A l'automne 2021, nous consacrions un comparatif aux cannes mouche 9' #9 à moins de 500 euros. En ce début d'année, nous réunissons 4 modèles de gamme de prix supérieure (500 euros et plus) pour vous accompagner dans vos sorties carnassiers :
En ce qui concerne la puissance, les cannes de ce test peuvent être classées en 2 catégories :
Au niveau des actions caractérisées par l'Action Angle (AA), ces 4 cannes rentrent dans la catégorie moderate fast (AA compris entre 63 et 66°).
Au niveau des dimensions des poignées, celles de la Hardy et de la Vision sont "standard" (25x180 mm), celle de la BFF est relativement épaisse (28mm), celle de la Guideline relativement longue (200mm).
En matière de finitions, toutes les cannes de ce test présentent des points d'alignement des brins sauf la BFF. Curieusement, aucune canne ne présente d'accroche mouche.
A noter le montage européen de la BFF (ce qui est suffisamment rare pour être souligné dans cette gamme de prix) et la possibilité de choisir des anneaux REC en option, ainsi qu'un scion supplémentaire pour 100 euros.
Niveau confort de pêche, notre système de notation attribue la meilleure note (un excellent 8.6/10) à la BFF dont le PTE est sensiblement identique aux autres alors qu'elle est bien plus puissante ! Ceci est à mettre en relation avec une concentration de la masse près du talon au montage, ce qui décuple son équilibre : un moulinet vide d'à peine 110gr suffira à l'équilibrer ! La Guideline et la Vision suivent avec des notes respectives de 6.8 et 6.9/10. Ces 2 modèles aux conforts de pêche proches seront équilibrés par un moulinet vide d'environ 130 gr pour la Guideline et 150 pour la Vision. Enfin, la Hardy ferme la marche avec un 6.5/10, à mettre en rapport avec sa tendance à piquer du nez (prévoir un moulinet vide d'environ 200 gr pour parvenir à l'équilibre).
Comme à notre habitude, nous ne discuterons pas le look des différents modèles, ce critère étant totalement subjectif. Les photos parlent d'elles-mêmes et chacun se fera un avis selon sa propre sensibilité. De même, nous ne débattrons pas des détails de finition, tant les pratiquants accordent des importances très variables à chacun d'eux. Mentionnons quand même la qualité des composants de la BFF (porte-moulinet ALPS, liège top flor, tube alu et housse bleu turquoise made in Bretagne !).
En matière d'usage, la Guideline, la Hardy et la Vision sont des pures 9' #9 destinées à traquer les brochets (ou autres carnassiers de calibre proche) dans tous types de milieux, du bord ou en bateau, ce sont des modèles très polyvalents ! On retrouve l'action typique des cannes carnassiers puissantes (moderate fast) permettant de lancer des mouches volumineuses et de limiter la fatigue du bras. La Guideline et la Vision se démarquent de leur concurrente grâce à leur confort de pêche.
La BFF, de son côté, avec sa puissance un cran au dessus (#10/11) et son action un peu moins fast que les autres (3° de moins pour l'AA), se révèle parfaitement cohérente avec les applications qui figurent dans le descriptif fabricant : c'est LA canne pour lancer confortablement des énormes streamers et venir à bout des gros spécimens de brochets, poissons marins ou silures par exemple. Elle bénéficie en outre d'un excellent confort de pêche grâce à un équilibre bluffant et d'un montage européen très qualitatif.
Bon choix !
Le protocole de test des cannes à mouche
Comment choisir sa canne à mouche brochet
Retrouvez les cannes Brittany Fly Fishing sur :
Retrouvez les cannes Hardy chez Aspe Angler :
Les cannes Guideline en ligne ou sur commandez chez nos partenaires :
Les cannes Vision accessibles en ligne ou sur commande chez nos partenaires :

Moucheur passionné, il va de soi que je passe beaucoup de temps au bord de l'eau de mars à novembre, comme beaucoup, à traquer ombres et truites sur nos plus beaux cours d'eau français, sillonnant notre territoire au cœur d'une nature préservée, du simple petit ruisseau de montagne à la grande rivière de plaine...
La fascination pour cette fabuleuse gestuelle du lancer caractérisée par cette soie qui s'étale suivant un plan idéalement rectiligne et parallèle à la surface de l'eau (dans la pratique on se rend vite compte que cette méthode de lancer, bien qu'élégante, est loin d'être la plus efficace lorsqu'il s'agit de pratiquer en petites et moyennes rivières fortement majoritaires dans notre beau pays !), tout en évoluant dans un cadre naturel exceptionnel loin des vicissitudes quotidiennes, est probablement ce qui nous amène, pour bon nombre d'entre nous, à pratiquer la discipline, du moins au début...
Une fois accroc à la discipline, la plupart des moucheurs ne s'intéressent essentiellement qu'à l'aspect halieutique, se comportant dans le meilleur des cas comme de simples observateurs passifs de la vie qui les entoure, sans véritable intérêt pour cette nature luxuriante et riche d'enseignements, bien plus préoccupés par les considérations matérielles et techniques (bien que légitimes !) comme le choix des mouches ainsi que la maîtrise des lancers, des posers et des dérives conditionnant le résultat de leur partie de pêche.
Au cours de mes sorties, toujours équipé de mon mini-set de collecte dans ma poche dorsale de gilet (mini épuisette d'aquariophilie, petits tubes d'alcool à 90°, pince fine, mini soucoupe blanche et bien entendu APN étanche), je ne peux m'empêcher entre deux lancers de prospecter régulièrement le fond d'un cours d'eau ou la végétation rivulaire à la recherche de quelques bestioles qui, par leur présence effective, pourraient me renseigner sur la diversité et la richesse faunistique de ce même cours d'eau, autrement dit la capacité de cet écosystème aquatique à accueillir de nombreuses espèces de macroinvertébrés, avec parmi elles, dans l'idéal, une proportion importante d'espèces particulièrement polluo-sensibles.
En fonction des caractéristiques hydrologiques du cours d'eau prospecté (plutôt acide aux eaux couleur thé et régulé par des tourbières tels que les rivières limousines, plutôt calcaire alimenté par des sources karstiques comme les rivières jurassiennes, tantôt pluvio-méditerranéen avec une forte amplitude de niveaux entre étiages sévères et crues dévastatrices type rivières cévenoles, tantôt nival ou glaciaire aux eaux froides avec des niveaux fluctuant en fonction de la fonte des neiges et glaciers à l'image des rivières alpines et pyrénéennes), les espèces de macroinvertébrés présentes ne seront pas systématiquement les mêmes d'un milieu à l'autre car leurs exigences vitales diffèrent, bien que certaines fassent preuve d'une grande résilience et de capacités d'adaptation remarquables...
Même si parfois aucun signe de leur présence dans les airs ou à la surface de l'eau ne vient troubler notre champs de vision, il suffit d'observer avec attention un caillou immergé, une branche noyée ou un morceau d'herbier pour réaliser que la vie est bien présente de l'autre côté du miroir malgré les apparences... Tout ce petit monde qui constitue l'essence même de la pêche à la mouche est une source d'inspiration pour la confection de nos imitations, car entrant pour une bonne part dans le régime alimentaire des salmonidés.
Dans le cadre de notre activité halieutique favorite, trois ordres d'insectes (parmi d'autres...) s'imposent inévitablement à nos yeux car ils demeurent omniprésents au bord de nos rivières au fil des saisons :
A titre indicatif, vous trouverez dans le commerce quelques bons ouvrages halieutiques abordant les généralités en matière de plécoptères, éphéméroptères et trichoptères ainsi que leur intérêt pour les pêcheurs à la mouche. De même, il existe sur la toile des sites internet spécialisés pour ceux qui souhaiteraient s'investir de manière plus sérieuse dans l'observation des macroinvertébrés (voir liens en fin d'article).
Ces trois ordres d'insectes, considérés généralement comme de bons marqueurs de la qualité des eaux courantes, font également l'objet d'études diverses en particulier dans le cadre de l'IBGN.
L'IBGN est un indice biotique permettant d'évaluer la qualité générale d'un cours d'eau (qualité physico-chimique et qualité des habitats), utilisé par les différents organismes professionnels ou associatifs liés à la gestion de nos écosystèmes aquatiques, s'appuyant sur l'étude de la microfaune aquatique (larves et nymphes).
Le protocole, composé de différentes étapes (guide technique normalisé 2000 disponible sur demande pour les curieux), s'organise autour de différents supports spécifiques dont notamment un tableau de détermination de l'IBGN permettant d'attribuer une note indicielle sur une échelle de 1 à 20 suite aux résultats d'étude des prélèvements effectués.
En fonction de la note obtenue, un code couleur est attribué au secteur de cours d'eau prospecté permettant de classifier ce dernier selon cinq états possibles variant de très bon à très mauvais.
Quoi qu'il en soit, il est indispensable de replacer la station étudiée dans son contexte longitudinal, hydrologique, environnemental et saisonnier lors de l'interprétation des résultats pour en tirer les bons enseignements. L'IBGN peut également être utilisé de manière comparative dans l'espace (en amont et en aval d'une perturbation quelconque) et dans le temps (pour suivre l'évolution d'un cours d'eau par exemple).
Dans tout les cas, un IBGN n'a d'utilité que si l'on en tire des informations précieuses suite à l'analyse des données obtenues, afin d'identifier les perturbations existantes et adopter si besoin des mesures et actions visant à préserver ou améliorer la qualité de l'eau et du milieu.
Suite à la directive-cadre sur l'eau (DCE) de 2000 visant à uniformiser la politique de gestion de l'eau à l'échelon européen et améliorer la performance de l'IBGN, ce dernier a progressivement évolué pour devenir l'I2M2 (Indice Invertébrés Multimétrique) officiellement en application depuis 2018. Beaucoup plus complexe à calculer que son prédécesseur, mais également beaucoup plus performant, l'I2M2 fait appel à de nouvelles notions de métrique et catégories de pression permettant de mieux identifier certaines pressions humaines impactant la physico-chimie et l'hydromorphologie des cours d'eau.
Pour revenir à ce précieux tableau de détermination de l'IBGN, celui-ci présente en ordonnée 9 groupes de taxons indicateurs (comprenant chacun 4 ou 5 familles de macroinvertébrés), à croiser avec 14 « classes de variété » en abscisse différant en fonction du nombre de taxons (familles en l'occurrence). Nous n'entrerons pas davantage dans les détails de fonctionnement de ce dernier, là n'est pas le but, mais il est en revanche très intéressant de découvrir les familles (taxons) composant ces groupes indicateurs numérotés de 1 à 9 par ordre de polluosensibilité croissante.
Ainsi le groupe 9 est exclusivement composé de 4 familles de plécoptères, faisant de cet ordre le plus polluosensible aux diverses perturbations existantes parmi tous les macroinvertébrés d'eau douce retenus par l'IBGN.
Les 3 groupes suivants (6,7 et 8) comportant chacun une famille de plécoptères présentent également un intérêt écologique non négligeable, bien que d'une polluosensibilité moindre.
Toutefois, j'insiste sur le fait que cette classification reste malgré tout très théorique et à ne pas prendre systématiquement au pied de la lettre ! Pour faire simple, autant dire qu'il est toujours encourageant de rencontrer plusieurs individus appartenant à ces quatre familles parfois réunies sur quelques mètres carrés seulement, lors d'une séance d'inventaire ou même d'une partie de pêche !
La classification des êtres vivants :
Pour rappel, la classification de tous les êtres vivants animaux et végétaux, ou taxonomie, inspirée par un médecin naturaliste suédois Carl Von Linné au XVIIIème siècle, se décline comme suivant de manière simplifiée (du plus englobant au plus précis) : règne, embranchement, classe, ordre, famille, genre, espèce.
Le principe de la nomenclature binominale attribue une dénomination latine (en italique) composée du genre suivi de l'espèce pour chaque être vivant. En guise d'exemple, concernant l'espèce Perla marginata, la classification est la suivante :
De manière générale, les plécoptères sont relativement sensibles aux restructurations hydromorphologiques des milieux, à la teneur en oxygène dissous, au PH, aux fortes élévations de température de l'eau, aux rejets organiques et micro-polluants divers (pesticides, métaux lourds, hydrocarbures, produits chimiques toxiques...). En cas de pollution aigüe, chronique ou diffuse, ils sont bien évidemment parmi les premiers à en faire les frais, phénomène malheureusement toujours d'actualité sur l'ensemble du territoire français suite aux conséquences d'une industrialisation et urbanisation grandissantes bien souvent mal maîtrisées, et d'un système agricole complètement obsolète bien peu respectueux de nos cours d'eau, lorsqu'il ne s'agit pas de négligences humaines commises dans la plus grande insouciance... C'est sans compter sur l'hydroélectricité dont l'impact non négligeable sur la biodiversité de nos cours d'eau n'est plus à démontrer!
Bref, ne nous apitoyons pas sur notre sort, il nous reste encore de magnifiques rivières en France relativement épargnées de l'anthropisation à outrance, en particulier dans les secteurs de basse et moyenne montagne (Pyrénées-Atlantiques, Alpes-Maritimes...) où les populations de plécoptères, pour certaines endémiques, se maintiennent et ont encore un bel avenir devant elles, en tous cas je veux y croire ! Le réchauffement climatique avec ses effets dommageables sur l'environnement représentant à mon avis la plus grande menace à moyen ou long terme sur ces écosystèmes aquatiques quelque peu en marge des activités humaines...
Nous en reparlerons au prochain article !
Photos de l'auteur sauf mention contraire
Quelques ouvrages de PALM abordant l'entomologie (liste non exhaustive) :
Ouvrage de référence pour la détermination des macroinvertébrés d'eau douce :
Sites internet dédiés à l'étude des macroinvertébrés aquatiques :
http://www.perla.developpement-durable.gouv.fr
Pour en savoir plus sur les différents indices biotiques :
Pour me contacter :
Via internet : romaric.chabaudie@gmail.com
Via Facebook : Romaric Chabaudie Palm
Le réveil est encore plus matinal. C’est de nuit que nous buvons un café et dès les premières lueurs du jour, nous embarquons tous sur le bateau rapide. Nous devons naviguer 1h30 pour rejoindre le secteur de pêche et prenons le petit déjeuner sur le bateau pour ne pas perdre de temps.
Nous apercevons au loin, dès le départ, les montagnes vénézuéliennes et après avoir descendu un moment le Rio Vichida, nous rejoignons le majestueux Orénoque. Sur la fin de notre navigation vers l’aval, la forêt rivulaire laisse progressivement place à d’imposants blocs de roche noire.
Nous approchons maintenant une zone de rapides infranchissables et accostons sur une petite plage de sable. Il y a là un petit comité d’accueil avec nos guides pour la journée. Maku sera le nôtre, et Jerry, avec qui je commence à bien rigoler malgré mes limites en anglais, encore une fois mon partenaire.
Nous marchons quelques minutes sur la berge pour rejoindre les embarcations des guides. Il s’agit d’un simple tronc d’arbre évidé, qui prend l’eau de partout et nécessite d’écoper régulièrement. Le petit moteur à l’arrière doit avoir de très nombreuses heures mais nous voilà partis à travers les rapides. Notre guide y fait preuve d’une extrême habilité et il gagne très rapidement notre confiance.
Pour commencer la journée, il rejoint une zone de courants assez rapides entre d’énormes rochers noirs et y attache la pirogue. Jerry en équilibre sur un rocher et moi sur l’embarcation avons chacun un petit courant de moins de 10m de large à travailler. Nous sommes vraiment dans l’inconnu avant notre premier lancer mais sommes équipés comme on nous l’a indiqué : canne puissance 10, soie très plongeante, bas de ligne en acier et tube-fly de fabrication locale montée avec 2 hameçons.
Je lance plein travers et j’ai la sensation que ma mouche n’a pas le temps de descendre avec la force du courant mais dès mon deuxième lancer, j’ai une attaque quasiment en surface d’un poisson qui semble venu de nulle part, fait une chandelle et casse mon fluoro. Je décide donc avant de reprendre la pêche d’équiper mes 2 cannes en 60lbs entre la soie et l’acier, le 30lbs ayant encore une fois montré ses limites. Nous n’aurons pas d’autre touche sur ce spot et j’espère juste ne pas avoir raté « LE » poisson du jour.
Maku nous amène sur un autre spot où, après avoir laissé la pirogue, nous pouvons longer à pied la rive de roches volcaniques et pêcher une succession de petits courants. Par moment, nous apercevons des bancs de petits poissons crever la surface, poursuivis pas les payaras. L’excitation est à son maximum, d’autant plus que je rate 2 autres poissons qui sautent hors de l’eau juste après le ferrage et se décrochent lors de ces spectaculaires chandelles.
La quatrième touche sera la bonne ! Après le ferrage et la chandelle de rigueur, le poisson fonce dans le courant proche et même s’il s’agit d’un poisson modeste, le combat est très violent. Équipé d’une soie de 10 et avec un bas de ligne qui me semble maintenant indestructible, je le ramène assez vite à la berge. Le voilà enfin mon premier « poisson vampire ». Quelle gueule !
Il n’y aura pas d’autre touche sur ce secteur mais très vite, Maku nous fait embarquer sur la pirogue pour rejoindre ce qu’il nous semble comprendre être un de ses meilleurs spots. Il faudra, après avoir échoué l’embarcation sur une plage de sable, marcher à travers une forêt puis traverser une zone couverte de rochers noirs arrondis, hauts de plusieurs mètres au milieu desquels coule quelques filets d’eau. Notre guide, chaussé de tongs saute d’un rocher à l’autre avec agilité et nous essayons de le suivre tant bien que mal.
Nous atteignons après 30min de marche son fameux spot. Nous apercevons régulièrement des gerbes de petits poissons poursuivis par les payaras. Il faut arriver à lancer entre 2 courants violents et laisser descendre le streamer pour être dans la bonne couche d’eau. Ce n’est pas évident à réaliser techniquement mais quasiment chaque passage réussi obtient une touche. Il faut ensuite maîtriser un sacré combattant et arriver à lui faire traverser un fort courant pour le ramener à ses pieds. Finalement, Jerry arrive à échouer son premier poisson vampire après quelques décrochages.
Nous pêchons le spot à tour de rôle et attrapons ainsi plusieurs poissons. C’est avec regret que nous quittons ce lieu un peu magique car il est temps de rejoindre le groupe pour le déjeuner et nous avons une petite heure de marche et de pirogue à accomplir.
Nous retrouvons les autres pêcheurs pour un déjeuner bien appréciable.
Si tout le monde a touché quelques poissons, il semble que le spot de Maku ayant nécessité quelques efforts ait été le plus productif. Il reste peu de temps après le déjeuner car il faut prévoir de rentrer en bateau au camp avant la nuit complète. Nous prendrons encore quelques Payaras pour clôturer cette journée incroyable.
Le retour au camp se déroulera sous une pluie forte alors que l’orage qui menaçait depuis un moment claque au moment du départ et le ciel ne se dégagera que peu avant notre arrivée au camp pour profiter du coucher du soleil.
Nous sommes à la moitié su séjour et les émotions ont déjà été fortes et nombreuses. Il nous reste une journée pour pêcher le Peacock puis 2 jours pour le Payara.
Pour cette dernière journée au Peacock je fais équipe avec Chris. Toujours accompagnés de Rénaldo et Roberto, nous remontons en pirogue le Rio Vichida pendant une bonne heure avant de nous engager dans un bras de rivière totalement calme et qui semble s’enfoncer indéfiniment dans la forêt.
Chris pêche avec élégance le long de la berge, souvent sous la végétation, et capture assez rapidement une dizaine de poissons dont un magnifique spécimen estimé à quinze livres. Il utilise une soie intermédiaire avec une canne pour soie 8 qui maintient ses streamers juste sous la surface.
De mon côté, j’essaye de pêcher différemment. Malgré le fait qu’Alex m’ait prévenu que ce n’était pas la bonne saison pour cela, je consacre une heure à travailler la surface avec différents poppers mais n’obtient encore une fois aucune touche. Avec cette technique j’aurais juste réussi à me faire détruire un leurre le premier jour par un Piranha.
J’essaie aussi de pêcher vers le milieu du lagon avec une soie plongeante mais encore sans succès. Finalement, je rejoins Chris dans la prospection des berges et enchaine rapidement de nombreuses prises. Il y aura même un petit moment de folie lorsqu’en pêchant entres les branches d’un arbre immergé nous prendrons, à deux et sans nous déplacer, une douzaine de butterfly Peacocks. La pêche à vue de poissons repérés est aussi particulièrement excitante et efficace.
Au final, c’est une journée de partage fantastique lors de laquelle nous prenons plus de vingt poissons chacun. Le retour par la rivière s’effectue alors qu’il tombe des trombes d’eau et que nous sommes juste sous l’orage. La foudre tombe à quelques dizaines de mètres de la pirogue nous faisant sursauter mais c’est heureux et trempés jusqu’à l’os, après une telle journée, que nous arrivons au camp. Je remercie Chris, comme chaque soir, de m’avoir embarqué dans une telle aventure.
Les 2 derniers jours sont donc consacrés au Payara. Je suis à nouveau en duo avec Jerry et Macu notre super guide.
Nous avons maintenant une totale confiance en sa dextérité pour franchir les rapides et arrivons même à partager quelques fous rires en mélangeant quelques mots d’anglais, d’espagnol et beaucoup de gestes.
En trois grosses journées au bord de l’eau, nous ne pêchons pas 2 fois le même spot. Le terrain de jeu semble infini et notre guide vénézuélien semble le connaitre comme sa poche.
Nous avons décidé avec Jerry de sauter la pause déjeuner et quelques sandwichs ont été rajoutés dans notre glacière pour profiter au maximum des 2 derniers jours.
Nous prenons régulièrement des poissons et commençons à comprendre certaines clés de cette pêche si particulière. Nos prises sont plus grosses que le premier jour et des poissons de 10 livres nous offrent des combats de folie en plein courant même si nous perdons régulièrement les plus gros.
Encore une fois, l’orage menace en ce milieu d’après-midi quand Macu accoste avec la pirogue en amont d’une île rocheuse. Nous marchons quelques minutes très en surplomb de l’eau avant d’atteindre un lieu où il est possible de descendre au bord de l’eau pour effectuer quelques lancers.
Je décide de faire quelques mètres vers l’amont pour me décaler de Jerry mais me retrouve vite bloqué par des rochers infranchissables. Juste au-dessus de moi, un courant plus calme est alimenté par de l’eau qui sort de sous les rochers. Je ne suis pas spécialiste du Payara mais cette poche d’eau relativement calme et en bordure d’un fort courant m’attire.
Nous ne sommes pas censés pêcher amont mais je décide de tenter ma chance ainsi. Dès que mon streamer touche l’eau après le lancer, je strippe vite pour éviter que ma mouche, qui se déplace donc vers l’aval, ne s’accroche dans les rochers car il me semble malgré l’eau sombre qu’il n’y a pas beaucoup de fond.
Dès le premier passage, la tête d’un énorme Payara crève la surface en attaquant mon leurre. Je ferre immédiatement, probablement trop vite, et rate ce poisson incroyable. Je relance vers la même zone, pensant que je viens de rater le poisson du séjour et anime mon streamer de la même façon lorsque la tête d’un poisson encore plus gros explose la surface. Cette fois, je retarde mon ferrage, attendant que le poisson bascule vers le bas avant de tirer sur la soie et d’amener violemment ma canne en arrière.
Commence alors un combat incroyable, dans des courants violents, avec un poisson qui semble vraiment plus gros que les autres. J’ai dû hurler après l’avoir piqué car Macu et Jerry qui ne pouvaient me voir de leur position sont maintenant à côté de moi et notre guide cherche un accès pour attraper le Payara avec sa pince.
Après plusieurs minutes, j’arrive enfin à amener la bête à portée de Macu mais dès que le guide tend le bras, elle repart d’un rush violent vers le courant principal. Cela se produit trois fois et ce n’est qu’au 4ème essai que la pince se referme sur la mâchoire inférieure de l’énorme Poisson Vampire.
C’est un poisson exceptionnel et le peson intégré à la pince annonce 20 livres !
Ces deux derniers jours de pêche, consacrés au Payara, me font changer d’avis sur la recherche de ce poisson que je trouvais excitante dans un tel décor mais qui me semblait plus mécanique que la traque du Peacock. Je prends de plus en plus de plaisir à lire les veines d’eau pour imaginer où peuvent se tenir les prédateurs et varie, parfois avec succès, l’animation de mes streamers pour déclencher les attaques.
C’est encore une fois sous un déluge d’eau que nous rejoignons le groupe pour rentrer au camp. C’est notre dernière nuit dans la forêt tropicale et l’heure est au bilan.
La pêche aura été excellente pour les 6 moucheurs. On peut espérer prendre une vingtaine de Peacock par jour avec quelques gros spécimens approchant les 20 livres. Pour le Payara, il me semble que de pêcher des secteurs difficiles d’accès et de changer souvent de lieux est un plus. Il est possible de prendre une petite dizaine de poissons par jour et d’avoir plus de touches. Les décrochages dans les courants violents sont nombreux. La plupart des prises pèsent entre 6 et 8 livres avec quelques poissons de plus de 10 livres et la barre mythique des 20 livres peut donc être accessible.
Les poissons recherchés lors de ce séjour sont uniquement le Payara et le Peacock Bass mais quelques prises involontaires peuvent arriver :
Le retour du camp vers Bogota, en bateau pendant quelques heures puis en avion se déroule encore avec une organisation sans faille. Le vol domestique est le dernier moment partagé par tout le groupe et aucun de nous n’envisage de ne pas revenir un jour en ces lieux magiques…
Capt Alex Zapata
Flats fishing guide
IFFF certified fly casting instructor
Miami, Everglades and the keys
(786) 317-4733
www.silverkingcharters.com
silverkingcharters@yahoo.com
Facebook : @silverkingcharters
Instagram : @silverking_charters_
En 2022, l'entreprise nippone Shimano revient sur le devant de la scène mouche avec 2 séries de cannes à prix contenus, les Biocraft XTC à moins de 200 euros et les Biocraft XR autour des 300 euros. Focus sur la première représentante de la deuxième série citée :
Le protocole Common Cents System a permis de caractériser la puissance et l'action de cette canne :
En ce qui concerne la puissance, 30 cents ont été nécessaires pour plier la 7'6 sur un tiers de sa longueur. Après conversion, cela donne un ERN à 3.42 et donc une puissance réelle #3, conforme à la puissance annoncée.
Au niveau de l'action, l'AA à 63° la classe dans la catégorie moderate fast.
Niveau montage, le fabricant a clairement privilégié l'esthétisme sans rechercher l'ultra-light à tout prix, comme en atteste le porte-moulinet en bois.
Sa conception 3 brins lui permet de décupler le confort de pêche. Ainsi son PTE est 15 gr inférieur à celui de la Redington Hydrogen 7'6 #3, pourtant plus onéreuse. L'équilibre est excellent, on choisira un moulinet d'environ 50 gr pour l'équilibrer.
Côté finitions, on retrouve un accroche-mouche.
Avec sa longueur de 7'6, cette canne se destine clairement à la pêche en sèche en petites rivières où elle propulsera efficacement une WF3 en douceur avec son action moderate fast (contrairement à la technique du lancer italien TLT dont les cannes adaptées sont beaucoup plus puissantes et fast). Avec cette Biocraft XR, ce sera douceur dans la gestuelle, au poser et lors du combat ! En effet, son action moderate fast garantit une tenue de poisson exemplaire et un nombre de décroches très limité.
Pour les aficionados de la marque, voici une petite canne sèche cohérente au look original et bénéficiant d'un bon rapport qualité/prix !
Le protocole de test des cannes à mouche
Bien choisir sa canne sèche / nymphe à vue
Les cannes Shimano Biocraft en ligne :

En février 2022, nous discutions avec Laurent Garmendia, directeur de la FDAAPPMA09 sur la thématique de l'halieutisme en Pyrénées. A cette occasion, Laurent a fait référence à ce qu'il appelle la communication marketing de certaines FDAAPPMA, qui consiste à adopter des mesures de réglementation pêche à la mode en grande pompe, sans réel étayage scientifique... Presque un an plus tard, le propos prend tout son sens...
Le week-end dernier n'a pas seulement été marqué par l'apothéose d'une coupe du monde de football pas très éthique, c'est aussi le moment qu'a choisi la FDAAPPMA 07 pour annoncer ses nouvelles mesures phare de réglementation pêche émanant des AAPPMA du territoire. Citons le texte précisément pour partir sur de bonnes bases :
"La pêche en première catégorie se pratiquera exclusivement au moyen d'hameçons simples sans ardillon.
Le quota de salmonidés quant à lui passe à 3 poissons par jour et par pêcheur dans tout le département.
Les populations piscicoles subissent les effets du bouleversement climatique depuis quelques années. Les crues dévastatrices succèdent aux sécheresses répétées [...]. Nous avons la chance de posséder encore des populations de truites sauvages remarquables. C'est la volonté de préservation des souches endémiques qui a conduit les AAPPMA à prendre cette décision exemplaire lors de l'assemblée générale de la fédération."
En caricaturant, ça donne donc :
"nos truites dérouillent avec ce climat qui part en sucette, donc on réagit en interdisant l'ardillon et en limitant le quota à 3"... pas mal non ?
Les réactions sur les réseaux sociaux ne se firent évidemment pas attendre : de nombreux pêcheurs, conquis et débordants d'enthousiasme, prophétisent désormais un avenir radieux à l'Ardèche (qualifiée par les plus optimistes de "futur Eldorado du tourisme pêche"... rien que ça ! pas sûr qu'ils aient lu le résumé du dernier rapport du GIEC), pendant que d'autres interpellaient tout de go leurs propres FDAAPPMA, enkylosées dans un immobilisme désormais scandaleux :
"Et chez nous, on fait quoi les gars? Prenez-en de la graine un peu !"...
Tenez vous bien, ces injonctions ont même concerné des départements comme celui des Hautes-Alpes, pourtant pas réputé pour ses rivières pelées et son contexte local moribond... mais que voulez-vous, c'est désormais la nouvelle norme : il faut "faire quelque chose", "faire bouger les choses".
Pourquoi ? sur la base de quel diagnostic ? dans quel but ? avec quels leviers efficaces ?
Tout cela reste souvent de l'ordre du nébuleux, quand on ne mélange pas tout et n'importe quoi. Et c'est précisément ce qui s'est produit ici : nous sommes repartis pour un énième tour de piste en matière de confusion entre halieutisme et conservation de l'espèce.
Pour rappel, la réglementation a pour vocation, en fonction de sa nature, à favoriser certaines pratiques de la pêche à la ligne, dont les 2 extrêmes : pêche panier avec maille "basse" qui va tendre à diminuer la taille moyenne des truites VS pêche de beaux poissons en no-kill, seul levier réglementaire potentiellement efficace pour décupler la taille moyenne des poissons. Point.
Jamais la pêche à la ligne n'a influé sur la pérennité d'une population de truite. Seuls des paramètres environnementaux en sont capables.
Si l'amalgame entre halieutisme et conservation est légion chez de nombreux pêcheurs et élus, il est plus grave et inquiétant de voir que certains personnels techniques des instances laissent passer cela. Sciemment ou pas ? Chacun aura son avis sur la question, en fonction de sa foi en la nature humaine peut-être... Car surfer sur cette vague est un excellent moyen de rafler tous les suffrages sur les réseaux sociaux, où les avis à l'emporte pièce et les réflexions grossières sont de mise... certaines FD placeraient-elles la biologie après la politique en ce moment ?
En pratique, le réflexe qui consiste à durcir la réglementation pêche lorsqu'on se trouve démuni face à des atteintes environnementales est non seulement inefficace d'un point de vue biologique, mais en plus, il brouille les pistes sur le plan intellectuel : il sous-entend par exemple que la pratique de la pêche participe au déclin des espèces piscicoles, soulage la conscience de certains gestionnaires, décale l'attention sur ces sujets annexes et noie les autres dans un bruit de fond d'hystérie collective qui symbolise la paralysie intellectuelle du moment... Comparez par exemple le nombre de like que récoltent les news sur l'hydroélectricité dans Truites & Cie par rapport aux articles traitant d'un aspect de réglementation pêche... le décalage est ubuesque !
Alors, si l'on se fait l'avocat du diable, certes, d'un point de vue politique, on pourra toujours rétorquer que motiver des troupes dont les rangs s'érodent en suivant les grandes tendances du moment (en plus, pas besoin de se fouler, il suffit de caser quelques mots magiques comme "double-maille" ou "parcours raisonné") est un moyen comme un autre d'agir en faveur du loisir pêche... c'est vrai. Mais je suis sans doute trop cartésien pour me résigner à voir la politique et la communication prendre les rênes de ma passion. Question de sensibilité.
Plus dangereux encore, le passage sur l'ardillon semble également occulter l'influence croissante des mouvements animalistes dont on reparlera prochainement : comment peut-on encore être assez naïf pour croire qu'"améliorer nos pratiques" au sens où nous l'entendons nous, pêcheurs passionnés (la précision est de taille car notre prisme de vision nous leurre souvent sur les attentes du grand public à ce sujet) peut calmer les ardeurs de ces idéologues ? Comment ne pas craindre une récupération de ce genre de mesure ?
Ne pas assumer notre impact nous conduit au chaos. Penser redorer notre blason en rognant sur nos pratiques y concourt également. L'enfer est pavé de bonnes intentions.
D'un point de vue plus philosophique, cette communication s'inscrit pleinement dans la mouvance moderne viande de synthèse/lait de soja. Elle nous éloigne de notre histoire sous l'autel du dogme, de l'idéologie et promeut l'inculture.
A la lecture de cette bafouille, nul doute que Truites & Cie sera encore une fois taxé d'obscurantisme, d'équipe de vieux réac' mangeurs de truites...etc etc autant de sobriquets qui naissent d'une lecture partielle de nos articles et du manichéisme qui règne actuellement dans les débats.
Personne à Truites & Cie n'est défavorable au développement des parcours No-Kill, certains d'entre nous (dont je fais partie) se déplacent même régulièrement sur ce genre de secteur, en Espagne par exemple où ils sont particulièrement longs. Par contre, nous ne croyons pas à la magie, ni au conte de fée : si la graciation systématique permet souvent de ferrer de plus beaux spécimens, en aucun cas elle ne possède les vertus magiques telles que la multiplication de la biomasse qu'on lui attribue souvent.
Non, Truites & Cie ne prône pas de bouffer toutes vos truites et ni d'utiliser des ardillons comme le pensent certains, je crois simplement que nous pêcheurs, n'avons pas besoin de nous étendre sur ces sujets, qu'il serait plus sage d'agir en notre âme et conscience, sans trop ramener sa fraise sur le respect du poisson (notion qui n'a d'ailleurs aucun sens lorsqu'on va l'emmerder pour le remettre à l'eau).
Je relâche mes truites car je n'ai pas envie de les tuer, mais certainement pas pour sauver l'espèce ou encore moins pour faire un cadeau à un autre pêcheur, comme dirait l'autre.
Hydroélectricité, animaliste, adaptation au changement climatique... Quand on voit l'ampleur des chantiers qui passent actuellement sous la majorité des radars et l'absence totale de lobbying efficace du monde de la pêche, il y a de quoi s'insurger face à l'engouement que déclenche une énième fumisterie réglementaire. Une équipe si motivée et dynamique que celle de la FD07 a pourtant toutes les cartes en main pour faire bouger les lignes... à condition de ne pas se tromper de combat !
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