Test longue durée : épuisette raquette pliante HPA Instanet

épuisette HPA

En matière d'épuisette pliante, l'entreprise française HPA propose un modèle Made in USA créé en 1955 et original à plus d'un titre ! Nous l'avons testé sur plusieurs saisons de pêche, notamment en lac d'altitude où l'utilisation de ce type de produit prend vraiment tout son sens : 

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Test statique :

Cette épuisette pliante se caractérise par des dimensions très compactes, elle mesure moins de 30cm de long une fois repliée ! Elle vient alors se loger dans un étui pouvant s'enfiler sur une ceinture (2 passants sont prévus à cet effet).

Avec une ouverture mesurant 40 x 28 cm, elle est adaptée aux poissons jusqu'à une quarantaine de centimètres.

Deuxième caractéristique marquante du produit : sa légèreté. En effet, avec un poids d'environ 140 gr pour le modèle filet tissu/manche en plastique, l'épuisette Instanet se fait carrément oublier en action de pêche, elle prendra ainsi une discrète place sur n'importe quelle ceinture de wading, et pourra vous accompagner sans gêne même si vous ne la dégainez pas à chaque prise.

Enfin, la société HPA propose au pêcheur de choisir le filet qui lui convient le mieux, trois sont disponibles selon vos préférences : 

  • 2 types de maille filet,
  • 1 maille caoutchouc.

Dans la lignée, il est possible de choisir un manche en tek ou en pastique et un fourreau cuir ou plastique.

Prix : 34.99 euros

NB : le pliage de l'épuisette nécessite un tour de main particulier et nous vous conseillons de bien le maîtriser avant la première partie de pêche de façon à vous évitez quelques déboires (d'autant qu'une fois le geste acquis, cela devient enfantin !). Pour vous aider, vous trouverez une vidéo ci-dessous. Notre conseil : placez une main sur le manche, l'autre au bout du cadre. Effectuez la première torsion comme illustré sur la vidéo puis continuez à tordre très légèrement dans le même sens tout en rapprochant doucement vos mains. Ne forcez pas c'est inutile ! 

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HPA
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HPA
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Simon Scodavolpe
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L'avis de Simon Scodavolpe, rédacteur en chef de Truites & Cie :

"De façon générale, lorsqu'on pêche de beaux poissons sur fil fin, l'usage de l'épuisette est recommandé à la fois pour assurer la prise mais aussi pour écourter le combat. Dans ma pratique de pêche en lac d'altitude, il m'arrive parfois de tomber sur quelques jolies truites qui nécessitent cet ustensile. Toutefois, ayant l'habitude de bannir le superflu en haute montagne, je m'en suis longtemps passé ! Depuis 2 ans, l'épuisette pliante HPA est apparue comme le produit parfait qui me tranquillise à chaque fois qu'une belle fario se tortille au bout de ma soie... Elle a d'autant plus facilement rejoint mon attirail que j'avais déjà opté pour le sac banane et le port de mon petit matériel à la ceinture. Le produit s'est avéré léger (j'ai opté pour la configuration la plus light : maille filet, manche et étui plastique), fiable dans la durée et surtout très peu encombrant une fois plié (caractéristique primordiale pour moi) ! Il bénéficie en plus d'une fabrication américaine à un prix défiant toute concurrence !"

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épuisette HPA
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Lien utile :

Les épuisettes HPA en ligne : 

HPA
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HPA

Une journée à une touche

truite PA

Dimanche 15/05/2022, 6h du matin.

Je n'irai pas jusqu'à dire que le réveil est difficile car une journée à la pêche est toujours plus agréable qu'une au bureau, mais la fonte bat son plein dans les Hautes Pyrénées et en particulier sur le gave de Pau, ce qui est généralement synonyme de faible activité des truites, d'une eau très (voire trop) haute et aussi claire qu'à la sortie d'une bétonnière... Décision prise donc de laisser les nymphes de côté et de sélectionner les plus beaux vers de terre que j'ai pu trouver...

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7h les pieds dans l'eau.

On ne voit pas le fond dans 10cm d'eau... Je me focalise sur une pêche de bordure, en même temps je n'ai pas vraiment le choix. Je m'équipe d'une canne de 3m30, une Native NII en l'occurrence, pour pouvoir passer relativement facilement sous les arbres et à travers la ripisylve inondée pour l'occasion. Qu'on se le dise, il n'y aura pas de grandes dérives aujourd'hui.

Tout ce passe comme prévu : à 8h pas une touche et plus grand chose à pêcher sur le spot initial...

Je décide donc de partir sur une autre plage, ou ce qu'il en reste...

Une fois arrivé, stupéfaction, deux pêcheurs sont en action, moi qui pensais être le seul fou au bord de l'eau ce matin, c'est loupé...

Le temps passe... Quitte à faire des dérives au dessus des herbes et des cailloux d'habitude émergés, j'opte pour un spot que je pêche très rarement, en tout cas jamais dans ces conditions...

Sans surprise pas une touche non plus ici...

9h30 je me fais à l'idée que cette matinée va ressembler à tant d'autres dans ces conditions. Ces jours-là, il ne faut vraiment pas avoir peur de tenter des choses, faire quelques ajustements et pour le coup je pêche plus lourd que de raison, mes fins de dérives coupent exagérément la veine, mes pairs auraient un malaise de voir ça...

Heureusement pas un pêcheur à la ronde pour juger ma technique du moment. J'arrive enfin sur cet intérieur de virage au courant régulier avec peu d'eau. Je me bats avec quelques branches pour continuer de peigner cette bande de 2/3 mètres qui pêche...

Fin de l'énième (courte) dérive, mon fluo est à moins d'un mètre du bord, la ligne est ultra tendue par le lestage exagéré et là, le temps s’arrête. Je suis littéralement foudroyé ! Je ferre illico et le travail démarre de suite avec un poisson qui se débat contre la berge dans 30cm d'eau. Vu les remous, je comprends très vite que c'est... « GROS » !!!

Je surgis de la végétation pour rentrer dans l'eau et je prie pour qu'elle ne parte pas plein bouillon trop vite. Plutôt coopérative au départ, elle remonte le courant plaquée au fond, me défie par quelques coups de tête bien appuyés avant de me foncer dessus... à croire que mes pieds feraient un embâcle parfait pour y caler ma ligne...

Je suis pris de vitesse, la voilà maintenant entre la berge et moi, en matière de placement on a vu mieux... Elle n'est pas prête et moi non plus d'ailleurs donc pas la peine de sortir la filoche... mais la chance est de mon coté, elle m'évite et me laisse le temps de regagner la bordure et me repositionner en aval de sa position. Mon palpitant résonne de la tête aux pieds mais les voyants sont au vert, j'ai de la place en aval, le matériel est de bonne facture et mon bas de ligne en 18,5/100 me permet d’être assez autoritaire dans le combat et la garder à bonne distance.

20 mètres plus bas et après 4 tentatives avortées pour mettre cette truite dans l'épuisette ça y est, elle est mienne... Cri de joie ou hurlement, je ne sais plus.... L’adrénaline redescend doucement mais le corps tremble encore. Je prends le temps d'admirer ce splendide poisson, ce "vrai poisson du gave" comme on dit ici, pas obèse, ni bossu, juste marqué par la vie...

J'essaye de ne pas trop le manipuler, je fais quelques photos dans l'eau et le voilà déjà reparti dans le fluide grisâtre.

Je reste assis un moment, il reste encore du linéaire à pêcher mais ma journée est faite, le téléphone ne tarde pas à sonner pour partager ce moment avec les amis.

Les tremblements me reviennent en écrivant ces lignes, c’était improbable mais c'était ma journée, une journée à une touche...

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truite PA

Pêche sur la Green River, Utah (1/2) : en Drift Boat avec Josh Hulbert

pêche Green River

Fin septembre 2019, avec mon ami Patrice, nous avons été invités par le guide Josh Hulbert à pêcher en bateau la fameuse Green River. Je pensais vous raconter cette extraordinaire journée lors du printemps suivant mais le Covid interdisant les voyages vers l’Amérique du nord, j’ai préféré reporter cet article pour éviter de vous faire saliver pour rien.

Depuis novembre dernier, il est à nouveau possible de voyager vers les USA et je pense que nous sommes nombreux à planifier d’y aller cette saison. Voilà donc de quoi vous donner peut-être envie d’aller faire un petit tour dans l’Utah.

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Je rencontre Josh pour la première fois en septembre 2018. Cela fait un moment que nous échangeons sur la pêche aux USA via les différents réseaux. Mon périple annuel outre-Atlantique me faisant atterrir à Salt Lake City cette année-là, nous avons prévu d’être ensemble au bord de l’eau dès le lendemain de mon arrivée. Le rdv est fixé sur les berges de la Weber River et nous y passons une très belle journée de pêche à la mouche lors de laquelle nous pouvons comparer nos différentes techniques et nos boites d’imitations. Ce qui est immédiatement remarquable chez Josh, juste après son énorme 4X4, c’est son extrême gentillesse et sa générosité.

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Josh Hulbert
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Nous nous quittons alors que j’ai récupéré de nombreuses informations et lieux de pêche pour les jours à venir. Mais nous avons surtout pris rdv pour l’année suivante. Il veut absolument me montrer sa rivière préférée, la Green River dont il m’a longuement parlé et me la faire découvrir à bord de son embarcation.

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Green River
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Dutch John revendique la plus grosse mouche du monde...
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C’est donc un an plus tard que nous arrivons, tard le soir, à Dutch John pour y retrouver Josh et son sourire. C’est bientôt la fin de notre séjour que mon partenaire qualifie de « marathon de la pêche ». En deux semaines nous avons parcouru 5000 km, pêché 13 rivières différentes dans 5 états avec 6 permis (Wyoming, parc du Yellowstone, Montana, Idaho, Oregon et Utah). Notre motivation est cependant intacte en arrivant dans cette minuscule ville de quelques dizaines d’âmes, qui sert de base aux nombreux guides de pêche du secteur. Seul le restaurant du « Flaming Gorge resort », où nous devons passer la nuit, peut nous accueillir pour le dîner.

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Josh Hulbert
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Bien sûr, lors du repas, la conversation tourne essentiellement sur notre virée du lendemain. Josh nous explique le programme à venir et nous donne beaucoup d’informations sur « sa » rivière qu’il connait si bien.

La Green River, longue de 1175 km, est le principal affluent du Colorado. Elle prend sa source dans le Wyoming, dans la cordillère de Wind River. Le secteur qui intéresse le plus les pêcheurs se trouve dans l’Utah en aval du barrage de Flaming Gorge. La construction de l’ouvrage s’est étendue de 1958 à 1964. Il aura fallu pas moins de 7 ans pour remplir l’immense réservoir de Flaming Gorge, long de 146 km. Comme tout barrage, celui-ci a eu un impact important sur les espèces indigènes bloquant la migration des poissons. Cependant, l’eau qui était porteuse de limons et assez chaude est maintenant froide et claire tout au long de l’année, créant ainsi des conditions idéales pour les truites sur 45 km de rivière.

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Green River
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Au niveau du barrage, en mélangeant des couches d’eaux différentes, la température est contrôlée de manière à permettre une croissance optimale des poissons. Il résulte de cela, une des meilleures et plus célèbres tailwater des USA.

Au début des années 90, les comptages de truites rapportaient des chiffres incroyables : 22 000 poissons par mile dans les premiers kilomètres en aval du barrage. A titre de comparaison avec d’autres rivières mythiques, c’est 5 500 poissons par mile pour la Henry’s Fork dans l’Idaho, 4 500 pour la Madison, 5 000 pour la Bighorn River et 5 500 pour la Missouri river dans le Montana. Beaucoup moins de poissons sont aujourd’hui introduits dans la Green mais la taille moyenne des truites est plus élevée. Il est possible de garder 2 poissons par jour mais toutes les truites entre 13 et 20 pouces doivent être relâchées et comme souvent avec de telles règles la rivière n’attire pratiquement plus que des adeptes du « catch and release ». Les derniers comptages donnent entre 8 000 et 14 000 poissons par mile selon les secteurs, ce qui reste supérieur à toutes les autres rivières.

Des informations bien propices à la rêverie…

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Green River
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Nous retrouvons Josh, le lendemain, dès le petit matin. Le bateau est prêt et le nouveau 4X4 de notre guide, toujours aussi imposant.

Avant de le mettre à l’eau, nous passons par la compagnie de guides dont dépend Josh pour s’enregistrer en vue de la descente de la Green River en bateau.

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Green River
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C’est l’occasion d’affiner la stratégie de la journée avec les dernières informations. La zone de pêche en drift boat est découpée en trois sections : A, B et C. Juste sous le barrage, la section A abrite des truites arc-en-ciel et des farios, la B et la C essentiellement des farios.

Le secteur A, appelé aussi « Red Canyon » est le plus spectaculaire et celui avec la plus grande densité de truites mais c’est celui qui concentre la grande majorité des pêcheurs.

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Josh Hulbert
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Une truite arc en ciel record prise par notre hôte sur le secteur A
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Connaissant mon aversion pour la foule, Josh prévoit de mettre à l’eau à « Little Hole » au début du parcours B et de faire une partie du C. C’est une longue et belle journée qui s’annonce…

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Green River
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Green River
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La mise à l’eau de l’embarcation est une simple formalité pour Josh.

Après un rapide briefing sécurité nous enfilons les gilets de sauvetage et c’est parti !

Le paysage est sublime et l’eau d’une couleur incroyable. Nous dévalons un magnifique canyon totalement inaccessible autrement qu’en bateau.

Josh maîtrise parfaitement son embarcation dans les courants. Il a perfectionné sa technique sur la Yellowstone River lors d’un stage dans la célèbre « Sweatwater Guide School ».

Très vite, nous prenons les premiers poissons, en dérive et en plein courant, en pêchant en nymphe.

C’est pour nous une nouvelle manière d’attaquer les poissons et combattre une truite en se laissant dériver est pour le moins inhabituel...

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Green River
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Après plusieurs poissons amenés à l’épuisette, nous repérons un poste qui nous parait favorable pour pêcher en wading. En quelques coups d’avirons, nous voilà en place. Nous retrouvons alors une pêche que nous connaissons bien, mais sur des postes totalement inaccessibles sans le bateau, ce qui nous donne le sentiment d’être extrêmement privilégiés.

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Green River
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Nous continuons ainsi à prendre quelques Farios, toujours en nymphe, le grand soleil qui nous accompagne n’étant pas propice aux éclosions.

Notre guide profite d’un de ces arrêts pour me montrer les mouches qu’il a à disposition, à bord, pour ses clients et le choix est grand en « montages maison ».

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Green River
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Green River
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Green River
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Green River
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Après avoir ainsi pêché plusieurs secteurs rapprochés en wading nous reprenons la descente de la rivière et nous arrivons sur la partie la plus turbulente de notre virée. Bien que le niveau d’eau ne soit pas particulièrement élevé, certains passages sont assez sportifs. Notre guide maîtrise parfaitement son embarcation et prend même un vrai plaisir de pilotage sur ces secteurs. Nous sommes de notre côté ébahis par la beauté de la Green River et la variété des paysages.

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pêche Green River
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pêche Green River
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La Green River change de profil en arrivant sur le secteur C. C’est une rivière plus large et plus lente mais les paysages sont toujours aussi beaux et les truites bien présentes. Nous continuons de prendre régulièrement de belles Farios sans qu’il y ait vraiment de pic d’activité.

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pêche Green River
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Nous sommes absolument seuls depuis que nous avons quitté le secteur B et profitons pleinement du plaisir de descendre cette merveille de rivière sur une embarcation aussi fonctionnelle.

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pêche Green River
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La pêche en Drift Boat est souvent décriée de notre côté de l’atlantique. Elle est considérée comme un moyen de faire prendre des poissons à des pêcheurs inexpérimentés avec des nymphes sous une sorte de bouchon. La compagnie WRF, pour laquelle travaille Josh, s’interdit certaines pratiques et un de ses guides ne propose que de la pêche en sèche. Pour ma part, je trouve cela parfaitement adapté au milieu.

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pêche Green River
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Il est possible, comme nous l’avons beaucoup fait lors de cette journée, d’utiliser le bateau comme un moyen d’accès à des postes inaccessibles autrement et de pêcher uniquement en wading si on le désire. En dérive, si vous pêchez en sèche ou au streamer, il y a un côté excitant dans les secteurs rapides à voir s’ouvrir une fenêtre entre 2 obstacles. Il faut alors agir vite et avec précision.

Comme le dit John Gierach : « la pêche en Drift Boat est un luxe inouï !». Je vous invite à lire ou relire Sur la tombe du pêcheur inconnu (chapitre 19).

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truite Green River
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Patrice aura pris le plus beau poisson de la journée en suivant les conseils de notre guide.
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La fin de journée approche et nous sommes environ au milieu du secteur C. Josh rejoint la berge et nous apercevons alors son véhicule qui nous attend descendu là par le service de navette de WRF. Une organisation extrêmement efficace tout comme la sortie du bateau avec la remorque, encore plus rapide que la mise à l’eau.

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pêche drift boat
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Le seul petit regret de cette journée est de pas avoir vraiment pu pêcher en sèche. Comme souvent, avec les grandes tailwater nord-américaine, il faut compter sur une météo plus favorable (ciel couvert, pluie légère…) pour avoir de vraies éclosions et pêcher les gobages. Nous avons un peu essayé, sans succès, de pêcher les bordures avec des imitations de sauterelles mais il aurait probablement fallu une journée un peu plus venteuse pour apporter quelques insectes sur l’eau.

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truite Green river
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cigale Green River
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Josh nous indique que pour la pêche en sèche, il y a une période à ne pas manquer sur la Green. La fameuse « Cicada Hatch » ! Ce n’est pas, malgré le nom, une éclosion mais une retombée de terrestres... des cigales !

Cela débute fin mai ou début juin quand ces insectes, extrêmement nombreux dans la vallée, volent à la recherche de partenaires. Leur arrivée sur l’eau rend les truites complètement folles et le festin dure environ un mois. Je n’ai pas eu l’occasion d’assister à ce spectacle mais j’espère bien être un jour présent dans la région lors de cet événement...

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Cigale Green river
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truite Green River
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Fario ayant succombée à l’imitation de cigale de Josh
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Depuis quelques années, Josh a acquis un nouveau bateau (type Bass Boat) et propose également de vous accompagner pour la traque des carnassiers à la mouche. Brochet, Musky et Smallmouth Bass sont les cibles et le Wisconsin, dont il est originaire, le terrain de chasse.

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Pêche musky
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Je dois le retrouver en septembre prochain dans l’Utah pour partager quelques journées au bord de l’eau et aurai alors probablement d’autres informations pour vous donner envie de préparer votre sac de voyage vers de nouvelles destinations...

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Green River
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Infos pratiques :

Josh Hulbert

00 1 360-918-1502

Josh.hulbert916@gmail.com

 

WRF guides

Wrfguides.com / 435-790-6465

555 South Center Street, Dutch John

Utah 84023

 

Flaming Gorge resort

Flaminggorgeresort.com / 435-889-3773

1100 E Flaming Gorge Resort, Dutch John

Utah 8402

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pêche Green River

A la recherche de l’omble de fontaine

saumon de fontaine

Quand les roches déchiquetées et laminées se détachent des cimes vertigineuses et viennent terminer leur dégringolade sur les berges pentues d’un lac de montagne, quand la végétation se raréfie et n'est plus constituée que de maigres brins de gispet bordant de petites piscines sauvages aux eaux limpides et glaciales... alors nous pénétrons sur le territoire de l’omble de fontaine ! Comment ne pas sublimer ces moments où nous cheminons canne en main sur les berges couvertes d’éboulis, escaladant les blocs erratiques afin de croiser le chemin d’un de ces sublimes salmonidés ? Comment rester insensible à la divine robe qu’arbore ce poisson ? Dès le premier regard le moucheur se perd dans les vermicules et taches rouges et blanches qui l’habillent...

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Le maître des milieux rudes d'altitude

Vous l'avez compris, au travers des lignes qui vont suivre je veux partager avec vous mon amour des raidillons scabreux dans les éboulis, des bivouacs au bout du monde et des escalades aventureuses afin d’atteindre les ombles de fontaine les plus lointains.

L’omble de fontaine nous vient d’Amérique du Nord et fût introduit avec plus ou moins de succès dans les Pyrénées et les Alpes dans les années 30. Aujourd’hui nous continuons à aleviner de nombreux lacs de montagne en saumon de fontaine, en particulier ceux où la truite fario ne trouve plus de bonnes conditions d’acclimatation. C’est le poisson des milieux pauvres et froids par excellence, le seul qui arrive à se développer à hautes altitudes. Sa reproduction se fait généralement sur les ruisseaux et tributaires mais peut aussi se produire dans des résurgences de certains plans d’eau. 

Sa grande agressivité, en particulier dans les milieux de l'étage alpin, le rend vulnérable à la pression de pêche. De fait son introduction devrait être réservée aux étangs les plus reculés et les moins accessibles. En effet, ce beau salmonidé est parfois pris de frénésie alimentaire, ce qui permet de ferrer de nombreux individus d’une taille souvent comprise entre 20 et 23cm (il atteint rarement des longueurs impressionnantes en raison d'une croissance limitée par la rudesse de son habitat et sa longévité modérée).

Passionné par la recherche des grosses truites en rivières, je prends toujours un immense plaisir à leurrer des ombles de fontaine de toutes tailles que mes nombreuses escapades en montagne me font rencontrer. J’assume complètement la joie que me procure la prise de nombreux poissons d'à peine 20 centimètres sur un miroir d’altitude à 2700 mètres loin de cette civilisation en perdition !

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pêche omble fontaine
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Lac typique à saumon de fontaine
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Des choix stratégiques néanmoins importants

Bien que réputé pour son agressivité et sa relative complaisance aux divers appâts ou mouches qu’on lui présente, il peut aussi lorsqu’il atteint une certaine taille, faire preuve d’une grande méfiance. Non, l’omble de fontaine n’est pas toujours affamé et prêt à se jeter sur n’importe quelle mouche !

En fait les ombles de fontaine sont très agressifs quand ils sont petits et surtout lorsqu’ils vivent dans des milieux ultra-pauvres (lac et cours d’eau entre 2400m et 2800m)... dans les lacs plus riches à altitude plus faible, là où leurs effectifs sont souvent moindres, ils peuvent faire preuve d’une grande méfiance.

Je n’oublierai jamais ce gros omble de fontaine (estimé à 45/50 cm) collé à l’ombre d’une paroi verticale d’un lac du Luchonnais qui refusa à plusieurs reprises mes imitations présentées sur du 10/100 et qui finit par s’éloigner lentement alors que dans les minutes précédentes, je l’imaginais déjà sous l’objectif de mon appareil photo !

La recherche spécifique de l’omble de fontaine tout au long d’une saison de pêche justifie un choix de lac judicieux afin de rencontrer ces poissons dans les meilleures conditions :

En effet, ces salmonidés détestent les eaux glaciales faisant suite à la débâcle, tout comme les coups de froid soudain qui les font descendre en profondeur. En revanche ils adorent les eaux réchauffées et une température stable. Pour cette raison, vous verrez souvent ces poissons rôder dans les anses peu profondes et sédimentaires en début de saison, et sur les hauts fonds où ils trouvent des couches moins froides.

Le choix du lac est fondamental et dépend de l’altitude, l’exposition, la profondeur et donc du moment de la saison (NDLR : voir à ce sujet notre article détaillé sur le choix du parcours en lac de montagne ici).

L’omble de fontaine peut se pêcher en sèche, en nymphe et au streamer mais dans les eaux cristallines de nos lacs, la sèche et la nymphe à vue sont mes procédés de prédilection. Les ombles de fontaine que j’ai pris au streamer étaient accidentels car c’est le type de pêche que je réserve aux cristivomers... cette méthode spécifique est donc possible bien que sans intérêt pour ma part.

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saumon de fontaine
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La sèche à vue, la technique préférée de l'auteur
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L'omble de fontaine en mouche sèche à vue

La recherche de ce poisson en aveugle, en pêchant l’eau, apporte de bons résultats en particulier lorsque les ombles se tiennent près du fond et ne sont donc pas repérables. Une bonne connaissance des postes où ils évoluent est alors indispensable.

Mais c’est pourtant bien en exerçant une pêche à vue que tous les plaisirs sont décuplés, transformant cette quête en une recherche minutieuse des plus beaux poissons ! Cette pêche sélective permet de se consacrer majoritairement aux plus gros individus et épargne les sujets plus petits de blessures inutiles. Actifs souvent en pleine journée et au soleil (contrairement aux autres salmonidés de montagne), repérer les plus gros individus est toujours très amusant.

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saumon de fontaine
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Lorsque l’on recherche l’omble de fontaine en sèche, on constate que suivant la réalité écologique du moment (degré d’activité, quantité d'insectes...etc), ces poissons sont plus ou moins réactifs à la dérive qu’on leur propose : le choix entre une dérive inerte ou un dragage volontaire est souvent déterminant pour déclencher la prise ou le refus de la mouche.

Par exemple, certains jours sans vent où les ombles de fontaine sont à l’affût de chironomes ou de fourmis, le dragage peut les terrifier...

En revanche, en présence de sialis ou lorsqu’une brise ondule la pellicule de surface, le dragage volontaire peut s’avérer un stimulus déclencheur ! De même, quand vous bivouaquez sur une pelouse d’altitude près du lac lors du coup du soir, les dragages volontaires sont parfois décisifs pour faire monter un salmonidé...

Le choix de l'une ou l'autre des 2 présentations est déduit de la réaction des premiers poissons repérés : lors d’une dérive draguée si les poissons s’enfuient, n’insistez pas, présentez en statique !

Par ailleurs, lors de votre journée, n’oubliez pas que rien n’est figé et qu’une stratégie très efficace à un moment donné peut soudain devenir inadaptée en fonction des variations des conditions...

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pêche lac
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Mouche draguée ou dérive inerte, à vous de vous adapter !
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Le choix de la mouche pour l’omble de fontaine est proche de celui qui prévaut pour les autres salmonidés de montagne. Je vous invite à relire l’article que j’avais écrit à ce sujet l’année dernière (ici), toutefois je rajouterai quelques remarques spécifiques pour Salvelinus Fontinalis

Pour les mouches présentées en dérive inerte, rien ne change vraiment par rapport aux modèles classiques assez petits et sombres utilisés en lac de montagne, excepté que vous pouvez en dresser quelques-uns en taille supérieure.

Pour les mouches à draguer en revanche, n’hésitez pas à les monter dans des tailles franchement plus grosses : plus elles créent un sillage franc et perturbent la pellicule de surface, plus cela peut attirer de loin un omble agressif. Le plouf provoqué par l’atterrissage de la mouche sur l’eau à l’instar d’une nymphe, provoque aussi certaines fois des attaques fulgurantes, l’omble de fontaine croyant certainement à la chute accidentelle d’un insecte terrestre... Attention, lorsqu’ils traversent de multiples couches d’eau tel de mini-fusées pour se saisir de votre artificielle, les saumons sont toujours impressionnants : une casse nette et sans bavure est parfois possible tant ils gobent l'artificielle avec vigueur.

Après ces quelques mots, les lacs n’attendent plus que vous : bonne ouverture !

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saumon de fontaine

L’aspe à la conquête de la Gaule

pêche aspe

Pour le pêcheur à la mouche, poisson blanc est souvent synonyme de mauvaise surprise ! Combien de grosses truites apparaissent finalement avec des lèvres bien trop pulpeuses pour qu’on ose s’afficher en leur compagnie sur les réseaux ? Et ne parlons pas des hordes de vandoises et autres satanés spirlins, toujours plus rapides à se saisir des mouches que les ombres ! La carpe et le barbeau ont certes leurs adeptes, mais ça ne suscite pas – encore – l’engouement des moucheurs français. L’aspe, carnassier au caractère brutal, attire quant à lui depuis son arrivée en France les pêcheurs à la mouche vers des contrées sans fin et jusqu’alors inexploitées : les eaux vives de seconde catégorie.

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Un cyprinidé singulier

Parmi les poissons blancs, l’aspe fait figure d’exception. S’il lui arrive de focaliser son activité sur des mouches de mai, de gros trichoptères, ou des croûtons de pain balancés aux canards, ce qu’il préfère c’est taper allègrement dans un banc de poisson blanc, Leuciscus aspius est en effet un poisson piscivore. Il a d’ailleurs une nette préférence pour l’ablette qu’il attaque frénétiquement en surface.

S’il est carnassier, l’aspe n’en reste pas moins un poisson blanc, sans estomac pour stocker des proies volumineuses, ni dents maxillaires pour s’en saisir. Il n’a d’autre choix que de gober ses proies et les broyer entre ses dents pharyngiennes pour les ingérer et digérer. Pour y parvenir, il doit agir avec plus de vitesse que les poissonnets qu’il convoite...

Parfois, cela produit un gobage sourd et franc. Souvent, les attaques produisent de gros bouillons très sonores qui font gicler la blanchaille. Pour saisir la proie tête la première, l’aspe vient généralement du fond en amont d’elle, puis au dernier moment vire et utilise le courant pour amplifier sa vitesse. Le volume d’eau déplacé durant la manœuvre est considérable. Au passage, l’un ou l’autre poissonnet peut être assommé, une aubaine pour le grand blanc ! Sous les chutes d’eau et partout où les ablettes se rassemblent en banc compact, des dizaines de poissons peuvent se retrouver à chasser simultanément jusqu’à en devenir totalement frénétiques. Pour autant, les assauts ne semblent pas l’œuvre d’une coordination grégaire, mais bien d’une multitude d’individus profitant du chao qui règne dans le banc de fourrage.

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aspe
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Un fort potentiel colonisateur

Originaire d’Europe central, entre Danube et Baltique, l’aspe a été capturé pour la première fois dans les filets d’un pêcheur professionnel du delta de la Sauer, au Nord de l’Alsace en 1972. Mais il faudra attendre la fin des années 80, la dépollution et le retour de concentrations d’oxygène optimales dans le Rhin pour que ce grand blanc y élise domicile. La première capture sportive renseignée sur le territoire national est celle de Raymond Roehm. À la mouche, il recherchait les truites de mer, nombreuses à l’époque sur le Rhin. Le poisson massif mesurait 85 cm. C’était en 1989 à l’aval du barrage de Gambsheim.

Depuis il est présent dans les affluents, les canaux et les plans d’eaux libres. Il se cantonne dans la zone à brèmes et l’aval des zones à barbeaux et ne remonte pas très haut sur les cours d’eau.

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aspe
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© N. Meynard
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S’il a une préférence pour les eaux courantes et les grosses veines d’eau, il ne dédaigne pas les eaux calmes si elles sont suffisamment claires et végétalisées. L’aspe fait son apparition dans la Moselle à la fin des années 90. Il est aujourd’hui présent dans la rivière et ses principaux affluents (Seille, Meurthe) jusqu’à la limite du département des Vosges.

Dix ans plus tard, on le retrouve sur la Meuse dans le département des Ardennes. Dès 2000, l’aspe fait son apparition dans la Loire. Ce sont d’abord de petits sujets pris au coup du côté d’Orléans, puis de plus gros au leurre au niveau de Tours. Dans le fleuve et ses affluents (Allier, Vienne, Cher…), Leuscicius aspius trouve un habitat de premier ordre où il prospère. La progression de l’aspe dans le territoire ne s’arrête pas là. Et ces dernières années, tout semble s’accélérer. Il y a 3 ans, des captures sont recensées sur l’Oise, l’an passé sur la Seine en amont de Paris, cette année au Trocadéro ! La colonisation du bassin de la Seine est en cours. De Gray à Lyon,  quelques captures d’aspe ont été signalées en Saône cette année. Il arrive aussi dans le bassin du Rhône. Mais où s’arrêtera-t-il ?

L’interconnexion du réseau hydrographique explique cette progression de l’espèce. Mais comment expliquer l’arrivée de l’aspe sur le bassin de la Loire au début des années 2000 ? L’hypothèse la plus probable reste l’empoissonnement involontaire. Depuis des décennies la demande en gardon pour le repeuplement est supérieure à la production nationale. Pour y pallier de gros pisciculteurs se fournissaient auprès de pêcheurs à la senne de Baltique. Il est donc fort probable que les aspes ligériens soient arrivés au milieu de gardons baltes. Depuis, ils ont trouvé dans le fleuve et ses affluents (Allier, Vienne, Cher…) tout aussi sauvages un habitat de premier ordre où ils prospèrent.

Pour autant, l’aspe n'est pas un poisson autochtone. Tout du moins, il ne figure pas sur la liste fixant les espèces autochtones du 17 décembre 1985. S’il est toléré de remettre ses prises à l’eau – il n’est pas non plus une espèce exotique invasive – son introduction reste interdite dans les eaux libres. Impossible donc de commander de l’aspe chez un professionnel pour l’introduire dans les lots de pêche dans son AAPPMA !

Maintenant, ce n’est donc plus qu’une histoire de patience : attendre que le grand blanc descende la Rhône, emprunte le canal de Midi pour rejoindre le bassin de la Garonne. Cela prendra peut-être encore quelques décennies, mais l’aspe va poursuivre son expansion vers le sud pour conquérir toutes les zones favorables de notre territoire.  Si vous avez l’âme d’un explorateur, que vous êtes prêt à pêcher sans relâche une chimère, alors vous disposez d’un terrain de jeu totalement vierge. Un jour enfin, vous observez ces attaques ou vous ressentirez cette touche, si caractéristiques de l’espèce. C’est une certitude.

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pêche aspe
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© N. Meynard
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L'aspe à la mouche, un fantasme pour de nombreux pêcheurs !

Pour nous, en Alsace, l’histoire a commencé fin des années 90.  Ici, la pêche à la mouche du brochet ou encore de la carpe avaient déjà beaucoup d’adeptes... Celle de l’Aspe a naturellement été un nouveau terrain de jeu pour les pêcheurs locaux.

Les aspes, ils ne passaient pas inaperçus : des chasses frénétiques au coup du soir, des attaques et coup de queues violents dans les ablettes ! Ces poissons massifs et nonchalants qui sillonnaient les darses du Port de Strasbourg nous envoûtaient. 

Ainsi quelques pêcheurs se sont mis en tête de leurrer l’Aspe avec des mouches. En discutant au bord de l’eau avec certains anciens qui se sont intéressés à ce poisson (Raymond Roehm,  Jean Louis Preisser, Stephane Weil…), les idées et envies de leurrer ce poisson avec une canne à mouche furent plus qu’un rêve, une quête !

On ne va pas se mentir : nos débuts furent très laborieux ! Cannes inadaptées, streamers trop lourds, soies sans bon profil de lancer pour un popper : côté matériel ça n’allait pas ! Côté stratégie, ce n’était pas cela non plus : mais où et quand fallait-il les pêcher ?

Avec David, nous nous souvenons encore, c’était un mois de Septembre avec de superbes couleurs automnales... Nous nous sommes mis, ce jour-là, à pêcher avec une canne à deux mains sur les rives du Rhin, espérant rencontrer une flèche d’argent. Quelle misère... Vent, profil de soie non adaptée pour la taille des mouches prototypes (dérivées de nos streamers à truite, saumon ou brochet)... Un brochet avait mordu sur le montage double streamer de David... qu’il lançait en Overhead (au-dessus de la tête) avec une 14 pieds soie 9 dans le sens du vent... et j’avais pris un bon gros strike en fin de dérive sans voir le poisson au bout de la ligne. Nous restions dans l’inconnu...

Après un ou 2 voyages au saumon Atlantique en Russie début des années 2000 et la rencontre de Benny Lindgren (fantastique pêcheur de saumon ), je compris qu’il fallait chercher à pêcher avec des nouvelles techniques de lancer SPEY et des mouches inspirées de la pêche des truites Steelhead ou des saumons Atlantique…. Notre chemin vers la pêche de l’Aspe à la mouche reprit de plus belle ! Mais cette fois-ci, c’était avec une nouvelle approche en poche !

Pour la conception de mouches adaptées aux flèches d’argent, nous nous sommes beaucoup inspirés des créations de l’ami Martin Gerber. Ce pisciculteur qui consacre sa vie à l’élevage des saumons du Rhin est aussi un monteur hors pair d’intruders, leechs et gurglers à steelhead... Sa créativité et ses idées à les adapter à l’aspe ne manquaient pas... Pas de stress si vous n’êtes pas des virtuoses de l’étau : un gros marabou ou bucktail de couleur claire fait l’affaire !

Après plusieurs années - décennies maintenant -  d’utilisation de différents modèles de mouches, quelques-unes sont sorties du lot, vous trouverez ci-dessous un kit de départ à tester :

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mouches aspe
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Nous l’avons vu plus haut, nos déboires des débuts étaient avant tout liées à un matériel inadapé. Aujourd’hui, j’ai trouvé à faire face à toutes les situations en utilisant 3 cannes différentes

  • Une canne à une main type Saumon Castillon Breton, une 10' soie 6 avec une tête de lancer Short head pour la pêche aux poppers et streamers de 6 à 10 cm, en canaux et ports de plaisance, ainsi qu’en rivières moyennes,
  • Une canne à deux mains type TroutSpey avec 2 types de têtes de lancers Shorthead et  Scandi, pour les rivières moyennes, la pêche en surface avec insecte l’été et petit streamer,
  • Une canne à deux mains type Saumon une 12' soie 7 avec une tête Scandi pour les streamers avec différents poly leaders et une short Head Scandi pour la pêche de surface avec popper en fleuve comme le Rhin ou d'autres type Moselle, Loire...
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HOH
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Du mental et de la créativité !

Ensuite, la pêche est assez simple dans sa mise en œuvre ! L’essentiel c’est dit croire... L’Aspe est un poisson aux 1000 lancers ! Il peut chasser sans jamais prendre, se ruer sur la mouche et faire volte-face au dernier moment.   

En rivière et fleuve, les postes de prédilection des aspes sont les structures qui viennent perturber les courants. Les piles de pont à l’amont comme à l’aval sont toujours d’excellents postes, tout comme les épis, les enrochements et les embâcles. S’il n’y a rien pour rompre le courant, il faut chercher à localiser la position des bancs d’ablettes dans la veine d’eau. Souvent en tête de courant, l’été quand l’eau est chaude, plus en queue au printemps et à l’automne.

Enfin, l’aval immédiat d’un seuil et d’un barrage représente ce qu’on fait de mieux en matière de poste à aspe. La plupart des secteurs concernés sont en réserve de pêche. Mais si vous connaissez des seuils autorisés, n’hésitez pas une seconde ! Si vous voyez des chasses à la surfaces dans les ablettes en plein courant... c’est eux !

Pour les animations de vos streamers, leechs, intruders ou encore popper tout est possible ! L’aspe est un poisson véloce qui réagit bien aux animations rapides en RollyPolly, canne sous le bras. Là attention ! La touche peut être très violente et votre canne peut partir d’un seul coup ! Bon, on a toujours la soie en main. En eau courante, avec le dragage de la dérive, une légère animation est souvent suffisante. La pointe du bas de ligne gagne à ne pas être trop fine - au moins 24/100 - sans quoi avec une ligne tendue dans le courant, la casse à la touche est quasi-garantie. Il arrive aussi que le grand blanc attaque en dérive inerte, et uniquement comme ça !

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pêche aspe
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© N. Meynard
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En eaux calmes aussi !

Il n’y a pas que dans les courants qu’il y a des aspes. Ils ont aussi colonisé les canaux, ports de plaisance et plans d’eau connectés. Ces aspes ont un comportement complètement différent de leurs cousins de rivière.

Ayant un régime alimentaire varié, ils se retrouvent dans différents endroits : en bordure d’herbier entrain de faire des allers-retours, en pleine eau juste sous la surface en position statique, se dorant la pilule au soleil, par tempête de ciel bleu sans vent. On les retrouve aussi avec les cygnes et les canards, pour leur chiper un morceau de pain.

La pêche de l’Aspe en canal et port est une pêche à roder... où le vélo voire le bateau sont bons à prendre pour prospecter plus rapidement. On est souvent tenté de les pêcher à vue. Ce n’est pas une mince affaire. Ça finit souvent par un refus. C’est là qu’il faut puiser dans nos expériences avec les chevesnes, brochets, carpes, black-bass ! On peut lui lancer sur la queue pour chercher une attaque réflexe, poser délicatement une Daddy Long Legs bien en avant de sa trajectoire ou faire draguer un Grass Hopper. Le popping « pleine balle », comme on dit, est une bonne manière d’intercepter des poissons en croisière au large. On peut même tenter une mouche croûton de pain au passage des maraudeurs cherchant à prendre de vitesse les canards. Il faut juste prendre soin d'être même plus rapide que les canards, et retirer la mouche à temps...

Toutes les opportunités sont bonnes à pêcher ! L’aspe en est une nouvelle pour les pêcheurs à la mouche français. Avec son expansion, il devient de plus en plus accessible. Les fronts de colonisation vers la Seine, le Rhône sont la promesse de populations dynamiques et d’individus vierges de pêche. L’aspe est un cyprinidé, il s’éduque très vite. C’est là que la traque de cette flèche d’argent  devient très vite excitante, enivrante, avec cette petite touche de frustration qui fait qu’on y revient !

 

Photos et texte des auteurs sauf mention contraire

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aspe

Test : les chaussures de wading Light Field and Fish

Field and Fish

Dans le domaine des chaussures de wading légères, une nouveauté 2022 a retenu notre attention : il s'agit du dernier modèle Light de l'enseigne française Field and Fish. Voici un descriptif technique de ce produit prometteur qu'il faudra maintenant évaluer sur une longue durée d'utilisation !

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TEST STATIQUE : 

Parmi les caractéristiques techniques remarquables de la chaussure Light Field and Fish, notons la présence :

  • d'une semelle Michelin semblable au pneu neige Alpin, gage d'adhérence sur terrain mouillé. Elle comporte des oeillets d'évacuation de l'eau sur la partie intérieure. Soulignons la présence d'emplacements de fixation de clous (9 par chaussure, offerts à l'achat sur demande) pour accroître encore l'accroche,
  • d'un système de fermeture au choix (2 sangles velcro ou système ATOP avec molette de laçage).

Le confort de pêche est assuré par :

  • la légèreté du produit : 1200 gr la paire en 43 avec sangles velcro,
  • un pare-choc avant imitation cuir qui autorise la pratique en terrain caillouteux.

Chaussures adaptées aux pieds fins

Prix : 199 euros pour la paire à fermeture ATOP ou 169 euros avec sangles velcro, garantie 2 ans.

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Field and Fish
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Version serrage ATOP
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Field and fish
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Version sangles velcro
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Les conseils du fabricant :

  • Prendre sa taille de ville en mettant de grosses chaussettes.
  • Les tailles de chaussures de wading comprennent l’épaisseur du chausson Néoprène des waders ou des pantalons de wading.
  • Pour préserver vos chaussures et éviter une usure prématurée, nous vous conseillons de les faire sécher à l’ombre, graisser les coutures pour éviter le dessèchement de celles-ci.
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Julien Vérove
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L'avis de Julien Vérove, compétiteur de pêche à la mouche de 1ère division :

"J'ai testé les chaussures (modèle avec serrage ATOP) depuis presque 3 mois dans différentes conditions : torrent de montagne avec gros blocs, petite rivière et grande rivière de début de saison avec des algues...etc.

Tout d'abord, les chaussures sont vraiment très légères ! Le serrage est pratique, rapide et efficace, la cheville étant bien maintenue, ce qui est important en montagne ou dans les forts courants. 

A la marche, la semelle est souple afin que la gomme épouse bien le substrat rencontré. Concernant l'accroche, j'ai été bluffé par son grip sur les gros blocs secs ou mouillés en torrent de montagne. Sans clou, la semelle Michelin accroche vraiment. On peut sauter de cailloux en cailloux sans avoir peur !

Sur des rivières plus larges de début de saison ou le film algal est encore bien présent, la semelle joue bien son rôle et l'accroche est grandement améliorée avec quelques clous sur la semelle. L'évacuation d'eau est enfin excellente...

Test toujours en cours pour étudier sa longévité maintenant !"

Vidéo
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L'avis de la rédaction :

Avec leur poids ultra-léger et leur semelle Michelin, ces chaussures se destinent en premier lieu aux pêcheurs effectuant des marches d'approches longues lors de prospections intenses en eaux rapides, et plus généralement à tous ceux qui recherchent une bonne accroche à la fois dans la rivière mais aussi sur les berges.

Après avoir été munis d'un prototype avec sangles velcro, nous avons porté cette chaussures pendant plusieurs mois en fin de saison dernière. Pour évaluer l'intérêt de la semelle Michelin, nous nous sommes même rendus sur un parcours intensivos espagnol durant l'hiver, caractérisé par un substrat glissant comme une savonnette. L'accroche s'est révélée excellente et supérieure à celle de semelles vibram plus classiques (même si cela est difficile à quantifier !).

Elles se font totalement oublier en action de pêche grâce au combo légèreté + souplesse (vous aurez l'impression d'être dans des chaussures de trail ou de rando légères).

Avis à tous ceux qui privilégient le confort et le poids comme critères de choix principaux (elles se démarquent en ce sens des modèles Andrew dont nous nous sommes déjà fait l'écho dans ces colonnes). 

A suivre sur le long terme !

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LIEN UTILE

Le gilet Field and Fish en ligne :

Field and fish

 

Les autres test Field and Fish :

Field and Fish

 

Test : Guideline LPX Tactical Nymph 10'8 #3

Guideline LPX Nymph

Après avoir présenté la classique 9' #5 (ici), poursuivons l'exploration de la nouvelle gamme Guideline LPX avec le modèle destiné à la pêche en nymphe au fil moderne : la Tactical LPX Nymph 10'8 #3.

Matériel

Guideline LPX Nymph 10'8 #3

Marque
Guideline
Série
LPX Nymph
Pays de fabrication
Corée
Longueur
10'8
Longueur réelle
325 cm
Soie
#3
Brins
4
Poids réel
79.00g
Blank
noir mat
Aspect
Spiralé
Anneaux
13
Type
Monopatte
Premier anneau
24cm
Ligatures
noires
Poignée
24x180mm
Forme
Half Wells
Porte moulinet
aluminium gun métal
Serrage
Downlocking
Insert
bois
Talon de combat
Oui
Talon de combat
Liège
Accroche mouche
Oui
Points d'alignement
Oui
Packaging
tube cordura + housse
PME
180.00g
PTE
259.00g
IP
30
ERN
3.42
AA
61°
Prix à la date de sortie
390.00€
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DISCUSSION DES MESURES :

Le protocole Common Cents System a permis de caractériser la puissance et l'action de cette canne :

PUISSANCE

En ce qui concerne la puissance, 30 cents ont été nécessaires pour plier cette canne sur un tiers de sa longueur. Après conversion, cela donne un ERN à 3.42 et donc une puissance réelle #3 identique à la puissance annoncée.

ACTION

Avec un AA de 61°, l'action est slow (AA inférieur à 63°).

MONTAGE ET CONFORT

Niveau particularité du montage, on trouve un avant-dernier anneau serpentiforme, de façon à limiter les enroulements du nylon autour du scion lorsqu'on pêche en nymphe "à l'espagnole" (avec du monofilament uniquement). Si l'on utilise un moulinet semi-auto, la longueur importante de la poignée couplée au porte-moulinet down-locking empêche un accès direct à la gâchette.

La distance du premier anneau à la poignée (24cm) est parfaite pour une pratique optimale de la nymphe au fil, quel que soit le type de ligne utilisé (soie standard, soie ultra-fine de 0.55mm ou du nylon uniquement), dans l'optique de limiter la formation d'un ventre dans la soie.

Côté finitions, on retrouve un accroche-mouche (contrairement à la LPX 9' #5) et des points d'alignement des brins.

Le confort de pêche est excellent : la canne s'équilibre avec un moulinet vide d'environ 150/160 gr (si on le garnit avec de la soie). A titre de comparaison, son PTE est 25 gr inférieur à celui de la JMC Performer 10'9 #3/4 (canne au couple longueur/puissance proche) et identique à celui de la Thomas & Thomas Contact II 10'9 #3 (canne qui coûte plus du double du prix de cette Guideline !).

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Lionel Fournier
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L'avis de Lionel Fournier, champion de France 2018 et membre de l'équipe de France de pêche à la mouche : 

"Je vous avais déjà parlé ici des qualités de la Thomas & Thomas Contact 10'8 #3 à sa sortie... Eh bien, cette nouvelle Guideline LPX Tactical Nymph les possède toutes avec un rapport qualité/prix défiant toute concurrence : elle est très polyvalente avec sa longueur 10'8 et sa puissance réelle #3, sa courbure de blank est très progressive, sans donner une impression de "nouille"... c'est la canne 0 décroche ! La qualité des composants est impressionnante pour le prix, notamment le liège et le niveau de finition. On pourrait reprendre le slogan de vente de la Renault Clio il y a quelques années : elle a tout d'une grande !".

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Guideline LPX
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© Lionel Fournier
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L'avis de la rédaction :

Après le test très flatteur de la 9' #5, celui de la 10'8 #3 ne dépareille pas ! Nous sommes en présence d'une pure nympheuse au fil moderne comme en attestent ses caractéristiques technique :

  • sa longueur 10'8 permettra d'aborder tous types de cours d'eau avec une prédilection pour les rivières moyennes à larges,
  • sa puissance #3 est, comme nous l'avons déjà mentionné à de nombreuses reprises ici, très polyvalente : elle offrira de bonnes prestations pour lancer un grand panel de poids de nymphe (de la 2.4 mm au corps javi) et mettre au sec l'immense majorité de nos truites françaises !
  • son action originale (lente) pousse la recherche de l'absence de point dur à son paroxysme : pas de doute, vous pourrez pêcher fin (voire très fin) et limiter au maximum (on ne peut pas faire mieux !) les décroches,
  • son montage est très cohérent, notamment au niveau du placement du premier anneau et du porte moulinet down-locking qui décuple l'équilibre (seul bémol au niveau de la longueur de la poignée pour les utilisateurs de moulinets semi-auto qui devront replacer la main après le ferrage pour atteindre la gâchette ou prendre l'habitude de tenir la poignée assez bas).

Pour ne rien gâcher, son confort est excellent et digne des cannes les plus haut de gamme actuelles !

Assurément l'un des meilleurs rapport qualité/prix du marché pour la nymphe au fil (et sans doute le meilleur en 10'8 !).

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LIENS UTILES

Le protocole de test des cannes à mouche

Comment choisir sa canne à nymphe

Retrouvez les cannes Guideline chez Aspe Angler (Pro Shop France) avec le code réduc' suivant :

Aspe Angler

 

Et chez Fusion Fly Fishing :

fusion fly fishing

 

Les autres tests Guideline :

Guideline
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