3 rivières des Pyrénées centrales pour bien débuter la saison

pêche truite Pyrénées

Pour notre traditionnel article "coin de pêche de début de saison", nous avons jeté notre dévolu sur 3 rivières moyennes des Pyrénées Centrales aux cadres champêtres et peuplées de poissons sauvages typiques. Nos auteurs Lionel Ainard et Christian Guimonnet se chargeront de vous donner quelques tuyaux pratiques sur la pêche, tandis que le descriptif scientifique sera assuré par les directeurs des fédérations de pêche des 3 départements concernés...rien que ça! bonne lecture!

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Garbet
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Le Garbet (09)

La rivière de coeur de Christian Guimonnet

Ahhhh...le Garbet!

Ecrire dans un média à propos d’une rivière sur laquelle l’on à appris à pêcher me place dans une position délicate.

Hormis la crainte d’expédier des hordes de confrères sur l’une de mes rivières de coeur, je suis aussi partagé à l’idée de survendre la chose et de finir par manquer de sens critique.

C’est donc sous la torture que l’Oberstrumphfürer Scodavolpe m’a convaincu d’écrire ces quelques lignes et, en ayant accepté l’augure, je ferais donc de mon mieux pour vous présenter ce célèbre cours d’eau Ariégeois, joyaux du Royaume de l’”Ariéghistan”...aussi appelé le Couserans!

Le Garbet est l’exemple type de la rivière moyenne selon mes critères, la taille idéale disons... Dans sa partie médiane, sa largeur varie de 6m à 15m à son débit moyen. Il prend sa source à l’Etang du Garbet aux alentours de 1700m d’altitude et se jette rive droite du Salat à Vic d’Oust (Alt. 490m) et son cours total fait 25km.

Le Garbet s’épanouit au travers d’une vallée dégagée et très facile d’accès surtout dans sa partie médiane.

Ses eaux sont d’une énigmatique limpidité et son remarquable lit de galet qui est un régal pour la vue optimise la reproduction des truites. Rajoutez à cela un cadre bucolique et verdoyant ainsi que des parcours très variés et vous comprendrez pourquoi le Garbet demeure sur le plan esthétique tout du moins, la plus belle rivière Ariégeoise et probablement aussi l’une des plus séduisantes de la chaîne pyrénéenne.

Pour toutes ces raisons il est attribué au Garbet une statut de légende.

Or, comme vous  pouvez l’imaginer les légendes passent difficilement l’épreuve du temps...

Jadis cette cette rivière produisait des densités de truite record, où dans quelques gouffres vivaient des truites énormes (on parle d’une truite de 5,6kg prise à la mouche naturelle fin des années 70 !!!) et ou les spécimens de 35 à 40 cm étaient monnaie courante les jours fastes… Je n’ai pas connu cette époque, mais c’est bel et bien ce que raconte la légende.

Hélas, vous vous en doutez, ce temps là est bel et bien révolu.

Je crains bien que le changement climatique (surtout les étés caniculaires) ait altéré son débit moyen de façon très significative. J’y ai vu décliner de façon drastique les populations d’insectes sur ces vingt dernières années, ce qui impacte aussi le cheptel piscicole.

Bien sûr, on y prend encore quelques truites et le Garbet reste à ce jour relativement poissonneux mais il est délicat à pêcher, difficile et particulièrement capricieux (...ceci dit il l’a toujours été).

Pour parler de la pêche en début de saison puisque c’est l’objet de cet article, le Garbet me semble intéressant en Mars et Avril pour la pêche en mouche sèche, il existe toujours un créneau judicieux avant la fonte des neiges qui, bon an, mal an, vient perturber le débit aux environ de la deuxième semaine d’Avril.

Vous pouvez y espérer de belles émergences de March Brown ainsi que des Baetis de façon plutôt régulière et, si elles y sont disposées, les truites peuvent gober franchement, même en pêchant l’eau, quoique cela ne dure jamais bien longtemps en cette saison. Comme partout, il faudra privilégier “le coup de midi”.

Essayez d’éviter les journées trop claires avec un fort vent du sud (d’Autan), vous y auriez sans doute l’impression qu’aucun être vivant ne se cache dans cette rivière. En revanche un temps stable, gris et humide est plutôt de bonne augure, surtout s’il neige.

Halieutiquement, on peut le diviser en 3 parties distinctes :

  1. la partie aval qui va du hameau de La Comanie jusqu’à sa confluence avec le Salat. Ici le Garbet est puissant et majestueux, gros cailloux, quelques lisses et chaussées, on est vraiment sur de la belle rivière, mais la densité de truite me semble vaciller depuis bon nombre d’années. Ceci dit on peut y prendre encore quelques truites (taille moyenne 22/28cm)... les bons jours!
  2. la partie médiane que je considère des abords immédiats du centre de vacances de Aulus-les-Bains jusqu’au No Kill de la Comanie. C’est la zone le plus technique à pêcher. Ici on est surtout sur de la belle plage rapide, en général peu profonde. Beaucoup de pêche de radiers et de bordures où les truites sont particulièrement éduquées. Le linéaire est assez vaste et ce sont aussi les parcours les plus pêchés. Les truites sont pathologiquement fuyantes, il faut soigner son approche. Si les truites peuvent se montrer délicates sur le choix de la mouche en début de saison, ce n’est rien comparé à ce qui vous attend si vous y revenez l’été...vous voilà prévenus (taille moyenne: 18/26 cm)
  3. la partie amont commence dès Aulus-les-Bains et se termine halieutiquement sur le Plateau d’Agnesserre (alt 1100m) qui est en No-Kill. Ici le Garbet n’est qu’un torrent rapide, mais pour celui qui aime un cadre montagnard et qui n’a pas peur de se confronter à des poissons modestes, le NK du plateau d’Agnesserre est vraiment sympa à pêcher. Son seul défaut est que la zone à exploiter est très courte car assez rapidement le torrent se divise en plusieurs parties à mesure que l’on progresse vers l’amont et devient vite impêchable à la mouche. En compensation, malgré une toute petite micro-centrale plantée en plein milieu du parcours on pêche dans un site grandiose!!! ...mais les poissons sont petits (taille moyenne: 14/21cm)… il m’est arrivé d’y prendre une paire de truites autour de 25 cm mais c’est (...c’était??) vraiment très rare.

Le Garbet est en gestion patrimoniale et conserve une qualité de poisson typique de la vallée. Pour les pêcheurs de ma sensibilité ce dernier point allié à l’esthétique des lieux compense la difficulté de la pêche et les faibles “scores” en matière de nombre de prises.

Autrement dit... c’est dur, mais c’est beau!

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Le Garbet
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Le mot de la Fédé, par Laurent Garmendia (directeur de la FDAAPPMA09)

Le Garbet est l’archétype de LA rivière à truite fario des Pyrénées. Localisé dans une vallée très arrosée (1680mm / an à Aulus les Bains), ce torrent a longtemps bénéficié de conditions climatiques d’exception pour les truites : un confortable stock de neige, une stabilité hydrologique hivernale favorisant d’excellentes reproductions et surtout une hydrologie estivale conséquente offrant de nombreux m² d’habitat pour les adultes de truites. Tout cela fournissant un paradis thermique pour les fario avec des températures moyennes des 30 jours consécutifs les plus chaud autour de 15°c. Evidemment ces attributs ont permis le développement de l’hydroélectricité avec notamment 2 centrales aux linéaires en débit réservé conséquent.

Aujourd’hui, le Garbet n’échappe pas à la règle des évolutions climatiques : stock de neige à la baisse, fonte des neiges plus précoce et rapide, étiages moins soutenus voire critique comme en 2022, et surtout apparition de violents coups de tabacs comme en 2017 avec une lave torrentielle ayant détruit la haute vallée.

Sur le plan thermique, avec l’apparition d’étiages sévères, on note une évolution avec des valeurs moyennes des 30 jours consécutifs les plus chaud proches désormais de 16.5/17°c. Une marge est encore présente pour nos truites mais attention…

En dépit de ces changements parfois brutaux, le Garbet conserve encore de belles populations de poissons, d’abord sur sa haute vallée avec le plateau d’Agneserre qui présente la particularité de recenser avec les truites une rare (1100 m d’altitude) et sublime population de chabots.  Sur ce plateau apparait la première mirco-centrale ; ce qui nous importe ici c’est la valeur de son débit réservé non pas à 10% du module mais à 22% fruit d’un travail collectif pour l’adéquation entre la production d’énergie et les milieux.

Le Garbet est en gestion patrimoniale depuis les années 90 sous l’impulsion de l’AAPPMA d’Aulus les Bains rejointe ensuite par celle de Seix au milieu des années 2000, les études génétiques sur tout le bassin ont montré sur l’axe Garbet une souche sauvage conservée à hauteur de 98.5% (amont) et 93.5% (proche de la confluence Salat). Le morphotype classique du Garbet :

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truite garbet
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97% des truites ont des ocelles marquées, 100% ont des franches noires et blanches, 94% ont une adipeuse avec une frange rouge et 100% ont une tache operculaire.

Au plan quantitatif, les étiages très sévères, comme 2022, impactent durement la population mais la truite fario a une telle capacité à reconstruire ses stocks que 2 ou 3 années à l’hydrologie favorable suffisent à la reconstituer.

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Garbet
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Station de la réserve du village d’Aulus- les-Bains
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Que ce soit sur un parcours en réserve depuis des dizaines d’année ou sur un parcours à prélèvement, le Garbet n’échappe pas au constat de la quasi-disparition des truites les plus âgées (dans la réserve, en 2025, taille max 28 cm vs 35 cm en 2001).

Si la biomasse diminue avec la disparition des plus gros sujets, le Garbet conserve encore une sacrée capacité à produire de la truite fario sauvage avec des scores récents de 600 truites / 100m et 8-10m de large:

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Garbet
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Station de suivi sur le Garbet médian (taille max 30 cm)
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Ici, pas de bidouillage de gestion avec des truites de 65cm à 1000m d’altitude, la rivière produit ce qu’elle peut : des truites en abondance selon les années, pas très grosses, entièrement sauvages, farouches à souhait, dans un environnement préservé.

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Le Ger (31)

Déambulations sur les berges du Ger, par Lionel Ainard

À travers mon témoignage de pêcheur à la mouche, je souhaite vous faire découvrir cette petite rivière des Pyrénées, idéale pour débuter cette nouvelle saison de pêche en première catégorie. Généralement, les conditions y sont favorables pour tenter de capturer quelques poissons dès l’ouverture. Néanmoins, avec les caprices dus au réchauffement climatique, il nous faudra rester très attentifs aux conditions.

Le Ger a toujours occupé une place de choix parmi les rivières les plus prisées pour la pêche au toc. Cette renommée est étroitement liée à celle de Léon Foch, figure emblématique de cette technique. Depuis son petit affluent encombré, le Rossignol, il est facile, avec un peu d’imagination, de revoir le jeune Léon réciter sur le bout des doigts son fameux “ruisseau alphabet” qu’il a si bien décrit dans son magnifique ouvrage “L’art de pêcher la truite”. La capacité à interpréter une partition de pêche à la mouche ou au toc constitue un indicateur clé de la maîtrise technique.

Les berges que je vous incite à découvrir ici ne sont pas seulement une description de parcours de pêche mais vous invitent, par leur vécu, à une méditation halieutique.

Soyons réalistes, le Ger d’aujourd’hui n’a certainement plus rien à voir avec celui que Léon Foch a décrit dans ses ouvrages, où la densité de truites semblait énorme et la pression de pêche bien faible. À l’époque, les tailles légales pour les salmonidés étaient absentes ou très basses. Beaucoup d’eau a coulé depuis, et la pression humaine ainsi que le bouleversement climatique n’ont pas favorisé ces milieux fragiles ; néanmoins, il est encore possible d’y toucher quelques belles truites.

Sur l’ensemble de son cours, le Ger reste une rivière relativement capricieuse où le choix du parcours en fonction des conditions détermine la réussite de la pêche. Si les populations de truites restent relativement correctes, il n’en demeure pas moins capital de bien choisir son parcours selon les niveaux et la météo. C’est surtout la pression de pêche en période d’ouverture qui limite les possibilités et la qualité de la pêche, car les salmonidés y sont constamment dérangés. Le Ger présente des profils très variés entre son aval et ses sources, toutes les techniques de pêche à la mouche y sont envisageables.

Par ailleurs, il est également préférable de s’éloigner des parcours bénéficiant de lâchers de truites d’élevage. Ces secteurs attirent de nombreux pêcheurs, ce qui accentue encore la pression et nuit à la quiétude des berges.

Partons donc découvrir cette belle rivière en débutant par l’aval, je procéderai par tronçons en essayant de vous décrire le profil et les techniques que nous privilégierons afin de prospecter le plus justement. Le Ger est classé sur tout son parcours en 1ère catégorie et compte plusieurs secteurs avec une taille réglementaire différente. Je ne rentrerai pas dans les détails de la réglementation, le guide de la fédération 31 est bien explicite.

En débutant notre découverte du Ger à son aval, lorsque ses eaux confluent avec la Garonne et jusqu’au village de Pointis-Inard, nous rencontrons une rivière large de 10/12 mètres alternant radiers et plats sous une voûte arborée. Cependant, la pêche à la mouche y est facilement praticable. La densité de truites est ici modeste et les salmonidés cohabitent avec des barbeaux et des chevesnes, la pêche n’est pas très productive mais peut réserver quelques belles surprises. Les éclosions saisonnières peuvent mettre quelques truites en activité mais je préfère exploiter les entrées de radiers en nymphe à l’espagnole ou les gros blocs rocheux pris dans la terre des berges, ils abritent quelques très belles truites. La présence de barbeaux permet aussi de tordre du carbone!

De Pointis-Inard à Lespiteau, là où la rivière accueille les eaux du Job, sa largeur reste similaire à celle de l’aval, bien que la végétation y soit moins dense. Entre le pont du village et la route Saint-Gaudens–Aspet, l’eau coule doucement, alternant entre de longs plats et quelques radiers. La profondeur varie généralement de 30 centimètres à plus d’un mètre dans certains "pools", permettant à truites, barbeaux et chevesnes de cohabiter. Plus on progresse en amont, moins on trouve de poissons blancs, tandis que le cours d'eau, un peu resserré, s’accélère. On observe une densité de truites légèrement supérieure à celle relevée sous le village, et il est possible de capturer de superbes spécimens en sèche sur les longues zones calmes. Ces truites, surtout présentes au début de la saison et au comportement souvent imprévisible, sont difficiles à anticiper. Lors des éclosions de March Brown ou de Rhodani, leur observation devient particulièrement intéressante. Deux parcours de lâchers de truites se trouvent sur ce tronçon : l’un en amont du pont de Pointis-Inard et l’autre plus haut sur la section.

En poursuivant le cheminement depuis l’embouchure du Job à Lespiteau jusqu’au parcours privé de Soueich, le profil de la rivière se transforme. Le Ger voit sa pente augmenter, lui conférant un profil beaucoup plus rapide. Cette topographie favorise l’apparition de nombreux abris naturels, tant au sein des amas rocheux que le long des berges creuses. Ces refuges multiples constituent un habitat de choix pour les truites, dont la densité s’améliore sensiblement. Salmonidés de toutes tailles prospèrent sans aucune concurrence avec les blancs qui ont disparu. Cette grande diversité d’habitats permet de pratiquer efficacement en sèche ou en nymphe tant les postes praticables sont multiples. Hors période d’éclosion, la nymphe au fil donne ici d’excellents résultats, en particulier lors des légers coups d’eau de début de saison. Chaque approche, lorsqu’elle est en pertinence avec la réalité écologique du moment, est porteuse, à vous d’observer et de comprendre les cycles du Ger afin d’en saisir les périodes fastes. Comme chacun le sait, cela s’apprend et se ressent !

En amont du parcours privé de Soueich et jusqu’à Aspet, la rivière présente un profil similaire avec une alternance de coups relativement rapides. Le secteur reçoit un parcours touristique avec des lâchers de truites surdensitaires et un pôle animation de la fédération de pêche 31. Des animations sont proposées aux écoles, aux mineurs et aux personnes à mobilité réduite.

Depuis le village d’Aspet jusqu’au parcours privé de Sengouagnet, la pente du Ger s’accentue sensiblement. Dans cette zone, la pêche à la mouche en eau vive utilisant une soie naturelle présente un grand intérêt. Dans le bas du village d’Aspet, un petit parcours sans panier est très intéressant à prospecter, il alterne plats et secteurs rapides où nombre de techniques à la mouche peuvent être mises en place. J’y ai souvent posé mes mouches tôt le matin le jour de l’ouverture avant d’aller en la grande rivière. Dès le lever du jour, il est possible d’attraper quelques poissons grâce à la pêche en nymphe au fil. L’AAPPMA d’Aspet y lâche quelques truites d’élevage quelques jours avant l’ouverture, permettant ainsi quelques prises quand les autochtones boudent.

L’amont immédiat du parcours sans panier est moins porteur et manque de caches ; néanmoins, il y a toujours quelques poissons. Plus en amont, à partir de la station de lavage de voitures jusqu’au parcours privé de Sengouagnet, la rivière est magnifique mais subit une pression de pêche importante. Pour l’exploiter, il  faudra bien choisir les portions libres. Dans ce secteur, le Ger reçoit les eaux du Rossignol ; celui-ci n’est pas exploitable à la mouche à son aval mais un peu plus haut. Les truites y sont nombreuses mais de petite taille.

En amont du parcours de Sengouagnet et jusqu’au pont de Loule, le Ger rentre dans des gorges aux accès parfois compliqués. La rivière y est sauvage et rapide. Sur cette portion, le Ger est contraint entre des falaises et son exploration n’est possible et rentable que lorsque les débits sont bas. En début de saison, ciblez les périodes froides où les débits sont bas. À l’aval du lieu-dit de “La Henne-Morte", une excellente petite portion de rivière est plus facilement accessible.

Du pont de Loule à Lacus, puis en amont, le Ger prend l’aspect d’un torrent de montagne idéal pour pêcher les salmonidés entre les blocs. Les truites y sont nombreuses et plaisantes à capturer. Plus haut, un parcours privé de la société de pêche de Melles limite cette zone accessible.

Je vous invite à vous lancer dans une exploration minutieuse du Ger. C’est à travers votre propre expérience, vos observations pertinentes et votre persévérance que vous pourrez en saisir toutes les subtilités et les richesses halieutiques évoquées précédemment. Le parcours du Ger est jalonné de secteurs variés, offrant chacun des opportunités uniques pour les pêcheurs à la mouche, qu’ils soient débutants ou plus expérimentés. Prenez le temps de parcourir ses berges, d’adapter votre approche aux conditions du moment, et d’apprivoiser, à votre rythme, cette rivière pleine de surprises.

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Ger
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Le mot de la Fédé, par Gaël Durbe (directeur de la FDAAPPMA31)

Le Ger est un haut lieu de la pêche par son histoire car cette rivière vue émerger un pêcheur qui œuvra à promouvoir la pêche au Toc à travers son livre Dame Truite.  Son auteur Léon Foch fit ses armes sur l’affluent du Ger : le Rossignol, qu’il appela son ruisseau « école ». Il y apprit la pêche au toc avant de coucher sur le Papier les bases élémentaires de cette pêche en développant la conception de la Pêche en Dérive sur le Ger. On peut dire qu’une part de la démocratisation de cette pêche traditionnelle s’est écrite ici.

C’est un Cours d’eau préservé classé réservoir biologique par sa fonctionnalité écologique mais l’accumulation des seuils de moulins viennent altérer une partie de son potentiel sur les sections aval. Cela reste une rivière très productive, plutôt précoce du point de vue des conditions de pêche. Son bassin versant est dominé par le Cagire qui culmine à 2000m d’altitude et les 38km de cours d’eau passe de secteurs en gorges de 5 m de large à  la zone de piémont avec des sections de 15m de large.

La partie amont dans les gorges de la Henne Morte en amont de Sengouagnet jusqu’à Coulédoux est en gestion patrimoniale avec des peuplements de fortes densités de petites tailles entre 18 et 23cm pour les truites adultes.

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Classes de tailles et effectifs rencontrés sur la station du Lacus dans les Gorges du Ger
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Sur la partie en aval de Sengouagnet, la vallée s’ouvre pour permettre une pêche plus accessible avec des beaux peuplements de poissons sauvages pour une taille moyenne plus élevée (les poissons adultes mesurent entre 20 et 30 cm). La rivière fait environ 10 mètres de largeur et il faudra bien entendu prospecter avec insistance les sections les plus profondes avec de fortes densités de caches sous berges.

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Classes de tailles et effectifs rencontrés sur la station du pont de Giret en amont Aspet
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Sans surprise et comme sur la plupart des bassins versants, la taille moyenne des truites augmente nettement vers l’aval avec un densité inversement proportionnelle. Les tailles maximales dépassent les 30cm en aval de Soueich pour atteindre 40cm en aval de la confluence avec le Job où la rivière peut dépasser les 15m de largeur. Une particularité de cette rivière concerne sa population de chabot cantonnée sur sa partie moyenne et absent de la zone apicale (ils sont probablement victimes de pollutions des sites miniers du 19ème siècle et dans l’impossibilité de remonter les seuils de moulins aujourd’hui). Le peuplement de cyprinidés d’accompagnements apparait sur la partie médiane avec les vairons loches et goujons rejoins par les chevesnes, barbeaux et lamproies de planer sur la partie aval. Pour les pêcheurs à la recherche de trophées ne pas oublier la section en aval du Ger entre Pointis Isnard et la confluence avec la Garonne où les truites de 50 cm remontent depuis le fleuve.

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Classes de tailles et effectifs rencontrés sur le Ger en aval de la commune de Soueich
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Un élément particulier de ce cours d’eau concerne les tailles légales de capture. Cette mesure réglementaire a depuis de nombreuses années montré ses limites en matière de conservation mais parfois les codes régaliens sont faits d’un marbre bien difficile à travailler. Les insistances de certains groupements de pêcheurs extrémistes nous ont contraints à réaliser une étude de croissance qui montre l’instabilité interannuelle de ce paramètre qui sera d’autant plus difficile à suivre dans le contexte climatique actuel. Malgré l’évidence que cette modification de la réglementation n’a que peu d’influence sur le peuplement de truite, pour des raisons purement légales, nous avons été obligés de nous plier aux résultats de l’étude qui provoque un morcellement du cours d’eau par 4 tailles légales de captures.

Tailles légales de captures 2026:

  • 25 cm en aval de la confluence avec le Job jusqu’à la confluence Garonne
  • 23 cm entre le pont de la D26 à Soueich et la confluence avec le Job
  • 20 cm du pont de la D5A à Sengouagnet jusqu’au pont de la D26 à Soueich.
  • 18 cm en amont du pont de la D5A à Sengouagnet.
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Ourse Pyrénées
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L'Ourse (65)

Rencontre avec les truites de la Barousse, par Lionel Ainard

Déambuler sur les berges de la rivière Ourse au début de la saison, canne à mouche en main, s’avère une démarche qui peut se révéler productive. Le profil de la rivière, alternant entre des zones calmes et des radiers, favorise les éclosions printanières. Il n'est pas rare d'observer des gobages sur les fins de plats, surtout lors des heures les plus chaudes de la journée, lorsque le débit de l'eau demeure dans la normale.

Dans sa partie aval et jusqu’à Mauléon-Barousse, les émergences de Baetis Rhodani et autres March Brown animent souvent la pellicule de surface des plats qui se succèdent. J’apprécie particulièrement les éclosions de Rhithrogena, qui ne sont pas si communes dans les rivières de cette taille et qui peuvent mettre la rivière en ébullition. Les truites présentes dans l’Ourse atteignent généralement une taille comprise entre 20 cm et 24 à 30 cm. Bien que leur gabarit soit modeste, elles s’alimentent volontiers en surface lorsque la réalité écologique du moment le permet.

À quelques jours de l’ouverture, il est impossible de prévoir les conditions à venir tant le chaos climatique rend toute anticipation irréaliste ; néanmoins, l’Ourse demeure une rivière assez régulière dès les premiers jours de la saison. Une ouverture se décide la veille et certainement pas des jours ou des mois avant, mais il est humain de vouloir anticiper ce jour particulier avec des amis.

L’Ourse, comme nombre de rivières de piémont, a subi des périodes de sécheresse et des crues hivernales qui ont impacté les densités de truites et certaines tranches de la pyramide des âges. Ces dernières années, les populations semblent plus homogènes et la rivière, à mes yeux, retrouve un intérêt halieutique évident. Sur l’ensemble du linéaire, les densités sont variables mais de belles pêches sont réalisables de son embouchure dans la Garonne jusqu’à sa séparation en deux dans le beau village de Mauléon-Barousse.

Les eaux cristallines qui descendent du Port de Balès et de l’amont du village de Sost offrent à la rivière Ourse une limpidité remarquable, caractéristique de cette vallée préservée. Toutefois, ce cours d’eau n’est pas exempt de perturbations. En effet, la présence de deux ou trois petites microcentrales le long de son cours induit de légères variations des niveaux d’eau, appelées marnages. Ces fluctuations deviennent particulièrement sensibles lors des périodes de fonte des neiges, où les débits sont déjà naturellement élevés. Ainsi, même si la rivière conserve la plupart du temps son aspect limpide et naturel, ces interventions humaines peuvent ponctuellement modifier son régime, influençant la dynamique de la rivière durant ces moments spécifiques.

Après cette petite présentation des caractéristiques de la rivière, débutons notre petite visite approfondie des berges de l’Ourse de l’aval vers l’amont.

Tout au long de son tracé entre son embouchure dans la Garonne et Mauléon-Barousse, l’Ourse demeure à proximité immédiate de la route. Cette configuration facilite grandement l’accès aux berges pour les pêcheurs, qui peuvent ainsi rejoindre aisément différents points du parcours. Sur certaines portions, il est impossible de passer incognito et d’échapper aux nuisances sonores des véhicules ; heureusement, la circulation n’est pas importante ! Par ailleurs, cette accessibilité permet de repérer rapidement la présence éventuelle d’un collègue prospectant un pool de la rivière, ce qui s’avère utile pour organiser sa session de pêche et éviter tout parasitage involontaire de parcours. En poursuivant la remontée de l’Ourse jusqu’à Mauléon, on remarque que la pente du cours d’eau est régulière, offrant ainsi à la rivière un profil homogène. Cette configuration nous permettra une prospection de secteurs rapides où, entre les blocs, naissent d’intéressantes veines variées. Les berges, bordées de frênes et de noisetiers, forment une ripisylve dense et boisée qui modèle le paysage et procure aux truites de multiples refuges naturels. Ces multiples caches, formées par les racines, les branches tombées et la végétation surplombante, sont particulièrement prisées par les poissons qui y trouvent protection et zones favorables pour attendre vos mouches.

L’Ourse se distingue par la présence de chaussées tout au long de son cours, conçues à l’origine pour alimenter d’anciens moulins. En amont de ces structures, la rivière offre de magnifiques plats particulièrement favorables à une prospection en mouche sèche. Ces secteurs où les truites s’alimentent volontiers en surface dès les premières émergences constituent des secteurs à observer attentivement en début de saison. Comme ailleurs, aux moments les plus chauds de la journée, c’est là que vous observerez les premiers gobages. Cette alternance constitue une véritable richesse écologique qu’il ne reste qu’à vous d’exploiter judicieusement.

Sur toute la partie en aval de Mauléon-Barousse, le comportement des truites varie selon le moment de la journée et surtout en fonction de la configuration des différents secteurs. Les secteurs plats sont soumis à une forte pression de pêche, notamment de la part des pêcheurs à la mouche. Cette fréquentation accrue rend parfois les truites plus suspicieuses et difficiles à capturer en surface. Quelques petites émergentes de type orl peuvent s’avérer utiles, même en début de saison, pour tromper leur vigilance. En dehors de ces secteurs plats, là où la rivière s’anime de veines d’eau rapides, les truites sont beaucoup moins regardantes en début de saison. Les prospections en tandem, en peignant soigneusement chaque veine, s’avèrent souvent payantes ici.

Au cœur du village de Mauléon-Barousse, la rivière Ourse se scinde en deux bras distincts, qui tirent chacun leur nom du village principal qu’ils traversent : l’Ourse de Sost et l’Ourse de Ferrère. Cette séparation marque une transition dans le profil de la rivière, offrant ainsi des caractéristiques de pêche différentes. Les deux branches constituent ainsi des terrains de jeu différents, permettant d’explorer des environnements contrastés tout en restant dans la même vallée.

En début de saison, il est important de souligner que les deux bras de la rivière, l’Ourse de Sost et l’Ourse de Ferrère, ne présentent pas le même régime nival. Selon la situation écologique du moment, il se peut qu’un bras offre des conditions de pêche idéales, tandis que l’autre se révèle beaucoup moins propice à la pêche à la mouche. Cette variabilité impose au pêcheur d’observer attentivement l’état de chaque bras avant de choisir son parcours.

Chaque bras possède deux microcentrales situées en aval des villages. L’eau est captée dans ces zones où le débit reste stable hors fonte des neiges. Les secteurs sont composés de blocs et de quelques piscines agréables pour pêcher en sèche ou en nymphe. Bien que la population de truites soit plus modeste qu’ailleurs, la pêche y reste plaisante lors des bonnes journées.

L’Ourse de Sost propose un parcours de pêche qui s’étend de son aval, au niveau du village, jusqu’à ses sources. En débutant sa prospection au village, on rencontre un secteur aval dont l’eau est captée jusqu’à la microcentrale. Cette portion de rivière, encaissée, se distingue notamment par le passage sous le superbe pont d’Esbareich, conférant au site un charme particulier. L’accès à cette section reste néanmoins difficile, ce qui en fait un secteur réservé aux moucheurs les plus motivés. C’est aussi un gage de tranquillité en période d’ouverture où certains pêcheurs se marchent sur les pieds.

En remontant au-dessus de la microcentrale, la rivière retrouve la route, ce qui facilite immédiatement l’accès. À mesure qu’on s’éloigne de la zone encaissée, la rivière devient moins abrupte, et les berges, désormais semi-boisées, offrent des possibilités de pêche à la mouche encore très intéressantes. En début de saison, sur des eaux agitées, un palmer bicolore ou un sedge en chevreuil avec une nymphe sont efficaces.

Plus en amont du village de Sost, la pratique de la pêche à la mouche devient plus complexe. Les conditions se corsent, rendant la prospection plus technique.

L’Ourse de Ferrère se distingue par un caractère plus sauvage et un parcours nettement plus compliqué à aborder que son homologue de Sost. Elle traverse en effet des parties de gorges où l’accès s’avère souvent difficile, voire dangereux pour les pêcheurs dont les appuis ne sont pas assurés. Ce secteur impose donc une vigilance accrue et s’adresse prioritairement à ceux qui recherchent le défi et l’isolement au cœur d’un environnement naturel préservé.

À l’instar de l’Ourse de Sost, l’aval de l’Ourse de Ferrère est capté depuis le village jusqu’à la microcentrale. Cette configuration influence le régime de la rivière sur toute cette portion, modifiant le débit et la physionomie du cours d’eau. Le parcours de pêche conduit inévitablement à prospecter le gouffre de la Saoule, un site emblématique du secteur. L’ensemble de la zone présente le profil typique d’un parcours à blocs, parsemé de nombreux obstacles naturels qui compliquent la progression et la prospection des postes à truites. L’accès y reste donc relativement moyen, réservant ce secteur aux pêcheurs avertis, curieux d’explorer une rivière authentique et moins fréquentée. Les truites réagissent bien à la pêche en tandem ou à un palmer bien présenté. En amont de la microcentrale, la pêche est autorisée jusqu’au pont suivant, après quoi commence un parcours privé réservé aux riverains, qui se termine au pont des granges de Grouhens.

Au niveau du pont des granges de Grouhens, la rivière Ourse serpente sous la route du col de Balès, célèbre pour son ascension lors du Tour de France. Ce secteur marque l’entrée dans des gorges isolées, où le relief devient plus accidenté et la nature plus sauvage.

La progression y requiert une vigilance accrue : le sol y est souvent glissant et le risque de chute de pierres est réel. Il est donc essentiel d’aborder cette portion avec prudence, en prenant le temps d’évaluer chaque passage et d’adapter son rythme à la configuration du terrain.

Malgré ces difficultés, ce secteur offre de belles opportunités pour la pêche à la mouche. Les postes sont variés et la tranquillité des lieux favorise une approche discrète, propice à la rencontre de truites joueuses.

Il est fortement déconseillé de tenter de rejoindre la route qui surplombe le parcours, en raison du danger que cela représente. Le chemin le plus sûr consiste à redescendre prudemment le secteur que vous venez de prospecter.

Ainsi se termine cette présentation d’une rivière chère à mon cœur. Si vous pêchez dans ses eaux, profitez-en pour acheter un délicieux fromage de Barousse à Sost.

Image
Ourse
Texte

Le mot de la Fédé, par Marc Delacoste (responsable technique de la FDAAPPMA65)

Située à l’Est des Hautes-Pyrénées, l’Ourse est un affluent de la Garonne avec laquelle elle conflue en rive gauche en amont de Loures-Barousse. Longue d’un peu plus de 10 km, elle est formée par la confluence des Ourses de Sost et de Ferrère en aval de Mauléon-Barousse, qui naissent d’un massif culminant aux environs de 2000 m.

Large de 8 à 12 m en moyenne, l’Ourse présente un profil typique de rivière du piémont Pyrénéen, alternant radiers et plats courants, avec la présence régulière de faciès plus profonds. Elle abrite un peuplement piscicole dominé par la truite fario, accompagnée par le chabot, le vairon et la lamproie de planer. Ce bassin encore relativement préservé abrite également des populations d’écrevisses à pattes blanches. La densité de truites  y reste très correcte, variant selon les secteurs de 180 à 300 individus (de toutes tailles) pour 100 m. Les truites de l’Ourse sont majoritairement de taille moyenne (20 à 30 cm) mais quelques beaux sujets sont régulièrement présents. D’un point de vue génétique, une analyse récente a montré que cette population était de « souche sauvage » et très peu introgressée (< 10 %) par les lignées de pisciculture, ce qui démontre le peu d’impact des alevinages réalisés par le passé et une bonne fonctionnalité d’ensemble de la rivière.

Dans le haut du bassin, les Ourses de Sost et de Ferrère présentent un profil plus torrentueux et une largeur moyenne plus modeste (4 à 6 m en moyenne). On y trouve de belles densités de truites, avec une taille moyenne plus modeste que dans l’Ourse (18 à 23 cm en majorité).

Comme toutes les rivières de piémont issues de massifs de moyenne altitude, l’Ourse présente une hydrologie caractérisée par une fonte de neige précoce et des étiages marqués. Ces derniers tendent en outre à s’aggraver ces dernières années, sous l’effet du changement climatique, et constituent un enjeu majeur pour ce bassin. Les captages d’eau réalisés en amont, pour l’eau potable, n’arrangent pas la situation. Dans ce cadre, la préservation de sa ripisylve est évidemment un enjeu très important pour éviter un réchauffement excessif (la température moyenne journalière a déjà culminé à 19,1°C en 2022, mais reste encore heureusement dans des valeurs tout à fait conformes pour la truite) mais aussi pour préserver les abris et caches de bordure, essentiels pour les populations de truites de ce type de rivières.

Image
truite ourse
Légende
Comme dans bon nombre de rivières des Hautes-Pyrénées, les truites de l’Ourse sont de « souche sauvage » et très peu introgressées par les truites de pisciculture.
Texte

Les auteurs de cet article ainsi que le restant de l'équipe rédactionnelle vous souhaitent un excellent début de saison à tous!

Test: moulinet semi-automatique Delacoste LOXUS SA

Delacoste Loxus SA

Depuis quelques années, l'avènement de la pêche en nymphe à bille tungstène a considérablement brouillé la frontière entre mouche et toc. Parmi les nouveautés 2026, le moulinet semi-automatique conçu par notre ami Marc Delacoste illustre à merveille cette convergence. Voici les caractéristiques de ce Loxus SA :

Matériel

Moulinet Delacoste LOXUS SA

Marque
Delacoste
Modèle
LOXUS SA
Taille
Unique
Matière
Aluminium
Couleurs disponibles
noir, orange
Type de bâti
Fermé
Diamètre du moyeux
55mm
Profondeur de la bobine
8mm
Largeur de la bobine
15mm
Diamètre de la bobine
71mm
Gorge de bobine
Plate
Poids réel
170g
Frein étanche
Non
Prix
179.00€
Texte

TESTS STATIQUES ET MESURES

A l'instar d'autres références déjà présentées dans nos colonnes comme le JMC Yoto Nymph, ce moulinet Delacoste possède toutes les caractéristiques essentielles d'un semi-auto moderne, améliorant l'original Vivarelli. On retrouve notamment:

  • une bobine (très) large arbor qui minimise l'effet mémoire des nylons/soies et améliore la vitesse de récupération. Avec ses 55mm, cette bobine est tout simplement la plus large du marché! (sauf erreur de notre part),
  • un anneau de sortie céramique adapté aux lignes traditionnellement utilisées dans la pêche au toc ou en nymphe au fil (nylon ou soie de 0.55mm),
  • une manivelle pour faciliter le travail des gros poissons,
  • une large étoile de réglage du frein, très ergonomique et accessible en action de pêche.

L'avis de la rédaction

Fervent utilisateur du Vivarelli à ses débuts de pêcheur au toc, Marc Delacoste s'y connaît en matière de moulinet semi-automatique et cette expérience transparaît avec ce nouveau produit:

En adoptant une bobine large à faible contenance, Marc a pris le parti de concevoir un moulinet spécifique pour les pêches en dérive, que ce soit avec une canne toc ou mouche. Vous pourrez le garnir de nylon ou d'une soie ultra-fine nymphe au fil de 0.55mm. La robustesse est également de la partie puisque l'ensemble du moulinet (y compris le levier) est usiné en aluminium.

Le poids de 170gr est cohérent: ce Loxus SA pourra équilibrer parfaitement les cannes toc anglaises modernes comme les cannes mouche de plus de 10'6, avec une prédilection pour les longueurs comprises entre 10'8 et 11'.

Dans la mesure où ce moulinet n'est pas destiné aux pêches d'alternance nymphe/sèche par exemple (en raison de sa contenance faible), le démontage de la bobine restera peu fréquent. Nous vous conseillons quand même de bien serrer la vis de maintien (serrage inversé), de façon à ne pas perdre le joint torique noir présent sur la bobine (un deuxième est livré avec le moulinet, au cas où!). 

Ce LOXUS SA est une vraie réussite qui accompagnera les pêcheurs au toc comme les moucheurs à la recherche d'un semi-auto accessible au look original.

Texte

Lien utile

Le moulinet LOXUS SA en ligne :

delacoste

Test: LMG Epicure 8'6 #4/5 Puriste, Versatile et Sport

LMG Symbiose

En 2025, nous avons déjà consacré plusieurs articles aux fameuses cannes LMG 100% fabriquées en Europe avec des matériaux précieux, en particuliers les modèles compris entre 9' et 11'. Passons aujourd'hui aux 8'6, une longueur moins courante mais qui possède de nombreux avantages techniques! Voici tout ce que vous devez savoir sur les Epicure 8'6 #4/5 Puriste, Versatile et Sport.

Matériel

LMG Epicure Puriste 8'6 #4/5

Marque
LMG
Série
Epicure Puriste
Longueur
8'6
Longueur réelle
260cm
Soie
#4/5
Brins
4
Poids réel
81.00g
Blank
Pinot noir
Aspect
Vernis brillant
Anneaux
11
Type
Serpentiforme
Premier anneau
38cm
Ligatures
Bordeaux
Poignée
26x175mm
Forme
Half Wells
Porte moulinet
Titane
Serrage
Uplocking
Insert
Bois précieux français
Talon de combat
Non
Accroche mouche
Oui
Points d'alignement
Oui
Packaging
Tube carbone + housse
PME
105.00g
PTE
186.00g
IP
34
ERN
4.01
AA
65°
Prix à la date de sortie
1795.00€
Matériel

LMG Epicure Versatile 8'6 #4/5

Marque
LMG
Série
Epicure Verstaile
Longueur
8'6
Longueur réelle
260cm
Soie
#4/5
Brins
4
Poids réel
85.00g
Blank
Pinot noir
Aspect
Vernis brillant
Anneaux
11
Type
Serpentiforme
Premier anneau
38cm
Ligatures
Bordeaux
Poignée
26x175mm
Forme
Half Wells
Porte moulinet
Titane
Serrage
Uplocking
Insert
Bois précieux français
Accroche mouche
Oui
Points d'alignement
Oui
Packaging
Tube carbone + housse
PME
115.00g
PTE
200.00g
IP
42
ERN
5.20
AA
65°
Prix à la date de sortie
1795.00€
Matériel

LMG Epicure Sport 8'6 #4/5

Marque
LMG
Série
Epicure Sport
Pays de fabrication
Europe
Longueur
8'6
Longueur réelle
260cm
Soie
#4/5
Brins
4
Poids réel
85.00g
Blank
Pinot noir
Aspect
Vernis brillant
Anneaux
11
Type
Serpentiforme
Premier anneau
38cm
Ligatures
Bordeaux
Poignée
26x175mm
Forme
Half Wells
Porte moulinet
Titane
Serrage
Uplocking
Insert
Bois précieux français
Talon de combat
Non
Accroche mouche
Oui
Points d'alignement
Oui
Packaging
Tube carbone + housse
PME
115.00g
PTE
200.00g
IP
49
ERN
6.22
AA
70°
Prix à la date de sortie
1795.00€
Texte

DISCUSSION DES MESURES

Le protocole Common Cents System a permis de caractériser la puissance et l'action de ces 3 cannes :

PUISSANCE

En ce qui concerne la puissance, 34, 42 et 49 cents ont été nécessaires pour plier ces 3 cannes sur un tiers de leurs longueurs. Avec un ERN à 5.20, la puissance de la Versatile est conforme à celle annoncée (#4/5), tandis que la Puriste est légèrement moins puissante (ERN à 4.01) et la Sport un cran au-dessus (ERN à 6.22).

ACTION

Au niveau des actions caractérisées par l'Action Angle (AA), l'Epicure Sport possède une action fast (AA à 70°), tandis que les 2 autres modèles sont moderate fast (AA à 65°).

MONTAGE ET CONFORT

A produit extra-ordinaire, rédaction singulière : nous avons ainsi pris le parti de ne pas nous appesantir sur les chiffres du confort de pêche. Non pas qu'ils soient mauvais (au contraire, ces 3 cannes pèsent entre 81 et 85 et seront équilibrées par un moulinet vide d'à peine 70gr), non, mais l'esthétisme et le raffinement ont clairement été priorisés. Pour faire simple, Ivan Iannaccone a sélectionné les matériaux les plus nobles pour chacun des éléments des cannes Epicure, on retrouve ainsi :

  • du titane au niveau du porte-moulinet et des enjoliveurs. A propos du porte-moulinet justement, ce dernier est issu d'un design spécifique (tout comme les enjoliveurs!). Les propriétés physiques du titane autorisent un pas de vis beaucoup plus fin que celui usiné en aluminium, ce qui confère aux bagues un vissage précis et un maintien ultra-fiable,
  • un insert en bois loupe de bruyère française,
  • un anneau de départ en agate (variété de quartz) finition brillante : les agates sont sélectionnées une par une pour garantir leur qualité (sur le critère de la densité notamment) et une harmonie esthétique parfaite avec le blank. Ce premier anneau est réalisé à la main. Les autres sont en titane.
  • du liège portugais choisi non seulement pour sa qualité maximale mais aussi pour sa forte densité ; le but est de décupler la sensibilité tactile au niveau de la poignée et augmenter la résonnance.

Pour terminer ce paragraphe en abordant quand même des considérations pratico-pratiques, notons la présence de points d'alignement des brins et d'un accroche-mouche sur chaque canne. La poignée possède des dimensions standard et adaptées à toutes tailles de main. Sa largeur de 26mm est vraiment passe partout. Le premier anneau est aussi idéalement placé, sur la ligature de l'emmanchement du brin (soit à 38cm de la poignée), un choix judicieux et trop rare sur le marché.

Image
LMG EPICURE
Légende
Un beau travail de recherche sur le premier anneau
Image
LMG SYMBIOSE
Texte

L'avis de la rédaction

Le premier point que nous souhaitons saluer est la volonté de concevoir un produit en Europe, avec un accent particulier mis sur l'originalité. La parure de ces cannes, que chacun jugera avec sa sensibilité, est totalement inédite, presque bluffante tant les nuances de rouge évoluent au gré des variations de luminosité, un mélange exclusif de teintes propre aux cannes LMG Epicure. Lorsque vous avez un tel objet entre les mains, vous percevez immédiatement la minutie dont Ivan a fait preuve dans la sélection des matériaux, le tout formant un ensemble des plus harmonieux. Nous ne sommes pas coutumiers de ce genre de digression (mettant un point d'honneur à rester objectifs et factuels en toute circonstance) mais dans le cadre de ce test, nous ne pouvions passer sous silence le travail accompli par le Moulin de Gémages. Cela permet également d'expliquer le prix de ces cannes, car nous sortons ici des critères classiques de jugement : ce sont des produits de luxe aux matériaux rares et de qualité, fabriqués en Europe après de longues années de recherche, loin des standard asiatiques formatés (même le porte-moulinet a été dessiné par Ivan!).

Mais revenons au bord de l'eau car c'est bien là que ces cannes sont destinées à se rendre. Nous avons déjà abordé à plusieurs reprises les multiples intérêts de la longueur 8'6 dans les approches classiques en sèche et nymphe à vue, par rapport à la classique 9': plus facile à manier en milieux encombrés, plus grande capacité à accélérer la soie, serrer la boucle dans les pêches sous frondaison, percer le vent...etc. 

Si les 3 cannes réunies aujourd'hui possèdent évidemment toutes ces avantages, leurs comportements diffèrent, en relation avec leurs différences de couple puissance/action. En effet, nous avons affaire à 3 cannes destinées à 3 profils de pêcheurs/lanceurs différents et dont les usages sont corrélés au nom: 

  • La Puriste tout d'abord est le modèle à privilégier pour les pratiquants qui aiment "sentir la canne travailler" lors des faux lancers. Cette 8'6 excellera dans les pêches très fines en sèche ou nymphe à vue, avec des pointes longues et ténues (les diamètres de moins de 10/100 ne lui feront pas peur), d'autant que son action moderate fast est idéale pour limiter au maximum casses et décroches. A ce propos, on sera particulièrement vigilant sur le choix de la soie: compte tenu du couple action/puissance, un profil peu décentré sera préférable, de type parallèle ou triangle taper, de façon à ne pas "brusquer" cette canne soyeuse. Les soies naturelles (ou synthétiques non sous-évaluées en matière de norme AFTMA) comme les Terenzio vendues par Le Moulin de Gémages et dont nous reparlerons bientôt, sont bien indiquées.
  • La Versatile de son côté, avec sa puissance réelle #4/5, est un parangon de polyvalence en 8'6 : si vous ne deviez en posséder pour pêcher d'un bout à l'autre de la saison et aborder sereinement des conditions variées, c'est assurément le bon choix. On lui associera une soie de 4 ou de 5, selon votre style de lancer.
  • Enfin, la Sport est assurément la canne la plus spécifique de ce test: on bascule ici dans le monde des cannes rapides et "assez fortes", qui raviront les amoureux des boucles serrées et des vitesses de soie élevées. A noter qu'elle acceptera sans problème une soie de 6 en présence de vent ou s'il faut propulser des mouches volumineuses. C'est une véritable 8'6 typée "gros poisson"!

Pour l'ensemble de ces modèles existe une option de gravure du porte-moulinet.

Evidemment, chaque canne Epicure est numérotée et dispose d'une garantie à vie, avec un service de révision et de réparation inclus. Connaissant le sérieux de la maison, ceci offre la perspective d'une histoire à long terme, ce qui n'est pas pour nous déplaire!

Vidéo
Texte

LIENS UTILES

Le protocole de test des cannes à mouche

Comment choisir sa canne à mouche sèche

Les cannes à mouche Epicure sur le site internet du Moulin de Gémages (ou sur place à l'essai!) :

Le Moulin de Gémages

Les nouveautés 2025/2026 ici

Duel 9' #5 à moins de 250 euros : GUIDELINE RIVOLT vs VISION HERO2

canne 9' soie 5

Au sein des nouveautés 2026, deux 9' #5 conçues en Europe du Nord et coûtant moins de 250euros ont attiré notre attention. Elles sont présentées en détails dans les lignes qui suivent:

Matériel

Guideline RIVOLT 9' #5

Marque
Guideline
Série
Rivolt
Longueur
9'
Longueur réelle
274cm
Soie
#5
Brins
4
Poids réel
91.00g
Blank
Gris
Aspect
Spiralé
Anneaux
12
Type
Monopatte
Premier anneau
49cm
Ligatures
Noires
Poignée
24x175mm
Forme
Full Wells
Porte moulinet
Tout aluminium noir
Serrage
Uplocking
Talon de combat
Non
Accroche mouche
Oui
Points d'alignement
Oui
Packaging
Tube cordura + housse
PME
150.00g
PTE
241.00g
IP
48
ERN
6.08
AA
70°
Prix à la date de sortie
209.00€
Matériel

Vision Hero2 9' #5

Marque
Vision
Série
Hero2
Longueur
9'
Longueur réelle
276cm
Soie
#5
Brins
4
Poids réel
82.00g
Blank
Noir
Aspect
Spiralé
Anneaux
11
Type
Monopatte
Premier anneau
50cm
Ligatures
Noires
Poignée
22x170mm
Forme
Half Wells
Porte moulinet
Aluminium gun métal
Serrage
Uplocking
Insert
Bois
Talon de combat
Non
Accroche mouche
Oui
Points d'alignement
Oui
Packaging
Tube cordura compartimenté
PME
150.00g
PTE
232.00g
IP
43
ERN
5.35
AA
65°
Prix à la date de sortie
229.00€
Texte

DISCUSSION DES MESURES

Le protocole Common Cents System a permis de caractériser la puissance et l'action de ces 2 cannes :

PUISSANCE

En ce qui concerne la puissance, 48 et 43 cents ont été nécessaires pour plier ces deux cannes sur un tiers de leurs longueurs respectives. Avec un ERN à 6.08, la puissance de la Guideline est supérieure à celle annoncée (c'est en réalité une #5/6) alors que celle la Vision est conforme, c'est bien une #5 (ERN à 5.35).

ACTION

Au niveau des actions caractérisées par l'Action Angle (AA), la Guideline possède une action fast (AA à 70°), alors que la Vision est moderate fast (AA à 65°).

MONTAGE

Ces 2 cannes destinées aux approches traditionnelles en sèche et nymphe à vue possèdent des montages tout à fait classiques et comparables. Notons l'épaisseur plutôt fine de la poignée (22mm) de la Vision.

Côté finitions, toutes deux possèdent à la fois un accroche-mouche et des repères d'alignement des brins.

CONFORT 

Niveau confort de pêche, ces cannes sont aussi très proches (la légère différence de PTE étant liée aux puissances respectives) et très bonnes compte tenu de leurs prix. A titre de comparaison avec des modèles de longueur/puissance proches, le PTE de la Guideline Rivolt est identique à celui de la JMC PASSION G2 9' #4/5 et celui de la Vision Hero2 identique à celui de la Guideline Elevation 9' #5. Prévoir un moulinet vide d'une bonne centaines de grammes pour équilibrer ces 2 cannes.

Image
pe^che mouche
Légende
Ces deux cannes sont bien adaptées aux pêches en sèche de beaux poissons
Texte

L'avis de la rédaction

A l'aube d'une nouvelle saison, de nombreux pratiquants cherchent encore du matériel accessible pour les pêches traditionnelles en sèche, notamment celles qui surviennent lors des éclosions de March Brown et Baetis du mois de mars. Les 2 cannes réunies ce jour se placent exactement sur ce segment et toutes deux bénéficient d'un excellent rapport qualité/prix.

Au delà de critères subjectifs comme le look ou l'attachement à l'une ou l'autre des 2 marques, c'est la différence de couple puissance/action qui va dicter le choix entre ces 2 modèles:

  • avec sa puissance réelle conforme et son action moderate fast, la Vision Hero2 est un modèle de polyvalence en 9' soie 5, capable de se frotter à toutes tailles de truite dans nos rivières françaises et européennes. Si vous souhaitez une canne à tout faire pour lancer une soie de 5, capable de pêcher relativement fin en été (par exemple en nymphe à vue) ou de présenter une imitation de march brown au bout d'une pointe en 16/100 à l'ouverture, c'est typiquement le genre de canne qui conviendra. Son action moderate fast limitera casses et décroches. 
  • de son côté la Guideline est un peu plus spécifique: sa puissance réelle #5/6 couplée à une action fast en font une canne plus "forte", destinée à ceux qui aiment les rythmes de lancer élevés et/ou qui souhaitent utiliser une soie de 6 pour contrer le vent par exemple. Elle pourra sans problème se loger dans une valise à destination d'un pays peuplé de grosses truites comme la Nouvelle-Zélande. Elle vient concurrencer sur ce créneau la JMC Passion G2 9' #4/5 qui possède les mêmes applications.

Bon choix!

Texte

LIENS UTILES:

Le protocole de test des cannes à mouche

Comment choisir sa canne à nymphe au fil

Les cannes de ce test sont accessibles en ligne ou sur commande chez nos partenaires :

fusion fly fishing1000mouches

 

Les autres tests Guideline :

Guideline

 

Les autres tests Vision :

Vision flyfishing

Mieux pêcher en nymphe au fil (3/4) : le bon lancer

lancer nymphe au fil

Si l'apprentissage d'un lancer spécifique apparaît comme une évidence pour la propulsion d'une mouche sèche dépourvue de lestage, l'image parfois brutale et fruste de la nymphe au fil nous ferait presque oublier cette nécessité! Pourtant, celui qui souhaite pêcher correctement en nymphe (c'est à dire poser sa mouche avec précision en limitant le risque d'accrochage) doit passer par cette étape, aussi rébarbative soit-elle. Au printemps dernier, Stéphane Legentilhomme nous gratifiait d'un plaidoyer relatif à l'importance du lancer en nymphe au fil. Passons aujourd'hui à la pratique avec un article technique (toujours illustré par la vidéo très didactique de Stéphane) qui permettra d'appréhender le "lancer de base" et les variantes imposées par les conditions de pêche:

Texte

Appréhender le geste de base

La propulsion d'une nymphe lestée avec une canne à mouche ne fait pas appel à l'inertie de la soie (puisque ces mouches à bille métallique ont une masse) mais à un geste singulier, majoritairement basé sur un travail du couple avant bras/poignet (alors que dans le cas de la pêche en sèche, c'est le couple épaule/avant bras qui travaille à plus de 80%, laissant le poignet presque au repos).

Le débutant doit retenir ce principe de base : dans les approches classiques (hors cas du lancer de nymphes lourdes que nous aborderons en fin d'article), l'épaule est quasiment mise au repos et le trajet aérien des nymphes est motorisé et guidé par l'avant bras et surtout par le poignet de la main qui tient la canne. 

Le lancer en nymphe au fil est marqué par un coup de poignet arrière qui va arracher les nymphes à l'onde et les faire passer sous le scion, avant qu'un coup de poignet avant ne les renvoie directement vers la surface, en les faisant passer au-dessus du scion.

Le trajet aérien des nymphes décrit donc une ellipse. Le débutant, dont les timing d'application de la force sont assez hasardeux, aura tendance à produire une ellipse assez "arrondie" et à s'accrocher souvent dans les arbres au-dessus de lui. A mesure qu'il répète et parfait son geste, l'ellipse doit de plus en plus "s'aplatir", la trajectoire devient tendue et la vitesse aérienne des nymphes augmente sans appliquer d'avantage de force dans le geste.

Ce lancer de base s'effectue soit en coup droit (voir l'enchaînement de lancers à 0'42 sur la vidéo de Stéphane), soit en revers (voir l'enchaînement de lancers à 6'55) :

Vidéo
Texte

Evaluer l'espace aérien disponible

Maintenant que vous êtes correctement placé, avec le bon lestage sur votre montage, point d'impact en ligne de mire, vous êtes prêt à propulser votre(vos) nymphe(s) pour les apporter directement dans la gueule de la truite. Avant d'armer votre geste pour effectuer le lancer classique précédemment décrit, il convient d'évaluer rapidement l'espace disponible pour le trajet aérien du montage: est-ce que des branches surplombent le point d'impact choisi? des obstacles sont-ils intercalés entre lui et vous ? bénéficiez-vous d'un espace arrière suffisant pour réaliser votre ellipse ?... autant de paramètres à anticiper sous peine de vous retrouver accroché dans la ripisylve avant même d'avoir percé la surface!

Détaillons les 2 principaux cas de figure et la façon de s'adapter:

Des branches surplombent le poste

Si la hauteur disponible pour atteindre le point d'impact est réduite, il se peut que la fameuse ellipse même "affinée" au maximum ne soit pas réalisable sans accrocher les branches surplombantes. Adopter alors un lancer rasant qui produit une trajectoire de nymphes parallèle et proche de la surface de l'eau est plus efficace. Voici comment le réaliser:

Le lancer rasant est une forme de lancer ancré au cours duquel les nymphes sont d'abord propulsées en arrière du pêcheur par un coup poignet/avant bras arrière ; la bannière doit ensuite être suffisamment tendue pour que le lancer avant (qui fait surtout travailler l'épaule et l'avant bras) pointé en direction du point d'impact soit efficace. C'est l'ancrage des nymphes dans l'eau à l'arrière du pêcheur qui va charger la canne et permettre la propulsion avant. Illustration à 3'05 dans la vidéo de Stéphane.

Image
lancer nymphe au fil
Légende
Branches surplombants la bordure = lancer rasant obligatoire
Texte

Peu d'espace arrière disponible

Lorsque vous disposez de peu d'espace arrière à cause d'un obstacle rocheux ou d'une végétation rivulaire dense par exemple, il est impossible de réaliser l'ellipse classique sous peine d'accrocher vos nymphes avant d'amorcer leur trajet retour. On peut alors tenter de s'approcher le plus possible du poste pour créer un dégagement arrière suffisant à la réalisation du lancer classique. Une ellipse "minimaliste" peut alors être tentée, en limitant l'amplitude au maximum (on ne jouera alors quasiment que du poignet). Evidemment, comme évoqué dans le volet 1 de la série consacré au placement, votre marge de manoeuvre dépend du degré de discrétion imposé par les conditions (niveau d'eau, méfiance des poissons, luminosité...etc). 

S'il est impossible d'approcher le poste sans risque d'effrayer les poissons, il ne reste qu'à propulser votre montage grâce à un lancer arbalète. Notez que ce lancer est bien plus facile à réaliser avec une seule nymphe. Sa réussite tient principalement dans votre capacité à:

  • réunir sur la même droite virtuelle: mouche, anneau de tête de la canne et point d'impact,
  • appliquer la bonne tension dans la bannière pour conférer à la nymphe suffisamment d'énergie (prendre en compte la taille de la bille).
Image
lancer nymphe au fil
Légende
Le lancer arbalète devient très utile en milieux encombrés
Texte

Evaluer la nécessité de favoriser l'immersion des nymphes

Dans certains postes restreints assez profonds et/ou rapides, le montage doit se mettre en place rapidement, sous peine de passer "au-dessus" des poissons.

Accélérer l'immersion des nymphes peut s'obtenir de différentes manières, par exemple en affinant le diamètre de la pointe, en augmentant la taille de la bille, mais aussi en adaptant le lancer! En effet, en accélérant son trajet retour (avant), la mouche va percuter la surface à grande vitesse et donc s'immerger plus vite. Il existe 3 moyens principaux (et complémentaires) d'y parvenir: 

  • en serrant la boucle, c'est à dire en "resserrant" l'ellipse pour l'aplatir au maximum,
  • en effectuant une tirée via la main qui tient la soie au moment du coup de poignet avant (voir le lancer à 6'15 sur la vidéo de Stéphane),
  • en verticalisant le trajet aérien des nymphes.

Notez bien que cette manoeuvre n'est pas toujours indispensable! Si votre couple lestage/point d'impact est adapté à la position supposée de la truite dans la veine d'eau, rien ne vous oblige à forcer la percussion des nymphes, au contraire... En réalisant des lancers classiques, délicats et précis, vous gagnerez en discrétion et serez donc plus efficaces.

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lancer nymphe au fil
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Postes typiques où les nymphes ont peu de temps pour se mettre en place...
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Spécificité de la pêche des gros volumes

La pêche des couples vitesse/profondeur importants nécessitent des forts lestages (s'approchant ou dépassant parfois allègrement le gramme) qui modifient la structure du lancer:

En pareille situation, un coup de poignet arrière ne suffit généralement pas à arracher les nymphes compte tenu de la colonne d'eau à traverser. Un geste plus ample faisant appel à un travail de l'épaule permet d'insuffler suffisamment de vitesse au départ du trajet aérien, prérequis indispensable à un lancer dynamique et précis. Evidemment cette maneuvre a tendance à agrandir considérablement votre ellipse mais l'espace aérien disponible en grands milieux est souvent compatible avec une telle amplitude de lancer!

Illustration par la séquence de la vidéo à 4'19.

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La pêche des gros volumes d'eau fait d'avantage appel à l'épaule dans le lancer nymphe au fil
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Pour progresser, variez les plaisirs!

La tendance moderne qui consiste à cibler les grosses truites en grandes rivières conduit de nombreux pratiquants à négliger les approches précises en milieux exigus. Elles sont pourtant indispensables à l'acquisition de réflexes dans la réalisation du lancer et à la maîtrise de méthodes plus marginales comme le lancer arbalète, ponctuellement utiles quel que soit le parcours choisi!

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Pêcher des rivières encombrées est une excellente école pour bien lancer en nymphe au fil
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Influence du cisaillement des veines de courant

Lorsque vous abordez une zone calme en marge d'un courant puissant, il est important de soustraire la bannière au flot rapide dès l'impact, sous peine de voir votre montage rapidement balayé hors du ralenti prometteur. Dans ce cas de figure, la trajectoire retour de la nymphe doit être la plus verticale possible et la bannière assez détendue au moment de l'impact, pour favoriser la descente du montage dans la colonne d'eau ralentie. Ce cas de figure survient majoritairement dans les pêches à une seule nymphe.

Il existe plusieurs adaptations de lancer pour y parvenir, comme un coup de poignet sec ou une verticalisation de la trajectoire de la nymphe, en pointant la canne vers le ciel lors du blocage arrière (exemple du lancer à 1'29 sur la vidéo de Stéphane). Dans ce cas de figure, il peut être judicieux de relever la canne un peu plus qu'à l'accoutumée lors de l'impact de la nymphe, pour verticaliser également la mise en place du montage et éviter au maximum l'effet voile du courant adjacent.

Notez que ce protocole convient également lorsqu'un obstacle (type tronc d'arbre ou rocher) est intercalé entre votre position et le point d'impact choisi et qu'il faut "passer par-dessus".

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Verticaliser la trajectoire retour des nymphes permet de limiter l'effet cisaillement
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Cet article, bien que non exhaustif, vous confère une base de travail que tout pêcheur en nymphe devrait considérer à sa juste valeur, au même titre que d'autres thèmes comme le choix du lestage ou des matériaux de montage des nymphes. En effet, les subtilités du lancer en nymphe au fil sont nombreuses et conditionnent grandement la qualité de la dérive qui le suit. Nous en reparlerons dans le dernier volet de la série consacré à cette fameuse dérive!

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Notre série "Mieux pêcher en nymphe au fil" : 

Part 1 : le placement

Part 2 : le bon poids

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