Test : Arcay Otter 10' #6/7, #7 et #7+

Arcay Otter

L'été dernier, la gamme Arcay Otter s'est enrichie de 5 nouvelles références rivière (présentées ici). Nous avions alors évoqué la sortie automnale des modèles lacs... ils sont désormais arrivés ! Toutes en 10', ces nouvelles cannes sont déclinées en 3 puissances différentes (#6/7, #7 et #7+), toujours au prix attractif de 329 euros. En voici les caractéristiques technique :

Matériel

Arcay Otter 10' #6/7

Marque
Arcay
Série
Otter
Longueur
10'
Longueur réelle
306cm
Soie
#6/7
Brins
4
Poids réel
102.00g
Blank
gris
Aspect
Poncé
Anneaux
2 + 10
Type
Monopatte
Premier anneau
49cm
Ligatures
noires
Poignée
26x179mm
Forme
Full Wells
Porte moulinet
aluminium gun metal
Serrage
Uplocking
Insert
carbone
Talon de combat
Oui
Talon de combat
Mousse EVA
Accroche mouche
Oui
Points d'alignement
Non
Packaging
tube cordura compartimenté
PME
220.00g
PTE
322.00g
IP
59
ERN
7.53
AA
66°
Prix à la date de sortie
329.00€
Matériel

Arcay Otter 10' #7

Marque
Arcay
Série
Otter
Longueur
10'
Longueur réelle
306cm
Soie
#7
Brins
4
Poids réel
102.00g
Blank
gris
Aspect
Poncé
Anneaux
2 + 10
Type
Monopatte
Premier anneau
49cm
Ligatures
noires
Poignée
26x179mm
Forme
Full Wells
Porte moulinet
aluminium gun métal
Serrage
Uplocking
Insert
carbone
Talon de combat
Oui
Talon de combat
Mousse EVA
Accroche mouche
Oui
Points d'alignement
Non
Packaging
tube cordura compartimenté
PME
220.00g
PTE
322.00g
IP
64
ERN
8.15
AA
68°
Prix à la date de sortie
329.00€
Matériel

Arcay Otter 10' #7+

Marque
Arcay
Série
Otter
Longueur
10'
Longueur réelle
306cm
Soie
#7+
Brins
4
Poids réel
106.00g
Blank
gris
Aspect
Poncé
Anneaux
2 + 10
Type
Monopatte
Premier anneau
49cm
Ligatures
noires
Poignée
26x179mm
Forme
Full Wells
Porte moulinet
aluminium gun métal
Serrage
Uplocking
Insert
carbone
Talon de combat
Oui
Talon de combat
Mousse EVA
Accroche mouche
Oui
Points d'alignement
Non
Packaging
tube cordura compartimenté
PME
250.00g
PTE
356.00g
IP
71
ERN
8.95
AA
68°
Prix à la date de sortie
329.00€
Texte

DISCUSSION DES MESURES :

Le protocole Common Cents System a permis de caractériser la puissance et l'action de ces 3 cannes :

PUISSANCE

En ce qui concerne la puissance, nous retrouvons le classique décalage entre puissance annoncée et puissance réelle inhérent aux cannes réservoir (la puissance réelle un peu supérieure à celle annoncée permet de lancer efficacement des soies plongeantes tout en respectant la préconisation de numéro du fabricant). La logique est parfaitement respectée pour les 3 modèles : 

  • 59 cents ont été nécessaires pour plier la 10' #6/7 sur un tiers de sa longueur, ce qui donne après conversion un ERN à 7,53 et donc une puissance réelle #7.
  • 64 cents ont été nécessaires pour plier la 10' #7 sur un tiers de sa longueur, ce qui donne après conversion un ERN à 8,15 et donc une puissance réelle #7/8,
  • enfin, 71 cents ont été nécessaires pour plier la 10' #7+ sur un tiers de sa longueur, ce qui donne après conversion un ERN à 8,95 et une puissance réelle #8/9.

ACTION

Au niveau des actions caractérisées par l'Action Angle (AA), l'homogénéité règne puisque les AA sont tous compris entre 66 et 68°. Les actions sont donc fast mais proches de la catégorie moderate fast.

MONTAGE

En ce qui concerne le montage, on retrouve la poignée full wells et un talon de combat, classiques des modèles réservoir.

Côté finitions, on note la présence d'un accroche-mouche.

CONFORT

En matière de confort de pêche, les chiffres sont excellents compte tenu du prix, et c'est là le gros point fort de ces nouveautés Arcay. A titre de comparaison avec des références de longueurs/puissances proches sur le marché :

Les 2 premières s'équilibrent avec un moulinet vide d'environ 170/180gr, la dernière citée avec un modèle d'environ 200gr.

Image
David Arcay
Texte

Les conseils d'utilisation du concepteur David Arcay, champion du monde en titre par équipe et vice champion du monde 2022 individuel :

"La #6/7 est destinée aux soies flottantes de 6 et 7, notamment pour la pêche aux chironomes, nymphes, en sèche et au tandem... elle servira à toutes sortes de pêches de petits poissons avec des soies de 6.

La #7 est la plus polyvalente de la gamme, elle s'adapte à tous les types de soies, aussi bien flottantes que coulantes. Sa spécialité reste le lancer des soies type S1 et S2.

Enfin la 7+ est vraiment plus puissante et adaptée pour pêcher avec des soies plongeantes rapides, type S3, S5 et S7, bien qu'elle se débrouille aussi bien dans des conditions venteuses avec une S2 lorsque plus de puissance est nécessaire.

Ce sont toutes des cannes très confortables en pêche, avec une action puissante, mais douce quand il s'agit de travailler le poisson..."

Image
Arcay Otter
Texte

L'avis de la rédaction :

Ces nouveautés réservoir sont dans la lignée des modèles rivière déjà présentés dans nos colonnes :

Nous passerons rapidement sur les utilisations privilégiées de chaque modèle, David Arcay les détaille dans son commentaire technique. Par contre, nous soulignerons 2 points fort de ces modèles, à savoir, l'action "pas trop rapide", utile à la fois en action de pêche (lors du lancer en particulier) et pour travailler les poissons efficacement une fois ferrés.

Deuxio, le confort de pêche de ces modèles (en particulier obtenu par un excellent équilibre) rivalise (voire supplante !) des références bien plus onéreuses... Ce critère est particulièrement important en lac où la puissance du matériel utilisé peut mettre votre physique à rude épreuve, notamment si vous pratiquez la pêche sur des journées entières.

En somme, ces Otter lac sont des cannes 0 défaut à un rapport qualité/prix parmi les meilleurs du marché !

Texte

LIENS UTILES

Le protocole de test des cannes à mouche

Bien choisir sa canne réservoir

Les cannes Arcay Otter en ligne :

Arcay

Quand de précieux KWh s’évaporent dans les champs de maïs...

culture maïs

En 2018, je démarrais une série d’articles sur l’hydroélectricité et les rivières. Ils devaient successivement évoquer nos besoins en électricité, nos modes de production dont l’hydroélectricité, les impacts sur les cours d’eau des centrales hydroélectriques et enfin les solutions possibles pour rendre cet usage plus compatible avec la biodiversité aquatique... J’étais donc engagé depuis plusieurs mois dans un bilan scientifique des mesures prises au niveau des centrales pour tenter de réduire leurs impacts. J’avais fait le tour des passes à poissons, des grilles limitant la mortalité des poissons dans les turbines, des débits réservés passés en 30 ans de 2,5% du débit moyen des rivières à 10% (avec depuis quelques temps des valeurs allant même jusqu’à 20%), des éclusées pour lesquelles quelques tentatives ponctuelles de mesure de réduction semblaient porter leur fruit...etc. Et puis… l’été 2022 est passé par là...

Texte

Le combo guerre en Ukraine, fermeture du robinet de gaz, centrales nucléaires à l’arrêt et bien sûr absence de précipitations et donc de ressource en eau dans tout le sud de la France ont fini de me convaincre que l’heure n’était pas à l'évocation des tentatives de compromis entre biodiversité et électricité mais dans un besoin d’explications et de dénonciation d’un scandale énergétique et climatique qui n’a que trop duré...

Tout d’abord, un constat : aussi triste que cela puisse paraître à tous ceux qui espéraient que la biodiversité de nos rivières puisse encore avoir un poids dans le rouleau compresseur financier qui déferle sur nous depuis 50 ans, à tous ceux-là dont je faisais partie, je suis au regret de vous dire que les mois à venir et notre pénurie de KWh enverront bien vite balader les « petites » considérations de vie des poissons et autres invertébrés des rivières... Et ce balayage d’un revers de main ne viendra pas uniquement de ceux qui tirent directement des revenus financiers de l’exploitation de la ressource en eau. Il viendra aussi de l’opinion publique. Il sera, et il est d’ailleurs, tellement plus facile d’accuser « des écolos aquatiques », qui, sous prétexte de sauver quelques poissons plombent, par leurs exigences « démesurées » à laisser un peu d’eau dans les rivières, la production des précieux KWh. Vous verrez bien vite que ce sera de la faute de pêcheurs « extrémistes » si on ne produit pas suffisamment d’électricité. N’a-t-on pas d’ailleurs entendu cet été que les feux en Gironde étaient de la faute du manque d’entretien de la forêt, manque d’entretien bien évidemment causé par quelques « écolos » voulant laisser faire la Nature ? (il est vrai qu’une monoculture de résineux à perte de vue plantée sur de la tourbe et des températures de 40 à 50°C sans précipitation ne sont bien évidemment pour rien dans cette catastrophe... parenthèse fermée).

Vous verrez qu’il en sera de même pour les rivières et l’hydroélectricité. Alors, je ne peux bien sûr pas empêcher les raccourcis, les pensées toutes fabriquées et la facilité à trouver des boucs émissaires évidents, mais j’aimerais dans les lignes qui vont suivre, sur la base de véritables éléments chiffrés, dénoncer la plus absurde des politiques agricolo-énergétique qui existe, je veux parler de la maïsiculture du sud-ouest et ses hordes de canons asperseurs arrosant à longueur de journée les précieux grains du « Géant Vert ».

Image
culture maïs
Texte

Le miroir aux alouettes du soutien d'étiage...

En 50 ans, nous sommes passés dans le bassin Adour-Garonne de 120 000 ha irrigués dans les années 1970 à plus de 500 000 ha aujourd’hui. Pour satisfaire les besoins de l’agriculture du sud-ouest, il faut apporter en moins de 4 mois, 800 millions de m3 d’eau aux différentes cultures soit l’équivalent de la consommation de 19 millions de foyers pour la même période. Ce volume d’eau représente 10% de l’ensemble des écoulements sortant du bassin Adour-Garonne-Charente sur 4 mois.

Cela peut donc paraître finalement assez peu sur la base de ces statistiques générales. Mais en fait, là où l’absurdité apparaît et de façon encore plus criante en 2022, c’est lorsque l’on connaît l’origine d’une partie de ces 800 millions de m3 d’eau... En effet, s’il fallait pomper cette eau dans les rivières du sud-ouest et compter sur leur débit « naturel », très vite l’Adour, l’Ariège et peut-être même la Garonne à Toulouse se traverseraient à pied sec. Passe encore que tout le chevelu de ruisseaux des plaines soit totalement assec, personne ne s’en émeut, mais l’Ariège, quand même, cela ferait désordre...

Alors, nous avons inventé un très beau concept : le soutien d’étiage. En voilà un joli terme pour désigner un pillage de la ressource en eau. Car derrière le concept, il y a toute une infrastructure bien pensée. Le principe est très simple : stocker l’eau lorsqu’elle est abondante et la relâcher lorsque les rivières en manquent. L’escroquerie intellectuelle de ce concept vient du fait que sans les prélèvements agricoles, nombre de nos rivières ne manqueraient pas d’eau en été. Mais plutôt que de dire que les lâchers d’eau des lacs de barrage font du soutien à l’irrigation, on préfère dire que l’on fait du soutien de « l’étiage » tout cela pour que les poissons ne meurent pas... Quelle générosité pour la Nature ! Bien évidemment, il s’agit d’un enfumage en règle...

Texte

Du maïs pour quoi faire ?

En France, le maïs occupe environ 3 millions d’hectares, soit 10% de la surface agricole utile (60% dans les Landes) (source : https://www.gnis.fr). La moitié de ces surfaces est occupée par la production de maïs dit « fourrage » encore appelé ensilage destiné à nourrir le bétail surtout pour la production laitière, l’autre moitié par du maïs grains. La part du maïs doux destiné directement à la consommation humaine est infime (0.7% des surfaces). Pratiquement la moitié de la production de maïs grain est exportée vers l’étranger. Ce maïs exporté est très très majoritairement destiné l’alimentation animale puisque en Europe, 80% de ce maïs grain sert à l’alimentation animale (source : https://www.semae-pedagogie.org/sujet/mais-debouches).

Pour les 50% restant en France, un peu plus de 30% sont utilisés pour l’élevage, 17% pour l’industrie de l’amidon et 3% pour fabriquer du bio-éthanol.

Au final donc, plus des ¾ de la production sert à alimenter du bétail... Et la grande surprise est de découvrir sur le site des semenciers que cette culture est "durable, bonne pour la ressource en eau et même pour le climat"… les raccourcis et les mensonges ne font pas peur à ces communicants (pour mieux se rendre compte : https://www.maisculturedurable.com)

Texte

Une perte conséquente pour les milieux aquatiques...

Voilà les chiffres de la Garonne en été 2022 :

J’ai tout simplement additionné les débits mesurés aux stations hydrométriques du bassin en partant successivement du haut de la vallée vers le bas jusqu’à Toulouse. En additionnant donc, semaine par semaine, du 20 juillet au 07 septembre 2022 (soit 50 jours) les volumes d’eau écoulés depuis la Garonne espagnole, la Pique, les Neste, le Salat, l’Ariège et quelques autres affluents, nous aurions dû retrouver environ 275 millions de m3 écoulés à Toulouse. Au lieu de cela, il n’est passé que 196 millions de m3, soit 79 millions « évaporés » ce qui représente 1,6 millions de m3 par jour...

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maïs
Légende
A gauche : somme des volumes d’eau venant des parties amont de la Garonne et de ses affluents (Ariège, Salat, Pique et Neste). A droite : en jaune les volumes réellement écoulés à Toulouse et en rouge ceux qui manquent (©Hydroportail)
Texte

Mais où diable a bien pu passer cette eau ?

En considérant que les 800 000 personnes qui habitent cette partie du bassin de la Garonne consomment de l’eau provenant directement des rivières (ce qui est faux) et qu’en plus aucune partie de ces prélèvements ne reviennent aux cours d’eau (ce qui est faux également sinon il n’y aurait pas de stations d’épuration), on obtient un prélèvement maximal de 3.3 millions de m3 sur la période soit 4% de la disparition d’eau... Même si l’on ajoute des prélèvements industriels, on peine à dépasser les 5 millions de m3 prélevés soit pas plus de 6,5% du total.

Les chiffres sont donc implacables : l’irrigation agricole du haut bassin de la Garonne et de l’Ariège a consommé 70 millions de m3 d’eau en 50 jours !

Donc, même si l’on doit tous faire des efforts, chacun peut ici percevoir que l’enjeu de consommation de l’eau n’est pas dans la fermeture du robinet quand on se brosse les dents, ni même dans les chasses d’eau (même s’il est stupide de mettre de l’eau propre dans ses toilettes), ni même dans le remplissage des piscines (même si là encore il n’est pas vital d’avoir perpétuellement le débordement de la piscine)...

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soutien d'étiage
Légende
L'Ariège (à gauche) et la Garonne à Toulouse (à droite) en pleine période de "soutien d'étiage" (source Météo Pyrénées)
Texte

Des m3 aux Kwh...

Comme pour les consommations d’énergie, nous ne serons jamais économes si nous ne voulons pas regarder les vrais chiffres... Et puis, lorsque l’on sait que tout cette eau prélevée aurait pu passer dans une vingtaine de centrales hydroélectriques réparties sur le cours de la Garonne et de l’Ariège, c’est autant de KWh non produits cet été... Et ce n’est pas une paille. Cela représente une perte de production de 16 millions de KWh soit la consommation de 25 000 foyers pendant ces 50 jours. Et dire que certains voudraient nous construire de nouvelles centrales…

Mais, là où le problème de cette consommation d’eau irraisonnée devient dramatique, c’est lorsque l’on sait d’où vient une grande partie de cette eau...

Pour satisfaire cet appétit hydrique et éviter que la rivière Ariège ne ressemble à un cours d'eau du Sahel (même si l'on n'y loue pas de pédalos comme au lac de Sainte-Croix dans le Verdon qui a fait la une des journaux ces derniers temps...), on fait appel tout l’été à des lâchers d’eau depuis les barrages des Pyrénées. C’est le fameux soutien d’étiage par les lacs de barrage.

Et pas n’importe quels barrages : en grande majorité ceux construits pour stocker l’eau issue de la fonte des neiges de printemps et utiliser cette eau en hiver pour produire quoi… de l’électricité !

Et pas n’importe quelle électricité : la plus précieuse, celle dont on a besoin aux heures de pointe hivernale, celle que l’on produit aussi avec du gaz et qui nous est facturée d’ailleurs au prix fort… du gaz (voir l'article Et au milieu fissionnait l'atome) !

Vous commencez donc à voir où se situe l’aberration et le gaspillage, non seulement de l’eau mais surtout de l’énergie ?

Et que s’est-il passé en 2022 ?

Pour satisfaire sans relâche le « maïs glouton », on a demandé à EDF, moyennant finances bien sûr, de vider, non pas quelques lacs de haute altitude mais la quasi-totalité des réserves pyrénéennes. Bilan en ce début de mois d’octobre, les grands lacs de barrage des Pyrénées sont quasi vides et n’ont plus de réserve...

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Oredon
Légende
Le lac d'Oredon (65) le 03/07/22 en haut vs le 27/08/22 en bas (source Météo Pyrénées)
Texte

C’est donc comme si nous avions fait le plein de gaz au printemps mais qu’au lieu de le conserver cet été pour alimenter nos foyers et nos industries en hiver, on l’avait brûlé pour chauffer des serres et cultiver des tomates ! Et ce n’est pas comme si nous ne savions pas que nous allions avoir un problème d’énergie cet hiver. La pénurie de gaz menaçant, avec quoi pensions-nous produire de l’électricité en pointe lorsque nous dilapidions nos réserves cette été ? Peut-être du charbon…

Cette situation absurde est à l’image de notre totale incapacité à faire des choix. Notre vision techno-centrée basée sur des ressources illimitées nous conduit dans le mur mais en plus nous appuyons sur l’accélérateur.

Car au final, cet été, non seulement les rivières des Pyrénées ont atteint des débits quasiment jamais vus, la biodiversité aquatique en a souffert (même si ce n’est pas aujourd’hui le plus grave pour la majorité des Français) mais en plus, nous avons laissé sciemment des rampes d’arrosage dilapider nos KWh d’électricité...

Et demain, vous devrez mettre un couvercle sur vos casseroles et laisser tomber la cravate pour le pull à col roulé. Notre cerveau de primate est-il aussi brillant que nous voulons bien le croire ? 

Et bien sûr, tout cela a un coût financier. Non seulement nous devrons payer au prix fort l’électricité qui nous manquera peut-être en hiver mais l’eau qui s’évapore au-dessus des champs de maïs, qui la paie ? Et bien nous tous, les contribuables et les buveurs d’eau du robinet !

Oui cette politique agricole imbécile et criminelle est en plus ultra subventionnée par nos taxes et nos impôts.

Alors évidemment, je vois d’ici ceux qui me feront une superbe démonstration pour vanter les immenses retombées économiques de ce modèle agricole. Ceux qui me diront que sans maïs, pas d’alimentation des animaux et autres produits dérivés. A ceux-là, je leur dirai simplement que lorsque l’on doit injecter 5 KWh d’énergie pour récolter 1 KWh d’équivalent énergétique en alimentation (le tout en rejetant du CO2), il n’y a aucune démonstration économique qui vaille.

Dernier point très important, les agriculteurs et autres ingénieurs agronomes ayant mis en œuvre ou pensé ce modèle ne sont pas les seuls responsables. Chaque fois que nous consommons de la viande issue d’élevage intensif et d’autres produits agro-industriels, chaque fois que nous pénétrons dans un supermarché ou dans un fast-food, nous participons très très activement à cet immense gaspillage. Ne l’oublions jamais quand nous étouffons sous la chaleur estivale ou que peut-être lorsque nous grelotterons dans nos chaumières cet hiver.

Alors oui, l’arrosage estival des golfs est aussi une hérésie mais est-ce vraiment la seule ?

Texte

Isolez-vous qu’ils disaient...

A l’heure de la pénurie d’électricité qui menace, plus que jamais, le credo des pouvoirs publics est l’isolation des bâtiments et surtout de nos maisons. Nos pavillons sont montrés du doigt et nous sommes sommés de faire quelque chose. Alors oui, beaucoup reste à faire pour atteindre les fameux 50 KWh/m² et par an de consommation dans nos logements et il faut probablement s'y coller. Mais que dire des 700 à 800 KWh/m² et par an de tous les centres commerciaux. Où sont les injonctions d’isolation pour ces gouffres énergétiques ?

Levez un jour les yeux dans votre supermarché et vous verrez de simples tôles qui font office de toit. Nos 68 millions de m² de centres commerciaux en tout genre consomment plus de 55 TWh (13% de notre consommation totale, 1/3 de la consommation des ménages) soit l’équivalent de 82% de la production hydroélectrique, de 7 réacteurs nucléaires ou de 5 000 éoliennes.

A quand des obligations pour ces temples de l’ultra-consommation ?

Image
Izourt
Légende
Le barrage d'Izourt (09) début juillet 2022 vs début août 2022 (source Météo Pyrénées)
Texte

Tout le monde n'est pas logé à la même enseigne...

Sur la rivière Touyre dans le piémont de l’Ariège, nous avons assisté cet été à une belle illustration des incohérences de gestion de l’eau :

A 17 km des sources dans la traversée de Lavelanet, la rivière s'est maintenue à des débits d'environ 150 l/s ce qui représente déjà 5 fois moins de débit par rapport aux écoulements moyens de cette période...

5 km en dessous, les débits sont descendus, début août jusqu’à 20 l/s soit un filet d’eau au milieu des galets de cette rivière.

Entre les deux, pas de pertes naturelles, non, juste des pompages dans la nappe alluviale. D’ailleurs, à la mi-août dès l’arrêt de la majorité des prélèvements, les débits sont comme par enchantement remontés. Entre temps, en amont, un pisciculteur très scrupuleux a tenu de son propre chef à réduire son prélèvement de 100 l/s à 15 l/s tout en recyclant au maximum l’eau dans ses bassins… pendant que d'autres se gavaient en toute impunité un peu plus bas !

Tout le monde n’a décidément pas la même vision du partage de la ressource et de la préservation d’un minimum de biodiversité aquatique...

Débits du Touyre à Lavelanet et Léran en août 2022 (données Hydroportail)
Débits du Touyre à Lavelanet et Léran en août 2022             
                       (données Hydroportail)

 

La pêche du brochet à la mouche en automne

pêche mouche brochet

L’automne est à mon sens la saison la plus attendue des pêcheurs de carnassiers. En tout cas, elle l’est pour moi. Elle est très semblable à la pêche de printemps en termes d’activité, de quantité de touches et de possibilités de capturer un gros brochet. Les postes de chasse sont en pleine évolution dans le sens inverse du printemps. La végétation diminue ce qui est un avantage pour nous. Je vais vous donner quelques conseils pour cette belle saison haute en couleurs...

Texte

Après l’été caniculaire qui a persisté cette année sur l’ensemble de la France, bon nombre de milieux sont encore fortement impactés par des niveaux d’eau très bas... pire encore, certains cours d’eau et eaux closes sont toujours en assec... Après cette catastrophe encore bien visible qui a impacté durablement les milieux aquatiques, il est important de pratiquer une pêche responsable. Laissons les rivières et étangs qui ont été touchés jusqu’à un retour des niveaux d’eau normaux afin d’assurer un maximum de chances à ces poissons de s’en remettre correctement. Toutefois, beaucoup de milieux, principalement de grandes rivières, fleuves, étangs ou lacs profonds, ont été bien moins concernés. C’est sur ces endroits-là que nous devons nous concentrer en attendant des jours meilleurs pour nos milieux aquatiques déjà si fragiles...

La diminution de la durée d’ensoleillement, de la température (qui se rapproche du preferendum de l'espèce) et les changements du milieu aquatique qui en découlent mettent en appétit les brochets. La diversité des proies potentielles ne va pas jouer en notre faveur. Le choix du coloris se fera toujours de la même façon, mais c’est surtout sur la taille et la vitesse que ça se complique : sont-ils sur des petites proies ? ou sur des proies de tailles moyennes ou grosses ?

Pour compliquer le tout, le comportement des brochets à cette saison est très changeant, et ce sur une même journée... Il ne faut pas rester sur la pêche que l’on a trouvée si d’un coup tout s’arrête... Souvent le changement dans l’animation, le coloris ou la taille vous fera retrouver des touches régulières...

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pêche mouche brochet
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Les eaux courantes

Au début de l’automne les premières baisses de température vont mettre en activité les brochets qui vont retrouver une température d’eau plus optimale avec un taux d’oxygène dissous un peu plus important. Les herbiers encore bien nombreux offrent toujours une multitude de postes, mais à cette saison il est courant de faire bouger plusieurs brochets sur une zone très réduite.

Les bordures buissonnantes attirent les chevesnes qui attendent patiemment que des baies tombent dans l’eau. Les gros brochets ne seront pas loin de ces zones que les chevesnes affectionnent chaque année.

Un peu plus tard, lorsque les vraies premières pluies seront tombées, les rivières verront leur débit monter plus ou moins. Si la quantité d’eau tombée a été assez conséquente pour brasser le fond de la rivière par l’augmentation du débit, la pêche peut être très dure sur la première montée. Mais elle sera en générale très bonne sur les montées d’eau suivantes.

La première montée d’eau déplace tout ce qui a pu se déposer durant les mois précédents. Les premiers herbiers se détachent, le nombre de particules en suspension est important et la rivière charrie beaucoup de débris de toutes tailles. A mon sens cela perturbe, sur une courte durée, les poissons qui s'étaient habitués à des eaux plus claires, et plus calmes. Ils perdent leurs repères, doivent changer leurs habitudes, voire même leurs postes.

Plus tard dans la saison, les brochets se trouvent plus régulièrement sur les bordures. Le courant y est moins fort. C’est aussi là que les herbiers persistent le plus longtemps. On pourrait utiliser une soie flottante tant que l’eau n'est pas encore trop froide. Mais je préfère utiliser une soie de type intermédiaire voire plongeante, de type S3, pour avoir un meilleur contrôle de la soie dans le courant. La finesse et la densité d’une soie plongeante font qu’elle se fera moins balayer par le courant. Cela vous évitera qu’un ventre trop important se crée sur la soie. Plus vous aurez de ventre dans la soie, moins les attaques seront perceptibles et moins vos ferrages seront efficaces.

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pêche mouche brochet
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Les eaux closes

Tout comme en rivière, la baisse des températures influe sur leur comportement. Les brochets vont quitter leurs zones profondes pour aller s’embusquer sur les hauts fonds ou près des bordures. Au début de l’automne les herbiers seront encore très denses... Il sera très intéressant de faire évoluer le streamer le long de la limite des herbiers où les accroches sont limitées, aussi votre streamer sera constamment repérable par les brochets.

Les cassures sans herbiers proches des plateaux peu profonds sont également à prospecter. Le brochet n’a pas forcément besoin d’herbiers ou de bois mort pour se mettre en embuscade. Une simple déclinaison du fond, un creux sur un fond plat, un rocher... tout ce qui lui permet de se confondre dans son environnement lui convient. La forme de son corps ainsi que sa robe font de lui un poisson mimétique, il n’a pas besoin de grand chose pour se camoufler. Il est possible d’utiliser la soie flottante tant que les plateaux ne se trouvent pas trop profonds. La soie intermédiaire sera bien plus adaptée pour faire évoluer votre streamer dans 1.5 à 2m d’eau. L’utilisation d’une soie plongeante de type S3 peut être envisagée pour des pêches plus rapides : gain de temps à l’immersion, ou pour pêcher un peu plus creux, 2 à 3m de profondeur.

Un peu plus tard dans l’automne, les herbiers auront bien diminué. Leur densité sera bien plus faible et ils seront plus disparates dans la couche d’eau. Il sera plus facile de faire nager le streamer entre les touffes d’herbiers. Les bois morts ou les arbres de bordure offrent à cette saison des postes de choix. Les brochets y trouvent non seulement leur garde-manger, mais aussi leurs zones de repos.

En longeant ces structures, vous ne mettrez pas longtemps à voir un brochet venir se saisir de votre streamer. Lors de cette période de refroidissement, les premiers rassemblements de poissons blancs commencent à se former. Que ce soit près des bordures ou en pleine eau, les poissons blancs ne sont pas encore très profonds. Si vous souhaitez pêcher la pleine eau sans attendre plusieurs dizaines de secondes que votre streamer atteigne une grande profondeur, c’est le moment de s’y consacrer. Je vous conseille de pêcher des zones comprises entre 4 et 8m de profondeur. Laissez descendre votre streamer à 2 ou 3 mètres sous la surface. Les brochets, s'ils sont actifs, ne dédaigneront pas se déplacer de plusieurs mètres pour attaquer votre streamer...

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pêche mouche brochet
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Animation

En cette saison automnale, le comportement des brochets est très souvent changeant, même s'ils sont là pour manger, faire des réserves en vue de l’hiver et commencer la saison de reproduction au meilleur de leur forme. Il faut très souvent changer la vitesse de récupération dans une même journée, voire la profondeur de nage. Les animations agressives ont ma préférence tant que l’eau n’est pas trop froide, comme ça peut être le cas suivant où l'on se trouve en France, ou à l’étranger, en fin d’automne.

Que ce soit en stripping ou en roly poly, une récupération assez rapide déclenche bien souvent les attaques. Si vous n'enregistrez aucune attaque, ralentissez votre animation, ou augmentez le temps de pause. Mais gardez à l’esprit que le changement est souvent la clef de la réussite à cette période...

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pêche mouche brochet
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Le choix des streamers

Au début de l’automne il est tout à fait possible de pratiquer les pêches de surface comme en été, mais cette fois-ci vous pourrez le faire tout au long de la journée, avec une imitation de rongeur, un popper, un diver ou un streamer qui nage juste sous la pellicule. Si vous êtes un adepte de ces pêches de surface, sachez en profiter, cela risque de ne pas durer : les streamers classiques vous apporteront plus d’attaques que les streamers de surface et seront plus efficaces au fur et à mesure que l’on avance dans l’arrière-saison...

La taille

L’automne est la période où le nombre de poissons blancs est le plus important. Si l’été n’a pas été meurtrier pour le milieu aquatique, toutes les tailles sont présentes en nombre. Les brochets ont le choix. Là aussi, il vous faudra trouver la taille du moment qui le séduit. Personnellement je trouve toutefois que ce paramètre est moins important que l’animation. Sauf bien sûr à la fin de l’automne, où les températures plus basses vont calmer les brochets qui seront d'avantage réactifs aux grosses proies...

La couleur

Pour ce qui est du choix du coloris, j’aime particulièrement les teintes chaudes pour le début de l’automne, comme le doré mélangé à de l’olive, du brun, camel, ou bronze. Le coloris perche est aussi très bon. Les perches retrouvent elles aussi un regain d’activité qui leur fait perdre leur méfiance. En plus de la compétition alimentaire, les brochets savent en profiter...

Si les eaux sont très claires, le classique dos olive ventre blanc ou a contrario un fire tiger peut se montrer très efficace. Lorsque les eaux se teintent avec les pluies automnales, les coloris flashy sont très prenants, comme le chartreux, le fire tiger, ou encore le rouge et l’orange. Un autre coloris auquel on ne pense pas forcément, à utiliser lorsque les eaux sont chargées est le noir. C’est pourtant un très bon coloris ! Il n’y a qu’à raisonner avec le mimétisme des poissons. Ils ont bien souvent des robes de couleurs claires et pâles ce qui leur permet de se confondre dans leur environnement. Le noir va donc à l’encontre du mimétisme, il imite un poisson malade et/ou aveugle qui ne peut plus modifier la teinte de son corps afin de se camoufler, cela le rend plus visible dans l’eau, ce qui est une aide visuelle pour les brochets lors de l’attaque.

Autre point important, le noir est très peu utilisé, les brochets ne sont pas éduqués à cette couleur. Dès lors que la température de l’eau commence à se rafraîchir vers la fin de l’automne et que les eaux s’éclaircissent, je passe sur des teintes froides, comme le bleu et le rose associés à du blanc, ce sont bien souvent des combos gagnants...

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pêche mouche brochet
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