêcheurs accompagnés de Chris et Gordon, dans le bateau rapide et remontons le Rio Vichida sur plusieurs kilomètres. Nous accostons sur une plage de sable puis nous marchons quelques dizaines de minutes dans le lit asséché d’un cours d’eau pour atteindre un lagon où nous attendent 2 embarcations et nos guides.
A bord de ces embarcations légères, nous naviguons quelques minutes de front, puis chaque pirogue emprunte un bras différent du lagon. La végétation du rivage est magnifique, luxuriante et abrite de nombreux oiseaux et singes (que nous entendons lorsqu’ils se déplacent mais avons du mal à apercevoir).
Moteur coupé, les guides longent le rivage à la pagaie à distance de lancer. Nous avons rapidement nos premières touches et l’on se rend assez vite compte que lorsqu’on travaille les zones avec des arbres immergés, il faut stripper beaucoup plus vite qu’on ne le faisait la veille. Les poissons sortent alors de sous les troncs, comme des torpilles, pour attaquer les streamers. C’est vraiment excitant de les voir soudainement apparaitre et avaler nos mouches dans une eau suffisamment claire pour bénéficier du spectacle.
Nous prenons ainsi pas mal de poissons, notamment des butterfly Peacocks, reconnaissables aux trois points noirs qui ornent leurs flancs. Ce sont des poissons de taille assez modeste, mais leur robe contient toutes les couleurs de l’arc en ciel et ce sont de vrais combattants avec une canne légère.
La pêche est vraiment ludique, les touches assez nombreuses et nos guides extrêmement agiles, notamment pour récupérer nos mouches qui s’accrochent régulièrement dans les branches, immergées ou non. Nous constatons, au bout d’un certain temps, que pour toucher les plus gros poissons, il faut s’éloigner un peu de la berge et laisser descendre les streamers à l’aide de soies plongeantes. J’ai ainsi une touche très violente mais dès le début du rush mon bas de ligne en 30lbs explose.
Dans un secteur moins profond et sur fond de sable, nous prenons plusieurs poissons à vue. Là encore, pour les faire attaquer, il faut augmenter la vitesse de récupération quand ils suivent la mouche.
Chaque jour, les guides trouvent un coin abrité du soleil pour le casse-croûte, ce qui est plutôt appréciable avec la très forte chaleur et les glacières qui contiennent de nombreux litres de boissons fraiches finissent quasiment vides.
Ce jour-là, en milieu d’après-midi, nous avons droit à notre premier orage tropical. Les guides, stoïques, continuent de manœuvrer la pirogue. Par contre, ma veste de pluie légère s’avère totalement inefficace, sous une telle pression d’eau. La température chute brutalement mais dès la fin de l’averse, les poissons sont à nouveau actifs.
C’est juste après l’orage, alors qu’il tombe encore une pluie fine, que Jerry pique un énorme Peacok.
Le combat durera de longues minutes, le poisson passant plusieurs fois sous la pirogue. Il finit par arriver près de l’embarcation mais l’un de nos guides qui a pris une pince pour le monter à bord n’arrive pas à saisir la mâchoire de ce poisson trophée et c’est alors qu’il se décroche. C’est comme on dit dans ces cas-là, « la meilleure façon de le relâcher » mais mon compère aurait bien aimé immortaliser ce moment avec un tel poisson. Nous l’estimons proche des 20lbs.
Comme la veille, le retour au camp avec le soleil couchant est un pur moment de bonheur et de plénitude.
Alex aura mis à profit le milieu de journée, moment le moins favorable pour le Peacok, pour faire un peu de pêche alimentaire. Ce soir au menu : Piranhas grillés ! Et c’est délicieux. Les 2 autres équipes ont également pris de nombreux poisons.
C’est lors des repas du soir qu’Alex nous détaille le programme du jour suivant. Pour notre troisième jour sur l’eau, nous allons changer de secteur pour aller traquer le Payara... A suivre !
Mises au point en Espagne et très influencées par la compétition, les cannes Adams sont prévues pour satisfaire les pêcheurs en nymphe au fil modernes. Parmi les différentes gammes disponibles, les XTZ Euro Nymph représentent le haut du panier. Focus sur ces 3 modèles en #2 récemment ajoutés au catalogue de la marque :
Le protocole Common Cents System a permis de caractériser la puissance et l'action de ces 3 cannes :
En ce qui concerne la puissance, ces cannes sont très homogènes et toutes sous-évaluées : ce sont en réalité des #3 (ERN à 3.27 pour la 10' et 3.57 pour la 10'6 et la 11').
Au niveau des actions caractérisées par l'Action Angle (AA), l'homogénéité règne également puisque les AA sont tous de 66° : les actions sont donc moderate fast.
Au niveau montage, l'équipe Adams n'a pas lésiné : poignée carbone CPX Composite à la forme originale et exclusive, anneaux Recoil minimalistes, porte-moulinet ALPS... que du haut de gamme !
Au-delà de la qualité des composants, la cohérence de la configuration est totale : l'anneau de départ est à moins de 30cm de la poignée, ce qui limite grandement la formation du ventre dans la soie lorsqu'on pêche canne haute. De plus, l'ensemble porte-moulinet/poignée est parfaitement compatible avec l'utilisation d'un moulinet semi-auto : le vissage vers le bas décuple l'équilibre de l'ensemble canne/moulinet et la longueur pas trop importante de la poignée (170mm) permet de maintenir l'annulaire de la main qui tient la canne sur la gâchette (sauf si vous avez vraiment de petites mains).
Autre particularité du montage, cette canne possède des anneaux Recoil très fins et surtout, de petits diamètres. Selon notre expérience de terrain, il semblerait que ce choix soit le meilleur moyen de prévenir le bouclage du nylon, notamment autour du scion. Cela nous paraît en tout cas bien plus efficace que l'option "avant-dernier anneau serpentiforme", également choisie à cet effet.
En matière de confort de pêche, les chiffres sont excellents et à la hauteur de la gamme de prix, bien que les poids bruts des différents modèles ne soient pas impressionnants, sans doute à cause de la part belle donnée au composite au niveau de l'ensemble poignée/porte-moulinet. Corollaire : la concentration de la masse près du talon donne des produits très bien équilibrés. A titre de comparaison avec des références de longueurs/puissances réelles proches sur le marché :
Ainsi, la 10' s'équilibre avec un moulinet vide d'environ 100/110gr (si on le garnit d'une soie ultra-fine), la 10'6 avec un moulinet vide d'environ 120/130gr et la 11' avec un moulinet vide d'environ 150/160gr.
Commercialiser des cannes nymphe au fil à plus de 600 euros en 2022 est un sacré pari compte tenu de la concurrence ! Pourtant, dès la prise en main, nos doutes sur la qualité et la cohérence des produits sont vite dissipés :
D'emblée, l'oeil affûté remarquera la noblesse des composants (que chacun appréciera selon sa sensibilité mais dont on peut quand même louer la présence !). Sur le montage, rien à redire : les anneaux de départ sont parfaitement placés pour une pratique optimale de la nymphe au fil (tout au plus sur la 10' et la 10'6, un anneau supplémentaire ou une répartition différente aurait permis de réduire la distance entre le stripping guide et le premier monopatte, qui peut être pénalisante en présence de fort vent latéral, mais ce n'est pas un gros défaut...), la longueur de la poignée n'est pas trop importante, ce qui garantit un accès rapide à la gâchette d'un moulinet semi-auto (quand on connaît le goût des pêcheurs espagnols pour ce style de moulinet, le contraire nous aurait étonné !).
Enfin, pour ce qui est des applications potentielles de ces 3 cannes, la polyvalence est le maître mot de cette série :
Avec une puissance réelle #3 et une action moderate fast, ce sont vraiment des cannes à nymphe à tout faire, avec une tenue de poisson exemplaire (absence de point dur liée à l'AA à 66° qui limite casses et décroches). Elles permettront de lancer un large panel de poids de nymphe et de se frotter à la majorité des truites présentes sous nos latitudes.
On prendra simplement soin de choisir la longueur de son modèle selon le calibre des rivières convoitées et la volonté d'alterner ou pas nymphe au fil et sèche.
Logiquement, la 10' est la plus à même de fouetter efficacement une soie et de pêcher en nymphe en petits milieux. La 10'6 autorisera un contrôle efficace des dérives en rivières petites à moyennes. Enfin, si vous souhaitez augmenter votre amplitude de pêche, la 11' sera d'une aide précieuse.
Bon choix !
Le protocole de test des cannes à mouche
Comment choisir sa canne à nymphe
Les cannes Adams XTZ en ligne :

La mer Baltique et notamment la presqu’île de Rügen, en Allemagne, sont connues dans le microcosme des moucheurs comme la Mecque de la pêche du brochet en wading. Notre ami Ramiro, moniteur/guide de pêche, passionné de la pêche des carnassiers, nous en parle depuis des années ! Et à force d’insister il a fini par nous convaincre et nous motiver à monter une équipe.
Les objectifs de cette aventure étaient multiples. Premièrement et avant tout, c’était de se faire un voyage entre copains pour découvrir une destination qui semblait fantastique. Deuxièmement, réaliser du repérage pour qu’à moyen terme, Ramiro puisse faire découvrir la destination à des clients. Et dernièrement, ces trips étaient l’occasion pour les amis d’Escape Feeling d’embarquer la caméra afin de saisir les ambiances et les poissons de ces lieux mythiques !
Le premier voyage aurait dû avoir lieu en 2020, mais pandémie oblige nous avons repoussé notre périple à 2021. L’attente supplémentaire aura au moins eu le bénéfice de faire monter l’excitation et ça nous a aussi permis de prendre conseil auprès des copains qui connaissaient la destination (je pense à l’équipe de Rémi : Marc, Sylvain et Adrien). Par ailleurs, à l’heure où je termine ces lignes, une nouvelle équipe rentre tout juste de l’édition 2022. Donc forts de ces deux expéditions et de l’expérience acquise, nous allons tenter de vous décrire ce fonctionnement si particulier de l’écosystème en mer Baltique, le comportement de ces brochets records, les conditions de pêche sur place et le matériel adéquat.
La mer Baltique est l’un des plus grands écosystèmes d’eau saumâtre dans le monde. Il possède un fonctionnement qui lui est propre. Cette mer possède une rentrée d’eau salée via sa connexion avec la mer du Nord dans sa partie ouest, via les détroits frontaliers entre la Suède et le Danemark. A l’opposé, le bassin versant de la Baltique et son eau douce associée couvre 415 023 km2 essentiellement sur la Suède et la Finlande [1]. En raison de cet apport d’eau douce immense comparativement à l’entrée d’eau salée, il y a un gradient de salinité qui augmente d'ouest en est et du sud au nord. La carte 1 ci-dessous illustre cette variabilité géographique par classe de couleur du plus salé (rouge) au moins salé (jaune) [2]. La légende utilise comme unité le PSU (practical salinity unit).
D’un point de vue scientifique, le gradient de salinité de la mer Baltique varie des conditions oligohalines aux conditions mésohalines, mais peut également atteindre des conditions polyhalines. Ces trois termes caractérisent ce qu’on appelle l’eau saumâtre à différents degrés de salinité situés entre l’eau douce à 0 psu et l’eau considérée salée à partir de 30 psu :
En plus de ces gradients hydrologiques/géographiques, il y a un gradient vertical lié à la densité. L’eau salée plus lourde coule vers le centre de la mer Baltique et les bassins plus profonds. A l’inverse, les eaux côtières tendent vers l’eau douce. Ce fonctionnement particulier influence nécessairement les populations de poissons en mer Baltique. Comparativement à d’autres mers, la diversité d’espèces est relativement faible [3]. Néanmoins l’une des richesses de ce milieu, c’est la cohabitation de communautés de poissons marins comme le cabillaud, le hareng et le sprat avec des communautés de poissons d’eau douce comme le brochet, la perche ou le sandre. Tout comme les autres espèces citées, le fonctionnement de sa population et le comportement des brochets de Baltique seront intimement liés à la position géographique de votre secteur de pêche et donc à la salinité observée. Il sera aisé de trouver des brochets en pélagique dans le nord de la Baltique, alors que proche du détroit à l’ouest, ses populations seront nettement plus côtières et inféodées aux lagunes connectées.
Le littoral allemand de la mer Baltique s'étend sur 2 250 km et présente une grande variabilité de milieux. Sur sa façade nord-est, la côte allemande est essentiellement constituée de lagunes et d'estuaires, subissant peu de marées. La presqu’île de Rügen est l’une des plus connues, grâce à la richesse de ses espaces et l’immensité de ses écosystèmes, appelés ‘’Bodden’’. A l’échelle de la mer Baltique, les Bodden se situent au sud-ouest.
Comme le montre la carte ci-dessus, les lagunes sont toutes en connexion avec la mer Baltique. Cependant elles s’en différencient par des eaux peu profondes (2,5m en moyenne), des températures d’eau stables qui peuvent être supérieures à 20°C l’été, et une salinité faible. Ce sont des milieux très riches pour la faune aquatique, qui permettent à de nombreuses espèces (d'eau douce et salée) de prospérer et d’atteindre des tailles records... Nos lectures et informations prises nous laissaient espérer des brochets dépassant allègrement le mètre et surtout des poids hors normes.
La pêche du brochet dans ces milieux est déconcertante pour le pêcheur français, de par la taille des surfaces en eau, le fonctionnement de l’écosystème et le comportement des poissons. Pour commencer, concentrons-nous sur le fonctionnement des lagunes :
Sur l’Ile de Rügen, l’espace marin est en connexion directe avec ces immenses lacs intérieurs alimentés par quelques apports d’eau douce. Ces lagunes sont intimement liées à l’influence de la mer. Elles subissent en temps normal de faibles marnages et des marées de 15 à 20cm maximum. Néanmoins ce n’est pas un paramètre à laisser de côté. Car suivant les conditions climatiques et l’orientation du vent, ce marnage peut être plus important et favoriser l’entrée d’eau salée de la Baltique dans les lagunes. Selon les pêcheurs locaux rencontrés lors de notre voyage, si les apports d’eau salée sont trop brutaux, les brochets ont tendance à ralentir leur alimentation. Mais surtout, comme la pêche se réalise essentiellement en wading, des secteurs deviennent impraticables car l’eau monte de 20cm !
Visuellement on peut observer cette salinité propre à la Baltique, au sein même des lagunes. Les portes d’entrées sur la mer ressemblent étrangement à un écosystème côtier avec des espèces d’algues proches de celles que l’on trouve en Atlantique. Et plus on s’en éloigne, plus on va retrouver des espèces d’eau douce/saumâtre, la majorité des berges étant colonisées par d’immenses roselières, denses et immergées, qui s’avancent parfois loin dans l’eau.
Cette roselière laisse ensuite place à de grands herbiers plus ou moins denses sur des zones de sable. Les espèces de poissons présentes à Rügen sont typiques de la mer Baltique, suivant leurs tolérances à la salinité. Aussi, proche des embouchures, il n’est pas rare de voir ou de capturer des aiguillettes, des truites de mer ou d’autres espèces typiquement marines, alors que dans le fond des anses sur les arrivées d’eau douce, on observe des gros regroupements de poissons blancs (gardons et rotengles) qui sont chahutés par les prédateurs du secteur (brochets et perches notamment). La lagune bénéficie de bien des richesses : les poissons d’estuaire comme le gobie et le flet sont par exemple très présents. De plus, on peut noter que la côte immédiate de la Baltique devant Rügen est très réputée pour le hareng.
Dans cet écosystème si atypique, le brochet va profiter des mannes de nourriture en fonction de la saison ; il va donc migrer entre l’été et l’hiver. Contrairement à des populations continentales de brochet qui migrent uniquement pour la reproduction, ici, une partie de la population réalise une migration saisonnière importante pour la nourriture.
L’été, ils vont en mer suivre de façon pélagique les bancs de harengs, tandis que l’hiver, ils se rapprochent des lagunes pour profiter des rassemblements de poissons fourrages, ainsi que des petits poissons de fonds : gobies et flets.
Cette saisonnalité et le type de proies recherchées induisent un comportement grégaire de l’espèce qui est beaucoup moins présent sous nos latitudes. De plus, cette richesse nutritive des proies potentielles fait que les brochets de la Baltique atteignent des tailles records très rapidement. Les femelles peuvent atteindre le mètre dès leur 3ème ou 4ème année ! [4]
Vous l’avez compris, la notion de saisonnalité induite par le comportent des poissons est très importante ici. Il faut donc attendre l’automne et l’arrivée des bancs de brochets pélagiques qui étaient en mer, pour que le site nous offre tout son potentiel. Cette arrivée semble variable suivant les années en fonction de la météo, de la température de l’eau et probablement de la disponibilité des proies en mer, il faut attendre au moins la mi-octobre.
Si la pêche peut être extraordinaire en quantité et qualité à Rügen, elle peut aussi ressembler à une longue traversée du désert, si toutes les conditions ne sont pas réunies. Fort de notre petite expérience automnale, on identifiera différents critères à prendre en considération pour maximiser ses chances de captures et choisir son poste de pêche : l'emplacement de la zone au sein de la lagune, les conditions météorologiques, la présence d'herbiers et quelques détails techniques...
Ici, les poissons que l'on recherche ne sont pas des brochets sédentaires mais ceux en migration, bien plus gros, colorés et combatifs. Si en théorie, ces poissons arrivent à l’automne dans les lagunes, il faut maintenant les trouver et ce n'est pas une mince affaire.. En effet, ces grands brochets sont particulièrement grégaires, donc présents en groupe sur des zones définies. On peut donc facilement passer à côté d’un banc de poissons, ne faire aucune touche de la matinée voir de la journée, alors que le collègue 2km plus loin sur la même berge enchaîne les touches et les poissons !
Pour commencer, il faut avant tout savoir à quel moment précis de la migration on se situe. C’est là que la présence d'un guide devient essentielle pour gagner du temps de prospection. Car au début de leur migration, on trouvera les poissons en explorant les zones proches des ouvertures à la mer. Les cassures exposées aux premiers courants d’échange peuvent alors rapporter gros si vous tombez sur ce flux migratoire.
En 2021, forts de cette hypothèse et de l’expérience de nos amis Marc, Sylvain et leurs compères, nous avions tenté cette stratégie le premier jour de pêche. Elle se soldera par un échec cuisant : 0 poissons à 7 pêcheurs en 10 heures de pêche … Les brochets n’étaient plus là, mais déjà bien entrés dans la lagune depuis quelques jours/semaines, d’après les guides locaux rencontrés peu après.
Donc si les poissons sont arrivés dans les lagunes, on passe au deuxième cas de figure : il faut maintenant trouver les poissons migrateurs au cœur de cette immensité. Pour ce faire, la prise en compte du deuxième paramètre est essentielle : les conditions météorologiques et l’orientation des vents.
La capturabilité des brochets augmente généralement au fur et à mesure que la météo se dégrade, bien que quelques milieux fonctionnent différemment, Rügen n'échappe pas à cette constante comportementale. L'organisation d'un voyage se faisant plusieurs semaines voire quelques mois à l'avance, le facteur météo sera subit, positivement ou non.
La prise en compte de la météo de la semaine sera cependant importante pour le choix des bas de ligne, des mouches et des zones à explorer. Si le temps est dégradé, on privilégiera des zones battues par le vent, en se déplaçant idéalement avec un vent légèrement arrière ou quasiment de travers pour faciliter les lancers. Le fait de pouvoir rentrer très loin dans l’eau en wading permet de se placer idéalement en fonction de l’orientation du vent. L’accumulation de plancton sur ces zones apportera une richesse alimentaire pour les cyprins et autres poissons fourrages.
Plus la turbidité de l'eau s’accentue, moins les poissons seront sensibles à la présentation et aux choix des matériaux.
Si la météo est clémente, on s'orientera vers des zones différentes qui peuvent concentrer du poisson : apport d’eau douce, cassure à proximité, végétation dense… On pêchera avec un bas de ligne plus long, en soignant d'avantage la présentation des mouches.
En automne la probabilité de pêcher 6 ou 7 jours de rang avec une météo au beau fixe est faible, cependant si tel est le cas, un mental d'acier et l'accompagnement d'un guide vous seront encore plus utiles que de coutume.
Le poisson trophée de notre voyage 2022 a été capturé par beau temps, après 4 jours d’accalmie... les décisions du guide ont alors été cruciales pour ferrer des poissons régulièrement, dont un trophée de 116cm !
Une fois la saison de migration connue et les conditions météorologiques prises en compte, il reste un dernier paramètre majeur à considérer : les herbiers.
Les plateaux composés exclusivement de sable n’accueillent pas ou peu de gobies, trop exposés aux prédateurs sur un substrat nu. Les expériences des locaux, ainsi que la conservation de quelques poissons, nous indiquent que sur la plupart des secteurs les gobies sont la principale composante de l'alimentation des brochets une fois dans la lagune. La présence d'herbiers sur les zones de pêche est donc la condition sine qua non de la capture de poissons.
Plusieurs espèces d'herbiers sont présentes sur les bancs de sables, plus ou moins ras, à différentes profondeurs, mélangées ou non. Lors de nos deux sessions 2021 et 2022, les poissons se concentraient sur des compositions mixtes d'herbiers avec une certaine densité. Notre expérience de seulement 20 jours de pêche est trop courte pour tirer des conclusions quant à la prédisposition de certaines espèces de végétaux à concentrer les poissons migrateurs. Cependant avec l'accumulation de touches sur certaines zones définies, nous pouvions en tirer des conclusions sur le moment et choisir notre secteur de pêche du lendemain afin de retrouver ces mêmes habitats. L’utilisation des cartes aériennes étaient alors bien utile.
Une fois tous les paramètres environnementaux connus sur le bout des doigts, il ne reste plus que la technique pour faire ou non la différence.
Pour les streamers, deux grandes possibilités vont s'offrir à vous : pêcher "à l'Allemande" ou avec des mouches plus traditionnelles et volumineuses.
Les locaux que nous avons croisés, guides comme pêcheurs de loisir, utilisaient de petits streamers noirs, avec un franc succès ! Leur imitation de gobie (5-10 cm) se compose de bucktail et de quelques flashs argentés sur un hameçon de petite taille mais robuste. Facile à lancer et très réaliste, elle semble convenir à toutes les situations météorologiques.
Quant à nous, il nous paraissait impensable de capturer de si gros poissons avec de si petites mouches… On a ainsi testé nos mouches montées à l’avance, sans connaître cette imitation. Elles étaient plus volumineuses, souvent flashy et de bonne taille (15-20cm). Plus difficiles à lancer et plus fatigantes en fin de journée, elles nous ont quand même rapporté de bons résultats. Il semblerait qu’elles faisaient jeu égal quand la météo était dégradée, mais par temps calme, les petites mouches noires des locaux étaient plus régulières...
Composez votre bas de ligne (leader) comme vous le souhaitez, avec la longueur et les matériaux dans lesquels vous avez confiance.
Voici une proposition de montage utilisé lors de nos séjours :
1,50m de nylon en 45/100 torsadé, puis 90cm de ce même mono-filament tel quel, pour finir avec 30 cm de 80/100 en fluorocarbone pour éviter les coupes.
La partie terminale en fluorocarbone de gros diamètre peut également se faire en titane. Une agrafe de qualité ou une attache rapide vous permettra de donner de la liberté à votre mouche et de changer de modèle en fonction des situations rencontrées.
Sur les plateaux herbeux, on pêchera en soie flottante. Pour celui qui exploitera la cassure (parfois à quasiment 500 m de la rive) une soie intermédiaire peut aussi être utilisée. La faible profondeur, l'accessibilité des plateaux, les surfaces à explorer et les parkings proches de l'eau font que l'usage d'une embarcation n’est pas d’une grande plus-value.
Néanmoins, le fait de pêcher des journées entières en wading, avec des conditions météo musclées, impose de bien s’équiper !
Premièrement, il ne faut pas lésiner sur les sous-vêtements chauds, des waders étanches et une bonne veste imperméable.
Ensuite, il y a plusieurs essentiels à ne pas oublier avant un voyage à Rügen :
Concernant les cannes à privilégier, chacun pourrait y aller de sa théorie. Néanmoins, ce qui est certain, c’est que pour lancer sans encombre pendant une semaine un streamer dans le vent, avec de l’eau à la taille, il faut avoir du matériel adéquat...
Nous conseillons au minimum une 9' soie de 9, voire idéalement une 9' soie de 10, légère qui réagit correctement à l’épreuve du vent... Une bonne longueur de canne vous permettra de gagner en distance de lancer ainsi qu'en discrétion.
Il faut rincer systématiquement son matériel après les journées de pêche sans quoi vous allez abîmer les roulements de vos moulinets et le revêtement de votre soie. Du matériel anodisé, prévu pour la mer, permet de mieux résister à la rudesse de ces conditions.
Nous ne pouvions pas rêver meilleur endroit pour partager un voyage de pêche entre copains, car le milieu et le comportement des poissons favorisent la pêche en groupe. Il y a toujours suffisamment de place pour pêcher à 3 ou 4 moucheurs de front et c’est même un atout ! Cela permet de battre plus de terrain, afin de trouver les bancs de brochets convoités. Mais aussi et surtout, une fois les poissons trouvés, le fait de pêcher en groupe permet d’optimiser la zone productive, car le nombre de touches peut vite s'emballer. N’hésitez pas à refaire la même zone en faisant demi-tour, et ce plusieurs jours de suite. La quantité de poissons sur un même plateau peut paraître intarissable, donc ne lâchez pas la zone qui donne !
Comme évoqué plus haut, la pêche se réalise exclusivement en wading avec la plupart du temps de l’eau au niveau des cuisses ou de la taille. L’eau étant claire, la pêche au-dessus des herbiers, est alors très excitante car à tout moment, on peut voir un brochet suivre ou se saisir de l’imitation ! C’est d’autant plus séduisant que l'on est susceptible de capturer le poisson de sa vie à la mouche dans ces conditions !
La taille moyenne de ces migrateurs est tout simplement impressionnante. Sur cette édition 2022, l’équipe a eu l’occasion de faire le comparatif au sein d’une même semaine entre des poissons probablement restés en eau douce et ceux qui ont été faire un tour en mer. La taille moyenne a tout simplement pris 20 à 30cm pour passer de 50/60cm à 80/90cm ! La comparaison directe est bluffante.
Ces brochets vous surprendront par leur force, la férocité de leurs attaques (souvent à vue) et les chandelles fréquentes tout au long des combats. Dopés aux harengs, ils sont vraiment combatifs : on a très souvent le sentiment d’avoir le brochet de sa vie et une fois dans l’épuisette, on s’aperçoit que sa taille est toujours plus petite que celle estimée pendant le combat.
Bien évidemment, au milieu de ces poissons calibrés, il y a quelques individus hors norme. Sur cette édition 2022, à partir du moment où les grands brochets ont été localisés, il y a eu au moins un métré capturé par jour, quand ce n’était pas deux ou trois ! Ces brochets peuvent atteindre des tailles records et franchir la barre mythique des 120cm ! D’ailleurs cette année, Ramiro n’était pas très loin avec un poisson sublime de 116cm... à la mouche, ça laisse rêveur !
D’autant qu’il n’y a pas que leurs mensurations qui sont particulières : ces poissons ont des robes magnifiques ! Plutôt caractéristiques d’eaux claires à herbiers, ils sont très verts, avec de nombreuses tâches ou vermiculations blanches parfois jaunes, qui peuvent totalement recouvrir le ventre du poisson.
Au-delà de tous ces aspects halieutiques, Rügen offre des ambiances et des paysages atypiques voire uniques ! On y pêche le brochet au milieu des méduses, avec les oies et les grues qui nous survolent tous les soirs … Les lagunes de Rügen et les Bodden sont un haut lieu de biodiversité avec notamment le Parc National de Jasmund et les nombreuses réserves naturelles qui composent la presqu’île. Pour les amoureux de Nature et notamment d’oiseaux, vous serez servis ! On peut y voir de nombreux canards nordiques (Hareldes, Harles, Macreuses), des oies, des grues, des espèces de roselière comme les Panures à moustache et si vous faites attention, le Pygargue à queue blanche n’est jamais bien loin...
Vous l’aurez compris, la pêche à Rügen peut être absolument fantastique quand toutes les planètes s’alignent ! Les poissons peuvent être nombreux, combatifs avec des robes somptueuses. Les actions de pêche en wading et à vue, avec les ambiances propres à Rügen sont uniques ! S’il y a bien un endroit au monde où le brochet métré à la mouche est faisable pour un néophyte, sur une semaine de pêche, c’est bien là-bas !
Néanmoins la pêche change tous les ans et les endroits qui fonctionnaient une année, ne seront pas forcément les hot spots de l’année d’après. C’est pourquoi il est primordial sur une semaine de pêche, de passer par les bons interlocuteurs, notamment pour faciliter la gestion de l’intendance (hébergement/carte de pêche), mais surtout pour gagner du temps de pêche efficace sur des zones où les poissons sont censés se tenir. Un mental d'acier, un guide assidu plein de bons conseils, une analyse des paramètres techniques et un petit coup de pouce du destin nous ont jusqu'alors toujours permis de réussir nos périples et capturer des poissons hors normes... A vous de jouer, tentez l’expérience... sensations garanties !
Un grand merci à Milan Ometak et Geoffrey Macé pour leurs coups de main dans la rédaction de cet article.
Exemples de références de matériel adaptées :
N’hésitez à prendre conseils auprès de Ramiro, pour cette destination : https://malbranfly.com/
Déclarez vos prises et aidez les scientifiques locaux à mieux comprendre leur population de brochet ici
Les films Escape Feeling :
Bibliographie :
[1] Schubert, H., Feuerpfeil, P., Marquardt, R., Telesh, I., Skarlato, S., 2011. Macroalgal diversity along the Baltic Sea salinity gradient challenges Remane’s species-minimum concept. Mar. Pollut. Bull. 62, 1948–1956.
[2] Droll, Jan. 2021. An age and length-based description and assessment of the northern pike stock in the lagoons around Rügen in the southern Baltic Sea of Germany
[3] Kraufvelin, P., Pekcan-Hekim, Z., Bergström, U., Florin, A.-B., Lehikoinen, A., Mattila, J., Arula, T., Briekmane, L., Brown, E.J., Celmer, Z., Dainys, J., Jokinen, H., Kääriä, P., Kallasvuo, M., Lappalainen, A., Lozys, L., Möller, P., Orio, A., Rohtla, M., Saks, L., Snickars, M., Støttrup, J., Sundblad, G., Taal, I., Ustups, D., Verliin, A., Vetemaa, M., Winkler, H., Wozniczka, A., Olsson, J., 2018. Essential coastal habitats for fish in the Baltic Sea. Estuar. Coast. Shelf Sci. 204, 14–30. 2018.02.014
[4] Terese Berggren. 2019. Increased Body Growth Rates of Northern Pike (Esox Lucius) in the Baltic Sea – Importance of Size-Selective Mortality and Warming Waters
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