Suivant son degré d'activité, la truite va tantôt occuper des postes dits "de chasse" (veine de courant, fin de plat, radier...etc) ou d'autres appelés "postes de repos", notamment lorsqu'elle est en phase de digestion. Elle recherche alors ses habitats de prédilection qui sont généralement constitués de blocs rocheux, de berges creuses, de troncs immergés... etc. Une proportion réelle (et variable) de ces truites au repos reste toutefois capturable par le pêcheur en dérive (au toc et en nymphe au fil), à condition de présenter l'appât dans leur zone de stimulation. Cette distance varie d'une poignée de millimètres à quelques dizaines de centimètres, selon le degré d'agressivité des poissons. Voici quelques conseils pour y parvenir :
Lorsqu'il s'agit de déclencher l'attaque d'une truite au repos, le paramètre majeur à considérer est la précision du premier lancer car elle conditionne "l'effet surprise" obtenu. La première cartouche est la plus efficace dans cette approche, voire très souvent la seule dont vous disposez ! Ainsi, avant d'armer le tir, il faudra choisir judicieusement le point d'impact et bien se concentrer pour faire tomber votre montage à cet endroit précis. Deux cas de figure surviennent généralement :
Quel que soit le type de poste, la construction du montage doit permettre d'affiner la précision du lancer. Ainsi :
Comme toujours en matière de pêche en dérive, le couple point d'impact/densité du montage conditionne la qualité de votre passage. Si le point d'impact est trop près du poisson relativement à la densité du montage, il passera souvent "trop haut" dans la colonne d'eau.
Au contraire, si le point d'impact est trop loin de la position occupée par la truite relativement à la densité du montage, ce dernier va s'accrocher avant d'avoir atteint le poisson...
Pour bien comprendre comment régler la densité du montage, reprenons les 2 types de configurations évoquées précédemment :
En plus de la façon de la présenter, l'aspect de l'offre lui même compte aussi beaucoup pour déclencher un poisson à l'abris dans son refuge. En nymphe, la règle générale consiste à choisir un modèle attisant l'agressivité de la truite, grâce par exemple à son aspect flashy et/ou brillant ! Les nymphes à billes tungstène très clinquantes (argent par exemple), au corps assez volumineux et comportant un bon tag fluo sont intéressantes...
Au toc, si l'on utilise des appâts naturels, il peut être judicieux de tester plusieurs d'entre eux car certains pourront se révéler plus efficaces que d'autres, sans qu'il soit forcément possible de l'anticiper.
Dans cette approche et surtout en présence de la configuration 1 (abord de cache calme), il s'agit de "faire stationner" le montage durant quelques secondes devant la fenêtre de la truite. Or, lorsqu'un fort courant est proche de la zone calme, il risque d'entraîner trop vite la ligne loin de la zone de stimulation du poisson. Pour éviter cela, il convient de réduire au maximum la longueur de bannière immergée en présentant l'appât le plus possible "à l'aplomb" du scion. Une canne toc relativement longue est alors d'une aide précieuse !
A la mouche, la longueur de l'outil est relativement limitée (en général 11' soit 330 cm) mais on peut très bien compenser ce léger manque de contrôle par un choix judicieux d'approche, en optant par exemple pour le tandem sèche/nymphe. En effet, grâce à l'ancrage opérée par la sèche en surface, la nymphe a tout le temps de stationner dans un calme ou de suivre facilement un courant qui passera devant l'abri. Attention à bien relever la canne pour soustraire la bannière reliée à la sèche au courant de surface !
Bonne pêche des caches !
La gamme Angefly Stratège créée par le compétiteur Jean-Benoît Angely continue de s'élargir en 2022 : au programme, la sortie d'une 10' #4, 10' #5, 10' #6, 10' #6/7, 10' #7/8... rien que ça ! Tous ces modèles ont été conçus en collaboration avec le capitaine de l'équipe de France de pêche à la mouche Sébastien Delcor, qui interviendra avec un commentaire technique dans nos différents tests à venir ! Commençons aujourd'hui par la présentation de la 10' #4 :
Le protocole Common Cents System a permis de caractériser la puissance et l'action de cette canne :
En ce qui concerne la puissance, 38 cents ont été nécessaires pour plier cette canne sur un tiers de sa longueur. Après conversion, cela donne un ERN à 4.60 et donc une puissance réelle #4 identique à la puissance annoncée.
Avec un AA de 66°, l'action est moderate fast (AA compris entre 63 et 66°).
Niveau montage, on trouve des anneaux Recoil, une poignée de dimensions tout à fait standard (25 x 173 mm) et un porte-moulinet à vissage classique vers le haut.
Caractéristique marquante pour cette canne et assez inédite sur le marché dans cette gamme de longueur/puissance : la distance du premier anneau à la poignée n'est pas très importante (38 cm), ce qui autorise une pêche d'alternance sèche/nymphe au fil avec une soie standard (ou une soie ultra-fine de 0.55 mm pour celui qui fait le choix de changer de bobine), dans l'optique de limiter la formation d'un ventre dans la soie en cas de pêche au fil canne haute.
Côté finitions, on retrouve comme d'habitude avec les Stratège des points d'alignement des brins, un accroche-mouche et plusieurs graduations de mesure des poissons de 20 à 50 cm (tous les 10 cm) sur le premier brin.
Le confort de pêche est excellent relativement au couple longueur/puissance : la canne s'équilibre avec un moulinet vide d'environ 140 gr. A titre de comparaison, son PTE est 25 gr inférieur à celui de la Guideline LPs 10' #4 et identique à celui de la JMC Performer 9'9 #3/4 alors que la Stratège est plus puissante et plus longue !
L'avis de Sébastien Delcor, sept fois Champion de France, Champion d'Europe individuel 2017 et vice champion d'Europe individuel en 2015, 3ème au championnat du monde 2017 en individuel, Champion du Monde et d'Europe par équipe en 2017, Champion du Monde par équipe en 2019 :
"La nouvelle 10' soie de 4 Stratège tranche avec le reste de la gamme rivière : elle garde les marqueurs faisant l'identité de la gamme (poids et action), mais permettra plus de polyvalence. Si les premiers modèles rivière ont tous une utilisation très spécifique et pointue, avec cette 10' #4, le pêcheur souhaitant une canne à tout faire trouvera son compte non seulement grâce à la longueur passe-partout, mais aussi à un couple puissance/action qui lui permet d'être à l'aise sur des petits et gros poissons, à courtes et longues distances. Son domaine de prédilection reste toutefois les grandes rivières et les gros poissons ! En effet, le modèle dispose d'une belle réserve de puissance dans le talon, ce qui permet de porter la soie très loin et de maîtriser les posés à longues distances. Ainsi, elle acceptera des pêches lointaines sur fil fin sans jamais être dominée par un gros poisson.
Pour les adeptes des pêches de bordure à courtes distances, une soie chargée sur l'avant permettra d'en tirer le meilleur.
Les mordus de montagne quant à eux pourront lui associer une soie WF5 et présenter une sèche en lac d'altitude à 10m comme à 25, sans jamais la mettre en difficulté.
Comment réussir l'association soie/canne :
Non content d'avoir reçu un franc succès dans le marché des cannes à mouche typées "approches fines de compétition", Jean-Benoît Angely et Sébastien Delcor reviennent en 2022 avec des modèles destinés à des techniques mouche plus traditionnelles ainsi qu'à la pêche en réservoir (nous en parlerons en détails cet automne). Pour l'heure, discutons des usages de cette nouvelle 10' #4 :
Avec sa longueur 10' et sa puissance réelle #4, cette Stratège séduira le pêcheur à la mouche recherchant la polyvalence et la possibilité d'alterner pêche en sèche/nymphe au fil, avec un outil légèrement plus puissant que les 10' sélectionnées dans notre comparatif d'avril (voir ici). Plusieurs raisons peuvent expliquer ce besoin : la recherche régulière de truites d'une cinquantaine de centimètres, la nécessité d'utiliser une soie de 5 pour les lancers à courte distance (présence de vent par ex)...etc.
Cette volonté de polyvalence se retrouve au niveau du montage de la canne, avec une distance du premier anneau à la poignée bien inférieure à celle des autres 10' #4 du marché : la longueur choisie de 38 cm est idéale pour fouetter efficacement en sèche ou en nymphe à vue, tout en limitant la descente de la soie dans les anneaux lorsqu'on pêche au fil canne haute (surtout si l'on conserve une soie de 4 pour ce faire).
Enfin, avec son action moderate fast, cette canne permettra de pêcher relativement fin tout en limitant le risque de casse et de décroche, ce qui devient particulièrement utile dès que l'on dépasse la puissance #3/4.
A l'image des autres Stratège, voici un modèle particulièrement abouti et cohérent en matière de conception, assez unique sur le marché !
Le protocole de test des cannes à mouche
Comment choisir sa canne à nymphe
Comment choisir sa canne sèche/nymphe à vue
Les cannes Stratège en ligne sur Angefly :

Dans l’article précédent nous avons pu voir ensemble ce qu’était un bassin versant et la nécessité de le considérer comme entité cohérente de gestion pour les milieux aquatiques.
Nous avons également rappelé que chaque cours d’eau était différent et qu’un certain nombre d’indicateurs permettent de les décrire. Parmi eux, la température, la pente et d’autres variables, font évoluer les cours d’eau et par conséquent les espèces animales et végétales qui les composent.
L’étude de certains peuplements permet d’ailleurs de mettre en évidence des potentiels dysfonctionnements du milieu, liés à des impacts, tantôt anthropiques, parfois climatiques.
Pour compléter cette description des bassins versants, nous vous proposons dans ce nouvel article de nous intéresser aux différents types de fonctionnement des cours d’eau et notamment à l’importance de leur capacité à évoluer au fil du temps.
Un cours d’eau ne se limite pas à un fond de vallée dans lequel s’écoule de l’eau. Il est en réalité constitué d’un emboîtement de différentes entités connectées et interdépendantes, qui évoluent et en assurent le bon fonctionnement. Contrairement à la zonation longitudinale des cours d’eau vue précédemment, c’est ici la dimension transversale qui va nous intéresser. Les points suivants sont à considérer comme un ensemble d’entités venant s’emboîter les unes dans les autres :
Le lit mineur est sans aucun doute la notion la plus évidente à représenter. C’est l’entité que l’on considère généralement comme étant le cours d’eau. Il s’agit de la place qu’occupe l’eau dans des conditions de débit normales, c'est-à-dire avant qu’un débordement lié à une crue ne se présente. Le lit mineur concentre donc les écoulements durant la majeure partie de l’année.
Au sein du lit mineur, il est possible de considérer une autre entité importante : le lit d’étiage*. Lors des périodes de basses eaux, le lit d’étiage permet de concentrer le peu d’écoulements encore présents et de garantir le maintien d’un milieu de vie aux différentes espèces qui peuplent le cours d’eau. Bien entendu, selon la nature du fond, le profil du cours d’eau ou l’intensité de la sécheresse, il arrive que le lit d’étiage ne soit pas présent ou qu’il n’y ait tout simplement plus assez d’eau pour garantir un écoulement. Dans ces cas-là, les espèces doivent migrer, si elles le peuvent, ou se retrouvent parfois condamnées.
La bande active est l’espace constitué par le lit mineur et les bancs d’alluvions* plus ou moins végétalisés. Cet espace est régulièrement modifié au gré des crues, même modestes.
Au sein de ces bancs régulièrement remaniés par l’eau, le lit mineur évolue régulièrement et est très mobile. Selon les contextes, la bande active est plus ou moins présente, c’est généralement dans les grandes vallées alluviales que l’on trouve les plus larges d’entre elles. La basse vallée de la Loire en est un parfait exemple.
Le lit majeur est, contrairement au lit mineur, en eau seulement une partie de l'année, lors des périodes de crue et donc de débordements. Naturellement, selon les contextes, celui-ci varie énormément d’un cours d’eau à l’autre. Dans une vaste plaine alluviale, le lit majeur peut parfois s’étendre sur plusieurs kilomètres de part et d'autre du lit mineur, quand dans un contexte de gorges, lit majeur et mineur auront des emprises très proches l’une de l’autre.
Le lit majeur est donc l’emprise des débordements du cours d’eau. C’est l’espace dans lequel le cours d’eau va pouvoir dissiper son énergie lors des crues, et cette notion, nous le verrons plus tard dans l’article, est absolument essentielle pour le fonctionnement des cours d’eau. On pourrait donc dire qu’au sein du lit majeur, même les pieds au sec, on marche dans le cours d’eau !
De plus, en débordant au sein de son lit majeur, la rivière, le fleuve ou le ruisseau, alimente une multitude de milieux et d’espèces qui sont dépendants de ses débordements pour l’apport d’eau ou de nutriments. Vous l’aurez compris, comme répété depuis le début de cette série d’articles, la connexion entre les différents milieux et espèces est indissociable de leur bon fonctionnement.
Parlons justement de ces milieux qui composent berges et lits majeurs des cours d’eau. Parmi eux, la ripisylve, cette frange de végétation arborée bordant le cours d’eau, refuge précieux pour de nombreuses espèces, dont la présence et la santé sont scrutées de près par de nombreux gestionnaires. En effet, la ripisylve apporte de l’ombre au cours d’eau, limitant ainsi le réchauffement lié au rayonnement solaire, mais pas seulement. Les arbres et arbustes qui la composent assurent aussi le maintien des berges et leurs racines offrent caches et nourriture aux espèces aquatiques. Naturellement, les oiseaux et autres animaux non aquatiques tirent eux aussi profit de la présence des arbres et de leurs fruits. La ripisylve rend donc à la rivière et à tout l’écosystème les services que celle-ci lui apporte en eau et en éléments nutritifs.
D’autres milieux riches que l’on peut rencontrer au sein du lit majeur : les annexes hydrauliques. On regroupe généralement sous ce terme les anciens bras du cours d’eau, communément appelés bras morts. Ces milieux témoignent de l’ancien passage du lit mineur et de la mobilité des cours d’eau dont nous parlerons par la suite et se révèlent essentiels pour de nombreuses espèces végétales et animales. Libellules, oiseaux limicoles ou certains poissons comme le brochet apprécient ces milieux d’eau lentique* où ils peuvent venir chercher refuge, nourriture ou lieu de reproduction.
Avec le temps, ces milieux évoluent, se referment et s’assèchent doucement, avant d’être repris par les divagations du lit mineur.
Le régime hydrologique d’un cours d’eau est une variable permettant de décrire l’origine des eaux constituant le débit, ainsi que les variations saisonnières de celui-ci. Ainsi, trois principaux types de régimes hydrologiques sont rencontrés dans nos contrées :
Comme son nom l’indique, il dépend de la présence d’un glacier sur le bassin versant. Cela induit généralement des débits importants en été sous l’effet de la fonte des glaces et très faibles de la fin d’automne au début du printemps. C’est le régime le plus stable d’une année à l’autre, les températures étant l'un des paramètres météorologiques présentant le moins de variabilité interannuelle (du moment que le glacier perdure, bien entendu…).
Le régime nival se retrouve dans les zones montagneuses où la majorité des précipitations arrive sous forme de neige. La fonte progressive de la neige, qui commence d'abord aux altitudes les plus basses et provoque en général des crues printanières, laisse place à des basses eaux en été. Les variabilités annuelles peuvent être importantes,
Il est dépendant des précipitations sous forme de pluie. De manière générale, on peut décrire une période de hautes eaux en hiver et de basses eaux en été. Les quantités et les périodes de pluie peuvent énormément varier d’une année à l’autre, c’est pourquoi ce régime hydrologique présente une variabilité interannuelle importante. Il est à noter qu’en fonction des contextes géographiques, un cours d’eau peut très bien avoir un régime dit “mixte”, intégrant donc une influence nivale et pluviale, par exemple. C’est le cas de nombreux cours d’eau de piémont, notamment.
Dans le cas de gros cours d’eau ou de fleuve au bassin versant géographiquement varié, on parle de régime hydrologique “complexe”, car cumulant tous les régimes hydrologiques des affluents et sous-affluents. Ainsi, le type de précipitation, l’origine des eaux constituant les débits, ont leur importance dans l’existence des crues et les périodes d’apparition de celles-ci.
Au cours du dernier siècle, l’espèce humaine a mis en œuvre des moyens titanesques pour tenter de réduire les crues, et donc la mobilité des cours d’eau et leur capacité à déplacer des sédiments. Il convient cependant de ne pas oublier qu’un cours d’eau est naturellement mobile et transporte de nombreux matériaux.
Dans cette partie, nous allons décrire l'importance de cette mobilité et du transport sédimentaire. Pour cela, nous vous proposons une approche de la science qui étudie ces phénomènes, appelée l’hydromorphologie.
Nous nous placerons, pour expliquer ces phénomènes, dans le cas d’un cours d’eau libre d’entrave latérale (pas de berge endiguée) ou longitudinale (pas de barrage).
Le premier postulat qu’il faut avoir à l'esprit, est que tout cours d’eau cherche et cherchera toujours à dissiper son énergie. Quoi que l’on puisse tenter pour enrayer ce phénomène, l’énergie se dissipera quelque part.
Pour comprendre cette notion et appréhender la mobilité des cours d’eau, il faut donc s’intéresser aux différentes composantes à l'œuvre.
Parmi elles, la pente du cours d’eau joue un rôle majeur. Prenons l’exemple d’un torrent de montagne : une pente importante, une vitesse d’écoulement élevée. Dans ce cas précis, chacun peut intuitivement imaginer que le tracé du cours d’eau est relativement rectiligne. L’eau ne s’embarrasse pas : la pente est forte, elle va au plus court, tout droit.
Dans ce type de cas, l’espace de mobilité est assez réduit (la bande active et le lit majeur sont presque inexistants du fait de la topographie). Le lit mineur, sauf en cas d’événements hydrauliques exceptionnels, ne bouge presque pas.
Pour dissiper son énergie, le cours d’eau n’a donc pas d’autres possibilités que de transporter énormément. C’est là encore assez intuitif : il est plus difficile de tenir debout dans un torrent avec de l’eau aux genoux que dans un cours d’eau de plaine avec de l’eau à la taille. Il transporte donc des blocs parfois énormes qu’il déposera un peu plus loin, les blocs plus petits seront eux transportés et déposés encore plus loin, là où la pente et donc la puissance des flux seront moins importantes.
Descendons un peu sur ce cours d’eau, la pente faiblit progressivement et avec elle, la taille des sédiments transportés. Petit à petit, le tracé du cours d’eau devient plus sinueux, l’eau cherche les zones de pente qui vont lui permettre de s’écouler, la vitesse de l’eau ralentit et le cours d’eau devient plus large et plus profond.
Le cours d’eau arrive dans une vallée plus large et plate. Ainsi, quand survient une crue, il peut déborder. Ces débordements, parfois vus comme une contrainte par les sociétés humaines, sont tout à fait naturels et absolument indispensables. En effet, en débordant, la rivière dissipe son énergie sur le plan horizontal, les flux ne sont alors pas contraints comme dans des secteurs de gorges. Il se forme parfois, dans certaines vallées, des paysages semblables à des lacs, lorsque l’ensemble du lit majeur est sous les eaux. Mais ce flux n’a qu’une vitesse modérée et n’engendre pas de dégâts majeurs.
De plus, ce faisant, l’eau alimente une multitude de milieux humides, riches d’une grande biodiversité et dépendant de ces débordements. Les annexes hydrauliques et prairies humides, qui permettent par exemple au brochet de se reproduire, souffrent gravement de la disparition de ces débordements. Ces débordements ont, en outre, permis l’installation de grandes civilisations sur les bords des fleuves aux terres riches pour l’agriculture grâce aux dépôts de limons. Nous vous renvoyons à vos cours d’histoire du collège et au rôle que jouait le Nil et ses débordements pour les Egyptiens.
En somme, plus nous descendons sur le cours d’eau, plus la pente et la taille des sédiments transportés diminuent. A la fin, le cours d’eau ne transporte plus que des sables ou limons extrêmement fins, cette évolution du milieu a bien entendu un impact sur les espèces présentes (voir notre article précédent). Pour compenser, le tracé en plan s’allonge, des méandres plus nombreux et rapprochés se créent, le lit majeur s’élargit.
Bien entendu le déroulé ci-dessus est assez théorique et tous les cours d’eau n’y obéissent pas strictement, mais les grands principes sont là. Chaque cours d’eau doit naturellement dissiper son énergie, soit en transportant des matériaux, soit en débordant (souvent un peu des deux). Toute tentative pour l’en empêcher aura des conséquences sur son fonctionnement, celui des milieux annexes et des infrastructures humaines (assèchement des zones humides, crues plus violentes et dévastatrices,... etc).
Nous avons vu que le fonctionnement des cours d’eau était une affaire de pente, de transport sédimentaire et de mobilité latérale.
Dans leur ouvrage Eléments d’hydromorphologie fluviale, Jean-René Malavoi et Jean-Paul Bravard décrivent les principaux “styles fluviaux” contemporains d’après ces variables. Ils s’attardent sur les styles fluviaux qualifiés de majeurs, le méandrage et le tressage, mais décrivent aussi des styles fluviaux secondaires (les anastomoses, par exemple).
Afin de ne pas surcharger un article déjà dense, nous ne décrirons ici que les styles fluviaux majeurs (on ne peut cependant que conseiller à ceux qui souhaiteraient aller plus loin de lire leur ouvrage, téléchargeable ici : https://professionnels.ofb.fr/fr/doc-comprendre-agir/elements-dhydromorphologie-fluviale).
Tout d’abord et à de rares exceptions près, les cours d’eau ne présentent jamais de tracé qui soit naturellement strictement rectiligne.
Voyez le Rhin à l’époque actuelle aux environs de Mulhouse (à droite) et le Rhin dans les années 1820 sur le même secteur (à gauche) : un bel exemple d’un style fluvial rectiligne et non naturel. Nous aurons l’occasion de revenir plus en détail sur ce type de perturbation dans un futur article.
Un méandre est une sinuosité créée par un cours d’eau, un virage en somme. L’eau cherchant la pente qui lui permet de s’écouler ne peut aller en ligne droite et dessine des méandres plus ou moins serrés en fonction de la topographie. Malavoi et Bravard distinguent plusieurs types de méandres :
Les méandres sont dépendants du contexte du cours d’eau et peuvent aider à le comprendre. Pour autant, il ne faut pas les prendre comme des éléments figés du paysage (sauf cas particuliers), les méandres bougeant en permanence, à des échelles de temps différentes d’un contexte à l’autre.
Les débordements lors d’épisodes de crues ne suffisent généralement pas à dissiper l’énergie au sein du seul lit mineur. Celui-ci se déplace progressivement, en creusant l’extérieur des méandres (érosion), là où la vitesse de l’eau est la plus importante, et en déposant des matériaux à l’intérieur (sédimentation). Les méandres migrent ainsi progressivement, à des allures plus ou moins importantes selon la nature des sols, le transport sédimentaire et la capacité du cours d’eau à déborder.
L’érosion créée par l’eau varie de quelques centimètres à plusieurs mètres ou dizaines de mètres par an dans des cas extrêmes.
La mosaïque d’habitats qui naît de la mobilité des cours d’eau est essentielle pour de nombreuses espèces animales et végétales. Cette évolution naturelle peut même d’ailleurs donner lieu à des spectacles impressionnants comme au pont d’Arc sur la rivière Ardèche.
A l’inverse du méandrage, dont le tracé présente une relative stabilité dans le temps, les cours d’eau en tresses sont constitués de nombreux chenaux extrêmement mobiles. Les crues, même de faible ampleur, suffisent à remodeler le visage des chenaux, et ceux-ci sont donc rarement végétalisés. Le peu de végétation qui peut s’y développer est généralement pionnière et ne peut pas s’installer durablement.
Dans un cours d’eau en tresses, on ne parle donc pas d’îles mais simplement de bancs d’alluvions.
Les cours d’eau en tresses sont caractérisés par un transport sédimentaire intense, généralement grossier. En période de basses eaux, une grande partie du flux passe sous ces matériaux grossiers, le cours d’eau paraît alors parfois minuscule au milieu d’une large bande active et de nombreux bras asséchés.
L’une des autres caractéristiques des rivières en tresses est de posséder généralement un lit moyen (bande active) quasiment rectiligne, au sein duquel évoluent librement les chenaux. Or nous avons dit précédemment que les cours n’avaient presque jamais de lit naturellement rectiligne. Les cours d’eau en tresses font partie des exceptions (pour la plupart d’entre eux). En effet, alimenté par un fort transit sédimentaire, le cours d’eau cherche à évacuer ses sédiments et emprunte la pente la plus abrupte, en ligne droite. C’est pourquoi le tressage se retrouve généralement dans des secteurs où la pente est encore relativement importante. En revanche, au sein du lit moyen, les chenaux secondaires peuvent, eux, avoir une certaine sinuosité.
En résumé, le tressage est donc la résultante d’une surcharge sédimentaire, le cours d’eau n’arrivant pas à déplacer autant de matériaux que son bassin versant lui en fournit, l’eau est donc poussée sur les côtés, le lit moyen s’élargit et des chenaux secondaires se créent. Cependant, l’évolution d’un cours d’eau en tresses est fortement dépendante des apports solides* du bassin versant et donc de l’occupation des sols (des activités humaines in fine) et il arrive que le style en tresses disparaisse au profit d’un profil plus chenalisé et aux capacités de transport des matériaux plus important. C’est le cas lorsque les apports en sédiments sont réduits (boisement des versants, imperméabilisation des sols) ou que le lit est endigué. Les flux plus contraints augmentent alors en puissance et évacuent les matériaux qui ne parviennent plus (autant) à se déposer.
Nous venons d’introduire la dernière partie de cet article, l’impact du changement d’occupation des sols sur l’évolution des cours d’eau.
Afin de ne pas rendre interminable cet article déjà suffisamment long, nous allons essayer de résumer en quelques exemples concrets les interactions directes qui existent entre l’occupation des sols d’un bassin versant et le visage de son cours d’eau.
Il faut imaginer qu’au fil des temps, la géologie, le climat, la végétation et la disponibilité de l’eau pour les rivières ont fortement changé. Si apprécier ce changement sur des échelles de temps longs est difficile, nous pouvons en revanche plus facilement le faire à l’échelle d’une vie humaine.
Prenons donc une image aérienne de la Valserine dans les années 50-60 et une à l’époque actuelle. En observant le bassin versant, on constate que celui s’est fortement boisé. Dans les années 50, l’élevage est très présent, un peu partout en France, et la population est quasi totalement dépendante du bois pour se chauffer. La forêt française est très sollicitée. Au fil des décennies c’est la déprise agricole, la population rurale diminue, la pression sur la forêt également. Les prairies qui ne sont plus pâturées évoluent en friches puis en forêts, bref le bassin versant se boise jusqu’à arriver à aujourd’hui où celui-ci est principalement forestier.
Mais alors quels impacts sur le fonctionnement du cours d’eau ?
Si on zoome désormais sur la rivière, on peut observer que la largeur de la bande active était nettement plus importante il y a 70 ans : 50 à 80 mètres en 1950 et à peine 20 mètres en 2020. La bande active s’est contractée, les écoulements se sont regroupés et le tressage certes modeste de l’époque a disparu au profit d’un chenal unique.
Ce changement est directement lié à ceux ayant eu lieu sur le bassin versant :
En se boisant, les coteaux alentour ont vu leurs sols se stabiliser, les arbres les maintenant mieux. Aussi, lorsqu’une pluie intervient, celle-ci érode moins les sols et fournit moins de matériaux au cours d’eau. Petit à petit, le cours d’eau évacue le surplus sédimentaire et se déconnecte des chenaux secondaires, la bande active se contracte et le tressage disparaît.
Ainsi, le changement d’occupation des sols a directement impacté le fonctionnement de la Valserine en l’espace de seulement quelques décennies. Naturellement ce n’est pas le seul impact, mais il illustre bien les relations fortes qui existent entre un cours d’eau et son bassin versant.
Imaginons maintenant qu’au lieu d’un boisement du bassin, aient été construits des zones artisanales, des parkings, des routes nationales etc, venant couper les apports des montagnes. Vous voyez où l'on veut en venir ?
Un cours d’eau n’est que le reflet de son bassin versant et des activités qui y ont lieu. Ce n’est pas un milieu immuable, son tracé, son fonctionnement et son paysage sont en constante évolution.
Exemple similaire à celui de la Valserine mais à plus grande échelle sur la Durance. Boisement des versants, multiplication des infrastructures routières et extraction d’alluvions en provenance du versant (la plateforme blanche en bas à droite).
Artificialisation des sols, à Nancy, sur la Meurthe. On peut imaginer que la capacité de rétention d’eau des sols a dû quelque peu changer sur le secteur au cours du dernier siècle, une immense zone de bras morts et marais ayant laissé place à une zone commerciale et industrielle...
Un cours d’eau ne se limite pas au seul lit en eau, c’est un ensemble d’espaces de tailles différentes (lit mineur, bande active, lit majeur) et de milieux spécifiques. Tous sont nécessaires à son bon fonctionnement et bénéficient à une multitude d’espèces animales et végétales. Un cours d’eau n’est pas une entité statique, il se déplace, érode, dépose, évolue dans l’espace. Selon la nature des sols, la pente, le débit, la géologie ou le transport solide, ces déplacements et l’expression de la morphologie du cours d’eau seront différents.
Ainsi, le visage de certains cours d’eau en tresses changera plusieurs fois par an quand celui de cours d’eau à méandres n’évoluera peut-être que de quelques centimètres sur la même période. Ces mouvements et ce transport continuels répondent à la nécessité, pour le cours d’eau, de dissiper son énergie.
Enfin, nous avons pu voir que le changement d’occupation des sols, notamment par les activités humaines, pouvait avoir un impact important sur la dynamique fluviale des cours d’eau. Cette dynamique, habituellement impactée à l’échelle des temps géologiques, peut en quelques dizaines d'années changer drastiquement sous le coup des changements induits par nos activités (passage d’un cours d’eau en tresses à un chenal unique en moins d’un siècle par exemple).
Le cours d’eau est l’expression de son bassin-versant, le réceptacle de tout ce qu’il s’y passe.
Alors que les Vision XO Graphene s'illustrent au sein des cannes à mouche haut de gamme typées "approches modernes truite en rivière", les Nymphmaniac de leur côté, avec leur prix inférieur à 400 euros, visent clairement les pêcheurs considérant le rapport qualité/prix avant tout. Nous avions déjà souligné cette caractéristique pour la 9'6 #3 (ici), la 10' #3 (ici), la 11' #2 (ici) et la 11' #3 (ici). Voici les résultats des mesures des toutes nouvelles Nymphmaniac 10'6 #3 et 11' #4 :
Le protocole Common Cents System a permis de caractériser la puissance et l'action de ces 2 cannes :
En ce qui concerne la puissance, 29 cents ont été nécessaires pour plier la 10'6 sur un tiers de sa longueur. Après conversion, cela donne un ERN à 3.27 et donc une puissance réelle conforme à la puissance annoncée #3 (très proche de la catégorie #2/3 tout de même). La 11' #4 quant à elle est en réalité une #3/4 (ERN à 4.01).
Au niveau de l'action, l'homogénéité règne : les AA sont de 70°, l'action de ces cannes est fast (AA supérieur à 66°), exactement dans la lignée des autres Nymphmaniac de 10' et 11'.
Niveau montage, une modification majeure a été apportée à ces 2 nouveaux modèles : le premier anneau, trop éloigné de la poignée sur les précédentes références pour une pratique optimale en nymphe au fil, a été rapproché à une distance absolument parfaite de 27 cm (cette longueur est idéale pour éviter que la soie ne redescende dans les anneaux lorsqu'on pêche en nymphe au fil canne haute).
Ces 2 Nymphmaniac possèdent un nombre d'anneaux relativement important compte tenu de leurs longueurs (15 anneaux pour la 10'6 et 16 pour la 11') dont l'avant-dernier est serpentiforme, de façon à limiter les enroulements du nylon autour du scion lorsqu'on pêche en nymphe "à l'espagnole" (avec du monofilament uniquement).
Au niveau de l'ensemble poignée/porte-moulinet, mentionnons un système de serrage vers le bas pour améliorer l'équilibre sans compromettre l'utilisation d'un moulinet semi-auto grâce à la longueur assez courte de la poignée (170 mm). Cette poignée fine (22 mm) comporte un cerclage vert qui marque les 20 premiers centimètres depuis la base du talon (la graduation se poursuit de 10 en 10 avec des ligatures vertes jusqu'à 50 cm).
Le confort de pêche qui découle du porte-moulinet down-locking et du poids léger de ces 2 cannes est excellent et meilleur que celui d'autres références bien plus onéreuses : la 10'6 s'équilibre avec un moulinet vide d'environ 130 gr et son PTE est 15 gr inférieur à celui de la Sage Sense 10'6 #3 (modèle de longueur/puissance proches mais qui coûte près de 600 euros !) et 30 gr inférieur à celui de la Orvis Helios 3F 10'6 #3 (canne qui coûte plus du double du prix de la Vision !).
De son côté, la 11' nécessitera un moulinet vide d'environ 160 gr (belle performance compte tenu de la conception 5 brins qui "pénalise" forcément le confort de pêche) : son PTE est près de 25 gr inférieur à celui de l'Angefly Stratege 11' #3/4 (modèle de longueur/puissance proches).
Côté finitions, on retrouve un accroche-mouche sur ces 2 cannes.
En rapprochant le premier anneau à une distance idéale de la poignée pour pêcher efficacement en nymphe au fil, Vision décuple encore le rapport qualité/prix de ses Nymphmaniac. Le montage devient ainsi parfait, y compris pour les adeptes de moulinets semi-auto (la poignée possède une longueur suffisamment courte pour permettre de garder l'annulaire de la main qui tient la poignée sur la gâchette, malgré le porte-moulinet down-locking).
Au niveau des usages, la 10'6 #3 apparaît comme un parangon de polyvalence capable de pêcher en nymphe au fil dans tous types de milieux à la recherche des truites moyennes françaises, à savoir des poissons de 20 à 40 cm (à titre de comparaison, elle possède une triade longueur/action/puissance très proche de celle de l'Angefly Stratège 10'6 #2/3). Cette canne est sensiblement plus puissante (donc plus polyvalente) que sa petite soeur Hero 10'6 #3 et son premier anneau est surtout bien mieux placé.
De son côté, la 11' #4 / 5 brins est absolument unique sur le marché : à notre connaissance c'est la seule nympheuse longue (de plus de 10'6) avec un si faible encombrement. Elle ravira ainsi les pêcheurs baroudeurs et les adeptes des voyages, d'autant qu'elle possède une puissance très polyvalente qui permettra d'utiliser un grand panel de poids de nymphes, y compris des modèles relativement lourds pour la pêche des gros poissons en grands milieux (à titre de comparaison, elle possède une triade longueur/action/puissance très proche de celle de l'Angefly Stratège 11' #3/4).
Au vu des caractéristiques techniques décrites, ces cannes s'imposent aujourd'hui comme des références dans leurs gammes de longueur/puissance respectives.
Le protocole de test des cannes à mouche
Comment choisir sa canne à nymphe
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Les autres tests Vision :

Le printemps est la saison tant attendue après ces quelques mois de trêve. C’est le plaisir de retourner au bord de l’eau sous le chant des oiseaux, de préparer son matériel sous un lever de soleil, faire ses premiers lancers de la journée, en espérant croiser ce que l’on est venu chercher... ce poisson qui peut atteindre de très belles mensurations, et qui fait rêver plus d’un pêcheur, vous l’aurez deviné, il s'agit du brochet. Vous avez su vous occuper durant ces mois hivernaux avec l’entretien du matériel, la confection de nouveaux streamers pour enrichir vos boîtes, l’achat de nouveaux matériaux de montage ou de matériel de pêche. Mais l'attente peut paraître longue ! C’est pourquoi je vous propose, afin de vous faire patienter jusqu’à ce grand jour, de vous livrer quelques conseils qui vous serviront pour cette période printanière.
Au printemps, les rivières sont belles. Elles ont été nettoyées par les crues hivernales. Les herbiers prennent place, recréant de nouveaux postes qui sont très rapidement occupés par les brochets pour s'y camoufler. Bien souvent en début de saison les eaux sont claires, ou légèrement teintées par le phytoplancton suivant les rivières et les régions. Cela apporte une pêche très visuelle... il n’y a rien de plus fabuleux que de voir un brochet attaquer son streamer.
Dans la plupart des régions de France les brochets ont déjà frayé depuis plusieurs semaines à l'ouverture, ils ont donc eu le temps de retrouver leurs postes de chasse. Même si les zones proches des frayères peuvent tenir encore quelques poissons, la plupart des brochets ont rejoint leurs zones habituelles et se sont étalés sur la rivière. Mais il y a une chose qui rassemble ces carnassiers en ce début de saison, c’est la reproduction des poissons blancs. Ces rassemblements de cyprinidés passent rarement inaperçus... Pendant que gardons, rotengles, brèmes et autres sont occupés à se reproduire, les brochets ne sont jamais bien loin à attendre. Dans l’euphorie du moment, les poissons blancs ne voient pas le brochet s’approcher furtivement, tapis sur le creux du fond, ou camouflé près d’un herbier. Ces zones sont à prospecter impérativement. La reproduction affaiblit aussi bon nombre d’entre eux, ce qui est du pain béni pour les brochets. Mai et juin sont les mois où la plupart des poissons se reproduisent. Pour certaines espèces, suivant les années et l'endroit où l’on se trouve, cela commence en avril, tandis que d’autres finissent en juin voire en juillet. N'hésitez pas à observer les zones de fraie, pour déterminer sur vos rivières quelles espèces s’y reproduisent et à quel moment. Il y a de fortes chances pour que la saison suivante vous retrouviez les poissons se reproduire à la même période. Ainsi donc, vous rencontrerez à coup sûr des brochets présents autour de ces zones.
D'ailleurs, certains poissons comme le chevesne, la brème ou encore l’alose pour ceux qui vivent près des côtes, attirent de par leurs tailles de gros brochets qui ne feront qu’une bouchée de ces poissons.
Dans ce contexte, la difficulté réside dans le fait d’être présent lors du créneau de chasse des brochets. Sans quoi nous aurons beau passer nos streamers, ils déclencheront rarement les attaques de brochets qui ont le ventre déjà bien rempli. Les zones de reproduction se situent sur les bordures peu profondes : herbiers, racines ou encore bancs de galets suivant l’espèce de poisson... L’utilisation d’une soie flottante sera suffisante. Il est tout à fait possible d’utiliser une soie intermédiaire si vous ne possédez pas de soie flottante. Afin d’éviter de gratter le fond, je vous conseille de raccourcir vos lancers en vous rapprochant discrètement de la zone de pêche.
Même si ces rassemblements de blancs attirent les brochets, tous les carnassiers ne seront pas postés près d’une zone de fraie. Il n’est pas rare de toucher des brochets sans voir le moindre poisson blanc batifoler sur une bordure. L'avantage de ces brochets réside dans leur plage d’activité plus longue. Leurs proies ne sont pas accaparées par le désir de se reproduire, ce sont des poissons blancs qui sont davantage en mouvement, et sont aussi sur leur garde. Les brochets se remplissent bien moins facilement la panse !
Petite astuce : si vous connaissez deux zones de fraie de poissons blancs séparées de plusieurs dizaines de mètres ou plus, n’hésitez pas à pêcher entre les deux points de fraie. Ce ne sera pas du temps perdu !
Contrairement à la pêche hivernale, ce n’est pas la profondeur du milieu qui déterminera la pêche, mais le placement des poissons blancs. Bien souvent, ils se trouvent sur les bordures, soit pour se reproduire, soit pour se nourrir d’insectes aquatiques, plus présents dans les couches d’eaux peu profondes qui se réchauffent plus vite, ainsi que d'insectes terrestres qui, balayés par le vent, tombent à la surface de l’eau.
Un rapide coup d’œil vous permettra de déterminer sur votre lieu de pêche si des poissons blancs se trouvent plus actifs d’un côté que de l’autre. Si le vent est présent, il est plus intéressant de pêcher la berge battue par le vent. Les insectes aquatiques et terrestres se font pousser sur cette berge qui offre par conséquent une quantité de nourriture plus importante que nulle part ailleurs. De ce fait, les poissons blancs se regroupent en nombre sur cette berge, ce qui attire par la suite les poissons carnassiers.
Il est très intéressant de pêcher ces berges à cette saison. Les niveaux d'eau sont généralement hauts. Une belle bordure de roselières et un streamer de surface vous offriront de belles sensations. Les anses peu profondes où les herbiers se trouvent submergés regroupent à coup sûr des poissons blancs. Il n’est pas rare de faire un très gros brochet dans peu d’eau en ces mois printaniers. Là aussi, la soie flottante sera reine. Comme cité précédemment, si vous ne possédez pas de soie flottante, appliquez la même approche que pour les eaux courantes.
Si vous n’enregistrez aucune touche sur les bordures ou que l’activité se calme, n’hésitez pas à vous éloigner un peu pour pêcher proche des cassures. Souvent la lumière du soleil montant pousse les poissons à descendre un peu plus dans la couche d’eau. Suivant la profondeur et votre vitesse de récupération, ce sera à vous d’adapter le choix de la soie entre une flottante et une intermédiaire. Le milieu d’un étang peu profond n’est pas à négliger à ce moment là. Il n’est pas utile de pêcher profond même si les herbiers ne sont pas encore haut. Bien souvent pêcher juste sous la surface ou à quelques dizaines de centimètres sous l’onde déclenchera des attaques. N’oubliez pas de faire glisser votre streamer sur l’eau avant de relancer. Il n’est pas rare que ce soit le moment que le brochet choisira pour attaquer... bonne douche garantie !
Suite à la trêve hivernale, les brochets ont perdu leur méfiance. Ils répondent bien plus facilement à un panel de couleurs plus important qu’en fin de saison, surtout dans les secteurs sur-pêchés. Ainsi, toutes les couleurs peuvent rapporter des touches à un moment ou à un autre. Il y a quand même un coloris que j’affectionne particulièrement en début de saison, même si je ne saurais pas vous dire à quelle raison est due son succès : le chartreux. J'ai remarqué que ce coloris plaît beaucoup aux brochets et plus encore lorsque ce streamer est utilisé près d’un banc de nénuphars. Lorsque je tombe sur un groupe de poissons blancs en pleine fraie je propose au moins deux coloris : l’un est imitatif de l’espèce rencontrée, l’autre est très voyant (chartreux, rouge, jaune...) afin qu’il soit plus facilement repéré par le brochet dans cet attroupement de poissons.
Le printemps est pour moi une saison où toutes les tailles peuvent faire pêche. Il suffit de trouver celle qui déclenchera les attaques de la journée. Pour pêcher sur une zone où des poissons blancs sont en pleine fraie, en plus du choix de la couleur expliqué précédemment, je colle au mieux à la taille de l’espèce présente. Si je n’ai pas de réaction, j’aime augmenter la taille et/ou le volume. Le volume d’eau déplacé s’en trouve augmenté ce qui est plus facilement perçu par les brochets. Bien souvent, utiliser un streamer aisément repérable par les brochets (tant d'un point de vue visuel que vibratoire) vous apportera la touche recherchée.
Là aussi, nous allons trouver un changement notable par rapport à nos dernières journées hivernales de pêche au brochet de la saison précédente. Les eaux se sont nettement réchauffées, le métabolisme des brochets s’en trouve accéléré. De ce fait, les brochets digèrent plus vite, se nourrissent plus régulièrement, et se déplacent plus volontiers sur leurs proies. Je n’ai pas d’animation type à cette saison. Que ce soit en stripping ou en rolly polly, une animation rapide, lente, agressive, linéaire, entrecoupée de longues poses...etc tout peut fonctionner... Il vous faudra multiplier les animations pour trouver la pêche du jour ou celle qui rapporte le plus d’attaques.
Deux remarque pour finir : il y a une technique à laquelle on pense rarement lorsque l’on recherche le brochet à la mouche. C'est la pêche au ras du fond à l’aide d’une soie plongeante avec une imitation d’écrevisse. Les brochets ne dédaignent pas ces crustacés, surtout au printemps...
Dernière note importante : le printemps est une saison où les chances de tomber sur un grand brochet sont importantes. Restez concentré tout au long de votre session de pêche, ce poisson peut arriver à tout moment !
Nouveauté JMC 2022, la série Arcane se place dans la même gamme de prix que celle des Performer. Elles viennent compléter l'offre de ces dernières en proposant des approches plus classiques en rivière, à savoir en sèche et à vue. Nous avons choisi de vous présenter dans ce premier article les 2 modèles 9' #5 (Medium Fast et Fast) avant d'inclure d'autres références dans les comparatifs à venir.
Le protocole Common Cents System a permis de caractériser la puissance et l'action de ces 2 cannes :
En ce qui concerne la puissance, 36 cents ont été nécessaires pour plier la 9' #5MF sur un tiers de sa longueur. Après conversion, cela donne un ERN à 4.31 et donc une puissance réelle #4, inférieure à la puissance annoncée. C'est également le cas de la 9' #5F qui est en réalité une #4/5 (ERN à 4.90).
Au niveau de l'action, contrairement à ce qui est annoncé par le fabricant, l'homogénéité règne : ces 2 cannes partagent le même AA à 65°, ce qui classe l'action dans la catégorie moderate fast (AA compris entre 63 et 66°).
Niveau montage, le fabricant a clairement privilégié l'esthétisme (notamment au niveau du revêtement du blank et du porte-moulinet) sans rechercher l'ultra-light à tout prix, ce qui dénote dans la tendance du moment ! Notez la poignée full wells assez originale dans cette gamme de puissance.
Ainsi, les chiffres du confort de pêche ne sont pas record mais toutefois corrects ! A titre d'exemple, la 9' #5MF présente le même PTE (à une poignée de grammes près) que celui de la Thomas & Thomas Paradigm 9' #5 (même action et même puissance pour ces 2 cannes).
Côté finitions, on retrouve à la fois les points d'alignement des brins et l'accroche-mouche.
Nous avons souligné le travail réalisé autour de l'esthétisme et des finitions pour cette série Arcane. Chacun le jugera en fonction de sa sensibilité !
Discutons des usages :
A la lecture des résultats des mesures, pas de doute, ce sont 2 cannes qui se destinent clairement aux pêches fines en sèche et en nymphe à vue. Contrairement à ce que laissent supposer les données fabricant, ces 2 cannes 9' #5 se différencient non pas par leurs actions mais par leurs puissances réelles. Ainsi, nous avons à faire à une #4 et une #4/5 toutes deux d'action moderate fast. Les avantages de ce type d'action ont été maintes fois décrits dans ces colonnes : courbe progressive du blank qui limite casses et décroches, posés délicats facilités...ect. Elle est d'autant plus indiquée que vous êtes amenés à pêcher de beaux poissons sur fil fin (par exemples des truites de plus de 40 cm sur des pointes en 12/100 et moins).
Le choix entre l'une ou l'autre des 2 puissances se fera comme d'habitude selon la taille des poissons pêchés, le degré de discrétion imposé par ces mêmes poissons, la présence de vent...etc etc (voir à ce sujet notre article sur le choix de la canne sèche/nymphe au fil ici).
Notez que la #4 acceptera une soie de 3 (si vous aimez fouetter avec une canne légèrement "sous-chargée") et la #4/5 couplée à une soie de 5 sera idéale pour les pêches précises de bordure à courtes et moyennes distances (jusqu'à une dizaine de mètres).
Bon choix !
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